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Full text of "Dictionnaire des termes du vieux françois: ou, Trésor des recherches ..."

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^ /3 c /S' 



I 



I 



DICTIONNAIRE 



DBS 



TERMES DU VIEUX FRANÇOIS 



OUVRAGES PUBLIÉS PAR L. FAVRE : 



Glossaire du Poitou, de la Saintonges et de VAunis, par L. Favre. — 
I vol. grand in-8o 12 fr. 

Supplément au Glossaire du Poitou, de la Saintonge et de VAunis, par 
L. Favre. — i brochure grand in-80 3 fr. 

Histoire de la ville de Niort, depuis son origine jusqu'en 1789, par 
L. Favre. — i vol. in-80 6 fr. 

Du Cange. — Glossaire François, avec addition de mots anciens et 
une notice sur Du Cange, par L. Favre. — 2 vol. in-80. 15 fr. 

Dictionnaire historique de Vancien Langage françois, ou Glossaire de 
la Largue françoise, publié par les soins de L. Favre, avec le concours 
de M. Pajot, archiviste-paléographe. — 10 vol. in-40 . . . 300 fr. 

Laurière. — Glossaire du Droit françois ; nouvelle édition, avec 
addition d'anciens mots, publiée par L. Favre. — i vol. in-40. 20 fr. 

Parabole de VEnfant prodigue^ traduite en 88 patois de la France, 
avec une introduaion sur la formation des patois, par L. Favre. — 
I vol. in-80 S fr* 



SOUS PRESSE: 

THRESOR DE LA LANGUE FRANÇOYSE, tant ancienne que 
moderne, auquel entre autres choses sont les mots propres de 
Marine, Vénerie et Faulconnerie, cy devant ramassez par Aimar de 
Rakconnet, vivant Conseiller et Président des Ënquestes au 
Parlement, reveu et augmenté en ceste dernière impression de plus 
de la moitié par Jean Nicot, vivant Conseiller du Roy et M« des 
Requestes extraordinaires de son Hôtel. 

Avec le Recueil des vieux Proverbes de France et les Explications 
morales d'aucuns Proverbes communs en la langue françoyse. 

Cette édition sera réimprimée sur celle de 1606. — Elle formera 
2 vol. in-40, 60 fr.; ce prix est réduit k 40 fr. pour les souscripteurs. 



DICTIONNAIRE 

TERMES DU ioX FRANÇOIS 

nisoi DES ncmcms k utkiiiiiIs uduisii k fbiiçoiiks 
Par BOREL 

Conseiller et Médedn ordinaire du Roy, 

Augmenté de tout ce qui s'est trouvé de plus 
dans Us Dictionnaires de Nicot, Momt et de plusieurs autres, • 

NOUVELLE ÉDITION 
Avec addition de mots anciens omis par Borel, 

PATOIS DE LA FRANCE 

Recueil de Chants, Noêls, Fables, Diaons, Dialogues, fragments de 
Poème, composés en principaux dialectes de la France, 

Etafa SOT r«igiK it* Pitois, nr In laigus d'Oil d d'Oc (t sur knn ligules, 
Mtmtn ie la StdéU it VOMoiTt et frmtt. 



Editeur du Dictionkaire historique de l'Anuen Langace 

François par La Curne de Sainte-Palaye. 

1882 



' 



ABRÉVIATIONS : 



È., — ^uf Ëurguy. 

Beaum. C. B., — pour Beaumanoir, Coutumes du Beauvoi»s. 

Chroû* S<-D., '— pour Chronique de Saint-Denis. 

Ch. de F., — pour Chronique de Froissart. 

D. C, — pour Du Cange. 

£. D., — pour EUstaches Deschamps. 

F., — pour Fauchet. 

F. G., — pour Fontaine Guérin, Trésor de Véûerie. 

P. des Amour., — pour Fontaine des Amoureux. 

L. D. N. sur R., — pour Le Duchat, notes sur Rabelais. 

L. G. D. F., — pour Lauri^ei Glœsaire du Droit ûançois. 

L. D. F., — pour id. id. 

L. CD.,— pour Le Qerc de Dôuy, Glossaire de l'Orléanais. 

L. C. G. Fk, -^ pava La Cttfhe, Glossaire françois. 

L. J., — pour le Livre de Jostice et de Plet. 

M. M., — pour Marguerite de la Marguerite* 

M. F., — pour Marie de France. 

M., — pour Moneti Dictionnaire. 

Mesn.) — pour Mesnage, Dictionnaire. 

N., — pour Nicot, Dictionnaire. 

P., — pour Pasquier. 

P. B., — pour Partonopez de Bioîs^ 

Perc, — pour Perceval. 

R., — pour Ragueau, Glossalfe du Droit. 

R., — pour Roman. 

R. E., — pour Robett Ëkâenné. 

Rose, — pour Romda de la Rose. 

V. Charles VII, - ^ur Violet de ChAtles VIL 

[ ], — mots intercàtts {Mtr le liottVel éditeur. 



AVIS 

Cmcenumt la nouvdle édition du Trésor des Reghbrghes 
ET Antiquités Gauloises bt FRArcçoifiBS. 



L'autear de cet ooTrage, Pierre Bore], est né à Castres, 
vers 1620. Son përe^ Jacques Borel, était un érudit et 
même il était poëte. Quelques-unes de ses poésies ne sont 
I»as sans valeur et ont eu les honneurs de l'impression ; 
honneur qu^on accordait» alors^ beaucoup moins facilement 
qoe de nos jours. 

Pierre Borel se consacra à la médecine, et fut reçu doc- 
teur à Montpellier en 1640. Il se fixa d'abord à Castres, et 
c'est dans cette Tille qu'il réunit les matériaux d'un grand 
oaîrage sur l'histoire naturelle qu'il fit paraître en 1649, 
sous ce titre : AntiquiUt, raretés^ plantes, minéraux et autres 
dums eonsidéralfflee de la vûk de Castres^ 1 volume in-8^ 
Cet ouvrage» fruit d'immenses recherches et qui renfermait 
des idées neuves mais bizarres» fixa sur cet auteur l'attention; 
il lui créa de nombreuses relations avec les savants de la 
capitale, qui firent, auprès de lui de vives instances, pour 
railler à Paris. 

Ce ne ftit qu'en 1653 qu'il répondit à cet appel si flatteur. 



— II — 

U arriTa dans la capitale précédé de la réputation d'un 
habile médecin et d'un saTant naturaliste. Aussi, la plus 
brillante carrière s'ouvrit-elle immédiatement devant lui. 
Presque aussitôt son arrivée, il fut nommé conseiller et 
médecin ordinaire du roi. 

Ces importantes fonctions ne lui firent point perdre de 
vue ses études chéries. Avant de quitter Castres, il avait 
publié: Historiarum et observatùmum medico-physicarum 
centuricBy 1 volume in-12. 

A Paris, il termina une vie de Descartes, 1 volume in-8\ 
L'année suivante, il donnait la Bibliqtheca dUmica, seu 
catalogus librorum philosopkicorum hermeticorum^ 1 volume 
in-12. En 1655, il faisait imprimer à La Haye 1 volume 
in-i"" qui avait pour titre : De vero telescopii inventore, cum 
brevi omnium conspicillorum historid. 

Son Trésor des recherches et antiquités gauloises et fran- 
çoises parut de 1655 à 1667. C'est le livre que nous 
réimprimons. Mais poursuivons notre liste des travaux de 
cet infatigable auteur. En 1656, il fait imprimer à La 
Haye : OhservaUonum microscopicarum centuria, 1 volume 
in-i"". En 1657, il publie le Discours prouvant la pluralité 
des mondes, et, en 1666, le Hortus, seu armamentarium 
simplicium, plantarum et animalium ad artem medicam 
spectantium. 

De tous ces ouvrages, un seul a conservé de l'intérêt, 
c'est le Trésor des recherches et antiquités gauloises etfran- 
çoises. Ménage a réimprimé ce Glossaire, avec des additions, 
à la suite du Dictionnaire étymologique, en 1750. Nous en 
donnons une nouvelle édition, en y ajoutant une grande 
quantité de mots gaulois et de notre ancienne langue qui 
complètent ce Glossaire. 

Borel avait introduit dans son Trésor, deux ou trois 
dissertations et des longueurs que nous avons supprimées 






J 



— III — 

oa abr^ées, nous en tenant à la définition des anciens 
termes qn^on recherche dans un pareil dictionnaire. 

Nous y avons ajouté une étude sur nos patois et une 
anthologie ou recueil de morceaux en patois des divers 
dialectes de la France. Ce travail a été entrepris en 1840 
par un allemand, J. F. Schnakenburg, qui a fait preuve 
d'une connaissance profonde de nos idiomes. Nous Pavons 
souvent consulté avec fruit. Avons-nous fait mieux ? Les 
lecteurs le décideront. Nous pouvons dire que nous nous 
sommes livré à de longues recherches, afin de recueillir 
une précieuse collection de pièces patoises inédites ou 
disséminées dans un grand nombre de livres. A ce 
point de vue, nous pensons avoir fait une publication 
utile ; le concours que nous avons rencontré de la part de 
beaucoup de philologues, en est la preuve. Nous les remer- 
cions des nombreuses communications qu'ils nous ont 
faites, avec le plus grand empressement 

Nous avons abrité notre étude sur les patois, sous un 
nom aimé et honoré, soas celui de Charles Nodier, qid ne 
peut que porter bonheur à notre modeste recueil. Quant 
au Glossaire de Borel, sa réputation est faite. Nous n'avons 
qu'à le présenter au monde savant, qui depuis longtemps 
attendait une nouvelle édition de cet ouvrage si précieux 
pour l'étude de notre ancienne langue française. 



DICTIONNAIRE 

DES 

TERMES DU VIEUX FRANÇOIS 

OU 

TRÉSOR DES RECHERCHES 

ET ANTIQUITÉS GAULOISES ET FRANÇOISES 

avec additions par le nouvel éditeur. 



A 



Aarbrer. Se cabrer, selon le Roman de Perceval : 
d'où vient le mol Languedocien s*asalbra^ c'est-à-dire 
se dresser pour monter sur les arbres. 

Abaco ou Abaque. Tailloir; la plus haute moulure 
d'une colonne en architecture, lui servant comme de 
couvercle. (Monel.) 

Abaeuz. [Vacans, biens vacans. (Coul. du Poitou.)] 

Abai ou Abaiement. Âboyement, cri du chien. 
(Monel.) D'où abaier, aboyer, abaieur, aboyeur. 

Abaille. Abeille. (Joach. Perisonius) : de linguœ 
Latinœ origine. 

Abalser. Apaiser. (Ovide^ ms.) 

Aballeurs. [Alluvions de la rivière. (L. C. D.)] 

Abandon. [Cri public, proclamation, permission 
générale. Par abandon^ sans jugement. (Beaum.)] 

Abandonnement. [Cession de biens. (G. C. F.)] 

Abannir. [Défendre, prohiber. (G. C. F.)] 

Abarrer. [Empêcher l'effet. (Liltl.)] 



2 ABH 

Abassi. Abattu. 

Abassin. Abyssin, qui est de la côte d'Abex, côte 
orientale d'Ethiopie. (Monet.) 

Abateis. Forêt, selon un ancien. (Ovide, ms. en vers.) 

Abater. [Abolir. (L. J.)] 

Abator. [Entier, en possession d*un héritage. (Littl.)] 

Maïs ne pot souffrir tel desroy, 
Pallas qui la noise abaisa 
Tant que li un l'autre baisa. 

Abatre. [Diminuer, rabattre. (Beaum.)j 

Abbatement. [Destruction. (Littl.)] 

Abbatre. [Anéantir, rejeter. (Littl.) S'abattre en une 
tenues s'en emparer. (Littl.)] 

Abbec. Amorce, appast. (Monet, Nicot.) 

Abbechemant. Action de donner la becquée. (Monet.) 

Abbecher. Donner la becquée à un oiseau. (Mon., Nie.) 

Abéiance. [Droit suspendu. (Littl.)] 

Abeliser. Charmer et ravir. (R. de la Rose) : 

Si m'abelisoit et feoit. 

Ou abrutir et estourdir ; de bellua^ beste. 

Abenevis. [Droit de jouissance à volonté. (Laur.)] 
Abeneviser. [Concéder. (Laur. Glos. D. F.)]. 

Abenfans. [Arrière-petit-flls. (La Curne. Gl. F.)] 

Abensté. Absence nécessaire ou forcée. (G. C. F.) 

Abérhavre. Lisez Aber^ embouchure de fleuve ou de 
mer, d'où vient havre: du mot hébreu habary associer. 
(Bochârt en son Phaieg.) 

Abeuvrage. [Redevance annuelle en argent. (L. CD.)] 
Abhorrir. Abhorrer, avoir en horreur. (Nicot.) 



ABR 3 

Abienneur. [Séquestre. (Laurière. GIos. D. F.)] 

Able. [Habile, convenable. (Litll.)] 

Aboilage. Droit des seigneurs sur des abeilles. 

Abolie. Abeille. 

Abomlaer. Abhorrer, avoir en aversion. (Monet, 
Marot. Pseaume 5.) 

Qaant aux meurtriers et décepteurs, 
Celui qui terre et ciel domine, 
Les abomine. 

Aboné. [Serf soumis à un cens déterminé. (Beaum.)] 
Abonnage. [Convention, droit d'abonnement. (Laur.)] 

Abonner. Changer ou apprécier, et estimer des che- 
vaux, selon Ragueau; comme aussi mettre des bornes. 
Voyez Bonna. 

Abonneup. [Acquéreur. (Laurière. Glos. D. F.)] 

Aborener. Dédaigner; de abhorrere [selon un Roman 
de la Rose ms.) 

Abouter. [Borner, mettre des bornes. (La Curne.)] 

Abouvler. Lâcher les bœufs du joug après qu'ils ont 
labouré, les disjoindre. (Nicot.) Ce mot est encore usité 
en certains lieux de Normandie. 

^Abramas. Singe ; de l'hébreu abrama. Bocharl. 
Voyez Abrafias. 

Abranas. [Mot gaulois : singe. Gwrab, en kvmmry- 
que; Mab, en armoricain; Ab, en irlandais. ADan, en 
gaélique.] 

Abrancher. [Mettre un arbre sans branches. (L. CD.)] 

Abrava. Singe. Hesichius. 

^Abravanus. Rian, ville d'Ecosse, dite de Aber riani, 
le havre de Rian. (Ptolémée.) Ainsi, en Espagne, Cantabi'i 
est dit de ^beretcanty loin ; et ArtabHy peuples de 
la mer. 



4 ACC 

Abi'l. Douce lempéralure d'air. (Monet.) 

Abricouer. Charlaler. Ovide ms, parlant dUlysseet 
diphigénie, qu'il obtint pour en fiûre sacrifice, dit: 

Bien sot la mer abriconner, 
Et faire esiouir de noyant. 

Abridger. [Abréger. (Litlleton.)] 

Abrier ou Aubrier. Fust d'arbalète. (Monet.) 

Abriever. Arriver. (R. de Perceval.) 

Abrousture. Droit de pâture. (La Curne, Gl. F.) 

AbscoDcer. Cacher ; de abscondere. (Nicot.) 

Absoille. Absolve. (Ms. des mémoires de Paris: du 
trépas de M. le président Baillet, que Dieu absoille.) 

Abuter. Viser. 
Abuvrer. Arroser. (L. J.) 

Acanner. [Injurier. ;La Curne, Clos. Fr.)] 

Acaplt. [Certains droits qui se payaient au seigneur 
pour chaque mutation de propriété. (La Curne, Glos. Fr.)] 

Acaration. [Confrontation. (La Curne, Glos. Fr.)] 

Acasemeot. [Inféodation. (La Curne, Glos. Fr.)] 

Acaiinum ou Agaunum. [Mots gaulois : pierre, 
rocher, en vieux gaulois. Agalen enKymmryque. Agolan 
en Comique, signifie pierre à aiguiser. Dans le Valais, le 
couvent de Saint-Maurice a conservé le nom Ôl" agaunum.'] 

Acaunumarga. [Mot gaulois : la marne rousse. 
Marg en armoricain ; en Gaélique maria. \Jà mot mûrie 
est restédansquelques-unsde nos patois. ^o^^zAcaunum^ 
qui signifie pierre, rocher.] 

Accaremeat, affrontement, opposition mutuelle de 
personnes face à face. (Monet.) 

Accarer. Affronter deux personnes Tune à Tautre, 
les opposer face oonlre face, (idem.) 



ACC 5 

AcceDsaige. [Arrenlement. (La Gurne, Glos. Fr.)] 
Accensement. [Bail à cens. (La Gurne, Glos. Fr.)] 
Accenseur. [Fermier ou colon. (L. G. D.)] 

Acceptance.[Acceplalion, consentement. (La Gurne.)] 

Acceptilation. [Déclaration par laquelle on tenait 
quille son débiteur. (La Gurne, Glos. Fr.)] 

Accessadeur. [Gelui qui tient ù cens. (La Gurne.)] 
Accesseur. [Prédécesseur. (La Gurne, Glos. Fr:)] 

Accessoire. Désordre. Marot. ii. balades, dit: 

Âdventuriers, que la pique on manie, 
Pour les choquer et mettre en accessoire. 

Accise. [Imposition, taille. (La Gurne, Glos. Fr.)] 
Acclosagier. [Glore de murs. (La Gurne, Glos. Fr.)] 

Accodepot. (Rabelais.) Ou Appuipot. (Nicol.) On appel- 
loit de ces deux manières fulcrum et fulcimentum, ce 
qu'on met contre un pot pour empêcher qu'il ne verse 
lorsqu'il est sur le feu. 

Accointable. Aisé à hanter, à estre fait ami. (Nicot.) 

Accointance. Familiarité qu'on a les uns avec les 
autres. (Idem.) 

Accointer. Rechercher quelqu'un avec cointise et 
bonoételé pour s'en faire un ami. (Nicot.) 

Accoi7«TER est aussi faire coint, rendre joli et mignon, 
comme accointer une pucelle, la faire cointe et jolie. 

Accoiser ou Acquoiser. Rendre coi, apaiser. 
[Monel, Xi«:x)t.) 

Aecomparager. Faire comparaison d*une chose avec 
une autre. (Nicot.) 

Accondaire. Amener en troupe. (Nicot.) 

Acconsuivre. Atteindre quelqu'un en cheminant. 
[Monet.) D*où acconsuivij atteint. 



1 



6 AGC 

Accord. [Réconciliation, décision, Jugement, droit 

seigneurial. (La Curne, Glos. Fr.)] 

Accordablement. [De bon accord. (L. C. D.)] 
Accordant. [Qui a rapport, qui est conforme. (Liit.)] 

Accordement. [Convention, droit seigneurial. (L.C.)] 

Accort. Subtil, avisé, prudent. (Monet.) De ritalien 
accorto. 

Accortement. Subtilement. (Idem.) De Titalien 
accortamente. 

Accortlse. Subtilité, prudence. (Idem. Nicot.) Ou 

ACCORTESSE. 

Accourciers. Marchands, cbalans. Rabelais, liv. 2. 
chap. n, dit: « Moyennant une sédition de Balivernesmue 
« entre les Baragouins et les Accoursiers pour la rébellion 
« des Souisses, etc. » On appelle accoursiers de la Sain- 
tonge les chalans d'une boutique où ils sont accoutumés 
de prendre sur taille; A'adcruciare^ parce que sur les 
tailles chaque dizaine est marquée par un coche en forme 
de croix. 

Accours. Affluence de survenans. (Nicot.) 
Accoursier. Favori de quelque seigneur. (Monet.) 

Accousiner. Se faire cousin de quelqu'un, rappeler 
son cousin. (Nicot.) 

Accouter. Acouter, ascouter, et plus communément 
escouter ; de auscultare, ou de àxouo), écouter. (Nicot.) 

Accoutrer. Orner, approprier une chose. (Nicot.) 

Accouveter. S'accroupir sur quelque chose, couvrir, 
et métaphoriquement couver en parlant des poules. (Nie.) 

Accre vanter. Rompre, briser avec effort. (Nicot.) 
Nicole Giles en la Vie du roi Philippe- Auguste dit: « Le 
« roy à cest cause assembla son ost et entra en la terre 
« dudit roy Jean d'Angleterre, par Normandie, print et 
« accrevant les dites places de Boulavarit, Argucil, 
« Couches, etc. » 



ACE 1 

Accroire. Mettre sous la loi d'autrui, confler ; comme 
« accroire quelque argent. » (Nicot.) 

Accroisseiir. [Enchérisseur. (La Curne, Glos. Fr.)] 

Accroaé. Accroupi. Rabelais, liv. 5. ch. vin. dit: « Et 
« ooas mena en tapinois et silence droit à la caige en 
* laquelle il étoit accroué. » Ce mot vient A^accurvatus 
fait de curvare^ d'où corvée dans la signitication de 
certaine prestation corporellequ'àMet2 on nomme crouée, 
elqni consiste à se courber pour remuer la terre. 

Accnbes. Repaires, lits, selon le R. d'Artus de Bre- 
tagne : • Ils tendirent pavillons et accubes ; » deaccumbo. 

Acée. Bécasse ; de acceia ; et celuy-cy de acus , 
aiguille: à cause de son long bec. 

Acense. [Cens, revenus. (La Curne, Glos. Fr.)] 

Acenser. Mettre à prix de cens, prendre à cens et 
ferme. (Nicol.) 

Acensear. [Fermier. (La Curne, Glos. Fr.)] 

Acermenter. [Tailler la vigne. (La Curne, Glos. F.)] 

Acertenées. Rendues certaines, assurées. Marot, 
2. liv. de la Métamorphose dit : 

Elle bailla ce corbillon en garde 
Entre les mains des trois pucelles, nées 
Du roy Gecrops, sans ce qn'acertenées 
PïiUas les eust de Testrange merveille. 

Accertener. Assurer, rendre certain de quelque 
chose. (Nicot.) 

Acertes. A bon escient, affectueusement, sérieuse- 
ment. (Monet.) 

Acesiné. Bien en point. 

BeUe, génie et acesinée. {Perceval.) 

Acesmé. Assaisonné ; d*où vient le mot de Languedoc, 
atiema. Ou couvert, armé, et orné. 

Et de ses armes acesmés.. {Perceval.) 

La pucelle an corps acesmé 

Qpand meust Thuys defermé. (R, de la Rose,) 



s AGII 

Acesmée. Atournée et agencée. (R. de Pcrceval cl 
Jean le Maire.) 

Acesmement. Ajuslement. 

Acesmer. Orner. Voye? Sendalles, 

Acesmesetasch^nes.aloursdefemme. (Jean le Maire.) 
Voyez Achesmes, 

Acesté. [Excepté. (L. J.)] 

Achaison. Voye; Achoison. 

Achateor. [Acheteur. L. J. p. 8.] 

Acher. Agacer les dents, quand on mange quelque 
chose de sur. 

Achesmé. Accouslumé. 

Li chevaliers fut bel et gens, 

Et aux armes bien achesmés. {R, de la Rose.) 

Achesmé ou Achemé. Orné, paré. (Nicot.) 
Achesmer. Orner, parer. (Nicol.) 

Achesmeresse. Celle qui fait métier de parer, 
d*ajuster les mariées, comme qui diroit aujourd'hui une 
coeiTeuse : c'étoit aussi une dame ou demoiselle d'atour. 

Achesmés ou Achemes. Ornemens. Jean le Maire 
dit : « Quant la déesse eut mis bas ses habits et achemes, 
« qu*elle eut dcfTeubié coiffe, guimple, attour, et autre 
« accoustrement de teste, fermaillets, chaines, anneaux, 
« bulletes, et tissus, jusqu'aux galochesdorées, demeurant 
« tocquée sans plus de riche couvrechef. » 

Achest. [Acquest. (L. J. p. 224.)] 

Achet. Achat, acquêt de denrées à prix d'argent. 
(Monet, Nicot.) 

Acheterres. [Acheteur. L. J. p. 128.] 

Achier. [Lieu où sont les ruches d*abeilles. {L. C.)] 

Achoise. Occasion grande. 



ACQ 9 

Acholson ou Achaison. Disgrâce, occasion, loisir ; 
d*où vient le mot de Xaintonge aclm^ pris en haine. 

Vous ne voudriez jamais trouver d'autre achaison 
De venir boire en ma maison. (Pathelin,) 

Achoisoner. [Actionner, inquiéter. (Beaum.)] 

Achoper. [Surseoir, interrompre une poursuite. 
(La Curne, Gloss. Fr.)] 

Achremé.Un vieillard toussilleux.(TripauUdeBardis.) 
Acié. Dents acieces, agassées. (Aldobrandin.) 
Acné ou Aquené. Homme sot. 
Acoint. Familier. (Nicot.) Prochain, allié. (Honet.) 

Acolclé. Alité ; de coulcé^ coete, ou lits de plume, 
en Languedoc. 

Acommtcher. Communier, manger ensemble de 
même miche ou pain. Froissart dit : « Et fit le roy dire 
« grand planté de messes, pour acomicher ceux qui 
« dévotion en a voient. » 

Acomparager. Comparer. (Nicot.) 

Acomsict. Poursuivi. (Perceval.) 

Acons. Petits bateaux. 

Aconsir. [Consentir. (L. J. p. 140.)] 

Aconsaivre. Atteindre. (Nicot.) Voyez Acconsuivre. 

Acoper (s'). S'enferrer soi-mesme. 

Acorostre. [Accroître. (L. J. p. 133.)] 

Acotepot. Appui. (Nicot.) Voyez Accodepot. 

Acoacié. Mis au lit, allité. Voyez Quens. 

Acouter. Ecouter ; de et âxoveiy, ouïr. 

Acqueraux. Instruments de guerre pour jeter des 
pierres, etc. (Froissart.) D*où vient acquebute et arquebuse. 



10 AGU 

Acqueter. Acquérir ; d'où acqueté, acquis. (Monet.) 

Acquittance. [Droit de se faire décharger par un 
autre d'une demande. (LiUlelon.)] 

Acre. Mesure contenant le double de Farpent. 
(Ragueau.) Mais elle est différente selon les pays. (Houet.) 

Acreanter. [Promettre. (Beaum.)] 
Acreuse. [Enchère. (La Curne, Gloss. Fr,)] 
Acpoipe. Prester. 

Or Hegny bîeu, se j'accrois 

De Tannée drap. (Pathelin,) 

Ce qui vient du Lalin credere et creditor. 

Acroissemens. [Accrues d'une rivière. (L. G. D.)] 

Acroupetons. En un monceau, s'accroupir. (Fr. 
Villon.) Ce qui vientde croupion, ei celui-ci àevropygium. 

Actaineux. [Querelleur. (La Gurne, Gloss. Fr )] 

Actep. [Dresser des actes. (La Gurne, Gloss. Fr.)] 

Actor. [Gelui qui intente une action en justice ; le 
demandeur. (L. J. p. 63.)] 

Actourné. G'est le procureur d'une partie liligante. 
(Nicot.) Mot usité en Normandie, qui peut venir de ces 
cleux mots latins, actor natus. 

Actournée, est la procuration passée à un Actourné ; 
comme il se voit aux Ordonnances de TEschiquier tenu 
à Rouen le terme de Pâques 1462. 

Actrayère. [Biens assis en autre justice qui viennent 
au roi ou à autre seigneur, soit à cause de leurs hautes 
justices, ou de leurs hommes et femmes de corps, par sa 
succession, confiscation. (Goût, gén. de France.)] 

Acum. [Mol gaulois: eau ; en Kymmryque, Ach signifie 
eau ; le radical est le sanscrit Ap,eau. Lep se transforme 
en c.]' 

Acus. [Mot gaulois : propriété. En Armoricain, Acli 



r 



ADE 11 

sij^Difie chez ; en Kymmryque, Achel retrailre ; en Irlan- 
dais, Agag et Accus, habitation.] 

Acns. [Mot gaulois : répond aux idées de propriété et 
d*eao ; il termine plusieurs noms propres : Divitiacus, 
Dumnacus. En Kymmryque, yit^A signifie génération ; en 
Comique, enfant.] 

Acosement. [Accusation. (L. J. p. 214.)] 

Adata. Une 9is1e ; d*où vient Edembourg en Ecosse, 
Vrbs alata. Ptolomée : tçatoneâoy meçœtôy. Castrum alatum 

Adayer. Irriter. (Nicot.) 

Adce. A ce, (selon le manuscrit en vélin du mariage 
de PoUion et d'Euridice. pag. 10.) 

Addite. [Clause, convention. (Laurière.)] 

Addouber, es anciens Romans, signifie autant que 
soy armer de toutes pièces et mettre en estât de combattre. 

Adecertes. Alors devray. 

Adempre. [Impôt, exaction. (Laurière.)] 

Adénérer. [Vendre, convertir en deniers. (Laurière.)] 

Adent et Adant, en fait de mortaises et tenons, est 
Tendroit de la pièce de bois qui mord et andantc sur une 
autre pièce en s'accrochant à elle. (Monet.) 

Adenter. Agrafer, selon un ancien Roman : 

Si la fera del branc que sus Tarçon Tadente. 

Adentir ou Adenter. Enchâsser une pièce de bois 
dans une autre. (Nicot.) 

Ader. Oiseau ; d'où vient Birdsey, isle aux oiseaux. 

Adés. Incontinent, alors maintenant. (Pasquier) ; 
d*où vient sans doute le mot adesso italien ; comme aussi 
d'heure en heure (Vigenere) ; et ores (Ménage.) 

Et tout adéz en regardant. (Rose,) 

C'est-à-dire, incontinent. Alain Chartier dit : « Car celte 
< femme adéz le faisoit jouer mal à point. » Ce qui vient 



12 ADM 

de ad ipsum tempuà, sous-entendanlle mot tempus^ 
selon Ménage. 

Adeser, atoucher(Guy de Varvich) vient de adhœreo. 

Adestre, Adroit, habile. (Nicot.) 

Adextre. Favorable, salutaire. Marot, Epigramme 
159, dit : 

Dieu gard Toeil tant adextre, 

Là où amour a ses traits essuyés. 

Adez. Voyez Séneschal. 

Adhéri tance. [Saisine, possession, investiture. (L. C.)] 

Adhériter. [Investir, mettre en possession. (L. C.)] 

Adicter. [Stipuler. (La Curne, Gloss. Fr.)] 

Adjeuner. Faire jeûner, traiter d'abstinence. (Monet.) 
« Adjeuner son cors, offenser son cors par le trop 
« adjeuner. » (Amyot.) 

Adjour. [Ajournement. (La Curne, Glos. Fr.)] 

Adjourner ou Ajourner. Se faire jour. (Perceval, 
le roman d'Alexandre, et Pasquier.) Il veut aussi dire que 
l'aurore ou le jour commencent. (R. de Pépin.) 

Adirer. Egarer. (Nicot) ; et manquer ou être à dire, 
Vigenere dit : « Extrait des mémoires de Suétone qui sont 
« adirez. (Monet): « Les rames de la barque estoient 
« adirées : Ou, son nom est adiré de Testât des ofQciers » : 
c'est-à-dire, rayé. 

Adjudicature. [Vente, adjudication. (L. C. G. F.)] 

Ad Jus t. [Forme, modèle, patron, étalon de mesure. 

(L. C. D.)] 

Admaller. Mannire ad mallum, appeler en justice. 

Administraresse. [Administratrice. (L. C. D.)] 

Admirai. Dignité prise des Turcs, selon Henry 
Estienne, et vient de âXfwça, ou de l'Arabe Halmirach, 
Halmirarchus, maris Prœfectus^ ou de l'épithète de 

Neptune, àXifuâœy. 



ADV i3 

L'Admirai (Ragueau) est ce qu'on appelle Arcbicu- 
bernus^ Thalassiarchus ou Capitaine de mer ; et il cite 
pour cecy la vieille chronique de Flandres. 

Monstrelet parle d*un admirai des arbalestriers. (Voyez 
la Popeliniere, en son traité intitulé TAdmiral.) 

Admodiatear. [Fermier. (L. C. D.)] 

Admodier. [Affermer. (La Gurne, Gloss. Fr.)] 

Admoissonner. [Affermer, en recevant le prix de 
ferme en grains. (La Curne, &los&. Fr.)] 

Admortier (s'). [En termesde coutume, c'est donner 
ses biens, à la charge d'être nourri jusqu'à sa mort. (La 
Curne, Gloss. Fr.)] 

Adnerer. Mettre à prix d'argent, apprécier. (Nicot.) 
Adnet. Diminutif d'Adam, petit Adam, Adamulus. (N.) 

m 

Adoler et Adolorer. Estre dolent. (Perceval.) 

Adoncques ou Adonc. Alors^ 

Adorser. Adosser. (Monet.) 

Adoalé. Dolent, triste. 

Adoaloir. S'adouloir^ se douloir, se chagriner. (H.) 

Adreiz. [Canton de terre, partie en bois, partie en 
terre nue. (L. C. D.)] 

Adveeques. Avec. 

Adveiller. Causer du chagrin à quelqu'un. « Vous 
• Tadveillez par vos larmes. » (Monet. Nicot.) 

Advenant (bien). Poli, faonneste, décent. (Nicot.) 
Advenant (mal). Lourdaut, grossier, rustique. (Nicot.) 

Adventnreux. Audacieux. (Nicot.) 

Advertance. Advertissement. (Joinville.) 

Advertin. Fantaisie, boutade. 



14 AER 

Advest. Advesture, fruits pendans par la racine (selon 
la Cronique de Flandres, et la Somme rural.) 

Advest et Deyest d'un héritage, la réception et le 
dépouillement qu'on en fait. 

Advest. [Investiture. (La Curne, Gloss. Fr.)] 
Advesture. [Récolte sur pied. (La Curne, «loss. Fr.)] 
Advisemeot. Advis. 

Je suis de cet advisement 

Que loyauté leur soit gardée. (Desintction de Troye.) 

Advtser. Faire sçavoir, faire souvenir. (Monet.) 

Advocasser. [Plaider. (L. C. D.)] 

Advoé ou Advoué et Voué. Advocat, (Bouteiller, 
Vlllehardouin, et la Cronique de Flandres.) Voyez Voué. 

Advoerle. Advoison, bail, garde. (Ragueau.) 

Advoquer. [Evoquer. (L. C. D.)] 

Advoultre. Voyez Avoutire. 

Advoyene. [Tutelle. (La Curne, Gloss. Fr.)] 

Advre. Endurci ; de dâaç, travail. 

Adwouson. [Patronage. (L.ittleton.)] 

Ae. Age. 

Ael. [Aieul. (L. J. p. 331.)] 

iSflosages. Tectosages. [Mot gaulois; orthographe 
douteuse. Les iEgons étaient un peuple Cisalpin. En 
gaélique, Aike signifie tribu.] 

Aemplir. [Remplir une formalité. (Beaum.)] 

Aerdep, selon Perceval. Voyez Aherder, 

1. Aerdre. Attacher. 

Et leur fait toute vertu perdre, 

Quand à lié se veulent aêrdre. (H. de la Rose.) 



AFE 15 

2. Aerdre. [S*adresseràque1qu'un en justtce, attacher^ 
poursuivre. (Beaum.)] 

Aernmoaet. Aoust. 

Aerole. Une fiole. (Nicot.) 

Aerpennis. Un demi- arpent ; de aert, terre; et panr/, 
ce qui est borné par des limites. 

Aert. [Terre. (La Curne, Gloss. Fr.)] 

Aerter. Arresler un cheval par le frein. 

Aes. [Abeilles. (La Curne, Gloss. Fr.)] 

Aesler. Réjouir. (Perceval.) D'où vient aise. 

» 

Aesmer. Trouver, conjecturer, selon Villehardoûin, 
qui dit: « El aësmerent qu'il y avoit 400 chevaliers » ; ils 
trouvèrent qu'il y pouvoit avoir 400 chevaliers. C'est un 
calcul qu'on fait de gros en gros: d'où vient le terme de 
Languedoc, à bel Eymé, qui signifie la même chose. 

AESMER signifie aussi comparer. 

Ains le pooit-on aesmer 

 chant de ferene de mer. {R. de la Rose,) 

Aeurer. Prier ; de orare. 

Afaiiier un pont, le raccommoder. Voyez A/faitier. 

Afan. Angoisse, fâcherie. (V. Fac.) Geoffroy du Luc dit: 

D'aquesta ingrata ieu non ay ren agut, 
Que dnr afan en mon \an esercicy. 
Et pensant ieu li aver fach servicy, 
Ay cononissut que non ay ren agut. 

Afatornie. [Donation qui se faisait en jetant un fétu 
dans le sein du donataire, en signe de tradition. (L. C.)] 

Ai eltrée. Harnachée. (Fauchel.) Juonde Villeneuvedit : 

La molt estroit estoit gardée 

Ne vol prendre cheval ne la muUe afeltrée. 

Afermement. [Affirmation. (Beaum.) 

Afeablé ou Afible. Habillé et couvert. (Perceval.) 



16 AFF 

Afeulér. Retrousser ou empoigner avec violence. 

Il prend son chapeau, et Tafeale. (Coquillart.) 

Or il parle (l*un homme qui est en colère. 

Afeurage ou Aff orage. Action de taxer les denrées. 
(Honet.) 

Afeurer et Afforer. (Ragueau.) Mettre à certain prix, 
taxer, estimer : ce qui vient de fori^m, marché. Pasquier 
l'explique aussi pour acheter, mais mal. 

Affaitter. Rendre sçavant, instruire. Voyez Latinier. 

Affâitier. Raccommoder. Merlin dit: « Et luy demandez 
« de ce cuir qu'il emporte, et vous dira qu'il en veut ses 
« soliers affâitier, quand il seroit dépeciez. » 

Affaitiez. Fin, prudent, appris/ Jean le Nivelois, 
poète, dit : 

Jean 11 Nivelols fut moult bien affaitiez. 

Affan. Entente. Sordel, poëte, dit: 

Peyre GuiUen tôt son affan 

Mist Dieu in ley far per mon dam. 

C'est-à-dire Dieu mit toute son entente à la faire pour 
mon dommage. 

Afféager. [Inféoder, donner à fief. (LaCurne, Gl. F.)] 

Affebloyer. Affoiblir. 

Afférage. [Droit seigneurial qui se percevait sur le 
produit d'un héritage. (La Curne, Gloss. Fr.)] 

Afferir. Appartenir. 

Afferme. [Bail d'une ferme. (La Curne, Gloss. Fr.)] 

Af fêtée. Vive, remuante. Harot, Epig. 216, dit : 

Mignonne est trop plus affetée, 
Plus frétillant, moins arrestée 
Que le Passeron de Maupas. 

Afftcavage. [Redevance. (La Curne, Gloss. Fr.)] 
Aff ictement. [Espèce de contrat. (La Curne, Gl. Fr.)] 
Affier. Assurer sur sa foi, faire foi en assurant. (M. N.) 



AFF 17 

Affier ou Anger. Peupler Tengeance de quelque chose. 
« Affier des arbres dans un jardin. » (Mon.) Les préparer. 

N'afiert pas bataille, pour n'accepte pas le combat 
JQdiciaire. (Rutebeuf, 1 p. 278.) 

Affiaer. Tuer, mettre fin à la vie. 

AchiUes le Pi-euz combatables 

Avoit esté si destinez 

Qu'il ne pooit estre affinez^ 

Fors par la plante seulement. (Ovide.) 

Voyez Définer. 

Affines. Semblables, conformes ; du latin affinis. 
Harot, 2. livre de la Métamorphose, dit : 

Tout luisant d'or, et d*escarboucles fines, 
Qui in cler fen en splendeur sont affines. 

Affins. [Alliés, parents. (L. C. D.)] 
Affistolear. Raporteur. (Coquillart.) Voyez Moëttes. 
Afflater. Caresser, flater. (Nieot.) 
Affoler. Blesser. (Nicol.) 

Forme d'aigle par l'air voloit, 

La face Hercules affoloit 

Au bec, aux ongles et as eles. {Ovide,) 

Rabelais, liv. 4. chap. 16, dit : « Vous nous affolerez de 
< coups, monsieur » ; et plus bas, chap. 47 : « lia ! dist 
« la vieille, où est-il le méchant, le bourreau, le brigand ? 
■ il m'a affolé. » — « Affoler une femme grosse, » c'est 
la faire avorter. (Monet.) [Etre en amour, en parlant des 
femelles des animaux. (0. de Serres.)] 

Affoler. Devenir fol. 

Dites hardiment que j'affoles, 

Si je dis huy autres paroles. (PaLhelin,) 

Affolnre. Blessure. Ce mot cependant, selon une 
infinité de passages, ne signifie proprement qu'une 
enbammure à la peau, soit d'un animal, soit d*un arbre, 
soit d*uae pomme. Didier Christel, traducteur du traité 
de Obsoniis de Platiîie^ liv. 10. chap. de la Lamproye, 
dit: • Doncquesostées les dents etla langue de la Lamproye, 

3 



18 ÂFI 

•t et tirées les entrailles, par partie postérieure, lu laveras 
f( icelle en eau chaude, et garderas d'affoler la peau en 
« aulcune part. » 

Affonder (s'). Enfoncer. 

S'il peut, se plonge et afTonde 
Souventesfois en mer profonde. (Ooide,) 

Afforage. [Droit sur le vin qui se payait au seigneur. 
(La Curne, Gloss. Fr.)] 

Af forant. Appartenant, attenant. « J^embrasseTafflaire 
comme afforanl aux miens. » (Monet.) 

Affornaige. [Droit de four banal. Il consistait en une 
charge de paille. {La Curne, Gloss. Fr.)] 

Affouage. [Droit de prendre sa provision de bois pour 
son chauffage, dans une forêt, moyennant une redevance. 
(La Curne, Gloss. Fr.)] 

AffoQchie. Mis à la fuchere. « Les Veneurs dient 
« les sangliers estre affouchiez, quand ils s*amusent à 
« fouiller la racines des fucheres. » (Nicol.) 

Af fouir en un lieu. S'y retirer fuyant d'ailleurs. 

Affoys. Promesses. 

Affrontâmes. Aboutissans d'une héritage. (Nicot) : 
héritage touchant du large et étendu de son front à 
plusieurs héritages apparlenans à différens seigneurs. 

Affubler. Le même qu'afluber et afuler. (Nicot.) 

Affuler. Couvrir. 

Aflchier ou Aficher. Asseurer, affermer. (Perceval) ; 
ou se confier, selon le R. de la Rose. 

Celay qui en trésors s^afîche. 

Le cuer ot en mal affiche. (Ovide.) 

Afierer. Signifie aussi asseurer. (Aldobrandin.) 

Afiert. Convient, appartient. (Nicot, le songe du 
Vergier.) Les Satyres chreslienncs disent: 

Faites à mon nez l'honneur 
Qui afiert à tel seigneur. 



AGH 19 

Afistolé. Orgueilleux. Blason des fausses amours dit : 

Homme pourveu 
Qui tant a veu 
D'afistolez ; 
Bien est cornu, 
S'il s'est venu 
Prendre aux filez. 

Aflaber. Couvrir ; de infulare, 

Aforceor de femme. [Celui qui viole une femme. 
(LJ.p. 104.)] 

Aforer. Comme afeurer. Voyez Feur. 

AJre. Espouvante : de S^çc, insensé ; ou de africa ; ou 
de ffçey, et a particule privative. 

Aga. Vieux mot, dit par mocquerie ou blasme ; de aya, 
envie. (Tripault de Bardis.) 

Et qu'est-cecy? est-ce meshuy ? 
Diable y ait part, a{?a qu'elle prendre ? 
A Sire que l'on le puist pendi-e 

Qui ment. {Pdthelin.) 

Aga est aussi un admiratif, comme qui diroit regardez ; 
doù vient qu'on disoit autrefois agardeZy pour dire : 
« regardez î voyez un peu ! » 

Agache. Pie. 

Agacier ou Agacer. Quereller, harceler. (Gauvain.) 
D'où vient agace, pie en Languedoc, à cause que c'est 
on oiseau carnassier, et qui criaille fort. 

Agastis. [Dégât, dommage. (La Curne, Gloss. Fr.)] 

Agensir. Agencer. 

Aggravante!*. Aggraver, accabler de fatigues, selon 
Marot, chant 4, qui dit: 

Par toi la vie en corps aggravante 
Est restaurée. 

Aghais ou Agaister. Aquest, et aquesler. 

Aghais. C'est une vente faite à terme de payement. 



20 AGU 

parce que celui qui veut profiler doit acquitter le jour du 
terme, et ne le laisser écouler. 

Agiauix. Joyauz comme j'estime. (Rabelais, liv. 5. 
chap. H.) 

Aglanthier. Ab âxayâa. (Perionius.) 

Agneaulx. Âneaux, au contraire de la prononciation 
de ce temps, où pour agneau on dit aneau. 

Aflpavan. Stratus ex Catholico parvo. 

Agreantep. Agréer. 

Agpellep. Faire grêle, atténuer, exténuer, agreliersa 
voix, affoiblir sa voix. (Monet, Nicot.) 

Agpère. [Champart, lerrage, espèce de rente alimen- 
taire. (La Curne, Gloss. Fr.)] 

Agrérep. [Donner un fonds de terre en se réservant 
une part de la récolte. (La Curne, Gloss. Fr.)] 

Agrestie. Rudesse. 

Agretissement. Affoiblissemeni. (Idem.) 

Agricole. Laboureur. 

Agrler ou Terrage. Droit de champart. (Ragueau.) 
Ce mot vient de fl^^r. 

Agrimenser. [Arpenter, mesurer un champ. (La 
Curne, Gloss. Fr.)] 

Agripenr. Mastin. (Jean le Maire en TAmant vert.) 

Ague. Subtile. Marot, dans son oraison, dit: 

Veux-tu souiTrir qu'en ma pensée aguê, 
De droict et Loix encontre toy argue. 

Aguetep quelqu'un. Le guéter, lui dresser des embû- 
ches. (Monet.) 

Aguigner quelqu'un, lui faire signe des yeujc ; c'est 
aussi l'épier. 

Aguinier une chose, c'est la regarder avec des yeux de 
convoitise. (Monet). 



AHO 21 

Agailanleu. Au guy Tan neuf, cry relenu en certaine 
ville de France, depuis les druydes, qui alloient couper 
le guy de chesne, avec une serpe d*or, en faisant une 
Divinité. Les enfans crient aguilanneu à Dreux et autres 
lieux, au premier jour de Tan, pour demander les élren- 
nes, selon Duchesne, en ses Anliquitez de France. Et 
Ovide confirme l'antiquité de cette coustume, lors qu'il 
dit : « Ad viscum Druydae, Druydœ clamare solebanl. » 

Agusadge. [Droit imposé par le Seigneur pour 
l'aiguisement des couteaux et des outils. (LaCurne,G. F.)] 

Ahan. Respiration forcée et pénible. (Monel). 

Aguiser. Aiguiser, affiler. (Nicol). 

AiiA!f. Peine, fatigue, lassitude. Marot, Epitre 5C, dit : 

Le vilain mot de concluer 
M'a faict d'ahan le front suer. 

Ahan ou Affan, et terre ahanale, labourable ; d'où on 
disoil abaner la terre. 

Ahanner. Respirer fortement (Monet). 

Ahemer. Labourer. 

Aherder. Attacher. (Boëce ms. commenté.) 

Aherdre. S'attacher, ou s'adonner. De adhœrœo. 

Ceux qui ne si voudront aherdre, 

La vie leur convicndia perdre (Rose], 

Aherltep. [Donner son héritage. (Beaum.)] 
Ahearté. Opiniastré, (Nicol). 
Ahonnier. Deshonorer (Monet). 
AhoDtage. Honte. (Ovide ms.) 
Ahonter. Voyez Cointerie. Recevoir affront. 

Âdonc respondit jalousie. 

Honte, i*ay paour d'estre trahie, 

Car lecherie est tant montée, 

Que trop pourroit estre ahontée (Rose), 

Ahontir. Faire honte, deshonorer (Nicol.) 



22 AIN 

Ahurir. Mettre en peine, mettre quelqu'un au bout 
de son rooie. 

Al. Lieu, d'où vient Aimargués^ lieu fertile. 
Aidance. Aide. 

Et vous li sarez en aidance {Ovide). 

Aie. Aide. 

Qui ia ne vous faudroit d'aîe (Perceval). 

Aiguillette. Courir Taiguillelte : façon de parler, 
dénotant une vie prostituée, parce que anciennement les 
Courtisanes portoient une aiguillette sur Tépaule, selon 
Pasquier : comme Tan 1363, les Juifs portoient nue plaque 
d'estein par ordre du Roy, comme ils portent encore en 
Avignon un chapeau jaune, et les femmes un morceau 
de drap jaune sur la tète. Aiguillette borgne, aiguillette 
déférée d'un bout. (Rablais', Prol. 4). 

Aile {d'un étang). [Côté d'un étang (L. C. D.)] 

Allliers. C'est une sorte d'oiseaux de rapine, selon la 
Bible Uistoriaux. ms. 

Si comme aigles, ailliers, et escoustes. 

D'où peut estre dérivé le mot AlerioUy dont on se sert 6s 
armoiries. 

Aiilors. Ailleurs. (Perceval ms.) 

Ain. Hameçon, pour haim, venant de hamus. 

Li un prent le poisson à l'oln. (Ovide). 

Aine. Jamais. De tmquam. R. de Bertain dit: 

Après Lot Quitekins qui aine n'ama François. 
Cil fut fils Inslaraont, moût fut de grand' bufois. 

Ains. De an%i. Mot Italien. 

AiNs ET AiNçois. Au contraire et parfois , avant que. 
Comme dans la Fontaine des amoureux de Science où 
il est dit : 

Ains qu'en puisse à chef venir. 

Et Marot : « Ainçois seront semblables au festus. » 



l 



AIT 23 

AiNs, ET AiNçois. Pluslôl que. D"où vient aisné, de ains 
Dé, avâQt né. 

Qui Ainz Ainz. « Qui mielx mielx ». (Villebardouin), 
à qui mieux mieux. 

Ainzoez. [Aîné, L. J. p. 2-21.] 

Alol. [Aïeuil, L. J! p. 62.] 

Air. Force, colère. De ira. 

Si fiert, et iiert par grand aïr {Perceval). 

Si va le chevalier ferir. 

Sur son Escu.de grand aîr. (Idem.) 

Aireau. [Charrue, coutre ; du latin arare (0. de Serr.)] 
Airep. Se courroucer. De ritalien adirare. 

Un gran miracol fià, 

Se Christo teco al fine non s'adjra. (Petrarcha). 

Aisier, ou Aaisier. Mettre à son aiso. (Perceva^l). 

Aisceau, ou Aiscette. Besche. (Nicot.) D*oii vient 
qu'en Languedoc, on dit une aissade et un aissadou. 

Aisément. [Dépendance d'une habitation (Beaum.)] 

AlslI. Vinaigre. (Perceval). 

Aisseail. Essieu. Marot 2 liv. de la Mctamorpole'dit : 
« D'or fut Tasseuil, d'or lui soient tout autour les deux 
« limons, etc. » 

Alsser. Gros et grand ais épais. (Uonet). 

Aissins. [Mesure de blé dont les 6 fontrasnée(L. C. D.)] 

Aistre. Estre vie. {Voyez Estime). 

Tost vous faudroit clorre voslre aistre. {Villon). 

Alt. Force. 

Si la par grand aïr fachié. (Pet^ceval). 

Ait. Aide. « Ce m*ait Dieu >>, vieux serment, comme qui 
diroil, sic me Deus adjuvet. 

Qu'il dira, se Dex H ait. (Percevail). 



1 



24 ALA 

Aitre. Cour. De atria selon la Bible Historiaux. ms. 

Aize. [Territoire, domaine avec ses appartenances. 
(La Curne, Gloss. Fr.)] 

*A1. Haut. D'où vient allus. Bochart, en son Plialeg^ 
dit que c'est un vieux mot Gaulois. [La signification 
réelle de ce mol, en langue gauloise, est : production, 
race. Virgile avait rassemblé dans une épi^ramme contre 
le rhéteur Cimber, qui passait pour avoir empoisonné 
son frère, les trois mots : yi/. Min et Tau. Voici la signifi- 
cation de ces mots : A /, race, Min^ repos, et Tau, silencieux. 
Ces trois mots rappelaient le fratricide. 

Al. Tout. 

Al'abay. Aux abois. 

Alacliir. Défaillir. (Nicot. Monet), rendre lâche, lan- 
guissant. 

Alaigre. Agile, délibéré. (Nicot.) 

Alaigreté. Légèreté, agilité. (Nicot.) 

Alambic. De a/, mot arabe, et a/^if. D'où vient 
s'alambiquer Tesprit. 

Alan. Gros chien, comme dogue. (Nicot. Honet), chien 
bon à la chasse. 

Alangouri. Exténué, languissant. (Monet.) 

Alangourir. Exténuer. « Cette maladie Talangouri 
dans huit jours. » (Monet.) S'alangourir, tomber en 
défaillance. 

Alanvitant. Sur le soir. (Perceval.) Ainsi on dit ; 
nuitamment. 

Alauda. Légion gauloise, d*où vient Taisle des armées 
selon Bochart, comme aussi la figure des casques, qui 
ont cresle, comme les alouettes; et à cause de cette sorte 
de creste, les légions de César qui en portoient, estoient 
appelées Alaxidoe, selon les Estats et Empires du monde. 

Alavete. Alouette. 



A LE 25 

Albergatlon. [Arrenlenient d*un domaine. (Laur.)] 

Albergue. Auberge^ el un droit ancien. 

Albogon. Mot gaulois : le pouliot, herbe aromatique. 

Albran, Halbran, Alebran, Halebran. Pelil 
canard sauvage. (Monet.) 

Albrener. Chasser aux canards sauvages. (Idem.) 

Alcbemle et Archemie. De al, de, en arabe, et 
Zv(iùa; ou de Cham, qu'on tient en estre l'inventeur ; ou 
du mot grec qui signifie salis fusio; ou de Chamia vel 
Chemia^ nom ancien de l'Egypte ; d'où cette science fut 
portée en Grèce, comme je ferai voir en la vie de Démo- 
crite, qui la transporta, et non de Alchimus^ homme 
qu'on a voulu feindre l'avoir inventée. 

Alcie. Haussée, ou exaltée. 

Aléaoter. [Légitimer. (L. J. p. 212.)] 

Alehcure, pour AUeure. Galop. 

Alein. Si-tôt. 

Vers li s'en vel, aleins qu'il puet. (Perceval ) 

Alemandes. Amandes fruits, et amnndelier, Tarbre 
qui les porte. Quelques-uns croient qu'il est dit ainsi, 
pour être venu d'Allemagne. Perceval Ta ainsi nomme en 
soD roman. 

Alien. [Aliéner, vendre, donner, transporter. (Litll.)] 

Aliénée. [Acquéreur. (Litlleton.)] 

Aliénée. Haleine, respiration. Marot, liv. 1. de la 
ïétamorphose, dit : 

Et Zéphirus souspirant doucement, 
Soôfves rendoit, par tiedes alenécs. 

Alerion. Oiseau de rapine, ou aiglon (selon Ménage.) 
Cuyot de Provins dit: « Ne aigles, ne alerions ne peussent 
• voir si clair, etc. » Voyez Ailiers. 

Alers (H). Le voyage. (Villehardouin.) 

4 



26 ALL 

Aleutlers, en la coustume de Hainaut» sont selon 
Galand, ceux qui possèdent aïeux. 

En remenbrance de Dieu, 

Et del boen ludas Macabée, 

Et à réglise S. Romain 

Donna li rois à lendemain 

Trestoute sa possession 

A sept lieues tout environ, 

Si qu'en franc-aleu le tenroient 

Cil ki le service feroient, 

Dont cy-après corne proudome, 

Ne iamais service à nul orne 

Ne feis^ent ; mais prier Dieu 

Pour l'arme, c'est de son neveu. (Mousk.) 

La coustume de Bazadois rappelle FieufranCy ou Franc 
en alo. 

Alicter. Aliter, réduire au lit. (Monet.) 
Alies. Fruits de alisier. 

Femme Alignée. Droite et bien mise. 
Aliner. Equiper des vaisseaux. (Vigenere.) 
Alise. Unie. 

Tisage eut bel, doulz, et alis. {Rose,) 

*Alla. Autre: d'où vient Allobroge. Et AUam, estranger. 
Voyez Broga. 

Allayep. Allier. 

Alleboteurs. Grapilleurs, pauvres gens qui vont dans 
les vignes après qu'elles sont vendangées. Rabelais Prog. 
Pantag., dit : « Chevaucheurs d'escurie, alleboteurs. 
« n'auront cette année guieres d'arrest. » 

Alleu. Aleues ou Alodium, héritage ; AloeHum 
Dominicum, le possesseur d'un Franc-Alieu, ne tenir que 
de Dieu quelque chose, et non d'aucun roy ou seigneur, 
selon la coustume d'Orléans, article 250. Celle de Meaux, 
article 490, l'appelle Franc-Alloy. Il vient de alodintn, et 
celuy-cy, de lendis, subjet d'un seigneur. 

AUobroges. De aly haut^ et bara région^ ou champ, 



ALP 27 

selon Bochart. Voyez Bro. Ou de. a//a, autre et broge, 
champ selon Tautheur de TAtlas. 

Allobrox. Roi des Gaules; d*où sonl dils les AUo- 
broges. (Pezronius.) 

Allotement. [Action de faire des lots. (Litlleton.)] 

Allamelle. Lame ou laminé. Lame de couteau. (Nie.) 

Almanach. De aL Et fiaydxoç, de la lune et des mois, 
cercle de la lune, de fj^r^yoç. 

Aloe. Loué. 

Et desloent les aloêz. {Rose.) 

c-à-d. estent la louange à ceux qui sont en estime. 
Aloes. Alouettes. (R. de la Rose.) Voyez Alloué. 
Aloigné. Retardement, délay. 

Dont le diray-ie sans aloigne. (Ovide,) 

Alolgner. Allonger. R. de Guyot deNantueil, dit : « Ce 
« fu el mois de may que le temps s'aloigna. » 

Aloser, ou Alouser. Louer. .(Artus.) 

Alotte. [Tombé dans un lot. (Litlleton.)] 

Alone. Alouette. (Villon.) 

Plastost passons que le vol d*unealouë. (A. Chartier.) 

Alonser. Aquerir los, ou renom. (Perceval, et le 
IL de la Rose.) 

Aloiivy. Affamé d'agir, de faire comme un loup, de 
manger. Rabelais iiv. 4. chap. xxiv, dit: « Je suis allouri 
< et affamé de bien faire et de bien travailler. » 

Alpage. [Droit de pâturage. (La Curne, Gloss. Fr.)] 

Alpes. De albion, blanchir, en hébrieu; à cause de 
leur neige perpétuelle, ou passage estroit. (Procope.) [Les 
Gaulois donnaient le nom a Alpes, au sommet des mon- 
tagnes. En kymmryque, Alp signifie rocher ; en irlandais 
Alp, montagne. 



28 AMA 

Al tarage. Droit pour Tau tel. 
Altarge. Offertes faites en argent. 

Altères. Passions. C'étoient aussi de grosses masses 
do plomb, dont les anciens se servoient comme de contre- 
poids dans les sauts auxquels ils s*exerçoient. (Rabelais 
liv. I. cliap. S>3. et Maniai épig. 49. liv. 14.) 

Alterquer. Contester, rioter. ïfaltercari^ d où vient 
altercation. (Monet.) 

Altressi. De mcsme que, aussi. 

Ain, ou Aleud, ou Alaud. De aXvtos, libre, ou de 
aleudi, isles d'Allemagne, (selon Lipse) ou de TAlleman 
Lot^ (selon Ménage et Altaserra.) C'est proprement fran- 
chise. Ainsi le Languedoc esloit dit pays de Franc-Alleu, 
parce qu'il se donna au roy de France avec, cette clause 
de ne payer tailles. Voyez le livre qu'en a fait M. de 
Caseneuve. 

Aluclier. Alumer: d'où vient le mot de Languedoc, 
aluca. Mehun au Codicile, dit : 

Luxure est un pechié que gloutonnie aiuche. 
Et si le fait flamber plus cler que sèche bûche. 

Alude. Basanne colorée dont on couvre les livres. (M.) 

Alues. [Alleu, terre qui ne devait aucun service féodal 
ni aucun cens. (Beaum.)] 

Aliiine. Aloine, absinllie. (Monet.) 

^Alum. De la consoude, herbe. (Apulée.) 

^Aluolum. L'herbe pu/^ffium ou pouliot. (Dioscoride.) 
Al 11 y. Voyez Zerer, 

Ainador. Amoureux. PeyreGuillem, poëte ancien, dit: 

Ane mays no vie amador, 
En Sordel, de vostre color, 
Quar tuit li attrendedor, 
Volon la baizar, et iazer. 

Amande de Loy. [Amende coutumière. (Beaum.)] 



AMB 29 

Amanote. Assorti de manivello, de manche pour eslre 
manié aisémenl. (Monel) : « haie, broche, pointue d'un 
« bout, amanolée de l'aulre. » 

Amanotè. Qui a les menottes aux mains. 

Amanteis el Amantevoir. Raconter. 

Car rescritore amenloit bien 

Que toute puissance est de bien. {Rose.) 

ElMehiin au Testament, dit : 

Qui leur alla de ce me vanl 
Tous langages amantevant. 

Ainar. Aimer. Guillem. D'AgouU a Tait un poëme : 

De la maniera d'amar del temps passât. 

Amaritume, ou Amaritude. Amertume. 

Amarris. La matrice ou maire. 

Amases, Amaserens. Prés, jardins, etc. (Ragueau.) 

Amati. Voyez Appatisser. 

m 

^Ambacte, Ambachta. Serviteurs, eliens. Officiers 
en Franctheuth. (Pontanus, Glossa Philoxeni.) 

^Ambachtnian. Client. (Lipse, César, Festus ) 

Ambatonner. Fournir, munir de toutes sortes 
d'armes. (Monet.) 

Ambatre. Appliquer en clouant, ficher, planter bien 
avant avec force. 

Ambatre quelque part, y aborder avec presse, se presser 
d'y entrer. (Monet.) 

Ambaucher une muraille, l'enduire de quelque 
matière. (Monet.) 

Ambedeiix. Tous deux. U'ambo et duo. (Perceval. 
R. de la Rose, et Villehardouin.) Alain Chartier, auliv.des 
Qaalre Dames, dit : 

Le dernier ja mort d'ambedeu.v 



30 AMI 

R. de Garin.dit: 

Grans fu la noise et li estors champel 
D'ambes deux parts. 

Ambedui. Ambedox et amedui, ces! le mesme, à 
sçavoir, des deux costez, ou avec eux. R. de Garin dit : 

Abatus furent Garin et Fromondin, . 
Men esciant ambedui fusent prin. 

Amblaver. Ensemencer. (Monet.) 

Ambler. Aller l'amble, selon Perceval. Ce mot vient 
du latin ambulare. 

Amboire. Abreuver, imbiber. (Monet.) 

Ambrelin. C'est proprement un Jaquemart, mot qui 
vient de l'Alleman hamerlin^ petit marteau d'horloge. 
Rabelais liv. iv. chap. xl. 

Ambubaye. Femme de mauvaise vie. (Satyres clires- 
tiennes.) • 

Amence. Folie, de amens, fol. 

Amenuissement de chief. [Déchéance d'Etat, perle 
de droit. (L. J. p. 250.)] 

Amer. Aimer. 

Amesroi. J'ameneroy. 

Amesure. [On nommait cas d'amesure, le cas où Ton 
mesurait et proportionnait la peine au délit. (L. C. G. F.)] 

Amesvrats. Discret. Peyre Guillem, poêle ancien, dit : 

■ 

En Sordel piùs amesurats 

De nuels autrhom quanc foc nats. 

c*est-à-dire, ô Sordel, plus discret que nul autre homme 
qui soit nay. 

Amiable. Favorable. Marot, dans son Enfer, dit : 

Bien me connoit la prudçnte Gibele, 
Mère du grand Jupiter amiable. 

Amistié. Amitié. 




ANC 31 

Amits. Sorle d'habits ou coëffure; de amictus. (R. de 
Guiot de Nanteuil.) 

Amnuity. [Rente, revenu. (Litileton.)] 

Amoillerer. [Légitimer. (L. J. p. 209.)] 

Amolner. Amener. (Gauvain.) 

Amoisonner. [Donner à ferme. (L. C. D.)] 

Amoller. Adoucir. Voyez Voisine. 

Amont. Lu haut. (Perceval.) D'où vient qu'on dit en 
Languedoc, amon^ pour dire la mesme chose. 

Amositir. Mouiller. D*où vient moiteur, et moite. 

Amphistere. Amphiseney serpent à deux testes. 
Tirgile dit : 

Ingeminum surgens caput amphisihœna. 

Ampienne. Ampeigne, cuir de dessus le soulier. (H.) 

Amplage. Proportion entre deux choses. (Monet.) 

Amplier. Augmenter et amplifler. (Nicol.) 

Amprandre. Entreprendre. « Il entreprenoit chose 
• hasardeuse s*il eut continué. » (Monet.) 

Amprandre. Surprendre au dépourvu. (Monet.) 

Amprès. Auprès. (Monet.) 

Ampris. Entrepris perplex, étant en peine de se 
résoudre. (Monet.) 

Amprise. Devise, symbole. (Monet). 

Ana. Sans. 

Anaglnne. Commencement, en Theut-Franc. (Pon- 
tanns, Tatianus). 

Anbegine. Nous. 

Ancelle. Servante, de ancilla. On Tcscrit aussi ainsi 



I 



32 AND 

anselle. (Sériant: Fontaine des amoureux de Science.) 
Marot dit : 

Si prient Dieu, et sa très douceancelle. 

Ancerner. Entourer, enceindre. (Monet). 

Ancesorie. Ancienneté. (Perceval). 

Ancesors. Ancestre, comme par sincope de anteces- 
sores. Le Chanoine Casse, selon Ménage, s'en sert ainsi : 

Pour remembrer des ancessors 
Les faits, les dits, et les morts. 

i 

Ancharer. Mettre les fers aux pies. (Monet). 

Anche el Ancheau. Pelile cuve, de âyyoç. Anche. 
C'est ce qu'on met dans les haut-bois pour les faire sonner, 
de Echo, Et en Languedoc est appelé Tenchié. 

Anchié. Avant que, aincois. (Perceval.) 

Anchois. Ainçois, avant que. (Perceval.) 

Anclotir. Se jetler dans son terrier, dans son Iron. 
(Monet) : « Le seul bruit des chiens, ou des chasseurs, 
« fait enclolir les lapins. » 

Ancombre. Embarras, difficulté, empêchement, 
adversité. (Monet.) 

Ancomber. Empêcher, eiTibarrasser, mettre obstacle. 
(Idem.) Voyez Encombré. 

Ançon, ou Ancon : C'est l'arme ancienne dite ia 
Francisque, du mot hameçon, abrégé. Voyez Francisque. 
Fauchet parle des ancons, armes anciennes. Et dans 
Villehardouin page 80, ancone, c'est-à-dire, une baniere. 

Ancone. Vovez Ancon. 

Ancuit Aduste. Fort cuit, bruslé. Sangancuit dans 
les veines. (Monet.) 

Ancuser. Accuser. (Monet.) 
Andels. Avec eux. 
Andeniantiers. Voyez Endemetitiers. 



ANG 33 

Andemné. Badii>, folâtre à l'excès, lascif. (Monei:; 
Andever. Voyez Endever. 
Andenx, Andui. Ensemble. 

Si sommes andui envoyez. (R. de la Roue.) 

Anditer. Déférer en jugement, accuser devanlle juge. 
(Uonet.) 

Anditenr. Délateur. (Idem.) 

Andaisson. Enduit, couche, ou Faction d'enduire. 

:Monet.) 

AneL Un aneau.* Haisiaux, au Fabel de l'anel, dit: 

Haisiaax vos dit qn'uns hom estoit, 
Un merveilleux anel a voit. 

ADete.Canart'.etencoreencertainslieuxdu Languedoc 
on dit une anede : ce qui vient du latin anas, L'Art de 
Rhétorique ancien, dit : 

Taste se Vanete pont. 

Anfardeler. Trousser, lier en un fardeau. (Monet.) 

• Enfardeler ses ardes, » pour faire un paquet de ses 
bardes. 

Anfermerle. Infirmerie. Voyez Enfermeiie, 

Anfermier. Infirmier. Voyez Enfermier. 

Anforges. Gibecière de cheval ; de TEspagnol Àlfoiia. 

Anforhtanten. Craignans. 

Angarder. Empêcher. (Monet.) 

Angemmes. Fleur feinte, en termes d*armoiries. 

Anger. Peupler, propager. (Monet) : « Anger des 

* plantes éti*angeres, » c'est-à-dire, les propager, en 
multiplier Vespèce. 

Angin. Voyez Engin. 

Anglois. Créanciers. 

Et aujourd*hny ie fa y solliciter 

Tous mes Anglois pour mes debtes parfaire, 

Et le paiement entier leur satisfaire. (Crétin.) 

5 



L 



34 ANI 

Un bien petit de prés me venez prendre 

Pour vous payer, et si devez entendre 

Que ne vy oncques Angloit de vostre taille, 

Car à tous coups vous criez, baille, baille. (Marot.) 

Il faut que ce mot soit demeuré en France depuis qu'elle 
fut prise par les Ânglois, lesquels estant riches estoient 
les seuls qui pouvoient prester aux François subjuguez, 
leur prestant de leurs propres biens. 

Angoisses. C'est un lieu de Limosin, d*où est venu 
le nom de poire d'angoisse, et non pour avoir mauvais 
goust, et eslre rude au gosier, comme a fort bien 
remarqué Ménage. 

Angoissels. Angoisseux. (Perceval.) 

Angon. Ancon. 

Angrand. Forcé, poussé, nécessité à quelque chose, 
eslre en train, estre disposé à faire une chose. (Monet.) 

Anguillade (donner Y). Frapper avec une peau 
d'anguille. (Rabelais) : « Le paslissier lui donna de Tan-- 
« guiliade si bien, que sa peau n'eust rien vallu à faire 
« cornemuses. » On fouettoit avec une peau d'anguille 
les jeunes gentilshommes Romains qui éloient en faute. 
(Pline liv. 9. chap. 23.) De là sans doute est venu que 
oans les écoles on a donné le nom d'anguille à certaine 
courroie dont anciennement on frappoit les jeunes gens 
qui manquoient à leur devoir. Les Gloses d'Isidore citées 
par du Gange dans son glossaire latin : « Anguilla est 
« quû coereentur in scholis pueri, quïB vulgo scutica 
« dicitur. » 

Anguillomeux. Cauteleux ; de anguiSy serpent, 
parcequele serpent fut cauteleux à Eve, comme quidiroit 

àyxvXofxrjrrjÇ, 

Anhaser. Voyez Enhaser. 
Anhater. Embrocher, mettre en broche. (Monel.) 
Anhortement. Exhortation, persuasion. (Honet.) 
Anhorter. Exhorter, persuader. (Monet.) 
Anichilée. Anéantie. Marot, ch. 17, dit : 



ANT 35 

Arrière donc, Royne Pautasilée, 
Maintenant est la gloire anichilée. 

Anilles. Potences (béquilles) des personnes impotentes 
ou décrépites : Ce mot vient de anus, vieille. 

Anime. Sorte d*arme ancienne (Nicot.) Armures faites 
de lames posées de travers, qui obéissent aux mouve- 
ments du corps. (Monet.) 

Anis. Laine d'agneau ; de agnus ; comme qui diroit 
agnis. 

Annichiler. Réduire à néant. (Gratian du Pont.) 

Annilé. Fer de moulin comme deux doubles crochets. 

Annone. [Provisions pour une année. (0. de Sei'res.)] 

Anaoicter. [Obtenir u& délai de trois fois sept jours 
et sept nuits, pour payer en donnant des garanties. (La 
Cume, Gloss. Fr.)] 

Annuzl. La face. 

Anolaux. Anneaux. 

Anormé et AnormaL Contre la règle cdtrnnunë ( 
d'où vient énorme. Jean le Maire, en r Amant verd,» (fit : 

Tu dois sçavoir que les fiers animaux, < . '^ i . ; : * ; / 

Qui en leur vie ont fait cas anormaux. 

Et Marot, dans sa pièce intitulée TEnfer, dit : 

Rien ne vaudroit de ce lieu le mestier, 

Pour ce qu'il est de soi si anormal 

Qu'il faut exprès qu'il commence par mal. 

Ansfals. 

Ansoyne. Enseigne. 

Anian. L'année passée. Voyez Vae. 

Maïs où sont les neiges d'antan. (Villon.) 

Ante. Tante ; de antiqua, ou amita. D'où vient le mot 
ande de Rouërgue, qui dénote la mesme chose. 

Qui fut frère de sa belle ante. {Pathelin.) 
Voir sa belle ante ce dit-on. {Coquilldrd.) 



36 AOR 

ADten. L'année passée. (Micot.) 
Antenide. De la chamomille, herbe. 
Autenois. Chevreau d*un an ; de anlan ou anten, 
Antie. Ancienne. Au roman de Syperis, on lit : 

Li coniuns de Paris celle cité antie, 
Sont ordonné chacun en sa Gonestablie. 

Froissarl se sert aussi de ce terme. 

En une grand forest antie 

D'arbres et de bois planteive 

Delez un plain, ioste un pendant. {Ovide.) 

Aiillingota. Respondant, en langage FranctheuUi. 
(Talian.) 

Anlombé. Assoupi, siupide ;*antombissemeni, assou- 
pissemenl, slupidité. (Monet.) 

Antraper. Embarrasser, envelopper, embrouiller, 
engager. (Monet.) 

Aiitreitu. Ordre, en Theuthfranc. (Pontan.) 

Antresca. Fantaisie, selon la vie de S. Fides d'Agen, 
Voyez Bresca. 

Anuble. Voyez Deiruhle. 

Anvenc. Avec. (Perceval.) 

Annit. Aujourd'huy, de ce mot en huy. 

Anuiter. Se faire nuit. 

Aorer ou Aourer : Du latin orare, c'est-à-dire prier. 
(Perceval.) Alain Chartier, traité de l'Espérance : « D'aoure 
« et de requerre. » L'auteur du roman Charité dit : 

Bien ses que par un autre nom 
Appelle l'en l'estole orier; 
Car d'ourer te fais labourier. 

Et peu après : 

Ne dois ourcr haute orison 
Sans estolc, n'en olier, 
Kn fcrm. 



APA 37 

Mais Marlins li Béguins le prend pour adorer, en ces 
termes : 

Pour la belle que j aour, 

Qui sur toute a beauté et valour. 

Et un autre du même tèms dit encore : 

Car je n'aours nulle riens se vous non. 

Aoré. Le Vendredi Saint, selon Ménage. (Cronique de 
Louis X! ) « Et le Vendredi Saint et aourné. « Et ailleurs 
aoré, c'est-à-dire adoré. 

Pour la belle que i'aour. 

Qui sur toute a beauté et valour. {Martin li béguins.) 

Aourner et Aorner. Orner. 

Aoasterelle. Sauterelle, peut-estre h cause du mois 
d aousL Dans la Bible Historiaux ms., ont lit : 

le te raempliray d'hommes comme d^aoustercles. 

Apaier. Apaiser. [Désintéresser, satisfaire.] 

Apanage. De nàvayioy, tout saint, ou plustost de 
pani^ pain, c'est-à-dire, ce qui est estably pour la nour- 
riture de quelque grand. D'autres le font encore venir de 
pennes, c'est-à-dire, plumes ou draps, parce que c'estoit 
un revenu ad viciiim et amictum, pour s'acheter non- 
seulement des vivres, mais aussi des habits. Ainsi il y a 
desdroicts pour la ceinture et les espingles de la reine, et 
d'autres pour le pot de vin, et épices. Voyez Ménage. 

Apaner. Exclure, foreclorre, foi»bannir de quelque 
droit. Mot originairement Allemand. D'où vient 
apanager, faire renoncer à tous droits d'hoirie moyennant 
certaine portion de bien. (Monet.) 

Aparagcr (s'). Se comparer à quelqu'un. 

Dont Ajax à moy s'aparage. {Ovide.) 

Qui répond à ce vers : 

Et se inihi comparât Àjax. 

Apariage. [Apanage, dot. (La Curne, Gloss. Fr.)] 
Aparlier. ApareiUer. 



38 APE 

Aparissablement. Maaifesteoient. 

Aparitenrs. Huissiers ou bedeaux, nommez en latin 
Apparitores^ parce qu'ils paroissoient sous les yeux du 
magislrat pour lui rendre service. Rabelais» 4. Prol., dit : 
« Ceux-ci ne sont, proprement parlant, diables d'enfer, 
« ils en sont apariteurs et ministres. » 

Apateler. Nourrir, faire bonne cbere. 

Apattcher ou Apatisser. Imposer un tribut pour 
le pastis. (Ménage.) Ou comme j*estime aller manger. 
Juvenal des Ursins dit : 

Et délibéra de soi apaticher à la garnison plus prochaine, 
Voulant avoir patis. 

Item, au livre des Quatre Dames, on lit : 

Et désir tient tout appatis 
Mon vouloir qui est amatis. 

Voyez Patis. 

Apaut. [Espèce de tenement, droit seigneurial et 
domanial ; ferme de ces droits. (La Curne Gloss. F.)] 

Apend de moy, dépend. Au R. d'Alexandre on lit : 

Que suis Euménides, qui toute Tost apend 
A mener et à duire dessus Festrange gent. 

Apens. Pensée. (Perceval). 

Apenser. Faire quelque chose de guet à pens, c'est- 
à-dire, après y avoir bien pensé, de propos délibéré. 
(Pasquier.) 

Apert et Aparent. Aparoissent et aparoit. On dit 
mesme pert, pour appert. 

Bien y pert en ce que vous faites, 

Quand œuvres si nobles parfaites. {F, des amoureux.) 

Appere, c'est-à-dire aparoisse 

Apertise d'armes. Dextérité, capacité. (Froissarl). 

Apesart. Incube, cochemare, éphialte. (Aldebrandin). 
r/est une maladie, en laquelle il semble qu'on sent la 
nuit un grand fardeau sur la poitrine, à cause que Tes* 



APO 89 

tomac est affaissé, ou d'bumeurs, ou de quelque lobe du 
foye, si OQ couche sur le dos : ce que d'autres ont sotte- 
ment attribué aux sorcières, veu que c*est une chose 
oalurelle. 

Apiert. [11 est prouvé, il parait. (Wtlleton.)] 

Apincer. Âcrocber, de pince, ou pincete. 

Aplaigier. [Cautionner. (L. C. D.)] 

Aplicant. Plaidant, à mon advis. 

Aplomer. Endormir. (Pathelin et Nicot.) 

Apoler. Apuyer. 

Apointe. Mis en bon point. (Coqoillard.) 

Apostoile ou Apostole. Le Pape, comme qui diroit 
TApostre. (Pasquier, Hugues de Bercy.) Dans la Bible 
Guyot, onlit: 

De nostre pere TApostoile, 
Voalsisse qu'il sembtast Festoile 
Qui ne se muet, moult bien le voyent 
Les Maroniers qui s'y avoyent. 

Il est aussi appelé ainsi dans Villehardouin ; et TApostre 
par Perceval. Yoyez Amits. 

Garin, vivant sous Louis le Gros dit : 

Et l'Apostoile, durement son marri, 
Par S. Sépulchre, et lesus-Christ vos di, 
Venez avant, chil Martel, brave fils ; 
le vous octroy, et le vert, et le gris, 
L'or et Targent dont les Clercs sont saisis, 
Les palefrois, les muls, et les rocins 
Si prenez tout ; tel vous octroy et quitte, 
Dont vous puissiez les soudoyer et tintre, 
Qui vous défendent vous et vostre pais ; 
Et s'il vous plaist les dismes Sires rais, 
Très qu'à sept ans, fait-il et un demis. 
Quand vous aures vaincus les Sarrazins, 
Rendez les dixmes, ne les devez tenir. 

Voyez Gon fanon. 

Apostres. Selon Ragueau, sunt libelli dimissariii 
c*estrà-dire, relations, du Grec ànoçékXo). 



40 AQU 

Apoiié. Qui ne peut manger tant il est rassasié. 
(Monet. Nicol). 

Appenser. Songer, penser. (Nicol). S'appenser de 
sortir, songer à sortir. Voyez Ape^iser. 

Applégement. [Action possessoire. (Beaumanoir.)] 

Appléger. [Donner caution. (La Curne, Gloss. Fr.)] 

Applégement, conlr' Applégement. [Suivant Tan- 
ciennc Coutume d'Anjou, rédigée selon les Rubriques du 
Code, il y avoit anciennement trois differenscas, où celui 
qui avoit possédé un immeuble pendant un an et un jour, 
pouvoit intenter la complainte possessoire ;sçavoir le cas 
de nouvelle eschoile, le cas de force et de de$saisine, dont 
BeaumanoH* fait néanmoins deux cas difTerens, et le cas 
de trouble ou de nouvelleté. 

Dans les deux premiers cas, le complaignant se recon- 
noissoit dessaisi , et agissoit pour acquérir ou pour 
recouvrer la saisine et la possession. 

Et dans le dernier cas il soûtenoit qu'il étoit saisi, et 
agissoit pour être maintenu et conservé dans sa posses- 
sion et sa saisine. (Laurière, Gloss. D. 1^.)] 

Applomer. Voyez Aplomer. Applomé de somme, 
accablé de sommeil. (Nicol.) 

Appréage. [Droit de pâturage, (L. C. D.)] 

Appropriance ou Appropriement. [Quant un 
acquéreur d'héritage est réputé en avoir le droit et pro- 
priété par bannie ou laps de temps échu depuis son 
acquisition , le nouvel acquéreur se fait approprier. 
(Laurière, Gloss. D. F.)] 

Aprise. [Enquête volontaire faite par le juge et qui 
ne termine pas un procès. (Beaumanoir.)] 

Apurer. Mettre au net une debte, et taxer une amende. 
(Ragueau). 

Aquitaine. Province de Guyenne, qui a pris nom de 
la Ville d'Aqs; et celle-ci ab aqnis, c'est-à-dire, des eaux, 

Aquitania. [Province des Gaules , d'après César. 
C'étaient les AuscU c'est-à-dire les Euskes ou les Basques.)] 



ÂPid 41 

*Ar. Ou ate^ sur, proche, vers: d'où vient Armorique, 
c'est-à-dire, près de la mer; Arelate; Arvernij c'est-îi- 
dire près, de vernUy et gartimna. 

*Ara. lent: d'où vient ^ram, selon Bochart, en son 
incomparable Phaleg, c'est-à-dire, la Saône. (CJaudian.) 
Lentus^ Arar^ Rhodanusqtie celer. De-là vient possible 
qu'en Languedoc on appelle arri unasne, à cause qu'il 
est lent. 

Arable. Terre labourable. (Nicot.) 

Araire. Charrue; d*aratru7n. (Monet.) Ce mol est 
encore en usage dans le Lyonnois. 

Aramie. 11 semble que c'est-à-dire furie. Merlin ms. 
dit : « Oncques ne veisles lournoy par si grande Aramie. » 

Arar. [tlivière de la Celtique qui se jette dans le Rhône 
près du pays des Allobroges; mentionnée par César. En 
lymraryque, il ra/" signifie doux, lent.] 

Aras. Maintenant. Rirabaut, vivant l'an 1208, à la Cour 
de Mossen Boniface, Marquis de Montferrat, fit une chan- 
son où il change à chaque Vers de langue, pour montrer 
l'esprit changeant de Bealrix, sa Maîtresse, sœur dudil 
Marquis. 

Aras quan vey verdeiar. (Provençal.) 

1 son quel cbe ben non ho. (Toscan.) 

Belle douce Dame chère. (François.) 

Danna yeux m*y rend à bous. (Gascon.) 

Mas t'am temo vuestro pletto. (Espagnol.) 

Arat. Voyez Planarat. 

« 

Araagta. Il apparut, en Franctheuth. (Pontan.; 

Arban. [Amende pour défaut de service mililaire 
féodal. (La Curne, Gloss. F.)] 

Arbalesie. De arcusy et pdXXo) mitto, c'esl-iVdire, ou 
de bali$ta, bricole ou espinade, ou arbalestéc, de arc et 
balisle, vieille machine. (Fauchet). On disoit aussi arba- 
lestre. 

Arc à jalels, pour jaillir et jeller. (Coquillard . 

6 



42 ARC 

Arcângelet. Espèce d^arbalesle à la main tirant à 
bal et à traict. (Monet): « Ce tien arcangelet a dépeuplé 
tout le terrain a'oiseaux. » 

Arcenac. Dit de arx, fortereste, ou des arcs qu*on y 
tenoit. 

Archal. Fil d'archal ; comme qui diroit d*aricba1, de 
auricalchum. 

Archarage et Archairage , ou Arquairage. 

Droict par lequel on est tenu de faire un Soldat ou Archer 
au Seigneur; comme qui diroit Archerage. Il y a des 
Actes anciens ù Viviers près de Castres, où il est parlé de 
ce droict d'Arquairage. 

Arche. Grand coffre, d*où vient le mot arque en Lan- 
guedoc, qui dénote la mesme chose, du Latin arca. 

Archecapelain. Chancelier. (Ragueau.) 

Archegayes. Machine de guerre, qu'on jettoit sur 
les ennemis. (Froissart). 

Archelet. Petit arc. 

Archerot. Petit porteur d*arc. Dubartas dit: 

Qui d'un nain, d'un bastard, d'un acherot sans yeux, 
Font non un Dieutelet, ains un Maistre des Dieux. 

Archie. Voûte ou trait d*arc« 

A deux archies, ou à mains. {(rauvain.) 

Ainsi les Romains disoient ad secvudum vel quartum^ 
etc. lapidem, 

Archlere. Carquois ou bandoulière. 

la nel pour besasse pour Varchiere, 

Ne pour l'arc, ne pour le brandon. (Rose.) 

Selon la Colombiere en sa Science Héroïque, c'est aussi 
le flan ou trou des murailles par lesquels on jettoit les' 
flèche. On en voit encore es vieux bàtimens. 

Archifve. De dçXùoyy ou archay cofi'res à tenir papiers. 

Architriclin. Haistre d'Hostel, de dçXnmUyoç. 



ARC 43 

Archoier. Tirer de Tare. (Perceval.) 

Arcoier. Se dit, lorsque les lances fléchissent pour 
se couper. (Perceval). 

Arcon. Arçon de cheval. (Gauvin). Il signifie aussi un 
archet de violon . 

Si portent Farçon et la lyre. (Ouide,) 

*Ard. Naturel : d'où \\ent Bernard, c'est-à-dire naturel 
du fils; Reinard, nature sincère ; Godard, nature divine ; 
Gifard, libéral de nature. Or ces mots sont communs à 
rAlleman et au Gaulois. 

^Arden. Forest: d'où vient les Ardenes et Diana 
Ardonia. 

Ardones. Eaux qui s'écoulent es prez, sans qu'on les 
voye, de âçâ<». 

Ardure. Colère. 

Tant es lano plene d'ardure (Ovide). 

Il signifie aussi amour. Gautier d*Espinois, parlant de 
llcho, dit : 

Ne la daigna Narcissus regarder, 
Dont sécha toute de ardure. 

Il signifie aussi désir» selon le R. de la Rosé : 

Et preste par la grande ardure. 
D'avoir conquerre et arrabler : 
C'est celle qui semoni d'embler, 
Rober, toliir et baratrer. 
Et par faulseté mesconter. 

Ardre. Brûler. Ronsard, Odes livre premier, Ode 1, 
dit: 

Bien que le feu Grégeois nous arde, etc. 

Uârot, livre 2 de la Métamorphose, dit : 

Les cygnes blancs qui de leur mélodie 
Solemnisoient les fleuves de Lydie 
Ardoîent, etc. 

Areeomici. [Surnom des Volcse de Nimes; il signifie 
en celtique : ceux qui habitent au pied des montagnes. 
iCésar, VIl-8.)] 



44 ARG 

Areger (s'). S'arrenger. 

Et s'arregerent li couroy. 

Moult bellomont l'un de les l'autre. {Merlin.) 

Areinorici [En face de la mer. En Kymmryque, Ar 
signifie près de; 3Iorig, mer. [Pline, César.)] 

Arcr. Labourer, de avare. 
Arescuel. Le manche. 

Une lance rude à merveille, 

Luy ont eus en poing d'eslre inise, 

Et il la par l'arcscuel prise. (Perceval.) 

Ce mol semble dénoter escorce, et venir du mot de Lan- 
guedoc aresclé, c est-ù-dire, escorce. 

Aresgner. Arresler un cheval par les resnes. 

Si n son cheval aresgné. {Perceval.) 

Arfara. Emporter, enTheut-Franc. (Pontan). 
Arfuor. Il s'en alla. 

Argent. Je ne mets pas ce mot pour sa rareté, mais 
seulenient pour remarquer sa rareté parmy les Anciens : 
car Perceval, pour faire voir qu'un cheval duquelil parle, 
esloit de fort grand prix, dil, qu'il valoil cent livres. Ainsi 
on lit que le dol des filles de Roy n'estoient que de dix 
milles livres. Et j'ay veu des Inventaires anciens, où le 
sac de bled est mis a cinq sols, un cochon à huitdeniers, 
etc. Mais celte rareté d'argent leur estoit autant utile 
que noire abondance, puisque les choses se vendoienl 
moins: et j'cslime qu'en cela ils estoient plus heureux 
que nous, avec toute nostre découverte des Indes, d'où 
on nous apporte l'or et l'argent en cette abondance. Et 
Je croy que quand on en trouveroit mille fois au delù 
de ce que nous en avons, que ce neseroitqu'à noslre 
dam ; et que nous reviendrions ù ce siècle auquel il falloit 
amener un chariot pour porter cent escus. 

Argire. Soldat Grec. Dans Ronsard, Ode 1, on lit: 

Tandis que le feu tournoit 
Forcenant parmy la Ville, 
El que VAr</lrc s'ornoit 
De la dépouille servile, etc. 



ARP 45 

Arguer. Argumenter. 

Objete, et soit, et puis argue. {Ovide) 

Arhoob. Il exaltn. 

Arl. Sec. (Nicol). D'où vient le mol aride. 

Ariiica. [Froment. En kymmryque, Rhygg signifie 
seigle et Aran eo Irlandais, pain. (Pline.)] 

*Aripennis. Arpeiit. (Pasquier.) 

Armé. Voyez Blasomier. 

Armeries. Œillets, selon Coquillard , du Latin 
armeriœ. — Armeries. Betolne, herbe. (Monet.) 

Armes antiques. Voyez Cotterel. 

Armesin ou Armoisin. Simple tafTetas à Taire dou- 
blure. (Monel.) 

Armet. Voyez Heaume. 

Armlnete. Instrument de Menuisier, dit de alermin, 
iealprum, en Arabe, selon Ménage. 

Armoiries. Armes, parce qu'on en melloil la figure 
sur les boucliers, etc. On dit aussi porter pour armes, 
parce qu'on les portoit sur la cotte ou bouclier. 

Armoisie. Harmonie. 

*Armor. La mer, ou sur la mer, selon le grand Atlas. 

'Armorique. Maritime. C'est la Bretagne, de armor, 

Armoye. Blasonné, c'est-à-dire qu'on porte pour 
armoiries. Troissart, vol. 4. ehap. 18, dit : « Et delez lui 

• esloit Messire Jean le Barrois, à Pennon armoyé de ses 

• armes. » 

Arné. Esrcné ou errené, qui a les reins rompus. 
;Monet et Nicol.) 

Amer. Érenner, ouéreinner, rompre les rei;is. (Nicot). 

Arpent. Mesure de terre; comme qui à'wo'iiarvipennis. 
Il vaut cent verges, et la verge 26. pieds, selon Ragueau. 
Ou de aripenniSj selon Pasquier. 



46 ARR 

Arquebuse et Haquebute. De arc à buze, c*est-à- 
dire, à trou, du mot Italien bou%o, c*est-à-dire^ trou. 

Arquemie. Pour alchimie. (Coquillart. Et Villon en 
ses Repues Franches.) 

Arquerage. Voyez Archarage. ^ 

Arquoy. Je ne sçai ce que ce mot dénote au vray« Il 
me semble pourtant, qu'il veut dire, se quarrer les mains 
au costé. 

Quand ils voyent ces pucelettes 

En admenez, et en arquoy, ( Villon,) 

Arraisonner. Entrer en pour parler, eu conférence 
avec quelqu'un, s'entretenir. (Monet.) Marot, au 50. 
Rondeau, dit : 

Je VarraisontiCj elle plainct et regrette. 

Arsaler (s'en). S'en retourner. (Villehardouîn.) 

Arramlr. Promettre. (Ragueau.) De adr/iam^V^ /tarare, 
selon les constitutions de Charlemagne : 

Molt les oyssiez arramiry 

Serement faire, et foy plevir, 

Qae par morir ne li tairont, 

Tel fra comm' il fera feront. (Vieux poôte.) 

Arraper. Empoigner, saisir avec violence, d'ampio. 
(Monet.) 

Arrayer. Aller essayer, ou rencontrer. 

Se danger pourray arrayer, {R, de la Rose.) 

Arrerailles. [Semences de printemps. (0. de Serr.)] 

Arresser. Dresser, roidir. (Nicot.) 

Arrestoison. Arrest. (Idem.) 

Arresuer. Interroger. (Perceval.) 

Arrière. Relardé. Voyez Cape. 

Arriereban. Voyez Hère. 

Arriers. De rechef, ou arrière, selon Perceval. 



ART 47 

SouYent boit et renfante arrière. 

Tant que plus clair est que cristal. (F. des amoureux.) 

Arrofo. Il s'écria, en Theutfranc. (Talian.) 

ArvDuces. Arroches, berbe. 

Arrouter. Assembler. Voyez noie et Boux. 

Un des autre de! arrouta, (PercevaL) ' 
An tref Garin furent tuit arrouté. (Garni.) 

Arroy. Train, sorle, ou manière. 

Car quoy ? qui vous auroient craché 

Tous deux encontre la paroy, 

D'une manière, et d'un arroy 

Estes-vous, et sans différence. {Pathelin.) 

Ce mot signifie aussi, selon Nicot, équipage, ordonnance 
militaire. 

Arruner. Ranger. (Nicot.) 

Ars. Arc. Roman de la Rose dit : 

Au Dieu d'amours deux ars tonrquois. 

Ars. Aussi brûlé, de ardeo, arsus. Item, adultus, avancé 
en âge. — Ars. Epaule de cheval ou autre bêle semblable. 
IMooet.) 

Arsili. Voyez lissiers. 

Arsoir. Hier au soir. Marot^ Elégie i2, dit : 

Le juste deuil rempli de fascherie 
Qu'eûtes arsoir par la grand'resverie. 

Arstantentl. Le levant. 

Arsore. Brûlure. (Hebun.) Cest-à-dire, de ardre, 
brûler, du latin ardere. 

Arter. Idem. L'Epitaphe des Mathurins âe Paris 
ooDlienl ces vers : 

Mon vouloir estoit de monter 

A honneur, par labeur et soin : 

Mais fortune n'a peu arter^ 

Et m'est le pied grislé (glissé) bien loin, 

£t la branche qu'avois au poing 

S'est esclaté tout soudain. 



48 AftT 

Peu trouve d'amis au besoiu, 
Qui n'est rusé, Gn et mondain. 

Artez. Arreslez. 

Quand en un lieu esloienl artez. {Vig. de Charles VIL) 

Artien. Qui vaque nux arls dansrDniversilé.(Monel.) 

Artiller. Rendre fort, forlifier, garnir d'oufils ou 
d'instruments de guerre. Dans ie B. du Ct)evalier au 
Barisel, on lit : 

Près de la marche de la mer 

A voit fait son Gastel fermer. 

Qui moult estoit bien batillez, 

Si fort, et si bien artiUez^ 

Qu'il ne creinoii, ne roy, ne comte. 

Alain Chartier, Illst. deCliarles VII, dit: « Siles habilla, 
« remonta, arma et arliila le roy au mieux qu'il peut. >» 
Et de-là le nom de notre Artillerie, auquel sens aussi je 
croyquerauleurdu Bestiaire a appelé le Goupil, iir////ei/a:, 
en ces termes : 

Le Goupil est moult artillos, 
Quant il est auques famillos. 

C'esl-à-dire inventif, et plein d'artifices. 

Artillerie. Macbines de guerre anciennes, comme 
catapultes, béliers, dards, perrieres, mangoneaux, etc. 
Froissart se sert de ce mot. 

Artilleur, Artillier. Intendant de Tartillerie. (M.) 
Arlilleuse. Artificieuse. 

Elle est hardie et avtillcusCy 

£t trop en ire studieuse. (/?. de la Rose.) 

Artilleux. Idem : 

le suis avec les orgueilleux, 

Les usuriers, les artilleux. {li. de la Rose.) 

Artillos. C*est le même qu*arlilleux. Voyez Goupil. 

Artisien. Artisan. 

Artos. P<iys, dit de âçios, punis, à cause de sa fertilité. 



ASS 49 

Arverni el Arevernl. [Les Arvernes. M. de Jubain- 
ville tire le nom d*Arvernidu gaulois Art)o, champ el par 
extension campagnards. Le glossaire d'Endlicher donne 
à ce molle sens de: place-loi devant, oppose-toi, anle 
ob$ta. Cet ante obsta se rapporterait aux montagnes qui 
forment une barrière pour TAuvergne, du côté de Tlisl. 
En kymmryque, Wara ; en irlandais, Fearann\ d'où 
Al'Verann^ les hautes habitations.] 

Asals. Assauts. Assisrent, c'est-ù-dire assiégèrent. 

Asardre. Assarroient, c'est-à-dire, assailiire, assail- 
lirent. 

Asçavanter. Rendre sçavant, informer, instruire (M.) 

Ascendre. Monter, de ascendere. Voyez Tendis. 

Asé. En Languedoc un asne, etrestomac des cochons, 
ou le gros boyau, de omasus, 

Asla. [Le seigle. Le basque a Asia semence cl Ilaz 
nourrir. En gaulois, Aase signifie croilre, pousser.] 

Asparages. Asperges, de asparagus, selon le traité 
dePlutarque du mariage de Poliion el Euridice, ms. en 
velio, enrichi de très-belles miniatures appartenant à 
V. CI. Martin Med. Or il dit: « La coustume fut jadis en 
« Boêtie, que les bonnes el honnestes Matrones açprou- 
« chantes pour devoir coucher la nouvelle mariée, luy 

• faisoient ungchappelet sur sa teste de branches d*aspa- 
- rages aspres et mal gracieux, voulans dire qu'il falloil 

• eodurer les rudesses du mary. » 

Asperague. Asperge. 

Aspresse. Aspreté. 

Asprir. Rendre aspre. (Monet.) 

Assassiner. Derhébrieu schaas, voler, ou de Chassins, 
îoleurs près d'Anlioche. Voyez Chassins. 

Asseler. Assiéger. 

Assené. Conventionnel. (Ragueau.) C'est le dot ou bien 
accordé à la vefve par contract de mariage. 



50 ASS 

Assener. Adresser, atteindre, frapper, assurer son 
coup. (Monet) : « Il faillit le chien, et assena le maistre 
« du chien. » [Parlager, en assignant de quoi vivre. (La 
Curne, Gloss. Fr.)] 

Assens. [C'est un émolument qui provient des forêts 
et bois de haute-fustaye, comme les pasnagesetglandées. 
(C. de Bretagne.)] 

Assentateur. Flateur, complaisant. 

Asseoir. Donner l'assaut. 

Assermenter. Paire prester serment àquelqu'un.(N.) 

Asservagir. Rendre serf. (Nicot.) 

Asslement. Session. (Nicot.) 

Assleux. [Essaims d*abeilles. (L. C. D.)] 

Assins. Assassins. Voyez Avoutrie. 

Assint. [Emplacement d*une maison. (L. C. D.)] 

Assis. Assiégez. 

Pierres Assises. Enchâssées. 

Assist. Assiégea une ville. Dans la Bible Historiaux 
ms. on lit : 

Sennacherib asHst à la parfin Icrusalem. 

Assistrent, veut aussi dire s'assirent. (Perceval.) 
Assoager. Voyez Assouvager. 
Assoir. Assiéger. Idem. 

Assomé.' Endormy. Somme, c*est-à-dire, sommeil, 
venant de somnus. 

Il est un petit applommé 

Hélas il est si assommé. {PaVielin,) 

Assondrer. Il semble qu'il dénote asseurer, ou 
absoudre. Mehun, au Codicile, dit: 

Mais passer ne pouvons se cil ne nous assandre. 



ATA 51 

Assorber. Engloutir. Voyez Flatir. 

Assolé. Affolé après quelque chose, qui aime trop, de 
âmotoç. (Tripaut, de Bardis.) Pathelin dit: 

Qael drap est cecy, vrayement, 
Tant plus le voye, et plus m'assote ; 
Il m*en faut avoir une cotte. 

Assouvager. Soulager, appaiser. (Aldebrandin, 
médecin ancien.) Assoager dénote la mesme chose. 

Hais moult m'assouagea Tointure. (R. de la Rose.) 

Cest-à-dire, le liniment. 

Assouver. [On dit qu*un étang assouve, quand il 
produit de lui-mémedu poisson ; ce qui arrive quand une 
rivière passe dedans. (C. de Nevers.)] 

Assus. Mettre assus une trahison à quelqu*un, c'est 
loi imposer. (Nicot.) 

Asteles. Fragmens de lance; de hasta, c'est-à-dire 
lance. (Perceval.) Et de-là vient le mot de Languedoc, 
e$tèles^ c'est-à-dire coupeaux: et estela^ c'est-à-dire 
$:arnir une jambe cassée, de petites pièces de bois, qu'on 
y nttache, pour faire que les os se reprennent plus 
aisément; parce que cela empesche la jambe de remuer 
en aucune sorte. 

Astine. Querelle. Ovide ms. parlant de la querelle 
d'Ajax et d'Dlysse, dit : 

Agamemnon vit la astine, 

Qui peut monter à grand haine. 

Atager. Attacher. 

Ataine, querelle ; et Ataineux, querelleux. Au 
Doctrinal de Coilessie, on lit: 

D'une autre gent me sai merveille mainte feiz, 
Ki fontgrans ataines^ outrages, et desreiz. 

D'où vient le mot de Quercy, taïne, c'est-à-dire, riote. 

Atainease. Longue, ennuyante, rioteuse. Alain 
Chartier, dans son Quadrilogue, dit : « Longue fu et trop 
« ataineuse qu'il n'afTioit, la contention de ces deux. » 
De aitineare, selon Ménage. 



^ 



52 ATR 

Atant. Alors. (Ronsard et Marot.) Voyez Conroy. 

Atarfle. Mol du Bolonois, une retraite pour ceux qui 
seslant trop retardez ne peuvent entrer dans la ville. 

Atàrfllep. Tarder, se retarder. 

Atayné. Riole. 

Au milieu j'aperçeu haync. 

Qui de grand courroux et d'atayne^ 

Seinbloit estre bien tanceressc, 

Pleine d'yre et gengleresse. {R, de la Rose.) 

Pour Uur joye tristesse, 

Pour leur paix atayne, (Mehun Codicilc.J 

A telle ou Attenc. Appaisé. 

Si sont courcez ou aitenez, {\iUon.) 

Athaver. Tuer; de eàyatoç, mort. D'où vient le mot 
de Languedoc, ataiit, c'est-à-dire une bière. 

Athlc. Qui est en langueur; de arAof. 

Atiiicté. Dien ajuslé. 

Sera aujourd'huy atinclé 

Comme un duc, comme un conestable. (Coquitlard,) 

Besoin sera que ie Vattincte, 

Comme si ce fut pour un comte. {An des sept Dames,) 

Atinia. [C'est Torme çraulois, arbre haut et touffu. En 
kymmryque, Attiffu signifie bourgeonner de nouveau. 
En irlandais, AtÙn a le sens de jonc épineux.] 

Ator. Atour, ornement. 

Atourner. Orner ; de toçeio) orno, 

Atournez. Solliciteurs de Procès. (Ragueau.) 

Atre ou Astre. Le foyer. (Nicot.) 

Atretal. Tout de niesme. Voyez AutreleL 

Atrobainent. Invention, selon rilistoire des Albi- 
geois: d'où vient encore le mol de Languedoc, atrouba^ 
c'est-à-dire trouver: et Loas Troubadous, de Provence, 
c'esl-à-dire les Poètes. 



r 



I 



AVA 53 

*kiisi. Fournaise; d'où vient Alhanor, four secret de 
Chimie. 

Attedier. S*ennuyer ; de ad et tœdium. 
Attedier. Ennuyer ou fâcher. (Nicol.) 

AUenerir. Atténuer. Catholicum parvum. 

Attenir. Eslre parent ; d'où vientle mot de Languedoc, 
alagné, c'est-à-dire, estre allié ou parent. [Ce mol a aussi 
le sens d'entretenir. (Beaumanoir.)] 

AUiDer. Irriter, provoquer. (Nicol.) 

Aitinter. Ajuster, parer. (Nicol.) Femme bienallinlée, 
bien parée. 

AUraIre. Attirer, gagner par présent. (Nicol.) 

Attrampance. Température, modestie, tempérance. 
(.Nicol.) 

Attrampement. Modération. (Monet.) 

AUramper. Tempérer, modérer, gouverner. Marot, 
dans sa description du Temple de Cupidon, dit : 

Devant Timage Capiflo 
Brnloit le Brandon de détresse 



Qui son ardeur jamais xi'aU^ampc, 



Attraîëre. [Droit du seigneur liaut-juslicier A'atiraire 
à lui un héritage vacant par déshérence. (L. C. D.)] 

Au. Du. 

Au coi au Ghevatier le mis. (Pe^^ceval.) 

Avacbir. Devenir poltron. 

Avallage. Descente du vin en la cave. (Nicol.) D'où 
vient avaler, descendre. 

Avallo. [Pomme. Ce mot avallo, se trouve dans 
beaocoup d'anciens chants bretons. En kymmryque Afal^ 
signifie pomme; Afallon, pommeraie. La ville d'Avalon a 
porté le nom d'Abalo,} 



54 AVE 

Avanger. Avancer. Rabelais, liv. j. ch. 32, dit : « Avec 
« icelles nous n'avancerons que trop à manger nos muni- 
« lions. 1» Ce mot est particulier à la Basse Normandie, 
à l'Anjou et au Haine, et vient du latin-barbare inusité 
aban tiare. 

Avanie. Affront. 

Avant. Cy-après. (Vigenere.) 

Aubain. Nay hors du royaume. (Ragueau.) De advena^ 
estranger. 

Aubeinage. [Droit de déshérence. (L. C. D.)] 

Aubiliere. Selon toute apparence, une espèce de 
licou ou muselière, composée de cinq pièces, d'un cuir 
bfanc comme le cuir de cheval. (Le Duchat dans ses notes 
sur Rabelais.) 

Auber ou Aubère. Harnois. (Merlin ms.) V. Hauberg. 

Auberge. Retraite ou demeure ; de heribergium^ — 
Auberge. Armé. 

Aubergeon. (Idem.) 

Aubour. Le bois blanc, ou qui n*est pas du cœur de 
l'arbre ; ce qui vient de albummn. 

Aucteurs. Vautours ; de autour. (Ovide ms.) 

Aucunpou. Quelque peu. 

Audous. En Languedoc, qui ne fait point de douleur 
en traitant une piaye; de a, et odùyrj, c'est-à-dire sans 
douleur. 

Aveaux. J'estime que cela veut dire ayeux, de anus. 
Coquillard, au Monologue des Perruques, dit : 

Rendre me faut par mes aveaux, 
En quelque vieille morte-paye. 

Aveille ou Avette. Mouche à miel. (Nicot.) Ce mat 
est d'usage en Tour;iine, et semble venir de avicula ou 
apicula. 



ADF 55 

Aveindre. Tirer dehors. (Nicol.) Ce mol n'est guère 
connu en Languedoc. 

Avelets [Les enrans des enfans, nepotes, neptes. 
(Laarière, Gl. D. F.)] 

*Aven ou Aviton. Rivière ; d'où vienl ce mol Eau, el 
Gandarum^ Genabum, Aou, rivière de Bretagne ; et Agousi, 
rivière de Castres en Languedoc. 

Avenages. [Sont les evenes que les sujets doivent à 
leur seigneur de cens, rente, ou devoir annuel, pour le 
pascage de leur bétail es forélset usages du seigneur, ou 
aulrement. (Laurière, Gl. D. Fr.)] 

Avenc. Avec. (Merlin.) 

Avep et Avère. Avare. Perceval, et l'Autheur du 
Songe du Verger s'en servent. 

De leur avère hypocrisie. (Ovide,) 

Ne te fay tenir pour aver : 

Car ce te porroit moplt grever. (Rose.) 

Fols sont les avers, et les chichcs. (Rose.) 

De-ià vient le mot de Languedoc, nousé abarrCj c'est-à*^ 
dire noix, de la coquille de laquelle on a beaucoup de 
peine à tirer le noyau, 

Average. [Droit pour exemption de corvées de 
charrettes. (La Curne.) 

Avers. [Cheptel. (Littleton.)] 

Avertin. Défaut de veuë ; de vertigo. 
AvKRTiN. Phrénésie. (Nicot.) 

Avertlneux. Phrénélique. (Nicot.) 
Avesprement. Le soir. . 
Avesprir. Commencer à faire nuit. (Monet.) 
Aveugleté. Aveuglement. 
Anferrant. Voyez Ferrant. 



56 AUL 

Aufons. Nom propre, Alfonse. « Cousiumier de 
« Poictou : Sachiez que noslre tres-chier Sives Aufions, 
« fluz du roy de France, Coens de Poictiers el de Tolose, 
« esgardé et conficrré noslre profil. » 

Aviander (s'). Se repailre. (Nicol.) 

Avlaux. J'estime que ce mot dénote les pieres des 
cliemins. 

Frens nés crosses vous poniaux, 

Et saillir hors de vos aviaux. {R. de la Rosé.) 

Et en autres dons ensement, 
Dont tu peux faire tes aviaux, 
• Et te déduire, se tu viaux. (Ovide.) 

Par ce dernier il semble qu'il entend parfaire les aviaux, 
se réjouir, faire la vie. 

Avier quelqu'un, renvoyer ou le mettre en voye el en 
chemin. (Le Duchat dans ses notes sur Rabelais.) 

AviER. Donner la vie, avier le feu, c'est-à-dire rallumer. 
(Monet.) 

Avignon. Derechef, quelque chose après ; de dvsvtâyy, 

Avllep. Devenir à moindre prix. 

Il me semble que tout avile. {Palheîin.) 

AvjLER. Mépriser. (Nicol.) 

Aviné. Yvre ; de ëvoiye. 

Avironné. Environné. 

Avision. Vision. (Aldebrandin.) 

Avison. (Idem.) 

Biens Avitins. Du patrimoine des ayeux. 

Aulcbun. Aucun. 

Aulnois. Un lieu comptante d'aulnes. 

Aulre. Autre. 

Si je n'eusse ioùé du croc, 

Et vescu d' aulre que du miv n, 

Par S. Jaques ie n'eusse rien. {Pathelin.) 



AVO &7 

Anmaille. Brebis ; et mesme se prend pour â*autre 
bestail, et mesme pour biens. 

Aumairé. Armoire. (Perceval.) 

Aamoner quelqu'un, lui faire aumône. 

Aumosnlere et Aumonlere; Petite bourse ou 
gibessiere; comme pour tenir les aumosnes. 

Et pend au ceint une amoniere, 

Qoi moalt est pretieuse et chiere ; 

£t cinq pierres y met petites, 

De rivage de mer eslites ; 

Dont pncelles aux marres iouênt, 

Qaand belles et rondes les trouvent. (Rose.) 

n entend en cet endroit une fonde ; car les aumoniesres 
des bergers où ils mettent leur déjeuner, sont faites 
comme les fondes : on les appelle en Languedoc une 
apertinierrej du mot esperti, qui veut dire le gouster, 
et tous deux viennent devesperum. Parfois aumosniere 
déûote une bourse. 

Et en Vattëmoniere'li mit 

Unes lettres, etc. {Gauvain.) 

Anmasse. Vient de amicio. Voyez Chape. 
Avoeassie. Art de plaider. 

Avoiement. Entrée en droit chemin. (Honet.) [Aveu, 
déclaration. {L. J. p. 56.)] ^ 

Avoier. Mettre en chemin, s*avoyer, se mettre en 
roale. (Nicot.) 

Avoislage. C'est lé profit des ruches à miel, ou le 
droict du seigneur^ ou du roy. (Ragueau.) De apislegium. 

Avoistre. Voyez Avmtre. 

Avoitrée. Femme qui a fait une fausse couche. (N.) 

Avoitrement. Avortement. (Nicot.) 

Avoitrer. Avorter, faire une fausse couche. (Nicot.) 

Avole. Ne croyant que sa folle teste ; de deskrjç, sans 
conseil. 

8 



S8 AUT 

Avomes. Nous avons. ;Perceval.} 
Avorter. Haïr. (Ragueau.) 
Avoutire. Adultère. 

Le tor cuida que vache fust. 

Quand vid de cuir couvert le fust : 

Ua ! quel reproche, honte ai du dire I 

Pasiphe fit avoutire! (Ovide.) 

Il veut dire que le taureau creut que la vache de bois 
couverte de cuir, dans laquelle Pasiphaé esloit, fust une 
véritable vache. Et Mehun, en son Codicile, dit: 

Luxure confond tout, là où elle saoultre : 

Car maint droit héritier déshérite tout outre, 

Et hérite à grand tort maint bastard, maint advoultre. 

Avoutre. Illégitime; de aduller^ de advoultre^ oslant 
le d, et prononçant u en ou» comme plusieurs Nations 
font. Avoistre, est la mesme chose. 

Avoutrle. Adultère. 

D'assins et de faux tesmoignages, 

Wavoultries en mariages. (Mathiolus.) 

Si, com la flabe le raconte, 

Reprochoit à Minos la honte, 

La vilenie et le difTanie, 

Et VavouMc de sa femme. (Ovide.) 

Auques. Aussi. (Fauchet.) D*où est venu avecgnes. 
Habbert, au R. des sept Sages, dit: 

Une histoire auques ancienne. 

Auqueton. Pour hocqueton. (Perceval.) 

Aurilbage. [Droits sur les essaims trouvés dans la 
forêt. (L. C. D.) 

Aurilleux. Temps aurilleux, c'est-à-dire, comme en 
avril. 

Avron. Aveneron, foie avoine. (Monet.) 

Aus. Eux. 

Autel. Pareil, semblable chose. 

Si craindront qn^aïUel ne lor face. (Ovide.) 



AZI 59 

Si estoit bien à^autel âge 

Comme samie, et d^autel courage. (/{. de la Rose.) 

Aotelle. Telle, semblable. 

Trestout en autelle manière. (/?. delà Rose.) 

Prier» est si grand chose, 

le n'en sçay nulle autelle. (Mehuuy C dicile.) 

Aatier. Un Autel. 

Aaton ou Autant. Vent du midi. (Monet.) 

Autresl. Aussi pareillement. (Perceval.) 

Antretant. Autant. (Verger d*honneur.) De-là vient 
le mot de Languedoc, atrestdnt. 

Aatretel. De mesme. 

A tous disoit que ses fil dre^ 
Àutretel disoit la bregiere. (Ovide.) 

Auver. Avoir. (R. de la Rose.) 

Auwen. En celte année. 

Aux. Eux. 

Auxi. Aussi. 

Ax. Aux. 

Axiex. Aussi. Godefrois de Leigny, dit: 

Des iex, et du cuer la convoyé : 
Mes axiex fu corte la ioye. 

Ayal. Ayeul. 
Aye. Aide. 
Aymant. Diamant. 

Et tu plus durs d'un aymant. (Ooide.) 

Quoy que ce mot signifie la pierre qui attire le fer, on Ta 
pris pour le diamant ; et mesme quelques naturalistes lui 
eu donnent le nom latin, Tappellans Androdamas, 

Aziman. Aimant, pierre, en vulgaire dç Languedoc, 



60 BÂG 



B 



Baat. Baaillement. On Hl au ms. des mémoires de 
Paris : 

Comble d*ennuy, vaide de tous esbats, 
Et de douleur, portant sanglots et baats, 

Bacaudes. Voyez Bagans, et Bagardœ. 

^Bacchar. L'berbe asarum ou cabaret; megiserus. 
(Dioscoride.) 

Bacele. Eu ancien langage François, signifle Chatel- 
lenie. (Nicot.) Bacele. Voyez Bachele. 

Baceller. Voyez Bachelier. 

Bacelote. Selon TArl de Rhétorique, livre ancien. Il 
y a apparence que cela veut dire une jeune fille, comme 
qui diroit Bachelière : 

Fay mis mon cœur en une lourde, 

Qui est très-belle et bacelotte: 

Mais elle a la mamelotte (le tetin) 

« Aussi grosse que la cahourde » (citrouille). 

^Bachardae et Bagaudse. C'estoient les paysans 
souslevez sous Biocletian, selon Eusebe, Cronic. a. 289. 
Ce qui vient du breton f^tcAmd, c'est-à-dire des Bouviers. 
Voyez Bagaudœ. 

Bachelage. Apprentissage pour se rendre chevalier. 

Bacbele ou Bacele. Chatelenie ou seigneurie 
tenue par un bachelier, qui n'a encore droit de chevalier 
ny de baniere. [Il fallait quatre bacheles pour former une 
baronnie. (La Curne, Gloss. Fr.)] 

Bacbelerie. Jeunesse. Le R. de Garin dit : 

Diz mil furent en la soc mesnie, 
La flor de France, et la hachelenc. 

[Bacbelerie, était uue espèce de fief nommée bacu/an/s, 
daus la coutume d^Anjou. (La Curne, Gloss. Fr.)] 



BAC 61 

Bachelier. On appelloit bachelier, celui qui ^vaincu 
DD homme en tournoy, pour la première fois qu'il s'est 
battu en sa vie, selon le poëte intitulé le Bachelier 
d*armes ; dit ainsi de 6ad//2iS, baston, parce qu'on leur 
donnoit une branche de laurier : ou bien c'est un mot 
abrégé de bâche vallier^ comme le récite Fauchet, et se 
dit de tous mesliers, ou professions. Mais j'estime qu'il 
vient plus vray-semblablement de baccœ lauri, à cause 
du rameau de laurier qu'on leur donnoit, comme on fait 
encore à ceux qui passent roaistre es arts, après leur 
philosophie. Les anciens prenoient le mot de bachelier, 
pour jeune adolescent, et qui commençoit d'entrer en 
rage de virilité. Alain Chartier, Traité de TEspérance, 
dit: • Mesmes entendementce jeune etadvisébachelier. » 
Et le R. de Monseigneur Thiebault de Mallli, en la 
description du Jugement Général, auquel nous ressusci- 
terons tous en la forme d'une plaine adolescence, contient 
ces vers : 

Tous seront d'un aage, 
Bacheler et léger. 

A Montagu en fet morant aler, 

A bien lx. qui tai son bacheler y 

Por le Chastel et la Ville garder. {Garin.) 

Bacbevaleureux. Chevaleureux, c'est-à-dire guer- 
rier. (Froissart.) 

Bacbinon. Une tasse de bois; d'où vient bassin. 

Baclnets. Sortes d'armes anciennes, selon Honstrelet : 
« Y avoit six bannières, et deux cens bacinets, six cens 

• bibaux, ou petaux. » Au mesme, vol. i. chap. 79, on lit : 

• L'archevêque de Sens, en lieu de mitre portoit un 
« bacinet, pour dalmatique un haubergeon, pour chasuble 
■ la pièce d'acier, et en lieu de croce une hache. » 

Fauchet dit que ces bacinets sont des chapeaux de fer 
(et non un escu, comme d'autres ont dit), assez légers, 
que portoient les soldats, qu'on appelloit de ce nom, à 
cause de cela ; comme nous disons parfois, ils estoient 
cent cuirasses, pour cent hommes armez de cuirasse. 

Baclquoter. Tromper. (R. de la Rose.) 
Back et Beker. Vaisseau à boire. (Pontanus.) 



L 



62 BAG 

Bâcler. Fermer derrière avec un baslon ; et vient de 
baculus. 

Bacon. Poisson salé ; ou du lard, selon Ménage. 
J*eslime que ce mol s*employe h lout ce qui est séchée à 
la fumée, qu'on appelle aussi boucané. 

Baculer. Battre; de baculiis, baston. 

Badée ou Bée. Gueule béante. (Monet.) 

Badelalre. Turquois. C'est une espée courbe, ou 
cimeterre, selon Nicolas Gilles, et Froissait. 

Bader ou Béer. Avoir la gueule béante. (Monet.) 

Baer. Ouvrir la bouche. Gilles de Viez-Maisons, poëte 
ancien, dit : 

Je ne voy point comment on peut 6aer, 
Ne atendre à plus haut musardie. 

Baffrai. Voyez Belfroi, c'est-à-dire eschauguete. 

Bagans. Bergers en Gascon. Faucbet dit que ce sont 
des païsans du temps d'Elian, dits Bagaudes on BacaudeSy 
àcfls/ro/?fl(7a«idorwm,quiserebellerentcontreleurpriuce. 

^Bagarda. Sorte de soldats anciens (selon Bocbart.) 
Voyez Bagans. 

Bagardse. Voyez Bachardœ. 

•Bagoages. [Ce sont Maletoltes. (Laur., Gl. D. Fr.)] 

Bague. Joyeuse, agréable. Marot, au Dialogue des 
deux Amoureux, fait dire à un des amoureux : 

EUe est par le corps bien plus dure, 
Que n'est le pommeau d'une dague. 

L'autre répond : 

C^est si^ne qu'elle est bonne bagiie, etc. 

Et dans sa première Epistre du Coq-ù-ràne ; 

Oultre plus une femme éthique, 
Ne sçauroit être bonne bague. 

Il entend ici qu'une femme éthique est un fort méchant 



BAI 63 

meuble ; ainsi que daris son Epistre au roy pour avoir esté 
dérobé : 

L'estomach sec, le ventre plat et vague^ 
Quand tout est dit, aussi mauvaise bague 
(Ou peu s'en fault), que femme de Paris, etc. 

Baguenaude. Ancienne sorlede poésie loute mascu- 
line, dont la rime estoit mauvaise. (Pasquier.) 

Bailé. Voyez Bals. 

Baillage. [p*est l'étendue de la jurisdiction et du 
ressort du bailii. Baillnge, ainsi que Coquille Ta remarqué 
sur rart. 25. du chap. i. de la coutume du Nivernois.] 

Les Bailles de murs, c'est-à-dire les cortines. (Ville- 
hardoûin.j 

Baiixes. Barricades^ selon Froissart : « Il fit charpenter 
* des bailles, et les asseoit au travers de la rue. i> Ou bien 
il entend simplement des barrières, et palissades, comme 
il le semble par cet autre passage du mesme autheur: 
« Il fut pris entre bailles, et la porte. » Or on a voit 
aeoustumé de faire une palissade au de-là de la porte de 
la ville ; et encore on le pratique es petits lieux. 

Baillet. Paillet, couleur de paille. (Monet.) 

Baillette. [Bail à fief nouveau consenti par un 
seigneur. (Laurière, Gl. Fr.)] 

Bailli. Voyez Baillif et Bajule. C'est la charge de 
seoescbal d*à présent. Or ce mot de Bailli vient de pëXrj^ 
conseil. 

Baillie et Mal-Baillie. Mal renommée. (Perceval.) 
Et selon Fauchet, mal-baille, c'est-à-dire, qui s'est mal 
gouverné. — Baillie. Puissance. Ovide ms. où Ajax dit à 
l'iysse, touchant les armes d'Achille qu'il disputoit avec 
lai: 

J.i tant com'jaye ou corps la vie. 
N'auras des armes la baillie^ 
Moies seront et doivent estre. 

Et Thibault de Champagne, selon Pasquier, dit: 



64 BAK 

Autre chose ne m'a amour mery, 
De tant que i*ay esté en sa baillie. 

Donc bailïie veut dire dominalion, régence, garde, puis- 
sance, gouvernement et authorité. 

Pieça fut morte, ou mal sortie, 

Selle ne fut en ma baillie. (Rose.) 

Baillistre. [Ascendants qui ont la garde des mineurs. 

(L. C. D.)] 

Bailliveaux. Rejetions des forests; de bacilù peiiis 
basions ou verges, comme nous ayons dit sur le mot 
Bachelier. On les appelle aussi des étalons^ etdes/ats, de 
rage d*une ou de deux coupes, c*est-à-dire, laissé depuis 
deux coupes d*un taillis. 

Baine. [Droit sur le poisson. (La Curne, Gloss. Fr.)] 

Balonlers. Arbalestriers, i selon la Cronique de 
Flandres); parce qu'à mon advis, on faisoit de meilleures 
arbalestes à Bayonne qu*ailleurs ; comme à présent on y 
fait de meilleures dagues, qu'on appelle des bayonneiles, 
ou des bayonnes simplement. Ainsi le nom des pistoles 
et pistolets, prirent nom de la ville de Pistoye. 

Baiser le verroul, [la serrure del'huis, ou la porte 
du fief dominant (Auxerre art. 44), est un signe de 
rhomage que le vassal fait à son seigneur feudal au 
manoir du flef dominant, en Tabsence du seigneur, en 
lieu de la bouche et des mains que le seigneur présente 
à son vassal en recevant serment de fidélité. (Laurière, 
Gloss. D. Fr.)] 

Balsseleie. Servante ou tille: et bassier^ c*est-à-dire, 
jeune enfant. 

Balule. Gouverneur ; d*où vient le mot de Bailly, 
(selon Fauchet), qui veut aussi dire garde, et adminis- 
trateur, (selon Loiseau, Guy de Varvich.) 

Cœur faiUy, 

Qui de tout duel est Bailly. {R. de la Rose.) 

Bakkar ou Bakchar. [Digitale pourprée, plante. Ce 
mot est gaulois. Eu Irlandais, Bachar désigne la même 
plante.] 



BAL 65 

Balada Epigrame ancien toot d'une cadance. 

Baladeur* Baladin, danseur. 

Balatron. Gourmant. (Satyres Chrétiennes.) 

Balbatter. Bégayer. 

Balcanif er. Portant Testendart des Templiers. 

Baldechinum. Drap fait de fil d'or et de soye. 

Balé. Galerie ; d'où vient qu'on appelle en Languedoc 
un haléj une sortie ou avance, comme un balcon. 

Elle est dehors araonnée 

D'an balé qui vet tout en tour ; 

S'il qu'entre li balé et la tour 

Sont li rosiers espés planté, 

Où il ot roses à planté. (H. de la Rose,) 

Baleries. Danses. Voyel Citoles. 

Baleures. J'estime que ce mot dénote les joués, ou 
mâchoires. Froissart dit : « Perçoient bras, testes et 
« baleures, » Il est cependant plus vray-semblable que 
cela signifioit le tour de la bouche. Lancelot du Lac, vol. 
i 2 dit : • Lors getta au Géant ung entredeux, si amere- 
I « ment qu'il lui coupa le nez et toute la beaulierre, en 
« telle manière que les dents lui paroissoient de tous 
« cotez et dessus et dessoulz. » 

Ballgaot. Maussade» impertinent. (Honet.) 

Baliser. Décombrer un passage, te nettoyer, le rendra 
I^ratiquable* (Honet.) — Bauser. Planter des enseignes, des 
marques sur les bords d'un dangereux passage d'eau, 
pour enseigner la route aux navigeurs. (Monet.) 



Balises. Marques, enseignes, poteaux, pour indiquer 
la route aux passans. (Idem.) 

Balissage. [Droit seigneurial. (La Curne, Gloss. Fr.)] 

Baliste. Grande machine, ou pièce de bois balancée, 
tù sorte que le plus gros bout tire à bas par un contre- 
poids, qui faisoit lancer par l'autre de très-grosses 
; pierres. (Munster.) D'autres l'appellent un MangoneU 

II. ♦ 9 



ee BàN 

BalayM". Vaye£ 9riflàmme. 

Bals. Joyeux. Noyez Sans. 

Bals àfd rËmpirB^ vice-empereur, lieutenfuit. (ViUebar- 
doûin.) D'où vient Bailé, et Bailli, c'est-à-dire, lieutenant 
du juge. BauB dénote la mesme chose que Bak. 

Baltée* Baadjrier« (selon le vieux ftutbisur ée la Nef 
des folles.) 

Bamlevlr. Blesmir, devenir pasle. 

Ban. Conseil de gens de guerre. (Item), appel et 
semonce qui est faite par le roy à la noblesse, de venir à 
guerre, et cry public ; d'où vient bannir. Voyez Herisban. 
Il vient de này. 

Banage. [Droit du seigneur sur la venté du vin. (C. 6.)J 

Banarban. Charrois, etc^que les vasseauxsoDt tenus 
de faire pour leur seigneur. 

BantirM. Gardes des fruits: en Languedoc on les 
appelle Bandlers. 

Bancloclie. Alarme sonnée par la cloche. (Proissftrt.) 

Bandée. [Bande vendange. (Lavrière, GIoss. D. Fr.)] 

Bandes. C*estoient des soldats qui portoient des 
bandes ; d'où vient qu'on dit encore de vieilles bandes, 
pour de vieilles troupes de soldats. 

Banderole. Voyez Bannerolle. 

Bandon. Licence, permission. (Nicot.) Voyez Landon. 

BandotiiHiers. Ce sont des voleurs du pals de Poix, 
et des Monts Pyrennées ; dits ainsi de ce qu'ils vont en 
bande: ou selon quelques-uns^ comme qui diroit. Ban 
de voliers. De-là est venu le nom de la Bandoulière de 
nos Mousquetaires qui les ont imitez en cela. 

Banle. Banage, banalité, droit de ban : de-là vient 
aussi four banal, où on se rend au son du cor, ou antre 
cry. 

Banié. Ateûdonnë. 



B4N 6T 

Bftofere. C'est-à-dire, atusi conmiine. Le Coâîeile de 
Jean de Mebun, dit : 

Mort est à toas comniaoe, moit est à tous bannière» 

Banlssement. Proclamation ; et bannir^ proclamer. 
(Pwœval.) Voyez Ban. 

Banlevres. Les lèvres. Voyez Hariehez. 

Banlleu* Dite de Btmnileuga^ est la juridiction d'un 
lieu, comprenant le pais auquel die s'estend. 

Banneret. Gentilhomme de marque, ayant droit à la 
bajioiere, ou de lever bannière, cornette, estendart, ou 
compagnie de soldats; c'est aussi le porte-enseigne. 

BanneroUe ou Banderole. Petite bannière. 

Bannier. Trompette, et avertisseur public ; celui qui 
crie publiquement quelque chose. Guillaume Guiart, qui 
YÎTOitsûus Philippe le Bel, dit : 

Pour le Bannier aui en TOst crie, 
Qae tout homme ae aa patrie 
Face taat commant qu'il la tranche, 
Qa'ii soit seignies d'escherpe blanche^ 
Pour estre au ferir Couens. 

[Ce mot, dans les anciennes coutumes, signifie : Qui a 
roitde banalité; sujet à la banalité ; commun. (Lanrière, 
iloss. D. Fr.)] 

Bannière. Enseigne à laquelle on se doit ranger au 
a ou cry public ; de Banier^ c'est-à-dire, commun, 
ojfez tanière et Gont fanon. 

Bashiebe de France, ou cornette blanche, différente de 

oriOamme ; car c'esloient une bannière semée de fleura 

lys. Ce mot est dit, selon quelques-uns, par corruption 

jMumi^r^, et de pannttô, c estra-dire,drap, parce qu*on 

bîsoit de drap au commencement ; mais je oroy qu'il 

t de ban, cry public. 

Les bannières des barons et capilaines particuliers 
Ment les pans, pennons, ou pannonceaux, morceaux 
cstoffes, dits ainsi de pannus. Le fanon gonf^non se 
^toit au bout des lances des rois, et des particuliers. 

Basmere de S. Denis^ appellée oriflamme, est la seconde 



68 BAR 

sorte d*estendart dont on s'est servi anciennement dans 
les armes des rois de France. Voyez Oriflamme. 

Le troisiesme estendart très- ancien estoit la croii 
blanche, ou autre cornette parsemée de fleurs de lys, 
appelée Bannière de France» à laquelle a succédé la 
cornette blanche. Celle-ci estoit portée ordinairement es 
armées; mais Toriflamme n'y estoit portée qu'es grandes 
nécessitez. Par fois on les y portoit toutes deux, comme 
à la bataille de Bovines, où l'un estoit appellée « signum 
Regale », et l'autre, « Souveraine Bannière du roy. • 
Celle-cy fut portée par Gilles de Hontigny, à la bataille de 
Bovines. Guill. le Breton l'asseure. 

Galon de Monti^ny porta. 

Ou la cronique faux m'enseigne, 

De fin azur luisant l'enseigne, 

A fleurs de lys d'or aornée. 

Près du roy fut celle j ornée, 

A l'endroit du riche estendard. (GuiarL) 

Villehardouin, liv. 4, dit : « Quand le tyran Murzufle ut 
a déconfit, l'estendard royal fut pris avec une bannière 
« qu'il faisoit porter devant luy, en laquelle estoit repré- 
« sentée une image de Nostre-Dame qu'il avoit en grand 
« respect. » Gela fait voir la figure qui y estoitreprésentée. 

A la fenestre derreniere, 

Du roy de France la bannière 

A fleurs de lys bien apertes, 

Par les villes maisons ouvertes. (Guiart) 

Ost Banny. Armée de vasseaux appeliez pour aller à 
la guerre, ou se trouver au lieu assigné. 

Molin Banquier. [Quand les sujets sont tenus de 
cuire, moudre ou pressurer, au four, molin où pressoir 
de leur seigneur, lequel les y fait appeller à cor et à cry. 
(Laurière, Gloss. D. Fr.)] 

Baptoyer. Baptiser, (selon Jean de Hehun en son 
Testament.) 

Bar. Barbeau ; d'où vient qu'on parle es armoiries des 
bars adossez. 

*Bara. Pain, (selon "Bochart. en son docte Phaleg), 
comfme aussi champ, et région. 



BAR 69 

^Baracacse. Peaux de bouc : et ce mot vient de 
berach ou barcha^ c'est-à-dire, bouc en langue Syriaque ; 
d*où vient aussi le désert de Barca, qu'on ne peut passer 
sans porter sa provision d'eau à cause de son aridité, et 
on porte Teau en ce païs-là dans des peaux de bouc : de- 
là encore pourroit venir le nom d'un Dieu des Indiens, 
qu'ils appellent Biracoca. 

Barage. Droict domanial qui se levé à Paris et ailleurs ; 
dit ainsi à cause de la barre qu'on met sur le chemin, 
(selon Ménage.) 

C'est aussi (selon Rabelais), une espèce de dixme ou 
droit qu'ont les moines mandianls de subsister aux dépens 
da public, en se faisant donner leur part de tout ce qui 
se consume dans les lieux où ils sont. 

Barakakal. [Mot gaulois qui signifie peau de chèvre. 
Eq irlandais Barrchas, poils crépus.] 

Barat. Calomnie, tromperie, et mensonge, (selon 
Ragneau.) [Barat est expliqué par litige, controverse, 
dans le Grand Coutumier de France p. 343.] 

Barate. Bruit, comme Barat. 

Barateaulx. Trompeur. 

Barater. Tromper. (Pasquier.) 

Et loix apprennent tricherie, 

Baratent le siècle, et engignent ; 

Ils ne compassent pas, ne lignent 

Leor vivre si comme ils devroient^ 

Et com'ils es escrïts le voyent. (Bible Guyot.) 

Baratre. Lieu inaccessible; dit ainsi du grec pàçarçoy. 

Baratresse. Trompeuse. (Voyez Ardure, et Tollir. 

Barbacane. Voyez Poncel. 

Barbande. Cervoise, bière. (Monet.) 

Barbaudier. Brasseur. (Idem.) 

Barbe. Oncle, ou personne establie pour la conduite 
des autres, pour ce qui regarde le salut: c'est pourquoi 
on appelle Barbes, les pasteurs des églises des valées 



70 BAB 

â*Angroigne et de Pragela, qui sont les restes des Albigeois 
et anciens Vaudois, selon Perrin en leur histoire. — 
Barde d'Aaron. C'est une herbe que les Latins appelleot 
arum, (selon le Jardin de Santé.) 

Barbelote. C'est un insecte qui se tient dans les 
fontaines. (R. de la Rose.) 

Barbocane, Barbacane ou Barbecane. C'est 
une défense et couverture de bois, faite contre les 
ennemis. Le R. de Perceval, parlant d*un lieu mal rem- 
paré, dit : 

Ne mur, ne barbooane faite. 

C'est aussi un créneau, (selon Vigenere.) Mais j'estime 
que c'est un parapetde bois crénelé, afln d'estre à couvert 
en tirant les flèches. 

Barboilne. Absinthe de mer, (selon l'Espleigney) : ce 
qui vient du mot abrotanum, transposé. 

Barbute. Homme d'armes; dit ainsi, à cause d'un 
habillement de (este ayant mentonnière. 

*Bard. Poëte, chantre, historien faiseur de généalogies. 
Ces bardes chantoient les faits des héros, et estoient 
differens des druydes. 

^Bardac ou BardaL Une allouette, (selon Turnebe 
et Bochart.) 

Bardean. Barracan. (Monet.) 

Bardd. [Chanteur gaulois. En kymmryque, Bardd, 
poëte ; en comique, Barth, musicien ;en armoricain, Bar%^ 
poète.] 

Barde. Signifle au.ssi homme fort, ou Qls; du mot 
Syriaque bar. 

^Bardes, parmy les anciens Gaulois, estoient les 
chantres et poètes, ou faiseurs de romans, qui chantoient 
les louanges des héros, comme les Cbanterres. (Voyez le 
mot Roman,) Or ce mot vient de THebrieu parais c'est-à- 
dire, chanter, (selon Bochart.) 

Bardiac et Bardocucul. Habit des Xaintongeois, 



BAR 71 

qui courre la teste et le corps, (selon Faucher.) C'est ce 
qne nous appelons une cape, dont on use fort en Bearn. 

^Bardlacus et Bardo. Crestés de coq, (selon Bochart, 
en son docte Mialeg.) 

^Bardocacalles. Manteau des anciens Bardes, (selon 
le grand Atlas) : d'où vient une barde et barder. 

Bardou. Lourdaut; de P<iç^vç, c'aet-à-dire lent. 

Bards. Sorte de cbiensi que Fouilloux, en sa Vénerie, 
appelle Greffiers. 

Bardas, « Druidis tllins, Music» et Carminom inventer 
« apud Galles. > 

Baréter. Tromper, comme baraler. Barété, trompé. 
Barretières, trompeur. 

Barge. C'est-à-dire barque ou esquif, (selon Perceval 
et Froissarl.) Voyez Cloute. — Barge. Fosse à recevoir les 
eoutieres des couvertures. (Monet.) Debarger une fosse, 
c'est en abattre les bords. 

Bargnage. Voyez Bamage. 

Bargaigner. Chicaner. (Pasquier. Huou de Mery.) 

Barlllage. [Droit sur les barriques à mettre le vin. 
(La Curne, Gloss. Fr.)] 

Bariqaelle. Nasselle. (Ilonet.) 

Barisel. Capitaine de Sergents. 

Barltontser. Chanter, selon un livre ancien, intitulé 
l'Art de Rhétorique, qui dit : 

Pan oncques mieux ne baritonisa^ 
Diapason au son de ses raasetes : 
Pithagoras oncques n'organisa 
Diapante, de si douces bnsetes. 

Bartanc. Le jeu du Berlane, (selon Villon, poëte 
ancien.) 

Barlang ou Berïong. Quarré long. 



'^ 



72 BAR 

Barlon. Plus long d'un côté que de Tautre. (Nicot.) 

Barnage ou Bargnage. Baronage, ou corps de la 
noblesse. Voyez Baron. 

Si fit sa pleinté à son Bargnage. (PercevaL) 

Et ailleurs : 

Li rois si demande à son Bargnage, 
Pour conseil guerre qu'il feroit. (Id.) 

Voyez aussi Vassal 

Barnage ou Bornage. Bagage» bardes de voyage. 
(Monet.) Voyez Bemage. 

Barnez. Noblesse, (selon Fauchet.) Le R. de Renaud 
de Monlauban, dit : 

le vous donray un fief, voyant tout mon BameZy 
Ghamberlan ae ma chambre tousiours mes en ferez. 

Et Ovide ms. commenté et moralisé, in-fol. parlant des 
Grecs qui vont au siège de Troye, dit : 

Mouvoir ne veulent iùsqu'à tant 
Que tous li barnez sont venus. 

Barno. Fils libre. 

Baron. Haut-seigneur, qui vient du vieux mot ber^ ou 
bers, dénotant la mesme chose; d'où vient Bemage^ 
Barnage, et Fief de haut Ber. Le Jugement d'Amour s*en 
sert, lors qu'il dit : 

De courtoisie^ et de Bemage. 

Parfois pourtant, baron veut dire un homme du 
commun, venant du langage gothique, selon quelques-uns: 
mais tout homme noble estoit baron, (selon Ragueau, 
Villehardoûin et la vieille Cronique de Flandres.) On dérive 
de-là le mot latin patronm. Les autres font venir ce mot 
baro, de barrus, Eléphant, à cause que les barons sont 
ceux qui ont du pouvoir. Mais sa véritable origine est de 
l'Espagnol varo, Q'^sl-à-dire un jeune homme vigoureux, 
vaillant, et noble : et je trouve que c'est ainsi qu'il a esté 
pris dans les vieux romans, comme aussi pour homme, 
et pour mary. 

Si me recevez à Baron. {Ovide.) 






BAR 73 

Et ailleurs : 

Pénélope tel duel demaine, 

Pour son Baron qui l'en emmaîne. 

Etrhîstoire des Albigeois : « Una ceascuna mollerage le 
seo Baron. » 

Ce quisembleestre demeuré à nos païsansde Languedoc, 
qui sont appeliez Seigné par leurs femmes, c'est-à-dire 
Seigneur ; ce qui vaut autant que Baron : de-là vient aussi 
le mot Moscovite, Boiaron, c'est-à-dire, Noble; si au 
contraire les susdits ne viennent de luy. 

Barqnerole. Barquette, petite barque. (Monet.) 

Barquerot. Batelier de barque, ou d'autre vaisseau. 

(Honet.) 

Barrendeguy. [Bois clos et fermé où le bétail ne 
peut entrer au temps du glandage. (C. G. II p. 723.)] 

Barres. Se prend au plurier pour exceptions et 
défenses, par lesquelles on s'eschape de la demande. 
(Nicot.) Les Notaires au pays de la Normandie usoient 
anciennement de cesle close es coniracis qu'ils passoient : 
> Renonceront chacun pour soi à toutes actions, 
« exceptions, barres, et défenses, etc. » 

Barret. Voyez Birret. 

Barrez. 11 y aeu des Carmes, ou plustost des Religieux 
des. Jean, appeliez Fratres Baratl, ou Clatrali. J*en ay 
parlé dans mes Antiquitez de Castres, à la page 28. du i. 
livre, et à la page?, du 2. livre, elmarquéqu'ilyen avoit 
un Couvent près de Castres, au lieu appelé la BarradierCy 
à cause d'eux. Guillaume de Villeneuve dit: 

De pain aux sacs, pain aux barrez 
Aux poures prisons enserrez ; 

Cest-à-dire, prisonniers enserrez. 

J'en ay aussi parlé au long dans la suite des 9us-dites 
Antiquitez, que j'ay preste à mettre au jour. Ils ont eu ce 
nom, selon quelques-uns, pour avoir eu des habits 
bigarrez et barrez de couleur ; d'où vient qu'on appelle 
barret, un bonnet d'enfant, qui est couvert de diverses 
passentents, ou fait à bandes ; ou bien des barreaux de 
leurs grilles, parce qu'ils esloient Reclus : et cette der- 

1. 10 



74 BAS 

niere opinion semble la meilleure à quelques-uns, parce 
qu*elle convient aussi à leur autre nom de c/(i//ira//, parce 
que ctathrum est une grille, ou châssis. Mais Pasquier 
conserve pourtant l'autre, disant que les Carmes avoient 
jadis des habits bigarrez ou barrez de blanc et de noir : 
ce qui sont les babils appeliez Virgatœ vestes; d'où vient 
ce mot bigarrer et barrer^ par sincope. Et mesme je 
trouve que les gens d'Eglise porloient la pluspart de ces 
habits, et Y*ày déjà remarqué en un endroit ae ce Livre 
où j'ay parle du portrait d'un Abbé, qui est chez M. Con- 
rard Secrétaire du Roy, qui est ainsi parly de noir et de 
rouge jusqu'au bonnet, comme le sont encore Jes Esche- 
vins et Consuls de diverses Villes de ce Royaume; et je 
l'ay confirmé ailleurs par ces deux Vers anciens : 

Li Chaperons partis, longue robe vergie, 
Sont li aornement dont bobande Clergie. 

Mais au Concile de Vienne tenu sous Clément V. il fut 
défendus aux Clercs Tonsurez de porter habits de deux cou- 
leurs ; et l'arlicle de ce Concile les appelle Vestes virgatas. 
Je trouve encore que les Sergens anciens porloient des 
manteaux bigarrez, sans lesquels ils ne pouvoient ex- 
ploiter, selon Pasquier. Et les Bourreaux mesmes de 
l'Albigeois sont vêtus de cette sorte ; comme si on avoit 
voulu leur donner un habit déjà aboli et hors de l'usage 
des hommes : et je ne sçay si leur nom n'en vient point ; 
et si comme on appelloit les premiers, Ban*e%, on ne les 
auroit pas appeliez fiourr^ai/x, changeant Ta en o, comme 
on fait en Quercy et ailleurs, où pour dire un enfant, ils 
disent un enfon, elc. 

Il est à noter que les Carmes susdits, dits ainsi du Mon t- 
Carmel, furent obligez de bigarrer ainsi leurs habits, par 
les Turcs, ou de quitter ce Mont où ils ont commencé, 
parce que le blanc est une couleur qu'ils porloient, qu'il 
n'est permis de porter qu'aux Princes de ce païs-là. 

Barroyep, Barroyements. [En la Somme rurale, ce 
sont les induces et délais que les parties litigantes pren- 
nent pour procéder en la cause, ou pour rinstructioii 
d'icelle.] 

Bascauda. Panier. Bascade, c'est-à-dire corbeille, 
dite en Anglois baskel. (Marlial lib. 14Epig. 99.) [Mot 
gaulois: vase de cuvette. En gaélique écossais, Baskaid 
signine panier, corbeille.] 



BAS 75 

Bascbin. Bassin. 

Basme. Bntimc: (Jean de Mehun Conlinualeur du R. 
delà Rose.] Guillaume de Lorris dit de lui : 

Dont le tombeau ne sent que basme. 

Basoche. De Basilica; c'esl-à-dire. Palais Royal. Les 
Praticiens font encore lous les ans un Roy de la Basoche, 
ayaul retenu celle couslume ancienne, à cause qu*ils se 
diverlissent en le créant. 

Basqnlne, Verdugale, ou Hocheplis. G*esloit 
une robe fort ample qui se tenoil ouverte et eslenduë au 
moyen d*un cercle. Vasquine, est aussi ce que lesDamoi- 
selles vestent entre la chemise et la cotte. 

Basquiner. Ensorceler ; de paaxatymy qui signifie la 
mesme chose: ce qui semble venir de Vascons, ou Bas- 
ques, où on asseure y avoir eu tousiours beaucoup de 
Sorciers. 

Basse. La base du pilier, ou pied d'estail. 

Basse-noise. Façon de parler bas. (Nicot.) « Il lui dit 
eo basse-noise »» il lui parla tout bas. 

Bassenr. Bassesse, humilité. (Nicot). 

Bassier. Pupile, selon Monfaucon, ancien poëte: 

L'aage isnel court, va volant mainte parts ; 
De bassier qu'il estoit, il est devenu gars. 

Bassouer. Faufller, bâtir, coudre à grands points. 
Rabelais, liv. 1. chap. % dit : 

E( pourroit-on à fil de poulemart. 
Tout bassouei* le maguasin d'abus. 

Ce verbe a eslé fait apparemment de ces deux mots 
Espagnols, basta^ faufllure, et saga, corde; bassogar^ 
bassouer. 

Bastage. [C'est le devoir que le Seigneur peager prend 
d'un cheval oasté sans charge, ou chargé, pour raison 
du bast, outre le péage, pour raison de la marchandise. 
(Laurière,Cl. D. F.)] 

Bastardiere. Pépinière, ou petit espace de terre 



76 BAT 

labourée, où Ton élevé des Plantes, jusqu'au tems de 
pouvoir les transplanter. (Nicot.) 

Baste. Fourberie, Iromperie, souplesse. (Nicot.) 

Bastille ou Bastide. Fort ou Cbasteau, (selon Frois- 
sart et Âllain Charlier. Ce sont aussi des Redoutes de 
bois, en forme de Tours, qu'on faisoit construire devant 
les Villes qu'on assiégeoit pour les dominer. Il y a à 
cause de cela plusieurs lieux, en Languedoc, appeliez la 
Bastide. Voyez Lé. 

m 

Tour du BastoD. C'estù-dire du bas ton ; parce qu'on 
promet tout bas, et dit à l'oreille à celuy avec qui on 
traite, que s'il fait reiissir l'affaire, il y aura quelque 
chose pour luy au de-ià de ses pretensions. — Baston. 
Espée, arquebuse ; en un mot toutes sortes darmes d*es* 
crime. De-la vient que pour distinguer les espées d'avec 
les arquebuses, les fusils et les pistolets ; les Ordonnances 
de France appellent ces derniers des bastons à feu. 

Basy. Mort, selon la Farce de Pathelin. On appelle 
encore en Languedoc un bas, une fosse ou tombe. 

Batable. Que Ton peut battre. Ville batable, qu'on 
peut battre d'artillerie. (Nicot.) On appelle homme batable, 
un querelleur, parce que ses querelles lui attirent sou- 
vent des coups. 

Bataillieres. Vaillant, venant de batailler, c'est-à- 
dire, combattre : et celuy-cy de baluere , c'est-à-dire, 
s'escrimer avec un baston, (selon Fauchet.) 

Bataillereusement. En bien combattant. (Ovide 
ms.) EL bataillerenx, c'est-à-dire, bon soldat. 

Mes Bâtant. A grand'course. 

Batardaille. Race de bâtards, de flls naturel, de 
concubine. (Monet.) 

Bateillesehes. [Ville qui n'avait point droit de com- 
mune et qui n'avait ni maire ni échevins. (Beaum. C. B.)] 

Batel. Bateau. (Perceval.) 

Rhétorique Batelée. Sorte de Vers anciens, dont Jean 



r 



BAU 77 

Molinet e$l Inventeur, selon un vieux Livre appelle 
< TArt de Rhétorique. » 

Batillé. C'est-à-dire, bastille et bastionné. y.Artiller. 

Bau. Larsreur, ouverture en parlant d*un navire. 
(Nicot.) Un Navire de tant de pies de bau, c*est-à-dire, 
qui a tant de pies de largeur et d'ouverture. 

Bau. Baus de FEmpire, c'est-à-dire, establis pour com- 
mander à l'Empire, (selon Villehardouin.) 

Baaboyer. Bégayer, (selon Alain Charlier], dans son 
Traité de l'Espérance: • Et faisoit sa langue bauboycr. » 

Banbe. Bègue; du mot Latin balbus; à cause de quoy 
on trouve en de vieilles Groniques ces mots : « Louis le 
Baube, avant Charles te Simple. » 

*Baacades. C*estoit une sorte de mutins Gaulois, qui 
s'estoient eslevez sous Diocletian. 

Baucale. Vaisseau à rafraichir; d*où vient bocal, et 
brocal, dit ainsi du Grec pavxâXtÇ. 

Baacent. C'est une sorte de cheval. Voyez Quastele. 

Sor un beau destrier Beauceni. {Perceval). 
Sor un Beaiicent de Gornoûaille. {Gauvoiin.) 
Sor palefroy Beaucenty et sor, i te. (Idem.) 

Baache. Assise, couche, en parlant des murailles. 
(Kicot.) D*où viennent ces mots embaucher, et débaucher. 

Baade ou Baiilde. Hautain, (ier, (selon le R. de la 
Rose.) Voyez Ribauds, et Saffre. Au Livre dit de la Dia- 
Uerie, on lit : 

Leurs filles se trouvèrent baudes, 
Putes, paillardes et ribaudes. 

Ou riant, selon Villon : 

Portant chère hardie et baude. 

Baadement. Gaillardement, gayement^ bravement. 
Rabelais, liv. L chap. A. dit: « Tant baudement que 
* c'estoit passe-lems céleste les voir ainsi soi rigouller. » 



78 BAD 

Et dans l'Histoire du Duc de Bretagne Jean IV. de Dom 
Guy-Âlexis Lobineau, tome 2. page 703, on lit : 

Quand Jehan se fust avisé, 
Et refraichi, et repousé, 
Si se leva moult haudement 
Et fist crier, etc. 

Bauderle. Joye, el baux^ joyeux, selon Duchesnc, 
en ses notes sur Alain Charlier. Le R. de Charité dit : 

Prestre se tu pour ti Presterie 
Es baus, bien pues par haudericy 
En plour tourner ton Ghantuairc. 

Baudet. Un asne. 

Baudir ou Esbaudir. Réjouir. (Mcol.) 

Baudrier, dit brugne ou haubei\ est une courroye 
large pour pendre Tespée, et vient de Baudroyeur^ qui 
est un homme qui endurcit le cuir, le maniant. Voyez 
Brugne. 

Baudroyer. Courroyer, préparer les cuirs. (Monet.) 
Baudroyeur. Courroyeur. (Idem ) 
Bave. Moquerie. Coquillart dit : 

Nous devisasmes là de baves. 

Et Villon, ès Repeuës Franches, dit : 

Qui sçavez si bien les manières. 
En disant mainte bonne bave. 
D'avoir le meiUeur de la cave. 

Baver. Se moquer, faire des folies, des sotises, bal- 
buler. (Nicot.) 

Baverie. Moquerie. Badverie, niaiserie. (Nicot.) 
Baveroes. Moquerie ; de baver, 
Baufrer. Manger avidement. (Monet, Nicot.) 
Baufreur. Glouton. (Idem, Nicot.) 
Bauleries ou Baullerres. Voyez Balerres. 



j 



BED 7» 

Bans, Bals ou Bault. Voyez Bauderie , selon le 
R. de la Rose, c*est-à-dire, joyeux : 

Je fa liez, baux, et ioyanx. 

Baot. Bâille. Perceval dil: 

Voire voir, Sire commandez, 
Fet Gauvain, Sire qu'on me haut 
Mes armes, se lesus me faut. 

Bay. Fauve, venant de Phœiis ; et celuy-cy de <pa/<K-. 

Bayard. Spectateur, avide, attentif. (Nicot). 

Bayarde. Spectatrice, attentive. (Nicot.) 

Bazoche. De paÇoXécD, je parle. Voyez Basoche. 

Beance. Félicité, (selon le R. de la Rose) ; de beatus^ 
c*esl-i-<dire heureux. 

Béante. Bonté. Voyez Séance. 

Bec de fleuve. Un Conflan. (Monet.) 

*Bec et BErxvM. Un bec de coq, et autrefois signifloit un 
filsdeTolose. (Vitell. 18.) 

*Becco. Herbe dite rostrum avis, (selon le grand 
Allas.) 

*Beccas. Bec, en vieux Gaulois; d'où vient le mot de 
iégue, béquer^ rebéquer: et le mot de Montauban, bécudels^ 
poor dire des pois chiches, à cause qu'ils ont une pointe 
comme un bec. 

Bêcha. Qui a le nez long, ou aquilin. 

Becquerelles. Brocards, selon les Rebours de Ma- 
thiolus : 

Pois il parle des maquerelles, 
Des barats, et des beqilerelles^ 

Bedaine. C'est un gros ventre. Or ce mot vient de 
kdon, qui veut dire un tambour, ou cloche. V. Dondaine. 

lelter Bedaines, c'est-à-dire, des boulets : c'estoient 
certains instruments de guerre gros et courts, appeliez 



I 



80 BED 

Bedaines elBebondaines : d*où est venu le terme de ^osse 
dondon, et de bedaine, pour ventre. S. Amant dit: 

A vous qu'avecques ma bedaine, 
A clocbe-pied ie sauterois. 

Bedeau. C'est une manière dlluissiers es Collègues, 
qui font faire place avec une verge, dits ainsi de rilebrieu 
badal, c est-à-dire séparer^ d'où vient aussi le mot baailler, 
car on Ta conservé encore en Languedoc, oix on dit un 
hadaL pour dire un baaillement. Or en celle action les 
lèvres se séparent exlraordinairement ; voire tellement, 
qu*on en a veu plusieurs qui se sont disloqué les mâchoi- 
res, qu'il a fallu leur remettre par aide de^ Chirurgiens. 

Bedeaux. Signifient aussi des bas Sergens à Masse 
ou à Verge, (selon Ragueau.) Quelques-uns font venir ce 
mot de Bideaux^ sorte de pa'isans. 

Bedegar. C'est Tespine blanche, (selon le Jardin de 
Santé] : et selon les Modernes, c'est une esponge qui se 
trouve sur Tesglantier ou rosier sauvage, qui est fort 
propre aux dissenleries : on l'appelle rose de Bedegar. 
On l'appelle en Languedoc, un Gairabié : et on a lu un 
quolibet où on appelle ceux gui n^aiment personne, 
amoureux comme un Gairabié ; à cause que c'est un 
abrisseau fort épineux et peu aimable ; ou s'il s'attache 
aux choses, c'est pour leur faire du mal. Et pour celle 
mesme raison, on a appelle le Rubia^ plante épineuse qui 
s'attache aux habits» t^iàyOçcmos. 

Bedier. Sot. (Henry Estienne en TApologie pour 
Hérodote.) 

BedoD. Sorte de cloche, ou plustost de tambour, 
(selon Jean le Maire.) 

Leurs cloches^ bedons, menestriers. {CoquillarU) 

Et ailleurs, il nomme les tambours, tabourins ; et semble 
entendra un haubois, par le mot de bedon. 

Bedondaloe. Voyez Bedaine. 
Bedoner. Battre du tambour. (Nicot.) 
Bedouau. Un bléreau, ou taisson. 



BEF 81 

Bée. Baye, sorte de fruit, et de couleur. —Bée. Gueule 
declieminée« bouche ouverte, béante. (Monet.) 

Béer. Rendre bien-heureux ; du lalin bearCy lîaailler. 
(Honel.) 

Befroy et Berfroy, Beffroit et Beffray. C'est 
proprement la charpente, qui porte une cloche dans un 
clocher: mais pourluntpar fois il dénote une couverte de 
cuir bouilly ; et par fois est employé pour locsain, comme 
aussi pour clocher, ou eschauguete. Perceval dit : 

Lors à une cloche vueuê, 
En un petit bei/roy la ved. 

Observation sur Joinville, page 371 : a Les Anglois qui 
« séeoient devant la Réole, et qui y furent plus de neuf 
« semaines, avoient fait charpenter deux béfrois de gros 
« mesrien à trois eslages, séant chacun sur quatre 

• rouelles, et estoient ces béfrois au lez devers la Ville, 

• tout couverts de cuirboulu, pour défendre du feu et du 
< trait, et avoit en chacun eslage cent archers. » 

El Froissart dit : « Firent d'aL\ béfroys de merrein ù 
« trois eslages, assis sur quatre roues. » C'estoient des 
Tours de bois qu'on faisoit pour découvrir ce quisefaisoit 
dans les Villes assiégées, ou pour asseoir des machines, 
foi pAssent agir de haut en bas. 

Par fois ce mot est pris pour prison, parce qu'on 
mettoil ordinairement les prisonniers dans les Tours; et 
on le pratique encore en divers lieux, (selon Pasquier.) 
Le R. de Guerin de Montbrune dit: 

Si avient qu^un Sergiens qui à Cour reperoit, 
Fotpiis de larrecin, des anneaux qu'il erabloit ; 
La vieille vint à lui en la prison tout droit, 
Si luy dit, mon amy, le tien corps mourir doit : 
Hais si faire voulois ce que l'on te diroit, 
Te serois délivré, et mis hors de béfroit. 

Ménagecroit que sonner le beffroy, c'est-à-dire Teffroy, 
et le fait venir de bée^ et eUray ; comme qui crieroient à 
haute voi.\ sur une Tour, qu'il est temps de courir aux 
armes: ce qui pourroit estre, et avoir esté pratiqué ainsi 
anciennement, avant l'invention des cloches ; et on en 
ose en cette sorte en Turquie encore aujourd'huy, pour 
advenir le peuple de l'heure qu'il est. 

1. il 



S2 BEH 

Pour faire voir que ce mot a aussi esté pris pour clocbe, 
voicy un passage de Fr. Villon en son Testament : 

Le gros beffray qui est de voirre, 
Quand de sonner est à son erre. 

Begué ou Vegué. Sergent. (Ragueau.) 

Begueter. Mugir comme une chèvre; du Grec p^xioy, 
ou prjX€ioy. Rabelais, liv. 3, chap. 26, dit: «Et lui disl 
« becquetant, et soy-grattant Taureille gauche. » Pierre 
Saliat, dans sa traduction d^Hérodote, dit : 

Quand Barbares sur mer seront, 
Pont de cordes, jettez d'Eubée, 
Chèvres qui là begueteront. 

BegutD et Besgard. Hypocrite. 

Béguines. C*esl une sorte de Nonnains, dits ainsi de 
Lambert le Bègue, ou de Ix)uys le Bègue, roy de France. 
En Languedoc un beguU c'est-a-dire, un bonnet ou coeffe: 
et je ne sçay si leur étymoiogie ne viendroit pas de-là, à 
cause de leur habit, quoy qu'on l'attribue à autre chose, 
comme nous avons remarqué. Et ce mot de begui pourroit 
encore venir de bègue, puis qu'on rattribuë aux enfans, 
qui sont tous bègues au commencement. GoudoulU 
advocat et poêle Tolosain, qui est allé du pair avec les 
exceliens poètes Latins et Grecs, parjantde Gupidon et 
de son dard, dit : 

Quin cop aquelle gourmalade, 
Qu'incarcs porte le begui, 
Me dessareg sul casaqui. 

C*est-à-âire, quel coup cet enfant amoureux, qui encore 
porte le bonnet, darda sur mon juste-au-corps. 

Behistre on Behitre. Tempeste. (Nicot.) 

Behorder. Parler trop, caqueter, passer le temps, 
(selon Percevai): d'où vient une bourde, c'est-à-dire un 
mensonge. 

Behourd. Une jouste. 

Behourdier. Choc de lances. (Fauchet.) 



r 



BEL 8S 

Béjaane et Bec Jaune. Sot. Pathelin dit : 

Ce trompeur là, est bien bec jaune. 

C'est-à-dire oison, parce qu'ils ont le bec jaune. 

Les clercs de Basoche prennent des lettres de bec 
jaune, c'est-à-dire dHniUé : car on appelle ainsi es escoUes 
lesinstitutaires, selon Ménage, de Bejanus. Et en Escosse, 
Sembejanus dénote ceux qui estudient pour la première 
ou seconde année ; et par abus ce mot s*est appliqué pour 
dire Novice en quoy que ce soit : ainsi on fait payer aux 
provinciaux, qui n'ont pas esté à Paris, le bec jaune h la 
dernière hostellerie de leur voyage. 

Béiaunage. Apprentissage. (Nicot.) 

* 

Béiaanise. Se prend métaphoriquement pour 
niaiserie, lourderie, sotise, simplicité, de ce que tout 
apprentif est simple, niais et neuf dans le métier qu'il 
essaye d'apprendre. 

Betlle. Bègue. Perionius. El beiller, bégayer. 

Bel ou Sel. Citonium indum (selon Hortus sanitatis.) 

Belean. [Bisayeul. (L. C. D.)] 

^Belenus, Dieu des anciens Gaulois, est. Apollon, qui 
Tient à mon advis, de bel, ou baal des Helirieux, ou de 
ûbeîlio des Phœniciens ; car ils ont eu les mesmes Dieux, 
(suivant Bochart, Ausone, et les Estats et Empires.) 
[L*Âpollon des Gaulois. Enirlandais, ^^aZ signiflelesoleil.] 

^Beleriu. Dernier promontoire, d'où vient que pell 
signifie dernier en Breton. 

Belge. C'est-à-dire Dieu ; et luileur en langue 
Syriaque. 

Belln. Sot, et mouton : d'où est venu Bélier. 

Et n*ont pas teste de belins. ( Villon.) 

Qui de la toison de belin. 

En lieu de manteau sobelin. 

Sire, Ysengrin aflluberoit 

Le loup qui mouton sembleroit. (R. de la Rose.) 

Dans le Verger d'honneur, on lit : 

Avoir qu'à point, tant soit beugle, ou belin. 



84 BEN 

Beliner. Filouter quelqu'un, le déniaiser. (Le Duchal, 
noies sur Rabelais.) 

^Belinundia. L*herbo Apolinaire ou Jus<(uiame. 

^Belinus ou Belenus. Apollon. 

^Beliocande ou Belliocoiandum. C'est Therbe 
Mille feuille. (Dioscoride.) [En Irlandais, Bileogach 
signiUe feuillu.] 

Bellstre. Un voleur, ou un Soldat misérable ; et ce 
mol vieiil de baiista, parce qu'anciennement les Arbales- 
triers débandez dégéneroient en voleurs, comme font à 
présent nos Soldats débandez. 

Belitraillc. Troupe de canaille, de gueux, de 
mendians. (Nicot.) 

Belltre. Gueux. « A Velilrisurbis Apuliiiî. » (Bouillus.) 
Belltrer. Gueuser, mandier. (Nicot.) 

Belitrerie. Mendicité, action de mandier son pain. 

Bellcssa. Beauté. Voyez Eschivar. 

Beloce. f/est ou quelque petite monnoye, ou autre 
chose de petite considération. Mehun, au Codicile, dit : 

Qui pour Ttimour sa femme ne donne-une beloce. 

Belve. Beste sauvjge, venant du mot Latin belliia^ 
selon le Livre. Les Menus propos de Mère Sotte de Pierre 
Gringoire dans ces vers : 

Dégénéré de bien peu de value, 
Et converti en forme de beluë. 

Bender. Mettre en inquiétude. Marot. xvii. Epigramme, 
dit : 

Si resveillez, croyez qu'elle ouvrira 

Ses deux beaux yeux, pour les vostres bender. 

Benderet. Chef de bande. 

Bénéfice. [Fief ou cession de terre. (La Curne, GL F,)] 

DeneisQQ ou Beneiçon. Bénédiction. (Le Songe 



BER 85 

du Verger, et Perceval.) De beneii\ c'est-à-dire bénir: 
d'où vient beneie^ c'est-à-dire bénisse, et beneet, bénit. 

Benetstre. Aussi bénir. 

Bene^iser. [Limiler, mettre des bornes. (Laurière, 
GIoss. D. Fr.)] 

Beoevreté. Bon-beur. (Boëce.)On dit aussi beneurté, 
de beneuré, c'est-à-dire bien-heureux. 

Benisson. Bonne prière (|u*on fait pour quelqu'un. 
(Nicol.) Voyez Beneison. 

*Benoa, Banneu. Sorte de Chariot des anciens 
Gaulois, selon Festus : d*où vient le mot Combennones^ 
c'est-à-dire, compafrnons de chariot. [En kymmryque, 
M signifie chariot.] 

Bennean ou Bennel. Un tombereau, (selon Mons- 
Irelel. ]iv. i. chap. 43.) venant de benna^ cy-dessus 
expliqué. 

Benny. Bany, proscript. 
Benoter. Bénir. 

Benoiste. Bénie. Uarot, dans sa Salutation Angélique, 
dit: 

Benoiste certes tu est entre 
Celles dessous le Firmament. 

Benos. Ebene, (selon Perceval.) 

Ber. Seigneur, d'Haltebe, c està-dire grand Seigneur. 
Villehardoûin, page i5.) D'où vient le mot de Baron, 
selon un grand Ovide ms. Historié, in-fol. écrit en velin, 
avec de belles miniatures, qui m*a esté communiqué par 
M. Gonrart; duquel la curieuse Bibliothèque est extrê- 
mement bien pourveuë de Livres anciens, tant manuscrits 
qu'imprimez. Or le susdit Ovide, parlant d'Hector, dit : 

Li ber se sent à mort playé. 

Beralgne. [Stérile, improductif. (L. J. p. 192.)] 
Beranguierc. Bassin de chaise percée. (Uonet.) 
Berbère. Espine-vinete ; du Latin berberis. 



86 BES 

Berbix et Brebis. C'est la même chose ; il vient de 
vervez. (Ménage.) 

Berche. Sorte d'artillerie ancienne, dont on se sert 
encore es Navires. 

Berelis. Hirobalans-bellerics. (Despleigney.) 

Berfpoy. Voyez Befroy, 

Beiioag. Voyez Barlang et Barlong, 

Bernage. Suite d'un Grand, équipage, train : d*où 
vient le mot de Languedoc, fa barnatgé^ c'esl-ù-dire, 
faire desordre. Voyez Baron. 

Berne. Sorte de saye : d'où vient le mot de berner. 
(Ménage.) 

Bernlcles. Sorte de géhenne des Sarrasins, décrite 
par Joinville. 

Berruyer. Qui est du pays de Berry. 

Bers. Berceau. 

Bersault. Bute. 

A mon cœur d'ont il fit hersaulU 
Bailla nouvel et fier assault. {Ovide,) 

Bertourder. Tondre irrégulièrement : d'où vient 
bertauder. 

Bertresché. Fortifié. (Proissart.) Un Chasteau si bien 
bertresché. 

Bes. Deux, de 6/.s, c'est-à-dire, deux fois: d*où vient 
le mot besson, c'est-à-dire bes hom, ou deux hommes ; 
besicles, de bis oculi, c'est-à-dire deux yeux ; besace^ 
c'est-à-dire deux sacs ; besaguë, c'est-à-dire deux fois 

aiguë, ou à deux trenchans ; et balance, de bis et lanx. 

« 

Besane et Beseiae. [Ruche. (L. C. D.)] 

Besans. Honnoye ancienne d'or, valans cinquante 
livres la pièce, dont la rançon du Roy S. Louis fut payée, 
(selon Ragueau.) 

Li Rois offrit trente besans. (PercevaL) 



L. 



BES 87' 

Ce mot vient de be$ et a$j c*est-à-dire deux as ; ou de la 
Tille de Bisance, c'est-à-dire Constantinople, selon 
quelques-uns: sur quoi il est bon de remarquer que du 
leiDsdes Croisades, le Soudan donnoitde chaque teste 
deChrestien qu'on lui apportoit, un besan qui valoit un 
double ducat : et du depuis nos Rois en onrent treize à 
leur sacre; et même Henry IV. en fit faire treize exprès, 
àcausequ*on n'en trou voit plus. 

Besas et Ambesas. Deux as, ou deux points seuls 
en deux dez : c'est un terme de trictrac. Voyez Be%. 

Beschevet. Double chef, chevet de licL 

Besca. Voyez Be%. 

Basions bescus comme bistardes. {Coquillard.) 

Il semble que ce mot signiHe, à deux pointes aiguës. 
Blason des fausses Amours dit : 

Il n*y a camus ni bescu, 
S'il veut ses engins assorter, 
Qu'il ne fasse cornes porter. 

Besial. [Terre ou lande commune ù plusieurs. (Laur., 
Gloss. D. Fr.)] 

Besiat. C*est un mot de Languedoc , qui signifie 
ffiigoard. Goudouli s'exprime ainsi : 

Petits rieux dont Fargen besiadomen gourrine. 

L'excellence de cette expression Gascone est si notable 
et délicate, qu'on ne la sçauroit bien exprimer: c'est-à- 
dire pourtant à peu près : 

Petits ruisseaux dont l'argent, 
Murmure mignardement en coulant. 

Et ailleurs il dit : 

La besiadure de notre atge. 

C'est-à-dire, la mignardise de nostre siècle. 

Besogner. Travailler. 

Besson. Jumeau qui est né d'une même, portée avec 
un autre, (Nicot.) On appelle encore en Languedoc et en 
Provence fruits bessons, ceux qui viennent doubles, 
comme une amande bessonne, lors qu'il s'en trouve deux 
dans une môme coque. 



88 BET 

*Bestes Enbeudées. [Ce sont des bêles rclenoës par 
des liens qu'elles ont aux pieds de devant. (C. de Bret.)] 

Bestlage. Bestail. (Ovide ms.) 

« 

Bestors et Bestorte. Traversé ou traversée de che- 
mins obliques. Ovide ms. parlaiil du labyrinthe, dit : 

Et tant jQt les chemins bestors, etc. 

Bestourné. Renversé, selon < le Songe du Verger », 
qui parlant d'un insensé, rappelle bestourné d'entende- 
ment. 

Bestourner. Renverser. 

Mes or vendent les jugemens. 

Et bestoument les errements. (Rose.) 

Et ailleurs, l'auteur le prend pour tourmenter : 

Souvent de mychemin retourne, 

Et tous nous tempeste et bestourné, {Rose.) 

Et Alain Chantier, au Quadrilogue, dit : c Dont vient celte 
c usance qui a si bestourné l'ordre de Juslice. j» Et le 
mesme dit ailleurs : « Par leurs paroles épouvantables et 
« tresperpans le cœur et la pensée, m'a voit ja ces trois 
€ derroyées et séditieuses deceuresses bestourné le sens, 
« et aveuglé la raison. » 

Et un vieux Livre intitulé. Des Flaleurs et des Habils, 
dit: 

Moult va II siècle bestournant : 
Car che derrière va devant, 
Et che devant si va derrière. 

El encore Alain Chartier, au Quadrilogue, dit: c Cette 
c envfeillie et enracinée nourriture de pompe et de délice, 
€ tant avez bestourné et ramoly les courages François, 
c que cette subversion, etc. 

Besugue. Une marque du jeu : &oii vient le mot de 
Languedoc besuqueia, c'est-à-dire, s'occuper à des choses 
de petite conséquence. 

^Bettlole. C'est Therbe /^^rsona^a, Bardane. (Apulée.) 

^Betonica. L'herbe serratula, (selon le grand Allas.) 
Ce mot Gaulois s'est latinisé. 



BIB 8» 

^Betaela. G'est-à-dîre^ de boullay. [En Khymmrique, 
Beâwlwyn signifie bois de bouleaux.] 

^Betala. Bouleau. C'est un mot Gaulois, qu'on a aussi 
laliQîsé, (selon Pline.) 

Beuvatller. Boire sans cesse, boire à tout propos. 
(Nicol). 

Beuverie. Se prend toujours en mauvaise part, et 
signifie excès, débauche de vin. (Nicot.) 

Beavrage. Breuvage, ou toute sorte de boissons, 
comme vin, bière, cidre, etc. (Nicot.) 

Bialté. Beauté, debiaulx, c'est-à-dire beau. 

Bians. [Sont des corvées tant d'hommes que de bâles. 
(C. du Poitou.)] 

Biaios. [Corvées. (L. C. D.)] 

Biarda. Fuir promplement. C'est un mot de Langue- 
doc. Goudouli, en son Ramelet moundi, s'exprime ainsi : 

Un goDs que rufTabo le nas, 
Que me faguet biarda defore. 

Cesl-à-dire, un chien quifronçoit le nez, qui me fit sortir 
dehors. Ce mot vient, à mon advis, àe via, c'est-à-dire, 
Yoye. 

Blau, Biax, Biaulx et Biaux. Beau. (Perceval. 
Guill. de Nangj', et Pasquier.) Li Quens de la Marche, qui 
a rail beaucoup de vers, compare sa mie au rubis, en sa 
dixième Chanson, selon du Verdier, en sa Bibliothèque 
Françoise, TappeUant, biaux doux rubis. 

Bibaax. Voyez Petaut, 
Bibleurs. Faiseurs de bruit. 

KbibleurSj meneurs de hutin. {Villon.) 

Je ne sçay s'il ne faudroit pas ribleurs, et qu'on eust 
mis bibleurs par erreur : ce qui me le fait croire, est le 
mol rift/a, qui en Languedoc veut dire c battre le pavé. » 

Bibotun. Commandem.ens. 

I. 12 



90 BIH 

Bibracte. [Mot gaulois^ nom de localité. En gaélique 
écossais, Braigli signifie sommet.] 

^Bichenage. [Cest un droit sur tous grains'et sur 
toutes autres choses qui se vendent au boesseault au 
marché, et non à autre jour. (C. de Bourgogne.)] 

Bicoquets. Sorte d'attifets de femme. (S. du Vergier.) 

Bideaux. Soldats à pied. (Ragueau et Froissart.) 
Honstrelet les appelle bibaux. 

Bidelle. Manche à bidelle, sorte de manches des 
anciens. Voyez Bindelle. 

Bidet. Petit pistolet de poche ; comme on appelle 
aussi bidets, les petits chevaux. 

Bief ou Biel. Canal d*eau pour faire moudre un 
moulin. (Monel). 

Bienveigner. Souhaiter , célébrer la bien-venue. 
Marot, âiant xvu^ dit : 

Si l'ai prins hardiesse 

De bienveigner une Dame si haute, 
Ne l'estimer présomption, ne faute. 

Bienvienner. Souhaiter à quelqu'un une heureuse 
arrivée, le bien recevoir à son arrivée. (Nicot.) Voyez 
Bienveigner. 

Biffe. Sorte d'injure. Dans TAntithese des faits de 
Jesus-Christ, on lit : 

Hypocrisie aprcs la belle biffe^ 
Youloit aussi qu'il fût nommé Pontife. 

Blgne. Bosse, coup d'avanture. Villon dit : 

Et une fois si se fit une blgne, 

Bien m'en souvient, à i'estal d*un boucher. 

En Languedoc on dit une borgne^ c'est-à-dire une 
enfleure, qui peul-estre vient de bigne. 

Bigot. De par Dieu, ou superstitieux, et hypocrite; 
de by god^ mois Ânglois, qui dénotent la mesme chose. 

Bihay. De travers : d'où vient biais. 



BIS 91 

Bilan. Marchand ; de bilanx^ balance ; et celuy-ci de 
bU et de lanx, parce qu*il y a deux coupes à une balance. 

Bille. Baston, dit de vilis, c'est-à-dire, chose vile, 
comme le billon, ou monnoye de peu de conséquence. 

Qa'oncqaes ne fu barril, ne biîley 
De forme si bien arrondre. (Rose,) 

Billettes. C'est quelque sorte de Nonnains. 

Doit-elle fréquenter pourtant, 

Les Gordeliers, et les Billettes. (Coquillard.) 

Bimauve. Guimauve. (Nicot.) 
Bindelle. Sorte de manches anciennes. 

Cousant mes manches à bindelle, (Rose,) 

BIrrasque. Bourrasque, orage. 

Birrete ou Birete. Voyez Barret. C*est un bonnet 
d'enfant, dit aussi barret en Languedoc, à cause qu*ii est 
barré de passemens. 

Bis, Dieu. (Rabelais, Prolog. 4.) « Vray Bis, je vous en 
c remercie », pour déguiser le jurement, au lieu de Dis^ 
qui en Gascon signifie Dieu. 

Bisa. Vent de midy. 

' Biscopheshein ou Bisschoffshoff. La Maison de 
TEvesque. (Pontanus.) 

Bise. Koirastre, grise. Villon dit: 

Et ne soyez au moins plus endurcy, 
Qu'en un désert la forte bise roche. 

Elles Rebours de Malhiolus : 

Se les femmes blanches et bises^ 
Hantent voulentiers les Eglises. 

Ce mot vient de TAIleman bisa, (selon Lipse.) Le R. de 
la Rose l'employé aussi pour grise, lors qu'il dit : 

Après tous deux se tint franchise. 
Qui ne fu ne brune, ne bise, 

Bisnots. [Corvées pour le binage. (La Curne Gl. Fr.)] 



} 



92 BLA 

Bisse. Couleuvre. 

Bistarde. Voyez Bescu, 

Bithiuwanta. A cause de quoy. (Ponlanus.) 

Bivoie. La garde extraordinaire d'un camp. 

Blachie, Blanhiz et Blakie. Valacliie ou Bulgarie, 
païs Septentrional. 

Seigneur Blaier. [Auquel appartient au dedans de sa 
Justice, emende contre ceux: qui mènent ou envoyent 
leurs bêles pâturer en vaine pâture, s'ils ne sont ses 
justiciables: lesquels aussi payent certaine redevance 
pour la blairie et permission de vaine pâture es terres et 
prez dépouillez, bois et autres herilaores non clos ne 
fermez après les desbleures levées des dits prez et terres. 
(G. de Nivernois.)] 

Blairie. Droict Seigneurial sur.le bled, dit autrement 
bladade, sur tout en Languedoc, ou du mot blat ou blad, 
c'est-à-dire bled. Il se prend aussi pour un pays abon- 
dant en bled. (Nicot.) \ 

Blanc. Monnoye ainsi dite, à la différence des sols 
qu'on appelloit nerets. — Blanc. Danger. Voyez Meschbie. 

Blance. Blanche.' 

Blandir. Amadouer, biandices, c'est-à-dire ftaleries,' 
du Latin blandior, je flatte. (Gauvain.) 

Vueilles Seigneur, ces lèvres blandissantcs. 
Tout au travers pour iamais inciser. (Marot.) 

Blandys. Caresses. 

Blaquie. Valachie. Blaqinens, Valachiens. (Pasquier.) 
Voyez Blachie. 

Un Blaqui. Un Bulgare. (Villehardoûin.) 

Blason. Est pris pour l'image ou figure de Tescu 
d'armes, et pour ses couleurs, et par fois pour Tescu 
mesme. 

Et se couvrent de Tor blasons. (Perceval.) 

Ce niot vient de lans, louange, et de sonarej résonner, 



BLO 93 

y adjoQsUnt un b devant. H s*employe aussi pour médi- 
sance, ou*diclioQ Satyrique. 

Blasonner. Louer. 

le Tay armé, et blasonné^ 

Si qu'il te m'a presque donné. (Pathelin,) 

Le blason de la Rose, c'esl-à-dire, sa louange. C'est un 
ancien Poëme à la louange de la Rose. 

Blasser. Fomenter quelque chose. (Nicol.) 

Blastenge. Ressentiment. 

Indignation de blastenge. (Ovide.) 

Bléage. [Redevance en blé. (L. C. D.)] 
Bliaus. Sorte dejusle-au-corps. Voyez Sebelin. 

Et l'or hlians forrez d'ermine. {Pathelin,) 

Bordé à or li bleaut fu, 

Qu'il ot sor le hauber vestu. (Pathelin.) 

De-là vient peut-eslre le mot brisaut, sorte de chemise 
qae les paîsans de Languedoc mettent sur leur habit. 

Blidida. Exultation. 

Blocage et BlocatUe. Muraille. 

Blocal, Blocal ou Bloqull. C'est-à-dire, barri- 
cades: d'où vient un blocus, et bloquer une Ville. (Nicot.) 
Des Essars, au 3. livre de Josephe, dit: t Vindrent donner 
< jusques aux tentes et pavillons des Romains, arrachant 
t les peaux tendues sur le blocul à la faveur desquelles 
c ils esperoient combattre. » 

Blol. Bleu. Bloye, bleue. (Perceval.) 

Fors qu'il avoit bloye là chieux. (Ovide.) 

Bloise. 11 bégaye, de blez^ c'est-à-dire, bègue en Lan- 
guedoc. 

Bloqaer. Arrester, conclurre un marché avec quel- 
qu'an. (Nicot.) 

Bloye. Belle. 

Une pucelle, gente, et blorje. (Perççvcil.) 



94 BOC 

• 

Ce mot est dit par syncope de beloye^ mot de Langue- 
doc : d*où vient aussi le Gascon beroye^ c*est-à-d^re, belle. 

Boage, Boude. [Sorte de redevance qu*on payait au 
seigneur pour chaque bœuJT, qui s*appetait aussi droit de 
cornage. (Laurière, Gl. D. F.)] 

Boban. Somptuosité et vanité : d*où vient bombance. 
Voyez Fief, 

L'Epitaphe d^Armoise de Lautrcc, que j*ay mis en mon 
Livre des Ânliquitez de Castres : 

Armoise de Lautrec recluse, 
Da Saix dans cy caveauot cluse, 
Veuïllant li Paradis aquerre, 
A tots hobans fot aspre guerre. 
Isabel do Paris, clamée 
Sui qui plore ma bien-amée, 
Li monument cnvolter fis. 
de par Diex à tos vos dis 
Que disiez li De profundis. 
L'an mil deux cens quarante et dis, 
Armoise absconsa, faits et dits. 
Diex vueil emberguer li délits, 
Et partier li Paradis. 

Bobancler. Vain. 

Combien qu'il soit bobancier. (R, de la Rose.) 

Tant la treuve orgueilleuse et flere, 

Et surcuidée et bobanciere, (Idem,) 

Bobander. Se paoner, piaffer, selon un ancien Poète 
qui dit: 

Li chaperons partis, longue robe vergie. 
Sont li aornement dont bobande clergie. 

Bobeliner. Ferrer des souliers, les garnir de clous. 

(Nicot.) 

Bobellneur. Savetier. (Nicot.) 

Bocal. Diminutif de bois, pris pour forest, comme si 
l*on disoit petite forest : d*où vient bocquet et bosquet^ 
qui signifie la mesme chose. (Nicot.) 

Boce. Bosse, enfleure. (Aldobrandin.) De boctUy c*est- 
à-dire, fiole. 



BOG 



95 



Boche. Bouche. (Perceval.) — Boche. Enfleure, bosse. 

« 

Bochu. Bossu. (Perceval.) ^ 

Bocquet. Bondes ou écluses d*une rivière ou d'un 
élang. (Nicol.) 

*Bod. Profondeur : encore en Languedoc, c*est un 
troa eD terre, mais petit. 

Bodlneus. Profond. (Pline.) 

Bodon. Bouton. (Perceval.) 

La Boudalne. Le ventre. (Coquillart.) D*où vient 
bedaine, et boudin, dits ainsi de botulus. 

La Boudiné. La colique. Despleigny parlant de 
rherbe cuseuta^ et en racontant ses vertus, dit : « Et peut 
« guérir de la boudiné. » 

Boe. Boue: d'où vient éclaboter, c'est-à-dire, couvrir 
de boue qu'on fait rejaillir. Il veut aussi dire du bois. 

Boel. Boyau. Voyez Répondu. 

La Boele. Les intestins ou boyaux : dite du mot vaye, 
parceque ce sont les voyes pour les viandes et excrémens. 

Par les flans la si porfendu, 

Qae la boéUs li chei. {Ovide.) 

Boem. Ensorcelé: d*où pourroit venir le nom des 
Boëmes ou Egyptiens, qui se meslent de sortilèges et 
divinations. 

Boen. Bon. (Perceval.) 

Boësselage. [Redevance en blé. (L. C. D.)] 

Bofus. Sorte d'estoffes. Perceval, parlant des Tisserans, 
dit: • Ains tissent pailes et boffus. » 

Boffame. Bouffi, en colère. 

Se Maistre Olivier se boffume, 

Ou s'il veut faire le vereax. (Coquillart.) 

Bogen. Arc. 



•^ 



96 BOL 

Boggue. Sorte de drogue, ou arbre. Despleigny, 
parlant de l*usage de Vargent vif pour la vérole, dit : 

Le feu puisse brûler la, &0{/ue, 
Le chasteignier, et la chasteigne. 

Bohade. [Corvée due au seigneur pour voiturer son 
vin et sa vendange. (Laurière, Gloss. D. Fr.)] 

Bohourd, Behourt, ou Bouhourt. Tournoyde 
plusieurs Chevaliers tournoyant en foule ou en bataille. 
(Nicot): «Les Chevaliers issirent du Chasleau, et s*en 
« allerentoutrelamarine^ où ils tirent lever unBouhourt.* 

Boiasses. Femmes de peu, artisanes. 

Soit Clerc, soit Lays, ou homme, ou femme, 

Sire, Sergens, Boyasse^ ou Dame. (Rose,) 

Bois. Lance. Voyez Lance. 

Boisdie. C*est-à-dire tromperie, raillerie. Jean Monjot 
d'Arras dit : 

Il li convient sa fulie, 
Sa guille, et sa vilenie. 
Ses médis, et ses maux tos, 
Guerpir^ puisque sans boisdie 
Se met en vostre baillie. 

Perceval remployé pour dire artifice, ruse, et 
meschancelé. Et ta Bible Historiaux ms. dit de Caïn qui 
tua Abel : « Et Toccist par boisdie et trahison. » 

Boisdeux. Traistre, dissimulé. 

Boiseor. Idem. 

Le cuer ot boiseor et faux. (Ovide.) 

Boitonser. Boiter. (Nicot.) 
Boiture. Une bevete ou collation. 

Qui boivent pourpoint et chemise, 
Puisque boiture y est si chère. (Villon.) 

Bologne (Godefroi de). C'est Godefr&i de Bouillon, car 
il étoit Comte de Bologne. 

*Bolusselon. Hedera nigra Apuleii. 



BOR 97 

Boaeon. C'est le nom des baies qu'on jettoil avec les 
arcs. 

Si Gheron est une monlaigne 

Dedans un bois en une platgne, 

Si haute que nulle arbaleste 

Tant fust fort, ne de traire preste, 

Ne treroit ne boncoriy ne vire. (R. Rose,) 

Boniere. Mesure de terre. (Ragueau et Somme Rural.) 

*Bonna. Borne, limite, selon Glaber Rodolphe: de 
fftyùç, bute. 

Bonneaa. [Haie. (L. C. D.]] 

Bonnier. [Fermier. (La Curne, Gloss. Fr.)] 

Boqaelle. [Droit de gîte. (La Curne, Gloss. Fr.)] 

Boques. Voyez Bocques. 

Boqaet. Voyez Bocal. 

Bore. Bourg. (Perceval.) 

Borde. Métairieou grange. (Perceval.)C*est proprement 
œ qu'on appelloit t;i//a:de sorte que maintenant les 
villes ont pris le nom des maisons champestres. Nicod, en 
ses Cantiques, dit : 

N'es- tu plus or recors, 

De la borde araigneuse 

Dont jadis te mit hors ? 

Une bien plus poudreuse 

T'atend encor, ingrat, 

De son bien des adonc 

Tu iuy as fait un rapt : » 

De Iuy ne Tobtins onc. 

On dit en Languedoc horio, pour borde ; de boaria^ 
c'est-à-dire, lieu ù tenir bœufs. Anciennement on disoit 
une bourde^ pour dire une logette ou maisonnette, et 
baron. Lancelot du Lac dit : 

Ne trouverei^ meshuy ne bourde, ne maison. 

D'où vient le mot de fcortte/, c'est-à-dire, un lieu misérable. 

Et tout fu mis à dampnement, 

Fors la bourdete seulement. {Ovide,) 

1. 13 



9ê BOT 

Par sa suite il apert que ce n^est qu'un lieu couvert de 
chaume. 

Bordelaqe. j^Droit seigaeurial sur le revenu des 
bordes ou métairies. (Laurière, Gloss. D. Fr.)] 

Borderie. Métairie. (Honet.) 

Bordier. Métayer de la Borderie. (Idem.) 

Borreau. Périonius dit qu'il ignore d'où vient ce inot. 
Quelques-uns l'ont voulu faire venir de Bourres^ parce, 
disent-ils, qu'il réduit les hommes comme en bourre, 
c'est-à-dire, à néant. Voyez Bourreau et Tollart. 

Bors. Bourg. (Perceval.) 

Bos. Idem. 

N'y a nul qui de faim ne maire^ 

De ceux qui ont en bas esté. {R, de la Rose,) 

De ce mot vient sahot. Voyez Gant. 

Bosches. Bois et forests. (Perceval.) Et on dit encore 
en Languedoc, lom bosqués, et bousquets. 

Boschu. Bossu, selon un Livre ancien intitulé, 
L'Incarnation de Jesus-Christ : « Ha serpent boschu, 
« Prodigieux tort. Par ton faux recort, etc. » 

Bosqoiline. Terre pleine de bois et d'eaux. 

Bot. Trou en terre ou fossette à jouer aux noix, de 
buttum : d'où vient pot, à cause de sa cavité : d*où vient 
aussi saboi. Il veut a«ssi dire difforme: d'où vient qu'on 
dit pied-bot, pour contrefait : et de-là vient une botte^ à 
cause qu'elle rend le pied gros et mal fait. 

Botage. [Droit seigneurial sur le vin qui se vendait 
en détail. (Laurière, Gloss. D. Fr.)] 

' Boterel et Botereaulx. C'est-à-dire, crap/iut , la 
Bible Historiaux^ parlant des reptiles, dit : 

Lesardes et botereauxy 
Qui se trayent de leurs piez. 



BOU 99 

B^tei^eaulx et couleuvres, 

Visions de deables. (Mehun, Codicille.) 

Huon de Hery, au Tournoyemen t de rAnlecbrist, parlant 
des pierres, dit : 

Hais celle qui entre les yeux 
Au boterel croit, est plus fine ; 
Qa*on seult appeller crapaudine. 

Boterel signifie aussi un vautour, venant de vultur^ 
comme qui diroit, voltereL 

Gommant le gésier Titius, 

Se hastent boterel manger. (Rose.) 

Botrosses. Sorte de viande espicée, selon le Livre de 
la Diablerie : « Boudins, andouïlles, et botrusses. » Ce 
mot vient possible de boterel crapaut, à cause de leur 
grosseur et rondeur. 

Botte et Bot. C'est-à-dire , crapaut ; comme aussi 
liotereU à cause qu'il s'enfle et rend difforme, comme 
nous venons de dire. 

Bouban ou Boubanee. Voyez Boban. 

Boucaat. Certain vaisseau ou tonneau, de pvxiou. 

Boucbaille. [Clôture. (N. C. G. t. m p. 1214.)] 

BoQchel. Un baril à vin. 

BoQCiquaut. C'est-à-dire, qui est mercenaire, et 
iait tout pour argent, selon le Songe du Verger. 

Bouclier, escu, targe, pavois, rondelle, sont presque 
la mesme chose. Le premier est dit ainsi, à cause des 
bondes et bosses de fer, dites bubullœ, bullœ, et umbones, 
dont on les couvroit, afin que les dards n'y poussent avoir 
si facile prise. On les joignoit les uns aux autres par- 
dessus la teste, quand on vouloit approcher un mur pour 
le saper: et cela s'appelloit faire la tortue, et ainsi on 
liasoU un mantelet sans peine. C'est ce que le Poëte a 
eaiendu, lorsqu'il dit : « Junctseque unibone phalanges. » 
Il y avoit aussi de grands boucliers qu'on faisoit porter 
devant soi par un homme, parce qu'ils auroient trop pesé 
à un homme armé, et qu'ils estoient si grands qu'ils 



"^ 



100 BOD 

pouvoient couvrir tout le corps: c'est pourquoi Homère 
décrivant celui d'Ajax, dit qu'il esloit ounvçyoy. La 
Rondelle estoit un Bouclier rond et large. L'Escu estoit la 
mesme chose avec le Bouclier, et estoit large d'enhaut, 
descendant en pointe : il estoit de bois, couvert de cuir 
bouilly, à la façon des Grecs; car celui d*Ajax estoit 
couvert de sept cuirs. Ovide, Métam. liv. 13, dit : « Surgit 
« ad hos clypei Dominus seplemplicis Ajax. » Voyez Targe. 

Boucon. Poison pris par la bouche. (Monet.) Bailler 
le boucouy c'est-à-dire empoisonner. 

Boudoutsona. Boucher de plusieurs bouchons. 
C'est un mot Tolosain, qu'on voit dans l'Eloge des Poésies 
de Goudouli : 

S'el musc de tant de belles flous, 
N'ou se pot pas fa trouba dous 
A calque esprit de medisenso, 
Pel segur un vilen raumas, 
Près dins la neit de Tignourenso, 
Li ten boudoutsounat lou nas. 

Si le musc de tant de belles fleurs 
Ne peut se faire trouver doux 
A quelque esprit de mesdisance, 
Asseurement un mauvais rheume, 
Pris dans la nuit de Tignorance, 
Luy tient bouché le nez. 

Or ce Poëte entend parler du Livre excellent de Goudouli, 
intitulé « Lou ramelet Mondi, » c'est-à-dire^ le bouquet 
Tolosain. 

Boudoutsou. Nain, ou autre chose fort petite* 
Boue. [Etable à bœufs. (L. G. D.)] 

Bove. [Etendue de terre qu'une paire de bœufs peut 
labourer en une année. (La Curne, Gloss. Fr.)] 

Bovel. Boyau. 

Bouffage et Bouffard. Qui mange fort, de pé<^yoç. 

Bouffez. Chassez. Villon parlant des morts, dit : « De 
« cette vie sont bouffez. » 

De-là vient le mot du bas Languedoc, s'esbouffa, ou 
s'espoiiffa, c'est-à-dire, s'en aller subitement. 






BOU 101 

Boogam. Bissinus, C'est aussi une herbe, comme qui 
diroit gramen bavis. 

Boageon. Sagettequia une teste. D*au très rappellent 
un materas ; d'où est demeuré le nom de matras aux 
fioles qui ont le fonds rond et le col long, qui sont les œufs 
ou thalames pbilosophaux des Alquimistes. 

Boages. Haut de chausses, à ce qu'il semble par ce 
passage de Villon : 

le donne l'envers de mes bouges^ 
Pour tous les matins les torcher. 

Boogres. Dit par abus de Boulgres, c'est-à-dire. 
Bulgares ou Boulgares, peu pie de B uigarie. ( Villeh ardo u i n). 

Bougrie. La Bulgarie. Le mesme parlant de leur Roy, 
rappelle le Roy de Bougrie, 

Boahourder. Renvoyer en foule, en bataille. (Nicot.) 
Voyez Bohourd. — Bouhourder. Voyez Bourder. 

Bouhventl. Faisant signe qu'il y consent. 

Boohvitum. Us accordoient. 

Boulrac. Carquois de flèches. Jacques Borel, mon 
père, en sa Pastorale ms. en langage vulgaire de Languedoc^ 
parlant de Cupidon, dit : 

Irai Ion trait del bouirac lou meu bel Gupidou, 
Et peis agacbolo, tiro li calque llecho. 
Que fasco dins son cor uno tant grando brecho, 
Gommo aquello que tu me fegos Tautré iour : 
Pei veiren que sera; n'ou m'auses poun amour : 
Ai pou que n'as pas d'els, mai tu sios sans aureillos, 
Se al sou de mon planch aros nou te reveillos. 

Boaler. Bouillir. 

Ceux fustent, batrent, lient, pendent, 

Heurtent, bercent, escorchent, foulent, 

Nayent, ardent, griUent, et boulent. {Rose.) 

tfest-à-dire, noyent, grillent, et bouillent. 

Boales. Ce sont globes de plomb, que les Anciens 
Uroient avec fondes et arcs, selon Fauchet. Ce mesme 
mot en Languedoc, prononcé autrement, dénote les 
bornes d*un champ. 



' 



BouUe. [Colombier. (L. C. D.)] 

Boulteis. Combat ; de velitatio, ou volutatio. 

Boune. Borne, de pm^oç cumulus. 

Bounourdl premier et second, c*est le premier et 
second Dimanche de Carême. (Nicot.) 

Bouque. Bouc : d'où vient qu'en Languedoc on appelle 
les chèvres bouchas^ en les flatant. 

Booqueran. EstofTe faite peut-estre de poil de chèvre, 
comme le camelot du chameau. Bible Historiaux en 
TApocalypse, dit : « La grande putain a pouvoir de soy 
« veslir de bouqueran blanc. » 

Bouquet. Chevrau, (Bible Historiaux.) C*est un 
diminutif de bouc. 

Bouquin. Vieux livre, de houeh^ qui en Allemand 
signine un livre. Ainsi nous avons attribué en France 
tous le mois Allemands qui nous ont resté, à des choses 
.de peu de considération ; comme de ro^s^ qui veut dire 
cheval en Allemand, nous avons donné le nom de rosse^ 
aux méchans chevaux. 

Bourde. Baston à grosse teste, crosse, ou potence. 

Bourdelage. Paillardise. (Bible Historiaux.) 

Bourder. Caqueter, railler, se moquer, dire des 
bourdes, c'est-à-dire, des sornettes. Songes du Verger dit : 

Autrement brief son harnois bouhourder 
Nul ne pourroit : car certes, sans bourder, 
N'y voise nul, s'il ne pense lascher. 

Bourdon et Bourdonasse. Voyez Lance. 

• 

Bourée, ou Bourrée. Feu clair, comme de paille, 
ou genest et petites busches, (selon Coquillard.] C'est 
aussi une poignée de verges de saules, etc. (selon Monet.) 
D*où peut-estre est venu le mol de bourreau, parce qu'il 
fustige avec ces verges. 

Bourg. Ville sans closture, de nvçyoç, tour : d*où vient 
le mot de Bourgogne, à cause de sa grande quantité de 






BOU 108 

Tonrs et Villages. Nous remarquerons en passant^ quoy 
que ce ne soit pas de notre dessein, une curiosité des 
BouifuignoQs, à sçavoir qu'il sont appeliez Bale%, à cause 
que, selon de Serres» une garnison de Bourguignons fut 
tuée et salée à Aigues^inortes, Ville maritime du Bas 
Langaedoc. 

Bonrgage. [Ce sont les masures, manoirs et héritages 
qui sont es Bourgs, et qui sont tenus sans fief, du Roy ou 
d'autres Seigneurs du Bourg : et qui gardent et payent 
les Coutumes des Bourgs, et tes rentes aux termes 
aocoatumez, sans qu'ils doivent autre service, ne 
ledevancc. (Laurière, Gloss. D. Fr.)] 

Bourgaignotte. Voyez Heaume, 

Boarnal. Rayon de miel. (Nicot.) 

Boume. Borne. 

Bouron. Cabane. Voyez Surquanie. 

Boarrabaquia. Grand verre à boire, de la flgure 
d'an canon de. mousquet. Ce mot vient de l'Espagnol 
borruehay qui signifie un flacon de cuir. 

Bourras. Mauvaise estoffe, comme qui diroit de la 

bourre, * 

Bourreau . Voyez Bourée, où j'en ai donné l'éty mologie 
véritable, que personne n'avoit encore remarquée : car 
Ménage avoue en son Dictionnaire étymologique, ne 
l'avoir pu trouver. On le pourroit aussi faire venir, comme 
Guide Patin, Docte Médecin de la Faculté de Paris a 
remarqué, de burrm, roux ; parce que les rousseauxsont 
ordinairefiient violons : ce qui est une qualité qui est 
requise aux bourreaux, ou à cause qu'il est vêtu en 
divers lieux de couleur rouge et jaune. Il peut fort bien 
venir de p6çoç, c'est-à-dire, carnassier. Voyez Tollart, 

Bourrée. Mot venu des Goths, comme aussi bourrette 
et bourrard^ un canard, encore en Normandie. C'est aussi 
feu dair. Voyez Bourée. « Le coteret et la bourrée. (ViU.) 

Bourrelet. Ou bourlet. Voyez Chaperon. 

Chausses, poorpdiDts, et bourreletSy 
Robes, et toutes vos drapifies, 



I 



^ I 



104 BOY 

Ains que cessez vous porterez. 

Tout aux tavernes et aux filles. (Villon.) 

Bourrique. Qui maintenant signifie un asne, 
autresfois vouloit dire un cheval, venant du vieux Latin 
burricus, et celuy-cy de burrus, roux : d'où vient les 
mots de bourre et bourrer. On appelle aussi en Languedoc 
un asqe, bourriquou et bouiriquet. 

Bousie. [Toit à bœufs. (L. C. D.)] 

Boutargues. Œufsde poissons, de coà tâ^Xa. (Ménage.) 

BouteiUage. [Redevance d'une bouteille de vin due 
au seigneur par chaque tonneau devin. (Laur., Gl. D. F.)] 

Bouter. Pousser. (Perceval.) D*où vient le mot de 
Languedoc buta, qui signifie la mesme chose. 

Bouterll. Nombril. (Aldobrandin.) D*où vient Bouta- 
rigue et Boutiole^ mots de Languedoc, qui veulent dire 
la vessie. 

BouteroUe. Le fer du bout du fourreau des espées. 

Bouticle. Boutique, de dnodTjxrj. 

Boutlne ou Boudiné. Nombril. (Nicot.) 

Bouton. Sorte de fruit. 

Pommes, poires, noix et châtaignes, 

BoutonSy et meures, et prunelles, 

Framboises, frezes et cenelles. {R. de la Rose.) 

C'est le fruit du rosier sauvage, ou églantier, ou bien les 
meures des ronces. 

Boutonnier. Ronce, selon Hortus Sanitatis, de pàtoSy 
rubus, sentis : et cettuy-cy, de aScaoç, comme qui diroil 
inaccessible, à cause de ses épines. 

BoTe. Étendue de terre qu'une paire de bœufs peut 
labourer en une année. (La Curne, Gl. F.) 

Bouvelet. Veau : c'est comme un diminutif de bou- 
veau. 

Boyau. Pour voyau, voye étroite et longue. On appelle 
aussi ainsi les allées des maisons à Paris : de-là est venu 



r 



BRA 105 

Bozines. Trompettes : d'où vient le mot de Languedoc 
bomina^ faire un bruit semblable aux taons et bourdons. 
Ce qui vient de buccina; et cettui-cy de bucca^ eidecano. 

Brac. Court, du Grec pçaXvç. 

^Braccœ. Brayes : d*où est venu brayette : c*estoit 
lliabit des anciens Gaulois de la Gaule dite Braccata : 
dites aussi Bragues, et Brachœ^ (selon Bochart et le grand 
Atlas.) Ce qui est une manière de hau t-de-chausses courtes. 
Ovide en parle : « Pellibus et Iaxis arcent mala frigora 

• braccis. » 

Brachet. Bracelet: comme aussi une sorte de chiens 
de chasse, qu*on appelle ainsi, à cause qu'ils ont les pieds 
eourts. Merlin dit : « Si vit venir une bische, et son 

• brochet après, qui la sivoit molt isnelement. » 

Brachile. Bracelet. 

Brachmonet. Le mois de Juin. 

Braconier. Je ne sçay ce que c*est, si ce n'est un 
coupeur de bois, à cause du mot précédent. Froissart 
8*en sert disant : « Que chascun troussast derrière soi, en 

• guise d'un braconier. > 

Braeons de cèdre. Appuis, consoles, ou potences. 
(Bible Historiaux.) Ce qui vient de branche d'arbre. 

Bragard. Homme proprement et galament habillé; 
de braguesj sorte de courtes culottes de toile, qu'on 
portoit par netteté, comme on porte aujourd'hui des 
caleçons. (Le Duchat, Notes sur Rabelais.) 

Bragues. Courtes culottes. Voyez Bragard, Marot i. 
Ep. du Coq*à- l'âne, dit : 

Davantage qui ne se brague^ 
N'est point prise au temps présent. 

Brahin. Stérile. Voyez Brehagne. 

Gamoyers, qui brahin estre doevent, 

Y flonssent, et fruit rechoevent. (Rose,) 

Bral. Boue en Langue Gauloise : d'où est venu braïum 
et bréiare^ eau : que l'on écrivoit tantôt brai et tantô 

I. 14 



106 BRA 

bré, employant braïum dans la signification de terre 
grasse, limon ; et le verbe breïare dans celle de breïer, 
braïer, broïer, pétrir; parce qu'en broyant et pétrissant, 
on fait une espèce de limon. Rabelais, liv. i. chap. 32, dit : 
« Ils vous brayeront de la fouace. » 

Braies. Terme de Tortification. [Revétissement d*un 
rempart ou d'une terrasse.] Inscription qui est h l'entrée 
du Pont du Bois de Vincennes, sur une table de marbre 
noir, enchâssé en un châssis de fer, contre la muraille: 

« Qui bien considère cet œuvre. Si comme se monstre 
« et descœuvre, Il peut dire que oncques à tour Ne vit 
« avoir plus noble atour. La tour du Bois de Yinciennes 
« Sur toutes neufves et anciennes A le prix. Or sçaurez 
« en çà Qui la parflst ou commença. Premièrement 
« Philippes (Loys) Fils Charles Comte de Valois, Qui de 
« grand prouesse habonda, lusques sur terre la fonda, 
« Pour s'en soulacier et esbatre L'an mil trois cens 
« trente trois quatre. (1337.) Après vingt et quatre ans 
« passez. Et qu'il estoit ja trespassez. Le Roy lean son fil 
« cest ouvrage Fist lever jusqu'au tiers estage. Dedans 
« trois ans par mort cessa ; Mais Charles Roy son fil lessa, 
« Qui parflst en briéves saisons. Tour, pons, braies^ 
« fossez, maisons. Nez fut en ce lieu délectable, Pource 
« l'avoit plus agréable. De la fille au Roy de Bahagne, 
« Et ot à espouse et compagne, leanne fille au Duc de 
« Bourbon Pierres, en toute valeur bon. De luy il a noble 
« lignie, Charles le Delphin et Marie. Mestre Phelippe 
« Ogier lesmoigne Tout le fait de cette besoigne A 
« hesverons. Chacun supplie Qu*en ce mond leur bien 
« multiplie. Et que les nobles fleurs de liz, Et sains cieux 
« ayent leur deliz. » 

Bram. Grand cry, en Langue Gothique ; de pçétuiy. 
D'où vient le mot de Languedoc brama, crier fort : d'où 
vient aussi qu'on appelle la voix des asnes et des cerfs, 
de cette sorte. Un bramairé, un crieur. Ce mot est 
employé dans une excellente Satyre faite à Alby, contre 
un qui avoit écrit en François. Elle commence ainsi : 

Avez Tausit aqael cridaire. 
Que de la poou qu'à de brama, 
Quite la lenguo de sa maire, 

Bran. Son de farine. (Honet.) 



1 



BRA 107 

^BransB. Sorte de froment fort blanc. (Pline, liv. 18. 
chap. 7.) D'où vient qu'on dit vrauk, c'est-à-dire, bled en 
Breton ; et le nom de bran, c'est-à-dire, son. 

Branc. Voyez Brans. (Nicot.) 

^Brance. Une sorte de froment très-pur, dit scandalum 
par Pline. C'est aussi une sorte d*espée. 

Branches. Pour hanches. Voyez Faëtis. 

Brandir. Secouer : ce qui vient de ce que les Cavaliers 
remuoient et secouoient leur brand d'acier, ou espée : 
d'où vient le mot de Languedoc, de brandissais, c'est-à- 
dire, de secousses ; et brandoula, c'est-à-dire, se secouer 
et agiter, comme aussi pendiller. 

Brandon. Torche, et branche d'arbre; parce que des 
branches du tœda ou sapin on faisoit des torches: car ce 
bois brûle sans le couvrir de cire ni raisiné, parce qu'il 
en a en soy, comme tous les arbres conifères. Guillaume 
Crétin dit : 

Laisseras-tu en deuil et ennujf celles 
Que les brandons et vives estincelles 
De Capidon atouchent de si près ? 

Brandoner l'héritage. [C'est quand on fait saisir ou 
arrêter les fruits pendants par les racines, en signe de 
quoy on pique dans la terre un bâton garni de paille. 
Comme aussi on attache à la porte d'une maison saisie 
on pannonceau aux armes du Roy. (Laurière, Gl. D. F.)] 

Brans, Brance, et Branc. Espée. (Perceval). Le 
R. de Renaud Nouveau dit : 

Messire noble ne se feint : 
Oi^eil le branc d'acier U ceint. 

Toyez le mot de Fauchon et Latinier. 

Mon branc ie met ius du fourreau. {Villon.) 

Braque. Petit chien de chasse, comme aussi un tripot. 
Braquemart. Espée ou couteau court, dit ainsi de 

?^vç, ou fiçoXeia, et /idXouça. 

Braqaet. Petit chien de chasse. 



108 BRE 

Brassin. Affaire. Mehun, en sa complainte de Nature, 
dit: 

Soit Philosophe, ou Médecin, 
Il n'entend rien en tel brassin. 

Brayel. Calçons. Bible Historiaux dit: « Et mit sang 
de Bataille en son brayel et en ses chausses. » 

Brayes. Sorte de forliflcation ; d*où vient une fausse 
braye. Voyez Braies. 

Brayt. Cry : ce qui vient de braire. 

Bré. De la poix ; de Bretia, ou Brutia^ région fertile 
en poix. 

Brebiage. [Droit sur les brebis. (La Curne, 61. F.)] 

Bredaille. Ventru, qui a une grosse pance. (Nicot.) 

Bredalle. Grand ventre, grande pance. (Nicot.) Mot 
d'usage en Picardie. 

Bref. Songe du Verger dit: c Les fromis sentansla 
c pluye à venir, portent le bref en leurs tavernes. > Je 
ne sçay ce que c*est, s'il ne veut dire du bled. 

Brehagne, Braheigne, et Brehenne. Une femelle 
ou terre stérile. (Ragueau.) De TAnglois barraine^ c'est- 
à-dire, stérile. Voyez Refoillir. 

Brehaigneté. Stérilité. 

Brel. Brez, sorte de chasse où on prend les oiseaux 
avec une chouette. 

Breil, ou BreuIL Grand bois où les bestes fréquen- 
tent. Voyez Breuil. 

Brenage. [Droit payé au seigneur pour la nourriture 
de ses chiens. (La Curne, Gloss. F.)] 

^Brennin. Fort, d*où vient Brennus, ancien Capitaioe 
Gaulois. Il y en a eu de ce nom deux très-vaillans, Ton 
prit Rome, et l'autre Delphes (Bochart,) [Brenn^ en gaulois, 
signifiait roi, chef.] 

Bresca. C'est un rayon de miel : d'où est venu le mot 



j 



BRI 109 

de bru^w, en Languedoc. Dans la Vie de Saint Fides 
d'Âgen, on lit : 

Ganczon andi qes bellantraftca, 

Dois e snaus es plus que bresea, 

Et pias'qne nuls pimens qu'on vesca. 

C*est-à-dire, enten une chanson et belle fantaisie, douce 
et souefve comme rayon de miel, et plus que nulle eiH^i- 
cerie qu'on mange. 

Brester. Clabauder, crier; de bmy, c*est-à-dire , 
grand cry. 

Ne pour crier, ne pour brester. (Pathelin.) 

Bretaine. Bretagne. 

Bretesche ou Bretesse. Un marchepied , ou 
coridol. (Perceval.) 

Mainte puceUe ilvec avoit, 

Dessus la bretesche montée. (Gauvain.) 

Cest aussi quelque lieu eslevé es forteresses, comme un 
parapet, ou créneaux. 

Quand en haot en croix seriez, 

Pour prescher dessus la hretesches. (Rose,) 

Bretheles. Sorte de bote ; de fiçiâwy c'est*à-dire, je 
diarge. 

Bretole. 

Dont Tun s'enfuit à la bretole, 

L'autre au moustier, l'autre à l'escole. {Rose.) 

Brettes. Bretonnes^ ou femmes de Bretagne. (Villon.) 
^Bretus. Annuel. Voyez Vergobretus. Enfantement. 

Brennche. C'est la lie de Thuile : ce terme est encore 
en Anjou. 

Bribe. Pain mandié. (Nicot^ 

Briber. Handier, gueuser. (Nicot.) 

Bribeur. Uandiant, trucheur. (Nicot.) 



110 BRI 

Bric. Trebuchet, cage à prendre des oiseaux. Marot 
dans son Enfer, dit : 

Pour prendre au bric Toiseau nyce et foiblet, 
Lequel languist ou maurt à la pipée. 

Bricole. Sorte de fonde. Voyez Fonde. 

Bricons. Coquins, malautrus. 

Bricumas. [Mot gaulois désignant TArmoise, plante. 
En Kymmryque, Brygu signifie croître.] 

Bries. Lettres, ou brevets. (Merlin en ses Prophéties.) 

Briffer. Manger goulûment, et des deux coslez ; de 
Pçéf^oç, un enfant, à cause que les enfants mangent beau- 
coup, parce qu'ils ont la faculté digestive plus forte; ou 
de oifaux. 

Brig et Brug. Un pont ; et selon d'autres un donjon, 
ou tour, comme berg: d*oii vient le mot à'allobriges; de 
a/, c'est-àndire, tout ; /o, c'est-à-dire, haut ; et brige, c*est- 
à-dire, tour. 

Brigade. Compagnie, bande ; d'où vient brigand, el 
brigue, c'est-à-dire, menée secrette. 

Brigandine, ou Bragne. Armure ancienne faite 
de lames de fer jointes, servant de cuirasse. (Fauchet.) 

Brigands. C*estoit une sorte de soldats anciens à 
pied, dits ainsi de bragantes, Lipse dit : « Duo millia 
« bragantum », ou bien de brig, ou de brine, ou brigne^ 
c'est-à-dire, riote ; ou enfin de brigade. 

Brigindoni. [Nom d'une divité gauloise des monta- 
gnes. En Kymmryque, Brig signifie sommet.] 

Bril. Lueur éclatante, éclat de lumière. (Monet.) 

Brimballer. Branler de côté et d'autre. Marot, Epig. 
58, dit : 

Tetin qui brimballe à tous coups, '* ^ 

Sans estre esbranlé ne secous. 

Brimbelettes. Babioles, jouets d'enfans ; d'où vient 
Bimbelottier , Marchand de brimbelettes : de l'Italien 



j 



^ 



BRO 111 

fttmia, oui signifie une poupée. Bimbelot est aussi certain 
jea d*eQians, et c'est ce que signifie ce mot dans le Die- 
lionuaire Fr. liai. d'Ant. Oudin. (Le Duchat^ Notes sur 
Babelais.) 

Brimborion. Vient de Breviarium. 

Brindestoc. Bois à sauter, dit deVXlmVinsprincstok. 

*Brine. Riote. Voyez Brigand. 

Brioser. Briser. 

Brion. Housse de chesne. (Espleigny.) 

Briqae. Un carreau à paver; dite de imbricare^ et de 
imbrex; et ceux-cy de imber. Voyez Bryche. 

Brique. Lopin. Voyez Embricona. 

Brito. Peint: d'où vient Britannus, parce qu'ils se 
peignoient le corps de voesde ou pastel. Pour celle même 
raison les Poitevins furent dicts Picti. 

^Brive, Briva ou Briga. Passage ou pont. (Fauchet.) 
D'où vient Briva Isarœ, c'est-à dire, Pontoise, selon riti- 
néraire d'Antonin ; Satuarobriva, ponl sur Some ; Duro- 
Mm, vadum fluminis ; Durocobriva, c'est-à-dire, pont 
sur eau rouge ; Briva Odera^ c'est-à-dire, pont sur le 
fleave Oder en Bretagne ; et Brive la Gaillarde, Ville de 
Guyenne. 

Brix. Rupture : d'où vient briser, etbresche. (Ménage.) 

Bro. Région ou champ ; bara et broga, sont la mesme 
diose. De-)à vient te mot i'AllobrogeSy qui sont ceux de 
Daaphiné; de al, c'est-à-dire, tout, et 6ra(;c(i?, c'est-à-dire, 
brayes; parce que c'estoit un peuple de la Gallia 
iraecata, dite ainsi, à la dislinction des autres qui por- 
toieoldessayes. Voyez Allobroges eiBrig, où nous en avons 
dooûé d'autres étymoiogies. 

Brocard ou Brocart. Injure ; et par fois axiome : 
«t brocarder, injurier. 

Brocerrenx. Lieu plein de bois, ou brossailles ; 
comme aussi l)Ois plein de nœuds. 



I 



à I 



112 BRU 

Brocher. Brosser et avancer chemin , et mesme 
piquer. (Perceval.) 

Brog ou Briga. Voyez Bro. 

Brogi ou Broc. [Mot gaulois signifiant blaireau. En 
Armoricain Brok, blaireau.] 

Broil. [Bois, forêt. (La Curne, GIoss. P.]] 
Brcrillot. Voyez Bruillot. 

Bronzi. En Languedoc faire un grand bruit; du Grec 
Pqoi^^ c*est- à-dire, tonnerre. 

Brosses. [Broussailles. (L. G. D.)] 

Brouailles et Briieilles. I^es intestins. 

Brouer. Aller au bord ; du mot de Languedoc bro, 
c'est-à-dire, bord. 

Brouete. Char à deux roues; de &?s, et de rote; 
comme qui diroit birouete. 

« 

Brouster. Manger ; de pç6a»m, depaicere. 
Brouy. Bruslé. 

Broyé. Un caleçon, ou un feston selon Scobier. 
Bnic. Voyez Brig. 

Brueil. C'est un bois ou parc, selon Ménage, qui cite 
la Coustume d'Anjou, disant : « Et est réputé breil de 
forest un grand bois marmenteau, ou taillis », c*est-à- 
dire, brossailles. Il vient de broilum^ brioUuniy ou brolium^ 
qui dénotent la mesme chose, selon Luitprand et autres. 
Voyez Breil, et Bruillet. 

Braesche. Sorcière en langage de Foix ; de verum 
dicens: comme qui diroit Devineresse, ouProphétesse* 
Ils les appellerent aussi des pousounieres, c'estrà-dire, 
empoisonneresses. Ou, bien bruessche vient de breaut 
c'est-à-dire, brevet ou charme. 

Brugne ou Hauber. Un Baudrier. 

Bruillet, Broillot ou Bruillot. Un petit bois on 



M 



BUE 113 

brossâille; dit ainsi, parce qu*on a accouslumé de les 
brusler, et puis de les defTricher pour y semer des bleds. 
Merlin dit: c El demanda embuchement en un broillot. » 

Broir. Brusler. (Perceval.) De vro; d'où vient bruyère, 
i cause qu'on les brusle pour semer du bled à leur place. 

Broman. Mari de la fille d*autruy. (Monet, Nicot.) 
Brunete. Drap noir ou obscur. 

Me faat trois quartiers de brunette, {Pathelin.) 

Et une cotte de brunelte, {R, de la Rose.) 

Branle. Cuirasse, ou casque; de brj/n, c'est-à-dire, 
casque, en vieux Saxon. 

Brosq. Verd. Du Pinet, liv. 14. chap. 2. de sa Traduc- 
tion de Pline, dit: « Les raisins jumeaux qui croissent à 

< double, sont fort brusques à la langue. » Il se prend 
aussi pour brutalité. Rabelais liv. 1. chap. 2, dit: « Ny 

< brusqn ni sniach ne dominera. » 

Ce mot, selon Erythreuxdansson Index sur Virgile, vient 
àeruseus ou ruscum, sorte de myrte sauvage, dont les 
feuilles sont piquantes. Les Italiens rappellent brusco, et 
les François bruso, en y préposant un b, comme à bruit 
que nous avons fait de rugitus, 

Bryche. Brigue; de p^vXa, tegula. 

Bbandlere. Blanchisseuse. (Nicot.) 

■ 

Bobe-. Enfleure, bosse ; de bubOj bubon. 

Buée. Lessive. (Monet. Nicot.) 

Buef et Bues. Bœuf. 

Buens. Bon, et bien. Christien de Troye dit: 

Qui lors estoit riches et buens. 

Et des grands buens que ont souvent, etc. {Idem.) 

LiBuens, Li Beaux. Comme on peut, bien ou mal. (P.) 
Buer. Faire lessive. Rebours de Mathiolus dit : 

Car quoy, elles fillent et buent. 
Et de tout THostel ont la cure. 

1. 15 






114 BUL 

Baffe. Un soufflet. (Perceval.) Villon es Repeues 
Franches dit: « Leur baillant une 6u/f^ grande. » 
Et Marot es Pseaumes, dit : 

Qui de buffes renverses, 
Mes ennemis Mordans ; 
Et qui leur romps les dents, 
En leurs gueules perverses. 

Ménage dit qu'il ne trouve point l'origine de ce mot Je 
ne le sçay non plus, s'il ne vient d'une bouffée de vent, à 
cause du vent que cause un soufflet : et mesme il y a 
apparence que de là vient le mot de buffet, c'est-à-dire, 
un soufflet à feu en langage de Languedoc; et buffa, 
c'est-à-dire, estre orgueilleux, piafl'er. Voyez Rebuffade. 

Baffeter quelqu'un, le tourmenter, et exciter. C'est 

Çourquoy Saint Paul dit en la Traduction du Nouveau 
eslament : « J'avois un Ange de Satan qui me buffetoit. > 

Baffoys. Orgueil. Voyez Aine et Envoiserie. 

Butoy. Mocquerie. 

Et que simplement sans huffoy^ 

Sans fallace, et sans fiction. {Ovide.) 

Bugle. Un bœuf. Bible Historiaux : 

Ainsi qu*on fait au hugle^ et au pourcel. 

R. de la Rose: 

Ou plus simple estrê que un bugle 

De-là vient le mot de bugler, c'çst-à-dire, mugir. 

Buisine. Un Sistre, selon le Gatholicum parvum, 
ancien Dictionnaire : mais c'est plustost une espèce de 
hautbois, et comme une trompette,* comme le mot le 
semble dénoter par son étymologie ; car il vient de 
buccUia, et celuy-cy de buccal et de cano. 

Bnislner. Sonner de la trompette. Bible Historiaux 
en TApocalypse: « El quand le sepliesme Ange commencera 
« à buisiner, » 

• 

^Bulga. Sac de cuir, selon Verrius Flaccus. D'où est 
venu bource, bouge, et bouectte. (Pasquier.) [En 
kymmryque, Bolgun signifie sac, bourse.j 



r 



BUS 115 

Bnllatique (lettre). Grosse (Antithèse de J-C, etc.). 

Portoit escrit en lettres hullatiques. 

Bulle. De fifX^, conseil, parce qu'elle est faite par 
conseil : ou de bullare, c'est-à-dire, cacheter des letlres ; 
iebuUa, c'esl-àndire, ampoule ou vessie que Feau forme: 
etmesffleon a appelle de ce nom beaucoup de choses 
faisans bofôe, comme les testes des clous, et les marques 
de plomb qu'on oiet aux draps, dites de bouilles. J'estime 
aosei que ampulla en vient ; car on le prpnonce en 
Languedoc, une emboule. Je ne sai si le mot de bullo, du 
mesme pays, n'en vient point aussi, qui veut dire une flUe 
orgueilleuse. 

Bulletes. Voyez Achemes. 

Bare. Estoffe velue, de couleur rousse ou grisastre ; 
de nv^oç, ruffus. De-là vient burete^ et burate, et buratUi, 
comme aussi vin- bourru: ou il vient de bourre, à cause 
que celle estoffe est velue ; et celuy-cy de bourrique^ 
cest-à-dire, un asne ; parce qu'il a un poil de cette 
! nature et couleur. 

Biirg, Bourg. Ville qui n'est pas close. 

Bargadiam. Droit sur les maisons. 

La Barlete, Burleter les Contrats. [Le droit de Burlete 
on Bullette dans le Païs Messin, pour les biens en fond, 
estlequarantîéme denier des acquisitions, et pareillement 
le quarantième denier des obligations. (G. de Metz.)] 

Barleter. [Sceller. (C. G. 1. p: 1150.)] 

Baron. Lieu de retraite ; selon quelques-uns ce mot 
vient de boire, comme qui diroit un beuron. 

Boseage. [Droit d'entrée sur le bois. (L. C. Gl. F.]] 

Busete. Cornet ; de buccina. Voyez Baritoniser. 

Bosle. Bulle, ou sceau Papal. 

Bustarfn. Ventru, homme à grosse pance. Coquillard, 
au Blason des Armes et des Dames. Et non pas rustarim, 
qui se lit dans le Monologue du Pays, autre Poëme du 
■léme Coquillard, dans la signillcation des jeunes gens 



il6 GAB 

qui voyent les Dames, de Damerets, qui pour se mettre ï 
la mode se faisoient de gros ventres avec de ces pourpoinis 
rembourés qu'on appelloit poulaines : c'est sans doulo 
une faute d'impression. 

Butage. [Droit sur le vin vendu en bottes, en (on- 
neaux. (La Curne, Gloss. Fr.)] 

Butor. Oiseau nocturne; dit de bos et taurus, àcausc 
de sa voix. ' 

Butsineour. Un sonneur de trompette. 

Buvetnge. [Droit perçu sur le vin vendu au cabaret 
(La Curne, Gloss. Fr.)] 

Biiy. Vuide. (Songe du Verger.) 

Buyatlle. [Droit sur les Tours baneaux. [I.. C. G. F.) 

Buychneten ou buychten, id est inflectebant. 

ByiTbias. Qui a cheveux rouges, de nv^oc. 



C 



Cabasser. Tromper; de xàfof, versutus. Palhelin 
le livre appelle les Menus Propos de Pierre Griogoire, dil 
lournellemenl chacun son cas pourchasse ; 
Noises ï soni, on y trompe et cabaêsc. 

11 se («rend aussi par fois pour alToibly, comme dan 
Despleigney : 

El quand leurs yeux sont cabossez. 

Il signilie aussi amasser, entasser argent sur argent 
Rabelais, liv. 1. ch3p.54: 

Poincle esgasspz n'estes, quand cabossez 

Et entasseï, polirons à chiche face. 
Et Palhelin : 

Sainte Marte GuiJIemette, 

Pour quelque peine que je mette 



r 



GAG 117 

À cabosser n'a ramasser, 

Nous ne pouvons rien amasser. 

De-li vient possible le mot de cabas, qui est une injure 
que Ton dit aux femmes vicieuses. Il pourroit pourtant 
venir de ce qu'on charge un cabas de joncs, couvert de 
plumes, aux Garces qu*OQ bannit. Voyez Cabasset. 

Cabasset. Casque ; de coba, mot Hébrieu, qui signifie 
la même chose ; d*où wientcabas^ parce qu*il a la mesme 
figure: car il semble une coëffe. Ou bien il vient de cab^ 
c'est-à-dire, la teste en Languedoc; d'où vient (;ab^ssa/« 
c'est-à-dire, torchon qu'on met sur la teste pour porter 
les fardeaux : et tous ces mots viennent apparemment de 
eaput, c'est-à-dire, la teste. 

Cabat. Mesure de bled ; de xàeoç. C*étoit aussi des 
paniers de joncs ou d'osier, dans lesquels les Notaires 
mettoient leurs minutes et au 1res actes ; ou s'en servoient 
pareillement pour d*autres papiers de conséquence, et 
même de l'argent. Rabelais, liv. 1. chap. 54 : 

 voas pour débattre, 
Soient empleins càbats^ 
Procès et débats. 

Cabo. Cap. (Nicot.) 

Cabochard. Testu, mutin. (Nicot.) 

Caboches. C'estoient certains mutins de Paris, dont 
TAulheur s'appelloit Caboche. (Ragueau.) 

Cabochiens, et Caboches. C'est la mesme chose, 
festoient des séditieux du lemps de Charles VI, Leur 
cherestoit un Boucher, appelle Caboche, selon luvenal 
des Ursins. 

Cabre et Crabe. C'est la mesme chose. Ce mot a 
autrefois servi de sibolet, pour distinguer les hommes de 
deux Provinces vers le Languedoc ; car les uns disoient 
crabe, et les autres cabres, c'est-à-dire, chèvre, et on 
tuoit les uns, et donnoit la vie aux autres. 

Cachier. Chasser, selon Perceval. 

Cacumine. Somnité; du Latin cacumen. Despleigney 
dil: 



ta CÀF 

Cantharides, fausse vermine, 
Habitent en la cacumine 
Des fresnes, dessus la prarie. 

Cad d'eau. Ctiule d'eau. (Nicol.) Grand cad d'eau, 
grande chuie d'eau, comme quand il tombe de la pluie 
en grande abondance. 

Cadastre. Livre où on eacrit ce que chacun doit pour 
sa Taille, du mot cadun, qui veut dire chacun en 
Languedoc, parce que c'est la quotité de chacun. 

Il faut remarquer touchant ce mot, qu'anciennement 
la Taille et les Cadastres ne s'escrivoienl que sur des 
verges ou pièces de bois marquées avec un couteau ; 
comme les Tailles qu'on fait avecles Boulangers et autres 
Artisans, qui sont deux morceaux de boisqu'on adivisez, 
et qu'on rassemble quand on y veut faire de nouvelles 
marques ; et l'acheteur en garde une pièce, et le vendeur 
une autre: et parce que cela estentaillé avec un couteau, 
on l'appelle Taille. Il y a encore des Villages en Languedoc, 
où il y a de grosses pièces de bois, qu'on appelle de 
souqs, c'est-à-dire, souches, qui servent de Cadastres. Oo 
en a remis pour des procès, à la Chambre des Comptes 
de Montpellier, ayant fallu une charrette pour les porter. 

Cadeaux. Les traits et ornements que les Escrivains 
font autour de leurs exemples : ce qui vient de catena, 
chaisne, comme aussi caàenal. Ce mot sigoille aussi 
grosse lettre, paraphe. 

Cadeler ou Chadeler. De capdellare, conduire. On 
disoit cela des Baillifs et Séneschaux conduL^ians les 
Troupes de leurs Séneschaussées, selon Froissart, vol. 3. 
chap. 19. Et le B. de Guitelin, dit: 

La vertu de Dieu Veichadele et gnie. 
R. d'Alexandre : 

Et mande à Alexandre qu'il dtadele les gris. 

Csecos Csesar. [Apostrophe lancée par un Gaulois à 
César qu'il reconnaissait dans un prisonnier. Comme ce 
mot à un double sens et signifie laine aller ou bien 
méchant Celui qui tenait César le lâcha.] 

Cïafard. Flateur; de xaxa<fàga, tmla texere : ou du 
mot Turc cafar, c'esl-à-dire, renégat. 



f 



I 



CAL 119 

Gagasangae. ou Cagnesangue. Flux de sang. 
(Monel. Nictot.) 

Cageols. Un Villageois. (Monet. Nicol.) 

Gagnards. Ce sont des gueux qui se tiennent sous 
les ponts comme les canards, (selon Pasquier.) Mais en 
Languedoc ce mol dénote des gens qui vivent en chiens, 
et Tient de eanis. 

Cagneux. C'est-à-dire, qui a les pieds faits comme 
les chiens qu'on appelle bassets ; de canis. 

Cagot, et bon. De xàyaâoç, ou de caasgotlis, c*est- 
idire, chiens Goths, selon de Harca ; ou de agotes 
Sarrasins. Cela signifle aussi un Ladre : et Cagoterie, 
Ladrerie: car il y a un serment du Seigneur de Bearn, au 
livre des Offices de France, où on voit ces paroles qui le 
prouvent : « Caperaas^ Espitalées, ny Cagots, no paçaran 
* Talhas, etc. » Et plus bas: « Las Gleisas, et Cagotariez., » 
D'où peut estre venu le mot de ladre capot. Cagot se prend 
maintenant pour un hypocrite. 

Caignardier. Vau-rien, bon^me qui mené une vie 
libertine et vagabonde. Le Duchat, notes sur Rabelais. 

Caignon. Villon se sert de ce mot; mais je ne le 
comprends point : 

Ce jura il sur son caignon» 

Cailanie. [Droit de gué. (La Curne, Gloss. Fr.)] 

Cailler. Chasser aux cailles ; et cailleur, c'est le 
cbasseur. 

Galllos. Des cailloux. (Perceval.) 

Calmant. Mandiant ; de caimander, mandier. (Honet.) 

Gair. Chariot. 

Caire. Visage ; de caro. Voyez Chère. Coquillard dit : 

Qaand un homme est mince de cair, 

Calada. Paver, à Montauban : de l'Hébrieu feato, 
eest-à-dire, une pierre. 



130 CAL 

Calandrer. Tabiser un taffelos ; Ji cause que la 
machine avec laquelle on le fait, s'appelle une Calandre, 
paixe qu'elle fait des marques semblables à Mlles des 
plumes des oiseaux de mesme nom. 

Calanger. Faire plainte criminelle. Voyez Calengier. 

Galcable. Voyez Calquable. 

Galdleu. Va Caldéeo. 

Cale. Calote ; et vient du mot etcaille. 

'Caled. Dur ; de galad, qui en Hébrieu signilîe 
endurcir. (Dochart.) 

Calenge. Plainte criminelle, blasrae. (Perceval.) El 
l'Autheur des Doctrinaux dit : 
Et son prisé preud'homme, 
la n'y meUeî calenge. 

Calengée. Criminel contre qui il y a prise de corps. 
(Ragueau.) 

Caleager. Quereller ; de calumniari. Alain Charlier, 
dans son Quadrilogue: • Et prins des amis ce qu'ils 
■ n'eussent osé sur les ennemis calenger. • Les vieuï 
François ont premièrement dérivé caloigner; et de-là pai 
quelque altération et cbangetnent de lettres calenger. 
LeR. de Charité, dit: 

Suer, dil-il, ses tu ton esoigne 

Chie hom aidier pas ne caloîgne. 

El l'Autheur du Doclrinaus : 

Et l'on prise preudomme 

La n'; mettes calenge. 
Calenger. Veut aussi dire barguigner ; et on s'en seri 
en Normandie. 

Calengler, Cbalonger, et Chaleager. Par foi: 
veut dire blasmer, débattre, et contredire ; comme lorsqut 
Pierre de Blois dit : 

Car je ne vois que calengler. 

Et par fois il signifie louer. R. de la Rose : 

Il est fol qui maine dangier 
Vers celui qu'il doit calengier, 
Et qu'il luy convient supplier. 



CAL 121 

Et ailleors : 

Et là veut chacun calengier. 

Lorsqu'il signifie louer, j*estime qu*il vient du Grec xaXoç, 
pulcher; et quand il veut dire blasmer, de calumniare. 

Caler. Se taire. Satyres Chresliennes, disent: 

Moi cependant de me caler ; 
Cir qae sert prescher et parler, 
A ventre qui n'a point d'oreilles? 

De-là vieot le mot de Languedoc, se cala, se taire. 

4 

Caletl. [C'est le surnom en gaulois de Mercure Vassos. 
Doe tribu gauloise du pays de Caux portait le nom de 
Cœleti.] 

Calfreter ou Calefreter. C'est-à-dire, calfeutrer ou 
calfater, en termes de marine. 

Calllomarcns. [Mot gaulois qui signifie sabot de 
cheval, non donné au tussilage, plante médicinale; c'est 
le PaS'dâneJi 

Caloealanus. [Mot gaulois qui s*appliquait au coque- 
licoL En gaélique écossais, Kodalack signifie somnifère.] 

Calquable. Difficile à passer. La Cronique de Hainault 
$*ea sert parlant des rivières. 

Calquas. Un carquois ancien : d'autres disoient un 
carcas. Et on tient que de-là vient le nom de Carcassone, 
Ville de Languedoc, où il y avoit un grand magasin 
d'armes anciennes ; car on y en voit encore de pleines 
chambres. Voyez Carcas. 

Calvanier, Galvalnler. Valet qui sert à enlever les 
gerbes du champ. (Monet, Nicot.) 

Calvardine. Une perruque. Coquillard semble rem- 
ployer en ce sens, en la page 16. 

Mais qu'il ait une calvardine. 
Avec cela c'est un grand homme. 

J*estime qu'il vient de calvus, parce qu*elles sont néces- 
saires aux personnes chauves, et ont esté inventées pour 
eux. 

I 16 



122 GAH 

Calyceius. Sorle de pierre des Alpes. (Hésychius.) 

GamborHum. Courbé; d'où vienl la Ville de Cam- 
brigde, à cause de ses détours. 

Cambrer. Voûter; de caméra, c'est-à-dire, voûte: 
de-Ià est venu le mot de chambres, parce qu'elles estoient 
anciennement en voûte. R. d'Aubry dit : 
la n'enireré en sa chambre vnûtic, 
Se li quens n'est en voslre compagnie. 

Cambrier, [Terme de coutume qui désigne les sujets 
d'un seigneur domiciliés dans sa mouvance. (L. C. G. F.)] 

Camellne. Il y a un estât des Officiers du Roy, qui 
dit : » Il faut deux Suussiers fournissans toute verdure 
* pour faire sausse et cametine. ■ 

Camelot. EstofTe de poil de chameau et de chèvre. 
D'autres estiment que ce mot vient du mot Arabe %am- 
(>e//oi,c'est-à-dire,ou meilleur poil. (BusbequeélScaliger.) 
Il y a apparence que c'est le pannus cymalilis. 

Camlnes. Toiles claires et fines des Turcs. (Gase.) 

Camio. Chemise en langage de Cahors. J'ai veu une 
excellente pièce en vers de ce païs-là, touchant un amou- 
reux transi, où il y a une Stance qui dit : 

Mous ossès se pouiriou conla ioust la camio, 

Et ICm el ma cambial embuno anatomio 

' Que degu nou bol beiré, 

Coumo un par^n rimât la mio pel se fronzis, 

Agacho lo de prep, l'esclairé ne lusis, 

Coume d'un troB de beiré. 

Camion. Brouette de Vinaigrier. (Nicot.) 

Camocas. Sorle d'estolTe dont parle Palhelin. 

Campart. [Voyez Champart.'] 

Campls. C'est un mot du Languedoc, qui signifie 
brusque, et qui se met en colère pour néant. 

'Camulodunum. Coline du ftoy, ou Seigneur; du 
mot Arabe Icimal, c-à-d. Seigneur de nation. (Bochart.) 






CAP 123 

^Camnltts. [Surnom gaulois de Mars. En Irlandais 
fam fort, puissant.] 

Gaaiurus. Voûté ; d'où vient camus, comme qui 
diroil, nez courbé, et peu eslevé. 

Gaoabasser. Examiner avec soin. Rabelais, liv. 2. 
cbap. 10, dit : c Et le priarent vouloir le procès canabasser 
€ et grabeler à poinct. > Canabasser un procès, c'est en 
voir et revoir les pièces avec autant d'exactitude, qu'un 
Oovrier en tapisserie s'applique à compter et à recompter 
les fils de son canevas. (Le Duchat dans ses Notes sur 
Rabelais.) Et de-là cananassement , examen sérieux, 
euriosa essaminatione, dit le Diction. Fran.ltal. d*Oudin. 

Caoailles. Pôures ; parce qu'ils se tenoient dans des 
canaux ou aqueducs ; ou de canile, selon Lipse: « Dice- 
< baiitur enim pauperes canalicolœ, quôd canales cole- 
I rent. Festus. » 

Canceler. Annuller une écriture. (Monet.) 

Caochies. Avant que; dit de ainçois que. 

Candélabre ou Chandelabre. Chandelier. 

*Gaiidetain. Mesure de terre de cent ou de cent cin- 
qaaDte pieds, ou canton de cent Villages, ou une certaine 
herbe. (Grand Allas.] 

Caoecosedion. [Mot gaulois qui parait devoir signi- 
Ger temple ou édifice religieux.] 

Ganole. L'os du coude, dit radius ; de canne, roseau, 
parce qu il ressemble à un tuyau. De-là vient aussi canon, 
et caoelle. 

Cans. Chiens. (Histoire des Albigeois de Perrin.) 

Cantalon. [Mot gaulois qui désigne un objet consacré 
à la déc^e, un temple.] 

Ganiii. Estans au coin ; d'où vient Cantce populi 
c'est-à-dire, Kent, en Anglois, et canton. 

Cana. Chenu , qui a les cheveux blancs ; du Latin canus 

Gap. Tête, chef commandant. (Monet.) 



124 CAP 

Capane. C'est-à-dire, cabane ; de capana, vieux Lalin. 

Capcastel. [Terme de coutume; c'est le lieu oti le 
château du seigneur est placé, (la Curne, Gloss. F.)] 

Capclon. [Taxation. (Ord. des R. de F. t. 1. p. 158.)] 

Capdet. D'où vient cadet ;cominequi dirait pelilchef, 
ou la seconde personne de la maison. 

Capileulh. Itaiaon noble appartenant à l'aisné. (R.) 

Cape. V. Chape. C'est-à-dire, manteau ou couverture. 
Ancienne Cronique de Normandie ms. parlant du Duc 
Guillaume (selon U. Galand, au Traité de l'Orinamme) 
tué par tratiison du Comte de Flandres, dit: > Li Duc qu 
« no pensoit nul mal, retourna arrière; et quand il fui 
« arriéré, cMls qui armez esloient sous leurs cappes 
> saillirent et occhisrent. ■ Le B. de Rou et des Ducs d( 
Normandie, descrivant ce meurtre, dit : 

Fancez leva l'espée, qui soub ses peaux porta, 
Tel l'en donna au chief que tout ('escerrela. 

Idem : 

M'a e^ieres meillor terre soubz la chappe du ciel, 

Idem: 

Par les champs sont à luy à esperon vena, 
Ësmuchjes de l'or chappes rien à nul cognu. 



En lo chape s'est embrechiâs. 
Qu'il ne fut pris, ne encerchiés. 



Et ailleurs : 

En braye est et en chemise. 
Une chape en son col a mise. 
A son cheval moût tost se pris). 
Et à la voye tost se mist. 

R. de la Rose : 

Elle eut d'une cliape fouirée, 






CAP 125 

Si bien de ce je me records, 
Affeablé et vestu son cors. 

Et le R. de Florimond : 

Toz à guise de Marchans^ 
Furent vestns de chapes grandes, 
Desor aboient les espées, 
Celés n'ont-ils pas oubliées. 

Et Joinville ei> l'Histoire de Sainl Louis : « Le pauvre 
« Chevalier ne fust mie esbaby, mais empoigne le bour- 
< geois par sa chape, bien estroil et luy dit, qu'il ne le 
« laisserûil point aller. » Quelques-uns font venir tous 
ces mots de capella ou eapra; parce qu*anciennement 
les estoffes esloient de poil de cbévre. Et on voit es Livres 
de Moise, que les Tabernacles esloient doublés de poil de 
chèvre. 

Capeline. Chapeau à ronde et basse tétiere et large 
rebras, comme ceux des Cardinaux. Capeline de fer; 
léliere de fer; morions à basse coupe et courtes ailes. 
(Monet.) Homme de capeline , homme d'exécution et 
d*exploit, digne de porter la capeline de fer. 

Capet. Roy de France ; ainsi dit^ à cause qu'il ostoit 
les chaperons aux enfansy ou parce qu'il portoit un cha- 
peau ; ou bien de capito, parce qu'il avoit grosse leste. 
H y a de vieux livres qui l'appellent Capel. 

Caplscos. Haistre d'Ecole. (Ragueau). 

Capltage. [Capitation, taxe. (La Curne, Gloss. F.]] 

Gaprifole. C'est une herbe; du Latin caprifolium. 

Capsoos. Sorte de rente, en matière de Fiefs. 

Captai. Capitaine, selon la Cronique de Flandres, et 
Froissart. 

Captal de buze, capitalis hogii, c'est-à-dire, chef des 
habiiaos :-ainsi les Tolostoboges esloient les habitans de 
Tolose. Cet épithete de Captal de biitz^ est particuliere- 
inent attribuée à la maison d'Espernon. D'autres font 
venir ce mot à capite bovis. 

Captlonner. [Arrêter, mettre en prison. (L. G. G. F.)] 



Car. Carrelage , Quarrage el Quarrerage. 

[Droit de percevoir la quatrième pai'Ufi des fruits recueillis 
sur les héritages des colons. {L. C. D.)] 

Caracalla. [Mot gaulois. C'était un vêlement avec 
capuchon que l'empereur Antonin III rapporta des Gaules 
et dont il reçut le surnom. En celtique écossais, Karach- 
' vUamh signifie vêtement de dessus.] 

Carat. Poids, vient de xeçàmw, ailiqiia, dont on se 
servoit au poids anciennement. 

Carate. Caractère. (Songe du Verger.) 

Caratsttonu. [On pense que c'est le nom gaulois de 
la rivière l'ilon, qui passe à Evreux.] 

Carauder, Se réjouir ; et caraudes, réjouissance : ce 
qui vient du Grec XaCçm. Gauvain dit: 

Il a en son cuer forl caraiide, 

Puis qu'en amours y liert et touche. 
Item : 

Nul ne porroiE dire Je bouche, 

Tel haraude pour cuer crever. 

Carauldes. Sorcières, c'est-à-dire, ayant le visage 
défiguré; decara, c'est-à-dire, visage: d'oii vient le mol 
de Languedoc, careto, c'est-a-dire. un masque. Aussi y 
appelle-t-on masques, celte sorte de femmes'empoisonne- 
resses. Rebours de Malhiolus dit : 



Carbases. Voiles; de carbasus. Un. 

Carcas. Carquois. Alain Chartier dit: 
Quand amours ot oûy mon cas, 



Do-Ià vient le mot de Carcassone, c'est-à-dire, Arsenal. 
(Voyez Calquas, où je l'ai remarqué.) 

Carclofe. Arlichau, cardon. (Monet. Nicot.) 



r 



CAR 127 

Cardonal. Cardinal. Villehardouin s*en sert en cette 
sorte. 

Carerage. [Terme de coutume, droit de charroi. 
[La Curne, Gloss. français.)] 

Carfou. C'est selon Pasquier, la retraite qu*on sonnoit 
le soir, comme qui diroit, le couvre-feu. Hais j'estime 
que c*est comme qui diroit gare fou, c'est-à-dire, qu'on 
adverlit les débauchez et voleu es de se retirer, et qu'il 
est permis après cela au Guet dé les prendre. On appelle 
aussi cela en Languedoc^ le chasse Ribaud. 

Capger. Charger. (Perceval.) 

Cargiere. Se chargea. 

Cariage. Charriage, charroy ; de cmrus, chariot. (M.) 

Carton. [Terme de coutume; la dime de la dime. 
(La Curne, Glossaire français.)] 

Caritative. Charitable. 

Garnal. Chair. « Si qu'il lui Irencha pleine paume du 
• carnal de la cuisse. > (Merlin.) 

Carnalage. {^Droit de dime sur les animaux. (La Curne, 
Glossaire français.)] 

Garnaler. [Droit de tuer les animaux pris en dom- 
mage. (La Curne, Gloss. français.)] 

Carnel. Créneau. (R. de la Rose.) Ce mot est encore 
.en usage en Languedoc. 

^Carnon. Arme ancienne des François. (Bochart.) 

Garnou. Trompette. (Hesychius.) 

Carole. Danse ; de chorea, 

CaroUer. Danser. (Nicot.) 

Carper. Pincer. (Berault Stuart, Sieur d'Aubigny, en 
son Traité de la Guerre ms.) 

Carpot ou Quarpot. C'est un impost sur le vin. En 






Bourbonnois, c'est la part de vendange du Propriétain 
de la Vigne, divisant les fruits avec son Vigneron. (Monet. 

Carraques. Barques , vaisseaux , navires. Marol 
Ballades, dit: 

Quaod Neptune puisBant Dieu de la mer 
Cessa d'armer earraquea et galées. 

Carreaux. Voyez Garraiix. 

Carroi. Chemin, route, partoii passent les cbars c 
ctiarretles. Marot, au premier chant de son Poëme di 
l'Amour fugitif, dit : 

Par maint carroi, par maint canton et place. 
Et dans le deuxième chant du même Poëme : 

Quand fut en plein carroi, 

iiuB ung hault lieu se mist en bel arroi. 
Ce mot vient de carrus, ou carrum, et c'est le synoninn 
decherrure, qui selon Ménage est un mot de Touraim 
qui signifie un carrefour. 

Faire Carrous. C'est-à-dire, débauche de vin ; di 
mot Alleman garhaus, c'est-àdire, toutvu)dé;oudeJ^«^ 
gaudium. 

Carruga. Charrue. (Capilulaire de Charlemagne.) 

'Carrus. Uot Gaulois, selon Bochàrt ; d'où vien 
cun'us. On dit encore en Languedoc, lou carré, pour dir 
la consLellation de l'Ourse, à cause qu'elle u quelqa 
rapport à un chariot. Ils appellent de mesme un chariot 
de-là vient aussi char, et charrette. 

Carrutage. [Droit sur les charrues. (La Curne, Gl. F.^ 

Cartage. [Bedevance du quart des fruits de la lern 
(La Curne, Glossaire français.}] 

Casai. Une maison, selon Villehardouin ; de l'Italie 
casa : mais en Languedoc il ne signiHe que la place où i 
a y eu une maison autrefois. 

Casalées. [Personnes de conditions libres tenant de 
terres serviles. (La Curne, Gloss. français.)] 



r 



CAV 129 

Casaque. C'est l'habit des Cosaques, peuple, duquel 
nous Pavons prise ; et i\ cause de cela, lui avons donné 
ceoom: ainsi on appelle une Cravate, le mouchoir de 
col, qu*on a pris des Croates. 

Gastlne ou Casslne. Querelle, riote. 

Gaston. Le chaton d'une bague. 

Castrai. [Qui appartient à un château et en relève. 
[La Carne, Gloss. franc.)] 

Cateia. Pique, javeline. (Isidore.) C'est le dard Gaulois ; 
d'où vient cod, c'est-à-dire, guerre en Breton. 

^Cateles. C'esloient des dards qu'on lançoit, selon 
Isidore, et Virgile liv. 7 : 

Teotonico ritu, soliti torquere cateius. 

ElAboo, Poète ancien, en parle aussi en cette sorte : 

volatu 

Transitait propero clypeum, gestansque cateiam. 

Catel. Captel, chaptel, toute chose meuble dans la 
Coutume de Dreux et ae Blois. (Monet.) 

Caterne. [Registre terrier, cadastre, (L. C. Gl. fr.)] 

^Catervœ. C'est le nom des Légions Gauloises. (Vegece 
et Bochart.) 

*Gaterra. Six mille Gaulois. (Vegetius.) 

Cateox. Biens meubles. 

Gatin. Plat. (Platine, d'honneste volupté.) 

Gatix. [Immeubles par nature qui sont considérés 
eomme meubles. (Beau m. C. B.]] 

^Gattus ou cancer. Machine de guerre décrite par 
Tegetius. Pontanus dit : « lalibula sub quibus se occul- 
« tabant milites, vocata sunt, testudo, crates, pluteus; et 
« à Francis, tulpa, vulpes, ericius, cattus. » 

Gauchiers. [Droit de péage. (La Curne, Gloss. Fr.)] 

Gavechure. Chevestre, licol. 

1. 17 






Gaver. [Vassal qui doit h son seigneur sen'ice ( 
cheval. (Laurière, Gl. D. P.]] 

Gavial. Boulargue. 

Gavillatlon. [Chicane. (L. C. D.)] 

Caulte. Rusëe, subtile. Harot, BpU. 9, dit: 

C'est nn Harchand qui & bon marché preste, 

Hais au payer c'est une caulte beste. 

Caaqaemare. C'est une sorcière. Voyez Peiar 
L'Amant Vert dit : 

Griffona hideux qai mangenl gens, 
Barbares et fiers lougaroui, 
Vieilles et laides coquemares. 

Caat. Rusé, fin subtil. (Harot.) Ronsard dit : 
Et de quel soin prudent et caut 
Ton peuple justement la guides. 

Gantellage. [Cautionnement. (Lauri&re, Dict. D. f. 

Caatelles. Ruses, finesses. Harot, chanson 23, dit: 

Qui veut entrer en grâce 

Des dames bien avant, 

En caultelU et fallace, 

Faut estre bien eçavant. 

Gaatement. Gauleleusement, finement, avec adres: 
et subtilité. (Uonet) 

Gaux. Ceux, (selon Fauchet.} 

Cayon. Ayeul. Voyez Tayon. 
Lancelot le bon Roy Bohême, 
Où est-il? Où est son cayonf (Villon.) 

Ceau. Ciel. 

ot srand monceau. 

iRose.) 

On dit encore lou ceou, au bas Languedoc. 

'Cebennee ou gebennœ. Les Cevenes ou Sevene: 
montagnes qui sont depuis Hontauban jusqu'au Vivare: 
appeliez aussi Cemmeni, par Strabon. 



CEH 131 

Ceddiclon. [Cession. (N. G. G. 1. 1. p. 408.)] 

Geisan. [Vassal qui ne doitqu*un simple sens. (Laur., 
Dict D. Fr.)] 

Cel. Ce. Perceval dit : 

. Cel Chevalier dessous cel charme. 

Celant. Un homme qui est secret. Jean Bretol, ou 
Bretîaux, dit : 

Si que li bon, li sage, li celant^ 
Sant mis arrier, et li novice avant. 

Celâtes. Voyez Heaumes. 

Celéement, et à celée, c'est-à-dire, à cachettes, 
secrettement. (Perceval.) 

Gelestlel, et Gelestlelle. Céleste. 

Cellcnon. [Mot gaulois qui signifie lieu d'une retraite 
religieuse ; sorte d*ermitage de Druide. En celtique, Keles 
eacber.] 

Celle. Maison ; du mot Latin, cella. 

Gellérage. [Droit seigneurial ; celui qui se perçoit 
;. sur le vin dans le cellier. (Laurière, Dict. D. Fr.]] 

Celsltode. Hauteur, grandeur. (Monet.) 

C^eltœ. [C'était le nom que se donnaient les Gaulois 
qai^ en latin, étaient désignés sous celui de Galli.] 

€lemheh Sorte de tournoy ou dance sous un ormeau^ 
eooime on le pratique en Languedoc es Villages. « Hues de 
• iM-ayes selue ménestrel, » au R. de Guill. de Dole, on lit : 

Celle dosseri 
Ne me\ en oubly 
Que n'aillé au cimbel : 
Tant a bien en H, 
Que moult embeli 
Le gien sous Tormel. 

■toroeval me confirme à conclure que c'est un tournoy ou 
■HU inliirr de Chevaliers ; il dit : 

Li Chevalier qui nouvel sont, 
De cel cembel li meiilor sont. 



•^ 



132 



CEN 



Et ailleurs : 

Car se tant pouvoi fuir, 
Qu'on me vit de ce chastez ; 
la verries tout li cembel, 
Issu dehoi*s pour moi aidier. 

El plus bas : 

lusqu'à la porte sont venu, 
Où li cembel ont maintenu, 

Ce mot pourroit venir de cymbalum, sorte de cloche avec 
laquelle on appelloit à rassemblée [ceux qui y vouloient 
venir. Et on appelle encore en Languedoc un cimbotêU 
une sonnette. 

Gemise. Chemise. 

la pour les manteaux sebelins, 

Ne pour sercos, ne pour cotelles, 

Ne pour guimples, ne pour gonnelles, 

Ne pour cemisesy ne pelices. (Rose.) 

Cen. Cela, ce que. (Perceval.) 

Genage. [Droit qui se paye pour avoir permission de 
pêcher dans une rivière. (Lauriere, Dict. D. Fr.)] 

Genaille. Le lieu où Ton soupe. La Bible Hist. ms. 
s*en sert au commencement. Cemotvientdec(Bnac{#/f«m. 

Gencep. [Donner à cens. (La Curne, Gl. Fr.)] 

Gendal. Sorte de couleur. J*estime qu'elle a pris nom 
du bois de sandal, duquel il y en a de'trois sortes ; sçavoi r» 
de rouge, de blanc, et de citrin. 

Une bicre après li greal. 

Couverte d'un paile cendal, (Perceval.) 

R. d*Alexandre, parlant de Bucéphal, dit : 

Les flancs il li essuie des pans de son cendal. 

L'oriflamme ou estendard de Saint Denis en estoit. Ce 
mol pourroit estre aussi formé de Sindon, et celui-ci de 
Sidon, Ville. Voyez Sandal, et Oriflamme. 

Gendrier. Un homme vain ; de ciniflo. 

Genelle. 

Ne prise pas unecenelle, 

Vostre richesse, et vostre avoir. {Ovide.) 



CER 



133 



C'est le fruit du houx, qui est petit et rouge. On rappelle 
encore des sanelles en Languedoc ; et on a aussi ce 
quolibet, pour mépriser unechose, dedirequ*on ne le prise 
pas une sanelle. Comme à Beziers et Montpellier, on dit 
qu'on n'estime pas une courroubio^ qui est un autre fruit, 
appelle en Latin eorrobia, qui est comme une espèce de 
Teve dont la gousse se mange seiche, et est fort doucereuse. 

Cener ou Sener. De (oiyuy^ lacerare^ c'est-à-dire, 
briser. 

Cengle. Sangle large, courroie de cuir. (Jlonet.) 

Cenomanl. [Nom d'une tribu gauloise dont le chef- 
lieu était au Mans. En Irlandais, Kenel signiOe race, et 
Hiaon héros.] 

Cens ou Censé. Rente ; de xriyofÇy census, [Le cens 
esl l'ancien chevage. C'est à la fois le fermage et I aveu de 
la dépendance.] 

Censé. [Métairie, bail, vente. (La Curne, Gloss. fr.)] 

Censer. [Affermer. (La Curne, Gloss. fr.)] 

Censler. [Seigneur, fermier. (La Curne, Gloss. fr.)] 

Centaine. [District, banlieue. (La Curne, Gloss. fr.)] 

Centotre ou Centorlon. (Honet.) C'est l'herbe 
appellée centaurea. 

Geper. Abattre, ceper une muraille, la démolir par le 
pié. (Nicot.) 

Cepier. Geôlier qui tient les Prisonniers au cepre. (H.) 

Cerant. C'est june petite monnoye, ou autre chose de 
petite conséquence. 

Poures devins et pains querant^ 

Et je n'eus vaillans un cerant. (Rose,) 

Gergans et Gergens. Serviteurs ; de servions : d'où 
vient Sergent. 

J'ay cergans et laboureurs, 

Ouvrans en divers onvreeurs. (Ooide.) 

Gernlingho. Librement. 



Gernamos. [Nom d'un dieu gaulois, qu'on voyait 
autrefois inscrit sur une des pierres de Notre-Dame de 
Paris. Ce dieu portait deux cornes ù chacune desquelles 
pendait un anaeau. En kymmryque A't/m, cornes.] 

Gerquemage. [Visite des lieux où doivent être 
placées des bornes, pour servirde limites aux propriétés. 
(Laurière, Dict. D. F.)] 

Certe. Certain et véritable. (Graiian du Pont.) 

A Certes. A escient, tout à bon. (Froissart.) 

Certiorer. [Notifier, signifler. (La Curne, Gloss. fr.)] 

'Cervisla. Cervoise, c'est un mot d'ancien Gaulois, 
selon Pline ; dit ainsi de Cerès, inventrice des bleds, pHrce 

Sue ce breuvage se fait avec de l'eau et de l'orçe, etc. 
'est la bière. 

Cescle. Un cercle. 

Cesmin. Chemin. 

Cest. Cestuy-cy, ce. Percevaldit : 

De c'e»t blasme, et de c'est outrage. 

ÏX ailleurs: 

Et c'est Sire vous il roerra. 

*Cetos. Laissez. (César et Servius.) De-là vient, à mon 
avis, unjeu des enfants de Languedoc, qu'ils appellent 
El Cedos, où ils se touchent légèrement, el après s'enfuient ; 
ïï celuy qui a touché le dernier, croit avoir gagné : c'est 
[pourquoi il fuit, alln que les autres ne le touchent. 

'Cétra. Arme des anciens Gaulois. (BocharL — Cetoa 
)u dira, bouclier. (Tacite.) 

Cevals. Cheveux. Voyez Lem. 

Geves ou Ctvots. Siboule, siboulelte, échalote. (N.) 

Ceur. [Cour, assises, justice, loi, ordonnance, slalut, 
îfllcier municipal. (N. C. G,)] 




CHA 135 



Ctaa.Ca. 



Pieros da Riez deslors en chay 
Remit an parfaire son us. 

Ghaaine. ChaiDe. (Gauvain.) 

Chaastré. Eunuque. 

Gbabler. Chapler, et jouer d*estramasson. (Merlin.) 

Chabot. C*est un certain poisson ; dit ainsi de capito, 
parce qu*il a la teste grosse. Ce mot est encore en usage 
es armoiries. 

Chaceour. Chaceor^ cheval de chasse. (Perceval.) 

Chadeler. Voyez cadeler. 

Chaer, Chair, et Chaolr. Tomber ; d'où est venu 
cimir. (Merlin et Perceval s'en servent. [Chaer signifie 
aussi échoir, arriver. (L. J. p. 259.)] 

Chagrain. Chagrin. Ce mot vient de chat etde grain, 
c'esl-à-dire, du chat marin ; duquel on appelle la peau, 
duchagrin, parcequ elle est toute couverte commode petits 
grains ; mais rudes, en sorte qu'on en peut polir le bois. 

Ctaaiere. [Prison, captivité. (La Gurne, Gloss. fr.)} 
Chaindre. Voyez Cape. 

Chains. Céans, (selon Perceval) ; d^où vient le mot de 
Languedoc sasins et assazins. 

Chaintiire. Ceinture. 

Chaitis. Misérables ; caitieus en Gascon, de captivus. 

Chaizé. [Etendue de deux arpents de terre, autour du 
manoir seigneurial. (La Curne, Gloss. fr.)] 

*Chal. Chevalier : d'où vieut Seneschal ; de $ene%^ 
c'est-à-dire, vieux ; et de chaly comme qui diroit senior 
Eques, vieux Chevalier. 

Ghalan. Bateau ; de xàXoy^ lignum. D'où vient 
chaloupe^ et le pain chalan de Paris. Perceval dit : 

Et fors del chalan^ le corps mystrem. 



136 CHA 

Chalange, et Chalonge. Trompepie. ou barguigne 
ment. Ovide ms. lorsqu'il dit que Pallas doit avoir ii 
pomme d'or, parle ainsi : 

Si la doit avoir sans ehalonge, 
Cuidiez-Tous bien que le vous donge? 
Dit Juno, tost aviez jusié 
Mes moi : car plus belle suis gié. 

Chalangler. Voyez Calangier, Clmlonger, et Chalo 
niger; c'est la mesme chose. Par fois il veutdire, répélei 
- un héritage ; et d'autres fois, tromper. 

Ctaalante, est imbricium, ex Catkoîico parvo 
(Dictionnaire ancien.) 

Chaldeals des nés, chables des Navires. 

Cbalemastre. C'est une injure. (Pathelin.) 

Cbalemeaux, et Chalemeler. Voyez Citole. 

Ce marchand vilain dialemaatre. 

Chalemel, ou Chalameau. Flageolet ; de ealamus 

Li chalemel de cornouaille. (Ovide.) 

Chalemeler. Flusler. Voyez Ihix. 

Chalemle. Chalumeau, flûte, flageolet. (Nicat.) 

Cbalendeler. [Glaner. [La Curne, Gloss. fr.)] 

Gbales et Challes. Charles. 

Gbalolr. Se soucier ; d'oCi vient ehausiit, c'est-^dire, 
chaleul. 

Chalonge. [Requête, demande en justice, revendi* 
cation, retrait lignager. (L. J. p. 123.)] 

Chaînage. [Dlme des agneaux et des cochons de lait. 

(L. C. D.)] 

Chambelan ou Chambrler. Dignité venant de 
calmera, chambre. Voyez Cambrer. Les Latins l'appellent 
cabicularius, de cubiculum. Ce mot de Chambellan est 



^ 



CHA 137 

pris aussi pour garde du trésor. R. de Huon de Mery dit : 

Je soi Chambellan d'Antéchrist, 
Je gard son or et son argent. 

LeR. de Doon de Nanteuil, fait porter les présens du Roy 
au Chambellan : 

Li Caniberlans le Rois, qu'en avoit le mestior. 
Apporta au Seigneur trois offrandes d'ormier ; 
Ce forent trois besans, c'est offrande à princier. 

Oq disoit aussi Chambrelan. C*esioit proprement les 
Gentilshommes dormans à la chambre du Roy, et aux 
pieds de son lit, en Tabsence de la Roine. (Ragueau.) 

Il y avoit des petits Chambelans qui mettoient la nape, 
selon un ancien Roman anonime, qui dit : 

Et veissiez couvrir ces tabUs, 
As Chamberlans et Connestables, 
De pots, et de hanaps d'argent. 

Et le Roman de Dion : 

Les napes fist estendre 
Le Chamberlan Grégoire. 

On voit encore une Epitaphe à S. Denis près Paris, qui 
parle du premier Chambelan : 

En ce lieu gist sous cette lame, 
Feu noble hom qui Dieu pardoint Tame, 
Arnaud Guillem, Seigneur de Barbazan, 
Qui Conseiller, et premier Chambelan 
Fut du Roy Charles VII de ce nom, etc. 

Autre Epitaphe qui est à l'entrée de Nostre-Dame de 
Paris sous une statue : 

« C'est la représentation de noble homme Messire 
Anthoine des Essars, Chevalier, jadis sieur de Thieure 
et de Glatigny au Val de Galie, Conseiller et Chambellan 
du Roy nostre Sire Charles YI de ce nom, lequel Che- 
valier fit faire ce grand image, en l'honneur et remem- 
brance de M. S. Christolphe, en l'an 1413. Priez Dieu 
pour son ame. » 

De Chambellan vient 

Chambellage. Droit deu au Seigneur, pour l'admis- 
sion à rhommage ; parce que le Chambellan se tenant à 
costé du Roy, disoit à celuy qui se présentoit : « Vous 

I 18 



> devenez homme du Roy, de lel fief que voua connoisseï 
■ tenir de luy. > Et il répondoit : ■ Ouy. > Ceci est décril 
au R. deFlorimont: 

Le Duc ne fut mie vilaJnE, 

La Dame prist entre ses mains. 

Quant li ot pleuie sa foy. 

Second l'usage de la Loy, 

Le dextre genoil li baisa : 

Et puis baisa la Damoiselle. 

Li Rois ses Chambellami appelle, 

Le Roy appelle de ses Drus, 

Et commande qu'il soit vestu. 
Roman de Renaut : 

Chambellan de ma chambre lousiours mes enserez, 
N'y viendra nus haut homme, qui de mère soit nez. 
Pour terre, ni pour lîef avoir et relevez, 
Que n'ayez le mantel, qu'il aura affeublez. 

Cela fait voir que le manteau du Vassal estoit baille ai 
Chambellan. Et par l'OnJonnance du Roy Philippe de l'ai 
1272, tout Vassal faisant hommage au Roy, donnoit a< 
Chambellan, le moindre 20. sols, ceux qui avoienl de re 
venu cent livres, 50. sols ; si 500. 5. livres. Et les Barons 
Evesques et Âbbez, dix livres parisis. 

Chambereche. [Sorte de chambellage payé pari 
terre elle-même. (La Curne, Gloss. français.)] 

Ghameuls. Chameaux. 

Chamgles de Chaslel. Je ne say pas exactement c 
que c'est. Froissant s'en sert, disant : 

Une grosse tour à ehanglei tout autour. 

Chamion. Sorte de chariot, comme aussi une petit 
épingle. 

Champagnols. Polirons. Ce mot vient de champ 
(Âldobrandin.) On les appelle campairols en Languedoc 
pour la niesme raison. 

Champaige. [Pâturage. (La Curne, Gloss. français.) 

Champart. [Droit qui appartient au seigneur de 1 
terre, de prendre sur le champ une portion des fruil 
avant que le laboureur enlève sa récolle. (Grand Coût, é 
France, livre 2, page 117.)] 



CHA 139 

Ghamparer. [Lever le champart. (La Curne, GI. Tr.)] 

Champarteresse. [Lieu où Ton met les gerbes dues 
pour le droit de champart. (Laurière, Gioss.'Dict. franc.)] 

Campayage. [Droit de faire paître ses bétes dans un 
terrain vague. (Goutumier général, tome 2, page 263.)] 

Ghampelet. [Petit champ. (La Curne, Gloss. franc.)] 

Champi. Un enfant né d*une mère qui n* étoit point 
mariée lorsqu'elle en devint enceinte. (Bouchet, Serrée 8.) * 

Champier. [Droit de champart. (Voir ce mot.) 

Champion. Homme à qui il est permis de se battre 
en duel. 

Champistaux. Dépiteux. L'Amoureux transi s'en 
sert: 

Ou bien nourrir un tas de champistaux. 

Voyez Campis. 

Chanceau. Châssis; de cancellus, 

Chancel. Le Chœur d'une Eglise. On s'en sert en 
Normandie : il vient aussi de cancellus. 

Chancelier. Charge ancienne, assez connue, ainsi 
dite de ce qu'il signoit en un lieu grillé; car cancellus 
veat dire un ôhassis ou grille : Ou de ce qu'il faisoit une 
grille à son seing, comme font encore les Secrétaires du 
Roy: Ou plustost des lignes en Croix qu'il passoit sur les 
Lettres rejettées qu'on luy présenloit. D'où vient aussi 
le mot de canceller, ou annulier un contract, comme qui 
diroity faire une grille d'ancre, ou des lignes par-dessus 
l'escriture. C'est l'opinion de Vopiscus, au rapport de 
Tumebe, lors qu'il dit: « Cancellarij sunt, qui ductis 
< cancellatim lineis , literas vitiabant , quas princeps 
« noluerat signare. » Sarisberiensis en dit autant, selon 
Ménage, en ces termes : 

llic est qui regni leges cancêllat iniquas. 

Chancil. Sorte de toile. 

Chemises et brayes de chancil^ 

Et chausses teintes en bresil. {Perceval.) 



140 CHA 

El ailleurs il dit : 

Chemiises de chancïl poui' les Barons. 

Ctaanel. Canal, ou lit de rivière. (Bible Hisloriauxms.) 

CItnnIete. Pelile tuile de toit, ou canal, selon le 
' Dictionnaire dit CatkoUcum parvum. 

Cbantel. Quignon de pain : d'où vient qu'on dit un 
cantel en Languedoc. 

Cbantelage. [Droit seigneurial per^u sur le vin de< 

vasseaux. (Laurière, Glossaire du Droit français.)] 

Chantelle. [Taille personnelle; elle était de quatn 
deniers par télé sur les hommes de serve condition 
(Laurière, Glossaire du Droit français.)] 

Chanterres. Comme qui diroitChanlres. Onappeiloi 
ainsi les anciens Poêles, parce qu'ils chantoieni tes fait 
des Héros, à l'i mi talion des Bardes des Gaulois: carBardi 
signifie aussi Chantre. [Fauctiet en son Origine de 1; 
Poésie.) 

Ces Chanterres alloient aussi réciter chez les Grand 
Seigneurs leurs Poëmes, pour avoirquelque récompense 
ou lesjoùoientsurleursinstrumensde Mu'siçiue. On lien 
mesme qu'Homère alloit ainsi reciter son Iliade. Jean I 
Nivelais, confirme ce que nous venons de dire, en ce 
termes : 

A son hoslel se sied, si fu joyaux et lieï 
Un Chanterre U dit, d'Alexandre à ses piez. 

Chanii. Chenu ou vieux ; de canus, c'esl-à-dire, blanc 
ou comme qui diroit chef nud. 

Chape de Saint Martin. C'est-à-dire, mantean 
d'où vient capper, qui vient de cappa; n*est pas l'Or 
llamme , comme plusieurs avoient cru ; mais esto 
l'eslendarl de France, dont tes Ducs d'Anjou estoiei 
Gardiens, comme grands Sénescbaux de France; o 
Dapiferi, ou Grands Maislres, c'est-â-dire, ayant inter 
dance sur le boire et manger du Roy. Voyez Cape. 

Cette Chape (leui'delisée est la plus ancienne des Fnn 
cois : on la portoil aux armes, à cause que Saint Denj 
éloil Patron du Royaume, et on commençoit l'année e 



CHA 141 

son honneur par sa feste. A cause de quoy les Roys de 
France se font Cbanoines et Abbez de Saint Martin, 
comme a remarqué M. Galand en son Traité de l'Ori- 
flamme, et ont accordé beaucoup de privilèges à Saint 
Martin de Paris. Le Livre dit, Gemma animœ ms. asseure 
ce que dessus ; et Durand, livre de Officiis. V. Séneschal. 

De-là est venu le mot de Chapelain et de Chapelle, selon 
le Moine de Saint Gai, livre 2. de ReL Caroli magni. 

Ce mot signifie aussi une robe ; et de-là vient chapeau 
el chaperon: car cette robe avoit un capuchon pour 
mettre la teste. On s*en sert encore en Béarn ; et les pay- 
sans de Languedoc en portent tous, et les appellent des 
Capeg. 

Ghamberlan en Angleterre est un homme de Chambre. 

Chape dd Ciel. Voûte du Ciel. (Monet.) 

Chape-taudis. Champêtre, couvert de chaume, pour 
tenir à couvert Fattirail du labourage. (Monet.) 

Chape! de roses. Bouquet, ou guirlande. R. de la 
Rose. Voù vient un Chapelet ou Rosaire, parce qu'il 
semble une guirlande ou cordon. 

Cbapelaln. Prestre: ce qui vient du mot de Chapelle. 

Voudroye moult estre confés, 

Je sçay un Chapelain si prés. {Perceval.) 

De-là vient un CapelOy mot Languedocien, qui signifle 
un Prestre. 

ê 

Ghapeler. Voyez Chapler. 

Chapelle. Sorte d'alambic pour distiller. Marot, 
Epig. CXV, dit : 

La Chapelle^ où se font eaux odoriférantes. 
Donne par ses liqueurs guérisons différentes. 

Chaperon. Anciennement, selon Pasquier, les plus 
Grands portoient le Chaperon sur leurs tesles. L'usage 
s'en perdit par après peu à peu, et ils ne demeurèrent 
qu'aux gens de robe longue. On en couvroit la teste 
eofflme d'une coëffe; le bourrelet environnoit la teste 
sur le derrière, et le reste se retroussoit sur le sommet 
de la teste ; et oa environnoit le front et le col, des costez 



I 



142 CHA 

du Chaperon qui pendoient en bas. (Sillon en ses vieui 
Vers, Nicot.) 

Lor Chaperon* en lor chef mis. (Perceval.) 

Après cela estant trouvé incommode, on en retrancha 
les pendans, et ne laissa presque que le bourrelet, qui. 
mis sur la leste, forma comme un bonnet rond ; et ce fui 
l'origine des bonnets, lesquels un certain Patrouillai 
commenta à faire quarrez. 

De-là sont venus les Proverbes. « Qui n'a leste n'î 
• besoin de Chaperon. • « Deuï lestes en un Chaperon. • 
Et le mot de chaperonner, pour boiineter. 

Tout le monde porloit Chaperon, tant les pauvres quf 
les riches; et on saluoit en le levant, ou reculant et 
arrière et découvrant le front, comme faisoient les Pro 
cureurs en plaidant, et comme font encore les Moines et 
saluant. Pour prouver que tout le monde en portoit, i 
ne faut que lire Alain Chartier, qui dit que l'an 1447 

■ Gbarles VII. fît commandement à tous hommes di 
" porter une Croix surleur robeou chaperon. • Et Hons 
tretet, chap. 78. du 1. Tome, elchap. 199. dit que: ■ l! 
' noyne Isabelle haïssoit Jean Torol, de ce que lui parlant 

■ il ne levoit son Chaperon. * 

Ce dernier texte montre qu'on le levoit en parlant 
mais cela se faisoit seulement par les hommes, car le 
femmes ne le levoient point. Après que l'usage de porlei 
des Chaperons sur la leste fut aboly, on les porta quelqui 
temps sur l'espaule, comme font les Consuls de plusieur 
Villes à présent, et les Conseillersqui font deuil et autres 

Il faut remarquer qu'on en portoit de toutes couleurs 
* mais les Magistrats avoieut le Chaperon rouge, fourré di 
peaux blanches, selon Beloy. Et les Advocats les avoien 
noirs, fourrez de mcsme. On l'appelloit capulare; d'oi 
sont restez les Aumusses qu'on porte sur le bras, dite 
de armilausa. 

Les gens d'Eglise le portoientdedeux couleurs, comcm 
il appert par ces deux Vers anciens : 

Li Chaperon» partis, longue robe vergie. 
Sont li aornement dont botiande Clei^ie. 

C'est-à-dire, le Chaperon de deux couleurs, et une longui 
robe, il bandes de diverses couleurs, sont les ornemen: 
dontse parent les gens d'Eglise. 
J'ai vçu un aocien portrait représentant un Abbé, che 



r 



CRA 143 

MoDsietr Conrarâ Taisné, Secrétaire du Roy, que je 
nomme par honneur, à cause de son mérite extraordi- 
naire, et de son affection envers les hommes de Lettres, 
qui est ainsi bigarré de noir et de rouge, tant au bonnet, 
qu'en rhabit. Voyez Sou4ivant. 

11 reste encore à remarquer, que comme les Chaperons 
defemmescommencerent àestre hors d'usage, les fem- 
mes de condition furent les premières à les quitter, et 
les pauvres les portèrent encore quelque temps, comme 
il arrive de toutes les modes ; car ce qui est quitté par 
les riches, sert encore aux pôures, et aux lieux reculez 
delaCour, et cesse enfln dans les montagnes, et parmi 
les paysans. Cela se peut prouver par Coquillard qui, 
parlant d'une demy Demoiselle, dit : 

n faut qu'elle porte 

Moitié Chaperons et atours. 

Cbapin. Chapeau, à mon advis. 

Aller sans chausses et chapin, (Villon,) 

CSiapitel. C*est le chapiteau d*une colomne. 
Chaple. Combat, ou coups. 

Hessire Gauvain qui venoit au chaple. {Gauvain.) 

Ghapleis. Idem. (Voyez Ferreis et Coupler.) De-là 
vient cbaployer, c*est-a-dire, donner des coups despées 
sans cesse ; de chalpa et clapa^ c'est-à-dire, frapper en 
Languedoc. 

Ghapler du pain. En osier la crouste ; de capellare. 
Or capellare caudam equU c'est-à-dire, oster du crin de 
la queue d'un cheval : ce qui vient de eapo^ c'est-à-dire, 
un chapon, à cause que c'est un animal à qui on a oslé 
une partie en le chastrant. 

Le Chapon de la teste. C'est-à-dire, le sommet, selon 
le Propriétaire de toutes choses. 

Ghaptel ou Cheptel. Bail des bestes, estimées par 
des Experts ou Preud'nommes; de capitale. 

Chapnis. Un Charpentier. 

Ghapnlser engins. C'est-à-dire, charpenter des 






machines de guerre: d'où vient le mol de Langueda 
eapusa, c'est-à-dire, réduire en coupeaux. 

Char. Cliair, selon Perceval et Aldobrandin ; de can 
et de t'UébrJeu scheer. 

Char. Chariot. Les Anciens en avoient de dîversi 
manières, et entr'aulrea d'une sorte où ila portoîei 
l'enseigne fichée; et ceux-là esloient grands, et y avo 
dedans plusieurshommes armez. Qn les appellûit carofci 
c'est-à-ûire, grand char ; d'où vient le mot de carross 
On y portait aussi une cloche, au lieu de tambou 
(Fauchet.) Ceux qui désireront en s^avoir la construcLic 
n'ont qu'a voir le Livre de Magius, de Tintinabutii. 

Celte manière de combattre dans des chariots, est for 
ancienne; car les Latins et les Grecs, et mesme I 
Hebrieux, s'en sont servis, comme on peut voir dai 
Virgile, Homère, et dans les Livres sacrés. 

Il y en avoit une autre sorte, dont les roues estoie 
garnies de couteaux, rasoirs, et faucilles, dont on rai» 
grand ravage dans les armées. La figure en est da 
Yegetius, de Re Militari. 11 en est parlé dans le Livre d 
Macabëes. 

Gharbogle. C'est-fi-dire, escarboucle ; de carbuMuli 

Charci. Maigre, (selon Perceval.) 

Chardonal. Cardinal. (Villehardoûin.) 

Chardonette. La fleur de l'artichaut, cinarra pap, 
(Le Duchal, dans ses notes sur Rabelais. 

Chariage. [Droit de passage sur la terre d'un aut 
avec une charrette. (La Curne, Gloss. fr.)] 

Charter. Procéder, aller. Hehun, au Codicile, dit : 
£t sont aucunesfois ceux qai plus droit eharient. 
EtHarotèsPseaumes: 



Chariles. Les trois grâces. (Harot.) Ronsard, dans: 
Ode I). i luy-mesme ; 



Des Charité» ennobly. 



r 



CHA 145 

Charivary. Bruit qu'on va faire à ceux qui ont 
convolé en secondes nopces ; de chalybarium^ à chalybeis 
vam, ù cause des vaisseaux et sonnettes qu'on y fait 
résonner. D'autres le font venir du mol Grec, qui veut 
dire réjouissance ; et les autres encore, de xa^eaçéto: 
c'est-à-dire, je romps la teste. 

Charlatan. C'est un joueur de Gobelets, et vient de 
eireulator: et celuy-cy, de ce qu'ils fontdivers tours dans 
un cercle. 

Gharmie. Chemise. R. de la Rose, sur la fin, dit : 

Lors void qn*elle est vive et charmie, 

Si li débaiile sa charmie. 

Et void les beaux crins blondoyans. 

Charnenx. Charnel. 

Cbarnies. Eschalas. 

Charostier. Carnassier. 

Gharreterie. Charlaterie. (Villon.) 

Ghârriere. Rue. (R. de la Rose.) D*oil vient le mol de 
Languedoc, carrieire. [En terme de coutume, signiHe 
chemin de charroi. (L. J. p. i42.)] 

Gharroye. C'est-à-dire, le chariot du Diable^ qu'on 
croyoil passer la nuit en l'air, avec grand bruit ; el on 
appelloit cela, le chariot du Roy Arlus. On adjouste encore 
Iby à cela au pays de Foix, où ils appellent cela lou carré. 
liét paysans asseurentque.ce Roy Artus vient prendre 
les bœufs de leurs eslables ; ce qu'ils estiment à un 
bonheur pour leur bestail, quMls disent en devenir gras. 
Ils disent que lors que leurs bœufs ont esté employez à 
cela, ils leur trouvent le lendemain de la cire sur les 
cornes. Et pour prouver qu'ils croyent cela fermement^ 
il y eut un de mes amis, qui voyantles bœufs d'un paysan 
fort gras, et le louant de ce qu'il estoit si bon mesnager 
da bestail ; il luy dit à l'oreille, que cela provenoit de ce 
qu'ils alloient au carré du Roy Artus. De-là est venu le 
mot i'enarta, c'est-à-dire^ enchanter, en leur Langue, 
c'est-à-dire, user de l'art du Roy Artus, qu'ils estiment 
avoir esté grand Magicien. Et ils asseurent qu'il passe 
encore souvent en l'air, criant après ses lévriers : mais ce 

1. i9 



I 



146 CHA 

.sontdessornetteselerreurspopulairesanciennes, qu'il es 
impossible d'osier de leur esprit, pour y eslre enracinée 
de trop longue main. C'est pourquoy l'Aulheur du R. d 
la Rose, dit Tort bien, et avec jugement : 

Mais garde que ne soit si sotte. 
Pour riens que Clerc ne Lay lui note ; 
Que ia riens d'en chaD terne nt croye, 
Ne aorcerie, ne charroye, 
Ne Helenus, ne sa science ; 

C'est-à'dire, les dances des sorcières au Sabal ave 
Helenus : 

Ne Magique, ne Nigromance. 
Je feray voir cela au long, dans mon , Traité De nullitat 
Magiœ, et en a^ déjà louché quelque chose dans me 
Observations Latines Médicophysicales. 

Gharruage. [Terres labourables. Le droit de char 
ruage était un tribut imposé sur les charrues. (L.G. D. F.; 

CharlelDS. Voyez Lozeins. 

Ghartelaige. [Droit payé pour t'enregislrement de 
marchandises. (Lauriëre, Uloss. D. F.]] 

ChartOD. Un cocher, ou chartier. 

Chartpe. Prison. 

Qui groncer en voudra, si gronce, 

Et courroucer, si s'en courrouce ; 

Car le n'en mentiroye mie. 

Si ie devoye perdre la vie,. 

Ou estre mis contre droiture, 

Comme Saint Paul en ckarire obscure. (Roêe ) 

Estre ea eharlre, c'est estre Phthisique, etc. 
Chartre est aussi un acte ancien, ou privilèges, e 

Ralentes ; d'où vient qu'on dit, user de la Charlr 
ormande, par laquelle on se peut dédire. 

ChartroussaiDS. Chartreux ; comme qui diroi 
prisonniers. Voyez Unsoigne. 

Chasse. Coffre où on tient les Reliques. Ce mot vieu 
de capsa, et capsula : d'où vient aussi Chasuble. 



r 



GHÂ 147 

caïassemares. Gochemare^ ou sorcière. 

Elle chasse les loups garous. 

Et les iûiassemarea de nuit. {Coquillard.) 

Chassement. [Maison tenue à cens par un serf ou 
vassal. (Laurière, Gloss. D. F.)] 

Ghasseranderie. [C*est en Poitou un droit que des 
Meuniers payent à un Seigneur qui a droit de Moulin 
banal, pour avoir la permission de chasser dans retendue 
de sa terre. (G. du Poitou.)] 

Ghassins. Assassins, et vient de Arsacides, anciens 
Tyrans. 

Ghassipolerie. [Droit dû par les vassaux à leur 
seigneur, pour avoir en temps de guerre la permission 
de se réfugier avec leurs bestiaux dans son château. 
(La Curne, Gloss. fr.)] 

Ghastel. Chasteau, faire Ghasteaux en Asie, c'est-à- 
dire, resver; comme on dit maintenant faire des Ghas- 
teaux en Espagne. Le livre des Menus propos de Pierre 
GrîQgoire, dit : 

Et le songer fait Ghasteaax en Asie, 
Le grand désir la chair ne rassasie. 

Ghastelaine. Damoisellede Ghasleau. 

Il n'est Dame ne CAastelaine. (Rose,) 

Gbastelainerie.[Seigneuried'unseigneurchatelain. 
{La Curne, Gloss. fr.)] 

Ghastoyer. Corriger, chastier. 

Gbat, et chat Ghaslel, machine de guerre, comme la 
tortue ; d'où pourroit venir le nom d'une porte de 
Puilaorans, Ville de Languedoc, appellée Cap de Castel. 

Gtaatel. [Homme de corps devant le cens capital. (La 
Carne, Gloss. fr.)] 

Ghateux. [Effets mobiliers. (Ten. de Littl.]] 
Gbatoire. [Ruche. (La Curne, Gloss. fr.]] 



148 



CHA 



Chavaigne. [Corvée ou redevance pécuniaire. (La 
Curne, Gloss. fr.)J 

Chauchemare. Cochemare. (Honet.) 

Chaucher. Fouler avec force pour soirer et unir. 
(Monet.) Chaucher la vendange dans la cuve. — Cuaucher. 
Saillir la femelle en fait de volailles. 

Chaudeau. Bouillon à la viande. (Nicot.) 

Chaudesoris. Chauve-souris. 

Chauf . Chauve, sans cheveux. 

Chauffaux. Eschaffaux. (Joinville, page 371.) 

Chaviex. Le chevet du lit. 

Chaulcée. Escluse. 

Chaulme. C*est-à-dire, du chaume; de catomt^s, c*est- 
à-dire, chalumeau. 

Chaulx. Choux. (Aldobrandin.) 

Chaus, Chau ou Choue. C'est-à-dire, tombé ; et 
vient de chair, c'est-à-dire, tomber : d'où vient cheoir. 

Chaussage. [Cens qui doit être payé au seigneur, à 

son logis. (L. C. D.)] 

Chaussé ou Gauchie. Pavé ou chemin, selon les 
Croniques de Hainaut, parlans des sept Chaussées de 
Brunehaut. [Droit pour l'entretien des routes. (L. C. G. F.)3 

Chaussementage. [Droit de péage pour Tentretieu 
des chaussées, (l^a Curne, Gloss. fr.)] 

Chaussemente. Chausseure. 

Chausses. Des bas. (Perceval.) 

Chauvir des oreilles, c'est-à-dire, les remuer. 

Chavretage. [Impôt sur les chèvres. (L. C. G. F.)] 

Chaux. Souliers ; de calcèus. (Fauchet.) 



\ 



CHE H9 

Chayene. Cbaisne. 
CSheable. Qui tombe. 

Cheance. Pour chevUsance, c'est-à-dire, profit, 
utilité. Voyez Prou. 

Cheante. Gheute. 

Menace tousioars trébuchante, 
Preste de recevoir chéante. (Rose,) 

Cheaux. Petits cbiens , petits d'un loup , d'un 
renard, etc. 

Chéens. Céans. (Perceval.) 
Cbef . Voyez Chief. 

m 

Chefvip. Venir à bout, jouir. Chevissable, c'esl-à-dire, 
dont on peut venir à bout. Voyez Chevir. 

Chefvetaine. Capitaine. 

Cbelle. Celle. (Joinville.) 

Cbemage. [Droit sur les cbarrettes qui passent dans 
les bois. (La Curne, Gloss. fr.]] 

Cliemier. Aisne. (Ragueau.) 

(Ihemisoi. Petite cbemise. (Satyres Cbrestiennes.) 

Cbener. Ennuyer, se dessécher d'ennuy. 

Cbeneis. Petits landiers, comme qui diroit chienels, 
c'est-à-dire, petits chiens, parce qu'on leur donnoit celte 
flgure autrefois. 

Gbeolr. Tomber. (Ovide ms.) 

Li cesne (le chesne) chiet en son cheoir^ 
Fet tôt Tautre bois perceoir. 

R. de la Rose : 

Quand malement es laqs chey. 

Cbeoite. Cheute; de cheoir^ c'est-à-dire, tomber. 
Cbep. Bout d'un champ. (La Curne, Gloss. fr.)] 



150 CHE 

Chepler. Geôlier. (Ragueau.) 

Chercbet. [Uesure pour les grains. (La Curne, Gl. tr.l 

Chère. Visage. Pathelin dit : 

Que ressemblez-vous bien de cfiere, 

Et du tout à Tostre bon père. 

Et ailleurs: 

En faisant nne chère fade. 

C'est-à-dire, une mine malade. 

Ce mot vient de cara, vieux mot qui en Latia signifii 
aussi visage selon Corippus. D'où vient le mot de Quercy 
ta earo, pour dire la face. 

in':tEc sua pectora dune 

Ce qui vient de xàçr, c'est-à-dire, la leste. D'où viennen 
les mots accûrer, c esl-à-dire, mettre en face ; acariaslre 
c'est-à-dire, dévisage refrongné : et les mots de Languedoc 
carobira, c'est-à-dire, visage transporté ; carobinat, c'esl 
à-dire, enjolivé, et à qui on a coupé les cheveux sur li 
front; comme aussi esearrabillat, c'est-à-dire, gentil e 
mignon. On disoit aussi chiere. R. de la Rose : 

Desgrotigner toute la chiere. 

Cherer. Se réjouir. 

Cherisle. Qui fait bonne chère. 

Chertner. Enchanter. ' 

Cherqueler. [Fixer les bornes d'un héritage conter 
lieux. (La Curne, Gloss. fr.)] 

Chérubin. C'est-ii-dire, le sommet de la teste, seloi 
une farce ancienne: d'où vient carobinadure, mot d 
Languedoc, qui signifie la garcete, ou cheveux du front 

Cherue. Du chanvre. 

Cbesaulx. Mesures; de casellum, fait de casa. (L 
Duchat, dans ses noies sur Rabelais.) 

Cheseau, ChezaI, Cheseolage. [Casale, Casait 
gium. C'étoit anciennement l'habitation, mais le plu 



r 



CHE 151 

souvent rbabitalion et le tenement des hommes de 
coDdilion servile, comme le Max, le Hex, ou le Meix en 
plusieurs endroits. Lorsque les Seigneurs affranchirent 
leurs hommes, ils se réservèrent des droits sur ces 
teDemens, qui retinrent toujours le nom âeCheseaiixetc. 
(Laurière, Gloss. D. F.)] 

Ghest. Ce, selon le Traducteur d*Esope : - 

Ifentremis de chest œuvre faire. 

D*où vient aquestCy c*est*à«dire, celtuy-cy en Languedoc ; 
elYHUien questo. 

Chetiex, Gheté. [Cheptel, capital, biens, meubles. 
(L.J. p. 151.)] 

Chetir. Captif et misérable ; de captivus^ et captus, 
c'est-à-dire, pris, ou misérable, comme qui diroit questif, 
à quœrendo, 

Chetifvoison. Captivité. La Bible Historiaux: « Si 
< enfans sont menez en chetifvoison. » C*esl aussi misère 
dans Betbancourt. 

Chetron. Caissete, caisseron au côté d'un coffre de 
bois. (Honet.) 

Ghevage. Voyez Queuvage, autrement cavagium et 
chevaginm^ ou chevachium. 

Chevaler. Tàbonner, courir après quelqu*un. Au 
Colloque d*Erasme on lit : 

Avec les capherdes paroles 

De ces Moines à testes folles, 

Qui vous chevalent pour leur bien. 

Chevaleoreux. Courageux. Marot, Epigr. 22, dit: 

Voici le val des constans amoureux. 
Où lieu le parc Tamant chevaleureux. 

Chevalier* On ne donnoit ce nom qu'à ceux à qui il 
estoit'permis de porter barnois doré, selon Fauchet ; et 
i ceux qui avoient rendu quelques actions signalées, 
aosquels on donnoit une marque de l'Ordre dont on les 
faisoit. 11 y en a eu de beaucoup de sortes, comme on 
peut voir dans un gros Livre qui s'en trouve, intitulé: De 






152 CHE 

l'Ordre de Chevalerie. Il ea est aussi parlé au fonds d 
Estais et Empires du monde, où il y a un Traité enli 
de leur origine. Huis de tout ce grand nombre, les aocie 
Romans ont plus extoHé ceux de la Table ronde, eslabi 
par ArLus Roy de Bretagne. C'estoient des personnes q 
n'avoient à cœur que de défendre leurs maistresses et 
battre contre leurs rivaux. Les Rois leur baiUoientâ 
armes, après qu'ils avoient donné des marques de le 
valeur. Ainsi Wifried Borel II. Comte de Barcelone, rece 
sur son escu doré les armes de son Roi, après une sa 
glanle bataille, où il avoit fait tout ce qu'on pouvi 
attendre d'un homme vaillant. Car après la victoire. 
Roi qui tenoit la vie de luy, trempa la main danss 
blessures, et luy fit avec les quatre doigts, quatre pai 
de gueules avec son san^, sur le champ d'ordesonesci 
lui disant: Questas saran las tuas armas. Lesquell 
armes ont passé dans les Roys d'Aragon, te Royaui 
estant tombé entre les mains de la noble et ancieni 
famille des Borels, dont on trouve un tissu de gloriei 
mémoires dans l'Histoire d'Espagne, et des Comtes ' 
Barcelone, depuis Borel, Seigneur de Girone, Asson 
Caslelber, et de la pluspart des Corniez et Seigneur! 
notables de Catalogne, qui vivoit l'an 796. jusqu'à Ri 
mond Bernard, Comte de Barcelone, l'an 1130. et de- 
jusqu'à Monsieur Guillaume Borel, Chevalier, Baron, 
Seigneur d'Urenoue, d'Uynbegue, Steelandt, etc. et Ai 
bassadeur des Provinces-Unies des Pays-Bas, pour 
France, personnage d'une si haute vertu, stfavoir 
amour pour les Belles-Lettres, qu'il mérite les loiiang 
des plus doctes plumes. Je ne m'amuserai pas à le lou 
davantage, puisque les plus excellens Poètes Hollandt 
l'on fait dignement; et qu'il s'est acquis assez de répui 
tion par lès mémorables Ambassades qu'il a eu i 
Espagne, France, Danneinarck, Angleterre, Venise, e 
où il a toujours réîissi au contentement de cette flonssar 
République, qui lui donne tous les jours de nouvea 
litres d'honneur, pour lui témoigoer sa reconuoissaa( 
et l'estime qu'elle fait de luy. 

Ces Ordres de Chevalerie ont pris leur source pari 
les Romains, où il y en avoit de plusieurs sortes, les u 
portant un coller, qu'on appelloit Torquati; les auti 
avoient un anneau, etc. 

Chevaliers du coq. Quoy que j'aye desia dit à 






GHE 15B 

choses remarquables de la noble famille des Poliers, j*ay 
bien voula encore faire part au public de ce que j'en ay 
appris du depuis, parce qu1l me semble qu*il luy esloit 
imporlant de le sçavoir pour plusieurs raisons: car outre 
((uelesÂntiquitez de cette noble et ancienne famille s'y 
trouvent, on y voit aussi l'origine des Chevaliers du Coq, 
et la fondation de la Ville de Villefrancbe de Rouergue. 
(Voyez Emoigne.) 

L'an 1091. le Comte Raimond de Tolose estant passé par 
Je quartier où est à présent Villefrancbe, et l'ayant trouvé 
propre à faire une Ville, y en jetla les premier fondemens ; 
et en ayant fait Tenclos, y enferma le Chasteau des Mes- 
sieurs de Polier, Gentilshommes de ce pays-là, parce qu'il 
estoit fort et avoit une grosse et ancienne Tour, qui a 
esté long-temps du depuis appellée la Tour de Polier ; et 
maintenant est nommée la Tour des Pères, c'est-à dire, 
des Pères de la Mission. Il y a encore là diverses autres 
choses qui ont retenu ce nom, comme la Terre, dite la 
Rive, et le ruisseau de Polier, comme aussi la Croix de 
Polier. 

Or Tan 1214. Claude Polier sorty de cette famille, 
s'estant trouvé à la guerre en une bataille contre les 
Anglois, où Louis IX. commandoit sous le règne de 
Philippe m. et ledit Polier, qui commandoit une Compa- 
gnie de Cavaliers, ayant dégagé le Dauphin d'un péril 
très-évident, le Dauphin en reconnoissance de ce bienfait 
institua l'Ordre du Coq, et l'en fit premier Chevalier, 
ayant choisi ce nom pour cet Ordre, à cause que Tescu 
des Poliers estoit d'argent, chargé d'un Coq de sable, 
supporté par deux licornes, et pour cimier un Coq chan- 
tant, ayant les aisles éployées, et à l'entour ces mois : 
Et Phœbij et Martis. 

De cet ordre a esté un Pierre de Monlmorancy. Il y a 
eu aussi un Pierre Polier, qui l'an 1364. après la mort du 
Roy Jean, rendit uneaction très-glorieuse: car les Anglois 
ayant occupé presque toute la France, et ayant sommé 
Viliefranctie de venir prester serment de fidélité pour le 
Roy d'Angleterre, dans la Ville de Regnac, ledit Polier, 
premier Consul, estant député vers le Roy Edouard à cet 
effet, eut bien le courage d'y aller et refuser de le faire, 
pour n'eslre traistre à son Roy : et sur le point qu'on 
alloit le faire mourir, un Grand, du nom d'Arpajou, 
obtint en sa faveur qu'on lui permetlroit de retourner à 
Tillefranche, pour prendre avec le peuple une meilleure 
I 20 



l 



tu CHE 

résolution ; et les ayant au contraire alTermis, ils se 
défendirent et demeurèrent lldeiles au Roy de France. 

li reste encore à remarquer que les susdits Poliers ont 
fondé la renie d'une Médaille d'or h jamais, pour donner 
tous les ans au meilleur ^oële. 

j'estime aussi qu'un Poulet, dont j'ay parlé sous le mpt 
Vignolles, pourroit avoir esté de fielîe famille. 

Chevance. Biens, richesses. 

SooLde nous deux filles et flis. 

Et n'y ha point de dilTereiice, 

Sinon pauvreté ou chevance. (Afarof.) 

Cbevanton. C'est-à-dire, un bout de tison, en langage 
Bourguignon. Satyres Chrestiennes disent : 

Espanchez çà M par quantons, 

Altiaent au four chevantons, 

Pour cuira flans, fianges, flamnsses. 
(Voyez FUmges.) 

Chevauchée. Une course; et chevaucher, c'està- 
dire, galoper. 

Et clievaucherent deui à deux. 

Tout droit vers le gué périlleux. iPereepol.) 
Et plus bas : 

Que petit ne ^rand ne vantoit, 

La pucelle qui chevauclioit (f<iem.) 

Chevalcher, el chevaucher, c'est la mesme chose. 

Ghevauchure. Monture, (Villehardouin, page 91.] 

Cheveeagne. Cavalerie. (Perceval.) 

La Chevecallle. C'esL-à-dire, la tresse des cheveiuc. 
R. de la Rose, parlant d'une femme : 

Mes ce 
Que sa 

Et ailleurs : 



On disoit aussi cbevechalte. 



r 



GHE 155 

GheveceJ. Oreiller, ou chevet. 

Il ot en lieu de chevecelj 

Sous son chief d'herbe un grand moncel, 

Et commençoit à sommeiller. (Rose,) 

» 

Chevêche. Chouette. Rabelais, liv. 5. ch. 8 : « Quand 
« il apperceut au-dessoubs de sa caige une chevêche. > 

Chevecine. Chevestre. (Perceval.) 

Chevel. [Le fief cheval ne relevait ni du roi ni d'aucun 
seigneur. — Lieu chevel était le lieu principal d*une 
seigneurie. (La Curne, Glossaire français.)] 

Chevetafns et Chefvetains. C'est-à-dire, Capi- 
taines: ce qui vient du mot chef. (Villehardouin, Frôiss., 
Fauchet.) 

Chevet. C'est-à-dire, tesle^ pour la même raison. 
L'autbeur de la Vie de S. Jean-Baptiste, dit : 

Que Hérodes fit martarer 
Li chevet à gleve trencher. 

Le R. de Garin l'employé seulement pour le lieu où la 
teste repose, quand il dit: 

> Plas de vingt croix^ ot à son chevet mis. 

Ghevier. (Voyez Dévie.) 
Chevir. Venir à bout, et éviter. 

Gom cil qui bien se sot chevir. (Perceval.) 

Et Hârot dans sa troisiesme Ëpistre du Goq-à-l'asne , dit : 

Si de mon art ne peut chevir^ 
Voici dont il pourra servir. 

D*où vient le mot esquiver, ou eschiver. Ce mot signifie 
aussi transiger. (Nicot.) 

GheTissance. Convention, pacte, transaction. (Nicot. ) 

Ghevlté. Je ne sçay pas bien ce que c'est ; mais le 
R. de la Rose s'en sert ainsi : 

Tantost la chevité se laisse, 

Et prend une autre, ou moût s'abaisse. 



156 CHI 

Ciievocher. Galoper. R. de Gerar de Frate dit : 
Son Marcchal a Tait tout devant chevocher. 
(Voyez Chevaucher.) 

Clievol. Cheveux. (Perce val.) 

Chevrcl. Chevreau. Les Anciens prononçoient en el, 
tous les noms que nous avons en «au; comme chastel, 
het, etc. ponr cliasleau, beau. etc. Et je me souviens avoii 
leu un plaisant passa^re sur ce sujet, dans un anciei; 
Aulheur, qui pniiant de quelqu'un, dit qu'il prinl ur 
' moui'cel de pel de chevrel. 

Ghevrie. line musette, ou cornemuse. Voyez Cilole. 

Cheux. Ceux. — CriEux. Chez. 

Cbicf et Chef. La teste. Marot es Pseaumes, dit : 

le scnB plus de mcEclief, 



De-là est venu le mot de cheveux. Il se prend aussi pou 
venir ù bout. Jean de la fontaine, en la Fontaine de 
Amoureux de Science, dit: 



(Voyez Engrouter.) 

De Chlef en Chief. C'est-â-dire de bout en bout. [F 

Chienaflc. [Charge imposée aux vasseauxde nourr 
et de loger les chiensde leur seigneur. (La Curne, Gl. F 

Cliier. Cher. 

Chiere. Visage. Voyez Chère. 

D'esgratigner toute ta chiere. {Rose.) 

Chiés. [Seigneur, souverain. (L. J. p. 33.)] 

Chicui-eboust. Herbe appellée caprilolium , « 
malrisylva. 



r 



CHI 157 

Chiffre. C*est-à'dire, nombre, mot venu de VUebrieu, 
iephira. Je le mets icy, pour remarquer une curiosité 
toucbant l'origine des chiffres, dont nous nous servons. 
Oo met un I. pour un, II. pour 2. III. pour3. et IIII. pour 

4. parce que cela représente les quatre doi$:tsde la main, 
sur lesquels on a accoustumé de compter. Et TV. qui vaut 

5. est marqué par le cinquiesme doigt, qui est le pouce; . 
lequel estant ouvert, forme un V. avec le doigt index ; 
et deux V. joints par la pointe font un X. C'est pourquoy 
11. vaut JO. 

Il y a une autre raison du chiffre, où on met un D. 
pour 500. un L. pour 50. un C. pour 400. et un M. pour 
1000. comme aussi cIo. pour mille, et lo. pour 500. Ce 
qui vient de ce qu'anciennement on faisoil un M. comme 
si uD ]. avoit une anse de chaque costé; ce qui a esté 
séparé avec le temps en trois parties, en cette sorte cIo. 
De sorte que c'est toujours M. qui signifie mille, parce 
que c'est la première lettre du mot Latin mille. Et le D. 
ou lo. vaut 500. parce qu'il est la moitié de ce mille 
ancien. L. vaut 50. parce qu'il est la moitié du C. qui valoit 
cent, à cause que c'est la première lettre de centum. Or 
les Anciens faisoient leur C. comme un long E. qui 
n'anroit pas de barre au milieu ; de sorte que le coupant 
> en deux, la moitié forme un L. qui vaut 50. 

Gbikenie ou Ceskenle. Chemise ; de ixœyiov, indU' 
mm. 

Chll. Ce. (Voyez Apostoile.) 

Chintre. [Levée de terre en forme de ceinture autour 
des pièces de terre qu'on veut renfermer. (La Curne, 
Glossaire français.)] 

Eo Chi ot. C'est-à-dire, en qui il y eut. 

CmoT. Petit chien ; de xvwy. Demy chiot, c'est-à-dire, 
demy ceint. (Hebun au Codicile.) 

Ghité. Cité. (Joinville.) 

Chive. Oignon ; de cive^ ou ciboule. 

Et aussi verde comme cive. (Rose.) 

Ou bien c'est une sorte de jonc plat qu'on appelle cuperus, 
avec lequel on a de coustume d'enfiler les oignons. 



I 



158 CIB 

Choays. Choix, dans lesCoustumesdu pays du Haioe. 
Choerm ou Goerm. Porc: d'où vient un gorret; de 

XotifH, pÙTCUS. 

Cholne. îlhaine; de Xo^fot, juneus, seloa TripauU de 
Bardis. Parce qu'on eu faisoit de jonc avant l'usage du ter. 

Cbointe et Cointe. C'esl-à-dire, gentile; ajustée. 
L'an des sept Daines, livre ancien, dit : 

Eu la chambrete belle et chointe. 

Choisir. Découvrir de loin quelque chose. (Villehar- 
douin.) (Voyez Let.) 

Chotson. Dessein ; diminutif de ac/iotson, c'est-à-dire, 
occasion. Perceval dit : 

Df iDOy ï'aehoUon de ta voye. 

Choie ou Cole. Bile, passion bilieuse, colère. (Mon.] 
Voyez Cote. 

Cholerer. Mettre en colère. (Honet.) 

Chopine. Mesure de vin, venant de leo, fundo; e 
dent'yiD, bibo.-oa dicupina, diminutif de cu^û, coupe. 

Chou. Ce, et celuy. (Joinville, p. 351.) 

Cboncage. [Droit payé pour prendre des choques oi 
souches dans un bois. (La Cume, GIoss. fr.)] 

Parler Chrestlens. C'est-à-dire, langage connu 
selon la Farce de Pathelin, où le Drapier dit : 

Il s'en va, comment il (^t^oaïUe ! 

Hais que diable est-ce qu'il barbotâlle 1 

Sainte Dame comme il barbotai 

Par le corpe-bien il barbelote ; 

Ses mots tant qu'on n'y entend rien ; 

11 ne parle pas Chreêtien, 

Ne nul langage qui appere. 

Chu. Ce. (Joinville.) (Voyez Katlierine.) 
Chaenel. L'os coronal, ou le crâne 
Ciboire. Armoire; de »«<V^> <ircula. 



CIR 159 

Cicamus. Sorte d*estoffe. 

Foiré dedans de cicamus, (Perceval.) 

Cier, Gierce, et Sers. C'est le vent de Iflse, dit ainsi 
it cireim ventus qui, selon Aulugelie et le Grand Atlas, 
est un mot d'ancien Gaulois. 

Cierge. Biche; ce root venant de cerf, et biche de 
boDc: d'où vient qu'on dip f elle bouccho, en Languedoc, 
une chèvre qu'on veut appeller à soy. Ovide ms. parlant 
da sacrifice alpbigénie, dit : 

En lea de la belle fa mise, 
Une cierge et sacrefiée : 
Si fa la Déesse apayée. 

Glez. CheEs, (selon Fauchet.) C'est aussi les cheveux, 
selon le R. de Bertain : « La peussîez-vous voir tant viez 
• draps dépanez, et tant grande barbe, et tant cie% 
« hurepez >, c'esl-à-dire^ hérissez. 

Cil. Celuy, et par fois ceux. 

'Cimbrl. C'est-à-dire, les Danois ; et mesme les 
Bretons et Ânglois sont compris par fois sous ce mot: 
d'où vient Cambrea, Province d'Angleterre. 

Cimenicé. [Nom géographique gaulois qui s'applique 
dans César au Mon$ CevennaJ] 

Cincelier où Cuicelier. C'est-à-dire, un day, ou 
oreiller. Bible Historiaux : « Quand ludith vit Holofernes 
> gésir en son lit, dessous un cincelier qui estoit de 
■ saphir, d'esmeraudes, etc. ouvrées d'or, et de soye. » 

Cindre et Sindre. C'est un instrument d'un Char- 
pentier; dit ainsi de centrum. 

GioB et Birrasque. Pluye et gresle, provenans de 
Tents humides s'entre-battans. (Monet.) Tourmente, 
tempeste qui s'élève sur mer par l'impétuosité des vents 
imprévus. (Nicot.) 

Circonvenir. Tromper quelqu'un. (Monet.) 

Circuir. Tourner, autour : du Latin circumire^ 
drcuire. Marot, Pseaume 22, dit : 

Car cireux m'ont les chiens pour met prendre, 
La fausse troupe, etc. 



Et le mesme dans ses Opuscules : 

Et lant allai celle Dame querant. 
Que circuU Hongrie et AUemaigne, 
Espagae, etc. 

Gis OU Cist. Ce, ces, cettuy-cy, ou celtuy-là,el mest 
ceux. Pierre Gentien dit : 

Le plus vaillant de eitl Boyauroe. 
(Voyez Ekevin.) 
Glsne. Un Cygne. 
Citleea (Li). C'est-à-dire, les Citoyens. (Merlin.) 

CItole. Instrument de Musique, qui vient à monade 
de cithara. 

PuIb met en cymbales m cure, 
Pu!» prent fresteaux, et refrestelle. 
Et chalemaux, et cbalemelle, 
El labour, et fleute, 

Et timbre, et citole. 
Et Ironipe, et chevrie, 
Psaltcrion, et violle. {Ooide.) 

Et ailleurs : 

Et baleries, et keroles. 

Et vit violes, et citoles. {Id.) 

Cttrule. Citroiiille. (Nicot.) 

Claban. Chien ; d'où vient clabauder, abayer : 
citaleb, c'est-à-dire, un chien en Langue Hébraïque. 

Claln. Plaid, procès. (Loisel.) 

Clam ou Clalm. Plainteou adjournement : d'où vi 
qu'on dît encore une clameur. 

Clame. Manteau de Pèlerin ; de chlamys. 

Clamer. Appeller. (Froissarl.) • Qu'on clame aina 
c'est-à-dire qu'on nomme ainsi. (Voyez Bobans), où 
un Epitaptiequi dit: 

I»abel do Paris clamée, 
Sui qui plore ma bieo-amée. 



r 



CLÂ 161 

Et le li. de la Rose : 

Quelle doit rose estre ctamée. 

> 

Cesl aussi prier, et réclamer. (Villon. Ilem), plaindre. 
R. de la Rose dil : 

Qu'ailleurs ie ne m'en dameray. 
Certes, honte ia ne merray. 

(Voyez Fief.) 

Glaner. Recourir aux loix, faire plainte pardevant le 
Juge. (Monet ) 

Clamone ou Eclamone. Manteau de Pèlerin faisant 
peleriDag». (Monet.) 

Clameurs. Plaintes, soupirs, gémissements, sur-tout 
eo amour. Marot^ dans sa description du Temple de 
Cupidon, dit : 

Tons Pèlerins doivent faire requestes. 
Offrandes^ vœux, prières et clamours. 

Clarine. Terme de la science armoriale, qui se dit 
des sonnettes de bœufs, parce qu'elles résonnent comme 
des clairons. 

Claron. Clairon. 

Clas. C'est le son des cloches pour les morts ; de xXdœj 
lleo. 

Clavaire. Jadis un des Receveurs du Domaine* du 
Roi. (Monet.) 

Clave. Tunique Romaine, prenant son nom de clavuSy 
e^est-à-dire, clou, à cause des doux qui en formoient les 
boutonnières. Il y avoit le large et le menu clave, qui 
se distinguoient par la grosseur des clous. (Monet.) 

Claveau, Clavet et Glavelée. (Pathelin.) C'est une 
peste de moutons. Ce qui vient du mot cladeSj selon 
quelques-uns. Mais j'estime que cela vient du mot de 
Laogu^oc claveU c'est-à-dire, un clou ; parce que les 
bestes qui en meurent sont couvertes de taches, comme 
de clous : ce qui est une espèce de pourpre, qu'on appelle 

I. 21 



les GLO 

Cleché. Percé à jour, vuMé. 



Clenche. Loquet: d'où pourroit venir le mot de 
esclanehe, à cause qu'elle s'emboite comme un loquet. 

Clerc. Sçavani. (Foolaine des Amoureux.) Villon dit : 

Sur Clercs, Marchande, ou gens d'Eglise. 

Glerceller. Geôlier. (Songe du Verger.) 

Clergeresses. Sçavantea. Ces mots viennent de 
xXijçoç, c'est-à-dire, du Clergé, parce qu'autrefois c'esloieni 
presque les seules gens qui esludioient ; à cause de quo] 
la pluspart des Prestres estoient Notaires, parce qu'oi 
passoit les Actes en Latin. Et ainsi u^ant soin d'acquérii 
des revenus à l'Eglise, en augmentoient le bien plusqu'â 
présent, qu'ils ne manient plus les affaires. 

Ce mot de Clerc, maintenant se prend pour un simple 
garçon qui sert à l'Autel, et mesme pour un ignorant: 
c'est pourquoi on dit : « faire un pas de Clerc », à cause 
qu'on a reçeu dans l'Eglise des personnes de moindre 
sçavoir qu'on ne faisoil pas aulreiois. 

Glergle et Clergise. Scavoir, science. (Pathelin. 
(Voyez Bobander et Chaperon.) 

Clerlon. Un Clerc d'Eglise (selon Perceval.) 

Clier. (Voyez Lier.) 

Cllner. Enctiner. 

Cliquant. Faisant du bruit. Nous en avons retenu le 
cliquetisdesarmes.lHarot, liv. l.dela Hétamorptiose.dit: 
Et casse, et rompt de main sanguinolente, 
Armes cliquant sous force violente. 

'Cllta et Clitella. Uachine ancienne. (Pontanus.) 

'Clocca. Clocbe en ancien Gaulois, (selon Marin 
Hersene, en son Harmonie) : ou de xXto(uy, c'est-à-dire, 
sonner avec la bouche ; ou de cocftfea; ou de clangor. 
(Voyez Seing.) D'autres veulent qu'elle vienne de clau- 
dicare, parce qu'elle se tourne de costé en sonnant ; 
d'où ils dérivent le mot clocher, c'est-à-dire, estre boiteux. 



CLO 163 

Glocheman. Un mouton qui porte uneclochete au col. 

Gloficher. Clouer. (Hehun au Testament.) 

Clopiner. Clocher ou boiter ; d'où est venu le nom 
de Jean de Mehun, dit ClopineU duquel Guillaume de 
Lorris dit : 

Et pais vieodra lean Giopinel, 
Au cœur gentil, au cœur isnel, 
Lequel naistra dessus Loire à Mehun^ 
Et qui à saoul et à ieun, 
Me servira toute sa vie. 

Qoelques^uns font venir ce mot de cxcoXvmofAài^ c'est-à« 
dire, ramper. 

Clop. Boiteux. Perceval dit : 

Sist sor un cheval maigre, et clop, 

Cloppe. Signifie la mesme chose: d'où vient le mot 
de Languedoc, fa resclop à calcun^ c'est-à-dire, lui 
couper jambes et bras, l'assommer. 

Glopper. Boiter. 

Glopportes et Clausportes ; de clausiporcœ, ou 
de porcelliones. D*où vient qu'on appelle ces insectes, des 
porcelets. 

Glosler. Un garde. 

Gloaer. Fermer: et clomes^ c'est-à-dire, fermées. 
(Voyez Signet.) 

Âins clouet un eil par dédain. (Rose,) 

Ce mot vient de elaudo. Un cloud en vient aussi. 

Glouqne. Poule glossante, à c/occa, idest^ HntUmbulo, 
ob ionum similem. 

Cloye. Glaye. 

Le Chevalier, quoy qu'on die. 

Fut apointé sus une cloye^ 

Pour mener pendre droite voye : 

Mais le bon Duc en eut pitié, 

Ainsi fut par luy respité. (Rebour$,de Mathiolus,) 



16t COC 

'Clupea. Poisson du fleuve Araris, ainsi appellf 

Pource qu'il change (te couleur: Ce qui vient du mo 
htcuicien chalab, c'est-à-dire changer, à cause qn'i 
chaugede couleur selon la Lune, (Bocharl.) C-'esl auss 
l'alose. Catistlienes ad Stobœum. Plutarcli. de Flumi 
nibus. 

Coatlle. Grosse laine; de Xâaf, petits ovina, suivan 
quelques-uns : mais j'estime que cela vient de queue 
qu'on écrivoit anciennement quouë ; car le R. de Flame 
s'en sert ainsi : 

Le dragon la Ocrt de sa quouè. 
De sorte que la plus mauvaise laine estant aux queues de 
moutons, on l'a appellée de la guoaille. De-là vient aus! 
qu'en Languedoc on les nomme de çmutissez, et u; 
quoutis, c'est-à-dire, une chose dirilcile ù débrouiller, tel 
que les cheveux qui ont esté longtemps sans peigner 
lesquels lors qu'on vient à séparer, on appelle cela 
descoulissa. 

Coardla. (Voyez Coiiarder.) 

Goblr. Contlr. 

Cobter. Heurter ; de xotyii,', frapper. D'où vient cotlit 
et en Languedoc couia, c'est-à-dire, appuyer ; et cof 
c'est-à-dire, coup. 

Coccum. C'est de la graine pour rougir ; d'où vier 
cochenille : et de-là vient coq, c'esl-à-dire, rouge e 
Breton, et le nom de l'oiseau coq, à cause de sa cresl 
rouge, et durocobTiva, c'est-ù-dire, pont sur eau rougi 
(Antonin.) 

'Coccus. C'est l'arbrisseau qui porte la graine d'éca: 
late; d'où vient le mot de cochenille. C'est une espec 
i'Itex bas, dont le Bas-Languedoc abonde. On amass 
ces petites graines, où il se forme de petits vers ; d'où ei 
venu le nom de vermillon qu'on a donné à celte couleui 

Cocu. Un cornard. Ces mots sont assez connus; mai 
je les mets pour remarquer leur origine- Les uns diser 
que c'est à cause qu'on estime fol celuy qui est eoroan 
pour avoir souffert qu'on luy llst cette escorne : c'e: 
pourquoy on luy attribue des cornes, pource que le 



r 



COG 165 

babils des fols ou maroies en avoient autrefois. Les autres 
le veulent faire venir de Moyse, à cause des cornes avec 
lesquelles on le peint. Les autres de Cippus, Roy cornu, 
qui estoit contraint de se tenir caché pour la honte qu*iL 
a?oit, comme voulant dire que les cornards se devroienl 
cacher, de mesme que s'ils avoient des cornes. 

Quant au nom de cocu, il leur est attribué Tort à contre- 
sens, veu que cet oiseau va pondre au nid d'autruy, et 
que l'oiseau appelle curruca lui esleve son poussin; à 
caosedequoy on devroit appeller coctis^ etavec plus de 
raison, les hommes qui hantent avec la femme de celuy 
qu'on appelle cornard : et c'est ainsi que les Romains 
s'en servoient, comme il appert par Juvenal : 

Tu tibi tanc curruca places. 

Mais cela pourroit estre venu de ce qu'on appelle un 
sot, un becpjaune, c'est-à-dire, un oison, ou un Cocu, à 
cause de la couleur du bec du premier, ou de celle du 
plumage et bec du dernier. (Voyez Conard.) 

Goegaulx. Égaux. 

Goénae. Prestres des Gaulois, dits de l'Hebrieu Coé'n, 
c'esl-à-dire, Prestre. (Bochart.) 

Ck>eiie. Antoine, (selon Vigenere sûr Yillehardoiiin) : 
mais j'estime que c'est par l'erreur de ceux qui ont leu 
le ms. parce qu'ils ont confondu le t, et le c ; car cela est 
arrivé à beaucoup de personnes, à cause que les Anciens 
lesfaisoient fort semblables; de sorte que je croy qu'il y 
avoit Toëne, et non Coëne. 

Coetiver ou Coitiver. Échauffer, entretenir chaud, 
fomenter. (Monet.) 

Ck>fin. Cabat, panier. (Monet). (Voyez Cophim.) 

Cognition. Connoissance. 

Cognon. Surnom, (selon Honet.) Lespleignay parlant 
de l'empoisonnement de François Dauphin, iiis de Fran- 
çois, qui fut empoisonné Tan 1536. avec du baranc, dit : 

Pire es que le cruel Néron, 
Néronissime est ton cognon. 
L'expérience en est en l'effet. 



L 



Gotaerte. Héritage. (Traité delà guerre mg. de Bérau 
Stuart, Sieur d'Aubigny.) 

Cohuage. [Droit qui se lève sur les gens qui sont a 
marché. (Lauriere, Glossaire du Droit français.) 

Cohue. C'est l'Auditoire des Juges, comme aussi ut 
Haie i et vient à coëundo, c'est-à-dire, de s'assemblei 
ou de cohors. Pathelin s'en sert. 

Col. Quoy. (Percevai.) 

Coiche d'un arc. G'esl-à-dire, eDcocheure. 

Coint Coin de quelque chose. 

Pour porter les coins du Suaire. {Villon.) 

CoiNT. Beau, galant, ajusté, propre; de cultus, c 
captus. 

Si scet si cointe robe faire, 

Que de couleurs y a cent paire. (Rose.) 

Colntemant. Proprement, galamment. (Honel.) 
Cointerie. Afféterie. 

Si M honnissent et ahontent 

Par outragea se cointerie. 

Qui est signe de puterie. (Ovide.} 

Cointle. Gentillesse. R- de la Bose ms. parlant d'ui 
robe: 

Et découpée par coentie. 

Se Cointoyer. C'est-à-dire, s'ajuster proprement, : 
soigner. (Songe du Verger.) 

Coireaux. Bœufs engraissez. (Rabelais.) 

Coisse. [En Provence, c'est le droit de mesurag 
(Du Gange, à Cossa I.)] 

Goite. Saye ou robe. (Songe du Verçer.) C'est aus 
un lit de plume. 

Golbert. C'est un compagnon d'affranchissement; ( 
Colibertus. 

Gole. Piluite. (L'Esplaignay.) C'est aussi affection i 



r 



COM 167 

désir; comme aussi ire, selon Nicot ; de colera, selon la 
Fontaine des Amoureux : 

Bien avoit esté à Tescole. 
Alors fu mis en une coU 
D'apprendre. 

Une eolo en Languedoc, c'est une Iroupe d'artisans 
lignez ensemble pour entreprendre quelque ouvrage de 
leur mestier. 

Colée. Dn coup â*espée sur le col. (Perceval.) 

Pas reçoevent tel colée^ 

Tous Chevaliers qui ceint espée. {Guille Ville,) 

Collage. [Droit que le seigneur lève sur les bœufs 
destina au labourage. (Laurière, Gl. Droit franc.]] 

Colletln. Simple pourpoint, ou saye sans manche de 
peao ou autre chose. (Honet.) 

Collocté. Luté, joint. 

A Colombeaax. C'est une esloffe flgurée en forme 
itcolomhSf c'est-à-dire, pigeons. 

Un drap de soye à colombeaux, {Perceval.) 

Colps. Le col. 

Golx. Coups. (Faucbet.) Godefroy de Leigny dit : 

Miex Yoil vivre, et sofrir les colx, 

Gom. C'estrà-dire, combien et come. (Boëce ms.) 

Ainsi com fere le soioient. {Perceval,) 

Gomans et Gomands. C*est-à-dire, commandemens. 

Qui ont sceu faire mes comands^ 

Gomme tu peux voir ôs Romans 

De lean de-Mehun qui tant m'appreuve, 

Et tant les Sophistes repreuve. {La Fontaine.) 

Ta convenance te tiendray : 
Or escoute, ie t'apprendray 
Les articles et les comans, {Ovide,) 

JeCoMANs. C*est-à*dire, je commence, et parfois je 
tommande. 



1 



Cornent ie veil que ce Romans, 

Soit appelle que ie comans. (Rose.) 

Combatable. Combatanl, vaillant. (Voyez j 

Combe. Vallée. (Nicot.) 

Gomltial. Uau^mal ; du Latin morbus comit 

j Commande. [Droit perçu par le seigneur 

j gens de coodition servile. (Launère, Gloss. du l 

La Commençaille. C'est-à-dire, le commei 
(R. de la Rose ms.) 

Comnuel. D'accord. (Villetiardouin.) 

Compaln. Compagnon. (R. de Merlin.) Ce 
de ce qu'ils mangent mesme pain ; de cum, et 

Mais me dit, compains, or soyez 

Sear, et ne vans esmayez ; 

le connois de pieça dangier 

Prest à mesdire el lédangier, {Rote.) 

Alain Chartier, Débat des deux Fortunes d'Am 
Et le eompaint. 
Qui cognoist bien comme il en est attains, 

Le Reclus de Molens, dit : 

Hé ! caitia gloas en frans compains. 
De peu men^er est-on plue sains? 

De ce mot vient compagnie. (Voyez Betma.) 
Comparager. Comparer. (Songe du Verg 
Comperre. Acquérir ; de comparare. 

Tel n'en peut mais qui trop compère. (Ra. 

Complaisance (Droict de). C'est pour le 
la fille du Seigneur. 

Compost. Composition, recueil. 

Comtes; de Comités. C'estoient jadis les 
gens de Conseil, Secrétaires, et Juges des Vill 
sous Charlemagne. De sorte que le Comte n'a' 



r' 



CON 409 

Ville sous soy, et le Duc plusieurs, à sçavoir une Province. 
(Voyez Quens,) 

ComunaisoD. Communion ; la Cène. 

Comunalment. En commun, ensemble. (Perceval.) 

Gomunaux. Public; et en Languedoc, lou comunal, 
e'esl-à-dire, un pré, ou autre lieu public, appartenant à 
la Ville. 

Con. C'est-à-dire, que, comme, qu*on. 

Merveilles est, con dire l'ose. (Rose.) 

Conardie. Sottise, selon le Livre de la Diablerie. Et 
Conard, c'est-à-dire, sot: d'où Vient cornard, à cause de 
la similitude de ces mots. 

CoDchever. Concevoir. 

Gonchler. Contaminer. 

Conchlerres. Poltron. 

De Tame que li rotrierres, 

Li traistres, It conckierres^ 

A trait par sa subjection, 

A dampnable condition. (Ovide.) 

C0N6HIEBRES. [Signifle aussi : imposteur , trompeur , 
corrupteur. (L. J. p. 76.)] 

Gonclon. Sermon. 

m 

Goncort. [Droit de fief. Ce droit était équivalent au 
(Iroitde rachat. (La Curne, Glossaire français.)] 

Goncueilllr. Diriger. Bible Historiaux: « Car il con- 
• vient à celui qui a toute histoire, qu'il concueille l'en- 
< (endement à ordonner sa parole. » 

CoDdoloir. Avoir du chagrin, se condoloirdu mal 
d'aatrui, c'est-à-dire, se chagriner du mal d'autrui. (Honet. 
Nicol.) 

Conestable : C'est une dignité des Goths, la seconde 
après le Roy, c'est-à-dire, le grand Escuyer. (Ragueau.) 
Nais il s'est aussi employé enfin pour des Maistres 
d'Hostels communs. R. des sept Sages dit : 

Tantost corent osté la table^ 
Li Sergent, et li Conestable. 

I. 22 



n 



> 



170 



CON 



Perceval : 

Amis, allez as Canestables, 

Et dites qu'ils mettent les tables. 

R. de la Rose, où la Nature parlant de Dieu, dit : 

Il m'a sa chamberiere prise 
Pour Conestable, pour Vicoere. 

Conestablle. Compagnie de gens de guerre ; et 
Conestable, c*est-à-dire, Chef. (Froissart. Fauchet.) R. de 
la destruction de Troye dit: 

Hector l'en ot fait Conestable 
De gens de pied et ses parties. 

R. de Siperis : 

Belles Conestablies 
De soudoyers armez. 

Confalonler. C*est-à-dire, porte^Guidon, ou Enseigne. 

(Rabelais.) 

Confanon et Gonfanon. C'est-ù-dire, Estendard. 
(Villehardoûin.) (Voyez Goufanon.) 

Conteron. Gonfanon. (Geliot.) 

CoDfés. Confessé. 

le voudrois moult estre confés, 
Il est un Chapelain si prés. 

Congréement. Caillement, congélation, en parlant 
du lait, où de quelque autre liqueur. (Nicot.) 

CoDgréer. Se cailler, se prendre, se congeler. (Nicot.) 
« Le sang s'est congréé et congelé de froid. » 

Conroy et Conrolt. C'est-à-dire, troupe, suite, train, 
soin ; et conré^r, soigner. 

En trois conrois et départies. 

Ija Royne ot en son conroy 
Dames pucelles plus de cent. 

Quand orent fet lor sis conrois 
De lor Chevaliers, li Grégeois 



{Perceval.) 
{Gauvain,) 



S'ordonnent li Sergens à pié, 

Quatre conrois d'els ont rengié. (Mactibées,) 

A tant issioient li conroy fors de la Ville. {Merlin.) 



j 



COiN 171 

GoKROT et GoNRoiT. Dénolc aussi un projet, dessein. 
R. de la destruction de Troye dit : 

le vous conseille pour le mieux, 
Que vous preniez autre canroy, 

Parfoisil veut dire, le principal. Fontaine des Amoureux 
dit: 

Mars est dur, et pesant, et froid, 

Des autres tous c'est le conroU, 

IleiD, ordre. Froissart : 

Sans tenir voye ne conroy. 

(Voyez ir^er.) 

Consaulx ou Consaux. C'est-à-dire, conseil; et 
Coosals ou Escbevins. (Froissart. Hugues de Berry, en sa 
Bibliothèque.) 

Li Duc, et li comte, et li Roy, 

Se devroient bien conseiller 

Grand cofuaux y auroit roestier. {Guyot,) 

Ck)iisaut. Conserve. (Merlin.) 

Consentir. Donner, accorder. .(Voyez Dex.) 

Conseve. Frappée. 

Consierge. Garde et Conservateur; de conservare. 

Consleut. Blessa ; du Latin conscivit. 

Consuivir. Attraper, atteindre. Thibaut, roy de 
Sayarre, dit : 

Et si je puis consuivir 
Le cerf qui s'y fait fuir. 

Consuivrier. Le Chastelain de Coucy dit : 

Amours griefs m'est à consuivrier 

Le grand soûlas, et la grand compagnie. 

Consul. Conseiller. Froissart dit : 

Le Roy et ses Consuls en furent contens. 

Gontendre. Débattre; contemps, c'est-à-dire, débat; 
eoDtenœr et contencier, débattre ; contencié, débattu ; 
ieeontendere. 



I 



Oonteours et Conteors. Conteurs, Taiseurs de 
Contes et Bomans. (Voyez Jougleors.) [Avocats ou procu- 
reurs qui contaient le fait aux juges.] 

Conlraire. Retirer ou accourcir ; de contraherc. 

Contraller. Contrarier. 

Coiilraiix. Conliacis. (Songe du Verger.} 

Contreable. Contraire. (Mehun au Codicile.) 

Contrebaade. Marchandise prohibée contre le ban, 
c'est-à-dire, la proclamation. 

Gontreporteur. Revendeur, Colporteur. (Nicol.) 

Contrestant. Nonobslant. (Pasquier.) 

Contresler. S'opposer ; de contre ester, c'est-à-dire, 
eslre contre. (Sicol): » Guy de Warwich onc n'avoit 
. trouvé homme qui lui peustcoH/res/cr en champ de 
' bataille. « 

Contreuves. Inventions, Tables. 

Con trou vailles. C'est la mesme chose. 

Convant. Tenir le Convenl, c'est-à-dire, la chose 
qu'on u promis ou convenu de faire. (Merlin.) 

Convenance. Pacle. et promesse. 

Convenancer. PromeUrc. (Patbelia.) 

Convenant. Alliance, et devoir. [C'était aussi la 
prestation due au seigneur par le roturier. (Gtoss. de 
l'Histoire de Bretagne.)] 

Con vicier. Injurier. 

Convier. Manger ensemble; de cum et vivere, ou 
iiicn7a7-£ : et à cause de cela il est employé pour inviter 
ou prier à disner, ou souper quelqu'un. D'où vient le mot 
de Languedoc coubida, c'est-à-dire, prier à un festin. 

Convis. Feslin. Marot, Colloque d'Ërasme, dit: 
Répondez-moi do quel eetophe 
Est le grand aise'/ A vostro avis 
Où le prenez-vous? 



COQ 173 

L*Abbé : 

En convis, 
A boire et dormir tant qu'on peuit. 

Goordes. Citrouilles. (Aldobrandin.) On les appelloit 
aussi gourdes; d'où vient le mot de Languedoc cougourle 
et cougourde. (Voyez Bacelote.) 

Cop. Coup ; el beaucop, beaucoup. (Coquillard. 
Perceval.) Ce mot est encore en usage en Languedoc, et 
vient de xém<ûferio; d'où vient copter, ou cobter, c'est- 
à-dire, frapper. 

Cope. Coupe. 

Bedevers devant il alloit, 

Qui le cope le Roy portoit. (Brut,) 

Copet. Couteau de boucher ; du mot couper. 

Copliin* Panier. (Nicot.) D*où vient un couffin, mot 
de Languedoc, pour dire un recoin, ou lieu à mettre les 
choses de petileconséquence, venant de cophinus, panier 
de jonc. 

Ck>pllces. Complices. (Pasquier après Flodoart.) 

Copser, et Cosser, Prendre coup. (Perionius.) 

Copter. Frapper, battre. (Nicot.) 

Au Copulaud. A l'essai, à l'examen, à la coupelle. 
(Rabelais liv.... chap. 14.) « Et le sceut si bien que au 
« copulaud il le renaoit par cueur à revers. » 

Coq. Herbe ; venant de costus. 

Coquardeau. Un galant. 

s 'an coqiiardeau 

Qui 8oit nouveau, 

Tombe en leurs mains; 

C'est un oi.seau, 

Plis au gluau. 

Ne plus ne moins. {Fausses Amours.) 

Coquardlë. Avanture. 

Devers !a levé en Picardie, 

A vint une grande coquardie. . (Mathiolus,) 



i 



174 COR 

Coquart. Un jasenr; d'où vient coqueler, coquele,e 
coquelerie ; et ceux-cy de coq, parce que les coqs font m 
semblable bruit avec les poules, que ceux qui caqueteot 
La Fontaine dit: 

Et s'il le dit, c'est un eoquarl. 
C'est aussi un homme qui contrecarre les autres. 

Qui contredit c'est un eoquarl. (Malkiolui:.) 

Ce mot signitle aussi sot, benêt, selon Harot dans se 
Opuscules : 

Et seroit l'homnie bien coquart 

Qui voudrait appeller un quart. 

Goquelle. Un pot ; de coquo. 
Coqueluche. Maladie épidémique. 

Pareillement m'avertis si tous ceux 
De ton quartier ont esté si tousseui 
Comme deçà on va coqueluchant. (Crétin.) 

Cette maladie eut grand cours l'an 1557 et fit mouri 
beaucoup de personnes : elle est décrite dans Valeriol 
Médecin. 

C'est aussi un capuçon de Moine, (selon Rabelais 
D'où vient le mot de Languedoc coucuruche, c'est-à-din 
la pointe et sommité de quelque chose. 

Coquille. C'est une ancienne coëfTure de femme 
d'oti est venu le nom delà rue Coquilliere à Paris. L 
Livret des pardons S. Trotel, dit : 

Demoiselles, pour paroistre gentilles. 

Portent ennuyt de si justes coquitles, 

Qu'il semble advis qu elles soient descoeffées. 

Et par-dessus on belles beatiUes 

Couvertes d'or, et de pierres subtiles : 

C'est un trésor qu'elles sont bien tissées ; 

Et outre ce font si bien des sallrées, etc. 

Coquine. Un pol, selon te Dictionnaire ancien appel) 
Catkolicumparvum; à'où vient coquin, c'est-à-dire, u 
qui suit les cuisines d'autruy pour vivre. 

Cor. Une cour. 

La Coraiile. Le cœur. (Voyez Corée.) 
Si li trcsperce la coraiile, (Ovide.) 



COR 175 

Corbel. Un corbeau. (Songe du Verger.) 

Corbillards. Sont Coches de Corbeil à Paris. 

Corbinage. [Ce droit varie selon les coutumes 
différentes. A Melle, en Poitou, c*était un droit en vertu 
duquel les curés prétendaient avoir le lit des gentils- 
boiDffles qui mourraient en leurs paroisses. (Laur. Gloss. 
do Droit fr.)] 

Corblner. Dérober, excroquer, tromper. (Honet.) 

Corbtneurs. Trompeurs: ce qui vient de la Fable 
d'Esope du Renard qui trompa le Corbeau ; et ainsi font 
oeax-cy, par leurs flateries. (Patbelin.) 

Go ils corhinent Eveschez. {Coquillard,) 

Gordouanou Cordouen. Le dessus du soulier, 
l'empeigne. (Monet.) 

Cordouanler. Cordonnier ; ainsi dit à cause du 
Cordouan, c'est-à-dire, cuir venu de Cordoue en Espagne, 
selon Tbeodulphus: 

Dictas de nomine Gordaba pelles. 

lA Corée. Les entrailles, c'est-à-dire, le cœur, etc. 

L'oadeur de la plus savourée 
M*entra jusqnes à la corée, (Rose.) 

Aiusi à Castres en Languedoc, on appelle ces entrailles 
/ai couradillos, et à Tholose la courado. Goudouli : 

Al cap d'un brieu, lou fetgé, et la courado, 

Gargoton de calou, 

Et mon de doulon 

Enraumassa^io, engargassado, esquinassado. 

C'est- à dire. 

Au bout d'un peu de temps, le foye et les entrailles 
Me bouillonnent de chaleur, 
Et je meurs de douleur 
Enmmée, ei^ouée, et eschinée. 

Corent. Qu'ils eurent. R, des sept Sages dit : 

Tantost corent osté la table, 
U Sergent, et li Conestable. 

Goreor. Coureur, picoreur. 



Corgeon, Gor|oD. Cordon, couroie de sou)ie 
(Honet.) (Voyez Corion.) 

Corgie. Une verge, ou sangle de cuir; d'où vie 
une escourgée. Perceval, parlantd'un qu'on chastie, di 
En sa mam droite une corgie. 

(Voyez Courgie.) 

Gorias. Dur comme cuir, coriace. (Nicot.) 

Corldol ou Coridor. Espèce de galerie, dite de cun 

Corion. Des attaches de cuir k mon advis. Froissai 
vol. 3. chap. 69 : • Faisant porter devant lui son ?enm 

• pleinement de France et d'Angleterre, et ventilloit ! 

• vent par une manière estrange ; car les corions t 

• descendoient presque en terre. ° 

'Corima et Curini. Zyihum. de la bière. (Bocharl.) 
Cornage. [Droit sur les bœufs. (Laur. Gloss. D. F.j. 

Cornard. [Voyez Cocu.) La Couslume d'appeller ain 
les maris dont les femmes se gouvernent mai, est fo 
ancienne, comme a doctement remarqué Ménage en s 
Origines Frangoises, où il cite une passage d'Artemido 
à cet effet, et un de Nicelas, qui dit qu'Andronicus ren 
plissoit sa basse cour de cornes des bestes qu'il preno 
pour marque des femmes qu'il corrompoit : et par ce m 
de Cornard, on entend que celuy qu on en appelle, € 
comme le Bouc, qui souffre qu'un autre Bouc couvre I 
mêmes Chèvres que luy. 

Ce mot vient aussi selon quelques-uns àecoronatu 
c'est-à-dire, pelé comme un Prestre. Mais quoique i'( 
aye donné d'aulresétymologJes plausibles, j'estimequ 
vient de la cornette qu'on lioit sur ta teste, et qui montre 
comme deux petites cornes ; comme si ondisoitque ce 
un homme que sa femme gouverne, et lui fait comn 

Îiortersa cornette: comme au contraire on dit que o 
emmes qui gouvernent leurs maris, portent leu 
chausses. 

Comète. C'est le devant d'un chaperon ou bourrelf 
qu'on entortilloit sur la fontaine de la teste, c'est-à-dir 
sur l'os coronni, (selon Nicot.) Et ce nom vient de < 



r 



COR 177 

qu'après avoir fait tous ces tours, les bouts formoient 
sur la teste comme deux petites cornes, comme a 
remarqué H. Beloy, et comme je Tay depuis observé en 
00 aocien portrait qui est chez Hr. He. Pierre Fabry, 
Procoreur du Roy en la Chambre de TEditséantà Castres, 
personnage très-curieux des belles choses, et versé en 
tOQles sortes de belles connoissances. Maintenant la 
Comète est une marque de Magistrature, et on la porte 
pendante des deux costcz des épaules, et le chaperon par 
derrière: c'est ainsi que les Consuls de diverses Villes 
la portent, et entr*autres ceux de Castres en Languedoc. 
Cestoit aussi quelque ruban ou attache. Villon dit : 

A chacun une grand comète, 

Pour pendre à leurs chapeaux de feulte. 

C'estoit pour rattacher sous le menton. Martial 
d'Auvergne dit : 

Tretous ceux-là firent le deuil, 
Et estoient en courte comète, 

Cornouaille. Cornouiller, arbre. 

Lt chalemel de cornouaille. (Ovide.) 

(Test aussi une Province d*ÂngIelerre ; d'où vient le 
meilleur estein. 

Coronée (la). La Vierge Marie. (Pathelin.) 

Corot. Courroux. (Perceval.) 

Gorpablè. Coupable. [Ce mot signifie aussi : intimé, 
défendeur. (L. J. p. 264.)] 

Gorrelaire. Loyer. (Boëce.) 

Correlaires. Augmentations ; de corollarium. 

Corromption. Corruption. 

Corpor. Tomber ; de ccrruere. Villehardouin écrit : 
■ Se lait corror; > c*est-à-dire, se laissa tomber. 

Ck>rroy. Esquadron. 

Cors. Court, ou petit. Lambert li cors écrit : 

La verte de lliistoire, si corn li Rois la fit. 
Un clercs de Chasteaudun, Lambert li cors Tescrit, 
Qai de Latin la trest, et en Romans la mist. 
I. 23 



Corsaire. Pirate. Il y a apparence que ce mot vier 
de risie de Corse. 

Gortaise. Courtoisie. (Perceval.) 

Corlll. Petit jardin. Calholicum parvum. (FroissarL' 



De pai 
Etdei 



. et d'eue bs peureat, 
chosps qui el cor m furi-nt 



Corvayeur. [Qui doit la corvée. (D. C. à Pleisseiciam. 

Corvéable a volonté. [Les corvées sont deuës parl< 
sujets, à cause de leurs personnes, ou des héritages ( 
ce cliargez, soit en journée de corps el de bras, ou ( 
chevaux, asnes, bœufs, charrue, ou charroits. (Laurier 
Gloss. Droit Trançais)]. 

Corybantier. Dormir les yeux ouveris. (Rabelais.) 

Cos. Cols : de colla. (Voyez Massue.) 

Cosme. Chevelure; ce mot vient du Latin coma. 
Lors li respondi la pucelle, 
Qui tant est avenante et belle, 
Et tant avoit blonde la cosme. {Perceval.) 

Cosmopolite. Habitant du monde, selon les det 
mots Grecs qui composent ce mot. 

iBorel place ici la biographie d'un Sendivogius , ban 
onais, qui prit lu nom de Cosmopolite, porté par un alchimis 
ângUis dont il s'empara des papiers. Lui-même se livra à d 
expériences de philosophie hermétique. Il prétendit avoir déco 
vert la pierre philosophale el reçut de plusieurs princes alleroan 
des témoignages d'un intérêt facile à comprendre ; mais, comn 
tous tes gêna qui prenaient le titre de pbiloisophea hermétique 
il ne fut qu'un charlatan dont le seul secret, au lieu de produi 
de l'or, consistait à en obtenir de ses dupes. Il n'eut pas le méri 
de l'allemand Bottgher, né dans le Voigbtland, en 16)fô, qui, to 
en cherchant la recotte de la poudre d'or, fil une découverte bii 
plus imporlanle que celle de la transmutation du cuivre en or ; 
trouva, en 1707, la transformation de l'argile en porcelaine 
fabriqua cette belle porcelaine qui a fait la richesse de la Sax 
Nous n'avons pas reproduit la longue biographie de Sendivogii 
qui n'offre aucun iniérét au point de vue philologique.] 

Cosser. Courroucer, irriter. 



r 



COT 179 

CossER OU CoTiR. Heupter teste contre teste, choquer de 
front comme les moutons. (Honet.) 

Ck)stal et Costau. Auprès. (Perceval.) 

Ck>st6. Le costé. (Perceval.) 

Costiere. A costé. 

Costumel. [Redevance payée de temps immémorial. 
(La Curne, Glossaire français.)] 

Cote. Robe de femme, venant par syncope de croco/a, 
robe ancienne des femmes, (selon Gicéron.) 

Cotelles. Idem. Pathelin dit : 

Et d'avoir sans deslier bourse. 
Des fourrures pour nos cotelles. 

Elles Menus propos de Pierre Gringoire : 

lason ne peut refourrer sa cotellej 
De la toison dont il fut conquesteur. 

Par ces citations il est évident, que Cotelle esioil un habit 
d'homme aussi-bien que de femme ; et j*estime que c'estoit 
une espèce de juste-au-corps : d'autres le font venir de 
hiènopj et les autres de cutis, c'esl-à-dirè, peau, ou 
envelope. De-là vient le mot de Cotillon. 

Cotelle ou Coutelle en Languedoc» est un couteau grand 
et long. 

Gotereaux. Associez. 

Coterel. Sorte d*arme ancienne, selon un ancien 
Poète qui, parlant d'un vilain, dit : 

Si le convient armer, 
Pour la terre garder, 
Coterel et haunet, 
Et macue et guilet, 
Arc et lance enfumée, 
Qu'il n*ait soin de mêlée. 
Avec luy ait couchtée 
L'espée enrouillée. 
Pais ait son vieil escu. 

Coterie. C'est une société de paysans émeus, [c*est-à- 
dire révoltés]. Tenir en coterie^ c'est-à-dire, en société. 
[Voyez Main- ferme,) 



180 COU 

Cotice. Sorte de bandes, termes d'armoiries. 
Gotissent. Frappent. 

Li fleus la bâtent et la heurtent, 

Qui tousiours à lié se combatent : 

Et maintesfois tant y cotissent, 

Que tout en mer s'ensevelissent. (Rose.) 

• 

CotoDiat. Confiture de coins. (Rabelais.) Aujourd'hui 
cotignac. On disoit coudignac^ codignac; mais lesPédans 
disoient cotonia, de cotonium pour cotoneum. 

Cotret. Petit fagot de bois sec, dit ainsi de eonslrictum^ 
ou de got trefe^ c*est-à-dire, en Langue Danoise, bon bois. 
Or les Norvegeois l*y ayant porté en France, ce mol y 
est demeuré. D*autres« selon Ménage, veulent que ce mot 
vienne de la forest de Villers-Colrets ; dite ainsi, comme 
qui diroit col du rets. 

Cottereaux. Sorte de voleurs, venus depuis une 
émeute ou sédition ancienne; c'estoient des paisans 
assemblez et armez de bastons ferrez et cotrets, d*où leur 
fut donné ce nom. (Honstrelet.) 

Cottir. Heurter. (Voyez Cobter.) (Nicot.) Il vient de 
jtônXciy^ pulsare. 

Cottie^*. [Tènemenl roturier. (La Curne, Gl. F.)] 

Couard. Timide, poltron. (Tricot.) 

Couarder. Craindre. 

Si commença à couarder, (Rose,) 

Couardia. Poltronnerie. (Voyez Vasselage,) Et ce mot 
vient de coue^ c*est-à-dire, la queue; parce que les bestes 
qui craignent, la porte entre les jambes ; d'où vient nostre 
mot de couard. 

Coue. Queue. (Honet. Nicot.) 

Coué. Ayant une queue. (Monet. Nicot.) 

Couenallle. Canaille. (Perceval.) 

Coueoeux. Convoiteus, 



r 



COU 181 

Couffin. (Voyez Cophin) 

Coaillards. Pierriersou machines de guerre ancien- 
nes, pour jeller des pierres. 

Covine Suite de personnes, ce qui vienl du mol coue^ 
queue. Mehun au Codicille, parlant de TEglise, dit: 

Là verras-tu offrir, Daines à grand couvine ? 
Autres si bien parées, ou mieux comme une Royne. 

Hk)vlns. C*esl une sorte de chariot des anciens Anglois 
et Gaulois, dit aussi curj'us roslratus. (Grossius sur 
LucaiD, livre!.) 

C'estoient des chariots à combattre, et armez, selon le 
Grand Allas, et Covinarhises{o\i le Cocher. C'estoit pos- 
sible de ces chariols garnis de couteaux et rasoirs, qui 
en passant dans une armée faisoient du ravage. Il en est 
parle dans le livre des Macabées. (Mêla et Calepin.) C'est 
pourquoy on faisoit la guerre avec des chariols. 

m 

CoviDus. Chariot de guerre. (Mêla. Lucain.) 

Couletage ou Courretage. Droictsur les Courliers. 

ConlevriDiers. Sorte de Soldats anciens, selon l'Art 
Militaire ms. en velin^de BeraultStuart, sieur d'Aubigny. 
(Voyez Estradiots.) 

Coulombe. Colomne. (Bible Ilisloriaux.) 

Coulon. Pigeon. (Nicot.) 

Ckialper. Blâmer. (Nicot.) 

Coaltean ; de cultellus. 

CoiiUre. Couteau ; de cuUer. 

Ck>up ou Coupeau. Cocu, celui de qui la femme 
iabandonne à un autre homme. (Nicot.) 

Cotp. De xoniç, coutelas, espèce de sabre. (Nicot.) 

Conple. Mariage, copulation , ou assemblage ; de 
Ppula^ selon un rare manuscrit ancien en velin avec de 
Irfe^rares miniatures, intitulé le « Discours de Plutarque, 
t sur le mariage de Pollion et Euridice », appartenant à 



182 COD 

M. Claude Martin, très-docte et très-curieux Médecin de 
Paris : « Que nous représente, dit-il, fol. 6. la fable de 
« Pasipha, que les Poètes feignent avoir eu commixtioa 
« et couple advecques ung Thoreau ? » 

Coupler. Joindre. 

L'un se lie à Tautre et le couple, 

One en estour ne vis tel couple, 

Si renforça le chapeleis, 

Là fut si fort le trupigneys, 

Qa'oncques à nul tournoyement 

N*eust de cops autel payement. {Rose.} 

Gourade. Les entrailles. Guill. Boyer Provençal dit : 

My pougner la courada 
De Ka flécha daurada. 

Voyez Corée. 
La CouralUe. Aussi les entrailles. 

C'est la douleur, c'est la bataille, 

Qui li détrenche la couraille. (Rose.) 

Couralment. Cordialement. Bertrand de Marseille 

dit: 

De my que Tay aimada couralment. 

Gourcaillets. Espèce de chausses plissées eooime 
l'appeau qui imiie le cri des cailles. (Feneste, liv. 2. 
chap. 13.) 

Coupcer. Se courroucer. (Bethancourt.) 

Quand vers eux se cource forment. {Roue.) 

Gourée. (Voyez Corée.) 
Couréer. Soigner. 
Gourfeu. Couvre-feu. 
Gourgie. Un fouet. (Voyez Corgie.) 

A or, et d'or fu li bastons. 

Où la courgie estoit noée. (Gauvain.) 

Gourreaux. Barres et coulisses. 

D'à voir jusqu'aux courreaux roraipn d'airain les portes. 

(Maroty Ps.) 



cou 183 

Courson de ventre. Flux. 

Courtage. Honneurs et respects. (Coquillard.) C'est 
aussi, selon Monet, le salaire des Courtières. 

jConrtibaut. Sorte de tunique ou dalmatique 
ancienne ; de curtum tibiale. On rappelle encore de ce 
, nom en Berry, dans la Saintonge et dans la Touraine. 
Ijbs Moines en changent selon les Fêles. Et on nomme 
ainsi cet habit, parce qu'il ne passe les genoux que de 
quelques doitgs. (Duchal, notes sur Rabelais.) 

Courtière. Courratiere, proxénète. 

Une courtière qui ne vit, 

D'autre chose que de courtage. {Coquillard,) 

Et ailleurs : 

Une courtière et maquerelle. 

Ce mot vient de courir. (Nicot.) 

Courtil. Jardin, bassecour. (Monet.) (Voyez Torlils.) 

Courtis. [Terre sujette au terrage. (Du Gange, à 
Couirticularius.)] 

Conrvée. C'est un droit surles Vassaux. Je crois qu'il 
vient de courir, comme si on disoil courm. 

Coustage. Dépense. 

Ck>astel. Couteau. Rebours de Mathiolus dit : 

D'un coustel,so ferit à mort. 

Coostille. Une espée ou long poignard ; ainsi dite, 
parce qu'on les portoit sur le costé; ou de couslel, c'est- 
à-^ire, un couteau ; et on appelle encore un long couteau, 
une coutelo, en Languedoc : ce qui vient du Latin cuUellus. 

Ck>ustllllers , esloient les valets qui porloient la 
Goustille, et se tenoient près de Thomme d'armes. (Fau- 
cbet.) Tel estoit un de la noble et ancienne maison de 
Lauriol de Viviers les Montagnes, près de Castres, du 
temps du Comte Raimond de Telose, en sa guerre pour 
les Albigeois, selon son Epiiaphe, où est ce Vers : 

Raimundi Comitis scutifer, et portitor ensis. 



184 COY 

Et les Vigiles de Charles YII : 

Les coustilliers et guisarmiers se partirent. 

Coustumerie. [C'est le lieu où Ton exige le péage. 
(Laurière, Gloss. Droit français.)] 

Coûte. Couëte, lit de plume. 

Couteaux. Je mets ce mot, pour remarquer que les 
Anciens avoicnt dés couteaux .gros et longs, a trois 
quarres, tranchans depuis la pointe jusqu'au manche, 
selon Fauchet eUa grande Cronique de France. 

Coutibau. Sorte de robe, que Nicot interprète vesle- 
ment Royal. Coutibaut^ en Berry, est une damaltique. 
(Voyez Courtibaul.) 

Coutilier Coutelier, ouvrier en couteaux. (Monet.) 
CouTïLiER. Valet d'armes. (Monet.) (Voyez Coustilliers.) 

Coutinaut. Beau, en Langue Tolosaine. Goudduli, 
Advocat, et Poète Tolosain excellent, qui est allé de pair 
avec les anciens Poêles, n'ayant rien qui ne soit très- 
poëlique et plein d'art, en son livre appelle lou Ramelet 
moundi, dit : 

A quos per tu n'as coutinaut^ 
Ses qui l'amour serio quinaut. 

Le Coutte. Lecoude; eicovttée, une coudée. (Bible 
Historiaux.) 

Couture. Culture. 

Couverceau. Couvercle. (Coquillard.) 

Couvertiz. [Droit d'étaler sous un marché couvert. 
(La Curne, Gloss. français.)] 

Couvertour. Couverte de lit. (Perceval.) Ce mot vient 
du verbe couvrir ; et de-là vient aussi coubertouirOj c'est- 
à-dire, la couverte de pot, en Languedoc. 

Couviver. Flater. (R. de la Rose.) 

Coy. Tranquile, paisible. (Nicot.) 

. Coyté. Tranquilité. (Nicot.) 



. CRE 185 

Coytement. Tranquillement, paisiblement. (Nicot.) 

Goytiver. Cultiver ; d'où vient le mot de Languedoc 
emytiba, signifiant la mesme chose. 

Crache. Crèche. (Abrégé de la Bible.) 

*Craig. Pierre ; d*où vient, selon Bochart» la Crau, 
lieu de Provence, dit campi lapideU à cause qu'il est 
plein de pierres, où on dit que Jupiter les fit pleuvoir. 

Cramoisi vient de kermès. 

Grains. Cheveux ; venant de crines. (Voyez Honssus.) 

Cran. D'où vient créneau, selon Fauchet, c'est-à-dire, 
iocisioû, hosche; d'où vient osque mot de Languedoc, 
qui signifie la mesme chose. Goudouli, poète Tolosain, dit : 

Tout beou, mutus, ieu passi Tosque, 
Me pouirioQ bailla sus ta closque. 

Cranequin, est l'instrument ou bandage pour armer 
les arbalestes, dit autrement un pied de biche, selon 
Froissart et Fauchet. Et les crenaux estoient faits pour 
viser et tirer de Tare, de fer, de corne,, ou bois (car on 
en avoit de ces trois sortes,) sans estre à découvert. Et 
toas ces mots viennent de cran. 

Cranequinlers. Arbalestriers; venant de Cranequin. 

Gras. Gras ; de crassus. 

Grau. Pierre ; d'où vient la crau^ champ de six à sept 
lieoes de long entre Marseille et Narbonne, qui est fort 
pierreux. 

Creancer. Promettre, jurer. Li créant^ c'est-à-dire, 
lui Jure. 

Greand et Grand. Caution, seureté. (Ragueau.) Dit 
de ereanter. Quelques-uns estiment que le mot de garand 
en vienne. 

Creanter. Promettre. (Vigenere.) 

Vostre ire qui trop m'espoante, 

Et ie vous iur et vous créante. {Rose,) 

1. 24 



180 CRE 

Crécerelle. Oiseau. Ce mot vient de querquedula. 
C est aussi un jouet d'enfant, et tout instrument de métal 
propre à faire du bruit. 

Gredence. Croyance. 

Credenciers. Sommeliers, ou plutôt Buffetiers. Cre- 
dencej d*où l'on a fait Credenciers, vient de ritalien 
credenza, tiré du bas Latin credentia^ dans le sens de 
PrœgnstaiiOj parce qu'on se lie à un préguste, et qu'on 
en croit le jugement qu'il à donné du vin qu'il a goûté. 
(Duchat dans ses Noies sur Rabelais.) 

Credition. [Droit seigneurial qui consistait à prendre 
à crédit chez les vassaux. (Laurière, Gloss. Droit franc.)] 

Crée. Craie. (iNicol.) 

Creime. Farine grossière. 

Li Creist. Adjousta foy, le creut. 

Grenier, t^raindre. Le cremirenU c'est-à-dire, le 
craignirent ou appréhendèrent. Je cremoye, c'est-à-dire, 
je craignois. 

Or est cils mors que tant cremoienf 

Ceux de Troye ; et que tant amoient 

Ceux de Grèce : or sont esperdu 

Les Grejois, puisqu'ils Vont perdu {Ovide.) 

Grëmetens. Craintif. Alain Chartier, au Livre des 
quatre Dames, dit: 

Nul ne doit estre crernelens 
De rien sinon de faits honteux. 

Gremeur. Crainte. Alain Chartier, Traité de l'Espé- 
rance, dit: « Et pour la cremeur qu'ils tiennent par force 
^ sur leurs subjecls. » Et plus bas: « Car les Prélats se 
« vivent et contiennent, comme exempts du devoir de 
« leur estât et de la cremeur de Dieu. » 

Le mesme au Livre des quatre Dames : 

Me fait enquerre sans demour 
Ce que j'ay de savoir cremour» 

Gremir. Craindre. Rebours dé Mathiolus dit : 

Si doit-on de paour frémir. 
Et le puissant Juge cremir. 






CRE 187 



Alain Chariier, au Livre des quatre Dames : 

Droiz est que le Juge cremisse. 

Cren. Entaille, encoche, cran. (Nicol.) 

Créneau. De crena^ c'est-à-dire, fente. (Voyez Cran 
elCresteau.) 

Crennequin. Espèce d'habillement de teste, d'homme 
de guerre à cheval. (Nicot.) 

Grennequtnier. Homme de guerre, armé de cren- 
nequin. 

Crenqaeniers. Officiers qui peuvent faire exécution. 

(Bagueau.) 

Creoison. Création, et créatures. Jean de Mehun, dit 
flopioel, en son Testament dit : 

Ces trois tout un en Dieu comptez, 
Créèrent toute creoison, 

Creqae. C'est le fruit de cet arbre, selon Varenes, en 
[On Roy d'armes. Ce mot est fréquent en Normandie et 
pcardie. 

1 Crequler. Un pruiaier sauvage. (Geliot en l'Indice 
irmorial.) 

' Cresme. Onction ; ce qu'on met sur Tenfanl baptisé ; 

Crespelines. Crespes, gases. (Songe du Verger.) 

Crespineet Crespinete. Sorte de coëflfure; d'où 
fcfltgrapaudaille en Languedoc pour craspaudaille. 

Et par-dessous la crespinete^ 

Cne courons d'or pourtraite. (Rose.) 

Cresteanx. Créneaux; dits ainsi, pourestre à pointes 
|r intervalles, cooime les cresles des coqs. On appelle 
keore un cres/i/ en Languedoc, un pain de muraille aigu. 

iCreveché. Couvre-chef selon le feuillet 86. d'un 
itre des Mémoires de Paris, appartenant à M. Claude 
krtio Médecin, en THistoire qu'il raconte de quelques 
Waiteurs qui coupèrent la leste de la Vierge Marie et 



i 



188 CRO 

son fils, poignardèrent sa robe, el foulèrent son creveché 
dans la boue. 

Voir Crever Taube. Poindre, ou commencer, c'esl-à- 
dire, à la pointe du jour. 

^Cribelle. Creste; de THébrieu cirbel, ou carbel (B.) 

Criement. Craignent; àecrenier, craindre, 

Crien. [Droit au grain tombé des gerbes pour le 
charroi de la dime. (La Gurne, Gloss. fr.)] 

Cplep. Créer. 

Crigne ou Grine. Cheveux longs ; d*où vient le crin 
de cheval. 

Crins. Cheveux ; du Latin crines. (Voyez Charmie) 

Mais li Barbiers qui le veoit, 

Quand sa barbe et ses crins reoit. (Ooide.) 

Criquement. Bruit que font les herbes ou les feuilles 
sèches en marchant dessus. (Nicot.) 

Criquer. Rendre un bruit comme les feuilles sèches 
lorsqu'on marche dessus. (Nicot.) 

Criqueter. Faire craquer ses doigts. (Nicot.) 

Crisser. Faire un bruit aigu et âpre, comme les roues 
mal ointes. (Monet.) 

Crocans. Séditieux de France, qui s esleverent Tan 
1593. selon du Thou en son Histoire de France. G*esloient 
des Païsans de Limosin, Périgord et Poitou : et depuis 
peu d'années ils se sont souslevez derechef vers Ville* 
franche. 

^Crocoaliva. Ville d'Angleterre ; dite Crocietanum. 
Crocé. De couleur de saffran. 
Crocs de fer. Arme antique, (selon les Cr. de Fr.) 
Croicer ou Croiser. Tourmenter ; de cruciare. 
Croie« Craiç. (Honet.) 



CRÛ 189 

Croler. Blanchir de craie, croier les draps, les 
dégraisser à la craie. (Monel.) 

Croire. Prester : de creclitor. Le Drapier dil à Palhelin : 

Or, Sire, les voulez-vous croire ? 
Jusques-lâ que vous viendrez. 

Pathelin : 

Non pas croivcy mais les prendrez ] 
A mon huis en or, ou monnoye. 

Croisement. [Croix mi.<ie en signe de saisie féodale. 
(Nouveau Coutumier Général, tome II, page 397.)] 

Croisez estoient des Pèlerins, qui alloient en grand 
nombre contre les Turcs ou contre les Albigeois; el cela 
s*âppe]loil la Croisade. Et en ces expéditions ils i>réten- 
doieni gagner de grands pardons, parce que le Pape leur 
promelloil rémission générale de tous leurs péchez, et 
mesme pour leurs familles; de sortes que ces Armées se 
grossissoienl à veuë d'œil, et esloient composées de 
ceotalnes de milliers d'hommes. On les appelloit Croisez, 
parce qu'ils portoient une croix sur leur habit. (R.) 

Croissier. Se croiser. Villehardouin en son Voyage 
d'outre-mer, de Baudoin Comte de Flandres, publié par 
Vigenere. 

Croissir. Se rompre. (Perceval.) D'où vient le mol de 
Languedoc crouïssi et s'escrouïssi, qui signifie craqueter 
en se rompant. 

Croist. [Revenus végétaux d'un fief ou censive. (La 
Curae, Gloss. fr.) 

Crolis. Fondrières. 

Croniqueur. Historien. 

Crot. Fossette, trou en terre. (Monet.) 

Crote vient de creta. 

Croiibe. Courbé. 

Car moult croubes, et mouU crochues, 
Avoit les mains icelle image. (Rose.) 



190 CUE 

Groulieres. Ornières^ fondrières. (Froissarl.) 

Grouller des instruments de Musique, c'est-à-dire, 
en jouer. (Bible Historiaux ms.) 

Croupe. Epais ; du mot Alleman griib: d'où vient la 
croupe d'un cheval et le croupion ; et tous ceux-cy de 
vropygium. 

Crouppes. (Voyez Pannes.) 

Grudelité. Cruauté. 

Grueulx. Amer, cruel ; decruéelis. Crueux et cruex^ 
c'est-à-dire, la mesme chose; crueusement, c'est-à-dire, 
cruellement. 

Gruon, Grujon ou GrnioQ, comme on lit dans 
Bouchet, Serée 8. et livre 3, chap. 3., signifie en Poitou 
une cruche, et ce mot vient de TAlleman krug, qui a la 
mesme signification. 

^Grupellarii. Sorte de Soldats des anciens Gaulois. 
(Bochart.) C'esloient proprement ceux que les Latins 
appelloient cataphraclU c'est-à-dire, armez de pied en 
cap. (Ragueau.) 

Gubi. [Nom gaulois donné aux habitants A*Avaricum 
(Bourges) et du centre de la Gaule. En Irlandais, kobh 
signifie histoire.] 

*Gucullus. Ancien habit des Gaulois : selon Bochart 
c'est un capuçon ou manteau court: d'où vient bardocu- 
ctillus. 

Gude. Guide, estime. 

Au plus prud'homme qu*eUe cude 
Qui à bien faire met estude (Rose,) 

Gueillière. [Certaine mesure de grains qui se 
cueilloity c'est-à-dire qui se prenoit sur les grains apportés 
dans un marché. (G. G. t. ï, page 1251.)] 

Guel. Le col. (Songe du Verger.) 
Guelt. Guelle. Christian de Troyes, dit : 

Qui petit semc, petit cuelt ; 
Et qui auques recoeilhr velt, 



CUL i9i 

En tel lien la semence espande, 
Que fruit à cent doubles l'v rende. 

Cuens. Un Comte. (Villehardouin.) On Tescril aussi 
quens. (Voyez Qums.) 

Caer. Le cœur. 

Cueurt. Court ; de cuHis. 

Caeux. Comte. (Galland, au Franc-Alleu, page 15.) 
CcEcx ou Queux. Cuisinier. (Honet.) 

Gai. Auquel ; de cui^ c*est-à-dire, de quelle. Gamart 
de Yilliers, Poêle ancien, dit : 

De cui mesgnie estoit Gamail. 

Caider. Croire, estimer. Je cuil, c'est-à-dire, je crois. 
j II \iei\i ie cogitare. 

I Culdereaux. Amans. 

A Cui<ie}*eaua; d'amour transis. {Villon.) 

Calrasse. Ce mot vient de cuir. 

; Coirée. La curée des chiens de chasse; dite ainsi, 
I parce qu'elle se fait dans le cuir des bestes. 

Cairie. Un colet de cuir. (Fauchet.) C'est ce qu'on 
! appelle uncoletin de buffle. Le R. du nouveau Renard^ dit: 

une cuirie 

Après li à It Rois vestie. 

I 

Caisançon. Danger et fâcherie. (Ovide ms.) 
Cuissage. [Espèce de droit seigneurial.] 
Culssenler. Cuisinier ; dit ainsi du verbe cuire, 
Cnissinet. Coussin, oreiilet. (Nicot.) 
A Cuite. A force. 

Brochent à cuite d'esperon. (PercevaL) 

Caive. Du cuivre. (Voyez Poëlete.) 

Calage. [Espèce de droit seigneurial. C'était un droit 






192 CZA 

du seigneur sur les nouveaux mariés leurs vassaux. 
(Laurière, Gloss. du Droit fr.)] 

Culcitra. [Terme gaulois, signifie matelas.] 

Culvertage. [Asservissement, esclavage. (L. C, G fr.)] 

Cun. Qu'un ; cuiïs, c'est-à-dire, que un. (Perceval.) 

Gunne. Génération. 

Gupa. Grand vaisseau de bois. (Pontanus.) 

Gupidique. Amoureux, c'est-à-dire, qui part de 
Cupidon. Marol, dans son Temple de Cupidon, dit : 

Et si délibéray. 
Pour rencontrer celle Dame pudique, 
De m'en aller au Temple Cupidiqve, 

Gurer. Avoir soin ; de curare. 

Guriallste. Courtisan, homme de cour. (Nicot.) 

Guriaulx. Gens de cour, courtisans : vie curiale, 
c'est-à-dire, vie de courtisans. 

*Gurml. Voyez Cormay où ce mot est expliqué. 

Gurres. Chariots. (Bible Hisloriaux ms.) de eurrus. 

Guvert. [Serf, affranchi. (L. J. p. 108.)] 

Guvertage. [Servage, servilité. (L. J. p. 2.)] 

Gymettes. Bejettons que produit le choux après 
qu'on en a ôté les grandes feuilles. (Nicot.) 

Gyon. (Voyez Cion.) 

Clyrogrilles. Bible Historiaux ms. parlant des besles 
qu'il estoit défendu de manger, dit comme le channel, et 
le Cyrogrilles. 

Gypolne. Cyroigne, du Syroigne, c'est-à-dire, un 
Serat, espèce d'onguent. 

Gyptyae. Boucliers. (Hesychius.) 

Gzà et Là. Çà et là. (Livre ms. du Mariage de Pollion 
et d'Euridice, page 8.) 



D 



Dablée. Cueilietle, récolte. (Nicot.) 

Daces. Sorte de tribut, venant dedare; d'où est venu 
daiio, et de celoy-cy dace. 

■ 

Dacier. Collecteur, Receveur de Dace. (tfonet.) 

Dadier. C'est-à-dire, un palmier ; comme qui diroit 
un dattier, car les dattes sont le fruit du palmier* 

Dadsilas. [Mot gaulois ; repas funèbre accompagné 
de hurlements.] 

^Dagobart ou jDagobert. C'est-à-dire, Chantre 
héroïque ; de bard^ c'est-à-dire. Chantre, tels qu'estoient 
les anciens Bardes parmy les Gaulois. 

Dagoes anciennes^ ayant deux rouelles ou platines 
de fer, pour couvrir la main : et ce mot vient de dagen, 
qui en Allemand signifie une sorte de cousteau. Marot^ 
en une Satyre contre une vieille, dit: 

On me Ta dit, dague à roelle, 
Qae de moy en mal vous pariez. 

Daine. Un daim ; du Latin dama. 

Dats, Des et Dois. Ce sont tables ou estoffes tendues 
en forme de pavillon, pour empescher la poussière de 
looiber d*enhaut. 

Dale ou Dele. C*est-à-dire, en Normandie, une 
tranche ; ce qui vient de taleola. 

Dalmatique. Robe longue. (Fauchet.) C'est une 
espèce de Chasuble. 

Dam. Vallée. 

Dam et Dant. C'est-à-dire, Seigneur, de Dont ; et celuy-cy 
de Dominus. 

Et dit Dam Roy, s'il vous plaisoit. {Perceval.) 
Dont Chevalier si vos venez. fidetn.) 

1. 25 



I 

l 



494 DAM 

Dam le Dieu et Dame Dieu. C*esUà-dire, le Seigneur 
Dieu. (Villehardoûin.) A présent on ne dit que Dame à 
Paris. Autrefois les Moines se faisoient appeller Dam 
Pierre, Dam Antoine, etc. comme encore les Charteux, 
Dom : car on dit Dom Grégoire, etc. ce qui est vena 
d*Espagne, où ont dit Dom Sanche, Dom Rodrigue, etc. 
Et ces mots viennent de Dominus, (Rabelais.) 

Frère Berufle, et Dam Fremin, 

Les attendent en lieu celé. {Coquillard.) 

(Voyez SergeanL) De-là vient Dame, Vidame, Damoîselle, 
Damoisel, Domnulus. Et Donc ou Madone, cest-à-dire. 
Dame en Languedoc. 

Damage. Domage. 

Pour rappareiller le damage. (Ovide.) • • 

Damagent. Domageable. 

Dame. Quelques-uns tirent le nom de Dame, de 
rilebrieu daman silere, c'est-à-dire, se taire, parce que 
les Dames tiennent leur gravité, et affectent de parier 
peu. Ce mot de Datne ne se prenoit pas pour une fille, 
mais pour une personne mariée. Ainsi au jeu des Dames 
ou Tables, on appelle Dame Damées, celles qui sont 
jointes à une autre, c'est-à-dire, qui sont doublées. 

Fruit il doit querre, cil ou celle, 

Quel quelle soit, Dame pu pucelle. {Rose.) 

Damedex. Juron dont se sert Perceval, Tabrégeaul 
de Dam le Dex^ c'est-à-dire, Dame-Dieu. 

A Dam le Dex fet sa proiere. 

Damnez. (Voyez Danner.) 

Damoiller. Appeller souvent quelque femme 
Damoiselle. (Coquillard.) 

Damoisel, Damoiseau etDamoiseaulx. C'esloit 
un nom dont autrefois on qualifloit les jeunes hommes 
de grande maison. 

Damoiselle. Servante. 

Vit Damoiselles et serians, 
'De lui servir appareillez. {Aferlin.) 



DAN 195 

Damona. [Mot gaulois. Déesse des eaux médicinales 
jfc Bourbonne-les-Bains. Ce mot vient de TArmoricain 
ibmma chauffer, et du gaélique Doimhain profond.] 

/Dan. C'est-à-dire, en bas. — Dan. [Mot gaulois qui 
igoiOejnge'.de l'Irlandais Dan, destin, fatalité.] 

Daneher. Danser ; de densare. 

Dandin. Inepte. (Nicot.) 

iDanger. [Un fief de danger est un fief que le seigneur 
heu a pris possession sans faire foi et hommage à son 
Ifenear féodal, court risque de perdre. (L., 01. du D. fr.)] 

Danglers. Danger; dit ainsi de damnum gerere. 

Danner. Condamner, selon ]e Dialogue de la descente 
Jesus-Chrisi aux Enfers, de Charles Drelincourt 
Distre de Charenton, où il fait voir doctement et curieu- 
ent que c*estoit l'ancienne façon de parler, le 
uvaot par beaucoup d'actes anciens qu^il rapporte, 
tjemecontenteray d'en citer quelques-uns. Ce mot 
danner^ vient du Latin Damnare, c'est-à-dire, 
lamner. Ainsi Justinian es Institutes, liv.'i. delegatis^ 
2. parle des legs faits par dannation. Et le grand 
tlumier de Normandie, imprimé l'an 1539. au chap. 
Forfaitures, dit: « Meuble est le Chastel à ceux qui 
sont dannez. En trois manières sont les hommes 
tannez en Normandie, si comme leurs dessertes le 
jfequierent, etc. » Et au fol. 101. chap. 82 : « Se aucun 
éinné se aerd à une croix fichée en lerre. » Idem fol. 
U% dannez ne forfont fors ce qu'ils tenoient au 
temps qu'ils firent le meffait, les autres fiefs, et les 
«schaélés (c'est-à-dire, ce qui leur eschéoit ou arrivoit 
de nouveau), qui à eux deussent venir par héritage, 
''oivent venir aux plus prochains de lignage. » Dans 
Arrest du Parlement de Rouen, de l'année 1558. 
mé avec la Coustume Réformée de Normandie : 
fils comme procréez de sang damné, estoient 
us inhabiles à succéder. > Et dans l'appellation 
rCniversité de Paris, à rencontre des Concordats ou 
aiique-Sanction faits par le Roy François ï. avec le 
Léon X. touchant les Conciles de Constance et de 
te, en ces mots: « Item, par ledit Concile auroient 



I 



1 



196 DEA 



« 



estéoslez, extirpez, damnezel abolis les annales, déports 
de bénénces, comme abusives exactions, etc. » 

Dannement. Condamnation. 

DanzeL Damoiseau. 

Dardanier. Usurier. (Nicot.) 

Dardaux. D'eux, deux. (Villebardoûin.) 

*Dapdl. Sorte de javelot. 

Dards. Les anciens Gaulois en avoient, selon TAutheur 
des Estais et Empires du monde, qui avoientunfer 
d'une coudée de long. Ce mot vient du Grec açâiç, 

Scttta sonant, dardique volant. {Abon.) 

Darioles. Sorte de gasteaux. (Rabelais.) 

Darraiers. Derniers. (Idem.) 

De. Je mets cette particule, pour remarquer que les 
Anciens la supprimoient. 

La mort ne me greveroit mie, 

Si le mourois es bras m^amic. (Rose.) 

Pour dire de m'amie. Ainsi, il y o un Livre dit la Bible 
Guiot de Pi*ovins, pour de Guiot. El un autre dit, la Fam 
Pathelin, On dit aussi par ancienne coustume, VRosiel- 
Dieu^ pour de Dieu. Les quatre fils Aymon, pour (f it/mw. 
LEpistre Saint-Paui, pour de Saint-Paul, etc. LeBlam 
des fausses Amours dit : « Tesmoin Sichem le (Ils Emor. > 

De et Dex. C'esl-à-dire. Dieu. 

Dea. C'est-à-dire, de vray ; et vientde ^^profecio.^) 

Deable. Le Diable. 

Deartuer. Diviser, anatomiser, composé de la 
particule de et artus^ c'est-à-dire, membre. 

Deauté. 

Si tu te tiens en loyalté, 
■ le te donray tel deauté. 
Que tes playes te guérira. {Rose,) 



r 



DEF 197 

Deanx. Dieu. 
Debareté. Descoëffé. 

Onc mes ne pot estre matez, 

Ne Yaincus ne desbareteZy 

En nnlle guerre, en nul estour. {Ovide,) 

Debeto. [Mot gaulois, dans une inscription ; signifie 
partir.] 

Débite. Vente, débit. (Monet.) 

Debleare ou Embleure. Bled pendant par les 
racines. (Honet.) 

Debringandlner. Oster, quitter la cuirasse. (Nicot.) 

Dec. (Voyez Dex.) 

Decepte. Tromperie. Palhelin dit : 

Certes, voicy bien grand décepte. 

Decerclé. Bompu, dont le bord est defTait. 

Bfaint hiaume y avoit décerclé, (Rose,) 

Déchoit. Déçoit. 
Decliquer. Caqueter, dégoiser. 

Que tu m'orras bien décliquer. (Pathelin.) 

Décorer et Decorlr. C'est-à-dire, couler. (Merlin.) 

Dede. [Mot gaulois; signifle donner, poser, ériger.] 

Se Déduire ou Deduyer. C'est-à-dire, se récréer. 
(R. de la Bose.) Hehun, au Codicille, dit : 

Si vaut mieux, ce me semble, qu'en taire me déduye: 
Que ie par trop parler, ce que i'ai fait destruye. 

Déduit. Passe-temps, divertissement. 

Déerne. Pille, servante. 

Defaix. Défence, ou lieu dérendu. Coustumier d'Anjou 
dit: «Si (e sujet pesche èslieuxd^/faixde son Seigneur.» 

Defaulte. Un péché, ou défaut. 






198 DEG 

« 

Deftaux. [C'est Tamende due au seigneur censier par 
deffaut de cens non payés. (C. de Nivernois.)] 

Definaille. Fin, mort. 

Definé. Mort. (Voyez Afiner.) 

Hector est mors et définez, 

Qui laidement fu traynez 

Entour les grans muriax de Troye. (Ovide.) 

Def Iner. Tomber en langeur, finir. (Voyez Meschine.) 

Detlis. Las. (Perceval.) 

Défloraison. Perte de virginité. Ce mot vient de 
defforare. El celuy-cy à cause dos caruncules myrtiformes, 
qui forment une manière de fleur es filles, et qui viennent 
à s'ouvrir au coit. Ainsi les fleurs des jardins sont 
enveloppées d'une peau déliée appellée hymen, qui se 
rompt quand la fleur s'agrandit. A cause de cela on appelle 
Hymen, le Dieu du mariage, et la peau qui se rompt en la 
défloration; a laquelle rupture se fait une effusion de 
sang. C'est pourquoy il y a des Nations qui ont de cous- 
tume de porter en pompe le lendemain des épousailles, 
la chemise sanglante de l'épousée. Et cela se pratique 
. encore en Espagne : àquoy on adjouste un cry, en ces 
termes : Vergen la tenemos, c'est-à-dire, nous la tenons 
pour Vierge. Mais il y en a qui usent de supercherie, et 
sçavent emprunter le sang de quelque animal, pour 
tromper leurs maris. Le Blason des fausses Amours dit : 
« Après pardon Comment Amon Thamar força. Moult 
« l'olTensa Quand la chassa, Lamentant sa défloraison. « 

Defoler. (Voyez Enhasti.) 

Defoi's. Dehors. (Ibid.) 

Defoys. C'est-à-dire, défence, comme aussi pasle et 
deff'ait. (Voyez Defaix.) 

Defruiter. Se dépouiller des fruits. Mehun, en son 
Testament, dit : « C'est l'arbre qui lost se défruile. » 

Deglavier. Mourir par le glaive. 

Et le ferons deglavier, 

Ou par autre mort dévier. {Rose.) 



r 



l 



DEL 199 

Degrevance. Nuisance. 

Car riches geans ont puissance 

De faire aide et degrevance. (Rose.) 

Déguerpir ou Guerplr. C'est-à-dire, délaisser, 
abandonner. (PercevaL) Ou applique ce mot particuliè- 
rement à ceux qui abandonnent une terre qu'ils ont prise 
à rente n'y pouvant trouver leur compte. 

DehaiL Riote, tristesse. Villon dit : 

Mais adonc il y a gran dehait, 

Quand sans argent s'en va coucher Margot. 

Dehait. Gaillard, dévoué à tout ce qu'on souhaite. 
Rabelais, liv. i. chap. 27, dit: « Frère Jean des Entom- 
« meures, jeune, gallant, Trisque, déliait, bien à dextre, 
• etc. » 

Dehaiter quelqu'un, lui causer du chagrin, de la 
tristesse. (Monet.) 

Dehaitte. Prend plaisir, selon Marol, dans sa 
description du Temple de Cupidon, qui dit : 

Chacun la veut, l'entretien la souhaitte, 
À la servir tout homme se dehaitte, 

Dehalttie et Dehaité. (Voyez Deshaitié, et Hait.) 

Qui n'a pitié du point, où mon cœur est traitié, 
Et que désir tient deiiaxiié. (A. Chartier.) 

Dehalé. Maigre, défait. (Nicot.) 

Dehet. En santé, gaillard. Ce mot estant composé de 
la particule de et het, c'est-à-dire, santé, signifie mal- 
sain : mais séparé, c'est-à-dire, sain. 

Monté sur belle hacquenée, 

Et pensez que i'estois déhet. (Coguillard.) 

Dehez. Mal-heur. (Perceval.) Et maudelies, c'est-à- 
dire, mauvaise rencontre. 

Deis. Days. (Voyez Sénesclial.) 
Del. Du. (Perceval.) 



1 



200 DEH 

Delealté. Déloyauté. 

Cil estoit plein de craalté^ 

Si fit par sa déléalU. {Ovide,) 

Delectableté. Joye. (R. de la Rose.) 

Deleitança. Volupté. (Histoire des Albigeois 
ancienne.) 

Delez. Auprès, à costé, et par fois derrière. 

Delez la haye que ie n*ose 

Passer pour aller à la rose. {Rose.) 

Délire. Choisir. (Monel.) 

Delitableté. Joye. 

Deliteux et Délicieux. C'est-à-dire, agréable, déli- 
cieux. 

Deliz. Plaisir, délice. 

Deloir. Dilayer, relarder. (Perceval.) 

Deloy. Péché contre la Loy: ou délmjautéy qui vient 
de-là, à mon advis. 

Tous ceux qui auront par desloy 
Relenqui la divine Loy. {Ovide.) 

Deloyep. Délier. (Voyez Loyer,) 

Dels. C'est-à-dire, deux et dueils. (Perceval.) 

Demage. Domage. (Voyez Prou.) 

Demaiene. Domaine. Mehun au Codicille dit: «Vous 
« avez en vos gardes, et en voslre demayene. » 

Demaignement. Seigneurie. 

Demaine. Un Domaine. (Songe du Verger, et 
Pasquier.) 

Se Dementer. C'est-à-dire, ^ contrister de quelque 
chose, et en perdre presque le sens de fâcherie; venant 
de de et de mens. 

Lors .se plaint à Dieu, et démente 

De la mort qui si le tormente. {Rose.) 



r 






DEP 201 

Mes combien qu'elle se démente^ 

Combien qae die voir, ou mente. (Rose) 

Ainsi comme rae dementoye, (Rose,) 

Dementiers et Endementiers. C'est-à-dire , 
cependant. (Gauvain.) (Voyez Ygamnent.) 

Dementres. (Idem.) Thibaut de Mailly dit : 

Chacun doit penser 
Detnenlres qu'il est vis. 

Demerras. Demeureras. 

Grand ioye en ton cœur demen*as, (Rose.) 

Demissellage. [Succession en héritages cottiers , 
quand ils sont acquis avant mariage. (Laurière, Gl. fr.)] 

DemoiDe. Domaine. 

Translater de Rome en Egypte, 

La Seignorie et le Demoine^ 

Ainsi pensoit la femme Antoine. (Ovide.) 

Demor. Déiay ; sans démôr, c'est-à-dire, sans dclay. 
Demoroison. C'est-à-dire, demeure, arrest. 

Et ie croy qu'après s'oroison, 

Ne puet faire demoroison, (Perceval.) 

Dempter. Dompter. 

Guidez- vous donc qu'amours consente, 

Que refraigne et que dempte, 

Le cuer qui est sien trestout quites. (Rose,) 

Denier. Les François, comme la pluspart des autres 
Nations, ont depuis employé ce nlot denier en divers 
sens: car tantost ils l'ont pris et le prennent encore pour 
on terme de poids d'or ou d'argent, et fantost pour un 
terme de monnoye. 

Denoy. Desny, refus. 

Denqui. De-là. (Villehardoûin.) 

Denrée et Denerée. C'est-à-dire, revenu de deniers. 
(Voyez Ribaut.) 

Depeçast. Manquast. 

1. 26 



^ I 



202 DER 

Dépiter. (Voyez Séneschal el Chape,) A celte Charge 
estoient attachées celle de Séneschal et Mareschal, et de 
conduire les armées. Âmaulthy, Comte de Hontfort» selon 
du Tillet, querella cet Office constre Estienne de Gallande, 
soutenu par Louïs le Gros, et tous deux le quittèrent à 
Raoul, Comte de Vermaudois, par où on voit comme cet 
Office estoit fort notable. 

Deplayé. Couvert de playes. (Nicot.) 

Deplayer quelqu'un, le couvrir de playes. (Nicol.) 

Déport. Juste. « Par mer nagent à grand déport, » 
(Ovide). C'est-à-dire, navigent fort visle. Ce mot est com- 
posé de dCj et portus. 

Déprimé. Méprisé, mésestimé: il se prend aussi pour 
méprisable et condamnable. 

Ayez au cœur envie 

De vivre autant en façon estimée. 

Qu'avez vescu en façon déprimée, (Marot.) 

Depser. Parer ou fouler les draps. 
Deputaire. C'est une injure. 

Font tout le mal qu'il pueent faire 
Li traitour, et deputaire, (Ovide.) 

Fuyez icy, gens deputaire {Mehun ; Testament,) 

Dequeurir. lSéQ,o\x\tY\déqueuvty c'est-à-dire, découle. 
*Dercoma. Vin auquel on a mesié de Teau. 

Dereço. Derechef. (Histoire des Albigeois ancienne.) 

Deresnié. Hçrité. 

Deronic. Herbe; dite en Latin doronicum. 

Deros. Rompus, selon Perceval ; comme qui diroit 
de7'Out8, de rupttis, 

Deroué, Trompeur. (Voyez Bestoumé,) 
Deroyé. Hors de roye, dévoyé. (Voyez Desroyer,) 



DER W3 

Derratne ou Derraaine, et Derrenier. C*esl-à- 
dire, dernier. (Perceval. Songe du Verger.) 

Derrains. Dernier. Le Moine de Poligny : 

Le derrains iour de May prenez. 

Derrable. Je ne comprends point la vraye signifi- 
cation de ce mot» si ce n'est quelque couvert, ou sortie 
de roche. 

Dessous celle roche où il ert, 

Batoit la mer en un anuble. 

En un havre sous un derruble. {Gauvain.) 

Ders et Derselet. C*est-à-dire, un ciel ou dais tendu 
sur la table du Roy. (Nicot.) 

*Deru. Un chesne; venant du Breton dervu: d'où 
vient druf/d^, et tous ceux-cy viennent du Grec (f(»iV, c'est- 
à-dire, un chesne ; parce qu'ils avoient de grandes 
vénérations pour le guy du chesne, comme nous avons 
remarqué sur le mot Aguillanleu, 

Dervé. Fol Un ancien Poëte anonyme dit : 

Ceneus remposna par dis, 
Femme, dit-il, es- tu deroée. 
Quel rage t'a Ta amenée. 

11 semble aussi se prendre pour menteur. Hible 
Hisioriaux m%. : « Quoy qu'il ait dit, c'est Tant : Et il leur 
• dit, bien l'avez appelle ; car dervé, est il. » 

Dervée. Sotte. Rebours de Halhiolus dit : 

ludith ne fut pas trop dervée ; 
Car sa Cité fut préservée. 

Comme aussi folle. 

Elle corut comme dervée 

Aprrs qu'elle se fut levée. (Rose.) 

Dervep. Devenir fol. D'où vient le mot de Paris 
desuer^ eiendesver: car en plusieurs mots on a changé 
l*s en z, etau contraire. Or ce mot vient du Latin deviare, 
se dévoyer. 

Derverie. Folie. (Bible Hisioriaux.) 

Quand cils voit* la teste du mort, 
Dont la dervée li fait don, 



204 DES 

Fui foie, ce dist le preudon, 

Que Diex te maudie et confonde : 

Oncques mes à ior de cest monde 

Ne fu tel derverie faite. (Ovide.) 

Deruner et Despuner. Desagcancer, (Monet.) 

Desacointer quelqu'un, laisser son accoinlance, 

cesser d'eslre son ami. (Nicot.) 

Desacointié. Moins amy querde couslume. 
Desaise. Mal-aise. (Guy de Yarvich.) 
Desaisé. Incommodé. (Monet.) 
Desanger. Détruire l'espèce, Tangeance. (Monet.) 
Desappettssance. Dégousl, défaut d'appétit. (Id.) (N.) 
Desappetisser. Oster Tappétil. (Monet.) 
Desarnlr. Desarnacher. (Merlin.) 
Desarroyer. Mettre en desarroy. (Nicot.) 
Desbarcté. (Voyez Débmreté.) 

Descalange. C'esl-à-dire, qui est hors de prison. 
(Ragueau.) Mais je croy que cela veut dire restitué en son 
honneur Jors que celuy qui avoit noircy un homme de 
quelque accusation, venoit à se dédire, disant de le tenir 
pour homme de bien. 

Descauchié. Deschaussé. (Perceval.) On escrivoit 

aussi descaulchié; ce qui vient de calceus. 

Le Descens. C'est-à-dire, la descente. 
Desciqua. Jusques-à. R. d'Aire d'Avignofi dit : 

Trestot la porftndu desciqua la corée. 

Descliquep. Dégoiser, réciter. Jean le Maire dit : 

Et descliqua ses Comédies plaisantes. 

Descœui's ou Decœur. Contre-cœur, dégousk, 
décœur de voir une personne, répugnance qu'on a de la 
voir, avoir la viande à décœur, en estre dégoûté. (Moaet) 



DES 205 

Descognoissance. Cest-à-dire, mesoogooissance. 

Descolper ou Descoupler. Excuser. (Villebard.) 

Se Dcscombatire de quelqu'un, se tirer de ses 
mains, s'en défaire. (Nicot.) 

Descombrer. C'est-à-dire, descouvrir, ou nettoyer. 
• A ses oreilles descombrées. » (Ovide.) Cela vient du 
oQol de Languedoc escombre^ c'est-à-dire^ ordures. Et 
descombra, c'est-à-dire, osier le desssus d'une carrière, 
pour trouver la bonne pierre. Ovide ms. parlant de 
JesQs-Christ, dit : 

Qaand li sauverres saombra, 
Et tout le siècle descombra, 
De mors a la dampnale poine. 

Desconvenue. Douleur. (Nicot.) Diresadetîconvenue 
à quelqu'un, lui faire part de sa douleur. 

Descourable. Ce qui s'écbappe aisément du lieu où 
ilaeslémis. (Nicot.) L'Auteur des amorlissemens, francs- 
liefs et nouveaux sfcquests, s'en sert pour escoulable. 
disant: « La mémoire de l'bomme est moult fluxibie et 
« descourable. » 

Descrois. Destroitde mer. Descrois de Marroc. c*est- 
i-dire, le Destrois de Gibraltar. Descroisement, c est-à- 
dire, inconvénient. (Voyez Deslrois.) 

Desencoulper. Creuser. (Nicot.) 

Desenevpep. Rendre mal-heureux. 

Que les hommes en boo verse, 

Et les desenevre et grève, 

Et les maluez en haut eslieve. {Rose), 

Desenger. (Voyez Desanger.) 

Desenhorter ou Desanborter. Dissuader. (H.) 

Deservlp. Mériter. (La Fontaine des Amoureux.) Le 
fi. d'Euryalus et Lucrèce: « Il te fera pourter les peines 
que bien as déservies. * 

Désespérance. C'est-à-dire, perle d'espoir. 

Plaine d'angoisse^ et de pesance. 

De dael et de désespérance, [Ovide.) 



V 



206 DES 

Desevpe. Dessous. 

Desevré. Séparé. Thierry de Soissons dit : 

Non ques pour ce mon cuer ne fu pailis, 
Ne desevrez de ma douce ennemie. 

Desevrep. Rompre, séparer, quiller; de deset^ere. 
D'où vient sevrer un enfant. 

Ainsi fu la pais pourparlée, 

Et la bataille désevrée. (PercevaL) 

Desgager. [C/est prendre gage, (Laurière, Cl. D. fr.)] 

Desgigler une femme^ c'est-à-dire, déshabiller, à 
mon advis. (Perceval.) 

Desglanier. Deslruire. 

Desglavler. Dégainer une espée. 

Desgourdeli. Habile. (HehunauCodicile.)D'où vient 
dégourdi, du mot gourde c'est-à-dire, pesant. 

Deshait. Tristesse, désordre, débat. (Perceval, Nicot.; 

Deshaitement. Mauvaise santé, foible constitution. 

(Nicot.) 

Deshaitlé. Malade, languissant, fâché. 
Desic. Jusques. 

Couvert d'un riche siglaton^ 

Trestout désic à l'éperon. (Perceval.) 

Désirée. Descbirée. 

Desirier et Désirer. C'est-à-dire, désir, attente. 

Desjugier. Juger. 

Desleauté. Déloyauté, infidélité. 

Desloer. Blasmer. (Voyez Aloer.) 

Desmarroiier les coupcaux , c*est'à dire , les 
applanir : ce qui vient de marron, c'est-à-dire, coupeau 
de montagne ; car en certains endroits de France, on les 
nomme ainsi. El de-là vient qu'on appelle marrons les 



j 



DES 207 

grosses chastagnes, pource qu'elles croissent es mon- 
tagnes. 

Desor. Doresnavant. 

Desor en bel accueil garder, 

lamaîs ne m'en quier retarder. {RoseJ) 

Al Desor. C'est-à-dire, à Testroit. (Villehardoûin.) 

Desore. Par-dessus. 

Desparager. [C*est marier sa nile noble à un homme 
qui D*e$t point de son état. (Laurière, Gloss. du Droit Tr.)] 

Despayer. Payer. Mehun au Codiciledit: 

Se ton Clerc bien te sert, bien tu le dois payer, 
Non pas des biens de Dieu se doye dépayer^ 
Dont puis t*ame et les nos iusqu*à la mort player. 

Despfre. [Mépriser], « Despire et deffouler le mal. » 
(Boëce.) 

Despite. Courroucé. Marol es Pseaumes dit : 

Le Toot-puissant de leur façon despite, 
Se mocquera; car d'eux il ne lui chault. 

Desputoison. Dispute. 

Desquiex. Desquels. 

Desrains. Derrière^ et dernier. (Perceval.) 

Desrame. Usé. Hvon de Villeneuve dit : 

la tant n'aura mantel, ne cotte desramée. 

Desrenement. C*est-à-dire, arbitrage ou Sentence. 

[vide ms. parlant des armes d*Acbille, dit : 
Ains dit puisque par iugcment 
Veniez faire desrenement. 
D'avoir les armes à Acbilie, etc. - 
Desrenier. Merlin semble employer ce mot pour 
rejatister. 

Desreson ou Desroison. Tort, injure. (Merlin.) 
Desroeher. C'est-à-dire, tomber d*une montagne, 



20» DES 

ou d'une roehe baute: d*où vient la phrase de Languedoc, 
« derrouca calcun deudacon », c*est-à-dire, le dénicher 
de quelque lieu. Jean le Nivelois dit : « De la coste daro- 
• chent à val mont périllanU > 

Desrocher, signifie aussi jelter à bas une maison, 
l'abattre. (Nicot.) 

Desroquer un homme. Le jetter à terre en lutant 
avec lui. (Nicot.) 

Desroupt. Rompu. 

Elle les avoit tous desroupts, (Rose,) 

Desroyer. Dévoyer, hors de chemin. Ce mot est 
composé de de^ et roye^ c'est-à-dire, ornière ou sentier. 

Ne sçay quel vestu desvoyé, 

Mon bon Seigneur tout desroyé^ 

Qui tenoit un fouet sans corde, 

M'a dit, etc. (Pathelin.) 

C'est-à-dire, un Sergent tenant une baguette et ayant uo 
habit bigaré; car ils avoient pour-lors les manteaux 
bigarez, et ne pouvoient autrement faire des Exploits. 
(Pasquier.) C'est aussi devenir fol, parce que les fols vont 
hors des chemins et s'égarent, ne tenant pas les voyes 
accoustumées. (Voyez Be8tourné.)Ce mot se prend encore 
pour se mettre en desroute. 

Les Grégeois qui trop se desroyentj 
Menèrent à destruction. (Ovide.) 

Desroys ou Desarroy. C'est-à-dire, desconflture, 
désordre. R. de Betrain dit : « lusqu'à Cologne fu, là il 
« fit maint desroys. » Et Jean le Maire dit : c Si not on 
« point ne noises, ne desroys, » 

Desruner. Renverser une chose bien agencée. (Nicot.) 

Desseignemant. Dessein, plan. (Monet.) 

Dessetgner. Tracer un plan sur du papier, dessiner. 
(Uonet.) 

Desseigneur. Dessinatetir. (Idem.) 
Desserte. Service. 

Tu es si bon que selon leurs deaaeyteSy 

Point ne leur veux donner le chastiment. {Marol.) 



^ 



DES 209 

Desservir. Servir. « U seroit bien à desservir. » 
iPalhelin.) Comme aussi mériter, remporter. (Froissard. 
VillehardouiD.) 

C'est bien droit que qui mauvez sert 
Mauvais ^erredon en dessert, (Ovide.) 

Dessevre. Dessous. 

Dessevrep. Séparer. (Vigenere.) Voyez Sevrer. 
Dessirep. Deschirer. (Voyez Palesteaux.) 
Dessoivement. Desaltération. (Monet. Nicot.) 
Dessoivep. Desaltérer, estnncher la soif. (Nicot.) 

Dessongep quelqu'un. Le réveiller. (Monet.) Se 
dessonger, sortir d'un profond sommeil. 

Destiltpe. Deffiler. (Nicot.) 

Destombip ses mains qui estoiententombies. (Nicot.) 
Cesl leur faire perdre cet engourdissement que cause le 
froid, ou les tirer de cet état dMnsensibililé et d'immobilité 
que produit le défaut de circulation dans le bout des doigts. 

Destop et Destoupbement. C.-à-dire, destourbier, 
trouble. (Perceval.) 

Destoupbep. Troubler, mettre empêchement. (Nicot.) 

Destonpbeup. Perturbateur. (Nicot.) 

Destoupbiep. (Voyez Destor.) 
Destpesse. Disette. (Villehardoûin.) 

Destrier. C'est un grand cheval de guerre, appelle 
aussi un coursier^ ou cheval de lance, ou de service. On 
les appelloit aussi courtauts, doubles courtauls, cour- 
serots, selon Monstreletet la Vieille Gronique de Flandres. 
n y avoit d'autres noms de chevaux parmi les Anciens, 
sçavoir, les traversants, roussins (d'où vient encore 
le mot de Languedoc roussi, de l'Allemand ross, 
c'est-à-dire, un cheval): Palefrois , dits parafredi en 
vieux Lalia ; d'où vient le mot de palefrenier. (Ragueau.) 
Mais pour venir à notre destrier, il vient de dextrier, 

l. 27 



' 






210 bET 

parce qu'on le menoil en dexlré. Cesi celuy que le 
Catholicum parvurriy 2ippeï\Q sonipes, ou dextracins ; f^ 
les autres, le cheval d'armes. Palefroy n'estoit qu'un 
simple cheval. (Voyez Oriflamme.) 

Destrochere. Fanon ou manipule des Preslres. 

Destrols et Destreins. C'estrà-dire, qui est en 
destresse, triste : d'où vient destresse. 

Destrulement. Destruction. 

Desveiner. Oster les veines et la face. (Ronsard.) - 

Desver. (Voyez Dever.) 

DesvertoUlé. Ouvert; de vertoily c'est-à-dire, le 
loquet d'un huis; de verticillum. D'où vient le mot de 
Languedoc, bartavelo. 

Desvler. S'esgarer. (Guillaume Crétin.] Mourir. Harol, 
liv. 2. de la Métamorphose, dit : 

XiUi estoupant les conduits de la vie, 
Et le respir sans lequel on desvie, 

Detlnée. Je ne sçay pas exactement ce que c*est: 
pourtant il semble signifier permission. Rebours de 
Mathiolus dit : 

le n*aye pas vostre tour minée, 
Issue suis par détinée, 
Et non mie par ribaudie. 

Se Detraigner de quelqu'un, c'est-à-dire, s'abstenir 
de le fréquenter. D'où vient le mot de Languedoc, se 
destragna^ c'est- à-dire, se rendre estrange. 

Or ne me sceus tant desireigner 

De iuy, si comme ie vouioye. {Villon.) 

I)etralre. Hesdire, détracter. 

Detrlez. C'est-à-dire, par-derriere. D'où \ienidetra$, 
mot du Bas-Languedoc, qui signifle la mesme chose. U 
est employé dans la divertissante Comédie des Cham- 
brières, faite à Beziers pour leur jour, dit delas caritats. 
C'est une coustume ancienne des habitans de cette Ville, 
de faire tous les ans à ce jour-là uiie représentation d'un 



r 



DEV 2tl 

Combat naval, et d*un chameau qu'ils menant par la 
Tille ; comme à Gignac, autre Ville de Languedoc, on fait 
courir un asne: comme aussi de réciter des Comédies 
divertissantes à leurs carrefours. Il y en a un volume 
imprimé, entre lesquelles est celle que j'ay citée cy- 
dessus, où sur ce qu'une chambrière accuse l'autre 
d'avoir une bosse à son dos. Elle luy respond ainsi : 

leu m'ai mi mai Tabé deiraSy 
Qa'on pas d'avan comme tu l'as, 
Vilene balle tourne-t'en 
Detras aqel mouli de ven ; 
Aquel bandié que t'y troubeg^ 
Ta sçavez be que me digaeg. 

Detuerter. Remuer. Il vient de vertere, c'est-à-dire, 
tourner. (Voyez Gauche.) 

Devée ou Desvée. Folle. (Gauvain.) 

Si l'eusse largesse blasmée, 

L'on me tiendroit bien pour desvée, (Rose.) 

Et quand elle se fut levée, 

Elle courut comme desvée. (Rose.) 

Devéep. Dévoyer, empescher. 

Devener. Dévider du fil sur un dévidoir ; du mot de 
Languedoc debana^ c*est-àdire, dévider sur quatre 
fuseaux : mais parce qu'anciennement on le faisoit sur 
quatre cornes, qu'on appelle banos en ce pays-là ; on 
avoit donné ce nom de debana pour dévider. 

Devep ou Desver, et Endever. C'est-à-dire, 
enrager, perdre le sens ; du moiLditin deviare. (Pathelin.) 

Deveurer. Dévorer. 

Dengiés. Les joues ou gencives. D'autres estiment 
que c'es* un verbe et qu'il signifie bien pris. (V. Orfrays.) 
II semble aussi vouloir dire, maniables, par ce texte d'un 
Poète ancien qui dit : 

Armes legieres et deugieSj 
En Egypte furent forgies. 

De vice. (Voyez Envoiserie.) 
DevldetouDevideau. Dévidoir. (Nicot.) 



l 



212 DEX 

La Dévie. C'est-à-dire, le trépas. Mehun au Codicile, 
parlant de Dieu, dit : 

Qui tout peut, et soustient, et gouverne, et chevie, 
Veuille garder nos cœurs iusques à la dévie. 

Déviée. Forcenée. (Perceval.) 

Dévier. Mourir ; de ce mot de^ et de vie^ pource qu'on 
quitte la vie. « El dévia, si que percevit les An^es qui 
« l'emportèrent à la Maisté du Ciel avec son Père. ■ 
(Merlin.) Voyez Déglavier. 

La Devisance des armes d'Achille. (Ovide m s), c'est- 
à-dire, le Blason de ses armes. 

Faire la Devise, c'est-à-dire, faire son testament. 

(Villehardouin, page 2.) C'est-à-dire, division des biens. 
C'est aussi volonté. 

Lors fera Diox à sa devine. (Ovide.) 

A Devise. C'est-à-dire, à sa volonté. 

Ains si laide rien à devise, 

Ne fut née dedans enfer. {Perceval.) 

Deviser. Raconter : et selon Villehardouin résoudre. 

Si cora le livre le devise. (Perceval.) 

Deult ou Deut, Se plaint, s'afflige, se centriste. 

Par cest escrit vostre ami vous salue 

Bien loin de vous ; et grandement se deut, 

Que de plus près saluer ne vous peut. (Marot.) 

Deus. Plains, gémis. (Voyez Douloir.) Marot, liv. 1 . de 
la Métamorphose, dit : 

Gestuy parler, et chant en qui te deus. 
Sera commun tousiours entre nous deux. 

Dex. Dieu. Epitaphe de S. Denis près Paris : 

D'IsabeU'ame ait Paradis, 

Dont le corps gist sous cette Image, 

Femme au Iloy Philippe, fils 

Au bon Roy Louys, mort en Carthage. 

Le iour de Sainte Agnès seconde, 

L'an mille doux cens dix et soixante, 

A Gusancc fut morte au monde : 

Vie sans On Dejo 11 consente. 



DIQ 



213 



Des et Dec. Cest-à-dire, borne ou butte. (Galland au 
Franc-alleu, p. 188.) On s'en sert à Tboulouse et à Castres. 

Dextriep. (Voyez Destrier.) 
Diableiement. Jurement par le diable. (Uonet.) 
Diableier. Nommer le diable, se donner à lui. (ïd.) 
Diableieur. Qui jure par le diable. (Idem.) 
Diablie. Diablerie, par syncope. 

biablitai. [Nom d'une tribu gauloise qui habitait 
dans la Mayenne.] 

Ld Diane. C'est-à-dire, le son du tambour à la pointe 
du jour. Or ce mot vient de dies^ le jour, parce qu'ils 
esveillent les soldats en battant la Diane. 

Un Dicté, Dictier ou Dictiez. C'est-ù-dire, un 
discours, une Sentence. 

Dienar. Serviteur. 

Ce m'ait Dieu. C'est-à-dire, Dieu m'aide : c'est un 
serment venu des Latins, qui disoient, sic me Deus 
adjuvet : et àe-lk viennent les jurons de Paris, madta, 
madiene^ etc. 

Diex. C'est-à-dire, Dieu. (Perceval.) Voyez Bobans. 

Dilapider. Dissiper, mal employer son bien. Rabelais, 
liv. 3. chap. "2, dit : « Non proprement dilapida, comme 
• vous pourriez dire en fondations de Monastères, etc. » 

Dimlnuiser. Diminuer. (Songe du Verger.) 

Dinanderie. Fabrique de cuivre. (Nicol.) 

Dinandier. Maigneu, Chaudronnier. (Nicot.) On 
appelle ainsi les Chaudronniers, pnrce qu'à Dinand, Ville 
de Liège, il s'en trouve un grand nombre. 

Dinas. C'est-à-dire, Ville. D'où vient Londinum, ou 
Longidinum^ Londres, c'est-à-dire. Ville des Navires. 

Diqnes. Des digues. (Froissard.) 



214 DIV 

Diqui. De-là. D*où vient daqui, mot de Languedoc, 
qui dénote la mesme chose. 

Dis. Jour; de dies, 

Esra bien plus de quinze dis, (Pet'œoaL) 

Dis. Dil. Galland en son Livre du Franc-alleu : 

C*est un proverbe et commun dis. 
Qu'à la Goustume de Lorris, 
Quoy qu'on aye juste demande, 
Le battu paye Tamande. 

*Dis. C'est-à-dire, Dieu. 

Discrimes. Dangers; de disci^imen^ péril. 

Disgner. Disner ; de éetnyoyy cœna. 

Dismes inféodées. [Ce sont les dismes tenues en Tief 
et patrimoniales. (Laurière, Gloss. Droit franc.)] 

Dispner. Disner ; de âetnyveiv. 

» 

Disputoison. Dispute. (Songe du Verger. 
Dissonent. Murmure. 

Cil fleves court si ioliement, 

Ei maine si grand dissonent^ 

Qu'il resone, tabourne, et timbre, 

Plus souef que tabour, ne timbre. (Rose. 

Distreint. Dirent. (Ibid.) 

Ditellet. Petit discours. Monjot de Paris dit :, 

Or veut icy Monjot son dittelet finer. 

Ditterel. Opuscule (Fauchet.) 

Divers. Bisarre, méchant, extraordinaire, qiïi a un 
esprit de contradiction. Marot, dans son Enfer, dit : 

Venons au point. Ce luge tant divers 
Un fier regard me jecte de travers. 

^Divona. Fons divinus, sacer, c'est-à-dire, fcalaine 
sacrée. (Bochart.) Ausone dit : 

Divona Geltarum lingua, fons addite divis. 



r 



OOL 215 

El ce mol vient de TAw^ c'est-à-dire, Dieu, et vona, 
fontaine en Ânglois. Elle est dite aussi tsoxoTjtn]. — [Divona 
est un nom gaulois. Dhuis^ DouiXy Dwi^ désignent encore 
des sources.] 

Dliv. C'est-à-dire, Dieu. 

Dixime. Dixiesme. En Lan des sept Dames, on lit : 

Samedy la Lune dixime. 
Toute la déclaration 
Saint Mathieu nous dit etesprime 
De la transfiguration. 

Dolgnoier. S'esbattre. (Fauchel.) 
Doigne. Donne. Bible tlistoriaux dit: 

Demande que tu veux que ie te doigne, 

Doiot. Donne. 

Et toy qui tiens aux stales son lieu, 

Pal las prudente, et Mars le puissant Dieu^ 

Te doint finir ton œuvre commencée. (Marot.) 

Dois. Conduit ; de ductUs. Christien de Troyes dit: 

Les oreilles sont voye et dois, 
Par où vient iusqu'au cuer la voix. 

Dois. C'est-à-dire, un dais ou siège. 

Sire leans sied à cel dois, {PercevaL) 

Cesi aussi un dé à jouer. 
*Dol. Douleur. Bertran de Allamanon dit: 

De la sal de Provença ay dol, 
Quand à mon port non passa plus. 

Dole. Une plaine; de TArabe dauba. (Bochart.) 

Doloir. Se doloir, avoir douleur en Tame. (Monet.) 
La teste me deuil pour avoir esté au Soleil. Les flancs me 
dénient de courir. (Voyez Douloir.) 

Dolon. C'est-à-dire, une bourde, ou bourdon. 

Doloser. Se plaindre. 

Qu'eUe Voye bien doloser, etc. (Rose.) 



"1 



216 DOR 

Dois. Doux ; de dulcis. 

Se Doulouse. C'esl-à-dire, se plaint. (Perceval.) 

Dolosant. Dolent. 

Domesche. Domestique. (Âldobrandin.) D*ûù vient 
le mot de Languedoc doumetgé, c'est-à-dire, domestique. 

Oiseaux privez, bestes domesche^ 

Karoles, et dances, et tresches. (Rose.) 

Domestiquer. Apprivoiser. (Monet.) 

Dominas. Hebdomadier, sepmainier. 

Domnus. Ce titre se bailloit aux Saints et Seigneurs, 
et celui de Dominus ne se donnoit qu'à Dieu, et on le 
donna enfin à Saint Martin. (Galland en son Livre de 
rOriflamme.) 

Don. Doncques. 

Dondaine. Machine de guerre jettant des pierres 
rondes et grosses : c'est la Catapulte des anciens Romains, 
dont la Tigure est dans du Choul au fonds de son Livre 
de la Religion des Payens. D'où vient qu'on donne ce 
nom à toutes les choses grosses et rondes, comme dondon 
et bedaine^ c'est-à-dire, une grosse femme, et un gros 
ventre. 

« 

Donger. Donner. (Voyez Chalonge,) 

Donjon. C'e.<^t-à-dire, le lieu plus haut d'une Ville ou 
maison ; de domionus. 

Donna. Maistresse ; de domina. G. de Cabestan dit : 

S'en Ramond la grand bellessa, 
Et lous bens qu'en ma donna es. 

Donnieres. Un donneur, ou libéral. 
Donoison. Donation. (Songe du Verger.) 
Dorelot. Mignon. 

Un fin mignon, un dôrelot. {Coquillard.) 

Dorlot. Affiquet, ornement de femme. (Nicot.) 



DOU 217 

Doro. [Mol gaulois, signifie porte.] 

Dortoier. Un dortoir. 

Dos. Deux. (Voyez Pennes,) Monjot d'Arras dit : 

Qdi aime sans tricherie, 
Ne pense n'a trois, n*a dos. 
D'une seule est desiroz, 
Cil que loyalx amours lie. 

Dos de gris, fourniture d'habit. Pathelin dit: « Pour 
• faire les paremens une douzaine de beaux dos de gris. » 

Dosnoyer. Passer le temps. 

Met toute s'entente et sa cure 

A gloutonie et à luxure, 

A déduire et à dosnoyer , 

A resver, et à foloyer. {Ovide.) 

Si vait aux vaches do$noyet\ (Idem.) 

Ce mot veut aussi dire, selon Fauchel, les privautez de 
rire, baiser. 

Dote. Crainte, doute. 
Dou. Du. 

Doablete. Sorte de Vers, (selon l'Art de Rhétorique 
ancien.) 

DoQblier. Nappe grande et large, traisnant tout 
autour de la Table, ainsi appellée parce qu'elle est en 
longueur el largeur comme double. (Nicot.) 

DoQbliere. Beste portant deux petits à la fois. 

Doublleres. Serviettes. (Perceval.) 
Bougé. Fin, comme aussi délié. 

Le corps est droit, gent et dougé, {Rose,) 

On dit du fîl dougé, et de toile dougée. 

Doul cerner. C'est un instrument de musique, selon 
un ms. touchant le mariage de Pollion et Euridice. 

I 28 






218 DRA 

Douloir. Avoir douleur: d*où vient doZ/y, c'est-à-dire, 
j'eus douleur; et deult, c'est-à-dire, se plaint. 

De mes playes moult me dolltj, {Rose.) 

Femme se plaint, femme se deult 

Femme pleure quand elle veut. (Prov. ancien.) 

Se Doulouser. (Voyez Doloser), se contrister. 

Homme ne te dou2ou5e tant. {Villon.) 

Dounos. [Mot gaulois, signifle roontagae, de 
rirlandais Dun, montagne fortifiée.] 

Dour. Espèce de mesure, contenant quatre doigts 
qu'on représente par le poing fermé: c'est le quart delà 
partition que les Arpenteurs font du pie de Roy : il vient 
de dciçoy, qui signine aussi cette espèce de mesure que 
Jul. Pollux, livre 2. appelle âoxf^t], (Nicot.) 

Dousil ou Doisil. Chevillete, faucet de tonneau. 
(Monet.) 

Dout. Douté. (Perceval.) 

Doutance. Doute, crainte. Marot, chant 12, dit: 

Ce qu*en a faict (il le faut croire ainsi), 

Est du grand Maistre ouvrage sans doutance. 

Douté. Redouté. Goquillard, parlant des riches, dit: 

Et sont portez, prisez, doutez. 

Douzil. Fausset d'un tonneau. (Le Duchat.) 

Doye ou Doie. C'est à-dire, canal, conduit, aqueduc; 
du Latin duco. (Le Duchat dans ses notes sur Rabelais.) 

Draie. C'est-à-dire, grand chemin en langage Sevenol : 
d'où vient s^adraya^ c'est-à-dire, en Languedoc, s accous- 
tumer à faire chemin, et mesme se mettre en train à 
faire quelque ouvrage : il vient de <fçay, currere^ courir. 

Drapier. Pinceur, bailleur de brocards, railleur, parce 
qu'on pmcete les draps : d'où vient drapper quelqu'un, 
pour le vexer par railleries, ou le vaincre d'injures, et 
avoir le dessus sur luy. Ce qui pourroit avoir pris sa 
source de la plaisante Farce de Pathelin, où Pathelin 
dupe un Drapier, et l'attrape sans argent : comme les 



DRU 219 

mots Ae patelinage el patelUier, en sont anssi venus. Et 
le mol de Drapier, vient de drap ; et drap, du Grec çdxoç, 
pannus. 

Drech* Droit. P. de Bonifaciîs, Poëte Provençal, dit : 

Lo me saffîs d'annar loa carain'drec/i, 
Non pas cercar la vya inconneguda ; 
Mais que séria done ma fe devenguda, 
Non seryea ieu méchant en tal endrech. 

Drés. Juste et droit. 

Drillante. Etincellante, brillante. (Nicol.) 

Drille. Haillon, lambeau, usé, déchiré. (Uonet.) 

Briller. Estînceller. (Nicot.) 

Drilleax. Couvert de drilles, de haillons. (Monet.) 

Drogeman ou Drogueman.. Voyez Druguemens, 
c'esl-à-dire, trucheman. (Nicot.) 

Droila. Près de-lù, vis-à-vis de ce lieu. 

Dru. Gaillard. Palhelin dit : « Estes-vous sain et dru, 
Guillaume? • 

Drod. Favory, amy^t fidelle. 

Drudarja. Divertissenfent, selon Hugues Brunet, en 
son Livre dit: las Drudarias d'Amour. 

^Dradus ou Dru, Drus et Drnd. C*est-ù-dire, amy, 
favory, et un vassal, comme aucuns ont cru ; de TAlle- 
niaoddnir. 

En sa chambre se sont entrez, 

Avec ses Chevaliers privez, 

Le Seneschal et de ses drtiz, 

Âvoit avec soy retenus. {R. de Florimond.) 

Drue. Amie, amante : eidruou drnd, amy etgaland, ou 
amoureux. R. de Guy de Tournaut dit : 

La regrcte chacun son amy et son driis, 

H. de Guillaume au courb nez (et non court nez), comme 



L 



220 DRU 

on a expliqué d'un Comle de Tholose, ainsi nommé, 
c'est-à-dire, aquilin, dit: 

S'avons perdu, et ie, et vous assez, • 
Amis, et dru8, et parens, et privez. 

Ce mot vient de drcnv, et tra^iu c'est-à-dire, foy, en 
Allemand : d'où vient le mot de trefve. (Voyez Drm,] 
Ovide ms. dit: « Gomme Agamemnon lit de Chryseis sa 
« mie et sa dru'é. • 

Druement. Fortement, aimer druëment, (Rou.) 
Druerie. Divertissement, gaillardise, ou amitié. 

Par druerie et par solas, 

Li ot sa mie fait cbapel 

De roses que moult il fut bel. {Rose.) 

Druerie. Amitié. Perrin d'Angecort dit : 

Fauce druerie sans savor, 
Ont en fore li tricheor. 

Druguemens. Truchement. (Villehardoûin.) Ce mol 
vient selon Ménage, du Chaldéen targeman^ c'est-à-dire, 
exposileur, selon la Chanson deRigaud deBerbezil, Poète 
Provençal : 

Ma chansos mer' drogemans. 
Lai on ieu non avs anar. 

*Druldes ou Druydes. C'est-à-dire , Devins ou 
Théologiens des anciens Gaulois. (Ragueau.) Quelques- 
uns dérivent ce mot de dnj^ qui en Saxon signifie Magi- 
cien: et il ne vient pas de âgiç, comme j'auroiscreu; 
mais au contraire le Grec et celuy-cy vient de dru, c est- 
à-dire, chesne, en Breton; pariîequ*ilsadoroienlleguyde 
chesne, comme j'ay dit sur le mot Aguillanleu. (Voyez 
Druyndes.) [Ce mot vient du celtique De, Dieu, et Rhouidy 
parlant, ou mieux du kymmi7que Drugwgddon^ ceux qui 
prient.] 

Drup. Un homme de capacité. 

Sots, saiges, druj)s, dupes, niais. (Coquillavd.) 

Drus et Druts. Favoris ; comme dru et drud. 

Et quen cujats esser sos druts 

Enblanchatz etz por lei canuts. {Vigcnere.) 



r 



DUM 221 

C*esl-à-dire : Et quoy ! vous pensez estre son favory? et 
vous estes devenu blanc et chenu pour elle : 

Sire Res bien soyez venus, 

Gome mon amy à mon drus, 

Où est vostre Sire li Rois. {PercevaL) 

Drusii. C'estoient des dénions que les anciens Gaulois 
révéroieni, semblables aux Dieux Sylvains des Payons. (F.) 

*DruUifo. C'est-à-dire, Dieu, ou Seigneur en ancien 
Gaulois, (selon Ragneau.) 
Drcthi». Seigneur. (Pontanus.) 

Drutineshaus. C'est-à-dire, Maison de Dieu, Temple. 

Druyndes. C'est-à-dire, Prestres et Officiers de la- 
chose publique, selon les Croniques de Hainault. Ce qui 
apparemment vient des Druydes susdits. 

Dryades. Prophétesses des Gaules, dites ainsi pour 
la mesme raison que les Druydes. 

Drylle. C'est-à-dire, un chesne femelle; du Gvecâçùç. 
D'autres ne l'expliquent que pour le gland de ce chesne. 

DucoDe. L'hyeble, herbe. (Dioscoride. Apulée.) 

DnI. D'aujourd'huy, abrégé du mot d^hiry. 11 signifie 
aussi deux, dans Perceval. 

Et dui blant: Âbbé qu'il avoit amené. {ViHehardoûin,) 

SeDuire. C'est-à-dire, accouslumer et conduire; de 
ducere. (Nicot.) Mehun, en sa Complainte, dit: « Ains que 
" le puisses afin duire. » 

Dult. Convient; de decet, 

*DuIa ou Dulon. C'est-à-dire, une feuille: d'où vient 
Pempedula, c'est-à-dire, l'herbe Quinte-feuille. 

Dulovius. [Mot gaulois, nom d'un Dieu.] 

Dûmes ou Dunes et Dunetes. De rivage de la 
mer. (Kroissard). Ce sont les caps ou esiévations de sable 
ou terrain, et levées faites au bord de la mer ; venant de 
iunum. 



222 DUN 

*DuD ou Dum. C'est-à-dire, forteresse, moni, lien 
eslevé, en ancien Gaulois : d'où viennent plusieurs noms 
de Villes de France, comme l'onl fort bien remarqué 
MM. Bocliarl, Boiiilliis, Ménage, et autres, comme sont 
les suivans: Angustodunum, (Àulin), tn ^Muis et in 
Aivernis. — Axelodunum in Hi3[)ania. — Britannodunnin 
in Scoli^. — Caladunum in Ilispania. — Cambodunum 
in Hispania. — Cambodunum in Vindelicis. — Camulo- 
dunum in Hispania. — Camulodunum col. Roman. — 
CasteUodunum agri Carnotensis. — Caslroduuum. — 
Carrodunum in Germania. — Carrodunum in Vindelicis, 
et Sarmatia. — Cœsaroduiium inTuronibus. — Deidunum 
in Scotia. — Duncaledon in Scolia. — Dunetmumin 
Anglia. — Dunium in Britannia. — Dunkerka. — Dunum 
oppidum Durolrigum. — Dunum in Hibernia. — Ebre- 
dunum. — Ebrodunum in Alpibus. — Edinodunum in 
Scolia. — Gesodunum in Vindel. — Idunum in Rhtetîa. 
~- Isodunum in Biturigibus. — Juliodunum in Piclonibus. 

— Laodunum agri ftemensis. — Leodunuin, (c'est- Mire. 
Louduii.) — Lugdunum ad confluentem Araris et Rhodani. 

— Lugdunum in Convenis. — [.ugiiunum m Germania. 

— Maridunum in liispania. — Meloduaum ad Sequaoam. 

— .Novidunum in Tribocis. ~ Noviodunum ad ostium 
Danubivi. — Noviodunum Alt. — Noviodunum io Scotia. 

— Noviodunum in Vindel. — Novnmdunum in Scolia. - 
Parrodunum. — Rigiodunum in Biturigibus. — Bigodu- 
num in Hispania. — Bobodunum in Germania. — Sebeu- 
dunum in Hispania. — Sedunum in Al|iibus.-;-Segodunum 
in Germania. — :'-egodantirn in Hispania. — Segodunura 
in Rutheiiis. — Serviodunum, vel Sorbiodunum in 
liispania. — Singindunum. — Tarodunum in Germania, 
■— Tradunum in Scolia. — Velannodunum. — Venanto- 
dunum in Anglia. — Verdunum ad Mosellam, (Verdun). 

— Verodunum. — Vertodiinu"m. — Vexellftdunum. 

Ce mot de dun, vient de l'Arabe luit, qui signifie une 
colline, ou autre lieu eslevé. [La signification delà finale 
Dunum, qui lecmine les noms de beaucoup de localités 
celtiques, a été étudiée au siècle dernier par les acadé- 
miciens Falconnet. Fénel et Frérel. Les uns soutenaient 
que Dun voulait dire ville, et les autres lui donnaient le 
sens de montagne. Wactiter établit que Dunum av 
significations, l'une de montagne, l'autre celle c 
de baies, d'enceinte fermée ou fortifiée, etc. D' 



DDX 223 

baron de Bellogoet, Don, en kymmryquey signifie ce qui 
est le plus élevé, au-dessus de tout. En armoricain, Tun 
aleseos de montagne, colline; en irlandais, Dt/n désigne 
Qne montagne fortifiée, une forteresse, une clôture. 
Mum a fini par signifier une montagne, une forteresse, 
et même en général une ville. Ce radical nous a fourni 
les mois de Dune, Dunette qui existent encore dans notre 
laogue. L'assertion de Borel, qui fait venir le mot Tunàe 
l'arabe, n*est donc pas exacte; ce mot est essentiellement 
celtique.] 

Danas. [Mot gaulois. Epilhète donnée à Mars dans une 
iQscription deCuloz, comme protecteurde forteresses.] 

*Dunuin. C*est-à-dire, un lieu éminent. (Plularque, 
au Livre des Fleuves.) Laudanum, (Pasquier.) Dunkelden. 
M)eiKelden.) Vindimum. Axellodunum. Sorbiodunum. 
Ce mot vient de Dun. 

Dnqnau« Jusques au. (Merlin ms.) 

*Dur. C'est-à-dire, de feau en ancien Gaulois. 

Durnacos. [Mot qui figure sur des médailles gau- 
loises; on a fait de ce mot un nom d'homme, de ville et 
de confédération.] 

*Duruiïi. Eau : d'où vient DurocasteSy Durocottorum, 
Duranius, Duroloinim, Duromellum, Divodurum, Brevio- 
^umm;Durobriva, c'est-à-dire, Dornford ; Durocabriva^ 
c'est-à-dire, Redborn ; Durovernum^ c'est-à-dire, Cantor- 
bery; Caerpalladur^ c'est-à-dire. Ville de Teau de Pallas, 
en Angleterre ; Durotriges, c'esl-à-dire, habitans le long 
de Teau. C'est Dorcester. D'où vient trig, c'est- à dire, 
habitant; et tré, c'est à-dire, cité, en Breton. 

Dos. Un Duc et Pair. 

^Dasii. C'est à dire, desdémons (qu'on appelle incubes) 
eo Ancien Gaulois, selon S. Augustin et Isidore. Il signifie 
anssi ordinaires, selon l'Autheur du grand Atlas. 

Dax. C'est-à-dire, conduite, dans un Boëce François 
M. 11 signifie aussi un Berger, à ducendo oves. 

Là s'assist pan le dux des bestes, 

Et tint un frestel de rosiaux, 

Si chalemeloit li danziaux. {Ovide.) 






E 



*Eîastonneste. C*eslàdire, promontoire deTeslen- 
due. Il est en Suffolk. 

Ebandir et Ebaudir. Se divertir. (Voyez Bauds.) 

Ebandisse. C'est- à dire, hardiesse. F'auchel, sur 
Thiebaut Roy de Navarre Poêle, en son Trailé de la 
Poésie, cite ces Vers de luy :. 

Qui la prient de fin cœur bandement, 
Ebandisse fait gaaigner souvent. 

Ebetude.- Sottise, estourdissement. On Irouve dans 
ms. des Mémoires de Paris les vers suivants : 

Nous sommes si pjains d^ébétude. 
Et si lourdeaux en nostre cas. 
Que nous avons sollicitude 
De ce qui nous appartient pas. 

Eboeler* Esventrer. (Voyez Boële.) C'est- à dire, les 
entrailles. 

Et cil qui chassent les destranchent, 

Et lor chevaux, lor eboellenty 

Et vifs desor les morts roellent, 

Qui s'entrafolent, et occient, 

Laidement s'entre-contralient. (Christien de Troyes.) 

Eboré. Élabouré. L'Amoureux transi, ancien Poêle. 

*Ebudes. Sans bleds ; de eb eid. 

*Eburovlces. Ceux d'Evreux ; de eb «r, c'est-à-dire, 
sur la rivière d'Eure. Eburones, en Lie^e, c'esl-à dire, 
sur la rivière d'Ourt. Eboracum, c'est-à-dire, Yorck, sur 
la rivière d'Ouse, dile anciennement Vriis. [Les Eburons, 
peuple d'origine germanique, avaient tiré leur nom de 
l'ancien tudesque Ebur, sanglier.] 

*Ecbreton. Intriimn, sorte de sausse ou farce. 

HesyChiUS in eytçaoy. 






EGO 225 

Eclaboter. Couvrir de boue. (Juvenal des Ursins.) 
On dit encore esclabousser. Ce mot est composé de esclat 
etde boue. Il yen a un qui est assez semblable en Languedoc, 
à sçavoir esclabissa ; mais il ne se prend que pour dire 
assommer de coups. 

Ecloy. C'est-à-dire, de l'urine, en Picard ; et vient de 
elotiumj ou lotium. (Nicot.) 

Ecoaer. Priver de couë. (Monet.) Ecouer un chien, lui 
couper la queue. 

Ecroae. C'est le Registre d'un Geôlier. Ménage, en 
ses Origines, dit qu'il ne sçait point d'où peut venir ce 
mot. D'autres croyent qu'il vient i'escronë, c'est- à dire, 
une viz, parce qu on met devant les entrées des prisons 
nne Croix de bois, afin qu'on ne puisse passer qu'un à 
un: mais j'estime que c'est un mot corrompu i'escriture^ 
ou de chirographum, c'est-à-dire, un seing : à quoy il y 
a toutes les apparences du monde» puis que par ce mot 
on entend le Registre : ce qui se confirme parce qu'on 
appelle aussi escrouë un acquit en faveur de celuy qui a 
manié des Finances, ou autre chose, selon Honet. On 
dit aussi : € bailler escrouë à un Receveur de sa recette. » 

Edifié. Certain, assuré. Marol, 8. Opuscule, dil: 

Car ie sais seur et bien édifié, 
Que nul ne peut estre jastifié, 
Si tu te veux montrer accusateur. 

Effoel. C'est-à-dire, l'augmentation que le bestail a 
faite dans la bergerie ; de ex folium, à cause qu'on les 
nourrit de feuilles des arbres et herbes. 

Effouages. Tribut sur les habitans des Villes, c'est- 
à dire, certaine somme sur chaque feu ou famille, selon 
le livre dit, la Cuisine du *** 

Effreour. Effroy, frayeur. 

Effrouer. Émier, égruger. (Nicot.) 

Egail. Rosée. (Monet.) 

Egrun ou Aigrun. Tout ce qui aigrit ou empire la 
maladie. (Honet.) 

Egnal. Égal. (Nicot.) 

i. 29 



L 



226 



ELS 



Eians. Gens. 

Eidbusti. Serinent. (Taiian.) 

Eins. Jamais, oncques. (Voyez Gant.) 

Einsint et EdsU. Ainsi, en cette sorte. - 

Eissipou Issip. Sortir; de exire ;i'oh vient issue, 
c'est-à-dire, sortie. 

*Eith. Froment. (Bochart.) 
Ekevins. (Voyez Echevim,) 

Fu lors partrouvez cis Romans, 

Témoins les Ekevins dormans. {Pieros de Riez.) 

El. Le. 

Si com avez ouy el Comte. (PercevaL) 

El. Dans, et au ; d*oti vient qu'on dit a/, en Languedoc, 
pour dire au. 

Quand li valiez el tref entra. {Pet*ceval.) 

Grans fa la Cor ens el Palais, 

As hautes tables sirent li Chevalier, 

Li Seneschaux ot moult à enseigner. 

Ensemble mit gaulterot et garnier. (R. de Raoul.) 

Elider. Ecacher, écraser, briser; du Latin elidere^ 
qui a la mesme signification. (Nicot.) 

Elixir* C'est-à-dire, l'œuvre Chimique, qui transmue 
les métaux. Dans la Fontaine des Amoureux, on lit : 

Comme l'ont void en Vélixir^ 
Dont tant de biens en void issir. 

Ce mot vient de l'Arabe élixir^ c'est-à-dire, fraction, 
quod morbos frangat metallorunif et corporum huma- 
norum. 

Elme. (Voyez Heaume.) 

Eloise. C'est-à-dire, un esclair. Michel des Montagnes 
se sert de ce mot. Il vient de elucere, De-là vient qu'on 
appelle au Bas-Languedoc un liau^ ou lieus^ un esclair; 
et lieu^sa^ faire des esclairs. 

Els. Eux. (Perceval.) 




EMB 227 

^Emarcam. Sorte de raison. (Charron.) 
Embasmer. Embaumer. 

Le ciel, oa poisle, et un cèdre embasmant 

Les cœars humains, duquel la largeur grande 

Ck)UTre Tautel. {Marot, Description du Temple de Cupidon,) 

Embauché. C'est-à-dire, condition, ou place des 
compagnons Apothicaires, Chirurgiens, et autres. De-là 
vient ^sbauche. Ils pourroient tous venir du vieux mot 
boge, ou bauge ^ c'est-à-dire, demeure. Ainsi on appelloit 
Tolo$iobogeSj les habitans de Tholose. 

Emberguer. Couvrir ; de apricare. D'où vient qu'on 
dit abriga, en Languedoc ; et un abric, pour dire couvrir, 
et un lieu à l'abry. (Voyez Bobans.) 

Embesca. Engluer. (Voyez Besiat,) 

Emben. Imbibé* 

Emblayer. Empescher. (Vigenere.) 

Embler. Desrober, emporter ; de involare. Nicot, en 
ses Cantiques parlant de l'Ange, et opposite de l'Ange 
do Soleil, dit : 

Le haut point deux parallèles 
Met ensemble ; 
L'opposite l'une d'elles 
Sur l'antre emble, 

(Voyez Befroy. Somme Rural. Ragueau.) 
Embriconer et Abriconer. Tromper, décevoir. 

Amours est et maie, et bonne, 

Le plus mesurable enyvre, 

Et le plus sage embricone. (Raoul de Ferrieres,) 

n dénote aussi par fois mettre en pièces : d'où vient le 
mot de Languedoc embrica^ c'est-à-dire, esmier; de 
Mque^ c'est-à-dire, brin, ou morceau. 

Embronchier. Tomber en manquant le pas. (Perc.) 

Embruncher ou Embrunger. Se couvrir et 
affeubler. Cronique de Hainaut, chap. 142. vol. 3, dit: 
« Il couvrit sa face et s'embruncha. » Et Rabelais : « Le 
• solier de la maison, > c'est-à-dire^ le second estage. 



228 



EMP 



« embrunché de sapin. » Ce qui vient de imbrex, c'est- 
à-dire, tuile. Un autre Livre ancien dit : • Sis'embruncha 
« dans son chaperon, » c'esl-à-dire, se couvrit de son 
chaperon : d'où viennent les mots de • Languedoc 
embroncat^ c'est-à-dire, encolere: et arron^/a^ c'est-à-dire, 
ayant quelque chose sur le cœur. (Voyez Valet et 
Embrochié,) 

Son chaperon a embronchié. (PercevaL) 

Embuchement. Abouchement, pourparler. (Merlin.) 
En Languedoc embuca, c*est-à-dire, mettre à un autre 
les paroles en bouche, afin qu'il les rapporte. Ce mot 
signifie aussi une embûche ou trahison, et vient de bose, 
c'est-à-dire, bois ou forest où se cachent les soldais, 
comme qui diroit embosche ; car bos, c'est-à-dire, du bois. 

Emmizagen. Toujours. (Pontanus.) 

Emmurer. Environner de murs. (Nicot.) Harot, 
Pseaume 104, s'en sert pour entourer, environner: 

Ta ûs descendre aux vallées les eaux, 
Sortir y fis fontaines et ruisseaux, 
Qui vont coulant et passent et murmurent 
Entre les monts qui les plaines emmurent, 

« 

Emmuseler. Mettre un fer au museau des veaux et 
cochons pour empêcher de teler, ou fuir la terre. 

Emologuer. Approuver. 

Emorche. Amorce, appas. (Voyez Esmorche,) Marol, 
dans sa 3. Epttre du Coq-à-l'Ane, employé ce mot pour 
l'amorce d'un canon : 

Gettez-y poudre pour Vémorchej 
Et gardez bien qu'il ne s*escorche. 

Empaindre. Attaquer vivement, frapper avec 
violence. (Nicot.) Guy de Warvich dit : « 11 Yemprint si 
« bien , qu'il le porta à terre lui et le cheval tout en un mot. » 

Empainte, ou Emprainte. Violente attaque, 
impétuosité. (Nicot.) Guy de Warvich dit: « A la première 
« emprainte ils abattirent tous ceuxqu'ils rencontrèrent. > 

Empané, ou Empené. Aislé ; de penna. 

Emparlé. Eloquent. 



EMP 2^ 

Emparlier, Parlter et Aparlier. Un Advocat. 

Empeaut et Empeut. Une aate en Languedoc; et 
nnlie emphytosis^ c'est-à-dire, insertionselonlaCosle; 
00 de impediculare. Goudouli s*en sert en son excellente 
pièce sur la mort d*Henri IV« et dit : 

La pax y va veni, que de son olivié 

Y feg un bel empeut sul laurié de Bellone. 

Emperere. Empereur. (Villehardouïn.) 

Empereris et Emperiete. Impératrice. (Idem.) 
fionfons, es Antiquités de Paris, met cette Epitaphe : « Cy 
gist Alphous, etc. fils de très-haute Dame Berengiere, 
qui fut Emperiere de Gonstantinople. » 

Empierier. Empirer. 

Empiri. Endommagé. 

Emplourèz. Triste, larmoyant, pleurant. (Mehun.) 

I Emponé. [Nom gaulois de la célèbre Bponine.] 

Empreinture. (Voyez Lé.) 

Emprendre. Entreprendre. 

Ne peus fais emprendre greigneur. {R. de la Rose.) 

Emprès. En après, ensuite. 

Empreu. En premier lieu ; de ey nçœtoy, 

Empreuf . (Pathelin.) J'estime que ce mot veut dire 

en bref. 

Empris. Entrepris. (Bible Historiaux au Prologue.) 

Quand maladie extrême lui ha fait 

Son œuvre empris demourer imparfait. {Marot.) 

Emprise. Entreprise. On appelloit aussi ancienne- 
meotdes emprises^ lorsque les Chevaliers entreprenoient 
de se battre contre tous ceux qui passeroient sur un pont, 
00 autre lieu. Marot, es Ps., dit : 

Vueille tes emprises parfaire, 
Telles que tu demandes. 

Empanaisi. Empuanti, devenu puant. (Nicot.) 



230 ENC 

Empunaisir (sO* S'empuanter, devenir puant. (N.) 

En. C'est un mot employé devant les noms propres 
d'hommes, comme pour dire Mr. ou Me. Cela se voit en 
la dispute de Sordel et Guillem, Poëtes Provençaux, que 
Vigenere sur César rapporte. Elle commence ainsi : 

En Sordel que vos es semblan, 
De la pro Gontessa preisan. 

C'est-à-dire, Sordel, que vous semble de la vaillante 
Comtesse tant prisée. 

On parle encore ainsi aux Villes de Puilaurens, Revel, 
Sorese, et en TAuragois, où on dit en Pierre^ en Jeun : 
et pour les femmes, ils mettent na, et disent na Jeanne, 
na Catherine, (Voyez Amador.) De-là vient que lorsque 
nous ne savons pas le nom d'une personne au vrai, nous 
mettons un N capital au lieu d*icelui. 

En. On. Pathelin dit : « Mais avant que rien en commence, 
« etc. » Et Vill. met r^n pour Von, en ses Repues Franches. 

Enatma. Comme, dans l'Histoire des Albigeois. 

Enaimi. A sçavoir. (Ibidem.) 

Enamerer. Rendre amer. (Ronsard.) 

Enamouré. Rempli d'amour, amoureux. Marot, 
Temple de Cupidon, dit : 

Besoin lui est d'éiongner la personne 
A qui son cœur énamouré se donne. 

Enarme. Guige. 

Enbaie. Espèce de iouste. D'où vient le mot de 
Languedoc embait, c'est-à-dire, estourdi. 

Ou il eut fait pour sa vie, 

Mainte iouste, mainte en&ate. (R, de la Rose ) 

Embrochié. Affeublé. Merlin ms. dit: a Si encontra 
« un Chevalier et Dames toutes embroehies en lor chapes, 
« qui lor pénitence fesoient. » 

Enceinturer. Engrossir, rendre enceinte. Mehun au 
Codicille, dit : « Vierge qui du cors Dieu, ton fils Vencein- 
« turas. » 

Encencier. Encensoir ; de incensum. 



r 



ENC 231 

Encentrer. Enter un arbre. Ce qui vient du Grec. 

Encequeta. Aveuglement. (Histoire des Albigeois 
ancienne.) Il vient de cœcitas^ ou cœeutire. 

' Encercheur. Espie. (Bible Historiaux.) 

Enchacier. Chasser. 

Enchainte. Une femme enceinte. 

Enchair. Se prosterner. Yillehardouin dit: « Que nos 
« nos enctuM&ion& as pies. Il vient de in et cado. 

Encbanbader. Enjamber, comme qui diroit encam- 
l)ader; car cambe en Languedoc est la jambe; d'où vient 
le mot de escambarlat, qu'on donnoit au temps de nos 
soerres civiles, à ceux qui estoient partie pour les uns 
et partie pour les autres, c'est-à-dire, ayans une jambe 
don costé et l'autre de l'autre ; car ce mot signifle 
proprement escarquillé. 

Enebaucer. Donner la chasse. (Villehardoûin.) 

Enchauclez. Chassés, poursuivis. 

Enche. Canal de pressoir; de iyXvm, infundo. En 
Languedoc c'est ce qu'on met dans un hautbois pour le 
faire mieux résonner, et se ()rend par fois pour le gosier. 

Eocheolr en grâce, se mettre en grâce. (Froissart.) 
Encheper. Mettre dans les ceps. 

Encherser. Rechercher. {Forest des Philosophes,) 
Enchi. Là. (Voyez Enki.) On dit encore en Languedoc 

Enchif erné. Barbouillé^ venant de ensafrané. 

Si ne fat aucun forcenez, 

Qui fut d'anours enchifernez. {R, de la Rose,) 

Eocis. Meurtre de femme enceinte. (Coust. d'Anjou.) 
Eaclaves. Limites, frontières. 
Enclaveure de porte, closture. 



/ 
/ 



L 



1 



232 END 

Enollner. Saluer. 

Et ie les encline trestoutes. {Pet^ceval.) 

Encombré. Accablé d'affaires, et comme enseveli. 
De-là vient escombréi c'est-à-dire, un tas de terre inulile, 
en Languedoc. 

Encombrement. Accablement d'afflictions. Ce qui 
vient de combrus, c'est-à-dire, un abbalis ou monceaa de 
bois ; et celui-ci de cumultis. 

Encombrer un homme d'affaires, l'accabler, le 
surcharger d'affaires. (Nicot.) — Encombrer quelqu'un de 
faire quelque chose, c'est l'en empêcher. (Guy de Warvich.) 

Encombrer le mariage de sa femme. [C'est quand le mari, 
avec ou sans le consentement de sa Temme a aliéné son 
héritage et l'en a désaisie. (Laurière, Gloss. D. Fr.)] 

Encombrier. Malheur, adversité. 

G combien lors d' encombrier s dangereux 

Dont j'eusse esté pour iamais malheureux, 

De moy ton serf il te pleut détourner. 

Tendant tes bras pour tout m'environner. {Nicot,) 

Encontrer. Rencontrer. 
Encosté. Auprès. (Bible Historiaux.) 
Encoures et Encor. Encore, vient de liac hora. 
Encoutrement. En remontant* 

Je penserois plustost que les ruisseaux 

Feroient aller encoutrement leurs eaux. (Marot.) 

Encre pour ancre ; vient de inchiostro. 

Encroé. Crucifié. (Cronique de S. Denis ms.) 

Encusement. Indice. (Nicot.) 

Encuser. Excuser, accuser. (Nicot.) 

Encyrer. Inciser ; de iyxvÇBiy. 

Enda. Sorte d'exclamation populaire qui se dit encore 
en quelques Provinces. Marot, épigramme 257, dit : 

Mort? ce dit-elle, enda je n'en crois rien, 
Je Tay veu vif depuis ne sçais combien. 



r 



END 233 



Endementlers et Endrementes. Cependant. 
(Jean le Maire et Perceval.) Il vient de inde et tnterim; 
d*où vient ritalien mentré, et le Gascon démentré. 

Et priai trêves endementiera, 

Entre dix jours et vint entiers. {R, de la Rose.) 

EndemetUiers a li Dus la croix pris. {R. de Garin.) 

La Règle de Saint Benotst en lagage ancien, dit : 
« Qu^nd aucuns endementiers qu'il est en labour où] il 
« laboure aucune besogne. » 

Endementre. C'est la mesme chose. (Bible Hist.) 
De-là viennentles mots de Languedoc, signiflans la mesme 
chose» dementreque et entretan. 

Endever. Forcener ; de indivare^ à Deo, vel demone 
wrripi^ c'estrà-dire, estre espris de fureur divine» comme 
les Sybilles et ceux à qui on faisoit rendre les Oracles; 
car ils devenoient tous transportez, comme Virgile Ta 
merveilleusement bien descrit en sa sixième Enéide, 
lorsqu'il dit, parlant du transport de la Sybille Cumée, 
pendant qu'elle s'apprestoit à rendre l'Oracle pour Enée : 

Ante fores subito non vultns, non color unus, 
Non comptae mansere comas : sed pectus anhelum, 
Et rabie fera corda tument : maj orque videri, 
Nec mortaie sonans, afOata est numine quando ' 
Jam propioreDei. 

On bien il vient de indeviare^ s'égarer de sa voye. 

Endicter oy Enditer. Déférer, dénoncer, accuser. 
(Sicot) 

Eadietement. Délation, accusation. (Nicot.) 

Endicteur. Délateur, celui qui indique; de Miixtai. 
(Perioûius de Lingua Gall. cum Grseca collatione.) 



Endolomer. Assommer. On s'en sert encore à 
Tolose. Goudouli, en son divin Ramelet moundi parlant 
iVenry IV. qu'il compare à un lyon, dit : 

Aital dedins un parc lou lion se boulegue 
Al mitan des moustis, del pastre, dels agnels ; 
Aital à cop de dens, de quoao, d'arpes, et dels, 
Loas espanris, engrune, endoulome, moussegae. 

Le sens de nos Vers Tolosains est à peu près celuy-cy : 
l. . 30 



i 



234 ENF 

Ainsi se remue le lion dans un parc 

Au milieu des dogues, des agneaux, et du berger ; 

Ainsi à coups de dents^ de queue, de griffes et de ses yeux, 

Il les espouvante, met en pièces, assomme, et mord. 

Mais la Traduction n'a pas les grâces de cette langue, qui 
est très-mignarde et riche à ceux qui la possèdent. 

Endoyer. Monstrer au doit ; de indigitare : car on 
ne disoit que le doy, pour le doit. 

Endromis. [Mot gaulois; vêtement d'hiver, tissé cbez 
les Séquanes.] 

Endroit. Environ. (Nicot.) 

Enduis. Duit, accoustumé. (Voyez Envoyé.) 

Enfançon. Petit enfant. 

Tu m'as fait part dès qu'en/anpon j'estois... (Nicot^ Odes,) 

Enfanture. Grossesse. (Coquillard.) 

Enfeir. Enchanter, mol composé de en^ el de fée. 

Enfelloulr. Devenir. (Nicot.) 

Enf erm. Malade. Le Reclus de Molens dit : 

Moût aim pain hom qui est sain, 
Al enferm est wapes et vains. 

Enfermeté. Ladrerie. (Perceval.) Maladie, vient de 
infirmitas. Le Bestiaire François dit : 

D'un mire comte qui seinna 
Un riche homme que il garda 
En une grande infermeté. 

Enfermier. Infirmier. 

Et courtoisie Venfermiere. (Alain Chariier.) 

Enfes. Un enfant. 

Enffretr. Effrayer. (Merlin.) 

Enfleume. Enfleure. 

Enfoissele. Un fromage mis dans Finstrument qui 
lui donne la forme, selon Ovide ms. Et encore on appelle 



V 



EN6 



23S 



en Languedoc cet instrument qui est de terre, tout 
pertoise, une faissele. Et on dit enfaichela. pour 
eobisseler. ^ 

Enforeste. Enfonce dans une forest. (Perceval.) 

Eogagne ou Engien. Esprit ; de ingenium. 

Hom qui raison as et engien^ 

Icheste serablance retien. (Reclus de Molens,) 

II se prend aussi pour tromperie dans ce vers : 

Ne me pouvez plas faire engaignes. (fî. de la Rose.) 

D*où vient le mot de Languedoc engana, c'est- à-dire, 
tromper ; sur lequel ils ont ce proverbe : 

Qui partis et ^engane. 
N'a pas bone sepmane. 

Cest-à-dire, qui fait les portions de quelque chose, et se 
trompe soy-mesme, n'a pas bonne sepmaine. 

Engarbardé. Contaminé. (Hehun, Codicille.) 

Enger. Remplir; d*où vient engeance, peupler. (Nie.) 

Engien. Esprit. 

Engignement. Finesse. 

Engigner. Tromper, attraper quelqu'un, le duper. 
(Voyez Barater.) 

Engigntere. Trompeur, comme aussi ingénieur. 

Li engignieres qui ont l'engin basti. (A. de Garin.) 

Engin et Enging. Esprit; de ingenium. 

Eslevons nos engins et nos affections. (Afehun, Codic.) 

Alain Chartier dans son quadrilogue dit : « Vos engins 
travaillent à acquérir finance. » 

Et en un vieil fragment : « La force vient de bon sens, et 
« de bon engin, plus que de grandeur de membre. » De- 
là Ingénieurs ceux qui appliquent leur esprit à fabriquer 
des macbines de guerre appellées aussi pour ce sujet 
engins : ce que leR. de Garin comprend en ce vers : 

Li Engingnieres qui ont Tengin basti. 



236 ENG 

Engtné. Ensorcelé, enchanté, charmé. (Nicot.) On dit 
par métaphore : « Il est bien enginé de cette^emme. » 

Enginer. Tromper, et enginie%^ trompé. 

Par tel parti, qu'amours qui gens engine. (Villon.) 

Engingnierres. Ingénieurs. (R. de Garin.) 

Engironer. Environner; du mot^tra, qui veut dire 

en Languedoc se tourner ; et celuy-cy de girare. 

Englinceler. Mettre en pelolon. (Voyez Gliceau,) 

Englotir (s'). Avoir le hoquet. (Nicot.) 

Englume. Enclume. 

Engmuseler. Cacher le visage sous le manteau. 
(Perceval.) Ce qui vient du mot museau; d'où vient un 
cache-museau, pièce de four que les enfans mangent 
ainsi. C^est aussi mettre un anneau de fer au museau 
des cochons, etc. 

Engombrer (s'). C'est-à-dire, succomber. 

Et s'engombroit de la pesanteur de la targe. (Vigenere,) 

Engouer. Se suffoquer en mangeant. 

Engratgné et Engreigné. Environné ; et vient de 
engyronné. 

Se rire jalousie engraigne^ 

Elle est moult fiere et moult grifaigne. (R. de la Rose.) 

Engreger. Excommunier. (Songe du Verger.) 
Engrengir. Aggrandir, croistre, devenir grand. 
Engrieté. Envie ou jalousie. (R. de la Rose.) 
Engrois. Fâché. 
Engroissier. Grossir. 

Li prist la vois à espoissier. 

Et la parole à engroissier, (Ovide,) 

Engrouter. S'enfermer ou mettre dans une grotte ' 
Il signine aussi enfoncer. 

Les ex ot ou chief engroutez. (Ovide,) 



l 



ENL 237 

Engnener. Tromper. 

Hais comment le paillard m'enguenne, {Pathelin.) 

Engaermens. En se contristant ; de guermenter. 

Engoiner. Tromper. 

Enbair. Haïr. 

Enhaner. Vexer. (Hehun au Testament.) Travailler. 
(Sicot) (Voyez Ahanner.) 

Enbaser. Embesogner, mettre en ouvrage. 

Enhasti. Percé d'une lance. (Merlin.) Ce mot vient de 
Imta; d'où vient un asté^ mot de Languedoc, qui signifle 
une broche. 

EnbasUr. Avoir haste ou presse. 

Sire G. estoit enhasti 

Defoler sur eux de fors. {Merlin.) 

Enberber. Rmpoîsonner. Le R. de la Rose se sert de 
ee terme, pour dire empoisonner, parce qu'ordinairement 
les venins se tirent des herbes, comme plus faciles à 
trouver : 

Sous gist le frais serpent en herbe, 
Payez enfans, car il enherhe. 

Ainsi les Espagnols disent enerbolar. (Voyez Putage,) 
Enberdure. La poignée d'une espée. 

^ Si la tint par Venherdure, 

Si la mit fuere arrière. {Perceval.) 

Enborter. Exhorter. Marol, Elégie 9, dit : 

Incessamment me conseille et enhorte, 

Eobailé. Celui à qui on porte TExtréme-Onction, 
adoD Perceval ; à cause des huiles qu'on leur applique. 

Enkaéné. Enchaîné. (Voyez Leus.) 

^ki. Ou et ainsi. Villehardoûin dit : < Enki se parti 
leoffroy de-là. » (Voyez Enchi,) 

Eolangagé. Disert, éloquent, (tfehun, Godicile.) 



S38 ENR 

Enmy. Au milieu. (Perceval.) 
Ennement. Quoique, aussi-bien. 

Respondra tousiours vous tensez, 

Ennement que vous le sachez. {Coquillard.) 

Enneur. Honneur. (Gauvain.) 
Ennosser. Tuer. 

Geluy vois-je reconfonter, 

Et se la maie mort Vennoase^ 

Je le conduis jusqu'en la fosse. (R. de la Rose.) 

Ennubli. Obscurci, de nebula. 
Ennubli. Fâcbé, contristé. 

Dont ot molt le cuer ennubly. {Ovide.) 

Ennuyaumant. Ennuyeusemeni. 

Enoindre. Oindre. 

Enor (r). L'honneur. (Merlin. Perceval.) 

Enordir. Rendre sale, salir. (Bible Historiaux.) Ce 
qui vient de ord, sale : d'où vient ordure, et ceux-cy de 
sordidus. 

Enpeinte. Empreinte, secousse, et attaque. (Voyez 
Empainte.) 

Enpeser. Fâcher. 

Et cela luy enpesa. (Merlin.) 

EnquQirre. Enquérir. 

Mais on ne l'ose plus enquerre, 

Pour peur des Seigneurs de la terre. (F. des Amour.) 

Enraillé. Ouvert. (Coquillard.) 
Enrimant. Pour enrumant. 
Enromancer. Faire un Roman ou Histoire. 

Por s'amor encommenceray 

L'estoire, et enromanceray. (R. des sept Sages.) 



i 



BNS 



29» 



Enromant. Subitement ou ensemble. (Pereeval.) 
restime que c'est une erreur de erraumant. 

Enroussl. Endurcy. (Ovide, ms.) 

Enroyer. Commencer, entreprendre. 

Ekis. Ensemble. (Perceval.) Il signifie aussi dedans ; 
d'où viennent les mots de leans et céans. 

La Eus. Là dedans ; d'où vient le mot de Languedoc 
alasins^ c'est-à-dire, làrdedans. 

Lors entray ens sans dire mot, 

Après que oiseuse onvert mot. (H. de la Rose.) 

Enselé. Cn cheval qui est selé. (Merlin.) 

Ensement. Ensemblement et semblablement. (Perc. 
Fanchet.) (Voyez Recrùyaument.) 

Et donna les bénédictions, 

£t cil de Raex ensement, 

Qoi se contint moût Aoblement. (Voce,) 

Et Nicolas Flamel (1), en son Roman Chimique, dit : 

Et est sous la terre trouvée 
Tout ensemeni que la rosée. 

Ensi. Aussi. 



L. Ainsi. Huon de Villeneuve dit : 

Il est ensinc coustume en la nostre contrée. 

Ensir fors. Sortir dehors. 

Ensoigne. Enseigne, marque. Du Ghesne, en son 
{Histoire des Ducs de Bourgogne, a mis cette Epitaphe qui 
lest à Cisteaux : 

Li bon Eudes, duc de Bourgoigne, 

De sa bonté laissit ensoigne 

De fonder diverses Eglises 

De Ghartroussains, et d'autres goises. 



(i> Borel se livre ici à une longue dissertation sur Nicolas 
iFlamely que nous ne reproduisons point parce que sa place ne 
nous paraît pas devoir être dans un Dictionnaire philologique. 



^ 



240 . ENt 

Ensouple. Ensuble de Tisserand. C'est un rouleau 
autour duquel les Tisserans roulent leurs étoffes. 11 vient 
de insubula. 

Entailleure. Ciseleure, ouvrage d'orfèvrerie, 

Entalanté. Ayant désir, et comme estant affamé de 
faire quelque chose : car talen, c'est-à-dire, faim, ou 
appétit, en Languedoc. Guillaume de la Taissoniere, en 
sa Sourdine Royale, dit*: 

Voire qui m'as encor n'aguere entalanté 
De chanter un subjet par autre non chanté. 

Ou bien ce mot vient de ethlonté, c'est-à-dire, désireux 
d'honneur ; du Grec éôeXot^ç. 

Entalenter ou Attalenter. Inspirer à quelqu'un 
la volonté et le désir de faire une chose. (Nicole) 

Entechié ou Endechié. Entaché ; d'où vient endec 
et endecaty c'est-à-dire, en Languedoc, une manière de 
rheume, ou en général santé mal asseurée, et vice dans 
le corps. 

Sans faille de tous les péchiez, 

Dont li chetif est entachiez. {R. de la Rose,) 

Entelechie. Perfection. (Ronsard.) Ame, en grec. 
Entendis. Cependant. (Froissard.) 
Entention. Intention, dessein. 
Enterin. Entier. 

De fin cuer net et enterin^ 

Sommes cy venus pèlerin. (H. de la Rose,) 

Entérine. Entière. 

Et tout soir amor bonne et fine 

Entre nous, et pais entérine. {Ovide.) 

Entériner. Remettre en entier. 

Enterinité. Intégrité. Ce mot vient de integritas, 
comme qui diroit entiereté. 

Enterver. 

Tenir ferme pour enterver^ 

Courre de nuit, etc. (Coquillard.) 



r 



ENT 241 

EDteser m arc, rajuster pour tirer. 

Le fort arc prist, si Ventesa* (Ovide.) 

Entierrer. Enterrer, (Voyez Quens.) 

Entitaleure. Titre. 

Entoiser an arc. C'est le tendre, le bander. fNicot.) 
- Entoiser une espée, c'est la lever pour frapper. (Nicot.) 
~ Emtoiser la lance, l'empoigner. 

Entombi. Interdit, étonné, stupide. (Nicot.) 

Entor. Entour. (Perceval.) 

Entord. Contraint^ tient, lie. Marot, Balade V, dil : 

Et dernière ; car la quitter 
Jamais je ne serai d'accord ; 
Première me serre et entord» 

Entoraé. Estourdy d'un coup ; d'où vient possible le 
mot de Languedoc estourinaf c'est- à-dfre, assommer. 

EntoaiUer. Salir, souiller, gâter. Il se prend aussi 
i poar empêcher, embarrasser, mêler. (Nicot.) 

Entraffoler. Se blesser. (Vovez Occir.) 

Entrait. Extrait, selon un Béceptoire ms. 

Entrebraire. Faire du bruit dedans^ parmi. (Nicot) 

Entrechanger. Nicot dit : « L2iV\xe m' entrechange. » 
Cest-à-dire se trouble, s'obscurcit. 

Entrechancher. Fouler, presser. (Nicot.) 
Entrecontralier. Se contrarier. (Voyez Occir.) 

Eotreconrs. [G'estoit une société contractée entre 
deox seigneurs, au moyeu de laquelle les sujets de l'un 
pouvaient librement aller domicilier dans la seigneurie 
«e l'autre seigneur. (Laurière, Gloss. Droit français.] 

Entredire. Interdire. (Songe du Verger.) 
Entre-en (S*). Entre dedans, 

Entreeser. Se récréer ensemble. 

1. 31 



L 



S42 ENV 

Entrefaites. Intrigues, manœuvres. 

Voas TOUS verrez hors la subjection 

Des infernaux et de leurs entrefaites^ 

Car pour les bons les Loiz ne sont point faites. (Marot.) 

Entrefterent (S')* S'entreblessent. (Pereeval.) Ge 
mot vient de entrer et de ferir^ blesser; du Latin fente. 

Entregent. Politesse, savoir vivre. (Nicot.) 

Entreiointe. Jointure. 

Entrelaidir (S'). Se dire des injures mutuelles. 

Entrelest. Oublie, 

Entremelléement. Pesle-mesle. 

Entrepreter. Interpréter. 

Entreseigne. Marque. 

Entretoniller. Mêler, confondre. (Nicot.) 

Entrevescher. Entremesler, comme qui diroit 
entraverser ; d'où vient entrabessa^ mot de Languedoc. 

Entreviser. Aller voir, aller visiter quelqu'un. (Nie.) 

Entreonblié. Troublé. 

Entronpeler. Amasser, rassembler. (Nicot.) 

Entruil. L'entre-deux des yeux. 

Entule. C'est une injure. (Voyez Tule.) 

Que cil vilain entule et sot. {R, de la Rose.) 

Envahie. Attaque. (Cronique de Hainaut.) 

Envayssement. Eslonnement. 
Enversé. Abbatu, mis à l'envers. 

Si la si roidement férue, 

Qu'en mer Ta enverse abbatue. (Otnde.) 

Enviai. Un voyage. (Perceval.) 

Envis, A regret, à contre-cœur. (Pathelin.) 



r 



ERA 3tt 

Envoiserie. Gentillesse. 

Uenvoida/ie et les nobloîs. {Ovide,) 

Eovoisie. Joyeux, agréable^ qui a bonne voix. 

Venvùine la bien cbantans. {R. de la Rose.) 

Envoislez. Gaillards. 

Car grand confortement portent. 

As mvomez et as oisenz. {Garin.) 

EnTOisare. Joye. Ovide ms. où Vénus dit : 

ie suis Dame de courtoisie, 
De déduit et d'^nvoisure. 

Envoyé. Ifis en train. Mehun, Codicile, dit : 

Gsr ils sont à mal faire enduis et envoyez, 

Eots. Œa&. (Mehun au Codicile.) 

Epalgnenl. Chien venu d'Espagne. 

Epave. Droit sur les choses égarées, ou qui n'ont pas 
de maistre. (Ménage.) 

Epeler. Âparier les lettres et les syllabes ; de appellare. 

Epelir. Eclore, sortir de la coque. Monet dit : « Les 
■ petits des oiseaux épelissent, aucuns plustôt, aucuns 
« plus tard. » — Epelir. Faire éclore en couvant, 

Ephebe. Majeur, ayant quatorze ans. 

Epicaie. Équité et adoucissement de la rigueur du 
droit pris à la lettre, du Grec ènieùcsia. (Nicot.) 

Epicalser. Agir de bonne foi, avec équité. (Nicot.) 

Epona. [Mot gaulois, déesse des palefreniers.] 

Eporldicse. Bons escuyers, ou gens de cheval, ou 
dompteurs de chevaux. (Pline, Histoire Universelle.) 

Eqoiparer. Comparer. 

Er. Du fer. (Pontanus.) 

Eratgne. Une aragnée ; d'où vient la tararagne, mot 
Tolosain. Rebours de Mathiolus dit : 

Na raix ne fillace ÙLeraigne^ 



V 



244 ERU 

Erbegler. Hebergier; se coucher sur l'herbe. 

Erchie et Archiée. Trait d*arc. (Uerlin.) 

Eremondicie. Un désert. 

Erent. Estoient ; de erant. (Perceval.) Ere, et erf, 
c'est-à-dire, estoit, et aura ; iert, c'est-à-dire, y estoît. 

Ereux. Quérelleux ; de ira^ ou de içiç, ii$. 

Ergalice. Reglisse. 

Erine. Terre aride et inculte ; de c^^. (Ragueau.) 

Eripelas. Érisipelle. 

Erner. Errener, couper les reins. 

Errame. [C'est le défaut que foit le deffendeur de 
comparoir à l'assignation qui lui est baillée par devant le 
juge, à la requête du demandeur. (Laurière, G. D. F.)} 

Erramment. Vilement, incontinent, promptement. 
(Nicot.) Guy de Varvich dit : « Et demande erramment 
« (incontinent) où est Huguetin. > Le même dit : « Lors 
« sault erramment i\x mulet à terre. » (Voyez Oriflamme.) 

Errandoner. Errer. 

Erraument. Promptement, sans delay. 

Mëssire Gauvain erraument 

Vint à la Cour isnellement. (Gauvain.) 

Erre. Gage. (Voyez Remaigne.) C'est aussi une allée 
ouvenue, (Pathelin.) 

Pourveu s'il encontre son erre, 
Madamoiselle au nez tortu. (Villon.) 

Il dénote aussi un chemin ou tour. (Voyez Beffroy.) 

Grand Erre, et s'enfuit grand erre, c'est-à-dire, fort 
promptement. Aller grand erre, pour de grand courage. 

Sa grand boute me fait aller grand erre. (Marot.) 

Ersoir. Hier soir. (Perceval.) 

Erupeis ou Erupis. Hurepois. (R. d'Alexandre.) 

Eruqae. Requête, herbe ; dite du Latin eruea. 






I 



ESC 24S 

Es, Dedans et voicy ; de ecce. 

 tant è$ vous un garnement. 

Un herault d'armes en chemise. {R. de la Charrette.) 

Esbanoy ou Esbanoye. Esbat, joye, tournov. 
(Nieot.) De ^nayakdm, delitiev : d*où vient le mot de 
Lanpiedoc s*espata, c'est-à-dire, s'escarquiller, et mettre 
à son aise. Hais j'estime qa'il vient de espanauïr^ comme 
les fleurs qui se dilatent en s'espanouissant ; de expandere. 

Esbanoyer. Se réjouir, se récréer. 

Tout contre val esbanoyant 

Ce beau rivage costoyant. (R.,de la Rose.) 

Et selon un vieux Roman anonyme qui dit : 

Qaand 11 Roy ot mangié, s'appela Helinand, 
Pour ly esbaiMyer commanda que il chant. 

Esbanoys. Joies. (Jean Moulinet.) 

Esbarnlr et Esbamoir. C'est la mesme chose que 
eàmoyer. 

Esbattre. Se réjouir, se divertir. 

De m'en aller au Temple Gupidique 

£n m'e^atant. {Marot, Temple de Cupidon.) 

Esbaabely. Surpris, enchanté. 

Esbaodi. Gai, enjoué, selon Marot. 

Esbandir. Se réjouir. 

Esbaady. Encouragé et rendu beau. (Voyez Baud.) 

Le iour s'est esbaudye^ 

Belle est la matinée. (jR. de Guiot de Nanteuil.) 

Esboeler. (Voyez Eboëler.) 
Esbonner. Ordonner, ranger. 

Qui les quatre Elémens esbonties. 

Escaetes. [Sont des héritap:es et des rentes non 
nobles qui sont de la succession des prédécesseurs. 
(Laurière, Gloss. D. F.)] 

Escafignon. Soulier de danseur de corde. (Duchat 
dans ses Notes sur Rabelais.) 



I 



S46 ESC 

Escagne. Ëcheveau. (Nicot.) 
Escaiele. Bschele. 

Escalborder. Monter, parvenir. 

L'ame escaîborde derechef, 

A duel, à honte et à meschief. (Ovide.) 

Escamper. Ecbaper, sortir (Villehardouin, page 65], 
de escampay c'est-à-dire, verser, eii Languedoc : ce qui 
vient de ex et de campm. 

EscandiUonage. [C'est un droit dû à des seigneurs 
féodaux, pour la visite, Texamen et Télalonnage des 
mesures. (Laurière, Gloss. D. F.)] 

Escange. Echange ; de ex cambium. 

Escarmie. Escrime. De-là pourroit venir escar- 
moucher. 

Qui affiert à cette escarmie^ 

Bien scet de son corps escremie. (R, de la Rose.) 

Escarnellé. Fait à créneaux. Le livre de la Destruc- 
tion de Troye dit : 

Les tournelles escamellées, 

De marbre bis fait sans painture. 

Escarnir. Montrer en dehors. 

Escamis un petit poupel. (Goudouli.) 

Escarpin. Vient de carpisculumj soulier ancien. 
Escarrabillat. Gentil, mignon, beau. 

Escarri. Perdu. Le Loyer des fausses Amours dit : 

Telles choses ne sont pas ris, 
Voilà mes amours escarris. 

Escarrir. Se disperser çà et là. 

Eschacier. Un Berger qui va sur des eschasses, pour 
garder le bestail es lieux marescageux. 

Eschanson. Ce mot vient de scantio. 

Eschaper. (Voyez Escamper.) 



ESC S47 

Esctaarder. Tourmenter, irriter. 

Grand sens est d'amis iàire^ 

Et greignenr de garder ; 

Mais pou en fait Ven garde, 

Qai les ^ent escfiarder, {Mehun, Codicile.) 

Eschargaetes. 

Après vint grand procession, 
D^eschargueies tout enyïron. {PercevaL) 

Eschargntier. Eschaugueter. 

Escharnir. Hesdire, offenser. (PercevaL) Bible Histo- 
riaox dit: « Le sot escharnit la discipline. » Item: 
« Paroles eschamissantes. » C'est-à-dire, médisantes. 

Mais soyez d'amonr si garny, 

Que point ne soyez escharny, {R. de la Rose.) 

Eschamisseur. Hesdisant. 

i Escharrogneux. Querelleux, selon un vieux ms. 
de Mémoires des choses mémorables passées à Paris 
depuis Tan 1400. 

Gomme vilains escharrogneuXj 
Qui diffament leur voisinance. 

Eschars ou Echars. Lésineux, ménager à l'excès. 
(Monet, Nicot.) 

Escharsement. D'une façon mesquine. (Mon. Nie.) 

Escharsete. Lési^erie, épargne sordile. (Mon. Nie.) 

Eschaucier. Cbasser. (Merlin.) 

Escbanfetare. Échaufaison. (Nicot.) 

Eschanfferete. Récbaufoir^ lieu propre à réchaufer 
viandes. (Nicot.) 



Eschecs. C'est un jeu ancien : il vient du mot Latin 
scacchia^ et celuy-cy de son inventeur Eschatresca, 
Persan ; et selon d autres, Chaldéen, selon la Cronique de 
l Mais le R. de la Rose Tattribue à Altalus : 



Qaar ainsi le voolt Âthalos, 

Qui des eachecs controuva Tus. (Rose.) 

D'autres l'attribuent à un Diomede sous Alexandre. 



24S ESC 

Escheier. Essayer. 

Eschelatre. Goquillard, page 56, dit : 

L'un esechélatrey l'autre latonne. 

Escheler. Escalader. (Nicot), escheler les murs. 
Eschelistres. 

Hongres, Florentins, Allemans, 

Il y trouve sans Echelistrea. {CoquiUard.) 

Escheller. [C^est une amende honorable publique 
aggravée par les circonstances. Elle se fait au haut de 
Teschelle. (Laurière, Gloss. Droit français.)] 

Éschelles. Compagnie de gens de pied avec Ensei- 
gnes. (Voyez ScarrCj Scadre.) 

Escherpes ou Escherpetes. Escharpes. (Voyez 
Bannier,) Les anciens Cavaliers François portoient des 
Escharpes blanches, pour marque de leur candeur : ils 
avoient aussi la Croix et la Cornette blanche : et au con- 
traire les Espagnols ont les mesmes choses rouges. 

Eut entreux touts sur leurs atours^ 
Et les grans gens et les menues, 
Esch&^etes blanches cousues. {Guiart.) 

Escherper. Mettre en escharpe ; de escherpCy c*est« 
à^lire, escharpe. 

Escherpilleurs. Voleurs ; ainsi dits ou parce qu*ils 
portoient une escharpe, ou du mot escarpU c*est-à-dire, 
en languedoc deschirer ; ou bien de cher et de piller. 

Eschever. Esquiver , éviter : il vient de Tltalien 
schifar; et de-là vient un esquif. (Le Roy Modus au livre 
de la Chasse.) 

Eschevinage. 

Femmes tiennent eschevinage^ 

De poules de concubinage. (Mathiolus,) 

Ce mot semble vouloir dire boutique ou bordel. 

Car escoillez certes en sommes, 
Sont couars prou et Eschevins, 
Parquoi ils ont mains féminins. (A. de la Rose.) 



ESC 249 

Eschevins. Jages et Conservateurs ; de cavere. 

Que ces mots y trouvez ia mis, 

Qui mordent, semblent Eschevins 

Encontre les murs féminins. (A. de la Rose.) 

n semble là entendre quelque machine de guerre, par 
m Escbevin. Ce mot vient de serbinus ou de scabines ; 

Eschevlssement. Évasion. (Monet.) Indemnité. (N.) 

Esehiele. Troupe de soldats, vient à mon advis de 
iee qu'on prononçoit le c comme un k ou 9, et cbangeoit 
I h lettre r en /, comme il est arrivé souvent. De sorte que 
Ipour esquierre ou esquadre^ vieux mots signiflans troupes 
{OU bataillons, on a dit eschiele. On disoit aussi escarmoude. 

Eschielle. On mettoit les Malfaiteurs à Teschelle du 
Temple, selon un Arrest notable qui est es titres de 
8. Martin des Champs à Paris, où sont ces termes. : « Et 
« aussi eost envoyé par devers Nous, ledit Robert hoste 
> desdits Religieux, et fait mettre Yeschielle pour cause 
I de certains faux serments faits par-devant Nous, etc. » 

Eschiea. Essieu. (Voyez Guenche.) 

Eschiffles. Sorte de fortification ancienne. (Faucbet.) 

Eschine. Est dite de kXiyoç, scrinium^ coffret. 

l Eschiquier de Normandie, lieu où s'assembloient les 
p)mmis5aires envoyés des Provinces par le Roy : ce qui 
peut du mot Alleman schiqueriy c'est-à-dirCi envoyer. 

Eschive. Triste. (Perceval.) 

Eschiver. Éviter, esquiver. (Voyez Eschever.) 

Moult mis grand peine à eschiver, (Christien de Troyes.) 

Eschoite. [C'est une succession collatérale, à la 
Térence de la droite aventure qui est une succession 
île. (Laurière, Gloss. Droit français.)] 

JEschopes. Petites boutiques attachées à des piliers 
maisons qui appartiennent au Roy. 

C'est fait, il n*y pert à Veschope 

Une parentese, on sincope, (Coquillard,) 

I. 32 






S^ BSG 

Eschorte. Gas^ accident. 

Eschouer. Vient de cheoir^ tomber. 

Esclabocher. Éclabonsser. (Nicot.) (Voy* BclaboUr.) 

Esclamme. Sorte de manteaux longs que portoient 
anciennement les Pèlerins. (Nicot.) 

Esclande. Scandale. (Songe du Verger.) 
Esclandée. R. de Mathiolus, parlant de Didon : 

Gomment elle fat deffrandée, 
Et en son courage esclandée, 

Esclandir. Scandaliser, selon le livre dit. De la 
Diablerie. 

Esclavire. Sorte de robes longues jusqu'à mi jambes 
à collet baut et carré et manches courtes d'étoffé gros- 
siere»dontles Marinierset Matelots se servent surmer.(N.) 

Escleché. Démembré. (Ragueau.) 

Esdeve. Esclave ; de é<ncX${œ, includo. 

Esclices. Tronçons de lances. (Perceval.) 

Escllquet. Mot de Languedoc, est un jeu d'enfans 
qu'ils font avec un tuyau dans lequel ils mettent des baies 
qu'ils jettent loin en les pressant : ce qui vient du mot 
glisser j corrompu de glisset; car on l'appelle unglissoiff 
en France. 

Escloer. Expliquer. 

Escloy. (Voyez Ecloy.) 

Esclaine. (Voyez Esclamme.) 

Escolter. Escouter ; de auscultari. 

Escommeu d'amour. Espris. 

Escondit et Escondite. Refus. (Gauvain.) 
EscoNDiT. Gâché. 

Escondre. Gâcher. (Boëce ms. de abscofidere), et oa 
dit encore en Quercy rescondré. 



j 



ESC 



2H 



Eflcoadalre. Refuser. (Nicot.) 
Escons. Cacher; escùmer^ cacher, 
Escorable. Courant. 

Escore. Côte à pic, taillée à plomb. (Monet.) 

Escorte. Prudent; de ritalien scorto. (Duchat dans 
ses notes sur Rabelais.) 

Eseos ou Escles. Ce mot semble eslre employé dans 
Perceval, pour dire des fossez. 

Escot. Portion ; venant de scoty mot Saxon ; ou de 
rmcoty c'est^à^ire, un denier en Anglois. 

Escooffle. Un Milan. 
Escoalourable. Changeante, muable. 
Escoupis. 

le suis ialons et escoupis^ 

l'ay l'angoisseose flame, ou pis. {Ovide,) 

[Test-iHlire^ en la poitrine. C*est Polypheme, qui parle à 
ilatée de son amour. 

Escoarre. Se dissiper, Marot, Epigramme 10, dit: 

Si en enfer îl sçait quelques nouvelles 
De sa seareté, au fins fons il se fourre ; 
Puis pea à peu sa peur Tint à escourre. 

Escoussé. Caché. 

Escontete. Sorte de Juge» en Wallon. (Vossius.) 

Escouvetes. 

Non est, le deust-on vif brusler 

Gomme un chevaucheur à* escouvetes. (Villon,) 

doit parler d'un Sorcier, car on dit qu'ils vont au 
ibath sur des balais, etc. Or, escoubo signifie un balay 
lu bas Languedoc, venant du Latin scopa. 

Escouvient. Convient. 

Escremie. Escrime. 

Escrene. Petite maison ; de scrinium. 



252 . ESC 

I 

Escrevices. Sorte d'armes anciennes, c'est-à-dire, 
cuirasses faite de lames de fer» mises les unes sur les 
autres, à la manière des escailles des escrevices: ce qui 
fut l'invention qui vint après celle d'en faire de cuir; 
d'où venoit le nom de cuirasse; (Voyez Gallures.) 

Escripseur. Un escrivain. 

Escritel. Un escriteau. 

Escroix. C'est un instrument à fendre les pierres. 

Escu. C'est une armure ancienne dont j*ay parlé cv- 
devant sur le mot de Bouclier. C'estoient rondaches de 
bois couvert de cuir, ou de fer. Ce mot vient de axvtoç, 
c'est-à-dire, du cuir ; d'où vient cutis^ peau. Sur ces 
Escus estoient peintes les armes des Chevaliers, aOn 
qu'on les peust distinguer estant armez de fer. Ainsi ce 
mot est demeuré aux Escus que nous employons es 
armoiries. De-là vient aus$i la monnoye appelléa un 
escu, parce que l'image d'un de ces escus y estoit em- 
preinte, comme sur le stelin ou sterlin, des estoiles ; et 
sur le franc, un Cavalier François. L'escu ne valoit que 
vingt-sept sols. Il y avoit des demy escus de treize sols 
six deniers. Les deux escus valoient un Noble. (Fauchet) 
Les escus ou boucliers des anciens Gaulois estoient si 
grands, qu'ils couvroient tout le corps, à la manière des 
Grecs ; car Âjax en avoit un de cette sorte, selon Homère. 
C'est pourquoy on les faisoit porter devant soy. Us avoienl 
deux anses de cuir par dedans, dans lesquelles on mettoit 
le bras gauche, pour s*en servir à parer les dards. 

Escuelle. Ce mot vient, à mon advis, de «seii/M, 
chesne, parce qu'au commencement on les faisoit de 
chesne, pour ce qu'il se fendoit moins que d'autre l)ois. 
Je n'ay mis ce mot que pour l'étymologie. 

Escurens. C'est Therbe equisetum^ dont on escure 
la vaisselle. Et on l'appelle au haut Languedoc d'e^curet. 

Escusevols. Excusable. (Histoire des Albigeois.) On 
dit encore dans nos montagnes esùusiboul. 

Escuyer. C'est une dignité fort considérable parmi 
les Anciens: elle venoit immédiatement après celle de 
Chevalier, et estoit un degré pour y parvenir; à cause de 



à 



r 



ES6 253 

quoy les Chevaliers faisoient ordinairement leurs fils 
Escoyers, afin que par quelque action généreuse» ils 
peussent parvenir à ce degré. C'est pourquoy Coquill. dit : 

Fay-je pas un simple Escuyer, 
SMl sçait bien ses armes conduire, 
Tout incontinent Chevalier ? 

Cette qualité ne se donnoit qu'aux personnes de noble 
extraction. Leur employ estoit de porter l'escu et l'espée 
au-devant des Chevaliers ; mais il y avoit entre les 
Escuyers des différences fort notables, qui les rendoient 
plas ou moins considérables. Car ceux qui estoient 
Escuyers des Rois et Princes Souverains, estoient des 
personnes beaucoup plus remarquables gue ceux qui 
D'estoient qu'à de simples Chevaliers. Ainsi la Charge de 
Conneslablc ou de grand Escuyer de France, qui estoit 
establie pour porter l'escu et l'espée du Roy, a esté 
tousiours donnée non seulement à de trèsgrandshommes, 
mais estoit comme la première dignité du Royaume. 

Ceux qui dérivent ce mot A*E8cnyer, de equus, c'est-à- 
dire, un cheval, se sont trompez, et ont confondu la 
qualité d'Escuyer, avec celles d'Equyer et d'Escayer : car 
la qualiléd'Equyer esloitseulement pour ceux qui avoient 
Hateddance des escuries des grands Seigneurs. Mais le 
nom de nos Escuyers vient de l'escu, ou bouclier, qu'ils 
portoient à la guerre; et celuy de l'escu vient de scutica, 
c'est-à-dire, une courroye de cuir, parce qu'on les 
altachoil ainsi, et qu'ils estoient couverts de cuir, comme 
j'ay remarqué sur les mots de bouclier et d'escu. 

Il y a encore une troisième sorte d'Escuyers, qu'il faut 
distinguer des susdits, à sçavoir des Escuyers trenchans, 
qai coupent les viandes à la table des Rois et des Princes ; 
et j'estime que ceux-cy estoient appelez Escayers, et 
qu'on les a par abus appeliez Escuyers, à cause de la 
conformité des noms ; ou« que les Lecteurs des vieux 
Livres ont creu qu'il y avoit faute es Livres dans lesquels 
il y avoit Escayer; et ont estimé de le bien corriger, en 
mettant Escuyer. Ce qui me confirme en cette pensée, 
est leur nom Latin ; car ils sont appeliez sectores Escarijy 
ott mensaHjy et Escarice secturœ prœfecti ; ce qui vient 
de^ca, c'est-à-dire, viande. 

Esgardez. Regardez. (Perceval.) 

Esgards. C'est-à-dire, des hommesexperts et entendus 
à certaines choses. (Ragueau.) 



254 ESM 

Esgargaté. Egosillé ; de crier. (Nioot.) 

Esgrafigner. C'est-à-dire, écrire golphemenl et en 
égratignant : ce qui vient de graphium, stile de fer des 
Anciens, dont ils se servoient à écrire ; ou bien de griffe. 
Ronsard, en TEpitaphe de Thomas, dit : 

Toosiours le chardon et Tortie, 
Puisse esgrafigner son tombeau. 

Esgniller. Un estuy à aiguilles. 

D'un esguilUr mignot et gent. (H. de la Rose.) 

Esjouir (s'). Se réjouir. (Nicot.) 
Eslainde. Machine à jétter des pierre. 
Eslais. Course ou envahie, choc des Chevaliers. 
Eslay. Eslans. 

Eslecture. Choix. (Voyez Vertir.) 
Esléecer (s') ou Esléer (s*). Se réjouir. 
Eslepas. Aussi-tost, de ce pas. (Perceval.) 
Eslesser. Eslancer. 

Eslocher. Démettre^ tirer de son lieu : d'où vient 
disloquer. — Eslocher. Élocher, ébranler, écroaler. 
(Monet.) Elocher une colonne, Tabbatre. 

Esmarri. Eslonné, fâché. 

Esmay. Tristesse : d'où vient esmùy. 

Ce fat au temps du mois de May, 

Qu'on doit chasser dueil et esmay, {Font des Amow.) 

Esmayer. Attrister, s'embarrasser. Marot, dans son 
Epistre à Monseigneur le Dauphin, dit : 

Mais je vous prie mon sauve-conduit ayons, 
Et de cela plus ne nous esmayons, 

Esme. Intention, désir. (Voyez Estme.) A son eime, 
c*est-à-dire, à sa volonté. (Villon au Testament.) 

Esmeré. Esmaillé. 

Qui fut de fin or esmeré, (A. de la Rose,) 
Un anelet d'or esmeré. {Perceval.) 



r 



BSP 255 

EsmigaQx; Des joyaBX> bracelets, eAc: 

Esmonchonner ou Esmoucher. Chasser les 
ffloocbes. 

Esmorche. Amorce, appas. (Honet.) Marot, dans son 
Enfer, employé ce mot dans un sens burlesque^ pour dire 
une action vive, une échappée, une action extraordinaire : 

Mais ie veux bien cognoistre ces paillards, 
Qui avec toi firent si chaude esmorchc. 

Esmorcher. Amorcer. (Idem.) 
Esne. G'estrà-dire, outre» ou oûaire. 

Sans mettre n^en jpressouêr, n'en emes^ 

Et le miel décovroit des chesnes. {Rose,) 

Esné. Fils aisné. 

Esox. [Mot gaulois, s'appliquantau brochet et quelque- 
fois au saumon.] 

Espalgnols. Espagnol. 

Espalen Étaler avec la pelle. (Nicot.) 

Espam. C'est-à-dire, Pam. (Gaùvain.) 

Espanir. Espanoûir. (Nicot.) 

Espantable. (Voyez Troudelé.) 

Espardre. Épardre, épandre çà et là, disperser de 
edté et d'autre. (Honet. Nicot.) 

Esparer (s'). S'éclaircir. Rabelais, livre 4 chap. 22, 
dit: < Je voy le Ciel du couslé de la transmontane qui 
I commence $' esparer. « Ce mot vient de l'Italien sparar, 
qui se dit d'une chambre dans l'état qu'elle parott, après 
qu'on a dépendu les tapisseries qui en couvroient les 
parois. 

Espart. Esclair ; de foudre. 

Espave. Avanture : Droit i'espave, c'est-à-dire, sur 
les choses inopinées, arrivées sans y penser. 

Espautier les arbres, c'est-à dire^ leur ester le bois 
inutile ; ce qui vient de amputare. 






256 ESP 

EspAUTiER. Esventrer, selon le Livre de la Diablerie, 
D'où vient le mot de Languedoc, prauti et espouti. 

Espeonter. Espouvanter. 

Esperit. Esprit. 

ladis transmis en ces régiops basses, 
Pour p^ouverner les esperits loyaux, 
Et résider es domaines Royaux. {Marot,) 

Esperitableté. Spiritualité, et spiritable; spirituel 

Espeter. [G*est quand, en tournant sa charrue au bout 
du sillon sur le grand chemin, le sillon empiète tant soit 
peu sur le chemin. (Laurière, Gloss. D. F.)] 

Espices. Il faut remarquer, touchant les espiees, 
qu'elles estoient si rares anciennement et si estimées, 
par le défaut de commerce avec les Indes, qu'on en 
présentoit aux grands Seigneurs : d'où est aussi venu la 
coustume d*en mettre aux arrests^ et d'en donner aux 
Professeurs, comme aussi du sucre, ou dragées. « L'an 
« 1495 le Roy festina les Ambassadeurs, et leur fit 
« apporter pain et vin de toutes sortes, hypocras, espices, 
« confitures et autres nouvelletez singulières. • (Verger 
d'honneur.) 

Espie. Espée. 

Espine. C'est-à-dire, le dos, à cause de Tespine du 
dos; et le délit (Tespine^ c'est-àdire, la Sodomie. C'est 

Sourquoi Honstrelet dit, que quelques-uns furentbruslez 
la Grève, pour avoir commis le délit d'espine. Une petite 
Cronique manuscrite Latine, composée par Frère Michel 
de Audars, de l'Ordre des Frères Prescheurs, explique 
entièrement cecy, et oste toute la difficulté qu'on y pour- 
roit avoir. Il parle en ces termes : « Joannes Pelabini, 
« Mercator divitiis affluens de hasresi Albigensium 
« suspectus, et de delicto spinaB dorsi accusatus, à 
« Bertrando Vicario Tolosse incarceratur, et Inquisitori 
« fldei traditur. De supradictis criminibus convictus, ad 
« flammas ut hsereticus, et Sodomius condempnalur, et 
« sententia condempnationis executioni mandatur apud 
• plateam de Salinis juxta pillorium. » 

Espingarde. Arbaleste ; parce qu*en se débandant 






ESP 257 

son are fait une espèce de saut que les Allemands appellent 
iprung, du verbe springen^ sauter et de-là 

Espingoer. Trépigner, sauter. Ce mot est encore en 
usage en Languedoc. 

Et espingue, saatele et baie, 

£t fiert de pied pariny la sale. (A. de la Roêe,) 

Esplnoche. Ce mot est dans Pathelin ; mais je ne 
l'ay pu comprendre au vray. 

Espinochet. Espinars. 
Espinon. Ardillon de boucle. (Nicot.) 
Espoigner. Exposer. 
Espoindre. Animer, encourager. 

Or quand de vous se souviendra. 
L'aiguillon d'honneur Vespoindra 
Aux armes^ et vertueux fait. {Marot.) 

Espoir (}')• J*espère. (Perceval.) 
Espondre. Exposer, expliquer. 

Or vos veil espondre briefment 

De ces fables rentendement. (Ovide,) 

Cest aussi promettre, et traduire. Adam de Guiency, 
en sa Traduction de Caton, dit : 

Signour^ ains que îe vous commans 
D^esponàre Gaton en Roumans, 

Espont» Exposé. 

Qui cel songe lor a espant. {Ovide,) 

Esporler. [C'est reconnoitre les devoirs à son 
seigneur. (Lauriere, Gloss. D. Fr.)] 

Esprea. Exprès, à dessein, de dessein formé. (Nicot.) 
Ttmt a espreUy tout exprès. 

Espringaller. Sauter. 

le va, ie viens, ie sail, ie vole, 

YespringaUy ou ie karole. (R. de Quille^ Ville.) 

De-là vient espingay et esperlencou, mots de Languedoc, 
c'est-à-dire, sautiller, et las à prendre oiseaux par une 
verge courbée qui se débande. 

1. 33 



i 



^ 



258 ESS 

* Esprlngarde. Instrument de guerre, comme une 
fronde. (Fauchet.) Froissard rappelle espringalle ; et 
espringardiens, ceux qui les faisoient jouer. Ce mot vient 
de espringaller. 

Espurgier. Purger ; de expurgare. (Aldebrandin.) 

Esquerde. Bûche fort petite. (Perceval.) 

' Esquermie. Alquimie. (R. de la Rose.) 

Esquevin. Eschevin. (Perceval.) C*estoit un Juge, 
selon les Loix des Lombards. Pasquier le fait venir de 
SerbinuSf et d'autres de THebrieu. (Voyez Eschevin.) 

Esquier. Escuyer. (Merlin.) 

Esrachier. Arracher. 

Esraument. Vistement. 

Esrouté. Négligé. 

Esrupeis ou Erupeis, et Erupie. C*est-à^ire, du 
pays du Hurepoix. R. d* Alexandre dit: 

L'autre fu Espaignos, et Tautre fu Normans, 
Li autre Erupie^ et parla bien Romans. 

Ce mot de Hurepois veut dire situé du costé du vent 
eureus, comme qui diroit eureposé. 

Essaboyr. Réjouir, 

Essardé. Altéré, tourmenté de soif ardente. (Nicot.) 

Essart. Brossaille. (Perceval.) De exarctare. 

Essarter. Émonder les arbres ; d'où vient le mot de 
Languedoc, eissabarta. [C'est aussi défricher une terre. 
(Laurière, Gloss. D. Fr.)] 

Essaucié et Esaulcé. Exaucé. (Perceval.) 

^Essedi. Chariots ou carrosses de guerre des anciens 
Gaulois, selon César en ses Commentaires. 

Ces chars estoient garnis de faucilles ou rasoirs : il en 
est parlé au chap. 13 des Machabées, livre 2. 

^Elssedum. Sorte de char. Properce dit: 

Esseda cselatis sistit Britannia jugis. 



J 



EST 259 

Esseiller. Employer, consumer. (Nicot.) 

Essemace. G'esirà-dire, la crue des bestes de chaque 
année ; comme oq dit Vessein des abeilles, de eissin^ 
c'est-à-dire, sortir; et par ainsi Yessemage, c'est-à-dire, 
la sortie et provenu du bestail. 

Ta me rendras, qaoy qa'U advienne, 

Six aunes, dis-je Vessemage' 

De mes bestes, et le dommage. (Pathélin.) 

Esserpiller. Dérober; de excerpere^ ou de oster 
l'escharpe, selon Ménage en ses Origines, 

Essil. Bardeau, morceaux de douve, dont on couvre 
les maisons. (Nicot.) 

Essillé. Ravagé. 

L'agent et la terre essillée^ 

Qai fa tondaê et pereillée. {Perceval.) 

Essiller. Ravager, exterminer ; et eml^ c'est-à-dire, 
ravage, et exil. (Vigenere, Merlin.) (Voyez Mesnil.) 

Essilleurs de biens. [Incendiaires, voleurs. (Laur. 
Gloss. Droit français.)] 

Essimer. Amaigrir, exténuer, consumer. (Monet.) 

Essoine. Absence. (Proissard.) (Voyez Exoine.) Hehun, 
au Testament, dit : 

Âaz délits q[ui sont sans essoine^ 

Item, Punition. Villon dit : 

Pour son amour eut tel essoine. 

C'est aussi excuse, et vient de sonnia, vieux mol ; de 
l'Allemand saumnuz. Sunnis, c'est-à-dire, empeschement. 

Âucans dient pour tout essoine^ 

Qu'eUe doit assaillir la porte 

De l'hostel de quelque Chanoine. (Coquillard.) 

Essonier. Sorte de filet, ou orle. (Geliot), en l'Indice 
armoriale. [Ce mot a aussi le sens ù! excuser^ dans Laurière, 
Gloss. Droit français.] 

Essoyer. Essayer. (Gronique de Saint Denis.) 
Esta. Esta ; et 6^te%^ estez, c.-à-d. arrestez. (Gauvain.) 



i 



260 EST 

Estableté. Durée. 

Estagier. Habitué, 

Estalons. Arbustes qu'on laisse monter et se pousser 
en haut. (Voyez Bailliveau.) Il vient de stolida^ c'est-à- 
dire, inutilis arbor^ selon Bouillus. Mais c*est le contraire, 
puis qu'on les garde pour se pousser ; et je le tirerois 

f^lustost de stare^ et de longns, c'est-à-dire^ qu'on les 
aisse devenir longs et hauts. Etalon est aussi le cheval, 
ou autre beste dont on se sert pour couvrir un haras de 
jumens, appelle equus emissarius. 

Estampie. 

Rompre barreaux, crier et braire, 

Saillir en bas pour Vestampie. (Coquillard.) 

En son Estant. C'est-à-dire, debout. Il tomba de son 
estant, c'est-à-dire, de sa hauteur. (Alain Ghartier.) 

Estape ; De stipendium. 

Estau. Uubi res stant^ vel extantj ce sur quoi on 
estale les marchandises. 

A toUir places et estaux, {Perceval.) 

Il vient de stabulum, et se disoit stallum. 

Estaule. Estable. 

Estebe. Estienne. Vigenere traduit mal en Villehar- 
doîiin ce mot, Esteves del Perche^ celuy de Perche, veut 
qu'il signifle Estienne de Perche. — L'Estebe. C'est-à-dire, 
le manche de la charrue ; de stipes. 

Estelée. Tissuë. (Perceval.) (Voyez Sebelin.) 

Esteles. Coupeaux : on les appelle des hastillons. Je 
croy qu'il vient de effero extulU parce que ce sont des 
enleveures qu'on a emportées d'un gros bois. 

Estelin ou Esterlln. Monnoye d'argent ancienne ; 
ainsi dite à cause de la figure d'une estoile qui y estoit 
empreinte. On en a encore en Angleterre et en Allemagne. 
Il semble aussi que ce fut un poids, par le texte suivant 
tiré d'un ancien ms. de Hémoires à la main, touchant ce 
qui s'est passé à Paris de plus mémorable depuis Tan 



EST 361 

1400. lequel Monsieur Martin, Médecin de Paris, m'a 
communiqué ; car il dit en un endroit : 

Gomme celay <{ui les bleds soye (coupe), 
Quand ce mestier ie sortissoje, 
Uonce donnoye pour Yesiellin. 

n y a apparence que ce poids estoit de trente-deux 
grains, comme Testerlin d'Angleterre pesoit. (Voyez 
Spelman et Vatsius, en leurs Glossaires.) 

Estendard. (Voyez Bannière.) 

Estepes. Pièces de bois. (Voyez Hourdeis.) 

Ester. Assister. (Pasquier.) Il signifie aussi par fois 
estre, attendre, demeurer. 

Et me laissez en pes ester, (Perceval.) 

SigniGe subsister, dans la Bible Historiaux ; et délaisser j 
dans le B. de la Rose : 

Qu'elle laisse son dueil ester, 

Estemi. Renversé, jette par terre. (Nicot.) 

Esternir. Renverser, jetter par terre. (Nicot.) 

Estenles. [On appelle ainsi les chaumes, les premiers 
jOQrs qui suivent la moisson. (Laurière, GIoss. Droit fr.)] 

EsUomene. Érysipele. (Nicot.) — Estiomeme. Qui a le 
corps rempli, rongé d'ulcères. (Honet.) 

Estivaux. Des bas de chausses. (Perceval.) 

Estme. Estime; d'où vient à bel eyme, mot de Lan- 
ledoc, c'est-à-dire, estimé en gros. 

Estoc ; d'où vient estocade ; vient de l'Allemand stock, 
rest-à-dire, un baston. (Ménage.) De-là vient aussi brin- 
Uoe, grand baston à sauter des fossez. 

Estocgage. Droit ancien des Seigneurs, sur ceux qui 
tetoient en leurs terres quelques biens immeubles. 

Estoier. Combattre. Mehun, au Codicile, dit: 

Ce sçavent ceux qui ont dedans acre estoyé, 

|Estoire. Histoire. (Perceval. F.) Lambert li cors dit: 

La verte de Vestoire, si corn U Rois la fit, 



i 



262 EST 

Un Clercs de Ghasteau^Dun^ Lambert 11 cors l'escrit, 
Qui de Latin Va trest^ et en Romans Ta mist. 

C'est aussi, selon Villehardoûin, une flotte de Navires, 
lors qu'il dit : « Il partit une estoire de Flandres çer mer, 
« com mult grant plente de bones gent armée. > Et 
ailleurs Vigenere le prend pour des vivres et au\res 
choses nécessaires, lors qu'il traduit ces mots du mesme 
Autheur: « Il avoit Navire et estoire », c'est-à-dire, ils 
avoient Navires et autres nécessitez. 

Estolt et Estoute. C'est à-dire, rude. 

Si ii donna cop si estolt. (Perceval.) 

Estommis. Étonnez , allarmez , troublez. (Voyez 
Estormir.) 

Estonné. Endormy du coup, et comme col tors. Cela 
se dit de ceux qui ont receu sur le casque quelque grand 
coup de lance ; d'où vient nostre mot de estonné. 

Estonnoir. Je ne comprens pas bien ce mot : 

Souvent quand il te souviendra 

De tes amours, te conviendra 

Partir des gens par estonnoir. (R. delà Rose.) 

Il semble qu'il signifie à Timproviste. (Voyez Haubert.) 

Estor et Estour. C'est-à-dire, choc, mesiée, combat, 
duel. (Perceval.) De-là vient estourdir. 

Dix Chevaliers pris en Vestor. 

Estordre. Destourner. (Bible Guyot de Provins.) 

Estore. Convoy, selon Vigenere. (Voyez Estoire.) 

Estoré. (Voyez Mons.) 

Estorer. Ordonner et ajuster, restaurer, bâtir, édifier 
Ovide, parlant de Dieu, dit : 

Du pooir que donné leur a^ 
Cil sires qui tout estora. 

Es tormi.. Alarmer, réveiller. Perceval dit : 

La Ville fut moût estormie. 

Estoroir. Calfeutrer et réparer. 



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r 



EST 263 

Estortrier. 

la n'en estortriez sans faille. {Perceval.) 

Estouper. Rassasier. 

N'orent antre chose à souper, 

De cen font lor faim estouper. (Perceval.) 

Estour et Estor. (Idem.) Il se prend aussi pour les 
coups de lances dont se frapoient les Chevaliers aux 
Tournois, et pourroil venir de ha^ta. 

■ 

Estoarbeillon. Tourbillon. 

Estoarra. Faudra. (Pasquier.) 

Estoarra (m'). Me Faudra. Thibaut, Roy de Navarre, 
dit: 

Quand fine amour me prie que le chante, 
Chanter m'esh^et, etc. 

Vousist ou non Vestuet guerpir. {PercevaU) 

Estout, Estoux et Estoutie. Conflict. (Kicot.) 

Estoatoyer. Disputer. (Perceval.) 

Estoyer. Serrer , r'engainer Tespée. De-là vient 
«^«î/er, c'est-à-dire, mettre en un estuy. 

Estrace. Extraction. (Villon.) 

Li fel iayant de pute e^irace. {Ovide,) 

Estradlots. Soldats; d'où vient battre l'estrade, et 
estrader. (Comines.) C'estoit aussi une sorte de Soldats. 
(Art Militaire ms. en velin, de Messire Hérault Stuart, 
Sieur d'Aubigny) : « Que en chacune bende y ait mvs petit 
■ nombre de Coulevriniers et Arbalestriers, pour garder 
« remmy que font les gens legiers à cheval, comme 
« Janetaires et Estradiots, en chevauchant. » 

Ce mot vient aussi du Grec sçateîa, hélium. D'où vient 
aossi stratagème. 

Estrage. [Cours, enclos et iardins qui sont joints à 
ane maison de campagne. (Laurière, Gloss. Droit franc.)] 

Estrain. Fourrage. (Perceval.) Du Latin stramen. 

Sus ung poy de chaume ou à'estrain. ' (R. de la Rose,) 



264 EST 

Estrains. Vaisseau à vin. (Gratian du Pont.) 

Estramasson. (Voyez Scrammasaxos.) 

Estran. Couverture de paille, ou restouble. Ovide ms. 
parlant d*une cabane, dit : 

Vestran dont elle fa couverte. 

Estrays. 

Si s'en est fouy ioui^eatrays, {Ovide.) 

Estre. C'est-à-dire, le lieu où quelque chose a acoous- 
tusmé d'estre. C'est aussi un chemin, selon Huon de 
Villeneuve ; et vient de strada, Villon, en ses Repues 
Franches, dit : 

D'apporter après luy courant, 
Le pain chappelé en son estre. 

Estrée (s'). C'est-à-dire, s'accouple, ou bien se met 
en voye. (Fauchet, citant Huon de Villeneuve.) 

Estreper. Briser, en la Couslume d'Anjou ; car elle 
parle en ces termes : « On doit les maisons ardoir, et les 
« vignes estreper », de extirpare. En Languedoc on dit 
estripa; mais on l'employé plus pour éventrer. L'estrapade 
vient aussi de-là. 

Estres. 

Li Roys Ârtus estoit as estres j 

Âppoyez à unes fenestres. {Perceval.) 

Estren. Merlin se sert de ce mot ; mais je ne le com- 
prends pas. 

Estrez. C'est-à-dire, une croix de gueules. 

Estrif . Étrif, débat, noise de paroles. (Monet. Nicot.) 

Estrivep. Rioter, contester,, contrarier, débattre de 
paroles. (Monet.) Marot, dans ses Pseaumes, dit : 

Avec ton serviteur n'estWwe, 
Et en plein jugement n'arrive. 

Ce mot est encore en usage dans la Flandre Valone. 
Estrivear. Un lutteur. 
Estriviere. Vient de astrapaj qui estoit la planchette 



j 



I 



ESC 965 

qu'on mettoit pour 'reposer les pieds. De-là vient aussi 
un e$trieu. (Voyez, Ménage.) 

A Estros, G'est-à*dire« à coup. 

le fusse mort tout à eatrosj 

Se il ne m'eût dépendu. {PercevaL) 

En Languedoc, on dit tout bel estrouSt de ce qui est 
rompu net. 

Estudie. Soin, étude, application. 

Mais par sus tout, il mit son estudie 

A réparer son pays d'Ârcadie. (Marot) 

Estaert (s*). Se courbe* (P^t^val.) 
Estnet. Convient. J^ 

AUer m^esiuet en une affere. (Pefceval.) 

Estolde. Estude. 

Estvier (s*) ou Esvier (s'). S*escarter et dévoyer. 

Estalre. Exprès. 

Et sa bouche n'est pas vilaine, 

Ains semble estre fait à estuirêj 

Ponr solacier, et pour déduire. {R. de la Rose^) 

Esturent. C'est-à-dire, demeurèrent debout: ce qui 
Tient du Latin steterunt. Le toumoyement de VAnte- 
CArisf, dit: 

Cil ingieor en piez eeiurenU 

De-là vient estotir, c'est-à-dire, l'Arrest qu'on fait en 
<IQelque lieu. 

Estayer (s*). S'estudier. (Codicille de Jean de Mehun.) 
Oa bien se cacher et retirer, comme qui diroit se mettre 
dans un estuy. On dit encore en Languedoc sestuya^ 
c*est*à-dire, rentrer en sa maison. Marot, au 1" liv.de sa 
Métamorphose, employé ce mot pour renfermer : 

Sonblablement en ses fosses esiuye 

Tons Tentz chassants la nuê apportant playe. 

Esiis. [Nom d*une des plus terribles divinités gauloises ; 
ce mot vient du sanscrit Am, Dieu.] 

1. 34 



S66 EXI 

Esve. (Voyez Eve.) 
Esvigorer. Renforcer. 
EsYolée. Estourdie, inqaiette. 

Contre raison fortune Vesvollêej 

Trop loardement devers moy est voilée. (Marot.) 

Ethin. Pasturages. 

Etic. [Mot gaulois qui avait le sens de protéger, 

abriter.] 

Evanouisson. Pasmoison. 

^Eubages. festoient des rechercheurs de secrets, 
c'est-à-dire, des Naturalistes, parmy les anciens Gaulois. 
(Estats et Empires du Monde.) — Ëubages. [Membres de 
Tune des trois corporations savantes de la Gaule, chargés 
de l'observation des grands phénomènes de la nature.] 

Eve ou Esve. C'est-à-dire, de Teau. (Perceval.) 

Descendoît Vesve claire et roide. {R, de la Rose.) 

Everdumer. Tirer le suc d'une herbe. ^ 

Evertir. Renverser, ruiner ; du Latin evertere. ï 

^Eugubie ou Usubls. C'est l'herbe dite Chatm 
Daphne Apuleij. 

Eurice. [Mot gaulois, signifie heureux.] 

Enrs. Bonheur. (Nicol.) (Voyez Saner.) 

Ex. Les yeux. (Voyez Engrouter,) 

Exacon. [Mot gaulois ; c'est la centaurée trèsamère.] 

Exceps. Excès» 

Exciper. Excepter; de excipere. (Nicot.) 

Exerclte. Armée ; de exercitm. (Marot.) 

Exercité. Domination. (Songe du Vergier.) 

Exiguer. Faire partage des bestes. D*où vient le mot 
de Languedoc isuiga^ ou emagua. (Ragueau.) 



j 



FAG 267 

r Exoiae ou Essoiae, et Exoiner. C'est-à-dire, 
empescheflieat et empescher. Ce qui vienl du mot 
Altanand mm», qui signifie la mesme cbose. 

Exolné. Excusé. 

Exoniatear. C'est celuy qui donne excuse pour 

akeooe. 

Exonier. Estre absent ; de i{bfunftM. (Perionius.) — 
bomsR. Excuser par serment celuy qui ne peut comparoir, 
a cause de sa grande indisposition. 

Extrême. Dernier. 

Exalter. Tressaillir de joye ; de exsultare. 



F 



Fable ou Fabliau, et Flabe. C*est-à-dlre, discours 
'\ fable. Bornant en Vers. (Fauchet.) 

Fabel. C'est la mesme chose. Huespiancelles, au Fabel 
"tsire Hains, et de Dame avieuse, dit : 

Huespiancelles ([ui trouva, 

Cil fabel par raisoD prouva, etc. 



[Facqae ou Facqulere. C*est-à-dire, une boëte ou 

Î; de l'Allemand /îi^h, qui signifie la mesme chose, 
achat, dans ses notes sur Ral>elais.) 

ictiste. Poète comique. (Nicot.) 

ide. Allangoury, triste. 

En faisant une mine fade. {Pathelin.) 

^aerie. Enchantement. (Coquillard.) Ce mol vient de 
Nymphe ou Devineresse parmy les Payens. De- là 
le R. des Champs faez, c*est-à'dire, ensorcelez ou 
tues. 

igasmon. C'est Therbe appellée aparine. 



S68 FAL 

Fagot. Ce mot vient ou de fagu$j ôa à ftudjs. 

Faida. Inimitié, de /Isu^d Anglois : d'où vient /ier rt 
whed. Allemand. 

Sans Faille, sans faillir. Fontaine des Amoureux dit: 

' Vint contre sept convient sans faUle. 

Fain ou Faîne. Le fruit de l'arbre, dit fagtu. - 
Pain. Du foin. 

Fantls. Trompeur. 

Fais, Falture. Façon et artifice, facture. 

Faisance. Corvée. (Ragueau.) D*oà vient le mot d8 
Languedoc de fasendes. 

Faisselle. Vaisseau à faire les fromages. 
Faltard. Paresseux, oisif. (Nicot.) 
Faitardlse. Paresse, oisiveté, léthargie. (Nicot] i 
Faltement. Parfaitement. (Voyez Liée.) 
Faltis. (Voyez Fetis, c'est-à-dire, gentil.) j 

.... branches charnues 

Esleves, propres, et /(itcttMes. {Vithn,) . J 

Ce mot vient de factitius, comme qui diroitfotf exm 
Ainsi le Drapier dit dans Patbelin : ] 



le Tay fait faire tout faictis 
Ainsi des laines de mes bestes. 

Falleré. Harnaché ; Aephaleratus 



t. (L'Amour. Trttl 
la mer. On dit m 



Falolse. Une levée au bord de 
falaise et falise. 

Li Châteaux sur une faloisey 

Fu ferme par si grand richesse. (Percêval,) 

C'est aussi une roche couverte de mousse. En Pi( 
sont les costeaux maritimes, et vient de faUs^ c\ 
dire, roche en Allemand. Ce sont aussi des monoeai 
neige, selon Ménage. 

Falonrt Sot ; et]vient possible, de faillir. 



FAN 269 

Palourdes. Faisseaux de bois pour combler les 
fossez des ennemis. (Froissard.) 

Famé. Renommée ; de fama. Font, des Amour, dit : 

Gomme maint homme, et mainte femioe, 
Qui ont bon les et bonne famé. 

Famis. Affamé. Marot, dans son Enfer, dit : 

Par nos grands Loups ravissans et famia, 

*Fan. Temple : d'où vient fanum et faniatix, c'est-à- 
dire, fanum jovU. C*est une Ville de Languedoc, c'est-à- 
dire, aussi un petit de Biche, et vient do infans. 

Fandestenf. Chaire ou Siège RoyaL Cronique de 
Flandres. D'oii vient fautuel. (Nicot.) 

Fanfelas. Moqueries. (R. de la Rose.) 

Fanfreluches. Bagatelles. Ce qui vient du Grec 
t69fifoXvf,aquœ butta. {Trip. deBard. en son Dictionnaire.) 

Fanon. (Voyez Bannière et Gmt fanon.) 

Fanon et Gontfanon. Jadis estoient Enseignes Royales 
comme les Pennons, et puis furent de mesme prises des 
parliculiers. J'estime que ce mot vient de ^a^^â), appareo ; 
parce qu'on le voit de loin, à cause qu'il est au bout d'une 
pique. On appelle aussi Fanon aux bœufs, ce que les 
Latins appellent paleare, qui est ce qui leur pend au col, 
possible parce qu'il se rapporte à une Bannière ancienne. 

Fantasler. Chagriner, inquiéter. Marot, dans ses 
Opuscules, Temple de Cupidon, dit : 

Lors Tun se taist qui me fantasia. 
L'autre me dit, mille ans ou plus y a. 

Fantasieux. Chimérique. 

Fantes9[ne. Servante qui lave la vaisselle; mot 
Italien, qui signifle la mesme chose, et non pas une 
putain, comme le prétend Nicot. Brantôme Ta employé 
dans le premier sens, au I*" Tome des Dames Galantes, 
page 338. La vieille Courtisanne parmi les Jeux Rustiques 
de Joachim du Bellay : 

 cet effet, ie tenois pour fantesque 
Une rasée et vieUie Romanesque. 



1 



270 FAU 

Forcer. Se moquer. 

L'une faraoitf Tautre lardoit. {Ovide,) 

Fardeler. Lier ensemble, faire un paqueL (Mooet) 
Fardelet Petit fardeau. (Monel.) 
Fardelier. Crocheteur. 
Fardet. Fard. Guiart, en TArt d*Amours, dit: 

Aa matin va la voir, ains qu'elle soit levée. 
Ne que de son fardet j soit ointe ne fardée. 

Fargier. Forger. 

Faribole. Parabole. 

Farot ou Pharot. Falot, fanal. (Nicot.) 

Farre ou Foarre. La longue paille du bled. (Nicot.) 
— Frare. Farine. (Villon.) (Voyez Glonons.) 

Fat. Destin, selon le Miroir d*éternité de Robert le 
Rocquez : « Qui eut en soy le fat et destinée, etc. » 

Fatiste. Bateleur ; de <pan%>> /ingo ; d*où vient le mot 
de fat. 

Fatras. Sorte, de Vers anciens, où on répète souvent 
un Vers, comme au Chants Royaux. Et fatriser, c*est faire 
de ces Vers, selon un vieux Livre intitulé l'Art de Rhéto- 
rique. En voici un exem()le pris d'un ms. ancien des 
Mémoires de Paris : « Le prisonnier Qui n'a argent. Est en 
« danger Le prisonnier ; Pendre ou noyer Le fait la gent, 
• Le prisonnier Qui n'a argent. » 

Fatrouiller ou Fatrouilleur. Qui s'amuse, qur 
s'occupe à des niaiseries. (Nicot.) 

Fatrouler. Manier, ou s'occuper à choses de néant. 
(Dict. Nicot.) 

Faubloyer. Parler, dire, réciter ; de fabulari. (Roman 
de la Rose.) 

Fanchon ou Brance. Sorte d'espée courbe ; ainsi 
dite à cause qu'elle estoit en forme de faucille, ou comme 
le cimeterre des Turcs, le herpé et acinacis des Persans. 



r 



FEA 271 

(Fancbet.) Ou jparce qu'on en fauchoit les hommes. 
Llutbeur du Pèlerinage de la vie dit : 

On le fauckon ie te ceindray, 
Ou ie ta vie âtacheray. 

Fancre. G*est TAirest de la lance. Ce mot vient du 
Latin fukrum^ c*est-à-dire, appui. 

Et met la lance el faucre et point. (PercewxL) 
Escu au col, lance sor faucre* {Item.) 

Fande. Giron. Faudiere et faudal^ c'est-à-dire, tablier 
de femme. Fauder^ c'est-à-dire, enfoncer à guise de 
giron. Fattdej est aussi le creux d'une Chaire : on se sert 
06 ce mot encore en Languedoc, pour dire le giron. La 
Comédie des Chambrières de Beziers dit : 

Aquo es be tu la grosse caude, 
Qae lou portes dejoust la faudej 
lea m'aimi mai l'avé détras, 
Qu'on pas d'avan comme tu l'as. 

Fandetaeil ou Fauteuil. C'est-à-dire, chaire à 
bras, Siège Royal. R. de Merlin dit : « D'autre part estolt 
« assise sur un faudestueil une noble Dame. » Il s'ap- 
pelloiten Latin faldistorium et faltisteriumy selon Fauchet. 
Et il vient de fald, c'est-à-dire, en Saxon, claustrum. 

Favele. Mensonge ; de fabula. (Perceval.) 

Faofelaes. FanfrelucheSt sotises. 

Faalcet. Fosset de tonneau. (Gratian du Pont.) Comme 
aussi la voix aiguë. 

Faals. Faux. 

Fax. Faux. (Voyez Voisine.) 

Pe. Juron ancien : Par la fe Dieu. Il vient de HdeSy la 
foy : on s'en sert en Languedoc. 

Péage. [C'est l'héritage tenu en flef. (Coût, de Bret.)] 

Féal. Fidèle. C'est pourquoi le Roy met en ses Lettres : 
« A nos amez et féaux. » 

Pealté. Hommage, fidélité. (Villehardoûin.) 



m FEM 

Feaulte. Feutre. (Voyez Ternes^ et Comète.) Il vient 
de filtrum. C'est une estoffe de poils colez ensemble : on 
dit aussi feautre. 

Fec. Du feu, en Quercy. Fioc et foc^ en Langaedoc 

Fée ou Faéx:. Sorcière ou Sybille, et Devineresse. 
(R. des Champs fr.e%.) Il vient de ^^, et ^zoç fateor et 
jatus ; d'où vient prophète. 

Feé. Enchanté. (Gauvaio.) 

Féel. Fidèle, amy. 

Les Gommandemens de la Loy, 
Quel tramet an peuple dlsraël. 
Par Moyse son grand féel, {Ovide,) 

Feer. Enchanter. 

Fegit. Se fige^ et congelé. (Perceval.) 

Feiture. La forme» ou figure de quelque chose. 

Et voit-on sans couTerture, 

Leurs semblan^îes, et leurs faitures» (R, de la Ro9e.) 

Feivre et Fevre. Faiseurs d*espées, ou Maréchal. 

Fel, Felle et Félon. C'est-à-dire, cruel, colère ; de 
fel, fiel, réceptacle de la colère ou bile. 

Car s'ils sont ft l et orgueiUeux, 

Dépiteux et mal semilleux. (H. de la Rose.) 

Félon. Traistre, méchant. 

Une manière il y a de serpens, 

Qui de petits viennent grands, et félons^ 

Non pomt voUans, etc. {Marot, Enfer.) 

Felonese terre. C'est-à-dire, stérile. 

Felonesse. Cnielle. 

Felonessement. Cruellement. 

Félonie. Colero, ou crime de rébellion contre son 
Roy ou Seigneur. 

Femme de coups. [Qui est de condition serve. 
(Laurière, Gloss. Droit français.)] 



FER 27S 

Femme Franche. [C'est une femme qui possède un 
fief qu'elle a acquis avant son mariage. (Laur. 61. Dr. F.)] 

Fendaces. Fentes. 

La terre fend et parmy ses fendaces^ 

La grand'lueur insqu'aux régions basses 

A pénétré, etc. (Marot, Métamorphose^ liv, 2,) 

Fendnre. Fente. FendessCy fente : d'où vient /'endo^s^, 
CD Languedoc. 

Fene. Fane, desséche. Marot, Hv. 2. Hélaphorse, dit : 

Llierbe se fene, arbre et feuille périt. 

Feni. Fini. (PercevaL) 
Fenil. Lieu où on tient le foin. 

Fenoys. C'est-à-dire , fenouil ; dans un ms. des 
Mémoires de Paris on lit : 

De ces chevriers de Bourbonois, 
Farcis d'oisons et de fenoys. 

Ferant. Frappant. 

Dn Fer-Armé. Un homme armé à crud. 

Ainçois en y morront dix mille fer-armé, (jR. de Doon.) 

Fere. Beste sauvage : Il vient de fera. (Ronsard.) 
Ferer. Piquer un cheval. 

S'en vient ferant des espérons. {PercevaL) 

Feries. Fesles et vacations ; de feriœ. 
Ferir. Frapper, blesser, et heurter la porte. 

Et poar les férir droit aux yeux, 

Ton trait sera couché, 

Et sur eux descoché. {Marotj Psaumes,) 

Ferit. C'est-à-dire, il précéda. 

Fermai, Fermail et Farmail. Crochet, boucle, 
agraphe, et mesme un carquant, ou autre attifet de 
femme. Corsages; de thorax, pourpoint, fermaillets, 
chaînes, anneaux, poches, ou bources, bandeaux, etc. Ce 
mot vient de fermer, et celuy-ci de firmare. 

u 35 



FermaXy cains, aniax, aumônes, 
Guimples, filandres, et tuiriax. {Ovide,) 

Fermée. Assurée, confirmée. Marot, chant 19, dit: 

Et pour garder ce cpe tu as acouis^ 
Aucune force y tenir n'est requis, 
Mais seulement une paix bien fermée^ 
Par alliance en amour confirmée. 

FermelUet. Cbatne, ou carquant d'or. (Amadis.) 

Feromes. C'est-à-dire, nous ferons. 

Ferrant. C'est un cheval de guerre paillé. II vient de 
Varenio, ou Waranio. On voit ce mot en la Loy Salique ; 
d'où vient guaragnon, c'est-à-dire, un estalon en langage 
Provençal. Auferrant est la mesme chose. 

Petite Ferrare. L'agrimoine, herbe. (Jardin de Santé.) 

Ferrein. Cruel, sauvage. 

Ferreis. Chaplis, coups d'espées. 

le fais faire le chapleis. 

Les guerres et les fereis. (Ovide.) 

Ferretè. Espée. 

Ferri. C'est-à-dire, Frédéric. 

Et de TEmpereur Ferrij 

Vos puis bien dire que le vi, 

Qu'il tint une Cort à Mayence. (Bible Guyot.) 

Ferté. Forteresse : il vient de fermeté. (Pasquier.) 

Férue. Frappée, blessée. Marot, liv. I. de la Méta- 
morphose, dit : 

La terre aqssi non froissée et férues 
Par aucun bomme, de soc de la charrue, 
Donnoit de soy tous bien à grand planté. 

Fesierres. Faiseur, artisan. 

Mes donc que ie n'en suis feàierres, 

Ven puis bien estre recel ieres. (R, de la Rose.) 

Fessele. (Voyez Faissele.) 
Fessin. 

Spécialement sur les Dames, 



;FEU 275 

Qui font le sacre et le festin^ 

Quand els font en leur hautes games. (UEspUigney.) 

Fest. Le faite, le dessus, le comble. 

Toatesfois Teau plus haute 

GœuYre le fest et par dessus lui saute. {Èiarot.) 

Pester. Célébrer une fësle. 
Festiemens. Festoyemens, bon accueil. 
Festler. Festiner. Le Livi-e de la Diablerie dit : 

Ils moun*oient plustost de faim, 
Qu'en cent ans ils les conviassent 
Une fois, et les fesiiaseent. 

Festive. Jour de fesle, férié. 

Festoyer quelqu'un. Le banqueter» (Monel.) 

Fetage. Droit sur les festins. 

Fêtard. Cn ignorant. 

Car de lire ie suis fêtard» (Villon, Testament.) 

Fetement. Follement. 

Fetie. Trahison. 

Fetier. Festiner. 

Fetis. Fait exprès, ou depuis peu. (Voyez Faitis.) 

le Tay fait faire tout fétis, 

Ainsi des laines de mes bestes. (Pathelin.) 

Feachere. Fougère. (IL de la Rose.) 
Feaillar. Bouchon de vin. 
Feuillet. (Idem.) 
Feaillir. Jetter des feuilles. 

Fenltre ou Feutre. Drap de laine sans tissure, 
façonné par Teau, le feu et le cuivre, comme sont les 
chapeaux. 

Feur et For. Prix : à feuvy c'est-à-dire, à raison de. 
Il vient de forum. Pathelin, parlant des esloffôs, dit : 



1 



Î76 FIE 

« Pensez que i'en ay à tous feur. » C'est aussi le lieu à 
exercer le Jugement» Ainsi est le Fort TEvesque à Paris. 
Décliner feur, c'est-à-dire, forum excipere. 

Au Feur l'amplage, c'est-à-dire, à proportion, au prorata 
de ce dont il s'agit. 

Fevpe. Forgeron, mareschal. (Perceval.) De fabert 
d'où vient Orfèvre. Alain Chartier dit : 

Est-il avenant que le marteau se rébelle k son féore ? 

Feuppe. Chaume, fourrage ; de foderagium. D'où vient 
de foulré, mot de Languedoc. 

Feutpait. Chassé de son pays; de foretrach, c'est-à- 
dire, tiré dehors, en Languedoc, ou reproché. 

Feutpé. Revêtu, garni, couvert. 

Là sur un lieu feutré d'herbe et de mousse, 

Va despouiller de Pespaule sa trousse. (Mavot.) 

Feutpiep. Faiseur de feutres. 
Fiance. Confiance. 

Dont je perdrai la totale fiance, {Marot, Elégie 2.) 

Flancep. Promettre, donner sa foy : d'où vient qu'on 
appelle financer une femme, quand on lui a donné la foy. 

Et promets, et fiancey et iure. (H. de la Rose.) 

Fiancer prison. Se rendre prisonnier. 

Si n'y aura nul Chevalier, 

Que la nous fasse fiancer. {Perceval.) 

Fichep. Appliquer, fixer, arrester. 

Lors lui répond de Venus le fils cher, 
Fiche ton art, ce qu'il pourra ficher : 
Dieu Phébus ! le mien te fictiera, (Marot.) 

Fidelion. (Voyez Pasquier, chap. S3 liv. 8 de ses 
Recherches de France.) 

Fie. Fief. 

Fieble. Foible. (Perceval.) 

Fiebleche. Foiblesse ; (ancien réceptaire ms.] 



FIE 277 

Fiée. Uoe fois. Mehun, au Godicile, dit : 

Certes, i'ay en mon cœur pensé mainte fiée, 

Fiefel. Tenant Fief. 

Fief-abregé. [C'est un fief par lequel il est dû des 
services qui ont été limités et diminués. (Laur. Gl. D. F.)] 

Flef-chevel. En chef et dominant, en ayant d'autres 
sons soy. 

Fief de corps. [C'est un fief lige dont le possesseur, 
entre autres devoirs personnels, est obligé d'aller luy- 
même à la guerre ou de s'acquiter en personne des 
services militaires dus au seigneur féodal. (L. G. D. F.)] 

Fief de danger. [L'héritier ou seigneur ne doit y 
entrer ou en prendre possession qu'après avoir fait foi 
et hommage à son seigneur feudal, sous peine de 
confiscation. (Laur., Gloss. D. F.)] 

Fief de hautbert. [Ce fief a été ainsi nommé, parce 
qu'à vingt et un ans, le possesseur était obligé de se faire 
chevalier ou de vêtir le hautbert. (Laur., Gloss. D. F.)] 

Fief Jurable, et readable. [Etoit celui que le 
vassal est obligé, par serment, de livrer à son seigneur 
pour s'en sei'vir dans ses guerres. (Laur., Gloss. D. F.)] 

Fief-noble. [C'est celui qui ennoblit le possesseur, ou 
celui qui est concédé par le souverain. (Laur., G. D. F.)] 

Fief de paisse. [C'est un fief chargé tous les ans 
d'un ou de plusieurs repas envers une communauté 
ecclésiastique. (Laur., Gloss. D. F.)] 

Fiefs. Il y en avoit anciennement de trois sortes, 
sçavoir, ceux qu'on appelloit des terriens, de revenus, et 
des Maisires, c'est-à dire, des Offices ; d'où vient qu'on 
appelle encore Maistres, les Officiers. Fauchet, parle de 
ces Fiefs sans terre, et Offices flesvez. Il y a aussi des 
Fiefs, dits de nuesse, ou de nud à nud, sans moyen, c'est- 
à-dire, tenu du Prince immédiatement. Ce mot de Fief, 
c'est-à-dire, Domaine, vient de fides^ parce qu'il faut 
donner sa foy et estre fidèle, et se dire homme et vassal 
du Seigneur de qui on le tient. (Bodin, en sa Bépub. ch. 10.) 






278 FIN 

Fiefs-francs ou Francs-fiefs. [C'est ainsi qoe tous 
les fiefs étoient autrefois appeliez, à cause de la franchise 
ou des prérogatives qui y étoient annexées. AncieDoement 
les fiefs n'ennoblissoient point les roturiers ou les vilains, 1 
mais les fiefs leur communiquoient leur franchise' 
seulement pendant qu'ils y résidoient. (Laur., 61. D. F.)] 

Fiefs de revenu. [Ce sont des fiefs sans terres ou 
sans litres d'offices. (Laur., Gloss. D. F.)] 

Fiegards. Places communes^ comme rivières. 

Fiere et Fiert. Je frappe, et il frappe. 

Qui me tient que ie ne fiere. (Villon.) 

Fiers. Sorte de raisins, qu*on appelle /l^^rs, en Poitou,! 
parce qu'ils ont la douceur des figues. On les appelle à' 
Hontauban, de raisin goust de figue. Rabelais nomme 
tous les raisins suivants, fiersy pineaux, muuadeauz, 
bicane, et foirards. 

Fierté. Châsse, bière pour les morts ; de feretrum. 

Ayans souvent la larme à Poeil, 

En regardant la bière, et fierté, (Martial d'Autergm.y 

Flertre. Bière, ou châsse ; de feretrum ; d'où vient 
le fiertrede Saint Romain de Itouen. (Pasquier.) 

Fieas et Fiex. Fils. 

Filandres. Maladie des Faucons. 

Fileté. Mesure de vin ; à Montpellier feuilleté. 

Filii. Beaucoup. 

Filou. Un voleur. (Voyez Guille-Ville.) 

Fin. Borne. d'un champ. 

Finablement. Enfin. 

Finage. Un droit sur les bornes ; de fines. 

Finement. Fin. (Voyez Romant.) 

An finement de cet escrit, 

Me nommeray par remembrance, 

Marie ay nom, si suy de France. (Marte de France.) 



FLA 279 

Finer. Obtenir. Marot, Epistre 8, dit : 

Car en finer^ ie ne m'attends d'ailleurs. 

Fotr. Bailler par force, comme la fin de labourer. — 
PiHER. Finir, mourir. On lit dans le Pèlerinage de l'Ame : 

Gy fine ly Romans du Moine, 
Des Pèlerins de vie humaine, etc. 

Se terminer. Rabelais, liv. 1 chap. 53, dit: « Et montoit 
> jusqu'au dessus la couverture, et là finoit en pavillon. » 

Le même verbe finer a signifié aussi financer. 

Car le rachat de leur ame est trop cher 

Pour en finer. {Beze, Pseaume 49.) 

Finstamissen. Ténèbres. (Pontanus.) 

ntagit. [Mot gaulois, signifie garde-forestier.] 

Fias. Fils ; de filius. 

Flabe. Fable. 

Flac. Lâche. (Monet.) Enervé de travail. 

Flacargne; Brocard. 

Maie bouche^ qui riens n*espargne, 

Sur chacun trouve sa flacargne. (H. de la Rose,) 

Flache et Flasque. Lasche. C'est aussi un fourni- 
nent à poudre, et un flacon. 

Flael. Fléau. C'est un baslon à battre le bled des 
lerbes. On rappelle un fiagel, en Languedoc. Flayel 
Uem. Cesl aussi le traversier d'une balance. 

Fourche ou flœl^ ou pic ou mare. (Ovide,) 

Flageol. Flageolet, petite flûte. 

Ne du flageol sonner chant bucolique. {Marot) 

Flagorner. Chercher de franches lipées, faire métier 
et parasite, ou de délateur. (Monet.) 

Flagornerie. Quête de franches lipées, délation. (M.) 

Flagorneur. Parasite, délateur. (Monet.) 

Fla}oleax. Conteur de sornettes et de bagatelles. 



l 



. / 



^ 



280 FLE 

Flammeroles. Le feu Saint Eltne. 
Flanbars. Idem. Gomme aussi furoles. 
, Flandrelets. (Voyez Flans.) 
Flanets. Sorte de gasteaux. 

Tartes, flansy et œufs pochez. (Crétin.) 

Flanges. Gasteaux au lait. 

Attisent au four chevantons, 

Pour cuirs flancs, flanges^ flamusses. (Sat. Chrest.) 

Flans. (Villon.) Ge sont des petites tartes, dites aussi 
flandrelets (ou plustost flans de lait), pour avoir esté 
inventées en Flandres, où le lait abonde. Or elles sont 
faites de lait et d'œufs meslez ensemble, et mis en paste: 
on les cuit aussi sous le mesme nom entre deux plats. 
J'estime qu'on appelloit ces gasteaux anciennement des 
flaons^ et on Ta prononcé flans, comme on dit pour 
faons^ fans, taon^ tan, paon, pan, Laon, Lan. Et ce quile 
confirme est qu'on les appelle en Languedoc des flaonet^ 
flouneSy flausous, et flausones. On appelle aussi m 
flausoUj un homme fort délicat et mignard. — Flans, 
sont aussi*des quarreaux de métal, ou autre matière, oa 
monnoye non marquée; à flando, 

Flareur. Odeur. (Aldobrandin.) De fragrantia; d'où 
vient flairer, pour odorer ou sentir, 

Flascones. Une bouteille. (Reginon.) 

Flatir. Flatrir, fleutrier, flestrir, c'est-à-dire, marquer 
d'un fer cbaud, comme on fait à un criminel. 

Maint en sont hors flati. 

Pour Tonde et li fleu maint en assorbissent. 

Que si très en par sot flatissent. (R. de la Rose,) 

Flavelage. Fables, sornettes. 

Flaveles. Ge sont certains oiseaux, selon le R. de la 
Rose. Ce sont ceux que les Latins appellent rebectilœ. 

Flayel. (Voyez FlaëL) 

Flebe. Foible. (Ovide.) 



r 



PLO 2&1 

Pleclke. De l'Allemand flits, c*est-à-dire, flèche. Les 
kmem s'en servoient avant les arquebuses et fondes ; 
et estoient si experts à cela, que TEscriture Sainte dit 
qu'ils auroient touché un cheveu. El on lit qu'aux Isles 
Baléares, ainsi ilites de /saaAœ, d'où vient baHste^ et «ne 
haie, ils ne donnoient point de pain à leurs enfans, qu'ils 
ne Teusseut abattu d'un coup de fonde du lieu où ils le 
lenr lûettoient : à cause de quoy un Poëte adit : « Balearis 
« yerbera fundœ. » 

Flegard. Lien public. (Coustumes du Boulonois.) 
Fleon. Fleuvon ; ruisseau, de (luviolus. 

, Glorienx Flèon, glorieuse Eve, 
Qui Tavas ce c[a'Âdam et Eve 
Ont par leur péchié ordoyé. {Mehun, Testament,) 

Fleschissable. Souple, ployable. 

Flestrf. Fleurdelisé; et de-là vient nostre mot de 
finîrir : et flesîri vient, selon Pasquier, du mot fleur- 
delisé corrompu : maisjelecroy venir de /Ia/ir.(V.Fto/ir.) 

Flete. Petit bateau ; d'où vient une fleute. 

Fleureter. Toucher délicatement, eomme ^nrec le 
bout d'an fleuret, de peur d'offenser la partie malade. 
Rabelais, liv. 2 chap. 33, dit : « Après en bastonnant et 
« fieuretant approcdierent de la matière fécale. » 

Flic ou Fils. C'est-à-dire, flèche. (Nicot.) 

Flln. Pierre de foudre. (Nicot.) 

Floche. Flèche, ou chose velue ; morceaux de hail- 
lons, selon le Catholicum parvum;A'oii vient un /ïo(J, 
ou hùupe. 

Flon. Flus de ventre. tMonet et Nîcot.) 

Floretice. Fleurdelisé. (Voyez Rides.) 

Floretée. Peinte de fleurs. 

Florin. (Voyez Fiourin.) 

Fioriture. Moyen de fleurir. (Art de Rhétorique. 

Quand tous Terres rire les Gieux, 

Et la l^irre en sa fioriture, etc. {M^frot,/ 

L 3S 



1 



J82 FOI 

Flotes. Troupes d'hommes. (Perceval.) C'est aussi 
une Armée navale, et des chevelures ou perruques, ainsi 
dites parce qu'elles ondoyent comme les flots de la mer; 
de fluctm. 

Floup. Flouet, à mon advis. Villon s'en sert. 

Flour. Fleur. (Perceval.) On s'en sert encore en 
Languedoc. Goudouli s'en sert, parlant des fleurs d'or 
qu'on donne tous les ans à Tolose, aux Poètes qui 
emportent le prix, ce Jeu ayant esté institué par Dame 
Clémence. On y donne l'églantine, et autres fleurs. 



Flourin 

avoit diverse 



ou Florin. De florenvs, petite monnoyeqni 

s valeur; car le florin d'or valoit vingl-un 

sols, et celuy d'argent quinze sols. Monet les met en 
France, l'un à vingt sols, et l'autre à douze. Il y en avoit 
en Allemagne de trente-cinq et quarante sols. Ils ont leur 
nom, ou à cause de la fleur peinte sur iceux, ou à cause 
de la Ville de Florence, où on les battit premièrement. 

Flutn et Flum. Rivière ; de flumen. 

■ 

Fluste à jouer. Je crois que ce mot vient non dli 
flstula, comme on tient, mais de (lutta, c'est-à-dire, une' 
lamproye, ainsi dite, à fluitando in fluvijs^ parce que la; 
fluste est longue comme la lamproye, et a plusieurs trous 

comme ce poisson, qui en aie colgarny de partetd'autre, 

i 

Fœu. Du feu. 

Fœulx. Fau, arbre ; en Latin fagus. 

Pœurre. Fourrage ; à farre. 

Foiée ou Foies. Une fois. i 

Par trois foiées li criât. (Gauvain.) 

Foigner ou Fogner. Grommeler. (Monet.) ! 

Foillu. Touffu, plein de feuilles. (Perceval.) 
Foissele. L'instrument où on fait les fromages. 

Li saut à grans gors la cervele, 

Si comme fait de la foissele^ 

Le lait quand on fait le fromage. {Ovide.) 



i 



PON 283 

Folear et Folonr. Cuison, ardeur. On s'en sert 
encore en Languedoc. Bruniaux de Tours dit : 

D*an bianx désir qui vient de ma folour, 

(Test aussi folie, ou mensonge. (Villon.) 

Et si sçay bien que le plusour 

Tenront mes sermons à folour. {R. de Bercy, \ 

FoIIer et Foller. Faire le fol, passer le temps. 
(Voyez Frigaler.) Blason des fausses Amours dit : 

Mais défoler, 

Oianter, railler, c'est peu de fait. 

Foloyance. Folie, 

Si se retraist de foloyance. 

Et vint à vraye repentance. (Ovide.) 

Foloyer. S'esgarer. (Verger d'honneur.) 

Folz de séjour. Expression du Dauphiné et du Lan- 
{uedoc, pour dire oiseux^ ou de loisir, comme font les 
Soldats pendant les séjours qu'on leur donne pour se 
refaire des fatigues d'une longue marche. De-là séjourné, 
fiour reposé. « Frère Thibaut séjourné gros et gras », dit 
parot. 

n est ung droit fol de séjour. 

Et est plaisant ou ne Test point. (Villon.) 

Fonde ou Fronde. Les Anciens en avoient de fort 
Crandes, avec lesquelles on laschoit de grandes pierres 
wr une machine que Ton destendoit ; ce qui enfonçoit 
les toicts des maisons. Ce mot vient de it^vâbini, funda. 

FoQdeis ou Fondeisse. De fonte. 

Fondelfes ou Frondes. (Jdem.) Les frondes à main 
''appel loiént des bricoles. 

Fondes anciennes. De cuir, à jetter baies de plomb, 
pierres. (Uonet.) 

Fondre. Destruire, ruiner. 

Fonges. Potirons, en Latin boleti; d'où vient qu'on 
appelle es montagnes de Languedoc, de boulets. 

Fonthia. De, ce. 



L 



For* Marché; d*où vienti forum^ çl oaluy-cv de A|fis, 
parce que le& çena de dehors a'y assemblenL (v . Feur.). 

Forage. Iinpost sur !• via venant de ailiers. De-là 
vient la forane. 

Forban. Exil ; de foras. 

Forbani. Bany dehors. (Mehun, au Codicille.) 

Forbeu. Fourvoyé ; de foras, et de via, c'est-à-dire, 
hors de voye : d'où vient fourbe. C'est aussi celuy qui a 
bû tout chaud, et qui s'en trouve mal. 

Forbours. Faux-bourgs, comme qui diroît fore bourg j 
c'est-à-dire, hors du bourg. 

Forcapi ou Fortscaplum. Sorte de rente, ou lais. 

Forcele. L'estomach. (Aldrobrandin.) « Le lait de 
« chèvre ne se cuit pas si bien en la forcele, que celuy 
« de brebis. » 

Forcener. Estre hors de sens ; de fors et sens, 
(Voyez Forsen) 

Forche. Force. (Perceval.) 

Forclore. Chasser, exclurre. (Nicot.) 

Forcoier. S'efforcer, exercer sa força. 

Forconseiller. Mal conseiller. (Nicot.) 

La Fore. Je croy que' c'est le marché. [C'est un droit 
de fourrage pour les chevaux. (Laurière, Gloss. Droit fr.)] 

Forer. Fourrager. A lier forer j c'est-à-dire, aller à la 
petite guerre, ou desrober ; de furarû 

Forfalre; de foris facere^ selon Ménage. Je croy 
pourtant qu'il vient de faire force ou effort sur soy, oo 
se faire violence : d'où vient forfait^ selon le Livre dit tes 
Lunettes des Princes. 

Forgierre. Forgeron. Ainsi on disoit enginierre^ 
pour ingénieur, reeetierre^ pour receleur, etc. 

Forbu. Cry des Chasseurs avec le cor. 



j 



Forinrer son héritage. [C'est 1^ vendra QU'Bli^lMir. 
(Laurière, Gloss. Droit français.)] 

Forltez. Quitta. 

Formarlage. [C'est TameDde que rhomme de serve 
coBdition doit a son seigneur quand, sans licence de luy, 
il s'est marié à femme franche. Le bâtard peut se majûer 
librement. (Laurière, Gloss. Droit français.)] 

Formeiier. Fourrager. (Charron, en son Histoire.) 

Formens, Formant et Forment. Grandement; 
comme qui diroit fortement, par abréviation. (V. Courcer.) 

Si qu'il y ert si forment haïs. (iî. de la Rose.) 

Il si^ifie aussi presque, en certains sens : « Le malade 
« est forment guéry. » (Monet.) 

Fomicatolre. Paillard ; de fomicari: d'où vient le 
mot Espagnol fornicar. 

Forcis. Le pays de Forests en France. 
Fors. Excepté^ à Texception. 

Car que me vaut voir de près et cognoistre 
Tant de beauté^ fors d'attiser et croistre 
Mon nouveau feu ? (Marot^ Elégie iS,) 

Là Fors. Là dehors. On dit la forCj au Lauraguais. 
Forsen. Forcenerie ; de fors et sens. 

Plein de forsen, et de folie. (Ovide,) 

Forsenage. Folie, extravagance. 

Forte-monnoye. Ce qu'on appelloit anciennement 
Mis à forte-monnoye, valoit plus que les autres, selon 
Frodoard et Ragueau. Car les vingt cinq sols forts en 
valent quarante des •nostres. 

Fortraire. Oster par voye indirecte une chose. 

Fou. Fouteau, fatne, feine, faux, fau, et hestre, c*est 
Vapbre fagus. 

Fonage. Droit sur chaque feu ; de foeus, feu : d'où 
vient fouassôj gusteau ; de focatia. 



286 FRA 

Poudrier. Foudroyer. 

Foueur. Fossoyeur. 

Foui. Fol. 

Fouque ou Foulque. Canard d'Estang; de fulica. 

Fourager. Amasser fourrage. (Froissard.) 

• 

Fourc. Toute chose qui fait un angle aigu : ainsi l'on 
dit le fourc d'un chemin, d'une rue : d'où vient ce mot 
carrefour. Et de-là sont dérivés ces mots, fourche^ fourchu, 
etc. (Kicot.) 

Fourcele. C'est la poitrine, dite aussi bréchet et 
bjHchety parce que le haut d'icelle est un peu fourchu. 

Le fiert u pis sous la mameUe, 

Le fer li met en la fourcele. 

Le cuer 11 tranche, mort l'abat. (PercevaL) 

Fourches. Gibets ou justices. 

Et furent pendus à hautes fourches. {Ch, Saint-Denii') 

Fourdime. Prunelle, fruit de l'épine noire. (Nicol.) 

Fournéer. Enfourner, et au figuré commencer. 
Rabelais, liv. 1. chap. 14, dit: « A la lecture desquels il 
« devint aussi saige, qu'oncques puis ne fouméasmes 
« nous. » 

Fourra. Foussoyera, fouyra la terre; 

Celle qui parfont me fourra, 

Tous vos lignages enfourra. {R. de la Rose,) 

Foutovers et Cargâmousses. Machines de guerre 
anciennes, ou haches. 

Fouyer. Casanier, cendrier, qui garde le foyer. 

Fox. Fol. Christien de Troye dit : 

Car moult est fox qui se démore, 
De son prou faire une sole hore. 

Foyne. (Voyez Guencher.) 
Fraite. Rompue ; de fracta. 

Li ot Feile, et la iointe freite, {Ovide.) 



1 



FRA 



287 



'Frames. Javelines. [Ce mot est d'origine gauloise.] 

« 

Framgigiengum. C*est-à dire, ils eussent continué. 
(Tatiaous.) 

Franc. Noble, et qui ne paye Taille : d'où vient le 
nom des François ; de /'ranfe, c'est-à-dire, en Allemand, 
libre. D'autres les dérivent de Francien, ou des PranconSj. 
OQ de Francus. 

Fràkc. Monnoye. 

Dixescas 

Et neuf frans font dix-huit frans. (Pathelin,) 

n y avoit franc à cheval^ où estoit un cavalier, et franc 
Hmple. Je croy que le nom de celte monnoye vient de ce 
qa'il y avoit un François à cheval, ou à pied, représenté 
en icelle. 

Franc-alleud. Terre de Franc- alleu, c'est-à-dire, 
qoi ne paye Taille, ny, etc. (Voyez Gallandy au livre du 
Fraoc^alleu.) 

Franc-archers. Soldats anciens, dits ainsi pour 
estre François, parce que leur solde estoit certain nombre 
de francs, selon aucuns: mais c'est parce qu'ils estoient 
exceptez des Charges. 

France. Franche. (Perceval.) 

Francesque. C'est, selon Pontan, une sorte de pique 
aocienne des Gaulois : et parlant de Clovis, il dit : « Tune 
« projecit in directum a se bipennen suam, quod est 
« franscescam ». 

Francisque. C'estoit une longue hache, selon Pro- 
cope, et Fauchet. La francisque ou ançon, de uncus 
forsan. C'est une façon de hache longuette, qu'on lançoit 
contre l'escu; et de la pesanteur du coup, elle le faisoit 
tomber, ou biea le brisoit, ou faisoit pancher. 

Frans. C'est-à-dire, François, et franc. (Perceval.) 

Frantanplns. Humbles paysans, selon aucuns : 
imais c'est-à-dire, François des Alpes, ou Taupes, parce 
qu'ils fossoyent la terre. (Ménage.) 

Frapon. Coup. 

El pis li donne tel frapon. (Ovide.) 



^ 



Fràrectiage. Commurtauté de frères. (Monet.) 

ppàrechenr, Frarôheux, Frareux. Cobéritier 
avec ses frères. (Monel.) 

ppapie. Praternilé ; de frère. (Fauchet.) 

Frazée. Potelée : vient de fraise. (Coquillard.) 

*Fpea ou Friggo, est Venus ; d'où est venu le nom 
de Aphrodisiacôy que les Grecs luy ont donné à cause 
qu'ils disoient qu'elle estoit née de l'escume de la mer, 
appelée e^^^d^. 

Fredaines. Mocqueries. 

Puis qu'amours est pleine de tels fredaines^ 

Bien cognoissez, etc. {Blason des F. Amours.) 

Freint. Il rompt; de frango. 

Que son escu luy perce et freint. (Perceval,) 

Frelampter. Charlatan. 

Frelaté. Transvasé. Se prend pour falsifié. 

Freler. Plier, destendre. 

Frelore. Gasté. (Palhelin.) 

Freluque. Un flôquet de dheveux. 

Car auiourd*huy de deux freluques 

De cheveux, d'un petit monceau. (Coquillard,) 

Fremail et Fremaillet ou Fermait. Agraffe. 

Freour. Frayeur. 

Frés. Orfrés. (Voyez Orfrois.) 

Fresan^e. Droit de port dû au Maistre des Eaux et 
Forests. 

Fresaye. Oiseau; ainsi dit du mot Latin prœBoga^ 
parce qu'il estoit de mauvaise augure, selon Ménage, oa 
de ce qu'il a comme une frese de plumes au col. 

Fresiaux. Je croy que cela veut dire fraîches. 

Des Damoiselles sont fresiaux, {Crauvain.) 



ï 



r 



m m 

Frestel et Frestlanx. C'est rinstrument de Pan, où 
il y a sept tuyaux ensemble coupez en orgue. Ovide ms. 
page 247, se serl de ces mots. (Voyez Dnx,) 

F*resteler et Refresteler. C'est-à-dire, jouer du 
flageolet, fluster. (Perceval.) 



Rompu ; de fractus. Delà vient peut-estre le 
terme de fréter^ es armoiries. 

A mainte forte lance frète, (Perceval,) 



Rompu. Rabelais, (nouveau Prologue du 
quatrième livre), employé ce mot au figuré, pour 
signifîer un homme rompu à toutes sortes de ruses et de 
malices: « L'ung vous comparez à un- chien aboyant, 
« raatre à un fin frété regnard. » 



é. Rompu, réduit en lambeaux. 

Toutes freteUes de crottes, 

Hoaseaalx, froncis et larges bottes. {R, de la Rose,) 

Ce mot vient de fractellum, d'où frestel, cette flûte à sept 
tuyaux inégaux, qui semblent avoir été rompus d*un seul 



un Navire, c'est-à-dire, le poisser et apprester 
à aller. 11 vient de fretumf la mer. 

Frétiller. Se remuer fort : ce qui vient de fritellum^ 
an eschiqoier. 

Friander. Manger friandement. 

Frigaler. Se gratter^ ou frotter. 

Qui pour galer et frigaler, 

Vient galeux, n'est-il pas bien fol ? {Blas, des F. Amours,) 

Frlgefier. Refroidir: ce mot vient du Latin. 

Frlquenelle ou Friquette. Jeune coquette qui 
suivoit la Cour. Beze, liv. 3, de son Histoire Ecclésiastique, 
sur Tan 1560, dit : « Le Prévost cependant s'estant enquis 
• des Soldats de Richelieu, et de quelques friquenelles 
« de Cour, en fit son rapport au Roy. » Rabelais, liv. 4, 
cbap. 36, employé ce mot pour menu fretin de jeunes 
andouilles. 

1. 37 



290 PDG 

Friquet. Un galant, un amoureux. 

Friquets. Ce sont certains instruments mentionnez 
dans Gratian du Pont. 

Frisque. Gentil, ou gentille. 

Le frisque arroy de la Comtesse. (Froissart.) 

Frit. Panchement de muraille en dedans. 

. Froc. Habit de Moine, vient de floccuSj ou flocellm. 

Frols. Frais. — Or Frois ou Orfrés. Broderies des 
paremens d'Autels, Croix, et Chapes. Ce qui vient de 
aurum phrygium. (Ménage.) 

D'or frés sainit estoit vestuë, 

Qui fu à lymceaux tiessuê. (PercevaL) 

Fronc. Le front. 

Fronse. Ride; et vient de frons. 

Frots, Frocs et Flos. Lieux rompus: â*où vient 
froqueurs, c'est-à-dire, ceux qui réparent les cheoiins. 

Fruictage. Fruit. Marot, chant 10, dit : 

Car le premier qui porte bon fruictagCy 
Vaut mieux que cil qui ne porte que fleurs. 

Frultton. Jouissance. 

Sans point avoir d'amour frultton, (Marof,) 

Fuec. Feu. (Villehard.) On dit fec en Quercy. 

FuelUete. Mesure de vin de Montpellier. On dit aussi 
fillete. 11 vient de phiala. 

Fuer ou For. C'est-à-dire, prix. Palhelin, parlant 
des draps, dit : • Ten ay à tous fueur. » (V. Feur^ et For.) 

Fuerre. Fourreau. (Perceval.) (Voyez Enherdure.y 
C'est aussi du fourrage, ou choses de petite valeur; a 
cause de quoy on dit de foulré^ en Languedoc, pour dire 
un tas de vieilles hardes, etc. 

Fugere et Feuchiere. Fougère, herbe. 

Voirre ne fut mie fugere. 

Ni fugere ne fu pas voirre. (R. de la Rose.) 



i 



FUT 291 

Fnle. Faite, et an lieu à tenir pigeons. 

Fuils. Fils. 

Fuisiqae. Médecine; eiFuisicien, Médecin. 

Fumele. Femelle. 

Fanebreux. Espleigney dit : « Chasse les esprits 
• funébreux. » 

Furga et Furgailla. Fouiller. Ces mots, usitez en 
Languedoc, viennent de furca: de-là vient un fiirgou^ 
(fesl un instrument dont les fourniers se«ervent. 

Farde. Feu Saint Elme. 

Fust, Fus et Fut. Bois, manche de lance, ou autre 
chose. (Perceval.) Guyot de Nantueil dit : « Ils lor mettent 
■ el cors et les fers et les fus. • — Fust ferré. Un baslon 
ierré: ce qui vient du Latin fusHs. On appelle de fiistôf 
en Languedoc, du bois. — Le Fust, veut aussi dire par 
fois la charpente d*un bâtiment. Et dans la Bible 
Bisloriaux, es Croçiques, liv. 2 des fusts, c'est-à-dire, 
tl63 poutres: de-là vient qu*on dit, un bois de haute fustaye. 

Fastaille el Futaille. Tonneaux. 

Fastaine. Estoffe qu'on fait d'un bois, c'est-à-dire, 
f on arbre. 

Faste. Sorte de vaisseau de mer. 
Faste. Bois fusté, c'est-à-dire, dégradé. 

Faster. Ravager, emporter par rapine. (Nicot.) — 

fesTER. Battre à coups de baston. (Voyez Bouler.) De-là 

* 'ni fustiger^ parce qu'on fouetloit à coups de verges, 

petits baston : et peut-estre que fouet en vient aussi, 

^nt esté écrit autrefois fouest, el la lettre o y ayant esté 

Ijoustée par les Nations qui prononcent Vu en ou. 

Paterne. Herbe, selon un ancien receptaire. C'est, à 
ion avis, la fumeterre. 



202 GÀB 



G 



Gaagnerle. Paslurage. (Perceval.) 

Gaaiez. Gain. 

Gaaignages. Prés fauchez, regain. 

Vignes y eut et gaaignages^ 

Grands rivières, et grands boscages. (PercevaL) 

Gaans, Gaaing et Gasan. Gain. 
Gabales. Les Sévenes, pays de France. 
Gaban. Manteau de feutre contre la pluye. 

A son col tourne sa cornette 

Sur son col met un grand gaban, {Satyres Chrest.) 

Gabarre. Bateau ; de xafjiàça, D*où vient un garrahot^ 
une nasselle, en Albigeois. 

Gabeler ou Guabeler. Plaisanter, se moquer : de 
gaber, qui signifie la mesme chose. Rabelais, liv. l*' chap. 
34, dit: « Ce Gaultier ici se gabele de nous. » 

Gabelle. Impost sur le sel. Ce mot vient de garhelle^ \ 
c*est-à-dire, javelle, .dont on en prenoit une de cbaqne 
tas et denrées, selon Ragueau. De-là vient, par abas, 
qu'on dit faire barbe de foarre à Dieu; au lieu de dire, > 
garbe de feurre, c'est-à-dire, faire la gerbe de Dieu de ■ 
mauvaise paille. On appelle en Languedoc un gabel, ua [ 
fagot de sarment. De-là vient aussi une gerbe. 

Gaber. Se mocquer, railler. (Perceval.) Le Lîvr« 
intitulé le Cœur des secrets dit : 

Vous vous estes gabez de moy, par derrisions. 

Au contraire, ce mot signifie louer, dans les montagnes 
du haut Languedoc. 

Gabes, Gaberies ou Gabs. Hocqueries. Guyot de 
Provins dit: « Sur moy cherra trestousli gabs, » De-là 
vient bailler la gabatine à quelqu'un. (Voyez Cap.) 



Gkh 29$ 

Oabéiir. Railleur, gatisseur. (Monèt.) 

Gacfae. Un quartier de Ville ; et gitchtm^ c*est-à-âirè, 
en Languedoc, le regard d'une borne. — Gaghe. Aviron ; 
d*où vient gâcher^ c*est-à-dire, ramer. C'est aussi la lame 
ijul reçoit le pêne des serrures ; comme aussi broyet. 

Gacqaieres. Sillons qui ne sdiit pas semez. 

^Gsesum, Gesum et Gessuin. Une pique. 

Gaf. Impair; et non pas caf^ comme a crû Ménago. 

Gagui. Une femme fort grosse et grasse. 

Gaieng et Gaiens. Gain. 

Terre Galgtiable. C*est- à-dire, fertile, riclieen fruit. 
(Monet.) 

Gaignage. Profit. (L'An des sept Dames.) Mais cela 
s'eatend principalement du fruit des terres labourables. 

Gatgneries. Coustumes de Poitou disent : < Encore 
« est à sçavoir que se en celuy.fié (c'est-à-dire, flef) 
< n'avoit que gaigneries, li Sires prendroiten telle partie 
« comme la terre porroit estre baillée. » 

Gaignier. Laboureur. (Monet.) 
Gaignon. Les petits des bestes. 

Là sont les dolentes femelles. 

Qui le lait ont en leurs mamelles, 

Dont elles paissent les gaignons, (Ovide.) 

Galant. Arrogant, méchant, garnement. (Monet.) 

*GaIates ou Celtes. Hommes chevelus; à cause de 
quoy leur pais fut appelle Gallia comata. 

Galatine. Gelée ù manger. (Voyez Lescheur.) 

*Galba. Gros et gras. (Suétone. Bochart.) 

Gale. Réjouissance. 

Soit l'aventure bonne ou maie, 

Rire, plorer, courroux, ou gale. (A. Chartier.) 

De-là les noms Galier, Galandy Galiard et Galiardise ; 



" 



294 GAL 

de Gallare^ idesU bacarU boire d'autant et mener grande 
joye, à la mode des Prestres de Cybele appeliez Galli: ou 
plustost de galeolis^ qui estoient certaines coupes ou 
tasses à boire, faites en forme de Galées (Navires.) 

Galea. Navire : d'où vient GaléCy Galère^ et Galion : 
d*où quelques-uns veulent dire Gallia, la France, à cause 
que ses premiers habitans y vinrent par mer, soit des (ils 
de Noé, ou autres. De-là vient aussi galerus^ c'est-à-dire, 
un chapeau, à cause de sa figure de bateau. 

^Galearii. Soldats des anciens Gaulois. (Bochart.) 

Galendée. Ajustée, entortilléCr 

Belle fu et bien atornée, 

D'un fil d*or estoit galendée, {R. de la Rose.) 

Galer. Se réjouir. Quelques-uns en veulent faire venir 
régaler ; mais il vient de Rex. 

le plains le temps de ma jeunesse, 

Auquel ay plus qu'en autre temps gale. (Villon.) 

Galerne. Le vent Boréas, ou vent de bise. 

Gales. Eslre en gales, c'est-à-dire, bonne liumeur. 
(Goquillard.) Delà vient un galand^ un enjoué; et vient 
de reXâo), rideo. 

Galesche. Perceval parle des loges galesches. Je ne 
sçay s'il entend gentilles, ou quoy ? 

Galets. Ce sont des pierres plates dont il y a grande 
quantité à Calais, au lieu dit la Galetiere; d'où quelques- 
uns tirent le nom de Calais. De-là vient aussi une gaieté^ 
c'est-à-dire, un petit gasleau plat. D'autres tirent gaieté^ 
de galelet. diminutif de gasleau ; et encore ceux-cy de 
pasle, mais je n'estime pas ces origines. Je les tirerois 
plustost de yàXa lait^ parce qu'en certains païs on pestril 
les gasteaux avec du lait. 

Galeures. Galans, damerets: d'où un gallureau, 

Galeures portent escrevices, 

Et velours pour estre mignons. (Coquillard.) 

Galice. Un Calice. (Perceval.) 

Galles ou Galées. Galères ou Navires. 

Plus voile au vent ne fera la gaîée, (Marot.) 



6AL 295 



Galifre. 



De Toir ainsi ce grand galifre^ 

Danser aux orgues et au pifre. (Satyres Chrestiennes,) 

Galimart. (Voyez Calemar.) 

Galiot. Rameur, forçat condamné aux Galères. (Mon.) 

Galiée. (Voyez Galea.) 

Gallefreté. Calfeutré. Rabelais, liv. 2 cbap. i, dit : 
• Hais la réponse vous contentera, ou j'ay le sens mal 
« gallefreté {éveniéj mal calfeutré.) » 

Galler. Battre, étriller. (Monet.) 

Gallez. Terme burlesque pour dire batlu. 

âais si plus advient meselle, 

Vos reins en seront bien gallez. (Marot, rondeau.) 

*Gallic8e. Galoches, souliers des Gaulois. 

Galocher. Tracasser çà et là, courir, errer sans 
jogemont. (Monet.) 

Galols et Galant. Gentil. On lit dans le Livre des 
Pardons de Saint Trotel : 

Et puis s*en vont pour faire les galoises^ 
Lors que devroient vaquer en Oraison. 

C'est aussi une réjouissance. Vénus dit à Paris : 

Faim' toute bourde et tout galois, 

Tout déduit, toute druërie, 

Tout déport, toute cointerie. (Ovide,) 

Il se prend aussi pour un homme dii païs de Gales : 

Un valet Galois, ou de Gales. (Perceval.) 

Galon et Walep. C'est-à-dire, Gilles. (Voy. Bannière.) 
Galonner. Friser. 

Qui ses cheveux pigne et galone. (Ovide,) 

Galomner sa barbe. C*est-à-dire^ y mettre de petits 
galands au bout de chaque floquet, comme font les Dames 
de leurs cheveux. 



I 

I 



Galoper. Travailler, vexer. (Monet.) 

Galvardine. Une jaquette de païsan, selon Oadio. 
D'autres prétendent avec plus d'apparence que c*est 
proprement une cape do Béarn ; de l'Espagnol gavardana^ 
qui a la même signification. Rabelais, liv. 5 chap. 43, dit: 
« Puis le vestit d'une galvardine, l'encapitonna d'un beau 
« et blanc béguin. • 

Galus ou Gaignages. Fruit de terre labourable. 

Gamache. Sorte de bas, comme bottes de toile^ qu'on 
met pour conserver les bas de la crotte. • 

Gambage. C'est le droit que payent les Brasseurs de 
bière, qui a pris nom de Camba^ qui est le lieu où on fait 
la bière, ou de cam Allemand. Cambun le vaisseau où on 
fait la bière. Cambarius^ c'est-à-dire, un Brasseur. On 
appelloit aussi ce droit Bicheria et Bercaria. 

Gambolson. On cabasset. 

Du septiesme article plein d^ire, 

Dont tout pécheur maulvais homs, 

Parmy autres dix gamboisons. 

Doit trembler, et perdre le rire. {Mehun^ Testament.) 

Gambre. Menue estoffe de lin, foulléeeo guise de 
drap de laine, et mise en couleur. (Monet.) 

Ganasse ou Ganache. Mâchoire de cheval. Ce mol 
vient de gêna, la joue; comme qui diroit grande joui: 
car c'est un mot agranditif dont le François moderne a 
manqué. Le Haut-Languedoc a cela de plus en sa Langue 

Sue le François, qu'il a presque autant d'agranditifs que 
e diminutifs, et qu'il les pousse plus avant que luy de 
cinq ou six fois. Car il dit, par exemple, pour diminuer, 
un effan, c'est-à-dire, un enfant, un effantou^ un effàn- 
tonnel, un effantonnelou : et diroit un effantounelaunel. 
Et au contraire, pour agrandir, il dit un homé^ un 
homena%, un homenmsas: Ce qui ne se peut exprimer en 
une autre Langue. 

Ganches. Détours pour échaper, c'est-à-dire^ des 
gaucbissemens. 

Tant faites de tours et de ganches 

De bras, de trumeaux, et de hanches, 

Et tant Yous allez détuertant. (R. de la Ro9e^) 



f 



1 



GAR 297 

Ganchtere. Sorte de terroir. 

Par prés, par vignes, par ganchieres. 

Par montagnes, et par rivières. {Mehun, Testament. 

Gancons. Bordeliers. (Satyres Chres tiennes.) 

Ganes. C'estoit quelque insigne traistre, qui depuis 
est passé en Proverbe. « Vous estes plus Iraistres que 
• ganes. • (Patheliu.) Je ne sçay si ce mot vient d'un 
certain Ganelon. J'estime que de-là vient engana, c'est-à- 
dire, tromper, en Languedoc ; ou de l'Italien ingannare. 
(Voyez Enguenné.) 

Gangenti. Cheminant. 

Gangoerres. Un artisan, un ouvrier. 

Et devenir gangnierre, et labourer. {Ovide.) 

Gante. Cigogne. (Perceval.) 

Gap. Louange, et par fois blasme ; et vient de gaber. 
n semble aussi estre employé en autre sens, par Perceval, 
lorsqu'il dit: « Ne le tint a gap ne à fils. » S'il n'entend 
un parent, je ne l'entends point. 

•Gara. Vel garau, rapide; d'où vient la rivière de 
Carumna; de Garaph, qui en Hébrieu signiHe rapide : 
d'où vient loup-garou; et garre, c'est-à-dire, la jambe; et 
qu'on crie garCf gare, pour oste^rvous. 

Garanter. Promettre. (Merlin.) 
^Garau. (Voyez Gara.) 

Garbe. Bonne grâce. (Pasquicr.) M. de Saint-Amant 
s'en est aussi servy, lors qu'il dit : « Le sot garbe de ces 
« Zerbins, • parlant de la mauvaise mine des Italiens, 
qui croyeni estre bien ajustez. 

Garbin. Sud-Ouest, vent du couchant brumal. (Mon.) 

Garboz. Sorte de poisson. 

Dards, gardons, garboz, goujons, 

Âbles, loches^ et verrons. {fie la Diablerie.) 

Garce. Fille; et garchon ou garçon, c'est à-dire, fils. 
Ces mots viennent de gars, et ceux de yàiravça, et de y^àc<ûy, 
{atuus. Anciennement le mot de gars ne signifioit que 

i. 38 






2S/6 6AR 

majeur. (Voyez Bassier.) MonUaUcôn, Tolosank, en ses 

Dits Moraux, s'exprime ainsi : 

Le masle est gars à quatorze ans, 
Et la femelle est garce à douze. 

D'autres le dérivent de varo, c'est-à:dire, homme en 
Espagnol ; et d'autres de garrio, c'est-à-dire, je caquette ; 
et Lipse le tire de Ganonostasium^ c'est-à-dire, le lieu 
des enfans à Constantinople, où on les tient pour les faire 
Eunuches; ainsi dit de Carsamatius, c est-à-dire, Eqdii* 
que. Le mot de garce semble aussi avoir été pris ancien- 
nement pour une putain, comme il est à présent, quoy 
qu'il n'y a pas beaucoup d'années qu'on le prenoit pour 
une fille de chambre. Ovide, ms. où lunon pariaAt contre 
Vénus, dit : « Or cette garce me despit. • Perceval senable 
l'employer de mesme. 

Garcete. Sorte de coëflfure de femme. 

Garçon. Signifie aussi un fripon. 

Et qui fait œuvre de garçon^ 

Gars est par droit et par raison. {Perceval,) 

Garçonerle. Friponerie. (Voyez Gars.) 

Vous avez fait garçonnerie, 

Ma sœur par force avez honie. {Perceval.) 

Gardenapes. Destin. Selon le livre de la Diablerie, 

c'est quelque meuble : 

Gardenapes destin, salières, 
Tenailles (pailles) cremaillieres. 

Garé. Labouré depuis longtemps. (Monet.) 
Gàrentlssement. Sauveté. 

Gargalllol ou gargante^ en langage de Tolose. Le 

gosier. On l'appelle à xMantauban lou gouladou ; el ea 
Gascogne, lou garganuila: et ailleurs on dit gargameU. 

lântis Pastourelets, que dejoust las ombretes, 

Sentets apasima lou calimas del iour, 

Mentre que tous ausels per saluda Tamour, 

Uston le gargaillol de mille cansonetes. {GoudUnUi.) 

Gargete. C'est le gosier. 

Gargolsses oa Gargonsses. Grosses bouteilles. 

De gros jamboïis, de verres et de gargouilles, {Marot.) 



i 



AU tM 



Gargonles. Des réoeptacles d'eau des toîls. 

' Et pois les délivre à trois goules, 

Qoi Toat plastoaft pris que gargoules. (F. des Amour.) 

Gargoeton. C*eslun insecte qui rongeles légumages^ 
appelle en Latin gurgullio. 

Grariment Garentie. (Coustume de Poitou.) 

Garite. Lieu de refuge en route. Prendre la garite, 
fnir en lieu de sûreté. (Monet.) — Gaiute. Guérite, donjon 
d'un château, d'une place. (Monet.) 

Garnement. Equipage. R. de Siperis de Vineaux dit: 
• Hardement ne vient mie de noble garnement. » C'est- 
à-dire, garniture. On appelloit aussi un garniment de litf 
les rideaux. C'est aussi une armure ancienne. 

* 

Gapny. Assisté. Offices de France, de loli, es Addi- 
lioiis, liv. I. où est cité Martial d'Auvergne, es Vigiles de 
Gbarles VII, où racontant la pompe funèbre d'un enter- 
rement Royal, il dit : 

Puis vint Monsieur le Chancelier, 
Gamy de Maistres de Requestes. 

Garonlens. Ancien peuple d'Aquitaine, dit ainsi de 
la rivière de Garone. 

Garra. Guérira. (Perceval.) 

Garraux ou carreaux. C'est une sorte !de sajetes ou 
javelots des anciens, propres à darder et non à tirer avec 
l'arc. (Faucbet.) 

Garray, et gerray. Coucheray. (Merlin.) 

Garre. Vache pie. 

Gàrreaii. Taureau pie. Ces deux mots sont encore en 
usage en plusieurs lieux de la France. (Le Duchat, notes 
sur Rabelais.) 

Garrer un vaisseau. Le calfeutrer, oindre, poisser. (M.) 

Garries. Chesnes. [Terme languedocien.] 

Garrigues.. Des landes ou brossailles, de garric, 
c'est-à-dire, chesne. On en voit quantité au bas 
Languedoc, où on les appelle ainsi. Elles sont pleines de 



300 GAS 

cbesne verd, ou ilex. C'est aussi le nom d'une noble 
famille de Castres en Languedoc, descendue conjoin- 
lement avec celle des Messieurs de Madiane, de Noble 
BoufTard, Seigneur de la Grange. 

Garrot. (Voyez Carreau.) 

Garrots. Traits d'arbaleste. (Fauchet.) On le dérive 
de quarreaux ; car on disoit aussi des quarreaux 
d'arbaleste. C*est aussi une sorte de fusée, et Fos qui 
relève aux chevaux vers lespaule. 

Gars. (Voyez Bassier), c'est-à-dire, pupile. 

Garse. Fille. (Voyez Garce.) 

Garson. Jeune bomme ; c'est un diminutit de varo^ 
en Espagnol bomme, un petit bomme. 

Allons luy livrer la bataille, 

En sa maison de toutes paiis ; 

Et qu'à tuer on ne le faille^ 

S'il ne baille les petits yars. (Vieux Testam. en vers.) 

Il parle des Sodomites contre Lotb. Il se prend aussi 
pour fol. 

Fols, gars et mal-avantureux. 

Fox mescbeans, fox doleureux. (Ovide.) 

m 

Garwen. Préparer. 

GaSy Gabs et Gaps. Moqueries. 

Sus moy chen*a trestous H gas^ 

Force que ie port les noirs dras. (Bible Guyot.^ 

Gas se prend aussi pour faux dans Perceval. 

Gasche, Gascher, et Gaschis. Rame, ramer, et un 
lieu trop arrousé d eau : ce qui vient de vasser^ qui en 
Alleman signifie de Teau. 

Gaser, et Jaser. Parler fort ; d'oti gazouiller, 

Gast, et Garnison. Gens commis par la Justice pour 
faire du dégast et de la dépense ; d*où vient gastadours^ 
gens qui font le dégast des bleds et vignes, en temps 
de guerre. 

Gastadour. Pionnier. (Honet.) 






GAU 301 

Gaste. • Terre gaste et désertée. • (Perceval.) 

Gastier. Garde de vignes et fruits. (Ragueau.) 

Gastos. Sage ou savant; d'où viennent les noms des 
anciens Gaulois Wisogastus, Husegastus, Salegaslus'et 
Losogastus, qui écrivoient la Loi Salique. 

*Gastuni, et glastrum. Pastel ; d'où vient glas^ c'est- 
à-dire, bluaslre, parce qu'il teint en bleu. (Grand Atlas.) 



i, et Escurgatha. Sorte de guettes ou sentinelles, 
dans les Statuts d'AiguesMortes, de Tan 1246. 

Gaubeson, Goubisson et Garabeson. Ilarnois. 

Et tout ainsi comme fait est, 

De pontures le goubisson, {Pèlerinage de Vàme.) 

C'est proprement un hoqueton ou juste-au -corps. Ce mot 
esl resté parmy les paysans de Languedoc. 

Gaudebillaux. Selon Rnbelais, sont grosses tripes 
de bœufs gras ; d'où vient godiveaux. 

Gaudi. Moqué. (Gratian du Pont.) 

Et du lion pour vray ne s'est gaudy. (Marot.) 

Gaudlne. Une lande. (Perceval.) 

Et Messire Idier qui estoit, 

Outre le bois en la gaudine. (Gauvain.) 

Gaadir. Se réjouir ; de gaudeo. Par fois il signifie 
gauchir^ comme dans la dispute du Poêle Sordel, qui se 
voil dans Vi^enere, sur César. — Gaudir quelqu'un, s'en 
moquer, se railler de lui. (Monet.) — Gaudir. Faire bonne 
chère. (Idem.) 

Gaudisserie. Gausserie, raillerie. (Monet.) 

Gaudisseur. Gausseur, railleur, faiseur de bonne 
chère. (Monet.) 

GaVelé. Desseiché. 

G'auliens. Gaulois. (Cronique de llainault, page 45.) 

Gaalois. François ; et Gaule, France ; venant de 
Walon et Wallia. Les uns le tirent de r<^^a, lac, ou candarj 



1 



m GAY 

à cause de la blancheur du corps: les autres da Roy 
Galates, disans qu'ils secouèrent le joug de FEmpereur. 
Et après cela voulans estre francs, forent appeliez 
François ; ce qui commença à Pharamond. Mais d'autres 
tes font venir de Franconie, et les autres de Françus. 
H. Bocbart a remarqué que l'ancien langage .Gaulois 
saccorde fort avec le Phénicien, qu'il tient estre la 
première langue du monde. Or le reste de cet ancien 
Gaulois est parmy le Breton, auquel j'adjousterois le 
Languedocien, du moins en partie. Gesner^ Beatu^ 
Rhenanîis^ Ottomannm, et Cambdenus^ sont de cet advis, 
avec Bochart, et ils le prouvent par beaucoup d'étymo- 
logies. (Voyez Roman.) 

Gault. Bois ou forest ; d'où vient unegaule; et mesme, 
selon plusieurs, le pats de Gaule, qui est la France: et 
Gaule vient de caulis. Le R. de Renaud de Moutaubandit : 

Ains Charpentier en bos ne sot si charpenter, 
Ne mena telle noise en parfont gaut ramé. 

Gaulter. Tromper. Villon dit: 

Tousiours trompeur à autruy en gaultre. 

Gaultlers. Paysans qui se soulevèrent l'an 1589. 

^Gaunacum. Habit des anciens Gaulois. (Bochart.) 
D'où est resté en Languedoc le mot de gannache^ et 
ganachou. 

Gauptnet. Flateur. Les Satyres Chrestiennes disent : 
« Truandeaux , gaupinets flaleurs. » De-là vient une 
gaupe, injure de femme, en Languedoc, c.-à-d. fainéante. 

^Gausapa. Ancien habit des Gaulois. 

Gausser. Railler; et vient de gavisus, c'est-à-dire, 
réjoui. (Voyez Gobisson.) Le Pèlerinage de l'Ame, ancien 
livre de Poésie, dit : 

Et sa compagne au gaubeson, 
Gbantoit une telle chanson. 

Gautrer, et errer par la mer. (Boëce ms.) 

Gayep. Abreuver. « De l'eau, pour ffflj/^ les chevaux. » 
(Coquillard). 



j 



6ï!N 



303 



Gayetier. Joueur de cornemuse ; de VEspagnol 
çayetro^ de gayta, cornemuse. (LeDuchat, note sur Rab.) 

Oazon. Ce mot vietit de ga%en ; en Persan, richesse. 

Gebecier. Codicile de Mehun dit : 

Il se lairroit ainçois par membre detrencher, 
Qu'il osast au péril ae péché gebecier, 

Gebine. Géhenne. 

Geblr. Gehener, faire dire quelque chose par force. 

Pour 11 faire gehir, 

La destreignent forment. (J^. de Pépin.) 

Geindre. Gémir ; de gemere. Mehun au Codicille 
dit : « L'en n'y oit que cuer braire, et gemeir et geindre. » 

Geiaslns. Fossettes des joues. 

'Gelasomin. L'herbe, gnaphalium. (Bochart.) 

^Gelasone. Herbe, gnaphalium de Dioscoride. 

Geloser. Désirer. (Perceval.) Comme aussi estre 
jaloux ; d'où vient Tltalien gelozia, c*est-à-dire, jalousie. 
Pétrarque dit: « Di quella rabia delta gelozia, » 

Gemé. Couvert de pierreries ; et geme, c'est-à-dire, 
pierre précieuse^ selon Perceval ; du Latin gemma. 

Genaux. Faiseurs d'Horoscopes ; de genethliaci. 

^Genea. Entrée; d*où vient Genève y c'est-à-dire, 
entrée du Lac; et tregenie^ c.-à-d. aislede l'embouchure. 

Oenet. Cheval d'Espagne. 

Oenetalres. Ce sont des soldats anciens, selon 
Philippes de Comines; dits ainsi possible pour estre 
montez sur des Genêts d'Espagne, ou des Janissaires de 
Turquie. Et Genêt vientde Ginette^ qui en Ëspag^ne signifle 
on Cavalier. 

Gengleonr. Violon, ou Menestrier. 

Gengler. Mespriser. (Perceval.) 

Genglercement. Opiniastrement. 



I 



304 GEO 

Gengleresse. Menestriere, comme aussi qui crie 
fort ; d'où vient iangoula, qui en f^ânguedoc signifie crier 
et clabauder outre mesure, qui vient à mon advis de 
canis et gula^ étant corrompu de changoiUa. 

Genice ou Genlsse. Une jeune vache; de juvenca^ 
ou junix. 

Genitures. Génération, extraction de race. (Monet.) 

Genoches. Sorcières; exGlossario in legem Salicam. 

m 

Genoufriere. Un œillet de gyroflée. 
A Genouillon. A genoux. (Villon.) 
Gens et Gent. Gentil, aimable, agréable. 

Puis vers les deux, dont as le titre getit 
D'aigle moderne, à suivre difficile. {^farot ) 

Le mot genl se prend aussi pour peuple. 

Gens DR CORPS. [Ce sont les hommes ou femmes de 
servile condition. (F^aurière, Gloss. Droit français.)] 

Gente. Gentille, jolie. (Marot, Epître 2, dit: 

Car bien pensoit la Poésie gente^ 
Si bien, et los on n'en veut attirer. 

Gentieu Famé. [Demoiselle. (Laurière, Gloss. Droit fr.)] 
Gentillastre. Gentil-homme. (Coquillard.) 
Gentille. Noble. (M.) De-là gentillesse,' pour noblesse. 

Hero jadis pleine de bonne grâce, 

Née de riche et de gentille race, 

Estoit nonain à Vénus dédiée. {Leandre et Hero,) 

Genttshoms. (R. de Tristan deLeonois). C'est le petit 

fils d'un qui s'est acquis le titre de Noble, comme Ulysse 
se vante d*estre, en disant : 

Nam mihi laêrtes pater est, Acrisius illi, 
lu piler huic. 

Geôle. Prison ; degabiola, cage. On dit à cause de 
cela mettre en cage, pour mettre en prison : de-lù vient 
geôlier. Elle s'appelle gabio en Languedoc; de cavea: 
d*où vient gabion. 



GET aùs 

\ Petit d'oye, jar. (Perîonius.) 
*Ger. Ou guerra, la guerre. 

Gerfaat. Oiseau de rapine ; dit ainsi du Latin Gyro- 
falcOy c.-à-d. Faucon, qui vole en séjournant. (Ménage.) 

Gergoner. Jargoner. (Voyez Jargon.) 

Germani. [Mot gaulois signifiant habitant des foréls, 
poussant des hurlements.] 

Gernlihbo. Diligemment. 

Gerre. Genre. 

Gesegge ou Gesage. Nous pouvons dire. 

*Gesi ou Gessi. Vaillans hommes. (Servius.) 

Gésir. Estre gisant comme aussi se coucher. -- Gésir. 
Consister. « La controverse git en cet article. » (Monet.) 

*Gessa. Dard Gaulois. (Servius.) Ou un espieu. (Grand 
Atlas.) Venant du mot Alleman egissovy c'esl-à-dire, peur 
el horreur. (Lipse.) 

^Gessatse. Hommes à solde. (Polybe.) 

*Gessates. Avanturiers ; soldats armez des dards 
appeliez gessi. 

^Gesom ou Gessum. Sorte de dard. (Varron.) C'est 
ce que nous appelions halebarde, selon aucuns; mais j'en 
doote. 

Gets ou Giez. Des liens ou attaches. 

ie suis liée 

Des giez d'amour et alliée. (il. Chartier.) 

Gette. Une jatte; en Languedoc une gadde ; etgaddou 
en est le diminutif. 

Getteis. Un assaut par coups de pierres qu'on jettoit 
aTec les frondes, pierrieres et mangonaux. 

Lors commence li getteis. (Gauvain,) 

Gettoers. Jettons. (Le Duchat, notes sur Rabelais.) 

La boure pleine de gettoers, 

Pour dire qu'ils ont de l'argent. {Coquillard.) 

I. 89 



l 



à06 GtP 

Geane. Jeusne, abstinence. 

Geut. Il coucha. Il avoit geu, c'esl-à-dire, couché; 
d'où vient le Langnedocien aiagut^ iagut ; du latin jam^* 
mais le premier ne se dit que des femmes accouchées. 

Geux. Des gueux, des misérables. On a aussi appelle 
ainsi les Albigeois et les Vaudois. 

Gez. Je les. 

De vil mort ; car gez vi menrdrir. {Bîb^ Guyôt:) 

Gibbar. C'est une baleine en Xaintongeois ; du Latin 
gibbus, parce qu'elles sont comme bossues. 

Gibecer. Chasser. Ce mot vient de gibier. Et de-là 
vient une gibessiere, où on le met; quoique d'autres le 
dérivent de gibbus, bossu, parce qu'elle enfle d'an costé 
plus que d*autre. 

Tant que un soûl Chevalier vit, 

Qui gtbeçott d'un espervier, 

El pre devant le Chevalier. (Gauvain,) 

Gibier. Chasse ; et vient de cibarium. (Ménage.) 

Giblet. Foret, espèce de vrille tout d*une venue, sans 
vis, déliée, perçant en piquant comme une alëine. (Ificot.) 

Giboer. Chasser. Mehun, au Testament, dit: <Ne 
« giboèr^ ne fureter. » 

Giboulée. Pluye soudaine; venantde^etfoAi^, ja(?tttotio 
subita. 

Giboyenr, ou giboyer. Chasseur; d*où vient qu'on 
dit, une arquebuse.à giboyer. (Voyez VtUet.) 

Gie. Je. (Voyez //, et Chalonge.) 

Gies, et gietut. Dn jeu. Perceval dit : « Sa bataille n'est 
« mie gieux. » 

Gieu. Dn Juif. 

Giez. (Perceval.) (Voyez Gets.) 

Gifati. Il se réjouit. (Tatianus.) 

GifehBi» ou Ingifelieil. Joye. (PontUnus.) 



6LA 307 

Gifeho.Joye. 

Gifalta. Accomplie. 

Gigue. La cuisse ; de isehium : d'où gigot. 

Giiaras. [Hot d'origine gauloise qui signifie le 

serpolet.] 

GimahalterOt Epousée. 

Gimarilt Vulgabantur. 

Gimantigonne, ou rigimuntigonne. En mémoire. 

*Gin. Ellébore. 

Glnghes. C'est un nom d'homme» Gilles. 

GiBguet. Du vin verd« 

Gipon. Pourpoint. (Villon.) Ce mot vient de l'Italien ; 
il est resté en Languedoc, où on dit gipou. Goudouli 
parlant de sa vieillesse, et comme il approche de la mort, 
dit: 

Auzi lou Menasié que tasto, 
Per me faire un gipan de fosXo. 

Glroyep. Tournoyer. (Voyez Valet.) 
Oisarmes, ou guwtrmes. Sorte d'armes anciennes. 
Gltruobit. Trouble. 
CSwfderon. Adversari. (Pontanus.) 
Giwiznessi. Du Testament. 

Glacoir. Aisances, privés, bâtis contre une muraille. 

(ïonet.) 

Glacoyer. Glisser. (Gauvain.) Ce mot vient de glace, 
parce qu'on y glisse dessus. 

Le coap cheat las en gUxcayant, 

Si ne luy greva de noyant. {R. de la Rose,) 

Gladiaioire. Meurtrière, ou qui tient une épée. 

Frappez donc tant de main gladiatoire. 

Qu'après leur mort et défaicte totale. 

Vous rapportiez la palme de victoire 

Sur les cBmats de France Occidentale. (Marot) 



I 



n 



308 GLU 

Glal. Graveleux, gros sable. (Monet.) 

^Glanoventa. Ville du rivage. 

Glas, « glay, clos et classés, » Le son des cloches pour 
les morts. — Glâs. Glai, bruit, cririe : « Tu menés grand 
glas. » (Nicot.) 

Glason. Motle de terre, gazon. (Nicot.) 

^Glastum ou voide, et gussde. Pastel, qui teint en 
bleu ; et glas, c'est à-dire, bleu. 

Glat, et glés. Son des cloches pour les morts. 

Glatir. Glapir, crier comme font les chiens. (Monet.) 

Glatissement. Glapissement. (Idem.) 

Glau, et glay, Glayeul; ou acoms, herbe. 

La feuille li glau, de doulour, 

Et li ram perdent lor coulour. {Ovide,) 

*Glau. De Teau. (Charron.) 
Glic. C*est un jeu des anciens. 

Gaigne au barlanc, ou glic, aux quilles. {Villon») 

Gliceau. Une peloton de filet. (Voyez Englinceler.) 

Glicyde. L'herbe pivoine. (Lespleigney.) 

^Glisco. Blanc ; d*où vient gluys, luisant, en Breton; 
et gleyse, en Languedoc, le blanc d*un œuf. 

Glise. Eglise. (Joiuville, page 354.) 

Glouons. C'est quelque mesure. 

Parmy trois glouons de farre. {Villon,) 

Glouper. En langue de Cahors, dégoûter. 

Que tousiour nou me gloupé, 

GIous, et glout. Glouton ; et gloute, c'est-à-dire, 
gloutonne. J'estime que tous ces mots viennent de gtUa. 

Gloutte. (Voyez Glous.) 

Glui. Faisceau de chaume, ou le chaume même de 
blé, droit et entier, pour couvrir les maisons. (Honet.) 



i 



GOD 309 

Gosibat. [Mot d'origine gaaloise; fils, enfantemenl.] 

Goac. Une Ville ou Bourg, selon Garron en son 
Histoire Universelle; cl*où viennent les mots dePolignac, 
Marignac, et Romagnac, c'est-à-dire, Bourg d'Apollon, 
marescageux, et Romain. Gabriel Simeon^ en sa Limagne 
d'Auvergne. 

Gobe. Yaine. 

LiOrs devient la terre e\ gobCy 

Que veut avoir nouvelle robe. (R. de la Rose.) 

Gobeau, et Gobelet. Coupe. Ils viennent iecupella^ 
coupe ; parce qu'on disoit une cope^ et un copelet. 

Gobisson. Contrepointe, ou vestement long, descen- 
dant jasques aux cuisses. (Fauchet.) On l'appeiloit aussi 
gaubeson et gambeso^i (possible pource qu'il alloit 
jusqu'aux jambes). C'est, à mon advis, un grand juste-au- 
corps. Il en est parlé dans le Pèlerinage de Tâme, ancien 
Idvre de Poésie : 

Et tout ainsi comme fait est 
De pontures le gambesan; 
Pourqaoy pourpoint le appelle-t'on. 

CSocés, et gouceU Je ne sgay ce que c'est. 

Le lit fa sor gocés assis, 

Et li gocet sur quatre roués. {PercevaL) 

Peut estre il entend des petits chiens ; car anciennement 
on en mettoit la figure sous les landiers ou chenets (qui 
en ont pris leur nom] sous les lits, et autres choses. Or 
on appelle en Languedoc gous^ et un gousset^ un chien. 

*GocBs et gocet. C'est une espèce de pulpitre. 

*God. Dieu ; d'où vient Sidus Codanm, c'est-à-dire, 
Dieu qui est vers la Gothie. 

Godale. Vin verd ou ginguet. Ce mot dans son 
origine, qui est Angloise, signifie proprement une bière 
douce, autant bonne qu'on la peut faire sans houblon. 
Godale dans les Pays-Bas s'entend de la même sorte de 
bière. Froissard, vol. i, chap. 59, dit : « Et leur disoient 
« les Bidaux (à ceux de Valenciennes) : Allez boire vostre 
• Godale. • De-là godailler^ boire avec excès, s'enyvrer. 



m ' 00» 

CiodQ^ Brebis qui pe vaut plus rien, à caus^ de sa 
vieillesse. Il semploye aussi en Languedoc, pour un 
fainéant. 

Godeniare. Gros ventre ; de gogue, pris pour ventre ; 
et de mare major. Ce mot se prend quelquefois pour 
cochemare. 

Godet. C'est un vaisseau de terre, selon Nicot; et 
quelque instrument, selon Gratian du Pont. Mais c'est 
proprement une aiguière ; et vient de guttus. Les Satyres 
Chrestiennes Je prennent aussi pour un gobelet. 

Godiaete, Godioe, et gondine. Une putaia, ou 
fainéante, et vaurien. Ce mot vient de gode. 

Gof . Mouillé ; et gouffa, mouiller* 

Goffe. Grossier, enflé, lourdaut. (Nicot.) Comme aussi 
un habit gros et velu. (Isidore.) De-là vient goffer^ ou 
goffrer les cheveux. 

Goffre. Maussade, chose absurde, inepte, mal ea 
ordre. (Monet.) — Goffre, ou gaufre. Sorte de gâteaux, 
ainsi dits, parce qu'ils sont marquetez de cellules, comme 
un rayon de miel, qu'on appelle un gauffre en Picardie. 

Gogue. Sorte de boudins. 

Goignon. Cochon. 

Golfariiiit C'est une injure. (Satyres ChresUennes.) 

Golous. (Voyez Goulous.) 

Gombete ou Combete. (Loy des Bourguignons) ; dite 
ainsi de Gundebada. 

Gomeoe, ou gumene. La corde d'un ancre. 

Gommannere. A un homme. 

Gommannes. « Wanta ils gommanes wis mi bin, > 
qui a connu homme; ou, je n'aipasconnoissance d'homme. 

Gonelle, et gone. Une casaque. (Perceval.J Et un 
cotillon, àe guna, El celui-ci deyvyn, mulier. Ainsi on 
appelloit Geoffroi Grise-gonelle, fils de Foulques \q Bon, 
Grand Seneschal de France, dit Dapifer. Ce sont cottes 



r 



GON 341 

I 

longues jusqu'au gras des jambes, sans manches, faites 
de soye, et blasonnées des armes des Chevaliers. Ainsi il 
y a des armes dites losanges, el à fuseaux, à cause que 
les estofifes esloient ainsi. Gonelle est aussi un terme 
d'îDjure. 

Ooofalonnier, et gonfanonier, Porte-Enseigne. 
(Sirmond, Vossius.) Froissard, 2. vol. chap. 135, dit: 
• Faisoit l'Evesque de Nordvich devant lui porter les 
< armes de l'Eglise, la Bannière de S. Pierre, comme 
« Gonfalanier du Pape : et en son pennon estoient ses 



Gonf anon, gontfanon^ et gouffenon. Bannière. 

A Hoalant^ un vassal, son gonfanon livra. (Rou.) 

CTestoit au commencement un Estendard Royal, comme 
les PennoDs; mais les uns et les autres passèrent aux 
Particuliers. Les Roys les portoient par fois eux-mesmes 
au bout de leurs lances près du fer. R. de Guiteclin dit : 
< Lî Roys tint une lance, à un vermeil pennon. » On lit 
en des Histoires, que le ^on^/anon demeuroit par fois 
dans le corps des blessés. 

Gontfanon en ancien langage, signifie un linge ou 
drapeau ; d'où vient qu'on appelle encore une Enseigne, 
un Drapeau, parce qu*au commencement on les faisoit 
de drnp, comme j'ai dit sur les Bannières et sur 
rOriflamme. 

Fanon estoit la moindre Bannière ou Estendard; ainsi 
dil, parce qu'on les portoit estendu. . 

Comme l'investiture des petites choses se faisoit par un 
baston., un gand, un couteau, un morceau de manteau, 
de bois, de courroye, de ceinture, par la piqueure du 
pouce, par des clefs, par une broche, par une coupé, par 
un anneau, un ^azon, une branche, une paille, et autres 
eboses ; ainsi celle des Royaumes se faisoit par un esten- 
dard, comnae en cetexempleoù le pape investit Guillaume 
le Conquérant du Royaume d'Angleterre : autant en flt le 
^ape Clément IV. quand il investit Charles frère de 
. f>>uis, du Royaume de Sicile. 
Il y avoit des fanons et gonfanons^ à trois queues. 
» fProissard, Yillehardouin, et la Cronique de Flandres.) 
i S^ de Guyot de Nanteuil dit : < Désormais porterez mon 
r « Royal gonfanon. » On escrivoit aussi confanon. Satyres 
direstiennes disent : 



r 



1 



312 GOT 

Le confanon est mis au ^ent, 
Pour défense aux assauts. 

Goovret. Une boule en Lorrain; non de ^t/ro, comme 
ont dit quelques-uns, mais de curro. 

Goret. Un cochon; de XoTqoç. D*où vient gorret, gorre, 
gorroriy tlgourri^ c'est-à-dire, coquin. « Rime en gorret ^^ 
estoit une rime non riche, selon un ancien livre intitulé, 
L'Art de Rhétorique. La médisante chanson qui est citée 
dans le livre intitulé, la vie de Catherine de Medecis, se 
sert de ce mot de gorret. 

Gorgerain, et gorgerin, un hausse-coù. 

Gopgeres, et gorgeretes. Ce sont des linges pour 
mettre devant la gorge. Lespleigney dit : 

Que d'empoiser elles s'amusent 
Leurs g or gères et colleretes. 

Gorgeron. Gosier. 

Gorglas. Vain, luxurieux. (Blason des fausses 
Amours.) — Gorgias. Gorgeretle, tour de gorge de femme. 
(Marot.) 

Gorgiase, ou gorgiaise. Chose plaisante et bouffonne. 
— La GoRGiASE. C'est une sorte de danse ancienne. 

Gorglaseté. Vanité, luxe. 

Gorglasse. Au Rosier Amoureux, on lit: 

•Hélas ! amy, et penses-tu pourtant, 
Se ne suis belle et gorgiasse autant, 
Que ceste-là que maintenant chéris. 

Gorgics. De yoçyiaiov, 

Gorgiere. Hausse-cou. (Fauchet.) 

Gorlers, et gorrieres. Gens glorieux, mignons et biett 
vestus à la mode, et couverts de galans, ou galons^ 
(Villon en ses Repues Franches.) Car gorres^ sont dOf 
rubans, ou livrées. 

CrorrierSy mignons, hantans banquets. 
Gentils, fringans et dorelos. (CoquillardL) 

Et la Chanson ancienne, qui est es Chansons spirituelles) 
qui dit : « Moy essem tant gorriere. > 



j 



GOt 313 

Gorin, et gorret, coebôn ; de XeTçoç, d'oti vient possible 
g&urri, c-à-d. gueux^ el qu'on crie aux cochons gourou. 

Gone, Pompe. Jean Marot, père de Clément, dit: 
•MTBgorriere et faire la poupine. » Il signifie aussi un 
glorieux, et Wen ajusté ; de y^îfçoç, superbus, (V. Goriers.) 

Gorrer. Se louer^ et vanter. 

la longuement ne te g orras 

 glaive et à duel en morras. {(hnde.) 

Gort. pfux. 

Quand le sang commence à grand gart 

Issir par les playes au mort. {Ovide.) 

Gosse, Gousse. Bourse de grains, de légumes. (M.) 

Oat, ou Gote. Dieu, en tous les pays Septentrionaux. 
D'autre Tescrive Goth^ avec quatre lettres : sur quoy est 
notable qu'il y a plus de vingt noms de Dieu en diverses 
langues, qui sont tous de quatre lettres, comme ®bws^ 
Dm, Jova. De Got^ viennent les mots de bigoU et eagot, 
selon Pasquier. 

Goablssons. Pourpoints. 

Et tout ainsi comme fait est, 

De pontures le gouhisson ; 

Pourquoi pourpoint Vappelle-t-on. {Pèlerinage de Vàme,) 

Gondesque. Gothique. Ainsi la seuve GoudesquCy 
forest près de S. Gilles en Languedoc, est appellée en 
Latin sy toa Gothica. 

Goodlne. Injure de femme, prostituée. Gouine qu'on 
dit encore aujourd'hny en vient. 

Fa la Gondonfi. Faire le glorieux, en langage de 
Ungneâoe. (Goudouli.) 

6oaets« En Poitou et dans les lieux voisins on appelle 

*t$, de mécbans petits couteaux camus qui ne ferment 

ùnt, et que pour cette raison on pend à la ceinture des 

ifans, qui dans la saison se servent de ces gouets 

i cerner des noix. (Le Duchat, notes sur Rabelais.) 

Cioiifaiion. (Voyez Gonfanon,) 

Goafl. Plein, renflé, replet, en termes de poissons de 
nier. (Monet.) 

I. • 40 



L 



3i4 GOd 

Gouge. Femme ou flUe. (Voyez Vœuge.) 

Tellement que sur toute8 gouge», 

Elle semblera la plus franche. {Coquillard.) 

En Languedoc du costé de Tolose et de Monlaubao, 
gouge est une servante. Il se prenoit aussi anciennement 
pour cela. 

Payer la gougt tout content. {Coquillard,) 

C'est aussi un instrument de Menuisier. 

De-Ià vient aussi un goujat^ ou goujat^ c'eM-à-dire, un 
garçon; sur-tout, pour servir les soldats: et le mot de 
goujon, qu'on employé en Bearn, pour dire (ils. 

Gougler, Gouler ou Goler. L*amant d'une gouge. 
Ce mot gouge, dans le sens le plus commun, se prend 
pour une fille ou une femme de mauvaise vie. (LeDuchat, 
notes sur Rabelais.) 

Gouhonrde. Courge, gourde. (Nicot.) 

Goulée. Ris démesuré. 

Goulous. Gourmand. Au Livre de la Diablerie, on lit: 

Plusieurs humains comme golouz. 
Sont en manger fort dissolus. 

Possible il entend ranimai Gulo, qui mange oolre 
mesure ; et pour pouvoir manger de nouveau, se presse 
le ventre entre deux arbres, pour vomir. 

Goulouser. Je ne sçay si c'est désirer» ou baiser. 

Eurichus quand vit Tespousée 

Tant belle, si la goulousée. (Ovide.) 

Gonlpete. C'est en Languedoc faire Tescole buisson* 
niere ; dit ainsi de vulpes, renard, comme qui diroit faim; 
un tour de renard. Et le mot de buissonniere, vient de ctj 
qu'on la fréquente si peu, que les ronces et buissons i^ 
naissent. I 

Gonlada. Se rouler et vautrer sur terre ; de volntarL 

GouplK Un renard. L'Autheur du Bestiaire dit: « U 
« Goupil est molt artillos. » C'est-à-dire, ingénieux. fl| 
vient de vulpes, et celuy-cy de dXcmrjs, De- là vient qu'ori 
appelle Goupillieres, une terre qu'il y a en Poictou. 



r 



GRA 315 

Goupil. Renard ; d'où vient goMpiller; de àXéniqy vulpeê. 
(Aldobrandin. Veiner d'honneur.) 

Goardes. Courges. (Aldobrandin.) 

Oourri, et gourrina. Ce sont mots de Languedoc, qui 
signifient un gus, et guser. (Voyez Besiat.) 

Ooiirt. Gré. • L'bostesse fut bien à son gourt. > 
(Pathelin.) Il semble aussi signifier un homme bien mis. 

Pour entretenir les plus gourds, 

Les plas frisqnes, les plus peignez. (Pathelin.) 

Ménage l'explique pour fat, le tirant de gurdus, II 
pourroit venir de cougourde, c*est-à-dire, une courge. 
Aossi appelle-ton du mot de courge, les hébétés ou fous, 
en Languedoc. J'estime aussi que gourd signifie pesant, 
et endormi. 

Gous. Chien. (Voyez Briarda.) 

Goasset. Sorte de pulpitre. 

Gonver. Mot dont quelques-uns se servent pour 
gouvernement. (Nicot.) 

Goovemor. Gouverneur. 

Goy. Dieu, mot corrompu de Got; à cause de quoy on 
lit €kstrogoiSy pour Ostrogots, dans les Annales de Hainaut. 
I>e*Ià viennent aussi les jurons vertugoy^ etc. 

*GoT. Du bois. (Gbarron.) 

Goye. Espée. 

Goy ère. Sorte de tartes. 

Faisans tartes, flans et goyeres. (Villon,) 

Graal, ou greal. Un vaisseau de terre, une terrine. 
-•On rappelle encore unegrasal, et un grasal, à Tolose, 
MoQtauban et Castres. Et ce mot vient iegrais, parce 
40e ces vaisseaux sont faits de graiscuit. Il y a un Roman 
ancien» intitulé La Conqueste du Saingreal, c'est-à-dire, 
do S. Vaisseau où estoit le sang de Jesus-Christ, qu'il 
appelle aussi le sang real, c'est-à-dire, le sang royal. Et 
Mtnsi ces deux choses sont confondues tellement, qu'on 
ne connoist qu'avec peine quand les anciens Romans qui 



i 



n 



316 6RA 

en parlent fort souvent, entendent le Vaisseau et toSsng. 
Perceval Texplique bien en ces vers : 

Senefioit que li greaus, 

Qui tant est beaux et précieux, 

Que le S. sang glorieux 

Du Roy des Rois y fu receus. 

Grabat. Un lit de camp, ou qu*on met seulement à 
terre, une paillasse. (Saint-Amant.) 

Grabeler un procès. C'est proprement en éplucher 
toutes les pièces les unes après les autres* aussi exacte- 
ment qu'on tireroit grain après grain, tout le grevierd'un 
tas de sable. (Le Duchat, notes sur Rabelais.) 

Grabeleur. Critique impitoyable qui épluche syllabe 
après syllabe toutes les paroles d*un Auteur. (Le Duchal, 
notes sur Rabelais.) 

Gracier. Remercier. 

Graduels. Ce sont certains Pseaumes. (Hèuage.) Dlls 
à gradibus^ parce qu'ils vont en montant de ton. 

Graff . Grave. 

Graffions. Sorte de guine ; appellëe aussi bigarretu. 
C'est aussi regia exacta. 

Graie. Graille, grole, freus, corneille au bec et pies 
rouges. (Monet.) 

Graillement. Son de trompe rauc et enroué. (Monet) 

Grailler. Tirer de la trompe des sons raucs eteorooés. 
(Monet, Nicot.) 

Graindre. Plus grande ; de grandior. 

Tort avoit qui le voudroit plaindre, 

Qu'ar il n'est nulle force graindre. (Rose.) 

Gramment. Grandement. (Froissard.) 

Mais certes il se deult gramment 

De t*ouyr irréveramment 

Parler d'une telle Princesse. (Marot) 

Grams. Marry. Jean le Nivelois dit : 

Et quand il la oy, s'en fu grams et iriei. 



i 



Grance. Une grange ; ainsi dite des grai&s qui ë'y 
recaeillenl. R. des septs Sages dit: 

Mesons et grances et estables, 
Molt riches et molt Gonestables, 

Grandesse. Grandeur. 

Grands jours de Troye et Poitiers. Cesl-à-dire, quand 
on lient les grands Plaids. (Pithou, Dupleix, Ménage.) 

Grannus. [Mot gaulois; surnom du Soleil.] 

Grap. C'est quelque outil d*artisan. (Gratian du Pont.) 

Graper ou Grapeler. Grapiller. (Monel.) 

Graphigner. Se grater. Ce mot vient de THébrieu 
goraph^ c'est-à-dire, prendre à force. 

Grapir. Gravir. (Monet. Voyez Gravir.) 

Graseler. Carresser, et remercier quelqu'un. (Voyea 
Valet.) 

Gravele. Sablon: « Le peuple dlsraëi cstoit aussi 
« grand nombre comme'de gravele de mer. » [Bible Hist.) 

Gravir. Monter avec peine, grimper. 

En lui faisant §ramr roc, ou montagne, 

Autant m'estoit que gravir en campagne. (Marot.) 

Greanter: Remercier. (Perceval.) 

Greaux. (Voyez Seneschal.) 

Gredillé. Grésillé, retiré, ridé, en conséquence d'une 
trop grande cbaleur, comme la peau, etc. (Monet.) 

Grediller. Ouper, friser les cheveux avec un fer 
chaud. (Monet.) Poil gredillé, poil frisé. 

Grée. Accord. (Ràgueau.) Et gréer, promettre. 

Greigneur, grigneur, grineor, et greignor. Meilleur, 
plus grand ; et vienl du Lalin grandior. (Nicot.) 

Par mon serment, c'est te greigneur. 

Trompeur, etc. {Pathelin.) 

Greillets. Pendans d'oreilles. Ce sont aussi de petits 
boutons, des sonnettes, et des grelots. (Monet.) 



I 



.i 



318 GRE 

Greins. Grandement. (Le R. de Garrin.) 

Grêlé de pierrerie. C'est-à-dire, couvert de pierrerie, 
comme par abrégé de granulatus. 

Grenon. Moustache. 

Et n*avoit barbe ne grenon^ 

Se petits peux folages non. {R, delà Rose.) 

C*est- à-dire, sinon quelque petit poil folet. 

Grésillons. Des menotes, à mon advts. Ms. des 
Mémoires de Paris, Tan 1344, dit : • Henry de Malhelel 
« fut mené par le Bourreau, les grésillons es main^, et 
« les fers es pies. » 

Gresle. 

Misire Rex a fait sonner 

Un gresle pour levé donner. (Perceval.) 

Il semble entendre un valet, pour donner à laveries mains. 

Gresset ou Gralsset. Raine verte, grenouille de 
buisson. (Monet.) 

Gretz, greUf etgrieu. Grec. (Villehardouin.) 
Grevaines. Fâcheuses. Le Songe du Verger dit : 

Ta despartie m'a esté trop grevaine, 

Grevance. Tort, fâcherie, chagrin, peine. 

C'est à bon droict puisque ton labourage 

Je voy perdu par ce cruel orage, 

Qui seulement ne nous porte grevance^ 

Mais (qui plus est) il destruit ta semence. (MaroU) 

Grève. Péril. Catholicum parvum. C'est aussi une 
parure de cheveux ancienne, et un lieu plein de sable et 
pierreux au bord de la rivière; d'où vient la Grève, Place 
de Paris. 

Grever. Nuire, maltraiter; d'où \ient griefs du Laliû 
gravis. Marot, dans son Enfer, dit : 

Ce vieil serpent sera tantost crevé, 
Combien qu'il ait maint lignage grevé. 

Grever. Creuser avec les ongles. (Monet.) 



SRI 819 

Greveose. Fâcheuse. 

Quand il aura cette nouvelle. 

Qui moult H devra estre belle, 

Et à nos anemis greveuge, {R, de la Rose.) 

Grevenx. Fftcbeux, et pesant. 

Car molt y a greveux affaire, 

Gom il en porront à chef traire. {Ovide,) 

Grenge. Dommage, en Beauvaisis. 

Gribouille. Vendeur de petits meubles. Il vient de 
y^ïanœXrjç: d'où Vient des fariboles^ et frivole. 

Grief. Triste, fâcheux, malheureux. 

Et vous ses sœurs, dont maint beau tableau sort 
Paindre vous faut pleurantes son grief sort 
Près de la tumbe en laquelle on Vinhume 

£n grand regret. (MaroU) 

Griefve ou Grefve. Afflige, accable. Harot, dans sa 
pièce intitulée le Riche en pauvreté, dit : 

Quant est à nous, ne soit si forte peine, 
Ne si dur mal qui nous griefve ou moleste. 

Gries. Fâcheux. 

Lors te viendront les avantures. 

Qui aux Amans sont gries et dures. {R, delà Rose,) 

Griesche. Grecque ; d'où vient qu'on dit une pte- 
griesehBy et de Yortie griesche. Quelquefois il veut dire 
yiuvagey de dyç^a, 

« 

Griet. Grevé, fâché. (Perceval.) 

Grieve. La Grèce, ou une femme de Grèce ; et Grieu^ 
c'est-à dire, un Grec. (Yillehardouin.) 

Grifaigne. (Voyez Engraigner.) 

Grifent. Un Griffon. (Ovide ms.) Il vient de re^^: 
d'où vient aussi griper. 

Grifons. Ce mot est de Yillehardouin ; Yigenere le 
traduit, des Grecs: mais je crois qu'il se trompe: comme 
^aussi Yerdier, qui cite la Bible Guyot : 

Tout 11 siècle perquoy ne vet, 
Sor aazains que sor les griffons. 



6R0 

Grillons. (Voyez Grésillons,) 

GrIIlot. (Voyez Greillets.) 

Gringalet. Perceval employé ce mot ; mais je ne l'ai 
pas entendu. Il signifie eu Fr^ncbe-Comtéun peliicheial. 

Grip. Bapioe. (Monet.) 

Gris. Froid, et noirastre ; de xqvoç^ frigus. Oa 
l'employé aussi pour une couleur composée de blane et 
dç noir. Et on dit, il fait un temps griSy pour dire fmd, 
parce que Tair est ainsi un peu obscur l'byver. (Vojez 
Vair.) Anciennement il y avoit des étoffes appellées de ce 
nom, selon ce que dit le Drapier : 

J'ay do gris de Prince, 

En voulez-vous? ou gris d'aumur. {Pathelin,) 

Grlsard. Un blaireau, ou taisson. (Nicot.) 

Grlsïcr. Par contraction pour grésiller, pétiller, 
trépigner; mot fort commun dans le haut Languedoc, oà 
d'un homme avare et convoiteux, on dit qu'il gmle 
d'avoir le bien d'autrui. Rabelais liv. 3, chap. 33, dit: 
« La défense ne feut sitost faicte, qu'elles grisloietU en 
« leurs entendemens d'ardeur de veoir qu'estoient 
« dedans. » 

Grivelé. Bigarré, et marqueté de gris ; d'où vient une 
grive^ oiseau : U signifie aussi grislé. 

Caisses ne sont plus, mais caissettes, 
Grivélèes comme saalcisses. {VilUm,) 

Grobis. Seigneur. 

Pour seindre minours et grobis» {Coquillard.) 

D'où vient qu'on dit, faire le rammafi^ro^ta^ mot corrompu 
de domine grobis. 

Qrocer. Gronder. 

Et se gens encontrent moy grocent^ 

Qui se tormenteni et corrocent. (R.deta Rose,) 

*€hroffes. Sorte de dard aiicien. 

Groigner. Gronder^ ou groogner eomme les 
pourceaux. « Le feu» à qui ea grongne. » (Antithèses de 



j 



CRU 3S1 

rintechrist, avec Jesus-Cbrist.) C'est-à-dire qu'on brûle 
celai qui en murmurera. 

Avoir Grping. Visage courroucé. 

Groiognettes. (Voyez Pannes.) 

Grolle. Une Corneille. On dit aussi une graule, 
, taille, et agraille; ce qui vient de garrula. Groule, eu 
Languedoc, signifie une vieille savate» possible, parce 
qa*on fait du bruit en les traînant ; de garrio. 

Groo. Giron ; et vient de gremium, 

Groncier. Gronder quelqu'un. 

Gronnet. Coquiilard dit: « Un corps fectis, sade, 
çrtmneU > 

Gros. Une monnoye ancienne, et un petit poids. La 
nonnoye valoit six blancs, et le poids vaut la dragme ou 
haîcbau, c*est-à-dire, la huitième partie de Tonce, qui 
mi trois deniers, ou scrupules. Je ne sçais si de-là ne 
Tieadroit pas un Marchand grossier^ qui vend en détail 
et comme par gros. 

Grosbois. Lances grosses, et fortes piques. 

Tons leurs devis ce sont haches^ grosbois^ 
Lances, harnois, estandars, gonfanons, 
Salpestre, fea, bombardes et canons. {MaroU) 

Grooer les pommes. C'est-à-dire, tomber par le vent. 

Groas. Je gronde. (Gauvain.) — Grous. Grand. « Che-. 
« veux grous et Ions et nielez. > (Merlin.) 

Croasser. Courroucer, et gronder. 

le retonmeray, qui qu'en grousse. 

Par foi di res, ie n'en grous mie, 

Mes amés la tant que l'en grons. (Pathelin.) 

Groas. Gros. 

Gra. Fruit des forests. 

Gniel. Du gruau, et de gruts, c'est-à-dire, deTavenat, 
comme aussi tout autre.chose pilée grossièrement, c*est- 
ihéire, réduite en grain ; de grutum, sorte de légumage. 
(lénage.) Ce qui vient du Grec ^ei?^ c'est-à-dire, très-petit. 

I. 41 



1 



m GUE 

Or o'estoit une sorte de petite monaoye : d'où eal venid 
la couslume d*eri exprimer toutes les choses de pétries 
conséquences; et que pour mespriser quelque chose, oa 
disoit qu'on ne restinM)it pas, ne gry qtndem* 

Gruerie. Un droit sur les forests; ainsi dit pour la 
mesme raison. 

Grulers. Sergens, et Gardes-bois, ou Forestiers, par 
corruption de Druides ; de âçèf, cbesne. 

Guaragnon. (Voyez Ferrant.) 

Guarder. Regarder. « Lors guarda devant luy et ^t 
« ses armes. > (Merlin.) 

Gtiarttes. Grilles. 

Parle aux guarites de la porte. {PerceforeaU) 

Guateno Goëde. Bon. 

Guedde. Pastel. (Nicot.) 

Guelles^ ou gueulles. En terme d*armoiries, la cou- 
leur rouge, dite ainsi de la gueule des animaux. (S. Bem.) 

* D'encien guelles et d'argent. 
Qui contre le Soleil resplent, 
Une bande y ot ouvrée^ 
De fin azur, d*ar fleuretée» (P. Gei%H9ru) 

Gaemanter. Se quemanter, se douloir, se plaindre. 

(Mooet.) 

. Gneneb/er. Se destourner, éviter. (Fxucbet.) D'oiist 
venu gauchir, et gauche. C'est aussi tourner. 

Et quand li pères la oi, 

Le chief du cheval a guenchi, {Perceval.) 

Guenches. Des destours. 

Li onziesme qui plus savoit, 

De guenches et de tresteours, 

D'assaus de guerre, et destoups, 

Li contretint un pois de tems. {(hide,) 

Guepillon. Goupillon, aspersoir. (Nicot. 

Guerdonner et GoeFdoner. Bécoffispenser ; A 
gwrredony réoompense : d'au vient guerdonner y et guêt* 



i 



r 



GUE 32S 

m 

tm. (Boéce ms.) Il vient de verdung, û'e8t*k«dire, pris, en 
iUeman. Jfarol, dans son Enfer, dit : 

Bien me cogneust et bien me guerdonnaf 
Lorsqu'à sa sœar Pallas il me donna. 

Gneret. C*est un champ labouré une fois seulement ; 
dit de vere actum, ou de veteretum. 

Gaerite. Une retraile sur l'esnaisseur des murailles, 
pour se sauver, et comme guérir des poursuites des 
ennemis, selon Fauchât. Ou plustost comme qui diroit 
Sarantite: car on dit aussi une garite. « Parler aux 
« garites de la porte, « comme qui diroit aux regardoirs. 
(R. de Perceforesl.) 

Guermenter, et Gukibmter. Se conlrister, se lamen- 
ter. Alain Chartier dit : 

.... et se gttermentoMent 

Des maox qoe nos deux cœurs entassent. 

Forment me pris à gt/termenter, 

Par quel art et par quel engin, 

le peusse entrer en ce iardin. (JR. de la Rose,) 

Gaernon. La moustache. 

Li autre barbe, ne guemon, 
N'avoient. {PercevaL) 

Gaerons. (Voyez Fessons.) 

Gierpir, et déguerpir^ ou dégrepir. Quitter, délaisser. 
Cela se dit principalement d'une terre qu'on laisse, pour 
n'en pouvoir payer la rente ; de verpire^ c'est-à-dire, 
laisser. Huon de Hery dit : 

Si qu'après eux n*ont rien gueripij 
Si i'ay trouvé aucun espi, 
le Fay glané moult volontiers. 

Gnerpison. [C'est la chose délaissée. (Laur. Gl. D. F.)] 
Goerpisseur. Déserteur. (Monet.) 
Gaesde ou Gaede. Pastel. (Monet.) 

Gaestres. Ce sont des faux bas qu'on met sur les 
bons, pour les garantir de la crotte en voyage. Ce qui 
vient de yett^r, indumentum. On les appelle de gairavdesj 
ea Albigeois. 



324 GUI 

^Guet. Divorce ; de THébrieu guet : d'où vient le 
Breton guit. De-là vient aussi possible nostre mol de \ 
quitter. — 6uET-à-pens. A pensé et médité. (Pasqnier.) | 

S'en Guetter. Prendre garde, se méfier. 

Celui qui tire ainsi hors sa languette, 

Destruira brief quelcun^ s'ilne 5*enpu6tf6. {Marot) 

Guever ou Guesver une terre. La remettre entre | 
les mains de son Seigneur duquel on la tient. H semble i 
que ce mot vient des Flamans, qui disent : gueve mi \ 
water, donne-moi de Teau. (Nicot ) | 

Gueules. (Voyez Quelle) 

Gueux. Misérable ; de Queux, Cuisinier, parce qu'ils I 
vont es cuisines. 

Guibet. Arme ancienne ; d'où vient gibets et gibéUl \ 
(Voyez Coterel.) 

Guichet. Loquet; vient Ae issir, ou de huichet. 
Guie. Guide. 

Guleor. Un guide. (Voyez Pougneor.) 
Guier. Guider. (Fauchet,) 

Gulge. C'esloit l'anse par laquelle on pendoit I'Escq. . 
« Et l'Escu par la guige pend. » (Perceval.) On appelloil 
aussi cela des énarmes. Or c'estoient des courroyes de 
cuir. 

Guigné. Déguisé. Ovide ms. parlant d'une femme, dit: 

Le cors ot de belle estature, 
Lonc et droit, gresle et aligné, 
Navoit pas fardé, ne guigniè. 

Guignes-rotes. Instrument de Musique. (Ovide ms.) 

Guignes. Gilles, nom d'homme. (Vigenere.) 

Guiledou. CourirTaiguillelte; oude j^î/donta, festins: 
de TAlleman^ gilde. 

Courir le Guilledin, et guillerine d'Angleterre. Co 
cheval hongre. 




GDI 325 

Gniller. Tromper. (Pasquier.) Et gnille, tromperie. 
(Voyez Soudivant.) K. de Garres de la Vigne dit : 

La fa li quens de Tanqaaruille, 
En lui not ne barat ne guille» 

De-là vient un proverbe d'Albigeois : Tal pensa guilla 
Guilloty que Giiillot lou guille. C'est-à-dire, Tel pense 
tromper Guillot, que Guillot le trompe. 

Qui croyent que barat, et guilles, etc. {Rose. ) 
Le frans qui oncques ne guilla. (Rose.) 

Guillon, et Villon. Trompeur. 

Prou de villons à décevoir, 

Peu de mitons en bon sçavoir. {Marot.) 

Le Poëte François Corbueil, fut appelle Villon, à cause 
de ses tromperies. De-là viennent les mots de villon, 
villanerie^ billon: et selon d'autres mesme celui de 
filouy et tous viennent de vilis. 

Gaimaax. Ce sont prez qu*on fauche deux fois Tan 
en Poictou ; de bimus. 

Guimple. C'est un bandeau ou cornette dé femme. 

Une guimple le Mireploye. {Perceval ) 

Ce mot vient, selon quelques-uns, de vinculum, parce 
qu'on en lie la teste ; mais j*estime qu'il vient des tempes^ 
ou templesy parce qu*on les appelle de ^imp/^^es, à Tolose. 
(Voyez Achesme.) 

Guindés. Atour de femmes. (R. de la Rose.) 

Guipillon. Un esparsoir d'Eglise. 

Des benoistiers, et guipillons. {Villon.) 

Giiisarmes. Sorte d'armes anciennes. 

Qui prennent haches et guisarmes. (Perceval.) 

Gaise. Sorte, manière. Ce mot vient de visus. On lit 
dans la Pastoral de Jacques Borei de Saint Antonin, 
Mathématicien et Poëtc : 

las non pas à la guise 

D'aquelses grans berges, touts remplis de feintise. 

Guisne. Fruit, ainsi dit de Guyenne, Province qui en 
abonde : car Us Latins les appellentt^erasa Aquitanica. 



n 

I 



Gultanre, Vient de eythara. 

Guiterne ou Guiterre. Guittare. (Nicot.) 

Gnivre et Givre. Gouleuvre. 

Guses, Tourteaux en termes d'armoiries. 

^Guvia. Ghevron, (Isidore.) Et c'est aussi un outil de 
Menuisier, appelle une gouge. [En langue gauloise, Guvia 
signifie échalas, levier.] 



H 



Habaans. Aspirans, abayans, ou beans après quelque 
chose. 

Habbe. Havre. (Ragueau.) 
Habergé. Logé. (Voyez Héberger.) 

Habiliter. [Un mineur, quand il est pourveu de 
curateur, pour estre idoine à demander ou défendre en 
justice.] (Laurière, Gloss. D. Fr.) 

Habitage et habitacle. Habitation. 

Habiter. Ce mol est pris pro coitu, dans Pathelin. 

Habiteur. Un habitant. 

Hable. Havre, port de mer. (Monet.) 

Hâbleur. Un grand parleur ; de TEspagnol, hàblAr^ 
ou de fabulari. 

Habouts. [Ce sont les tenans et aboutissans, les 
bornes et limites des fonds et héritages. (G. de Cambrai.)] 

Hace. Hache ; de a$cia. 

Hacher. Voler. 

Hachié. Tourment. (Mehun au Codicille.) 

N'aoroye dolor ne hachié. {Percewd.) 



Hsematitis« C'est riierbe heUûtroptum. 

Hagard.' Qui a la mine effarée. 

*Haggo. Hacbe ou sorte de dard. (Charron, Hist. U.) 

HaiD, ei haim. Ua bamecoa ; âa Latia hamuêf 

Haire. Une chemise de poil de cheval ; dite de 
Mherriga: car harrich ou beharrich^ c'est-à-dire, velu 
eo AUeman. 

Hait, et aith. Gré, aDé^esse, gaillardise, bonne 
(fisposition de corps etgaitédecœur. {iioneU)Ei deshaité^ 
mal-agréable ; de oUtçia, seretiitas. Il signifle aussi actif 
et prompt, selon Nicot. Il se prend ànm pour volonté, ou 
çoQsefitement. < Si i'aime et sers la belle, de son bon 
• hait. > (Villon.) Il se prend encore pour plaisir, 
ooDtentement. Marot, Epttre 5, dit : 

Si riin s'en rit^ si Fautre s'en hait^ 
Si Ton s'esbat, si l'autre se recrée^ etc. 

De ce mot vient celui de souhait ; et tous deux viennent 
de rAUeman geheit, qui signifie la mesme ehose. (Mén.) 

Haité. Santé. 

Halter. Avoir à gré. (Nicot.) Agréer. (Monet.) 

Haltié. Sain et joyeux, encouragé. (Villehardouin.) 

Nul n'est si joyeux, et haitié. {R. de la Rose,) 

Halberge, ou auberge. Une hostellerie. 

Halci. Haussé. 

Halcret. (Voyez Halecret.) 

Halé. Bruslé; àeassulatusj oasus, ou de ^^,le Soleil. 

Halebarde. Hache luisante. 

Halec. Menuaille de toutes sortes de poissons salés, 
OQ sausse et viande faite d'entrailles de poissons, et non 
00 poisâoa particulier. (Honet.) 

Raïecret. Sorte de cuirasse, ou cotte de maille; 
corrompu de lorica, qui vient à loriSy c'est- à-dïre, les 
attaches. MaMfc» âao^saitraisiàaieiBpltre, dit: 






^ 



328 HAN 

Fort bien armez corps, testes, bras et gorges, 
Aussi dit- on de hallecrets, de iorges. 

^Hallgornes. Bagatelles. (Satyres Chrestiennes.) 

Halleboter. Grapiller ; verbe que les Angevins ont 
tsiiià^hallebote, nom qu'ils ont donné aux petites grappes 
que les Vendangeurs oublient en coupant le raisin. (Le 
Ducbat, notes sur Rabelais.) 

Hallebrené. Incapable de se soutenir, non plus que 
ces jeunes oiseaux de rivière, quon appelle halebrans 
aussi long-temps qu'ils ne savent voler. (Le Ducbat, 
notes sur Rabelais.) 

Hait. Haut ; de altus. 

^Halas. C'est Therbe cotonea, qui, selon Pline, 
ressemble à la sarriette. 

Hameau, hamel, et hamelet. Village ; de ham, c'est- 
à-dire. Bourg : d'où vient que plusieurs noms de Villes 
d'Angleterre finissent en ham; ou bien de â^a, c est-à- 
dire, ensemble, parce que ce sont plusieurs maisons 
assemblées. Et de-là vient une hamelete, de plusieurs 
œufs battus ensemble. 

Hampe ou hante de hallebarde. Bois ou manche. 

Hanap ou hennap. Coupe; de TÂlleman hennajri, 
c'est-à-dire, une escuelle qui a une oreille. 

Hanepel. Un attifet de femme. (Mebun au Codicile.) 

Hanicroche. Espèce d'arme crochue. (Duchat.) 

Hannnyer. Peuple du Haynaut. (Monet.) 

Hanse. Association de Bourgeois, marchandise. (M.) 

Hanse. Pris, secoué. 

Hanser. Agréger un homme. (Micot.) 

Hanser^ ou hansor. Herbe laiteuse. (Hartus sanitaiis,) 

Hante. Arme ancienne. C'est aussi le manche d'une 
hache antique, ou d'une hallebarde. (Voyez Gonfanon.) 
— Hante. Tante. (Voyez Ande et Ante.) 

Hantes. Piques ou longs bastons ; de hasla. 



BAR ^ 

HaQUii. Onele. Mebun au. Godidle dit : 

Pour femme ne ponr mère, pour sœur ne pour hantin, 

Hape rondelle. Cercle de fer qui se mel au bout de 
l'essieu d'une cbarette pour garantir le moyeu. (Nicot.) 

Hapeloqrde. Cbose dont r^ppareaoe est trompeuse 
(Monet et Nicot.) 

BLaquelmto. Arquebuse, 

^ Amour a ùàd de mon oœur une bute, 

Et guerre m'a navré de haquebute, {Marot.) 

Haqoebotier. Arquebusier. (Idem.) 

Haquet. Sorte de cbarette. (Nicot.) D'où vient peut- 
'^ esire haçuenée^ dite aussi haoquet. 

l EM, penses le petit hac^uet^ 

\ Si luy faites bien sa litière. {Coquiillard.) 



\ harcelé et hardele. Une riorte ou attache. D*où 
Tient la hard ou licolj et des hordes^ parce qu'on les lie 
eodemble. 



I, et hari, et haro ; de harioldum inclamare^ 
-à-dire, implorer secours. Dans le Vieux Testament 
jn Vers, on lit: « Harau, harau, ie me respens. » C'est 
[nn cry qu'on fait en Normandie, pour émouvoir le peuple, 
[ui est appelle Clameur de haro. Cry ou réclame de ceux 
|ni sont oppressez d'excès criminel, implorans la Justice, 
Ion Aimon le Moine, liv. 4. chap. 110. Et le seul Duc 
Mornaandie avoit autrefois cette Justice. D'autres 
ivent ce mot de Harotd Roy de Danemarc, qui l'an 
L fut fait à Mayence grand Conservateur de la Justice. 
'antres de aa rau, c'est-à-dire, aide-moi, en Danois, 
»pnis qu'un Roy de Danemarc se fit Duc de Normandie. 
1 disoii aussi hary, selon le R. de la Rose : 

En tous les lieux où vous venez, 
Yons rapportez hary, hary. 
C'est pour Tamour de mon mary. 

Harceler. Quereller ; vient de è^Xa^r, cavillari. 
Hai*de. Troupe de bestes sauvages. (Nicot.) 

Hardeau. t Vs^urien, méçbant garnement. Rabelais, 
I. 42 



f 



330 HAR 

liv. 3. chap. 30, s'en sert ironiquement à rimitation de 
Marot Bpil. 28, où celui-ci fait le portrait de son Valet : 

Pipeur, larron, jnreur, blasphémateur. 
Sentant la hart de cent pas à la ronde. 
Au demeurant le meilleur fils du monde. 

On appelle hardeau ou hart, des petites branches vertes, 
qu'on tortille pour en faire des liens de fagots. 

Hardelle. Jeune illle. (Monet.) — Hardeï.le. Trouoe 
de bétes sauvages : par métaphore, une quantité oe 
personnes, comme une hardelle de Caimands. (Nicot.) 

Hardement. Une entreprise hardie. (GauvaiD.) 

Me donnoit cœur, et hardement. (À. de la Rose.) 

Harder. Trocquer, changer ; vient de$ hardes. 

Hardy. Honnoye dite un liard. (Voyez Liari.) Ba \ 
Gascon on rappelle un ardit: de Philippes le Hardy, qui 
les fit battre. 

Se Hardier. S'enhardir. 

Hardoier. Charger de coups, attaquer. 

Harelle. C*est une sédition qui se fit anciennefflen^ 
à Rouen, sous Charles VI, selon le Rosier de France. 

Harrer les chiens après le loup. Les exciter, les agacer 
(Honet.) 

Haribonrras. Du fatras. 

Harier. Arriver. Villon dit : « Rien ne m'eust sceu dd 
« ce lors harier. » Ce mot signifie aussi importuneri 
chagriner, harceler, fâcher. (Froissard.) 1 

Harnas, Bagage. (Charron.) 

Harne. Uergne, riote; de hemia^ maladie, oti 
descente des intestins, ou rupture, parce qu'elle rend un 
homme de mauvaise humeur. D'où vient hergneux. 

Harnois. De a^axiç, pellis agnU parce qu'on couvroil; 
les boucliers de peau de moutons et de bœufs, coouM' 
on le lit de celui d'Ajax. 

Harpall. (Voyez Hardes et Herpail.) 



I 

i 



HAS 3S1 

Harpailleor. Caïmans, Hendians, qui du tems de 
Ricot s*aUroupoienl pour voler les gens de la campagne. 
(LeDâchaL notes sur Rabelais.) Ce mot signifie aussi un 
homme qui travaille aux mines. (Uonet.) 

Se Harper. Se prendre à quelque chose (Michel de 
lootâgne.f D*où vient qu'on dit en Languedoc arrapa^ 

Ear prendre ; et arpe^ pour griffa ; de dçnâÇm, rapio. — 
iPEB. Est aussi jouer de la harpe. Marot, Ps. 137^ dit : 

Or tootesfois paisse oublier ma dextre 
L'art de harper^ etc. 

Hars. Un arc. 

Hart. La corde. 

Harto. Grandement. 

Hase. La femelle d*un lièvre, de l'AUeman. (Ménuge.) 

1 Hast. Fust, hante des armes emmanchées de longs 
kois. (Honet.) 

Haste. Une broche. Livre de la Diablerie dit : 

Rostissent toat dedans beau haste, 

Haste et Hastille. Ce sont les entrailles de porc. 

làMetzon distingne la haste d*avec la hastille. On appelle 

we le foie dont on fait les hastereaux. (Voyez 

mereaux.) Et hastille ou menue hâte, le poumon, les 

Dgnons, le cœur et la rate. (Le Duch. dans ses N. sur R.) 

Hastereaux. C'est quelque petite pièce de four. 

Hastereaux et salmigondins, ^ 

Saalsisses, cervelats, boudins. (Satyres Chrestiennes.) 

Duchat, dans ses Notes sur Rabelais, dit que les 
liteaux se font avec le foie qu'on découpe en autant 
tranches, qu'en peut couvrir la toile du mézenterre 
os laquelle on les enveloppe : avant que de les couvrir 
la sorte, on les assaisonne, et on les met sur le gril à 
bon brasier. 

HastereL (Voyez Haterel.) Rebours de Picardie dit : 

Et fait aller le masterel (mast d*un Navire)^ 

[lasques au col ou hasterel. 
Bastille. (Voyez haste.) 






S8S HAT 

Hasttreau. Nom d'un raisin prééoce et plus bdtif que 
les autres. Le Duchat, dans ses Notes sur le 1*" livre de 
Rabelais diap,43oùce mot dénote un étourdi qui se hâte 
trop pour donner ou pour prendre conseil. 

Haterel. La nuque du col. (Aldobrandin.) 

Ses belles treces blondes, chieres, 

Et tout le haierel derrières. ' {R, de la Rose.) 

Hatier. Porte-broche. (Honet.) 

Hatutes. Allèchement, à ce qu'il me semble. 

Et pour la propagation 

Des hommes et des bestes brutes : 

Et entre les autres hatutes^ 

Y mit le délit pour mieux plaire. {Maihiolus,) 

Hauber, Hauberg^ et haubert. (Voyez Aubert) Le 
diminutif est haubergeoriy ou haubreion. C'est, selon 
Fauchet, une chemise ou cotte de maille. « Btson haubert 
« a endossé. » (Perceval.) Le Catholicum parvum tire ce 
mot de haubergon, c'est-à-dire, macula. D'autres de 
albus, c'est-à-dire, blanc : d'où vient aussi l'aube d'un 
Prestre. Cette chemise se mettoit sur le gaubeson, et 
avoit chausses et capuçon. (Voyez Bmgne.) Or qu'ils 
fussent de maille de filet d'archal, cela appert par Guil- 
laume Grelin qui dit: 

Plusieurs raisins procèdent d'un bourjon, 

Et maille à maille fait-on le hauberion^ ou hobergeon. 

Selon Fauchet c'estoit une cotte à manches et gorgerin 
(et j'en ai veu de semblables]. On l'a aussi pris pour le 
seul armet, ou coëffe de maille. C'est aussi une sorte de 
flef, venant de haut^ et de ber^ c'est-à-dire, Baron, ou 
Seigneur Justicier. 

Haubergerie. (Voyez Oriflamme.) 

Haubin et Aulbin. Sorte de chevaux d'Ecosse. — 
Haubin. Sorte d'habillemeut. Marol, complainte 3, dit : 

D'un haubin noire de pareure tanée, 
Montée estoit la plus triste tennée, 
Qui fut alors sous la hauteur celique. 

Have. Affreux. 

Havée. Topin, morceau qu'on emporte d'un coup. (H.) 



ItEA â33 

Haver. (Voyez Eschecs,) 

Hâves et havets. Crochets, hameçon. (Mon.) (V. Bain.) 
Hanlsage. Arrogance, oppression par puissance. (N.) 
Haolsaire. Hautain, superbe. 

Me reconrat des Puissanâ 

£t haulsairez, 
Et plus que moi renforces 

Renforcez adversaires. {Marot.) 

Hattlfiebec. Geste de mépris ou de moquerie, qui se 
fait en haussant le menton. (Nicot.) (Voyez Niquet.) 

Haanet. Arme antique. (Voyez Coterel) 

Uaus. Maison. (Pontanus.) 

Haussaire. Orgueilleux. La mort est dile haussaire 
dans une Epilaphe de Saint Innocent à Paris. 

Hauste. Bois de lance. (Perceval.) De hasta, 

Hautaineté. Atrocité, férocité, fierté. (Monel.) 

Hantisme. Très-haut; ûe altissimus. (Mehun.) 

Haatondeau ou Hutaudaulx. Chaponneau gras 
et bien conditionné. Mais à Metz où le patois a conseï vé 
la plusparl de nos anciens mots, ce mot signifie un grand 
poulet, auquel on a laissé les lomhes, quoiqu'on lui ait 
coupé la créie et les ergots, pour le faire paroislre chapon. 
Et on les appelle ainsi, parce que ne valant pas la peine 
d*élre nourri de bon blé comme les vrais chapons qu'on 
veut engraisser, on ne lui donne que des hotons ou 
hautons^ c'est-à-dire, dettes petites gousses qu'on ôle du 
bled. (Le Duchat, Notes sur Rabelais^ 

Haynenx. Rempli de haine. Marot, dans sa Pièce 
intitulée Le Riche en pauvreté, dit: 

Que sa pensée au Seigneur soit ravie^ 
Qui de tous maux seul la soulagera, 
De ses haynenx aussi la vengera 
En certains tetns : etc. 



Hear. Héritier (comme aussi hoir.) (Perceval.) 

i 

Heaume. Cœur ; cerise heaumée ; espèce de cerise | 



L 



334 HED 

semblable quant au fruit et quant au noyau, à un beaame, 
ou à cœur humain. (Monet.) 

Heaumerie. Forge et fourbisserie , d*heaumes. (K.) 

Heaumes, ou elmes. Sorte de casques pesans, comme 
le clibantis des anciens Persans ; ainsi dits, parce qu'ils 
ressemblent à un fourneau ; et mesmes ils y sont si 
propres, que les Potiers à estein s*en servent à cet effet. 
On en voit de diverses figures, de fort anciens en bronze, 
ou métal de Gorinthe ; et d'autres ayant des inscriplioas 
Arabes, Gothiques, et Moscovites, qui sont d'argent 
appliqué sur le bronze. J'en ai de cette sorte. En après il 
est notable, touchant les Heaumes, que comme on crie 
maintenant aux armes, ainsi anciennement on crioit, 
« CLS Heaumes », selon Merlin, qui dit : « Et li garçon et 
« li héraut, sitôt comme se furent ordené, s*escrierent 
« o^ ff^at^mea ; tantost veissiez descendre d'une part et 
« d*autre Ghevaliers. • Puis on changea de nom aux 
Heaumes, les ayant mieux formez, et on les appella des 
Bourguignotes^ à cause que les Bourguignons lesavoient 
inventées : et encore des armets, et salades ou celâtes^ à 
cause de leurs graveures et ciseleures ; de cceiatus^ c'est- 
à-dire, gravé. Car on y mettoit les figures des testes, et 
dépouilles des animaux qu'on avoit vaincus. Gomme 
avant leur invention on se revestoit de ces peaux, ainsi 
qu'on peint Hercule afTeublé de celle d'un Lion. 

Heaumier. Ouvrier qui fait les heaumes. — Heaumier. 
Gerisier portant cerises heaumées. (Monet.) 

Héberge et auberge. Un logis, ou hostellerie. 

Héberger. (Voyez Erbegier,) c'est-à-dire, loger. Ce 
mot vient de burgus, bourg ; et celui-ci de nhçyosy c'est-à- 
dire, un clocher, ou tour. (Voyez Herberger.) 

Heberiage. C'est la mesme chose. 

Usages est en Normandie, 

Que qui hébergiez est qu'il die. 

Fable ou chanson à l*hostesse. (/. Chapelain.) 

Hedart. Vif, actif, léger en parlant d'un cheval. Ce 
n'est point une sorte de chevaux comme le marque le 
Dictionnaire de Trévoux, mais une qualité propre à tout 
bon cheval de selle. Marot, Epitaphe XI, dit: « Grison fuz 
« hedart, qui Garrot et dart passay de vitesse. » 



1 



r 



HER 335 

Heill. Salut. 

Heiligmonet. Décembre. 

Heilizinnes. De la salutation. 

Heilizita. Il salua. 

Helizunga. Salutation. 

Hel. Une poignée, ou pomeau d'espée. 

Du brant d'acier an helt d'ai^gent. {Perceval.) 

Helenum. Promontoire de Cornouaille ; dit de clin, 
c'est à-dire, coude en Breton, comme ancone^ de Syxtùy, 
Goode. (Ptol. lib. 13.) 

Hellaon. Gourmand. (Satyres Chrestiennes.) 

Helme. Un Heaume. 

Hémin. Arménien. 

Henas et hennap. Un hanap, ou coupe. 

Hendeux. Enragez ; d'où vient endevés. 

Qai pour fouz^ et en deux les tiennent. (Rose.) 

Henepée. Une poignée. Huon de Villeneuve dit : 

Ne de buens parisis une grande hepenée* 

C*est l'explication que du Verdier lui donne en sa Biblio- 
thèque Françoise. Hais j'estime qu'il se trompe, et que le 
Poète entend une pleine tasse, ce mot venant.de henap^ 
00 hanapf c'est-à-dire, tasse. 

Henner. Incommoder. (Pathelin.) 

Henorer. Honorer. 

Hennuyers. Ceux du Hainaut. (Pasquier.) Huon de 
Hery, au tournoyement de l'Ante-Cbrist, dit: 

Si i'ay trouvé aucun espy, 
Âpres la main aux Hennuyers, 
le Tay glané moult volontiers. 

Heraper. (Voyez Herper.) 

Héraut. C'est celuy qui porte la parole de la part du 
Prince, selon Ragueau ; et vient de Herus, c'est-à-dire, 



m Bw 

Maistre; ou de Héros; ou de Heralt; qui en A^^aiid 
signifle un Sergent d'arme, ou vieux Gendarme, selon 
Fauchet ; ou plusiost de Hère. (Yoyes Hère.) Oo appetloit 
les Hérauts d'armes» Rois d'armes, parce qu'ils çstoienl 
Intendans pour diverses cérémonies de guerre. Fkiûrtaat 
le R. de la Gharette représente les Hérauts ex) mauvais 
équipage ; ce qui fait juger qu'il y en àvoit de diverses 
sortes. 

Herban. (Voyez Heriban.) 

Herb^ut. Chien basset, oiu briquet. Le Duobat, Notes 
sur Rabelais, livre 4. chap. 52. où ce mot signifie, le 
fardeau des corvées et autres redevances dont les Sei- 
goeum chargent leurs serfs. 

Herberge. Une loge, ou den^eure. (Voyez Hébjerçer.) 

Herbergement. [Quand un vassal ou autre sujet, 
selon la nature de son tenement, doit avoir et tenir manoir 
et bâtimens. (Laurière, Gloss. Droit français.] 

Herbergié. Logé. (Jean Chapelain.) 

Herbergier. Héberger, de hereberga, loggia ou di^is- 
teau, en ancien Allemand. (Lipse.) D*où vient ritalien 
albergar^ et l'albergue, sorte de rente. 

Herbis. Herbes, prairies, pasturages. 

Et tes troupeaux errans par les herbts 

De ces bas lieux, etc. {Bâarot.) 

Herbsmpnet. Septembre. 

Hercep. (Voyez Bouler.) 

Herchèr. Harceler, ou berser la terre. 

Hère. Vieux mot qui signifle un Camp, ou Armée. 
(Fauchet.) D*où vient heribaUj arriere-ban, et Hérauts. 
Rabelais, liv. 1. chap. 54. prend ce mot dans une autre 
signiflcation. Il appelle héros ou haires, des gens de néant, 
des cancres, et autres gens de cette espèce. C'est aussi 
une sorte de jeu, qui ressemble à notre As qui court. 

Heremitaine. Hermitage. 

He^ese. Doute, séparation d'opinion ; du Grec oc^fj 
divisM^ sécta. Mehun, au Testament, dit : 



HKR 

Se ta 7 vois parfondement, 
Sans herese confondement. 



887 



Heresent. Désertion d'Armée. (Voyez Hère.) 

Heriban on Arban: D*où vient arriere^ban, ou 
'ô-ban; de heri bannttô, c'est-à-dire» cry du Seigneur. 



Gil ne sont pas le riereban^ 

Si c'est Godefroy de Breban, etc. 



(G. GuiaH.) 



Hericon. Machecol, ou meurtrière. Il signiQe aussi 
>ar. 

Herlgotare. Ergoture, assortissement d'ergots» terme 
Yenerie. (Monet.) 

Herisban. Semonce ; de heribanus. 

Heristal. Un logis. 

Hérites. Hérétiques et héritages. (Voyez Tollu,) 

Herme. Ferme : d'où vient qu'une terre stérile est 
ite herme^ c'est-à-dire, battue et foulée aux pieds, et ne 
^rtant rien ; de SçfAtiç, firmus. 

Hermines. Arménien. Villehardouin dit : « Le Sire 
des Hermines > (c'est-à-dire, le Roy d'Arménie.) 

Hermsul. Le Louvre de Mercure. 
Hemois. Harnois. (Merlin ms.) 

Armé à bec- Héron. C'est-à-dire, contre le bec du 

^ron, afin de luy pouvoir résister. Parce que le Héron 

16 son bec sous l'aisle ; et les Faucons venans de 

lideursur luy se tuent, s'ils ne sont armez de la poitrine. 

tU R. de Melingeris, on lit: 

Et d'an Faucon armé, 
Armé da pis à bec-Heron. 

Heroide. Femme qui a de la vertu, du courage, une 
iroïne. (Monet.) 

Heronniere. Sèche^ menue, maigre, décharnée. 

Et si m*a &ict la caisse heronnierej 

L'estomac sec, le ventre plat et vague. {Marot) 

I. 43 



1 



$88 HÊV 

Herpail» Herpaille, on lïarpaniè. C'est nne 
troape de gueftixqui se soulevèrent anciennement (^iool) 

Ilecqnes et à sainte Ermine, 
Appartenant à feu Tremouille^ 
- Avoit gi^and herpcUlle et yetïÉâne, 
Qui n'y laissoit ne coq, ne poule. (Vi^. de Charla VIL) 

J'estimerois plustost que c'estoient des Soldats da pap 
de Hurepoix. (Voyez Harpailleur.) 

Herpe. Une harpe. 

Herper ou Heruper. C'est-à-dire, hérisser les 
aheveux : de horripilàre : comme il arrive dans les 
frayeurs. Ce mot signifie aussi jouer de la harpe. 

Herse. (Voyez Hercher.) C'est te cratis œcatùria, gQt 
herpices des anciens Agriculteurs, pour briser les motel 
de terre qui empeschent le bled de naistre ; c'est aàsâ 
une porte-coulisse. 

Hersoir. Hier soir. (Voyçz Anoir.) 

^Hertha. Déesse des Gaulois. C'est Isis et la Terre. 

lleruper. Se hérisser, se dresser, en parlant dei 
bheveux. (Nicot,) (Voyez Herper.) 1 

Hese. Closture, barrière des cours des inétairies. 

*HesiuSy Heus ou Hesus. Dieu des anciens Gaaioia 
qui représentoit le Dieu Mars. Car hesuSj c'e8t-à-dîg| 
fort, comme hi%%us en Hebrieu, venant du Phénicir' 
parce qu'ils ont eu mesme Dieu. Mercatar le tire 
huna^ c'est-à-dire, un chien en Anglois, parce que 
Dieu avoit une teste de chien, comme le Canope ' 
Égyptiens, où les Cynocéphales. 

Hestoudeau. (Voyez Hautondeau.) 

*Hesas. Dieu des Gaulois ; peut-estre de çbvç. 

Hetanx. Des estaux ; venant de stalli^ lieux à estalld 
des marchandises. I 

Heter. Louer. Comjne aussi festoyer, caresser. 
HetOttdeaa. (Voyez Hautonêeau.) 






Wb 



m 



Bendrefé Laisser pourrir ua lidgei un drap dans 
)rdQre, danB la graisse» et autre chosesemUabie. (Nie.) 

Heudri. LiAge sale* pourri dans la graisse. {Mooet.) 

Heomonet. Le mois de Juillet. 

Heure. La dent ou hure d'un sanglier, c'edt-à-dire la 
km qui luy sort à costé de la gueule. On prood aussi 
mot pour toute la teste. (Voyez Loup.) 

Heurées. Heureuses. Marot, Epttre S« dit : 

Priant celai, qui les âmes heurées^ 
Fait triampher aux maisons sydérées, 
Qoe son vouloir, etc. 

[eort Choc, rocher élevé sur la côte de la mer, 
iQvaise rencontre^ inconvénient. (Monet.) 

[enrtes. Sortes de tourteaux, en terme d'armoiries. 
[Bons. Sorte de Navire, 
[etise. Houseau, sorte de chaussure. (Y. Houzeaux.) 

[eusse ou Aisser. Cheville qui se met au bout de 
»eu pour retenir la roue, et qu'on nomme aujourd'hui 
^ (Monet.) 

[ialme. Heaume. 

[idear. Chose estrange et horrible. (Pathelin.) 

[ierre. Du lierre, venant de hedera. (Ronsard.) Ifoù 
ï\ le nom de l'Abbaye d'Hyere. 

[ieû. D*icelle. On lit dans la Bible Historiaux : « Si 
iToya un messager à rencontre hieu (de illius), qui 
ly dit, etc. > Or il parle de la ville de Ramoth. Et plus 
il dit : « Donc envoyerent-ils à hieu^ les plus gras de 
Cité.» 

[illiers. Les flancs, de ilia. 

Les 08 par les hilHera li saillent. (R* de la Rêsê.) 

lisoit aussi Yiléi pour dire la mc»me chose. 
[tllot. yalet, esclave. Harot, Epttre 28, dit: 

Ce vénérable Hillot ftit adverti 

De quelque argent qne m'aviee départi, 

Et que ma bourse avoit grosse aposthume 



1 



340 HOI 

Ce terme est tiré du nom que les Lacédémonieos 
donnoient à leurs esclaves, qu'ils appelloient hiUote$. 

^Hilperlc. « Id est, potens adjutor, seu aoxiliis 
« potens, vel dives ex forlunato. » 

Hinard. Qui porte la tôte basse. (Monet.) 

Hiraverie, ou Hlrandie. Meschant habit, haillon. 
(Fauchet.) 

Hireté. Hérédité, ou héritage. (Pasquier.) 
Hisnel. (Voyez Isnel.) 

Hlouls. G*est-à-dire Louis. De-là vient Clovis. (Voyesj 
$alique.) \ 

Hober. Bouger d'un lieu. (Nicot.) De aoSiiy, eompesco. 
(Voyez Glic.) 

Hélas I il ne hobe. {Pathelin.) 

Hobereau. Oiseau de proie ; dit ainsi de umbereUial 
ou de hybrida : ou de ce qu'il ne bouge de certain tempij 
de mesme lieu, se tenant suspendu en l'air, pour 8i| 
purger de ses plumes mauvaises. (Voyez Hober,) \ 

Hobin. Sorte de cheval. (Philippes de Comines.] | 

Hochebos. Sorte de Soldats anciens, dans FroissardU 
Mais c'est une sorte de barque, dans Tbiebaut dé 
Harueil. (Voyez Hokebos.) 

Hocber. Remuer. D*où vient hoche-queue^ oiseau (M 
remue sa queue perpétuellement ; à cause de quoy il es| 
aussi appelle une lavandière^ ou moûete. 

Hodé. Lassé ; de oâèf, via. (Monet, Nicot.) 

Hoe. Un boyau, ou besche. (Gauvain.) 

Hogulner. Fâcher, molester, ou ennuyer, en langas^ 
Picard : de l'Hebrieu hog. (Vigenere. Fauchet.) | 

Hoigner, ou Hoingner. (Voyez Hongner.) 

Hoir. Héritier. 

Hoir de QaenottiUe. [C'est la OUe héritière. 
(Laurière, Gloss. D. F.)] 



HON 



341 



Hokebos. Pique. Gomme qui diroit hoche-bois, c'est- 
à-dire, remuant la pique. (Voyez Hochebos,) 

Hom. Un homme ; d'où vient le mot de on, que nous 
employons souvent. J'ay veu un Acte ancien, où il met 
les mots que le Crieur public doit dire, commençant 
ainsi : Hom fait savoir telle chose. 

Homenage. Hommage. 

Homenaz. Ce mot est une production de celui 
d'homme. Il se dit en Languedoc d*un grand fat, qui n'a 
ni monde, ni esprit. 

Faire Hommage. Faire serment de service. Il vient 
de hominium. 

Hommée. La journée d*un homme; comme on dit 
au bas Languedoc, une saumée, pour la charge d'une 
asnesse, qu'ils appellent une saume. 

Hommes et femmes de corps. [Ce sont les 
personnes serves. (Laurière, Gloss. D. F.)] 

Homologuer, ou Emologuer. C'est un terme des 
Con tracts, qui veut dire approuver etaulhoriser: ce mot 
vient du Grec. 

Hongne. Hayne, ou plustost, grondement. 

Hongner. Gronder. Rebours de Mathiolus dit: 

Et dit que la femme noiseuse, 
N'est oncques de hofigner oiseuse. 

Au bas Languedoc on dit fougna, c'est-à-dire bouter, et 
demeurer sans parler à un coin en barbotant. Ce mot 
vient du Grec d^Koyia^ obmutescentia, 

Hongneux. Grondeur. 

Honnir. Blasmer, deshonorer. (Perceval.) 

En terre que tout honnissoitj 

Et tout Ter empulentissoit. {Ovide.) 

Avoir le Honon : c'est un terme de Boulenois^ qui 
signifie avoir un caractère magique. 

Hontage. Opprobre, vilenie, honte. 

Hontager et Honter. Deshonorer. 



BI2 HOS 

Hontôyer. Faire honte, ou avoir honte, ^iéhontmer 
de son extraction », avoir honte .de son extraction. (H.) 



« 



Hoqueton on Auqueton. C'est une espèce de 
chemisette courte, qu'on appelle en Languedoc un iacùuH: 
et possible que de là vient une jaquette, robe d'enfant i 
Paris ; et tous viennent de è xùkdv. 

Horder. Remparer. 

Hordet Au R. de Vacce on lit : 

Donc courut un homme au tenrain, 
A un hordet tendi sa main, 
Plain pong prist de la comperture^ 
Au Duc tourna grand alenre : 
Sire, dit-il, avant venez, 
Cette saisine recevez ; 
De cette terre vous saisis ; 
Vostre est 'sans doute le pays. 

Il parle des façons de se mettre en possession des 
terres, qui estoient diverses^ ^ savoir, prenant des 
branches d'arbres, un bastoo, ou un anneau* ou un festu, 
ou un gazon, etc. D'où venoit le mot de infestucare, etc. 
(Voyez Salique.) 

Hore. Heure. 

Horée. Pluye ; dite ainsi, parce qu'elle ne dure qu'une 
heure, ou environ. (Nicot.) 

Horion. C'esl-à-dîre, un coup sur la teste. (Nicot. F.) 
Comme aussi une verrée, ou tassée de vin. 

Donftez-moy à boire un horion; 

Oyez -nous, maistre Aliborum. (Pathelin.) 

C'est aussi un casque; et de là vient qu'on dit un 
horion, pour un coup à la teste, parce que c'est comme 
qui appliqueroit un casque sur la teste pour le coëffer, 
tant est rude le coup qu'on reçoit. Et pour la même rai3oa 
on dit coëffer quelqu'un, pour le battre sur la t^te. Et à 
Montauban, un couffal signifie un coup. 

Horriung. Février. 

Hos, et Ost. Armes ; de hostis : d'où vient ostage. 

■ » 

Hosche. Villehardouin dit: « Et les hosches des 
« escus. • Possible il entend les attaches, ou lieux où on 
les tenoit. 



1 



J 



r' 



ROD S48 

Host Camp, Armée; de hostU. DeJl hteùve ou 
oslage. (Le Dachat, notes sur Rabelais.) 

Hostal. (Voyez Oblia.) 

Hostel. Maison ; de hospitale. (Ménage.) Et celuy-cy 
de hospeSy boste. D'où venôlst le droict d'bospitalité, qui 
estoil pour la retraite; car on n'avoit pas des logis 
anciennement, comme à présent, mais il falloit loger chez 
des particaliers ; et cbacun scavoit où aller en chaque 
ville, et se rendoient la pareille à la première rencontre. 
Ainsi César avoit logé autrefois chez Dejotarus, comme 
Giceron Ta remarqué en la belle harangue qu'il a faite 
pour sa défense, envers César. Or c'esloit une chose 
venue des anciens, que ce droict d'hospitalité. De-là vient 
aussi un Hospital, lieu fait pour mettre les passans, qui 
n'avoient pas des connoissances ; et cela leur servoit 
d'bostellerie, comme on fait encore en Turquie. Mais 
depuis les Hospitaux en Europe ont esté laissez aux seuls 
pauvres. 

Hostelé. Logé. Mathiolus, parlant d'Orpbée, dit : 

Sa femme Euridice appellée, 
Estoit eu enfer hoHelée, 

Hosteler. Loger quelqu'un. (Pasquier.) 

Hostellaine. La Maistresse de Tbostel. (V. Villaine.) 

Hostiens. Hostels. 

Houe, ou Hoyan. Vient de upupa, parce qu'il res- 
semble à la teste d'une hupe, selon quelques-uns; mais 
je n*approuve pas fort cet origine. 

Honel. C'est la mesme chose. 

Houe, crible, ra^rel, et besche. 

Si faut aussi avoir la creache. 

Fourche, flael^ van, et ottel. {Mathiolua.) 

Hoaer. Bescber la terre ; et houe^ une besche. 

La terre fouir, et hat*er, {La Fontaine des Amour.) 

Houguines. Armes de fer pour couvrir les bras, 
cuisses, et jambes. 

Honpieir. Baliveau, jeune chêne. (Monet.) 



L 



344 HOU 

Hourdé. Fourré. 

Hourdebiller. Secouer. R. de la Rose, parlant des 
femmes adonnées à la luxure, dit : 

Et en eut bien un millier, 
Toutes se font hourdebillier. 

En Languedoc, gôurdebillia^ enlortilier. 
Hourdeis. Forlincation ; barricade, boulevard. 

Ceux dedans qu'eurent apporté 

Trois estepes a*un roilleis, 

Si en firent un hourdeis. (Gauvaîn.) 

Hourder. Fâcher. 

Sçavez-vous pourquoy ie me hourde ? 

D'une si faite jeune sotte. (Art de Bhetor,) 

Hourdoyer. Renforcer. (R. de la Rose.) Ou border, 
et doubler quelque chose. 

Honsé. Botté. (Voyez Oistre.) 

Bottez, houseZj com pescheurs d'oistres. (Villon.) 

Houseaux, ou Heuses. C'est une ancienne sorte 
de chaussures, et comme des surbotes. (Nicot.) Il vieat 
de TAllemand hose^ id est caligœ. 

Souliers à las, aussi houseauxy 
k^ei souvent frez et nouveaux, 
Et qu'ils soient beaux et fetis. (H. de la Rose,) 

On disoit aussi en Latin osatm^ pour chaus^. (Catho- 
licum parvum.) D'où vient le mot de trique-houms 
gamache, ou gueslre, que les Montagnards de Languedoc 
appellent de gairaudes. 

Houses. Des bottines qui se ferment avec des boucles 
et courroyes, à cause qu elles sont fendues d'un bout à 
l'autre. 

Housettes. Botes ou botines. 

Cheval Housse. Couvert, ou bardé d'une housse. 

Houssée et Housée. Pluie qui ne dure qu'une 
heure ou environ ; de horata^ par corruption, et par le 
changement de la lettre R en S. (Le Duchat.) 



HDG 345 

Honssepailler. Harmitoa, souillon de cuisine, et 
en général tout gargon mal propre. (Le Ducbat.) 

Hoassets. « Et chapeaux de fleurs et Jumssets. > (Coq.) 
Honssu. Espais, velu. (Monet.) 

Et avoit les crains fort houssua. {R, d^Eurialus.) 

Honstil ou Oustil. Vieux mot qui autrefois désignoit 
une personne, en tant qu'elle étoit actuellement dans 
son hostel ou logis. (Le Duchat, Notes sur Rabelais.) 

Hoax. Arbrisseau, dit de 6(vç, c'est-à-dire, aigu, parce 
qa'il est espineux : d'où vient houdin , c*est-à-dire, de 
bru$cu8, sorte de buis espineux, comme qui diroit petit 
houx. (Monet.) 

Hoz. Armée. (Voyez Os et Ost.) 

Hn. Sorte de chasse. Livre de la Diablerie dit : 

Les prennent mieux qu'aux grésillons. 
An bray^ au /lu, au trébuschet. 

A un Hn. (Perceval.) C'est-à-dire, tous d'une voix : car 
hu signifie aussi un cry, d'où vient une huée. 

Ho. (Voyez Rule) 

Hnbir. Chevir, venir à bout. (Monet.) Gouverner, 
élever. (Nicot.) 

Hoche. Un couvre-chef, ou voile. Car Merlin dit : 
< La Véronique avoit semblance d'homme en sa huche. » 

HucHER. Appeller. 

Les eaux appaise et huche sans chommer 

Le Tert Tnton flottant dessus la mer. {Marot.) 

Hocher. Huissier ; de huis , c'est-à-dire , porte. 
(Tripault, Pathelin.) C'est aussi appeller en criant, crier. 
Les paysans du haut Languedoc disent aussi hucqua^ 
mr corner, ou crier à haute voix : d'où vient le mot 
Picard, veucher^ crier. 

Hochet. Un cornet. (Voyez Huquet.) 

Hocqne. Est une sorte de robe. 

Chariot a une verte hucque. {Coquillard.) 

L .44 



jM6 &CL 

Ce qui vient du mot huqué, qui en Flamandi signifie 
une sorte de manteau : d*où vient hocqueton. 

Huciiaet. Cornet à chiens, de vocare^ ou de heus. 

Huet. Un sot, dont on se moque, dont on fait des 
huées. 

Ce Huety et Sagon se jouent, 

Par escrit l'un et l'autre se louent. (Hfarot.) 

Huguenot. Subriquet donné à ceux de la Religion 
réformée: dont on donne beaucoup d'étymologies, comme 
^e Jean ffttô, ou de Heusquenaux^ mutins de Suisse, ou 
de Hue nos ; parce qu'on dit que quelques Allemans 
Pfotestans estans députez, firent une Harangue, com- 
mençant : Hue nos venimits; et qu'ils ne sceurent Tachever . 
Hais je croy que les dernières origines sont des impos- 
tures, et que la première est la bonne. On leur a donné 
aussi un autre subriquet, sçavoir de parpaillot, c'est-à- 
dire, papillon ; dont on a aussi cherché diverses origines. 
On tient qu'elle vient de ce qu'en la bataille de Saint 
Denis, il y eut un grand nombre de Cavaliers Protestans, 
vêtus de hoquetons blancs, qui agissoient si bien, qu*ils 
sembloient de loin des papillons volans. Et le Roy mesme 
les regardant de loin, souhaita d'avoir dans ses Armées 
de semblables Soldats. D'au 1res le font venir d'un combat 
donné à Clairac en Agenois. 

Hui, ou Huy. Aujourd'huy. 

nuimes. Aujourd'hui. 

Huis. Porte ; de ostium, ou de uselo, ou de hucher. 

Huisset. Diminutif de huis, petite porte. (Nicot.) 
HuissET. Volet de fenêtre. (Monet.) 

Huitier. Portier. 

Huivre. Sorte de serpent, en Italien huivara. 

Mes Mors est plus fîere que huivre. (Ruiebceuf.) 

Huldi. Grâce, Thusundi huld niet gâte, c'est-à-dire, 
tu as trouvé grâce devant Dieu. 

Huilées. Huées. Harot, dans son Enfer, dit : 

Les Infernaux feront sauts et huilées. 



i 



HYE 347 

n signifie aussi cris de joie. Idem^ Ballade 9. 

Les grands poissons faisoient sauts et huUêes, 
Et les petits d'une voix fort seraine^ etc. 

Hamblesse, et Humiesse. Humilité. (Pathelin.) 
HrnneL Brouet, bouillon. (Nicot.) 

Hnmier. Usufructuaire. (Ragueau.) Je croy que ce mot 
vient de humtiSy c'est-à-dire, la terre. 

Harebec. Liset, oiseau qui ronge la vigne. (Nicot.) 

Harebez. De liereburgium. Glossaire sur la Loy 
Salique. 

Harepoix. (Voyez Erupei.) (MéQage.) Hérissé. 

La teste hurepéej 

N*ert pas souvent lavée, (il. de la Conq. d'Outremer,) 

Harichiez. Hérissé. 

Qoar nuls viex sanglier hurichiez^ 

Quand des chiens est bien entichez. (H. de la Rose.) 

Hnrte. Endroit, lieu ; de TAUemand ort^ en Latin 
locus; d'où le Latin barbare ortare. 

Huterie. Terme burlesque, pour dire buée, ou même 
dispute de paroles. Harot, Epttre 57, dit : 

Je ne prêtons ne plaid, ne huterie, 
Avec Sagon, ne la Hueterie. 

Hatin, ou Hutain. Choc, combat, conflit, bruit. 
(Ragueau.) Ce mot vient de huëment. 

Hntiner. Harceler. (Nicot.) 

Hatinet. (Voyez Tantinet.) 

Hnyer. Huer, crier. (Nicot.) 

Huz. Crierie. 

Hye. Hebun, au Testament, dit: 

Du S. Esperit c'est la Tii/e, 

Qui tout froisse, desjoint, et aësmye. 

FIN DU PREMIER VOLUME. 



Niort. - Typographie de L. Favre. 



1 



r 



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DES 



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Laurière. — Glossaire du Droit français ; nouvelle édition, avec 
addition d'anciens mots, publiée par L. Favre. — i vol. in-40. 20 fr. 

Parabole de VEnfant prodigue, traduite en 88 patois de la France, 
avec une introduction sur la formation des patois, par L. Favre. — 
I vol. in-80 5 fr. 



SOUS PRESSE: 



THRESOR DE LA LANGUE FRANÇOYSE, tant ancienne que 
moderne, auquel entre autres choses sont les mots propres de 
Marine, Vénerie et Faulconnerie, cy devant ramassez par Aimar de 
Ranconnet, vivant Conseiller et Président des Enquestes au 
Parlement, reveu et augmenté en ceste dernière impression de plus 
de la moitié par Jean Nicot, vivant Conseiller du Roy et M« des 
Requestes extraordinaires de son Hôtel. 

Avec le Recueil des vieux Proverbes de France et les Explications 
morales d'aucuns Proverbes communs en la langue françoyse. 

Cette édition sera réimprimée sur celle de 1606. — Elle formera 
2 vol. in-40, 60 fr.; ce prix est réduit à 40 fr. pour les souscripteurs. 



r 

DICTIONNAIRE 

DES 

fÊRMES DU m FRANÇOIS 

ntSOK BIS REGMCms 4 HNTIHUITËS GAUIOISSS k FILUIÇOISES 

Par BOREL 

Conseiller et Médecin ordinaire du Roy, 

Augmenté de tout ce qui s'est trouvé de plus 
)am les Dictionnaires de Nteot, Monet et de plusieurs autres, 

NOUVELLE ÉDITION 
Avec addition de mots anciens omis par Borel, 

PATOIS DE LA FRANCE 

)Bcueil de Chants, Noëls, Fables, Dictons, Dialogues, fragments de 
Poème, composés en principaux dialectes de la France, 

|Ue ai l'Arigine da Pilois, sur lu lugnes d'Oïl ei d'Oc «1 sur leurs limites, 
Memtrt de la StcUU it rmtloin de Prmtt. 



r du Dictionnaire historique de l'Anoen Langage 
François par La Curne de Sainte-Palaye. 



1 



ABREVIATIONS 



B., — pour Burguy. 

Beaum. C. B., — pour Beaumanoîr, Coutumes du Beauvoisis. 

Chron. S<-D., — pour Chronique de Saint-Denis. 

Ch. de F., — pour Chromque de Froissart. 

D. C, — pour Du Cange. 

£. D., — pour Eustaches Deschamps. 

F., — pour Fauchet. 

F. G., — pour Fontaine Guérin, Trésor de Vénerie. 

F. des Amour., — pour Fontaine des Amoureux. 

L. D. N. sur R., — pour Le Duchat, notes sur Rabelais. 

L. G. D. F., — pour Laurière, Glossaire du Droit françois. 

L. D. F., — pour id. id. 

L. CD., — pour Le Clerc de Douy, Glossaire de l'Orléanais. 

L. C. G. F., — pour La Curne, Glossaire françois. 

L. J., — pour le Livre de Jostice et de Plet. 

M. M., — pour Marguerite de la Marguerite. 

M. F., — pour Marie de France. 

M., — pour Monet, Dictionnaire. 

Mesn., — pour Mesnage, Dictionnaire. 

N., — pour Nicot, Dictionnaire. 

P., — pour Pasquier. 

P. B., — pour Partonopex de Blois. 

Perc, — pour Perceval. 

R.j — pour Ragueau^ Glossaire: du Droit. 

R., — pour Roman. 

R. E., — pour Robort ^tienne. 

Rose^ — pour Roman: de la Rose* 

V. Charles VII, — pour VigUes de Charies VIT, 

[ ], — mots .intercalés par le nouvel éditeur. 



J 



DICTIONNAIRE 

DES 

TERMES DU VIEUX FRANÇOIS ' 

OU 

TRÉSOR DES RECHERCHES 

ET ANTIQinTÉS GAULOISES ET FHANÇOISES 

avec additions par le nouvel éditeur. 



IJ 



Ja. C'est-à-dire, maintenant. 

Jacences, Jacentes. Hyacinthes. 

Jacheries. Terres en friche. Ce mol vienlAe vaquer; 
car on les appelle anssi des vacheries ; ou parce qu'on y 
mena paistre les vaches. 

Jaches. Jacques. J*estime que ce mot vient de lacchm^ 
Dieu des Payens ; comme Jean, de Janm; et Jupiter, 
JoviSy de Jehava, nom divin ; d'où vient aussi juventus. 

Une Jacque de maille. Cotte de maille. 

Jacqaemart. (Voyez Quintaine.) 

Jacquerie. (Voyez Jacques,) 

Jacques Bons- Hommes. Séditieux de Tan 1318. ainsi 
dits de leur chef qui s'appelloit Jacques. On les appella 
aussi Jacquiers. — Jacques. Sorte d'habit, ou casaque. 
(Proissard.) De-là est venu le mot ie jaquette et Aejacoutij 
en Languedoc. C'est "proprement un juste-au-corps. 
(Coquillard.) Pontanus le tire de jach^ mot Allemand. 

Jadis. Autresfois, il y a long-temps ; venant de ;amdi^8. 

Jaglian. Fleur de glayeul. 

II. 1 



L 



'"1 



Tant com jaspe sormonte Jor, 
Et li lis la fleur de jagliaUy 
' Et rosQ fraiçhe proondau. {Çffide,) 

Jagonces. Sorte de pierre précieuse, qu'on appdie 
aussi jargons. 

Rubis y eut, saphirs, jagonces, (R. de la Rase,) 

Jaians, ou Jayans. Géant. (Faucbet.) 

Jaillir. Jeiter avec roideuf* ; d'oa vieni le nom d*QD 
arc à jallet : de [àxxœ. D'autres le tirent de jacullire. 

JaiD. En jargon, signifie vm. (Nicot.) 

Jallage. Droit sur le vin vendu en détail. (Ragaeaa.) 

Jallet. C'est une baie qu'on jette avec un arc, dit â 
jallety à cause de cela. (Nicot. Monet.) 

Janctaires. Cavaliers anciens. (Voyez Estradiots.) 

Jangle. Gry : d'où vient jongleur^ crieur. Oa dit 
encore jangoula^ et changoula en Languedoc, pour dire 
crier fort, à la manière d'un chien battu : car ce mot vient 
àjd caniSt et de gula ; c'est aussi médisance. (V. Jm^) 

Com cil qui en toute sa vie 

Yenoit en jangle et en envie. {R. de la Rose.) 

Jaogler. Blasmer. (Perceval.) Ou crier, Yerger 
d'honneur dit : « Les femmes sont jangletesses de leor 
« nature, aimans à babiller. » 

Janglerie.. Babil, o^édisance. (Nicot) 
Jannice. La jguniss^. 

Et sembloit avoir Xsl jannice. (fî. de la Ros^.) 

Jaunir. Jaunir. 

* » * 

Jaqaet. Menteur, flatteur, adulateur. (Honet.) 
Jsi,rcé. Fendu, fêlé. (Nicot.) 

Jargon. Caquet, bruit des oiseaux : et par métapbore 
il se dit des hommes : d'où vient jargonner: et tous deux 
viennent de jafi oison ; de garrio. 

Jarguerie. De l'yvroye. (ÇatboliQuxn pafrvuKi.} 



iiè 3 

Jarret. Vient de ierech^ qui en Hëbrieu', sigflHte la 
jambe. De là vient aussi une jartiere. 

Jasar. Jasenr, causeur. (Monet.) 

Jasarde. Jaseuse, causeuse. (Monet.) 

Jaser. (Voyez Amador.) 

r 

Jaseran. Carquan, chaîne d'or tissùe de mailles 
plates» Goucbées et entrelacées en guise de cote de maille. 
(Monet.) — Jaseran est, selon Nicot, une cote de maille, 
ou baubert. Le Livre de la Destruction de Troye, quand 
il dit: 

Sans prendre armes, ne h^rnoys, 
Fors seulement mon iaieran, 

11 y a apparence que c'est la mesme chose que le 
suivant. Et Varrest donné contre Jacques Cueur, Taccuse 
d'avoir transporté en Turquie grande quantité de crevé- 
quins (j'estime que c'est ce qu'on appelloit crevecœurs^ 
qui sont une espèce de pertuisane], guisarmes, haches, 
voulges, coulevrines, jaserans, et autres habillemens de 
perre. [Borel place ici une digression sur Jacques Cueur 
que nous ne reproduisons point, parce qu'elle n'a aucun 
rapport avec la philologie.] 

Jaseran, estoit aussi une chaînette, composée de petites 
ag^raffes on mailletles d'or qu'on portoit au col, ou sur 
la leste. 

Jate. Vaisseau plat de bois creusé,' vient de gabbata. 

Jatter. Vanter ; de jacter, ou du Latin jactare. 

Javelle. Poignée de bled, ou autre chose ; de capulus. 
(Ménage.) 

Javelot et Javeline. Sorte de dards. 

Jauge, Janlge. Mesure des tonneaux. (Ràgueau.) 

Jauslr. Jouir : on dit gausU en Languedoc. 

la d'autre amours non iauzirai^ 

Sieu non iau dest amour de luench. (/. RudeL) 

Jaux et Jàls. C'est-à-dire^ yeux. 

*Jaux. Jupiter : d'où vient Fanjaux, Ville de Haut- 
Languedoc, par corruption ; de Fanuni Jovts. 



1 



4 JBD 

Icel. Geste. (Perceval.) 
Icen. Gela. 

Tre8tout icen qne fait l'or a. (Perceval.) 

^Iceni. Ge sont ceux de Suffolk en Angleterre. PtoL 
De iken^ c'est-à-dire, coin. 

Icest Ge. (Perceval.) 

Icheste. Cettuycy: 'on dit en Languedoc aquesté. 
(Voyez Engin.) 

Icll. Iceluy. 

Idoine. Propre, convenable. 

Mais à les voir un chacun les east dictes 

Faites de main à ouvrer bien idoine. 

Et transluisoient plus qne pur Gassidoine. (Marot) 

Jecter. Jetter. (Nicot.) Hejactare. 
Jengle. Gry. (Voyez Jangler.) 

N'estaindre une parole sengle, 

Que il ameine par sa iangle. {R. de la Rose.) 

Jengreure. Les génitoires. 

Il a fait grand tort à nature, 

De li tollir sa iengreure. (fî. de la Rose.) 

Jenin. Sot, idiot. 

Aussi celuy qui croit largesse, 

Estre en aucuns est bien jeninj 

Sinon au sexe féminin. {Marot.) 

Jenne. Jeune. 

Jcrt. G'est-à-dire, sera, y aura : et niert^ ne sera pas. 
Ils viennent du Latin erit, et non erit. Perceval l'employé 
pour dire sembler, dans ce vers : 

Vous dites ce que bon vous ierL 

(Voyez Niert et Losangier.) 

Jessir et Issir. Sortir ; de exire. (Perceval.) 

Jet. Serez. (Fauchet.) 

Jeuvalson. Jeunesse. (Perceval.) 



J 



r 



IMP 5 

Jex. Teux. (Voyez Ax.) Godefroy de Leigney, au R. de 
la Charrette, qu'il acheva, dit : 

Et lancelot insqu'à rentrée 
Des iex et du cuer la convoyé ; 
Mes as iex fuy corte la ioye. 

Iganment. Egalement. 

Ignel et IsneL Viste. La Fontaine des Amoureux, 
remployé pour un langage coulant, en ces mots: 

Plusieurs Clercs de parler ignel, 
Le veulent nommer or mesel. 

Ignise. Purgation par le feu, des criminels anciens. 
^Iken. Coin. 

Iki. Lài (Villehardouin.) On dil à qui, en Languedoc. 
II. C'est-à-dire, y, et luy. 

Compagnon sommes il et gie. {PercevaL) 

Illec. (Voyez Iluec.) 
Illeac. Là. (Merlin.) 
Ilaec, Illec et lUecques. (Idem.) (Voyez Rain.) 

Tons les poissons qui vont nageans illecquesy 

Petits, moyens, et de bien grands avecques. (MaroL) 

Ilangu. Haste, précipitation. 
Impartir. Accorder, faire obtenir. 

Mort ne servant au iuste que partir 

L'esprit du corps, et salut impartir, (Marot.) 

Impartir. Distribuer, faire des largesses. (Honel.) 
Imperateur. (Voyez Militer.) 
Impiteux. Impitoyable. (Itfonet.) 
Impresseurs. Imprimeurs. 
Impropere. Déshonneur, affliction. 

Mais quand ie pense à si grand impropere, 
Qu'est-il besoin, que soye en liberté. {MaroU) 

Impagner. Combattre de parole ou de fait. (Uonet.) 



1 



« USB 

In. Icdixyr d*bù vient qtf*ofl dit #n,' m- (fo^^des 
Villages de TAlbigeois, avaat lesnomepropreSyCOinihe 
on Pierre^ en Jean^ etc. 

Inacolntable. Avec ({Ui on ne peut faire société. (H.) 

Incensaire. Une herbe q^i ressemble à riroo- 
glossum. Hortus sagitatis. 

f nclyta. Noble, illustre. 

Incorniflstibuler. Par comifUtibuler, les Ty>ulou- 
sains entendent, troublé, affligé, malade de chagrin: 
mais la propre signification de ce mot est celle-cy, où 
Rabelais le dérive de corne et de fistule, pour dire 
qu! incorni/istibuler quelque chose dans sa mémoire, 
c'est Ty faire entrer comme par un cornet, une flûte, 
un chalumeau. 

ladagué. Dèshonneste , honteuse. Rabelais, liv. i, 
chap. 9. Il se prend aussi pour un homme décontenancé. 
(Voyez Indaguer.) 

Indaguer. Rechercher; de indagare. (Rabelais.) Et 
de-là indaguCy recherche substile. 

Indamne. Dédommagé. (Bfonet.) 

Indiot. Idiot; 

Indaisses. Inductions à faire quelque choses 

Infait. Infecté^ puant: Marot, dans son Enf^i dit : 

Et ne sont pas crocodiles infaitSy 
Ne scorpions tortus et contrefaits. 

Infeudatlon. [Quand le seigneur feudal admet en 
possession et saisine le vassal. (C. de Paris.)] 

Infortnner. Affliger, renverser. (Uarot.) 

Iniquidence. Iniquité. 

Inquant. Encan, lieu de l'enchère. (Uarot.) 

Inquanter. Vendre à l'encan^ à l'enchère. (Hônet.) 

Inqucs. Jusques. (Perceval.) 

Insensif^ Insensible. 



r 



lai 7 

Iiisifiki6fu»e. A>Ma. 

Insuie. Une Isle ; houiô, es Languedoc. 

lateUeetive. IntelUgenoe, «sprit. (Honet.) 

Intendlct. Acte de l'ancienne procédure par lequel 
le Demandeur déclaroit l'intention qu'il avoit de fonder 
soQ droit sur tels faits, causes, raisons et laoyens qu'il 
entendoit prouver. <[Fr. de Sal^pou, pag. 37 et 38) de sa 
forme d'instUuer et iatettter les actions. 

latendlt. Intention. Oe mot est employé daos une 
inscription qui est dans un parvis dç 1 EgUse. Saint 
lanocent de Paris : 

Prions pour le Prince susdit, 
Et ensuivons son int&^dif. 

Intens. Ententifs^. (Promptuaire de Médecine de 
Ttiibaut Le^lei^ney.) 

Internelle. Interne, intérieure. (Monet.) 

Interpos. Relâche. (Lespleigney.) 

Inthroniser.. Mettre sur le Thrône. (Nicot.) 

Intivuls. Opprobre. 

iBwovila. Les entrailles. 

Jocandité. Joye ; de jucunditc^. 

Gesi jocundité 

De voir cy plainte. 

Fruits à grand largesse. {Vieux Testament en vers.) 

Joç, La iQ^§f 

Joëe. Un soufflet. (Perceval.) 

Joene. Jeune. (Idem.) 

Jœo. Jeu. 

Jogiwelich. Tout, 

Job. Ans^i. 

Johesdi ou Joesdl. Jeudi. (Villehardouin.) 

Joiaii^«I^AyituV Joyeux. (Voyez Cluinterres.} 



1 



8 JOR 

Jointes. Jointure, les jointes des doigts. (Monet.) 

Jointis. Joignant. (Perceval.) 

Jokareté. Joye ; de jocari. (Ménage.) Il signifie 
aussi aise, selon le R. de Pierre de Blois. 

Jolier. Se divertir. 

Qu'eUe n'a désir ne talent 

De danser ne de jolyer. 

Ne ne se puet amolier. (JR. de ht Rote,) 

Joliet. Gaillard, badin. (Monet.) 
Joncherie. Tromperie. 

Statuts ce sont ioncheriea. (Coquillard,) 

Jonclieroy. Lieu plein de joncs. 

Jonchets ou Jonche. Sorte de jeu des enfans, 
qu'ils font avec des pailles ou joncs. (Rabelais.) 

Joncheur. Trompeur. (Monet.) 

Jone. Jeune. 

Il ert biaox et Urnes assez. {Ovide,) 

Jongleour ou Jongleur. C'est-à-dire, homme qui 
donne récréation, venant de joculator, (Vincent de 
Beauvais.) Il se prend aussi pour un mocqueur, on 
railleur. Fontaine des Amoureux dit : 

. . . Sanf leurs honneurs^ 

Pour certains ce sont vrais jongleurs. 

Jongler, gaudir^ et bateier. (PercevaLy 

D'où vient le mot de bateleur. (Voyez Batelée^ rime 
ancienne.) C'est aussi un joueur d'inslrumens, ou 
Menestrier. 

Là estoient harpeurs, flusteurs, 

Et de moult d'instrumens jongleurs, (H. de la RaseJ) 

On appelloit Jongleurs, les Poètes qui ne faisoient que 
des Petits Poèmes. (Pasquier.) Or ils les alloient réciter 
avec gesticulations ridicules, ou avec la voix, ou avec 
les instruments de Musique, chez les Grands, pour les 
divertir pendant le repas, et vivoient de cela. 

Jor. Jour. On faisoit anciennement advertir avec un 
cornety que le jour estoit venu, selon Perceval : 



IRÉ 9 

Vous me viste ainsi que la guette 
Eut l'aube du jor cornée, 

, Jomoyer. Faire des jourûées, et se faire jour. 

Joste. Auprès; àejuxta. Jouste, ou tournoy. 

Jou. Je. 

Jouée. Coup de main sur la joue, soufflet. (Monel.) 

Jooele. Liaison de trois perches, dont deux fichées 
en terre, et la troisième posée en traverse par le haut. (M.) 

Jovent. Jeunesse. 

Jovete. Jeunesse. R. de Guille- Ville dit : 

Fay nom iovete la légère. 

Joofler. Joues bouTies, boursouflées autour de la 
bouche, jouflu. (Honet.) 

Journée. Ce mot se prend ou pour le chemin d'un 
jour, ou pour une bataille. 

Jouste. Combat à outrance, bataille, tournoy; de 
a^ça^ c*est à-diré, une lutte. 

Jouster. Combattre à outrance. (Amadis.) 

Jouvance. Jeunesse. 

Nous aimerons et chanterons, 

En nos jouvances. {Bl, des f. Amours.) 

Jonvente. Jeunesse. 

Joyaux. Gentillesses de femmes ; de jocalia. On les 
appelle aussi des bijoux ; de bis^ et de joye^ comme des 
choses qui donnent double joye. 

Ipreaux. C'est une espèce d'ormeaux. 

Irasca et Irascue. En colère. 

Iré. Irrité, courroucé. (Monet.) 

Irées. Irritées. Harot, Histoire de Léandre, dit : 

Que les nochers, fuyant les eaux irées, 
Avoient aux Ports leurs voiles retirées. 

u. 2 



Irestre. Estre en colerei 

Iretage. L'explication de ce mot m'est inconnue. 

Par cette familleuse rage, 

Gaste tout muebre, et iretage» {Ovide.) 

Ireusement. Avec colère, avec emportement (Mon*) 

Ireux. Sujet à se mettre ea colère. (Monet.) 

Irié. Courroucé. 

Irléement. En colère. (Gaavain«) 

Irois. Des valets. (Perceval.) 

Iror. Colère. 

Isandor. Porte de fer. CaroH Magni Capitut. 

Isar ou Isart C'est un chamois. C'est aussi le nom 
d'une famille de Castres, en Albigeois, fort considérable. 
(Suit une biographie de la famille Isarn.) 

Islois. Insulaires. 

Isnel. Viste, dispos ; de rÂllem«nd met. — Ishkl le 
pas, promptement. 

Le corps fît. mettre isnel le pas, 

Dedans an char sur son escu. {Gauvaîné) 

Isnel. Dehait, vif, gaillard, léger, dispos. (Nieot.) 

Ispelement. Vivement, gaillardement, agilement. 
(Dict: Monet.) 

Isnlaus. C'est le pluriel de isnel, (Gauvain.) 

Issant. Sbrtant. (Voyez Issir.) 

Isse. Sorte. (Voyez Issir.) 

*Issi. Javelines des anciens. 

Issir. Sortir ; de exire. Ist, c'est-à^^ire, il sort, /sim/, 

c'est-à-dire, sorliroit. D'où vient issu, sorty. 

Ist. Sera, et est. 

Istrols. Tu sortirois ; dHssir, sortir. 

Croy qu'à grand'p«iBi6 iatroia hors de mes mains. ^Marot.) 



VJVS 11 

Ital. Tel, ainsi. Fontaine des Amoureuic dit : 

Si que plus clair est qae cristal, 
Pour vray le fait en est ital, 

•D'OÙ vient qu'on dit aital, en Languedoc. 
Itels. Tels. (Mebun au Codicille.) 
Itérer. Réitérer, itérer sa demande. De-Ià itération. 
Itropie. Hydropisie. (Gauvarn.) 
Ja. C'est-à-dire, y coucha. 
Jubé. C'est un pulpitre. (Nicot.) 
Jngieor. (Voyez Jongleour.) 
Juignet. Juin. (Croniquc de Saint Denis.) 
Juire. Ivoire. (Gauvain.) 
Juise. Jugeaient. Mehun, au Testament) dit : 

S'obligea pour mettre k juise, 
Et qui pour nous si pou se prise, 
Qui la mort maistrise et justise ? etc. 

^Junibarum. Limonier. (Dioscoride.) 

Jape et Jup. Un pourpoint: d'où vient juppone, en 
Italien ; (/ipoti, en Languedoc ; et agipoula, c^esl-à-dire, 
incttre un habit sur le corps, bien ou mal. 

^Japlcellum. Geaévre. (Dioscoride.) 

Jurent. Couchèrent. Gauvain dit : 

Celle nuit jurent dui et dui. 

Jus. Dessous, bas. Alain Chantier, dans son Truite de 
l'Espérance, dit: « Toutesfoisdes péchez publiques voit- 
« on tousiours ca-jiis tost ou tard exemple. » 

Ce mot se joint toujours avec un verbe, comme ruer 
jm^ jeiter à terre, se défaire. Harol, Epilre 2, dit : 

Si ruay ius, encre, papier et plume, 
Voire et de fait proposois de non tistre, 
Jamais pour vous Rondeau, etc. 

11 signifie aussi par fois jusques. (Perceval.) 
Jusier. Le gésier des oiseaux. (Nicot.) 



■ 



12 KAI 

Just. Le suc d'une herbe. 

Juste et Juiste. C'est-à-dire, une pinte. (Perceval.) 
Dite de justifia vini. Le R. de Vacce, ou des Ducs de 
Normandie, parle d'une juste d'or^ qui fut donnée à 
Robert, Duc de Normandie, pour le droit d'un rachat, oa 
relief. On appelle encore à Montauban une juste, la 
mesure du vin qui répond à la pinte. 

Justiser. Commander. (Fauchet.) Je croy pjurtant 
qu'il se trompe, et que ce mot signifle exécuter à morl. 
On l'employé du moins en ce sens, en Languedoc. 

Jut. Tomba. (Perceval); ou s'accoucha. (Viliehardouin.)- 

Juveigneur. Cadet. (Ragueau.) 

Juvence. Jeunesse. Merlin, parlant du graal qui peut 
remettre en jeunesse, dit : • Li Rois, ton aiol, fu guaris 
« de Tenfermeté qu'il a, et fu revenus en svi juvence, • 

Jynguer. Vouloir jouer ; de f»yf, illecebra. 



K 



K. Les Anciens se servoient fort fréquemment de cette 
Lettre, à la place du CH, et du Q. J'estime que c'esloitdes 
restes du langage que Pharamond, qui estoit AUemaud, y 
avoit apporte, parce que la lettre K, est fort en usage 
parmy les Septentrionaux. Est à noter qu'autrefois cm 
nétrissoit les calomniateurs de la Lettre K, qu'on leur 
appliquoit toute rouge sur le front; à cause dequoy on 
les appelloit Kappophori. Il y en a qui croyentquune 
cape vienne de la figure de celte Lettre. 

Kabal. Cheval. (Voyez Kaval.) 

Kabhona. C'est-à-dire, des choses. 

Kaene. Chaisne. (Voyez Enkamé.) 

Kalr. Tomber ; de cadere. 

Qaand ils virent par mésestance, 
Le Royaume ensi dehair^ 



1 



r=- 



KAT 13 

Pour ia tiere miouz sostenir, 

Establirent un Mariscal. {Ph. Mousk.) 

^Kaled. Raboteux. 

Kanta. Chanter. (Voyez Kara.) Boyer de Nice dit : 

Drech e razon es cpi'iea Kanti d*amour. 

Kantadour. Chantre, Peyre Remond lou Proux, 
Tolosain, dil : 

Yérgiers, ni flours, ni pras^ non man fach Kantadour; 
Mai per vou9 qu'ieu adour, Domna, son allégraz. 

Kantsoo. Chanson. Hugues de Saint Cyre dit : 

A la valent Gontessa de Proensa, 

Mand mas Kansous ; car cella de cuies 

Ma commandât qu'à leys la tramezez. 

Kara. C'est-à-dire, le visage, qu'on appelloit la ehere 
anciennement; du vieux mot Latin cara, (Voyez Chère,} Il 
signifie aussi chère, c'est-à-dire, favorie. Albert de Sisle- 
ron, ou Tarascon, à qui sa Maistresse dit : 

Déportas- vous, amy, d'acqaest amour, per aras, 

ELil lai répond : 

Mais comma faray ieu (dez-jeu), mas amours karas, 

My poder desportar d'aqnest affection ? 

Car certas îeu endari en esta passion, 

Per vous ingratament mantas doulours amaras. 

Karesme. Carême (Joinville.) De quadragesima. 

Karlin. De Charles. (Voyez Oriflamme.) 

Karobe ou Karoble. C'est la vingt-qualriéme partie 
du grain en poids d'or, d'argent, orféverie en marc et à 
la livre, et c'est la plus basse division qui se fasse de ce 

poids. (Nicol.) 

Karoler. Danser; et kerole^ danse. (Fauchet.) 
Kascun. Chacun. Le Comte de Poitou dil : 

Kascun iour m*es à benafort un an. 

Kasta. Chaste. A. de Meyrueith, Poète Provençal, dit: 

Ànas vous-en panras rimas doulentas, 
Fasez avezie nostras kastas preguieras. 

Katherine* Selon les Observations sur Joinville, 



4 i ;S£n 

page 316: « En chu mont est ly cors Sainte Katherine, 
« Ly Sarrazin tiennent chu lieu a grand honneur. > 

Kaval. Cheval. Le Comte de Poitou dit : 

En fuivals fiers, autres en granda armada, 
Si fisan totalment. 

Kausa. Cause. Bernard Rascas de Limousia dit : 

Touta kausa mortala una fez périra, 

Fors que Tamour de Dieu que tousiours durera. 

Tous nostres cors vendran essuch comma ùl teska. 

Kaute-f ut. C'est-à-dire, qui fut haute. 

Ke. Que. Livre de la manière d*aorer employé ce mot: 

Quoy ke soit escrit en Romans. 

Joinville : « Ly bon enseignement ke ly Roy S. Louîi 
« escrit à Cartage, à son flUeuil Phelipon. > 

*Kel. C'est-à-dire, Promontoire; d*où vient Ocellu\ 
Promontoire d*York. 

^Kelden. Coudrier, arbre ; d'où vient le mot Caleii 
niu8^ c'est-à-dire, Escossois, à cause qu'ils se* tenoiei 
es montages et roches pleines de coudriers. D'où vient 
aussi le lieu appelle Dunfeeiden, c'est-à-dire, tumi 
corylorum. 

Keittoti. Commun. (R. de Macabée.) 

^Kenea. Dos dellontagne, en Breton. 

Ker. Une Ville, en Bas-Breton ; de cair, ou eaër^ qui 
en langage Phénicien, ou Troyen, signifie une Ville, selon 
Gervasius Tilbcriensis, Bochart, et Ménage. D*oti j'esUme 
que vient le nom du grand Caire. 

Kelrmes. C'est le vermillon ou petites vessies de 
Vilex cocçifera; d'où on fait la confection alkermes. 

Kerniibho. Diligemment. 

*Ketos, Ou G^os. C'est-à-dire, je laisse. 

Keue. Queue. Ovide où Achille dit à Hector : 

Ains te ferey comme meurdrier, 
Déflraîre èthBue de dextrier. 



r 



LAG l»' 

Ces Vers dénotent qne c'est8ttiUM-âe$'puiiiliOB8<ioU)n 
doQooil aux njLeuririers, que de Jes^faire trati^arraUf^âz 
à la aoeue d'un cheval.' Une Reyne de France fui àin^i 
traînée autrefois. 

Eeue. La matrice. 
Ken. Cuisinier; 

Ki. Qui. (Voy. Cope.) Enon^àe Méry,au Tournoyement 
de rAote-Christ, selon Vigenere, dit; 

Mais ^t bien trêve plein est dire, 
Qaand il n'a de mMiçre point. 

Kl, se prend aussi pour que- (Voyez Marquis.) 
En Kl. C'est*à*dire, là, selon Villehai^doûin. 

Kihedran, ou Richdo. Richesses. 

Korma. [Mot d'origine gauloise; c'était une bière 
laite de froment.] 

Kartiai. [Mot d*origine gauloise; bouclier.] 

Kyriele. Multitude, ou bruit. 

A ce Berger pour trois ou- quatre 

Vieils brebiales on moutons, 

Qui ne valent paa deux boutons.? 

U en fiait gluf grand kifrieller (Pa(/^HI*) 



L 



*La« Ellébore. 

Lacier. Attacher. Vot un Ifts^ ou laqè; de la^fim* 

Laçon. Lacet, cordon féré par un bout. (Hpnet.) 

Lacrime. Larme. (Mehun au Testament.) 

Ladrç. Lépreux, venant de lasre; et celuy-cy ^e 
iMwe, parce qu'il avoit des ulcères aux jambes. 

^Lagtnam. C'est-à-dire, Ellébore blanc. (Dioscoridle.> 
Tenant de gin, blanc ; e^ /a, c'est-à-dire Ellébore. 



16 UI ^ 

Lalans. Léans, là-dedans. 

Laidanger et Laldoirer. Dire des injures. 

Latdoyer. Injurier. (Monet.) 

Laldure. Déshonneur, injure. 

Et loy ont dit trop de laidures. {R. de la Ra$e.) 

Li Laie gens. C'est-à-dire, les lais. (Vigenere.) 
Lalete. C'est une alouette. 

Et n'avoient pas plas à aUer^ 

Qu'une layete pour voiler. (Ovide.) 

Laigne ou Laignié. Bois; de lignum. (Nicot.) 

Lain. Lent. (Songe du Verger.) 

Laina. Laine épaisse à faire sayes. (Strabon. Atlas.) 

*Lalr. Milieu; d'où vient la Loire, rivière, parce 
qu'elle coupe presque par le milieu les Gaules 

Lairé. Larron. Auger Gaillard de Rabestens dit: 

Mai aquel Àugé rimairé, 
Tousiours es estât un lairé. 

Lais OU Lay. C'est-à-dire, un homme du peuple, et 
qui n'a nul degré; ùe Xaàç, plebs. — Lais ou Lat, est 
aussi une Chanson; dite de lesstAS, (Ménage.) D'où vient 
nn virelay , manière de vers anciens. Fontaine des 
Amoureux de Science dit: 

Et pas ne le seroit < s lais, 
Qui font rondeaux et virelais^ 
Et qui sçavent métrisier. 
Et plusieurs choses que mestier, 
Font à maintes gens à délivre. 

(Voyez Vair et Virelay.) 

Lais, se prend aussi pour une Légation ou Ambasiode, 
comme au^si pour un leg^ et pour un arbrisseau^ qo*on 
laisse quand on taille le bois. Ces deux viennent du 
verbe laisser. D'où vient laier^ c'est-à-dire, marquer les 
arbres qu'on ne veut couper: d*où vient peut-estre une 
layey ou femelle de Sanglier, parce que les Chasseurs la 
laissent pour faire des petits : ou de ce qu'elle demeure 
parmy les arbrisseaux appeliez lais. (Voyez BailUvett») 
— Lais, signifle aussi laid^ ou mauvais. 



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r 



LAN 17 

Et pais aurons Tin qui n'est mie lais. {Perceval) 

He Lais, c'est-à-dire, laissez-moy. (Voyez Voisine,) 
Laisant. Sans fardeau. 

Penses-vons que ie soy laiaanif 

Et que TOUS porterez le fais. (Pathelin,) 

Laisse. Chanson. Huon de Villeneuve dit : 

la tant n'auront mantel ne cote desramée. 
Que la première laisse ne soit bien escoutée. 

Lait C'est-à-dire, il laissa ; et laisty laissast. 

*Laith. Humidité : comme aussi en langrue Britannique. 
De ce mot vient Arelate, c'est-à-dire^ la Ville d*Ârles ; de 
or, et laith. 

Li Laitaere. Electuaire, composition de Médecine. 

Lalée. (Perceval.) Voyez Mue te. 

Lambulals. Fossoyeurs, en Bretagne, Anjou, etHaine. 

Lambel. Lambeau ; ce qui vient de lambellun^ 
corrompu de lamina^ selon aucuns ; mais je croirois qu'il 
yieniie flambe y comipé l'Oriflamme, Bannière de France. 

Lambic. Alambic. (Nicot.) 

Lambiqner. Distiller. 

Ce sont les pleurs, oui sortant de mon cœur 

L'ont lambtqué par numide liqueur. (Pasquier,) 

Lambreqoln. Panache, sortant de casque, et 
s'espencliant autour de l'escu. Selon d'autres, c'est un 
drap qui en pend comme une escharpe. 

Lambris. Plancher : il vient de imbrex, tuile. 

Lame. Tombeau. Marot, Complainte 5, dit: 

Unicpe fils de Preud'homme, dont Tame 
Ces jours passez sous la funèbre lame 
Laissa le corps, etc. 

Lamper. Laper, boire avec la main ; de lambo : d'où 
. tient lopin, et lopineux. 

^Lancea. Arme antique : d'où vient lance , de 
l'Hebrieu lanth; d'où vient Arelate, Arles, Ville de 
n. 3 



18 LAN 

Provence, selon Bochart. Mais j'estime qu'il se trompe 
en cette origine, et qu'elle est trop tirée par les cheveox; 
et j'approuve plus celle qui la tire de Ara/ata, c'est-à-dire, 
Autel large. Ces lances furent appellées aussi simplement 
bois^ par excellence; et puis bourdons, et bourdonassa: 
mais celles-cy estoient grosses et creuses. D'où vient 
une bourde, oaston gros au bout, dont se servent les 
infirmes ; d'où viennent les Vers plaisans des Ardilleres: 

. . . Tant de bourdes de ces boiteux, 
Qu'en dites-vous? ce sont des bourdes, 

Lancepassade. C'est une Charge qu'on doimoit 
parmy les gens de pied, aux Cavaliers démontez, ou qui 
avoient coupé leur lance ; de lan%a spezmta. 

Lancier. Se battre et chamailler. 

Landi. C'est-à-dire^ la Foire Saint Denis; du Latin 
indietum, duquel on a fait VEndictf et peu à peu Landy. 
Et parce qu'à ce temps-là on payoit les gages aux Régens, 
les Escollers qui les retenoient estoient appeliez Fripe 
Landi. (Ménage.) 

Landier. Grand chenet de fer ; dit ainsi de TAnglois 
handeiren, c'est-à-dire, pâte de fer. (Ménage.) 

Landon. Une petite lande, ou pasturage. 

Et de mener à son bandon. 

Si comme bestes en landon. (Ovide.) 

Ce mot vient de/and^ c'est-à-dire, terre, en Allemand: 
d'oîi vient Hollande, Zelande, Landgrave, etc. 

Langaier. Faire causer quelqu'un pour tirer 
quelque chose de luy. (Monet.) 

Lange. Vient de linge, ou de lanage. 

En Langes. C'est-à-dire, en chemise. 

Dames faisans leurs peintures, 

Alioient pieds nuds et en langes. (Perceval.) 

Languard. Babillard, qui ne tient rien secret (Mon.) 

Langue de bœuf. Arme ancienne. (Faucbet.) Espèce 
de halebarde, ayant le fer en forme de langue de bœuf. 

Languedoc. Province qui vient de landt et de Goth, 



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LAR 19 

c'est-à-dire, terre des Goths, parce qu'ils l'ont tenue 
long-temps, comme je Tay déduit au long en la Préface 
de mes Antiquitez de Castres. D'autres le tirent de langue 
de oc, c'est-à-dire, ouy; parce qu'on dit 0(;, pourouy. 
Où écrivoit aussi Languedoch, selon une vieille Ordon- 
DaDce du Parlement ancien de Paris, citée par Bonfons, 
eo ses Antiquitez de Paris. 

Languedol. Languedoyl, Langue d^or, Lantgoth 
Oecitaniay Langue de oc. Langue de goth, tous ces mots 
dénotent le Languedoc. La dernière façon semble la 
véritable, à cause que les Goths y ont régné, ayant leur 
Siège Royal à Toulouse. Voyez le Livre de Marchionib. 
Golbicis, Elfonsi d*Elbene, Episcopi Albiensis. Ce qui 
feroit croire qu'il ne vient point de Lantgoth, c'est-à-dire, 
terre dés Goths, ainsi qu'on Ta dit cydevant, et comme 
plusieurs l'ont cru, c'est que le mot delanth, est toujours 
à la fln des mots, parmy les Septentrionaux, comme on 
voilés noms suivans, HoUant, Frisland, Irland, Groen- 
land, etc. 

Lant. Humide. (Monet.) 

Lanteur. Moiteur, humidité. (Honet.) 

LAOoste. Sauterelle; de iocusta. On dit aussi en 
Languedoc une langouste. 

Laquet. Un Laquais. (Voyez Page.) On l'appelloit 
aassi un Nacquet, ou Page, c'est-à-dire, un Villageois, 
ou Paisan ; de Pagus, Village. On appelle aussi un Pages, 
en Languedoc, un Païsan : ou ce mot de Laquay vient du 
langage Basque ; car /aguats, veut dire serviteur, en cette 
Langue- là. Or c'est le païs d'oti viennent les meilleurs 
Laquais, du moins ceux qui courent le mieux : d'où vient 
qu'on dit d'un bon coureur, qu'i/ a la jambe d'un Basque. 

Lardelles ou Larderelles. Ce sont certains 
oiseaux. (R. de la Rose.) 

Larege. (Voyez Melese.) 

Large. Libéral. Harot, es Pseaumes, dit : 

Car de bien faire tu es large^ 
A l'homme iuste, ô vray Sauveur ! 

Largion et Largesse. C'est-à-dire, don, libéralité. 
(Froissard.) Comme abrégé de largition. 






20 LAU 

Larigaude. Le gosier ; de larinx. D*où vient qu'on 
dit, Boire à tire-larigaud. 

Larmer et Larmoyer. Pleurer. (Villon ) 

Las. Triste, affligé. Marot, Elégie 16, dit: 

Combien ardente est Tamoureuse flamme, 
Que mon las cœur pour vos vertus enflamme ! 

Las. Hélas. Idem. Epitre 34, dit : 

Las pourquoy donc à mon bonheur s'oppose ? 
Certes mon cas pendoit à peu de chose. 

Laschance. Intervalle. 

Onze sepmaines sans laschance. (Pathelin,) 

Lasniere. Âltacbe ; de lana. 
Lassi ou Latl. Serfs. (Pontanus.) 
Lassieres. Laqs de Chasseur. (Florent Ghrestien.] 
Lassus. Cy-dessus, ou de la demeure céleste. 

Diane Clerc a de lassus donné 
Faveur céleste à Tentant nouveau né 
D*Endîmion, etc. (Marot,) 

Lastar. Plainte. 
Lataine. Colère. 

De ialousîe ne lataine. (A. de la Rose.) 

Latebres. Cachettes. (Voyez Repentailles.) 
Latinier. Truchement. R. d'Alexandre dit : 

Alexandre Tentend sans autre latinier ; 

Car de plusieurs langages s'estoit fait affaitier. 

Et encore, en Bas-Breton, un Latinier signifie on 
Truchement^ selon Henry Estienne. 

Latiter. Estre caché. Dans les Menus propos de Pierre 
Gringoireon lit: « Qui aux buissons secrets se latiterent. • 
Ce mol vient du Latin latitare. 

Lavaille. Laveure. 

Laude ou Louade. [Droit qui se lève en foire, sur 

les marchandises. (Laurière, Gloss. D. Fr.)] 



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LÉ 21 

Lavedan. Sorte de cheval. (Rabelais.) Ils ont pris ce 
nom du Comté de Lavedan, en Gascogne, où il en vient 
de bons. 

Laus ou Los. C'est-à-dire,. reconnoissance d'honneur, 
ou approbation qu'on fait de son Seigneur. Ce mot vient 
de lùuer, ou de lausus, ou de laudimium, selon Galant, 
aa Livre du Franc-alleu. On disoit aussi totid, laudisme, 
et lau%ar, c'est-à-dire, louer. Et encore on le dit es 
montagnes de Languedoc. 

Et loa qu'il tenist iustice, 

Scur bas et haut, et pauvre et rice. (Mousk,) 

Laozour. Louange. Peire Cardenal, Poëte, de 
Beaucaire, dit : « Las lausours de la Dama de argensa. » 

Lay. Un homme laïc, du peuple ; de ^a6ç. C'est 
Topposé aux Clercs, aux Sçavans. — Lay. Largeur et pan 
de cotillon. Pathelin dit : « Quel lay a-t'il (parlant du 
» drap) de Bruxelles. » (Voyez Lé.) 

Laye et Layete. Cassette ; venant de lagena. 

Layes à cens. [Ce sont des baux d'héritages à rente. 
(Laurière, Gloss. D. Fr.)] 

Lazzera. C'est-à-dire, il tarderoit. 

Lé. Ce mot se trouve employé en beaucoup de sens ; 
premièrement lé et lée, large. Villon, en son Test., dit : 

Tant qu'il a de long et de lé. 

J'estime que ce mot vient de to/us, corrompu ; et qu'on 
disoit premièrement lails^ dont est venu /ay, et puis lé. 

Li Lé. Le costé, mais c'est par abus ; car il doit estre 
écrit Y Ile, c'est-à-dire, le Ile; de ilia, qui en Latin signifie 
les flancs. 

L'esca an col, Tespée au lé. (Perceval.) 

Lé ou Lez. C'est-à-dire, costé. 

Et les cheTenx grand et Yeslez, 

Qui luy venoient iusques au lez. (Perceval.) 

De-là est venu qu'on dit^ de le%, auprès, à costé. 
Tillehardouin dit: « Enterré fu de lez son père. » (Voyez 
Le%, et Les.) 

U. C'est-à-dire, un leg de Testament. 



22 LEI 

Si me souvien bien Diea mercis, 
Que le fis à mon parlement, 
Certains lez Tan cinquante et sis, 
Qu'aucuns sans mon consentement 
Voulurent nommer Testament. ( Villon.) 

H Tescrit aussi ailleurs, laits. (V. Lais.) Vient de laisser. 
Lé, par fois sigaiOe du. 

De la Gort le Roy Artu, 

Et il li dit, dontiras-tu? 

En la prison lé Roy Artu. (Perceval.) 

Leal et Leaulté. C'est-àdire» Qdéle et fldélité: ils 
viennent de lex. 

Leans. Ce lieu là, ou ce lieu cy. 

Autres manières de Chansons, 

Léans on chante à voix contraintes. {Marot) 

Lecherie. Gourmandise. (Voyez AhontereiLescheur.) 
— Lecherie, se prend aussi pour un Bordel, ou Cabaret, 
et autre lieu de divertissement ; et vient de léçché, c'est- 
à-dire, joye, liesse. Et léchierre se prend pour une 
putain : et lécheur, pour un tavernier. 

Lechierres. Frians. 

Ainsi eom fait li bon lechierres^ 

Qui des morseauls est connaissierres. (A. de la Bote.) 

LeetriQy Letreia. Lutrin, pulpitre. (Monet.) 
Ledenger. Injurier. (Voyez Compains.) 

Et que trop durement se doute, 

D'estre lédetigée et bastuè, 

Quand arrière sera venue. (A. de la Rose.) 

Ledoier. (Voyez Loidorer.) 

Lée. Large. (Voyez Lé.) 

Léeche. Joye, liesse ; de lœtitia. (Perceval.) 

Legiers. Facile. Perceval dit : « Et molt sera îegien 
« à faire. » 

Legans. Légumes. (Aldobrandin.) 

Leigne. De la laine, corrompu de laine, et par fois 
signifie du bois; de lignum: on dit aussi de légne. 



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LES 28 

A Leins. Si tost. 

A GaaTain Tint à leins qu'il pot. {Pereeml.) 

Leis. Louis. (R. de l'Ante- Christ de Huon de Mery.) -* 
Los. Elle ; et lei, luy. (Voyez Kansou.) Vient de ritalien. 

Lemauffé, à mon avis, signifie enveloppé. 

. Qui sont sains de saintes estoUes, 
Dont par le col sont lémauffez^ 
De mai talent tout eschaaffez. {Villon.) 

Lembroisse. Lambrissé. 

Lemelle et Alomelle. Lame d'espéè. (Pereeval.) 

Len. L*oQ ; on disoit en^ pour on. (Percerai.) 

Lentzmonet. Le mois de Mars. 

Leodesi Leudes. Hommes adstreints à leur Prince. 

Leoln. C'est la mesme cbose. B. d'Alexandre dit : 

Ghançon voil dir per rime et per leoin^ 
Del fil Filipe lo Rey de Macedoin. 

Leonimetez. Idem. 

Seigneurs qoi en vos livres par maistrie mettq^, 
Eqmvocations et léonimeiez. {Vie de Ste- Catherine,) 

Léonine ou Leonisme. Rime ancienne, selon l'Art 
de Rbétorique ancien, dont les Vers riment au milieu, 
comme est TEscole de Salerne, Rasis cestrensis, Merlin, 
et autres. Comme, par exemple, « Contra vim mortis, 
> non est medicamen in hortis. » 

Lep. Un lièvre masle. 

Leqneaa. Lequel. 

Lequau a perdu son precex, 

Trialati de Grec en Francez. {Gente Poiteinn^rie.) 

Lermes. Larmes. (Pereeval.) 

Je Leroye ou Lesroye. Je laisserois. 

Lerre. Larron. (Nicot, Abrégé de la Bible ms.) 

Lerrer. Laisser. (Gauvain.) 

Les ly. C'est-à-dire, auprès de luy. 

Et ie maloi les ly seoir. {Pereeval,) 



I 



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S4 LEO 

De Les ou Lez. Auprès» à costé. (Villehardouin.) Voyez 
Lez. — Les et Lies, /oyeux ; de lœtus. 

Toutes moût ioyans et moût les, {Perceval) 

Je Les . Je laisse. 

. La Seigneurie vous en les. 

Et iel vos let, si m'en démet (Pereeval.) 

Lescbe. Une petite resne. (Nicot.) D*où vient Uii$u, 
de lévriers. 

Lescherie. Gourmandise. (Voyez Leeherie.) 

Lesçbefroy. Lèchefrite. 

i Lescheur. Gourmand. 

Ainsi que fait le bon lescheur^ 

Qui des morceaux est cognoisseur. {R. Ro$e,) 

Lest. Il laisse. (Perceval.) 

Lester un vaisseau. Le charger; de TAllemand los^ 
charge : d*où balaste^ eibanastey comme de bis, eiielast. 

Lestoet ou c'Estoet. Il faut, il convient. 

Le Let.*Le laisse. (Perceval.) — Let. C'est aussi une 
mauvaise action. 

Cornent si ma mon oncle fet. 

Si grande honte et si grand Ut f {Perceval,) 

Leteri et Leteril. Un pulpitre. (Vigenere.) 

Lettrier. Inscription. (Voyez Rides.) 

Léo, Leos et Leoc. Lieu. Villehardouin dit : « Et 
• leu cestuy, » c'est-à-dire, en lieu d'iceluy. D'où est. 
venu le mot de lieue. — Leu. Loup: d'où vient le jen 
d'enfant, à la queue leu leu^ ou s'ils leij^nent que le Iood 
les vient prendre. En Languedoc ce jeu est appelé, a 
loubet louoet. — Leu. Lumière. « Céans, il n'y a ne feo, 
» ne leu • (c'est-à-dire, ni feu, ni lumière.) (Monet.) 

^Leuca et Leoga. C'est-à-dire, lieue, venant de lefea* 
une lieue ou quinze cens pas, selon Hesvchius. Or parce 
qu'il y avoit une pierre à chaque lieue, a la manière des 
Romains, qui possible le prirent des Gaulois, les Bretons 
ont retenu le mot de leacht pour dire une pierre. 



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w ^ 



^2 

Leud. (Voyez Alleud.) . 

Leude. Lige, et sujet. (Pasquier.) Voyez Fief. Âlleuds, 
et Lots, c'est-à-dire, devoirs. — Leude, est aussi un petit 
tribut. (Voyez Lif^e.) '^ 

^Leodls ou Leodus, et Liudus. C'est-à-dire, un 
SDjot de quelque Seigneur ; car ces mots en dérivent. 

Levé. L'eau. (Voyez Esve.) 

.... ,-, . . • . .. . 

Levreter. Galoper, courir; selon un rare ms. des 
choses mémorables passées à Paris, depuis l'an 1^00. On 

ylit ces Vers: ... ; 

Boutez -la hors, cette sausse villaine, 
Qui mal me rend autant' conque» Tiljaine, 
La momme raige, hélas I c'est pauvreté, 
Pus an et iour, ma si fort Iwreté^ 
Qu'à peine puis resprendre mon haleine. 

Leurre. Tromperie, venant de àiUœ^a, calliditast 
selon Tripault de Bardis, eii son Dictioanaire. 

Leus. Loup. Le R. de la Gonqueste d'Outre-mer dit : 

Velus estoit com leus^ vours enkaenez, 

Les ongles grands et lotigs, les cevels meelez, ou neelez. 

Least. Fut loisible. 

Lez. Auprès, à costé. Froissard, vol. 4. chap. 18, dit : 
« Après s'enfuit ceux qui au Ie% seneslre estoient. » 

Lez à lez. G'est-à-dire, coste à coste. (Aagueau.) 

Andiu chevauchent lez à lez; {Perceval») 

« * 

Lez ou Lèse de jupe. Une largeur, venant de /e, c'est* 
à-dlfe, làreô. (Voyez Lé.) Ou de lèsche, pièce. 

Lezart. L'herbe Dictam, selon Lespleigney. 

Lliom. Pour l'on ; « l'bom dit », l'on dit. (Nicot.) 

Li^Le. 

Grand fu la ioye que li Rois 

Fit de Perceval le Galois, 

Et la Royne et li Baron. (Perceval,) 

Oa Temployoit aussi pour du. 

Où rOst li Rois estoit logié. (Perceval) 



a 



â6 Lit) 

Il se prenoit aussi pour luy. 

Si li dites que le li mante. {Gauvain.) 

Et enfin li, signifioit les. (Perceval.) 

Mais {t Rois, li Dus, et li Conte, 

Aox grandes festes font grandlionte. {Bible Guyci.) 

LIard ou Liar. Monnoye qui vaut trois deniers, 
venant de li hurdis, c'est-à-dire^ de Philippes le Hardy, 
ui les fit faire, selon Clérac, en son Traite des monnoyes 
e Guyenne. 

Llarde. C'est quelque chose de couleur. R. de U 
Rose, parlant des couleurs des cbevaux et jumens, dit: 

Non pas morel, comme morelle 
Seulement, mes contre fiiuvelie, 
Contre grise, ou contre liarde. 

Lib. Vie. 

Libe. Grand quartier de terre, enlevé d'une pièce de 
la carrière. (Monet.) 

Lice. Chienne née d'un loup ; de Xvxoç. C'est aussi une 
putain; car anciennement /upa, vouloit dire une putain; 
et lupanar^ qui signifie un bordel, vient encore de-là : et 
à cause de cela, on disoit que RemtÂS et Romulus forent 
allaitez par une louve, ayant mal expliqué lupa, une 
louve, au lieu d'une putain. Par une erreur pareille, on 
peint Moyse cornu, ayant expliqué le mot qui signifie 
rayon, corne ; parce qu'il est dit qu'il revint tout rayon- 
nant de la montagne. Or le mesme mot Hebrieu, qui 
signifie comej signifie aussi rayon. Or pour faire voir 
que lyce, se prend pour une putain, voicy un passage da 
R. de la Rose, qui renseigne : < Ribaude, ordevis (c'est- 
« à-dire, visage sale, laideron), pute lyce. » 

Licbarder. Prendre les meilleurs morceaux. 

Lichecassè. Friand, gourmand. (Rabelais.) En Poitoa 
casse est une lèchefrite. 

Lide ou Clide. (Fauchet.) C'est-à-dire, longue poutre, 
retenue par un contre- poids, qui estant laschée jetloit 
un tas de pierres dans les Villes assiégées. D'où vient une 
clée, c'est-à-dire, en Languedoc une claye, parce qu'elle 
est faite de longues buscbes. Comme aussi un escliquetf 



LIG 27 

qai est un petit tuyau, par lequel on jette avec éclat un 
bouchon. Et déchquer, c'est-à-dire, lascher une parole 
mal-à-propos. 

Lie et Lies. Cest-à-dire, joyeux : d'otL vient liesse ; 
de ritalien lieto, et celuy-cy de lœtus. 

Qui poar sa grande décevance 

Lay monstrit semblant d'amour lie. (Alain Char lier.) 

Lie et Liée. Aussi joyeuse. 

Mais Madame seroit moult liée, 

Si eUe estoit bien employée. (Perceval.) 

Il se prend aussi pour jolie. 
Lie. Costé. 

Lié. Se prend aussi pour elle^ dans Perceval. 

Liège. L'arbre suber. Ce que je crois venir de levis. 

Liement. Joyeusement. 

Liepard. Léopard. (Nicol.) 

Liepvre et Liepe. Lièvre ; de leptis. 

Lier. Laisser. (Perceval.) 

Lierre. Larron 

Lietrin et Lieutrin, ou Jubé. Pulpitre. (Nicot.) 

Liex. Un lieu. 

De liex en liex s'arrestant. (Perceval.) 

Lige. Vassal. (Nicot.) Ce qui vient de Leodium, ou 
Leude, Yille de Liège, habitée par les Leudes, gens obligez 
à SQivre leur Seigneur par tout, et le soustenir et servir. 
(Fauchet.) 

Lignage. Un fief. (Fauchet.) 

Ligne. Un celier à tenir du bois, venant de lignum. 
On l'appelle encore en Languedoc un legné; et le bois, 
de legnOj et un legnaSy c'est-à-dire, une buscbe de bois, 
en langue Tholosaine. 

Lignivol. Du cordon, ou fil des Cordonniers ; lignai^ 
en Languedoc.' 



i 



liigoiirs et Ltgarïoîis. Gourmans. 

Limeum. [Mot gaulois. On pense que c*est Tellébore.] 

Limier. Chien dressé à guetter les cerfs. (Nicot.) 

Limoges. Terre pré ; de lei/jiœy yf^. 

ÎLimonler. Cheval de charrette. 

^Lin. Du lait: d'où vient Lintervum^ Ville dltalie; 
Lindaw^ en Suisse; et Lincohi^ en Angleterre. — Ldc. 
Lignée, racé. 

Entrez est el Temple ApolîA, 

Paris et plusieurs de son lin, (Onide.) 

Appelle Apolia son neveu, 

Cil de son lin que plus amoit, 

Et tenoit chier. (Idem*) 

Linge. Foible. 

Car son sens trop nud et linge, 

Si me contrefait comme un singe. (Mehun,) 

Linier. Ouvrier en linge. (Honet.) 

Liniere. Ouvrière en linge. (Uonet. 

^Linna. C'est une sorte d'habit ou desoye desancieDs 
Gaulois, selon Bochart. Isidore les . app.elle lin^amerUa, 
comme étant de lin. Xenophon les appelle bigarrées, on 
teintes en escarlarte, livre 1 • Properce décrit Viridomarus, 
Gaulois, virgatis braceis, c'est-à-dire, peintes. G'esloient 
des caleçons à la matelote, allant jusqu'aux talons. 

Lioue. Une lieue. 

Lippes* J'estime que ce mot signifie des grimaces. 

Dieu sçait s'il fit piteuses lippes. (Villon,) 

Lipn. Triste. 

. Liripion. Chaperon des Docteurs. Rabelais rappelle 
Jiripipion, du mot Flamand liere piipe^ c'est-à-dûre, 
superhumérale. 

Liron. Sorte de rat : ce mot vient de glis. 

' Lis. Gouffre : d'où vient Lista, Ville de Cofnoiiaille. 
C'est aussi le nom de la famille^ dont estoit la Puc^e 



j 



tÔB % 

d'Orléans : car le Roy de France, après qu^il fut délivré 
des Anglois par sa valeur, changea son nom de 'Jeanne 
d*Arc, en Jeanne du Lis, comme ayant sauvé les lis des 
armoiries de France. 

Liseau. (Songe du Verger.) Les Anglois croyènt que' 
si on leur fait liseau un Lundy, ils auront mal-éstrene. 

Lisible. Loisible, licite. (Songe dn Térger.) 

Lisse. Liesse, joye. (Voyez Lyce.) 

Liti. Esclaves. (Pontanus.) 

Utoche. Lit à fleur de terre, qui se dresse la nuit, et 
se renferme^ et se serre le jour dans un coffre. (Monet.) 

Litre. Une bande noire qu'on peint es Eglises sur les 

parois, à cause de la mort de quelque grand. Ce qui 

vient de litura, ou de listrarCy ou lustrare^ ou enfin de 
^&^. 

Litron, et demy lilron. Mesure de Paris, c'est-à-dire, 
demy livre, et vient de iqfuXérça. 

Livias. [Mot gaulois, surnom d'Apollon.] 

Livres de terre. Terre prisées à tant de livres d'argent» 
alivrées. DominicU on son Franc-alléud, en tire l'allivre- 
ment, et imposition des Tailles au sol la livre, qui se fait 
en Languedoc. 

Livrée, ou Rubans, etc. qu'on donne es Nopces, vient 
de liberatay c'est-à dire, donnée. 

Livroison. Prébende. 

Et si a ia sa livroison^ 

D'un boisel d'orge, et de fain. (Perceval,) 

Lo. Le. (Perceval.) Haut ; et par fois louer. 

Le Mercure que ie te Zo, 

Surnommé de Mercurio. {Fontaine des Amoureux.) 

Lobe. Moequerie, mépris. 

Ne tenolt pas songes à lobes. (H. de la Rose,) 

Lober. Se mocquer. Vient de lobus ; d'où tojrin. 

Les âmes chuent, et lobent^ 

Par fausses adulations. {Ovide.) 



i 



^ 



30 LOI 

Loche. Petit poisson de rivière excellent. 

Lodier. Couverte de lit, cotonnée et piquée. (Monei) 

Loe. Boëce ms. semble l'employer, pour dire /iciie. 
. — Loe. Droit de certaine quantité de poisson, à prendre 
par les Seigneurs Féodaux, sur les bateaux de poissons 

3ui abordent es Hables ou Ports du Bessen, au Terroir 
e Bayeux en Normandie. (Monet.) 

Lœdorer. (Voyez Loidorer.) 

Loeis. A Toage. 

Pledeor loeis entendez. {Th. de Mailly.) 

LoEis. Louis. Hébert, au R. des sept Sages, dit : « Loeii 
« que en doit tant loer. » 

Loeset. C'est-à-dire, il estoit loisible. 

Logres. Locres : c'est une Nation. 

Loi. Licence, permission. (Monet.) 

Loidorer et Lœdorer. Injurier ; de Xotâeç&, con* 
vicior. (Budseus et Perionius, de lingtiœ Gallicœ mgi- 
nibiis.) 

Loié. Lié. Pierre Gentien dit : 

J'ay à nom Pierre Gentien, 
Qui suis loié de tel lien, 
Dont nus ne me puet déioyer. 

Loier. Loger. 

Loimiers. Limiers, sorte de chiens. (Ovide.) 

Loinseau de fil. Mot picard, signifie peloton de 01. (N.) 

Lointaineté. Distance de lieu. (Monet.) 

Loire' ou Loirre. Leurre et leure, c'est la mesme 
chose ; de loruniy courroye. 

Car amour loirre (dérobe) 

Les cœurs, comme Faucon en loirre, (A. Chartier.) 

Loise. Soit loisible. 

la ie ne quid que mentir m'en loise. (Perceval.) 

Ne Lolsoit. Il n'estoit pas permis. (Bible Historiaux.) 



j 



f 



LOR SI 

Loist et Loit. Mesme chose que loise. 

Qui prend à d'autre lieu proTende, 

Loit-il de lai en faire autant. (Coquillard,) 

Lombardie. Estoffe, (Voyez Manteau.) 

Longlere. Sorte de napes. (Du Pont] 

Longis. Un musard. 

Lonny. Mettre à Yonny^ à sac et destruction. 

Loois. Louis. 

Lopiner. Croustiller. (Rabelais.) Lopiner une terre, 
on une maison, selon la Coustume d'Angers, est en faire 
des topins. 

Loquence. Parole. 

Loquet et Laqnet ; De lukettuSj diminutif de lucus. 

Loqueteux. Déguenillé, ainsi que loques et louchets. 
(Le Ducbat, notes sur Rabelais. Nicot.) 

Loquus.HatbioIusdit : < Ses cheveux meslez loquu$. » 
Lor. Leur. 

Lor hiaomes ont en lar chief mis. {Perceval.) 

Lorée. Bord, le long. 

Car l'homme foy ressemble à son ouvrage, 

L'arbre planté iorée d'un riyage. 

Qui son non fruict produit en la saison. [Marot.) 

Loreins. C'est-à-dire, des resnes. 

Son lorainy et sa cheTeture, 

Son poiral, et sa feutrure. {Perceval.) 

Lores. Lors. 

Lorgne. Qui marcbe le dos et la tête baissée*. Ce mot 
Tient de Xoçâôç, d'où lordus^ qui en bas Latin signifie la 
mesme chose : et de-là lorgner, parce qu'on ne peut dans 
eette posture regarder que de costé. Frapper torche- 
lorgne, c'est frapper à tors et à travers. (Rabelais.) 

Loriots. 

Femmes porteront des loriots. 

Et les hommes de grands poriaulz 

Vélos, qu'on emprunte aux barbiers. {Coquillard.) 



32 LQP 

Los. Les, seloa up Livre apcien cité P?r C^^siç Nostra- 
damus, intitulé: « Los noms d'àqiiels que'flfont tansons 
« et syrventes. » 

Los. (Voyez l^Q^,) 

Losange. Loi^ange. (Voyez Gones, LQMng^ere, el 

Niert.) • .-^' ^ ^ 

Losanger. Blasmer. (Marot.) — Losanger. Trom^r. 
(Pasquier, qui le iire de malien 7aî&înffttflr.) Alain Charficr 
dit : 

Amours est crqel lozangier, 

Ç.e mot vient de {tfau^, selon Ménage. 

Losanges ou Lausanges. C'est-à-dire, quané, 
ayant les pointes en haut et en bas. Ce mot est dit de 
lauranges^ selon Scaliger, parce qiie les losanges appro- 
chent de la feuille de laurier. ' • 

Losangier et Lozangiere. Loueurs, flatteurs, 
causeurs. (Nicot.) 

LoçseL Sentine, égûut de Navire. (Honet.) 

Lot, lodSy m, et laouds ; c'est la mesme chose, sdon 
Galland, e» son Franc-çiUeu4. (VQve? HylQis.) Ce mol 
signifie devoir. (Pasquier.) Il vient de lod, et celuy-cy de 
allodium ; d'où est venu alleud. 

Lotir. Partager; et m, partage. (Ragu^u. Marot.) 

Lots et retenue. [Sont les droits dus par racquéreur 
au seigneur censuel. (Laurière, filoss. Droit français.)] 

Lou. Un loup, yillon dit: 

le donne six heures de lou (six testes.) 

jLo^agier. Loc^tairp, qui tient à loyer. (Monet.) 

LoiM^he ou Louobât. Un sarcloir, appelle en UA- 
Ifuedoc vji aissadou. 

Louejreç^e. Fem9ïe ,qui don^ le» jQu^S^- ^^^"1 
Loupe. Lopin ; de lobus^ ou Xoôàç, auri4^ula. 
Lourche. Sorte de jeu du tems de llabelais. I^uwJ 
a>t^^t^à:un,homme (lui pa^ de » 



r 



LUC 83 

femme estoit devenu Jean ou double-Jeatij comme on 
parle, et il se dit dans cette signiflcaiion dans le cinquante- 
deuxième des irrests d'Amours. Pasquier, lettre 13. du 
16. liv. a dit: < demeurer lourde >, pour estre frustré 
dans son attente^ estre dupe, estre le sot. 

Lourdier. Grossier, manant vestu à la paysanne 
d'une chemisette remplie de coton. (Le Duchat.) 

Lourdln. Idiot, grossier, ignorant. (Le Duchat.) 

Lourdois. Sot. Rosier Amoureux dit : 

Plus ie coignois que mon parler lourdois^ 
Ma aotte rime escrite de lourds droits. 

Loure. Grande musette ; et lourour^ est celui qui en 
joue. 

Lourpldon. Femme mal propre. Rabelais, livre i. 
chap. 49, dit : « Feust avisé par une vieille laurpidon. » 
Ce mot semble venir d'horripidon, orpidon, et par Vincor- 
poration de l'article, comme en landier^ lorpidon, et 
suivant l'ancienne prononciation, lourpidon. 

Lont. Lavoit. (Perceval.) 

Loaviels. Affamé, qui meurt de faim. (Nicot.) Manger 
louvielsement^ dévorer ce que l'on mange, comme les 
loups affamez. 

Louvre. C'est le Palais Royal. Il vient de ce qu'il 
s'appelloit anciennement turris luparœ. (Ménage.) 

Loz. Louange. Mârot, 3. Opuscule, dit : 

Certes, c'estoit afin qu'en Timitant, 

A l'avenir ie chantasse le loz 

De toy (ô Pan) qui augmentas son clos. 

Lozangeurs. C'est-à-dire, mocqueurs. 

Tels lozangeuTB tous pleins d'envie. (A. delà Hoie.) 

Lozangiere. Mocqueuse. Voyez Niert. (Fauchet.) 
Lozze. C'est-à-dire, par sort. 
Lu. La lumière. (Nicot, Monet.) 

Lubeme. Pantbere, fumelle du léopard. (MoneL) 

Lac. Un lutb. (Nicot.) 

n. 5 



34 LUT 

Luculentement. Comme il faut. 

^Lucum ou Lugum.UneTour: d'où vient LimiBeift 
ou Lugothecia^ et par sincope LuteeiOj c'est-à-dire. Farte. 
Or Lugothecia, c'est-à-dire, belle Tour« 

Luench. Loin. (Voyez Jau%ir.) 

Laés. Dès aussi-tost, après que. (Perceval.) 

*Lug. Un corbeau, venant du mot Arabe lukeha^ qni 
selon Bochart, en son Phaleg, dénote la mesme chose. 

Lugda. La foudre ; d'où vient Lugdunum, Lyon, selon 
l'ancienne Cronique de Schedel. 

Lugdunum. [Mot d'origine gauloise ; Lyon. En 
celtique, Dunum signifie montagne et de Lug^ désiré.] 

^Lugos. Un corbeau. (Charron, Histoire de France.) 

*Lugum. Tour. (Pomponius Mêla.) 

Luie. Une lieue. (Perceval.) 

Luire. Lumière, clarté. 

Car la Lune par son cler luire 

Seult aux amans mainte fois nuire. {R, de la Rote,) 

Luissel. Luiseau ; et luisselet de fil, c'est-à-dire, tm 
peloton. Ovide ms. où Ariaoue dit à Tbésée: « Cest 
< luissel de filé tendray. » 

Lumer. Éclairer, luire. (Nicot.) 

Lumillette. Eupbraise, berbe. (Nioot.) 

Lunedi. Lundy; de liinœ dies. 

Lunete. Parce qu'elle semble tine petite Lane. 

Latece. Paris. Ce mot vient du Mont Leucotoë, c'est- 
à-dire, blanc, comme qui diroit Leucofhecia^ Ptolomée 
l'appelle ainsi. Et Lascaris dit : 

Nativo Leucoteciam candore coruscam 
Dlxere, ex et ymo Gallica terra tao. 

Lutetia. De Lutoricia, de Luceeius, c'est-à^re, de 
Louis. Et Lutecia Parisiarum^ de naçà taSa^ à cause 
qu'il y avoit un Temple d'Isis à Issy : ce qui se confirme 






MAC 35 

eo ce Qu'on en a trouvé diverses statues, dont M. Jouvin, 
docte Médecin de Paris, en conserve quelques-unes. 
Néantmoins, il est bon de désabuser ceux qui prennent 
aoe statue de Saint Michel, pesant des âmes, qui est sur 
Boe Eglise de Paris, pour la Déesse Isis. 

Lothon. Lutin, esprit follet. 

Si n'est-il loup, louve, ne louveton, 

Tigre, n'aspic, ne serpent, ne luthon, (MaroL) 

Lutrin. Un pulpitre ; de lectrinum. (Voyez Letteri.) 

Lujrsean. Vaisseau de bois, ou pierre. (Boûillus.) 

Lnyule. C'eslrà-dire, le triolet, iilalleluya, des Latins 
trifoUum acetosum. Hortus sanitatis. 

Ly. Luy. Marot, Epitre 24, dit: 

C'est pour Marot vous le cognoissez ly^ 
Plus iég:ier est, que volucres cœlù 

Lyée. /oyeuse, et jolie. 

Faire la Lype. Ce mot vient de Ximrj, tristUiœ. 



M 



Maalgnez. Estropié. (Vigenere.) 

Macaut ou Magaut. Besace. (Nicot.) 

Macé et Macbé. Massue. (Voyez Massue.) 

llacbau. Une grange ; vient de macholum. 

Macheuré. Qui a le visage sali de suye et de charbon. 
A Metz, on appelle Rois macheurés, l'Octave des Rois. 

Macbicolis. Herses qui estoient aux portes et aux 
ouvertures des murailles d'une Ville de guerre^ 

Macle. (Voyez Maille.) C'est un terme d'armoiries, 
dénotant une espèce de losanges. C'est aussi quelque 



36 HAH 

poissoDy selon Rabelais, qui dit : « Us furent plus mneb 
« que macles. » 

Maçon. Ce mot vient de machio^ et celay-cy de 
machina; parce qu'avant rartillerie on les employoitfort 
à faire les machines de guerre. 

Macue. Massue. (Voyez Coterel.) 

Madlene. Juron ancien, venant iet^àâia. 

Madier. Une grosse table de Pâtissier. 

Madré. Moucheté. (Monel.) 

Madur. Meur. Inscription du Ghasteau de Maseres, 
en Foix, que j'ay mise en mes Antiquitez de Castres: 

El es escrich sal Castel de Maseros, 
An ton Segnour non partisque las peros ; 
Car el prendra per el las pas madurosy 
Et te rompra lou cap an las pus duros. 

C'est-à-dire, qu'un Subjet ne se doil iamais prendre avec 
son Seigneur; car. bien qu'il eust droit, il tombera des 
dépens. 

Magagne. (Voyez Glouper.) 

Mage. Sage. Ce mot est Persan. 

Magion. Demeure, de magns : d'où maison. 

Magnan. Maignan, Chaudronnier. On dit en 
Bourgogne maigniety qu'on prononce maignié. 

Magnie. Heslange de gens. 

Magnifier. Exalter. (Monet.) 

Magnitude. 'Grandeur. (Vigiles de Charles Vli.) 

Maguelet. Senelles, fruit de Vaubépine. (Rabelais.) 

^Magum. Demeure, habitation: d'où vient Rotho- 
magum, Rouen, et autres noms de Villes fmissans de 
mesme. 

*Magus. Ville ou Gué : d'où vient un masage, c'est- 
à-dire, Village ; et Rigomagum, Cœsaromagus, etc. 

Mahaignié. Tourmenté, mal-traité, meurlry. 

Mais mehaignez esfoit de corps. (Perceval,) 



MAI 37 

Mahitis ou Mahul. Mathieu ; et Mahaud, Mathieuë. 

Mahntre. Un bras ; un homme sot. 

Bon Mai* Avoir bon mai, avoir bon temps. 

Mai pu Mait. Huche à paitrir la paste. (Monet.) 

^Maiatae. Une campagne ; de meak, plaine. 

Hai-Diea. Ancien serment, qui signifie m'aime-Dieu, 
ou plQstost m'aide-Dieu : d*où venoit Dieu m'aye. 

Maier. Maire d'.une Ville, venant de major. (Nicot.) 
C'estoit aussi un Maistre de Cavalerie. (Pasquier.) 

Maigne. Petit lait. (Monet.) 

Maignen. Chaudronnier. (Nicot.) Voyez Magnan. 

Maigresse. Maigreur. (Voyez Palisseur.) 

I Maigue ou Mesgue. Du petit lait. 

i Mail. Marne, espèce de ciment. (Monet.) 

Maille de ré. Quarreau, dite macula: d'où vient une 
\macle, terme d'armoiries. De-là vient aussi une mai/te, 
I sorte de monnoye qui estoit quarrée. 

I Mailler une terre, la marner. (Monet.) 

Maillets. Armes anciennes, ayant un maillet de fer, 

00 de plomb. (Fauchet.) 

Maillon. Le maillot des enfans. (Villon.)* 
Maillotins. Séditieux sous Charles VI. 
Main. Matin. (Pasquier.) 

Sire, eil qui fit soir et main. (PercevaL) 

Haci, vient du Latin manCy et celuy-cy de manare. 
! Maindras. Tu demeureras. (R. de la Rose.) 

1 Maine. Puisné ; comme qui diroit moinsnayy ou 
iMindf^e nay. D'où maindtge^ enfans, en Languedoc. 

Main-ferme ou Gotterie. Terre roturière.- 

Mains. Moins. 



1 



38 MAI 

Mainsné. Puisné. (Songe da Verger.) 
Maint. Certain. Fontaine des Amoureux dil : 

De maint homme, et de mainte femme, 

Qai ont bon los, et bonne fome (renommée). | 

Maint, signifie aussi il habite, ou loge. (Perceval.) 

A Maintes. C'est-à-dire, par Ibis, jusques à. 

Maire de Ville. Gouverneur. (Voy. VirMaire^Moiêr.) \ 

Mairraln. Pièces de bois entassées, pour faire des j 
tonneaux. Ce mot vient de materiamen. 

Mais. Plus, ou davantage, de magis. . 

le déclaire que n'en pais mais. (Villon.) , 

Maiscelle, et maisselle. Joue, ou macboire; de t 
maxilla. (Perceval, et la Bible Historiaux.) 4 

Maiselier. Boucher ; de macellum. 

Mais-hui. Ce jour, de ce jour. « Mais-huy je ne 
» bouge d'ici. > (Monet.) — Mais*hui. Du moins, ores, 
jamais. « Il est mais-hui tems que tu saches quelque 
» chose étant vieil. » (Monet.) 

Maisiere de champ ou vigne. Je crois que c'est va» 
baye, ou autre séparation. 

Et li deable saut arrière, 

Qai s'estoit mis en la mesiere. 

En TEglise. {Percewl.) 

Maisnée. Puisnée. 

Maison, mas, et masage. Viennent de man$io. 
Maisoncelle. Une maisonnette. 
Malsonner. Faire des maisons. 

VieUlesse acquiert, bastit, tnmonn«, 

leunesse du bon temps se donne. {Bios, dés f. Amamt^ 

Maisté. Majesté. (Voyez Dévier.) 

Maistrement. Magistralement. (Pasquier.) 

Maistrie. Domination, selon Villon ; eX subtîbîKté, 
ou science, selon Fauchet. 



r 



MiL 39 

Malstrier. Dominer^ seigoeurier. (Froissard.) 

Mal, ou Mallohergs. Auditoires publics ; d*où vient le 
mot de Maubergeon^ Tour âè Poitiers : vient de maUuè. 

Maladeiie. Hôpital de ladres. (MoneL) 

Maladeris. Imprudeace. (Nicot.) 

Malage. Val. 

HalaiL Maudit. On dit maladit, ^n Quercy. 

Malan. Défaut. (Voyez Maison.) 

Malandre. Maladie difficile à guérir. C'est aussi un 
mal aux pieds des chevaux. 

Malangin. Dole, fraudeu (Monet.) 

Malaatm. Malheur, comme qui diroit-mauixais astre; 
d'où vient qu'on dit en Languedoc, du moins les paysans: 
^ bon estrug vous sio, > bien vous soit ; et estruga^ féli- 
citer, souhaiter de bons Astres. 

Maie. Une maille. (Pathelin.) — Maus. Mauvaise, 
médiante. Marot, Elégie 21, dit : 

n faut aussi ({ue de rien tu ne doutes, 
Qu'eUe &e wA la plna maie de toutes. 

Mal«boach6. Médisant. 

Et ce ^e faire en secret on prétend. 

En plein marché inaM>au€he rentend, iJUarjoi,) 

Malelçon. Malédiction. (Bible Hi&toriaux.) 
Maleir. Maudire. (Pasquier.) 
Malement. A peine, mal, méchameat. (Monet.) 
Malerit. Maudit. 

lÀ maUrity U mescheant. <0i;û2e.) 

Folles Maies. Actions foies. (Pathelin.) 

Maletoulte. Extorsion, imposts extraordinaires ; et 
MaltouUers., sont ceux qui lèvent ces imposls : ce qui 
^lient du mot toUir^ c'est-à-dire, ester. 

Maletoat. Mal acquis ; de mal et toUu^ osté. 



•1 



40 MAL 

Maletontier. Vivant d'extorsions. 
Malearé. Malheureux. 
Maleurete, et malheurté. Malheur. (Boëce.) 
Malfez. Homme meschant, diable. (Voyez Maufel.) 
Malbeurées. Malheureuses. 

En faisant feu de flamme salphvrée 

Pour la nouveUe oay tant malheurée, {Marot.) 

Malbearité Malheur, ms. des Mémoires de Paris 
contient ces vers : 

Elle se dit Goncier|^ et Ghastelaine 

De mon séjour, par TiUes, bois et plaine, 

Et me contraint vivre en malheurtté. 

Le Malhonteax. De matrice. (Lespleigney.) 

Maliance. Mon alliance. (Bible Historiaux.) 

Maligneuse. Meschante. Flamel, en son Roman cou 
Sommaire Philosophique, dit : 

Une fumée venimeuse, 
Mal odorante et maligneuse, 

Mallus, mallutn. Lieu où se rendoit la justice. 

Malotni, et malostru. (Pathelin, Pasquier.) Hngoes 
de Bersy remployé pour misérable, pôure. Il vient de 

Maloz. Tahon, ou bourdon. 

Tousiours doit li fumier puir. 

Et tahons poindre, et maloz bruire, 

Envious, envier, et nuire. (Ch, de Tiraye$,) 

Maltalent, et maltalentive. En mauvaise volonté 
plein de dépit; chagrin, affliction. 

Triste de nui et, Rémissoit sans séjour, 
Fondant sur pied d'ennuy et maltalentj 

Gomme la glace au soleil foible et lent. {Marot.) 

I 

Malthe. Espèce de ciment, sorte de bitume dont les 
Asiatiques platroient leurs murailles, laquelle étant | 
allumée, s*embrasoit plus fort, lorsqu'on jettoit de Teaa ^ 
dessus. G'esloit aussi une composition de cire et de poix, ! 
dont on platroit les tablettes des Juges. (Monet.) 



J 



r 



MAN 41 

ItelYes. l(i9SGbafito. (R. de la Rose.) (Voy. Dâseneurer.) 

Malvois. Mauvais. (Abrégé de }a Bible.) 

M^atne. Mon ame. 

Han. Un homme , en ancien Gaulois ; d'où vient 
Allemauj c'est-à-dire, tout homme. (Bocbaft.) 

Manable. Habitable. (Nicot.) 

Manatidié. Richesse. <Pauchet.) 

Manbonr. Tuteur. Froissard dît: « Et y aura quatre 
< manbûUTSy pour gouverner ses biens, n 

Maaburale. Tutele; de Talleman imndiburnium. 

Mancberon. La manche. 

Deax filles de chambre ont la CQtte, 

Cotte verte, et les mancherons. 

Et le pias souvent chaperons. {Stttyres Chrest) 

Mancbot. Estropié. Ce mot vient de maneus. 

Mancipe. Un esclave* selon le Blason des fausses 
Amours : « Chetif comme un pôure mancipe. > Ce mot 
Tient du Latin mancipium; et celui-ci de manu captus. 

Mand. Mandement; et command pour commande- 
ment. (NieaU) — Mand, et mant^ mande. (Voyez Kansou.) 

Se li dites que le li mant. (PercevaL) 

Mandegloire. Mandragore, herbe. (Monet.) 

Mandosiane. Épée fort courte, appellëe de la sorte 
Vpareoiinent de quelque Seigneur Espagnol de la maison 
de Hendosse qui en avoit introduit Tusage. (Le Duchat, 
Notes sur Rabelais.) 

Maneqnin. Petit panier ; comme aussi une petite 
flgure humaine de bois, ayant des articulations, dont les 
Peintres se servent. 

Manequinase. Sculpture dans un édifice. (Nicot.) 

Rien les piliers, bases, ne chapitraux, 

Antiquailles à Tentour du feuillage, 

M0B le kmferisi, rien le manequin^ige, (Pasquier.) 

n. 6 



l 



42 MAN 

Mangse, mangana, ou mangùnalia^ machine des 
anciens Gaulois. (Bocbart.) 

Mangeurs, et gasteurs^ ou gastadours^ soldats mis 
engast et garnison chez les débiteurs contumaces. 

Li Mangiers. La table. (PercevaL) 

Mangones. Gueux ; de TAUemand metigen» 

Mangoniaux, mangofieaux, ou mangonels; en Latin 
mangoneUi. C'est une machine antique, de laquelle 
Faucbet n'a pas connu Tétymologie. J'estime pourtaal 
qu'elle vient de iiàyyayw^ c'est-à*dire, machine ou fonde. 
11 en est parlé dans Froissard, en ces moU> : • lettoient 
« grosses pierres et mangonaux , qui abbatoient les 
« maisons. » 

Maniage. Maniement. 

^Maniaci. Vestement des Gaulois. (Bocharl.) 

Manne. Un pannier. (Caton.) 

Mannon. Des hommes. 

Mannulus. Cheval, en François ancien. 

Manoie. Mémoire. (Perceval.) 

Manoir. Une maison. C'est aussi un verbe signifiant 
habiter ; et vient de manere. 

Mansai. Mansau, natif du Mans. (Monet.) 

Mansai. Denier jadis frabriqué au Mans ; le double da 
denier Tournoy. (Monet.) 

Mansai (sol). Le double Tournois. (Monet.) (Voyez Sel.) ^ 

Mansion. Demeure. De-là le mot maison. 

Mansioner. [C'est celui qui habite au fief du seignei 
et y est estagier. (Laurière, Gloss. Droit français.)] 

Mant. Mande. On disoit, le vous command. 

Se li dites que le li mant» (Perceval.) 

Mante. C'est un habit de femme. (Perceval.) 
Manteau. Ce mot, comme aussi le précédent, viefr 



r 



MAR 43 

nenl, selon plusieurs, de mandne, mot Persans. (Voyez 
Pannes.) D'autres font venir ce mot de fiayâbyr^: d'où vient 
nmmandille^ ou bien de inantica^ besace; parce qu'on 
porte un manteau, comme les besaces; c'est-à-dire, partie 
devant, partie derrière. D'autres enfin le font venir de 
manw, et de tego. 

Mantel. Manteau. (Nicot.) 

Mentonetes. (Voyez Pannefi.) 

Maquereau. Ce mot vient de macula, tache, parce 
qu'anciennement on leur faisoit porter un habit bigarré, 
selon Tertullian de Pallio ; ou du mot Hébrieu makar^ 
c'est-à-dire, vendre. 

Maquignon. Vient de mangOj ou mangonisator. 

*Mar, ou Maur. Un grand Seigneur ; comme aussi en 
langage Breton, qui est le reste de l'ancien Gaulois. D'où 
viennent les noms de Condomarus, Civismarus, Combo- 
lomaruSj Induciomarm, Viridomarus, TentomaruSy du 
mot Syriaque mar, c.-à-d. Seigneur, selon Bochart. 

Marachemin. Herbe, selon Lespleigney. 

Marastre, et autres mots en Astre, dénotent une 
espèce de la chose, mais moindre, et qui a dégénéré, 
comme mentastre; ainsi parastre. 

Marboutin ou Mareboutin. Mot usité es Chartres 
des Rochelois. (Nicot.) 

Marc. La lie ; et vient de amurca. — Marc. C'est un 
poids d'Orfèvrerie. 

Marche. Marque ; et vient de mark^ ou marc cheval. 
— Mârchb, vient de mercer, mol Hébrieu, c'est-à-dire, 
vente. — *Marche signifiant frontière, vient de mark^ 
Aeval, comme aussi marchir. 

Marcher. Confiner. (Pasquier.) D'où vient marque, 
ou marche, c'est-à-dire, frontière. 

Marchir. Être frontière, confiner. (Monet.) 

Marchls, ou Marquis. Vient de ce qu'ils estoient 
establis pour garder les frontières du RoyaumQ. 






^ 



44 MAR 

Marchtosant. Qvii eanûne. (Ilonel.) 
Marcir. Affliger. 

Bien me puis marcir et douloir. (Ovide.) 

*Marck, ou mark, un cheval, en vieux Gaulois, et 
mesme en ancien Allemand , selon Pausanias. D*où 
viennent les mots de Mareschal^ et de Marquis; oomme 
aussi ceux de marché^ marche, marchanda marcher, 
marquer. Mais Pauchet dit que cela signitloil on boa 
cheval; ils appelloient les médicamens bons, wilis; et 
les moindres andarnaca. Ce mot de marck vieûtde ramak, 
qui en Hëbrieu signifle une jument, qui joint à schal, 
c'est-à-dire, offlcier ou serviteur en Alleman, forme le 
nom de mareschal. De là est venu aussi le mot de tri- 
marche, parce que, selon Pausania$, cbaqae Ctvtlier 
marchoit à trois chevaux. 

Marcomire. Chevalier-Médecin. (Bouchet.) C*est le 
nom d*un flls d*Anlhenor. 

^Marcomirus. Roy Gaulois ; venant de mer. Grand. 
(Pontanus.) 

Marel ou marrel. C'est une tnarque, comme aussi no 
jeu d*enfant, à ranger trois pierres sur une mesme ligne. 

Marelle. Tromperie, à mon advis. 

. . . . veu qu*elle s'applique, 

De bailler si lourde marelle, 

Et tromper la chose publique. (CoquiUard*) 

En Languedoc» un monceau, ou assemblage de choses. 

^Mareschal. Gouverneurs de jumens, car nm 
signifle une jument. Signifie aussi chef de cavalerie et 
aussi médecin de chevaux, de mire et cheval. Mark en 
ancien gaulois, cheval et frontière. 

*Marga. Selon Poido, signifie' fertilité, en ancien 
Gaulois ; d'où viennent les mots de Aymargues, c'esi-à- 
dire, lieu fertile, etc. au bas Languedoc. — ^MABoiet 
maria. Sorte de terre, comme aussi Gliscomarga, c'est 
la Marne. 

Marguillier. Ce mot vient de maire d'Egliu, on de 
matricularim. 



MAR 45 

M arianles, et mariolet. Qui n*est pas digne de foy. 
(Ragueau.) Fripon, voleur, scélérat ; deritallen marivolo, 
qui signifie la mesme chose. (Le Duch,^ Notes sur Rabel.) 

Marinette. La pierre d*aimant: 

Par vertu de la marinette^ 
Une pierre laide et noirette. 
Ou li fers volontiers se ioint. 

Marjolet. Damerel. Gratian du Pont, dans ses 
Controv. des sexes mas. et fém., dit : 

Maints mugaeteurs, amoureux, marjoleiSy 
Les uns fort beaux, et les autres fort laids. 

^Marka. Cheval. Leges Boariorum. 

Markgrave. Seigneur de frontière. 
*Mapl. Couteau. (Voyez Braquemart.) 

Mariette. Sorte de mantelet d*esté. (Rabelais.) 

Marmiteux. Triste, abbattu de douleurs. 

Ouy, car je sçay seurement, 

Que ceux qui ai meut autrement. 

Sont volontiers tous marmiteux, (MaroU) 

Marmontier. Abbaye ; de majus monasterium. 

Marmouser. Remuer les lèvres, comme les 
Marmots, ou Singes. On dit aussi marmoter. 

Marmouset. Le mignon du Prince. (Ragueau.) 

Marne, ou marie. C'est une terre blanche, dite en 
Latin marga^ ou marginella. 

Maroche. Herbe nommée marrubium. 

Marois. Un marais ; de marey la mer. 

M aronier. Marinier. 

Voulsisse quMl semblast Testoile 

Qui ne se muet, moult bien le voyent 

Les maroniers qui si avoyent. (Bible Guyot,) 

Marpaut. Homme qui prend toujours quelque chose. 
Marran. Juif, de MarranuSy sçavant Rabin. 



46 MAR 

Marrane. Maladie épidémique. Sorte dinjure. 

Il avoit bien tes yeux de rane, 
Et si estoit fils d'un marrane 
Gomme tu es, etc. (Marot.) 

Marre. (Voyez Tintamarre.) 

Marreine. De mater; comme qai diroit matinœ. 

Marrement. Douleur, déplaisir. 

Marrlr. S'affliger. (Coquillard.) 
MarrissoD. Fâcherie, tristesse, chagrin. 

G*esttrop souffert de peine et marisson 

Pour le plaisir d'une jeune fillette. {Marot.) 

Marrons. Habitans des Alpes. (Rabelais.) 

Marseille. ViUe, vient de /u5<r<r« religare, et àitcf^ 
Piscator. Cette Ville a esté tenue long-temps parles 
Grecs, à sçavoir par les Phoccnses. dont il reste encore 
un mémoire, à sçavoir le Chasleau de Fox. On y envoyoil 
la jeunesse, comme à Athènes. J'ai une médaille ayant 
d'un costé un Lyon, avec ces deux mots au-dessus, 
MASSA. Je ne sçais si elle est de sa fondation. 

Marsoleaux. Des linotes, sorte d'oiseaux qui ont la 
gorge rouge. On les appelle ainsi en Anjou. 

Marsouin. Le Dauphin, selon Belon, au livre du 
Dauphin, de maris sus, cochon de mer. 

Marteaux. Jeu qu*on fait avec des pierres rondes 
qu'on jette en haut, les faisant choquer. 

Et cinq pierres y met petites, 

Du rivage de mer eflites. 

Dont pucelles aux marteaux jouent, 

Quand rondes et belles les trouvent. {R, de la Rose.) 

Martes. Jeu avec des pierretes rondes qu*on jette en 
l'air, comme les osselets. (Voyez A umosmere.) 

Martirer. Tourmenter. Marot, dans son Enfer^ dit : 

chers amis ! j'en ai vu martirer 
Tant que pitié m'en mettoit en esmoy. 

Martroy. Le lieu du supplice, et vient de martyrium, 
D où vient aussi que nos paysans appellent en Languedoc 



r^ 



MAT 47 

marirou, le jour de la Toussaints, comme s*ils disoient 
des Martyrs. 

Marvoyer. Extravaguer. 

Qa'il tel dael à quelle tnarvoyey 

De son sang, et esrage vive. (Perceval.) 

Mary. Vient de mas maris. 

Has. Monceau, amas de pierres, etc. (Monet.) 

Maschoure. (Voyez Macheure.) 

Masil. Un masage, ou village. (Perceval.) 

Masnie. Une maison. (Villehardoûin.) 

Masque. Sorcière, en Languedoc ; de masca^ un faux 
visage : d*où vient que les chiffres occultes estoient 
appelles Hterœ tamalascœ. 

Massa, masure. Reste de vieux bastimens, et vient 
de mansuSf ou mansura. 

Massers, ou Maciers. Sergens d*armes qui portent 
les masses devant le Roy. (Boutiller, Somme Rurale.) 

Massue, machue^ et mace. C*est une masse d'armes, 
ayant le bout fort gros. C*est ce que les Latins appellent 
elava. On voit représenté ordinairement Hercule, avec 
une telle sorte d'armes à la main. 11 y en avoit de diverses 
sortes. J'en ai une dans le manche de laquelle il y a un 
petit moulin ; ce qu'on faisoit, afin que les Soldats peus- 
sent moudre leur bled dans la nécessité. Les Gardes du 
Corps du Roy en portoient; et à cause de cela, on les 
appelloit les Massiers. Cronique de Flandres dit : « Et se 
« lerit emmy Testour, sa mace en sa main ; et sçachez. 

• bien que ceux qu'il attaquoit, n'avoient que faire de 
« mire » (c'est-à-dire, de Médecin.) 

Mat« Vaincu, ou abattu. (Perceval, Marot.) Rabelais 
dit: « Craignit qu'on mit, rais, bas, mat, l'Empire. » 11 
vient fîu mot Hébrieu mat, c'est-à-dire, mort ; d'où vient 
le mol Espagnol mattare. — Mat, et m^tte, signifle aussi 
par fois, triste, confondu et froid. Villon dit : « Pion y 

• feront matte chère » (froide mine.) Casse, en la Vie 
de Richard I. Duc de Normaïidie, s'exprime ainsi : « Bien 

• Guide avoir Normans matte% et confondus. » 



^ 



Matagot. Fanatic(M , viâtonnaire ea matim de 
Religion; de rAlleman Got, Dieu, et de ritalien maU», 
fol, insensé. (Rabelais.) 

^Matara, mataris et materis. tn dard ancien. 
(Strabon , César Nonnus.) Arme antique des Gaulois. 
"(8001).] C'est sans doute le matras ou flesche à boulrood. 

Matassin. Danseur de boufons, masqué, baladin. 

MatassiAer dezmaiM. Folalrer, gesticuler des mains, 
comme les boufons, les baladins. (Nicot.) 

Mater. Tuer, assommer. De l'Elspagnol matar, 

Materien. Vieux mot ; d'où vient marrein. (Pisq.) 

Matire. Matière. 

Or Tttei commencer ma matière. {Ovide.) 

Matras, ou matras. C'est une sorte de dard ancien 
ayant grosse teste, qui ne perçoit pas, mais meortrissoit, 
fait à la façon des fioles que les Cbimisles appellent aussi 
matraSt qui ont le fond tout rond, et le col fort loog. 

Matrasser. Assommer de coups. 

Maubec. Médisance, méchante langue, appellée dans 
le Roman de la Rose malebouche. 

De ne doiinir, mais rire, cependant 

Que sans dangef, maubec et jalousie 

Sont endormis au lict de fantasie. (Maroi.) 

Maubouge. Droit ou impost sur le vin. 

Mau-de-pipe. Ivresse. « Mau-de-pipe vous. ivre •• 
c'est-à-dire, puissiez-vous tomber mort ivre: imprâcatioB 
usitée en Languedoc et en Gascogne» où on appelle 
mau-de-pipe, l'ivresse, parce que c'est le vin de la pipe 
ou tonneau qui la produit. (Le Duchat, Notes sur Rabelais.) 

Maudoule. Mal-adroit. De malè dolatus. 

MaudouréetMaudolé.MaUbâti, mal fait, maroufle; 
d'où les Toulousains ont fait moudoutro^ grosse teeie 
d'&ne, idioL (Rabelais.) 

Maudnit. Mal conditionné. (Monet, Micot.) 



r 



Haqffais, et maufez. Ce sont4ed lutins, ou démons, 
oomme qui diroU malfaisans. 11 se prend aussi pour 
meschant. (R. de la Rose.) 

Maogouvert Dissipateur, bomme qui se conduit 
mal. (Rabelais.) 11 se prend aussi pour mauvais régime. 
Laurent Joubert, dans ses Erreurs populaires, dit que 
l'enfantement peut être avancé ou reculé p^v maugouvert. 

Maulubec. Chancre qui ronge le nez et la bouche. 
(Rabelais.) Laurent Joubert écrit mauloubeU mauvais 
petit loup; ce qui selon lui signifle loup^ sorte de chancre 
ulcéré qui vient aux jambes. 

Maussade. Sale. De mal sade^ ou de m4ilè salus. 

Mautalant. Déplaisir. 

Caides-ta v'a par vain prier 

Hont mautalant amolier ? {Ovide.) 

Mauté. Mauvaistié, méchanceté. 

Bien li semblés de cruauté^ 

De félonie et de mauté. {Ovide.) 

Ce mot est abrégé de mauvaistié^ selon la coustume des 
anciens Gaulois, qui abrégeoient fort les mots, au con- 
traire de plusieurs autres Nations. Ainsi nous disons 
perdre^ en deux syllabes, quoiqu'il vienne de perdere ; et 
prononçons pan, pour paon. Ce qui marque comme la 
Langue Françoise aime Tabréviation. 

Mauvaistié. Méchanceté. 

Là en pablic on manifeste, et dict 

La mauvaistié de ce monde maudit. {Marot.) 

MauvalUé. Incommodité. (Ilonet.) 

Medieu. Milieu. (Nicot.) 

Medique. Sain-foin. (Nicot.) 

Mege. Médedn. (Voyez Vac.) 

Megedux. Mareschal. (Villehardoiiin, livre 3.) 

Megine. La vérité. In megine, en vérité. 

MegiMier. Tanneur. 

n. 7 



L 



50 



MËM 



Metaaigné. Meurtry, estropié ; d'où vient magagne, 
mot de Languedoc, qui signifie misère. 

Mehaigner. Estropier. 

L'ung adoulcist, l'autre mehaigne. {Alain Chartier.) 

Mehaln. Tourment, estropiement. 

En 6uer malade d'un meshain 

Lé couvetise, de gilzain. {R. de la Rose,) 

Mehangne. Apoury, ou recreu. (Pathelin.) 

Foibles et vieux et mehaignezj 

Par qui pains ne sont plus gaignez. {R. de la Rose,) 

Mehaulx. Incommodé. 

Melgue et mesgue. Du petit lait. 

Melller. Mouiller. (Perceval.) 
Meillor. Meilleur. 

Melancolier. Attrister^ chagriner. 

Tu y verras un mort triste et blesme, 

Qui ne s'entend te melancolier, {Marot.) 

Melancolieux. Mélancolique, triste, chagrin. 

Lors devient melancolieux^ 

Car à la fin sont les beaux jeux. {RI, des f. Amours,) 

Mêlée. Une querelle. 

Mêles. Perceval employé ce mot en ses Vers ; mais je 
n'en comprens pas bien le sens : 

Unes armies riches et bêles, 

Dont d'or et d'argent sont les mêles* 

Fors qu'il y eut les neles ; la neleure estoit un émail. 

Méiose. Sorte de bois, que Rabelais prend pour le 
larix. ou bois incombustible de Yitruve. 

Melusine. C'est le nom d'une Dame illustre de Lusi- 
gnan, dont il se trouve un Roman, et vient de Melisende, 
nom de femme^ autrefois comnmn en France, selon 
Ménage. 



Membre. Plein, gras. 

Li Séneschaux à la chère membrée^ 
Tint en sa main une verge pelée. 



{R. de Raoul.) 



r^ 



MEN $1 

Membrer. Se ressouvenir. (Gauvain.) D'où venoil 
rmembrance^ c'est-à-dire, un souvenir. 

Memorer. Raconter. Lespleigney dit : 

Et froide au quart la vous memore. 

Menade. Suite, traisnée. (Goudouli.) 
Mencion. Une maison. 

Les villes et les mencionsj 

Et les diverses régions. (Ovide.) 

Menconge. Mensonge. 
Mencongnable. Mensonger. 
Mende. Certes. 
Mendent. Ils se réjouiront. (Kéron, Lipse.) 

Mendre. Moindre. 

S'en sa largesse il veut sa main estendre, 

Aimé sera tant du grand que du mendre, (Marot.) 

Mené. Rare. Ce mot est Languedocien ; car on dit de 
bonne mené, pour dire de bonne race. 

Mener. Ce mot vient de manu àgere. 

Menestre. (Pasquier), et menestrely ou menestrier, 
un joueur de violon, ou, etc. 

Menestrele. Une joueuse de tambour , ou autre 
instrainent. 

Amenez ça un ménestrel^ 

D'aucuns instrumens. {Bible Historiaux.) 

Menestrier se prend plus pour Violon, que pour 
joueur d*autre instrument. Et on voit sur TEglise Saint 
Julien des Hénestriers à Paris, des Qgures de quelques 
bommesqui en jouent. (Voyez Bedon.) Ce mot de menés* 
trier j vient de ministère. Et dans un ms. des Mémoires 
de Paris on lit : 

Après estoient les Mènesiriers du Roy, 
Jouant des hauts instruments. 

D*autres dérivent ce mot de minus ou mantiSy et histrio. 

Meneur, eimenour, ou mener . Plus petit, moindre; 
de minar. (R. de la Rose.) Voyez Parage. 



Meime. De la manne. (Coquillard.) 

Menoir ou manoir. Maison ; de maneOj je demeure. 
Menoison. Desseichement. (Aldobrandin.) 

Menor, et menour. (Voyez Meneur,) Petit, moindre. 
Pelit Jean Monjot de Pacis dit : 

Seignor or escoutez, li grand et 11 menor. 

Menta. C'eàt-à-dire, mentastre^ herbe. (Apulée.) [La 
menthe.] 

Mentoniere. (Voyez Vouge.^ 

Menuel. Cornet. 

Un menuel qu'au col avoit, 

Sonna trois sons grands et tretis. {Perceval.) 

Frères Menus. Les Frères Mineurs, ou Gordeliers ; d'où 
par corruption, on les appelle en Languedoc, « Loas 
Framenous. • Mehun, au Codicille, dit: 

Fay mes petits enfans à qui ie suis tenus, 

Plus qu'aux poures Ëstrangiers ne qu'aux Frères Mimiu. 

Menuvoir. Sorte de peau; dite aussi menuvw. 
(Voyez Vair.) 

Chaperon d'escarlate fourré de menuvoir. (PercetMii.) 

Mequine. Servante ; de mechinah, qui en Hébren 
signifie préparant. (Voyez Meschine.) 

Merain. Dépit. 

Par merain sa lance brisa. {Perceval.) 

Merancolieux. Mélancolique. 
Merc. Marcbandement. 

Merca. Marque; de merc, espée. 

Mercaslus. [Mot d'origine gauloise ; étang, petit lac] 

Mepcepot. Petit Mercier. (Villon.) 

Merché. Écrit, marqué. Marot, Epitre i% dit: 

Qui tels beaux adieus a fait naistre 
Quand il sera ainsi marché, 
Il sera aisé à cognoistre. 



r 



Mercier, fiemereier. Maroi, Epttre S^ dUc 

Ces mot9 finis, plus de «ent et cent fois 
Me merciaj etc. 

Mercq. Marque, signe pour recont^oistre. 

Tel est des siens le mercq et le vrai signe, 

Ba({ael ne fut et n'est le monde digne. {UaroU) 

Mereau. Jetton à compter, à supputer. (Monet.) — 
Mereau. Menu caillou de gravier. (Monet.) 

Merele. (Voyez Merrelles.) 

*Merimorion. Vherhe melis&ophilum, selon Bochart, 
c'est-à-dire, la mélisse^ ou citrago. 

Merin. Sei^ent. (Ragueau.) 

Merir. Rendre le payement, ou la pureille. 

Dieu le vous sçaura bien merif. (H. de la Rose,) 

Item, récompenser. (Songe du Verger.) 

Autre chose ne m'a amour mery, 

Depuis que i'ay esté en sa baillie. (Thibaut de Champ.) 

Meris. Javelot ancien. (Fauchet.) 
Merises. Sorte de fruit. 

Pommes^ poëres, noix^ cherises, 

Cornets, pinines, freises, merises, (R, delà Rose.) 

^Merisimornm. C*est rberbe apiastrum. (Dioscor.) 
[C'est la mélisse, plante.] 

La Mérite. Ce qu'on a mérité. 
Merquedy. Mercredy. 

m 

Merra, et amerra. Amènera. (Perceval.) 

Merreles. Jeu d*enfans; de madrellœ, et de materesy 
vergetés. 

Mers. Coups d'espée. 

Se donnent de moût félon mers. (Ovide.) 

Mes. Mon. (Voyez Matire.) 

Mes. Mais. (Voyez Chalonge.) 

Mfô, et oncques mes. Jamais plus* (Perceval.) 

Et celle qui n'y ère mes vierge. (R, de la Rose.) 



1 



S4 MES 

Et joint avec d'autres mots, il signifie mal, comme en 
meê aise^ mesdire^ etc. — Mes. Plus, ou jamais. (Voyez 
Parage.) 

A cest ne TOUB vaudra mes rien. {Perceval.) 

Mesctaance. Infortune, malbeur. Alain Charlier dit : 
« Et que de ma mesehance tu ayes compassion. > Mot 
façonné sur le malus casus des Latins, qu'aucuns tradui- 
sent malcheance, et lui opposent la bonne et la meilleure 
cbeance. 

Mesghance. Meschanceté. Marot, Pseaume 5, dit : 

Tu es le vray Dieu qui meschancey 
N'aimes point, ne malignité. 

La Meschant. Malheureux, infortuné. Alain Charlier 
dit : < Adonc y seras-tu plus meschant de tant que ta y 
« cuideras estre plus heureux. » 

La Mescheans. La meschante. Ovide ms. parlant de 
la Déesse Discorde, qui n'estant pas du festin des Dieux, y 
jetta la pomme d*or, pour troubler la feste, dit : 

Despit en eut la mescheans^ 
Et pour troubler les noce ans, 
A une pomme entr'eux jetée, 
Si fù de fin or tresgetée. 

Mescheant. Meschant. 

Mescheoir. Tourner à mal, tomber en infortune, 
prendre mal. (Pathelin.) Le Reclus de Holens le prend en 
ce sens quand il dit : 

Car ce il de s'onnour de chiet, 
A tous ceux du règne mêschiet, 
Qui de lui attendent garant. 

Meschief • Malheur. (Fontaine des Amoureux.) 

Meschlne, et méquine. Fille qui sert, petite servante; 
d'un mot Hébrieu. (Voyez Méquine.) Nicot l'explique pour 
Damoiselle: et Perceval, pour une Dame ou autre fille de 
condition : 

Et li Rois mit à le meachine, 
El chief une corone fine. 

Voyez le mot DrWj où il y a un exemple comme Chryseis, 
fille de Phœbus, est appeUée meschine. (Voyez Varlet.) 



MES 55 

Or est drois ^e ie tous décise. 

En ouel manière et en cp^guise, 

lÀ fils coronas la meachtne, (Ovide.) 

Ailleurs il se prend pour une gueuse : 

Fes-moy sçaToir qu'est devenue 

Une meschine poure et nue. (Omdê.) 

Etaa contraire, ailleurs il donne ce nom à Içhigénie, 
surqnoy va au mot Termines. Par quoy j'estime que 
meschine veut dire quelquefois une fille malheureuse, ou 
misérable ; mais en général ce n*est qu'une fille simple- 
ment ; à quoy s'accorde Durans le Poète, lorsqu'il dit, au 
Fabliau des trois Bossus : 

Durans qui sont conte de fine, 

Dit qu'oncques Diex ne fit meschine^ 

Qu'on ne puet pour deniers avoir. 

Meseaa. Ladre, vilain : meselle, vilaine: etméselleriej 
ladrerie. Marot, xv. Rondeau, dit : 

Hais si plus vous advient, meselle, 
Vos reins en seroient bien galles. 

n prend ici meselle pour la maladie même. 

Meseime. Mesme ; de Tltalien medesimo. 

Mesestance. Déplaisir. (Voyez MareschaL) 

Mesgnie. (Voyez Mesnie.) 
Meshain. (Voyez Mehain.) 

i Meshonan signifie la mesme chose ; de-là vient 
i^Q'on dit en Lanquedoc, otigan, et auganasses^ pour dire 
I cette année, et l'année passée. 

I Mestaonen. Doresnavant. 

I Chaînes d'or courront meshoûe^u (Coquillard.) 

Meshni. (Voyez Mais-hui) 

Hesianlx. Ladres; et vient de misellus. {Yoy. Me%eL) 

Hesiere. Misère. 

Mesliire. Meslange. 

Souvent entouiUé par meslure, (Coquillard.) 

Hesmarcher. Mal assurer ses pies en marchant, 
^*étre pas ferme. (Nicot.) 



5ft MBS: 

Mesnage. Ce mol vient de mammi ou de fMn, c'est- 
^'A\vB^ homme : d'où viett qu'on dit en Languedoc 
mainatgé^ pour un enfant ; comme qui diroit, un petit 
homme. 

Mesnie, et vmquie. Famille» (Peroeval.) 

Selon Seigneur mesgnie duite. (A. Chartier.) 

Huy mes dirons des Chevaliers gentis 

Delà mesniée Buegon le Palazin. (H. de Crarin.) 

De-là train, suite, et compagnie d*un Seigneur. 
Mesnil. Habitation. 

Ny à meson, ne borde, ne mesnil^ 

Trestot le règne ont terne à essil. (J^. de Garin*) 

Ménage le fait venir de mansionile; et Perceval l'employé 
pour un masage^ ou hameau. 

Mesouen. Désormais. (A. Chartier.) Voy. Meêhouen. 
Mesprenture. Faute. Mesprise, béveue. (Froissard.) 
Mesprisou. Mespris« (PercevaK) 

Ne leur plaist pas que vengîson, 

Soit prise de la mesprison* (Ovide,) 

Action mesprisable ou blamaUe. Marot, Elégie iO^ dit: 

Voyez-le bien, il est, certes, exempt 
De faaz penser, feintise ou trahison : 
Il n'^ sur lui faute ne mespriéon. 

Mesreaux. Jeltons, ou marques. 

Une bourse d'argent legiere, 

Qui estoit plaine de merseaulx. (Villon,) 

Mesron. Nous mènerons. (Perceval.) 
, MeBselier. Sergent, Messier. (Monet.) 
Messere. Missel, livre d*Eglise. 

... On dict qu'un messere ^ 

A chanter messe est nécessaire. {Marot.) 

Messier. Un Garde vignes. 
Messlere. Mon Sire. 



mV 57 

Mestler. Besoii*^ (V^yez fjuy,) 

Et autres ^ne mestier, 

Font à maintes gens à délivre. {Font, des Amoureux,) 

Ce mot vient de menestrier^ ou ide if^nist^ufn. 
U bas Mestier. La paillardise. 

Mestivale. Festin qui attend les Hoissopneurs après 
la coupe des blés. (Rabelais.) 

Mestive. [C'est une redevance en blé. (L. 61. D. F.)] 

MesUviers. Moissonneurs, et non Ménostriers et 
Hasniers ; comme Fauchet Pa mal expliqué en sa Poësi^ 
Françoise, parlant du R. de TAntechr. de Huon de Hery. 

Mestre tor. La maistresse tour, la principale. (Perc.) 

Hestroyer. Gouverner, maistriser quelqu'un. 

Hestuet. Il me convient. 

Hestut. Ne falut. Raoult de Houdanc dit: 

« 

A gaemelant et à haitier, 
Mestuet escremir et luitier. 

Mesarable. Attrempé, sage. (Voyez Entbriconner.) 

MetaiL Mesture de firomenl et 4e seigle. (Voy. Sard.) 

Metge. Médecin. Ce mot est aussi catalan. 

ifetHfler. faire 46S v^rs. (Voyez I4y.) 

^Metaris. GolphedeMaUraitb ; de trait, c-ànl., gplphe. 

Mete, ou mètre. C'est aussi un Vers ; de metrum. 

Metes, ou mettes. Bornes. (Songe du Verge^.) 

Métropole. Ville Capitale. 

Mettrieux. Des fagots. 

Meura. Meurira. 

Meordrir. Meurtrir. 

Meore. Meurit. Lambert li Cors dit: 

Que maa nez est li arbre dont li fruit 
:Ne menre. 

II. 8 






58 MIG 

Meurison. Maturité. (Voyez Sard.) 

Meurler. Mugir. (Nicot.) 

Meorté, ou Meorte. Myrte. (Monet.) 

Meussent. Fissent voile, partissent. (Yillehardoûin.) 

Mez* Milieu. (Histoire des Albigeois.) 

Mezail. C'est le devant ou milieu du heaume. Terme 
d'armoiries^ pris de Geliot, en son Indice Armonial. 

Mezel, ou mezeau. Ladre; venant de miselltu, 
misérable. (Joinville.) 

Et aucuns de sçavoir isnel, 

Le veulent nommer or niezeU {Font, des Amoureux.) 

Mezelerie. Lèpre. Quelques-uns tirent ce mot de 
me%o, demy homme. 

Mezereon. Herbe appellée chamelœa. (Nicot.) 

ML Mon. 

Michel. Mettre, selon Charron. 

Mlcquelot. Petit garçon qui va en pèlerinage à 

S. Michel. (Rabelais.) 

Mie. Point du tout. 

Mledi. Midy. 

Mleldres. Meilleur ; et mieldre^ meilleure. (Perceval.) 

Miels. Mieux. (Perceval.) Mot languedocien. 

Mielx. Mieux; de melius. 

Mlendre. Moindre, ou meilleur. 

C'est la belle Héleine au cler vis, 

Est-il nul miendres par avis ? {Ovide,) 

Miert. M'estoit ; de mihi erat. 

Et le déduit que me souloit monstrer, 

Celle qui miert et ma Dame et ma mie. {Chat, Coucy.) 

Mieulx, et miex. Mieux. 

Mignarder. Flater^ faire des amitiés enfantines. 

Et mignardoit un matin en sa couche. {Marot,) 



MIR 59 

Mlgnot. Mignon. (Alain Chartier.) Ce mot vient du 
mignounij qui veut dire amy, en bas Breton. (Ménage.) 
Migrum et mton, signifient la mesme chose. 

Mignotie. Gentillesse, ajustement. 

Qaand leur chief seront chauve et nu, 

Ne leur chaadra de mignotie^ 

De déduit, ne de cointerie. (Ovide,) 

Migraine. Boule de fer creuse, appellée grenade, à 
cause de sa ressemblance avec ce fruit. (Rabelais.) — 
Migraine est aussi la pomme de grenade, comme qui diroit 
mille grainesy à cause du grand nombre de pépins qu'elle 
renferme. (Le Duchat, Notes sur Rabelais.) — Migraine. 
Sorte d'écarlate, dont la couleur est à peu prés celle des 
grains de la pomme de grenade. (Rabelais.) 

Milihela. Grande. 

Milihil. Grand. 

Milihiloso. Magnifie. 

Mileriiies. [Ce sont des terres où Ton a semé du mil. 
(Laurière, Gloss. D. Fr.)] 

Militer. Combattre; de militari. Aux Menus propos 
de Pierre Gringoire, on lit : 

Qiii sous un mesme Imperateur militent. 

D'où vient qu'on dit, « l'Eglise militante. > 

Mille diables. C'estoitune bande ancienne de voleurs, 
qui selon Duplex en son Histoire de France, se Tirent 
ainsi nommer Tan 1523. 

Millour. Noble, ou riche ; ce qui vient du mot Anglois 
Millord. Le Loyer des fausses Amours dit : 

Et mesmement les grans millours, 
D'elles furent là einbourrez. 

Miltida. Miséricorde. 

Mirallier. Miroitier; de l'Italien miragliOy miroir; 
et de-là mirail pour miroir. (Rabelais.) 

Miramomelin. Mot Arabesque, dont les Historiens 
et Romanciers François se servent en parlant des gestes 
des Arabes que nous appelions d'un mot commun Mores 
blancs, el qui signifie en langage vulgaire Arabesque. (N.) 






1 



do MOB 

Af ire. tfédecin ; de (*vçoy^ onguent (Voyez Massue.) 
^ercevnl, parlant de la remise d'une disloquation, dil: 
« Li envoya un Mire sage. » 

Le Songe du Verger employé ce mot pour Hededo 
seulement; njais le pins souvent dans les anciens 
Romans, il est mis pour Chirurgien. Sur quoy il faut 
remarquer que^ les premiers Médeoins esioient aussi 
Chirurgiens, et mettoient la main à l'œuvre. 

On voit par les anciens tiltres de la Confrairie des 
Haistres Chirurgiens de Paris, establie en l'Eglise Parro- 
chialle de S. Cosme et de S. Damian, qu'ils sont comma- 
nément appeliez Vaistres Mires. 

^Mirmilonium. Sorte d'armure^ (Charron.) 

Misaille. Gageure entre deux personnes qui contes- 
tent la vérité d*une chose. (Honet.) — Hisailije. Prix d'aae 
gageure. 

' Miserablete. Misère. 

MIserteordes. Cestoient de petits poignanls, que 
portoient les anciens Chevaliers, selon FaucHet^ appeliez 
ainsi parce qu'ils en tuoient leurs ennemis atterez, s'ils 
ne leur cri oient Miséricorde. 

Mislst , et Mist. G'esl-à-dire , envoya. Ancienne 
Cronique de Franœ dit : « Comme le Roy nUsist boone 
• ordonnance en une famine qui fust. 

Missodor. Athlète, selon Percevul. 

Miste. Mystique, ou vain. (Voyez Sade.) Flamel, en 
son Rcrmant, ou Sommaire Philosophique, dit : 

Aucuns tribtnfans Alchimistes, 
Affei*mans en paroles mistea. 

MisTE. Jolie, propre, bien mise. 

L'avois-tu fait tant bon, tant beau, tant miste. 

Pour de son sang taindre les dards poinctus 

Des Turcs maudits, etc. {Marot.) 

Mistrent Mirent. (Gauvain.) 

Moettes. Des passades. De motieo, faire la moue. 

M'ont engendré mainte affîstolure, 

Et fait faire maintes moêttes ; 

Car pour repos i*ay eu foulure. {CoqailUxrd.) 



i 



r 



MOL 61 

Mogin. Vertu. 

Mole. Mienne. (Voyez Folour, et Moys.) 

Et lor gentillece et valor^ 

Ne sera pareille à la maie, (Oui de.) 

Mole! d'aef. C'est-à-dire, un jaune d'œnt. 

Moles de blez. C'est-à-dire, tas de bled. 

Moigne. Moine; et de là moignon de Moine, chose 
qui appartient à un Moine. (Rabelais.) 

^Molna. Mine; d'où vient Danmo^iiU c'est-à-dire, 
eeux de Gornouaille, parce qu'ils abondent en mine ; de 
Aim, c*esl-à-dire valée, et moina. 

Moinatare. Point du tout. 
Moinel. Un moineau, ou passereau. 
Moiner. Mener par la main. (Gauvain.) 
Molselle. Mademoiselle. 
Molson. Mesure. 

Le coal fa de bonne maison, 

Grous assez^ et lont par reson, 

Si n'avoit tache, ne malan, 

N'y eut iosqu'en lerosalem. {R. de la Rose.) 

Moissons. Des moineaux, en Langue Normande ; et 
Tient de ftôvcç, solitaire : d'où vient aussi le mot de Moine. 

Moltoyen. C'est-à-dire mien et tien, qui est entre 
deDx, comme une muraille qui sépare deux maisons: 
mais j'approuverois encore davantage de le faire venir 
de mûfieau tenant^ c'est-à-dire, tenant le milieu ; ou de 
moitié : d'où vient métairie^ par corruption. 

Molxte. Moite, humide. (Songe du Verger.) 

Moldri. Meurtry. (Perceval.) De iwowdr^, briser. 

Molestes. Peine, affliction, chagrin. 

Lors JuBÎter, Roy de tous les Célestes^ 
Plus enaurer ne peut tant de molestes 
A celle Yo, du bon Phorone extraicte. (Marot.) 

Môly. [Mot d'origine gauloise ; c'est la rhue sauvage, 
plante.] 



I 



^ 



62 MON 

Momon. Porter un momon^ c'est-à-dire, une pelote, 
que portent ceux qui font de notables mascarades, comme 
si c'estoit un mugot d'argent. Ce qui vient du Dieu 
Homus, ou de mimiis, à cause de leurs postures; ou de 
momar^ qui en Sicile signifle fol, selon Ménage, en ses 
Origines ; ouparce qu'en leur action ils ne parlent poiot, 
mais marmotent seulement ces syllabes, mo mo. 

Mon. Le monde. (Sordel, Poëte ancien.) 

Monition. Advertissement. 

Monoyes. Je mets ce mol, pour remarquer leur 
rareté parmy les Anciens. Le denier Tolsan valoil quatre 
pogeses, c'est-à-dire, deux deniers ; le pogez valoil deux 
pites ; le denier Tournois valoil deux oboles ; le sol Toisa 
valoit deux sols d'à présent ; le sol Toisa à forte mouoye 
valoil deux sols six deniers ; le gros forte-monoye valoit 
un sol cinq deniers; le mouton d'or valoit quinze sols 
cinq deniers Tournois, c'est-à-dire de la Ville de Tours, 
où ils furent battus. (Voyez Florin.) 

Mons. Le monde. Villehardouin dit : « Puis que H 
« mons fut estorez » : c'est-à-dire, depuis la création du 
monde. D'où vient que nos paysans appellent la fln du 
monde, finimon. 

Monsieur. Comme qui diroit mon Cyeur, de xi^^s, 
Seigneur. D'où vient aussi Syre^ Tescrivant ainsi Cyre. 

Monstier. Un Monastère ou Eglise. (Perceval.) 

Il est en luy trop mieux séant 

Qu'un Crucifix en un Monstier. (Pathelin.) 

Mont. Le monde. (Perceval.) (Voyez Jus,) 

De Tautorité do. nature, 

Qui de tout le mont a le cure. {R. de la Rose.) 

Montance. Valeur. Mehun, au Codicile, dit : 

Car ne prise le monde la montance d'une oistre. 

Monteplier. Multiplier. 

Qui s'umielie franchement, 

Plus sessance et monteplié, (G. d'Argies.) 

Montjoie ou Monjoye. C'est-à-dire, un las de 
pierres en forme de pyramide, que les Hebrieux avoieol 
accouslumé d'eslever en mémoire de quelque accident 






MOR 63 

mémorable, comme on le lit dans la Genèse. — S. Deni$ 
Montjoye. C'estoit un cry de guerre qui fut fait en une 
bataille; ainsi chaque Seigneur avoit son cry particulier; 
de quoy il y a beaucoup de curieux exemples dans l'Indice 
Armoriai de Geloit. 

Montpelier. Tille de Languedoc, çiue plusieurs déri- 
veot de Mont perier^ c'est- à-dire, pierreux ; ou Mont 
puellierj à cause, disent-ils, des belles filles qui y sont en 
ai)ondaDce. Hais il vient du mot paila, c'est-à-dire en 
leur Langue, fermer à verrouil ; l'escrivant Mont pailiéj 
e'est-à-dire, mont enfermé et clos ; parce que c^estoit une 
montagne ou parc, qui fut donné en dot à la fille d'un 
Comte, comme je l'ay dit au plus long en mes Antiquitez 
de Languedoc. 

Mor. La mer, selon Harehanlius, en l'Histoire de 
Flandres ; d'où viennent les noms de Morini Armorici, 
c'est-à-dire , la Guienne , Glamorgan en Anglelerre , 
Morlais en Bretagne, et Moricambe. 

Moraines. Tenailles crénelées pour le nez des 
chevaux. 

Li Mordans. J'estime que c'est une agraffe. 

D'autre pierre fut li mordans* {R, de la Rose,) 

Moreau ou MoreL Cheval noir. (Nicot.) 

Morf aille. Manger avidement et goulûment. (Honet.) 

Morfailleur. Glouton, goulu, gourmand. (Monet.) 

Morgengeba. C'est-à-dire, don du matin. 

Morghangheba. Don du matin, en Langue Teuth- 
franch. (Faucbet.) Et Morguingabj c'est-à-dire dot, en 
Lombardie. (Galant, au Franc-Alleu, p. 321.) 

Morie. Perte par mort, mortalité. 

Et ne fut mie grand morie^ 
• Selle morut ne grant peohié. (jR. de la Rose,) 

Morien. More, qui vient possible de more^ c'est-à- 
dire, la mer en divers pays; comme qui diroit gens 
4*outre-mer, ou maritime. « Rutbeni mare dieu nt mare. » 
Et appellent le Pont Ruxin Zomomore; la mer Caspie, 
Chaalenske more ; la mer de Norvège, Mourmanske more ; 



^ 



6i MQD 

et la mer tranquille vers la nouvelle Zemble^ A'îofM 
more. Notez que Zembla veut dire terre, en leur LaBgve. 

Moriginé. Blorigeré. 

Morions. Casques. Le Duchat, dans ses Notes ear 
Rabelais, dit que Ton peut entendre par le nom de 
morions salez, de petites morilles salées pour l'byver. 

Morner. Estre triste. 

Mors. (Voyez Saner.) 

Mori vent. C'est-à-dire, une sorte de maladie. De»- 
ipleigney, parlant de Coriandre, dit i 

Et les ventOBÎtes de chaase, 
Et tire de corps le mort vent. 

Mortailles. Mortalité. 

Mortaise. Ce mot est connu, mais non son étymologie. 
J'estime qu'il vient de mordere^ comme si ondisoit 
mordaeia; parce que c'est un creux qu'on fait dans une 
pièce de bois^ afin qu'un bout d'un autre y morde, on 
entre dedans. 

Mortex. Mortel. (Perceval.) 

Moii;ieux, et Mortiex. Mortel. 

Mortmarusa. Mer morte. 

Mosquée. Temple des Turcs ; dit ainsi de fMbs, 
vitulus, à cause qu'en leur Alchoran il est fort parié des 
mystères religieux pour une vache. Ou bien ce nom est 
plus ancien, et cela venant de Apis^ ancien Dieu des 
-Egyptiens, adoré sous la forme d'un b<Euf. 



M'ot. M'ouir, m'entend. Fontaine des Amoureux dit: 

Ce sçait le créateur qui m*oU 

Motion. Émotion. 

Monaire. Sorte de camelot ; dit ainsi, parce qu'il est 
iàit de poil plus mol. De-là vient qu'on appt^e momUt 
certaine estoffe. 

Moue. Museau, groing. (Voyez Ouë.) 

Menée. Volée d'oiseaux qui prennent l'essor emeia* 



r 



MOU 65 

ble. (Rabelais.) Hais ce mot désigne figurément une faute 
dé monde qui tracasse. 

Mouelon. Petites pierres pour mettre au milieu des 
murailles, et qui font comme la mouële, et milieu des 
grosses pierres. 

Monfrie. Instrument à lever fardeau ; de muffula. 

Monillié. Femme, mulier. (R. de la Rose.) 

Monisson de vacbes. C'est-à-dire la traite. D'où vient 
payer la moisson, quand on a des vaches en gasaille; et 
en Gascon, la meisson. Cela se paye en bled ; c'est-à-dire, 
que de cbaque vache que vous baillez à un paysan, il 
vous doit faire un revenu en bled : d'où est venu possible 
ce mot de tnouisson^ ou bien de mouze^ c'est-à-dire traire 
le lait, en Languedoc. 

Moolets. C'est quelque instrument. 

Moulier. Mouiller. 

Moalt. Beaucoup ; de multum. (Voyez Csmbel.) 

Mooquer. Moucher. 

Mooquilleox. Morveux, ou plein de mousse. 

Monr et Moorré. En Languedoc, museau des ani- 
maux ; d'où pourroit venir le mot de mordrCf et de mors 
de cheval et de morailles^ tenailles dont on leur prend 
le nez, de l'Italien morra. 

^Monre. Marests. (Charron.) 

Mouse. Gueule : d'où UUmouse^ sorte de gastëau. 

Moustier. Monastère, et cuve à vin. (Gauvain.) 

Monstoile, ou Moustel. Belette; du Latin mnstela. 

(Nicot.) 

Mouton. Machine de guerre, dite marmouton^ et 
earcamousse. C'estoit le bélier des Anciens. (Voy. Truye.) 
Le Poète Abon dit : 

Ârietes, Carcamou88CL8 Yulgo nominsttas. 

De-Ià vient possible le mot de Castelmautonj masure 
qui estoit à Castres, ville de Languedoc; parce q«e 

H. 9 






1 



66 HUË 

possible c'estoit Tarcenac de ces machines. C'estoient des 
poutres qui avoient le bout figuré comme la teste d*nQ 
bélier ; et les suspendant et balançant avec des cables, oo 
en frappoit les murs jusques à ce qu'ils tombassent. 

Moutons d'or. Monoye. Froissard, Tan 1354, dit: 
« On battit des florins, dits à Tagnes, parce qu'en la pile 
« y avoit un agjiel, et estoient de 52. au mac (c'est-à- 
■ aire, marc.) • Item, Tan 1357, on battit des motivons d'or 
fin. Cette monoye valoit 18. sols 6. deniers. On les 
appelloit en Latm mutones, dans les Actes. Rabelais la 
appelle des moutons à la grand laine. Ils avoient d'un 
costé rimage de Saint Jean-Baptiste, et de l'autre un 
mouton avec sa toison en sa gueule, d'où sortoit une 
banderole, avec ces mots : Ecce Agnus Dei. 

Moy. C'est-à-dire, le mois de May. (Voyez Noëf,) 

Moye. Mienne. 

Quand sa bouche toucha la moye^ 

Ce fat ce dont i'eos au cœur ioye. (R. de la Roie.) 

Moyrieaox. Fausses-brayes, selon un Livre rare de 
TArt Militaire ms. 

Muableté. Inconstance. 

Muance. Changement. 

M uardie. Paresse. 

La douceur et la mélodie 

Me mit au cœur tel muardie, (G. de Loris ) 

Mae. Muette. 

Et s'aucun est qui te salué. 

Si n'ayes pas la langue mue, {R, delà Rose.) 

Moeau, et Muelle. C'est-à-dire, muet. 

Ce Dlmence Dieu fit miracle 

Publiquement, qui fut bien beau : 

Il guérit un Demoniacle, 

Duquel Tesprit esloit mueau. 

A moy ne soyez pas mnele. {An des Sitpi Dames.) 

MueiL Mieux. 

Muei. Niveau ; ainsi appelle parce que le |>lomb 
remue, et branle tant, que la corde à laquelle il est 



r 



MOT CT 

suspendu ne se rencontre point vis-à-vis la ligne qui 
indique la juste perpendicule. (Nicot.) 

Biiiers. Mœurs. 

Muete. Séditton. Je ne sçay ce qu'entend Perceval, 
lorsqu'il dit : « De la muetCj ne de Talée. » 

Hnfle, Moaf lard. Mouflet, et Camouflet. G'esl- 
i«dire, un parfum pour éveiller les endormis, leur faisant 
sentir du soufre, ou, etc. 

Moglias. Senteur de femme, à mon advis. 

On ne sentoit que mugliaSy 

Marjolaines, et romarins. (Coquillard.) 

Noix Mugoette. Muscade. (Nicot.) 

Mol. Mulet. (Voyez Apostoile.) 

Mulot. Petit rat, venant de mm, 

Mult, ûe moult. Beaucoup. (Villehardouin.) 
Muriax. (Voyez Désiner.) 

Murte. Myrte. (Nicot.) 
Mus. Muet. (Perceval.) 
Musage. Retardement. 

Dont el n*aura pas esté sage. 

Qui n'en port de tout le musage. {R, de la Rose,) 

Musalque. Mosaïque. (Nicot.) 

Musardie. Sottise, fainéantise. (Voyez Baër.) 

Qniconques croye, ne qui die. 

Que ce soit uno miisardie. (R, de la Rose.) 

Musart. Fainéant, ou qui lambine. 
Mnsequin. Pille de joie, maîtresse. 
Musse. Cachette. (Monet.) 
Musser. Cacher ; de (*v<û, abscondo. 

Ce néant moins sa robe eUe mussoit 

Sous un manteau qui humble paroissoit. (Afaro^) 

Mut, Partit, s'en alla, 






1 



08 NAF 

My. Mes. 

Que mal dire souffrisse ma bouche, 

Ne my dent. {M^un^ CûéUMl 

Pour à moy. Harot, Dialogue des deux Amoureux» dit: 

Mon cœur est tout endorœy, 
Resveille-le-my. 

Myere. Héâeciii. (Nicot.) Voyez kire. 
Mylods. Demy lots ou los. (Voyez Los,) 
Myre. Médecin ou Chirurgien. 

Ne pour ma playe trouver Myre. (/l. de la Bosc) 

Ce mot vient de f*vi^, c'est- à*dire« onguent; ou do mot 
Espagnol mirar, regarder et contempler (d*où vient aussi 
un miroir), parce qu'ils ont accoustumé de bien regarder 
les malades. (Voyez Mire.) 

Myusser. Briser, esmier ; de fiù^^m, in frustâ cm. 



N 



Nabot. Un nain. (Nicot.) Diminutif de napus: et parce 
qu'un naveau est court et gros, on a appliqué ce nom aux 
hommes qui sont de cette taille. 

Naches, Nates, et Anches. G'est*à-dire, les fesses; 
du Latin fiâtes. On lit dans la Bible Historiaux: • 11 
» arracha les cheveux aux messages David, et leur rest, 
» et trencha leurs cottes, dès les naches jusques aux 
> pieds. » 

Nacquet. C'est-à-dire, un marqueur de jeu de paume. 
C'est aussi un valet, un laquais. 

Lors les Seigneurs estoient petits nacquets ; 

D*aulx et oignons se faisoient les bancquets. (MaroL) 

D'où est venu le mot nacqueter, valeter^ agir à la façon 
des valets ; faire naequeter, faire valeter. 

Nafré. Navré ; nafref balafre. 



i 



r 



Nager. Naviguer. (Froiasard.) Il nagea, c'é8l-*-4tre, 

navigea. (Merlin.) Voyez Départ. 

Naier. Noyer. (Songe du Verger.) 

Nais. Natif. (Perceval.) 

Naissement. Naissance. 

Namps. [Signifia le bestail et autres meubles pris par 
exécution. (Laur., Gloss. D. Fr.)] 

Nanda, ananda^ mananda et permanenda. Jurons 
anciens. (Henry Estienne.) 

Nans, ou Namps. Bien meuble. (Horiet.) Yif-nans, 
meuble en cbose vivante, comme en bestail ou esclaves. 
Mori-nam, bien meuble de chose inanimée. 

Nars. Exhibition, nantissement, (lionot.) 



*Nant. Vallée ou vallon. D'où vient Nantuates^ pays 
des Vallées, près du Rhin ; et encore nand signifle vallée 
et ruisseau, en Breton. D*où vient aussi Trinoantes, le 
pays i'Essez^ ou plein de vallées; Trenant, ville des 
vallées; Noantes en Escosse, pays des vallées. 11 vient de 
THébrieu, selon Bochart. 

Nantir. Payer le cens. (Ragueau.) Ou se saisir de 
quelque chose, selon Nicot. Et vient de namps. 

Nanto. [Mot d'origine gauloise ; vallon.] 

Napolier. Bardane, berbe. (Nicot.) 

Naqoaire. Instrument provoquant à hardiesse, 
comme la Trompette. (Froissard.) Le Catholicumparvum 
explique le mot tinnito, je joue des nasquerea ; à cause 
de quoy je croirois que ce fussent les Tymbales. 

Naquet. (Voyez Page.) 

Naseaux. Les narines. Harot, es Pseaumes, dit: 

En ses naseaux lay monta la fumée. 

Nasel. Le nez du casque. 

Hector Ta par le nasel pris, 

Et H traist le hîaume du cbief. (Ovide.) 

Nasitor. Creâson alenois, berbe. (Nicot.) 



L 



70 NÉE 

NasseL Le nez du casque. (Nicot.) Voyez Na^el. 
Nat, ou Nats. C'est-à-dire, rien, aucun. 

Pevre Guilhem vos direis natSy 

A Jey d'home cui yoi non plats. (SordeL) 

Naturien. Naturaliste. (Songe du Verger.) 

Supposant pour Phisicien, 

Le Irès-sçavant Naturien. {Font, des Amoureux,) 

Nau, Navire, Vaisseau. (Monet.) 

Navag. Terre, en Gascon : d'où vient Navarre. 

Navage. Navires, une Flotte. 

Si regarde vers le rivage, 

Et regarda vers le navage. (Ovide.) 

Nave. Flotte, ramas de Navires. (Froissard.) 
Naves. Navires. 

Puis fait ses naves aprester, 

En mer entre sans s'arrester. {Ovide.) 

Navie. Flotte, ou Navire. (Voyez Tence.) 

Navpeur. Qui affronte tout le monde, et empreunle 
d'un chaqu'un. (Nicot.) 

Nazel. Le nez, ou narine. (Perceval.) 

Neantir. Annéantir. Marot, Chant 22, dit : 

Rendant la mort pleine de malveillance, 
Tenant un dard semblant tout néantir. 

Neant-prix. Vil prix, à bas prix. (Nicot.) 
Neble. Brouilles, brouée, brouillards. (Nicot.) 
Nedfies. Natalitia solemnia. (Capitul. Caroli Magni.) 
Néelé. Esmaillé. 

D'une bande d'or néelUe^ 

Aux manches et col oullée. (R. de la Rose.) 

Néemine assum. Suffisans à demy. ViUehardouin, 
page 19, dit: « El quant il orent payé si ne furent 
» néemi ne assum. • (^e que Vigenere explique : c ceqoi 
» s'estant trouvé, ne sufflra à beaucoup près. > 



NIC 71 

Nef. Une gondole. (Gauvain.) 
Neis. Non encore. (Voyez Envoisiez.) 
Nelz. Le nez. (R. de la Rose.) Voyez Treitiz. 
Nelle. Croix ancrée, en terme d'armoiries. 

N'en. On ne. Martial d*Âuvergne dit: 

Ne oncques plus grand dueil n'en vid. 

Nenny. Ce mot vient de nenu^ vieux mot Latin, qui 
signifle non. (Varro. Lùcilius.) 

Nennyl. Non. Boëce ms. commenté. 

Ne que. Non plus que. 

Car vieilles n*ont ne cours ne estre, 

^e que monnoye qu'on d'escrie. (Villon,) 

Nequedant. Bible Historiaux dit: « ^inequedant ne 
• Tappella mie, Adam^ cy Eve. » 

Nerte. Noirceur : noireté. (Voyez Hurichez.) 

Nertb. Myrlbe. (Monet et Nicot.) 

Nés. Navires. (Villebardouin.) 

Nessun. Nul. (Pasquier.) 

Nesone. Nulle. 

Son livre qui peu vaut et monte, 

A nésune autre fin ne tend. (il . Chartier,) 

Nesung. Personne^ aucun. 
Nevau. Neveu. 

Neume. C*est une certaine sorte de ton, ou de voix 
des Cbantres. Ce terme de Musique vient de nrav^àa^ 
tpirituê. 

. N'ha. Pour n'a pas. (H. Estienne.) Non habuU. 
Ni. Non. 

Niais. Ce mot vient de niés. 
Nlee. Simple. 

EUe en mourut la belle Badebec, 

Du mal d'enfant, que tant luy sembloit nice, (Rabelais.) 



72 NO 

Nice. Nud. simple, action nice» fondée sar une «vole 
promesse, sans stipulation. (Mon.) — Nice. Paresseux. ^Id.) 

NicemeaL Simplement, nuëment. (Monet.) 

Nicete. Naifve. 

Nicete fat, et ne pensoit 

A nul mal eogm ^el qu'il soit. {R. êe H Rm.) 

Niceté. Paresse. (Monet.) 

Nichil au dos. (Voyez Otiade.) 

Nideur. Senteur ; de nidor. 

Nlens. Bien. 

Nier. Un neveu. (Villebardoûin.) 

Niert. C'est-à-dire, n'estoit pas, ou ne sera. 

Ce niert fors uti monoeldd foime. 

Sans art, sans devise, et sans forme. {Ovide.) 

Nies. C'est aussi un neveu, comme noasi un oiaeaQ 

f)ris au nid. (Nicot.) D'où est venu qu'on a aDpellé itioti 
es hommes sots, et qui semblent ne sçavoir pM pins 
que les enfans. 

Niez. Petit flls. (Merlin.) 

Niezeté. Naïveté, simplicité, stupidité. (Nicot,) 

Nifler. Reniner. (Monet.) 

Niger. Nigauder; et vient de nugari^ selon Hénaf^; 
et celuy-cy de nux, de ce que leBanfantsjoueiAiittxnoiz. 

Nille. (Voyez Nylle.) 

NImbot. Un nain. (Nicot^ 

Nipes. Ce mot pourroit venir de l'Espagaol; car 
naypes sont des cartes à jouer, selon Ménage. 

Nique. Niquet, haussement de menton par mépris etj 
mocquerie de quelqu'un. (Monet.) 

NIqaet. Monnoyes de cuivre, valant trois defii 
tournoy. (Monet.) 

No. Nostre. Jacquemars Gielée dit : . 



NOI 7à 

La fignre est fin de no litre, 
Yeoir le poez à délivre. 

A No. A nage. 

Si vait à no suivant la trace. {Ovide,) 

Noble, on Noble à la rode : c'est une sorte de monnoye. 
(Fauchât.) Voyez Escu. La Fontaine des Amoureux de 
odence contient ces vers : 

Pour parfaire œuvre si noble^ 
Il ne te faut ducat, ni noble; 
Du moins en grande quantité, 
Suffit que sois en liberté. 

Noblesse de parage. [C'est la noblesse transmise 
par le père. (Lauriére, Gloss. D. Fr.)] 

Le Noblols. La noblesse. (Ovide.) Voyez Envoiserie. 
Nocallies. Noces, (0^ide ms.) 
Nochotdrs. Ceux qui sont de noce. 

Noef . Neuf. Coustume de Poitou dit : « Ce fut fet et 

> donné en l'an nostre Seigneur mil deux cens seissante 

> et noef^ ou mois de Moy. » 

Noël ou Nonel. Ce mot est comme une contraction 
ae nouvel^ et signifie nouveau. On avoit à cause de cela 
accoustuméanciennementde crier nouel, auxcbangemens 
de Roy, et en autres recontres. Ainsi Martial de Paris, 
parlant de l'entrée de Charles VII, dit : 

Puis les çnfans s'agenoûilloient, 
En criant noel sans cesser. 

Les anciens Gaulois crioieut au guy Vân neuf; et ainsi 
tousiours il y a eu des cris de réjouissance. 

Noer et Nouer. Nager. (Harot, es Pseaumes.) 

Noes. Les nageoires des poissons. (Voyez Rutile.) 

Noiant. Un quidam. Ovide ms. ou Polypheme dit 
à Galatée : 

Et tu despnses moy iayant. 
Pour aimer un chétif noyant. 

Ce mot signifie aussi un néant, et par fois semble estre 
employé pour moyen. (Voyez Maufe%.) 

Noient Néant. (Perceval.) . 

II. 10 



74 , NON 

Noter. Nier. (Perceval.) 

Noif . De la neige. 

Noilleux. Plein de nœuds, noueux. (Pathelin.) 

Noiriere. Noire. (Bible Guyot de Provins.) 

Noirrois. Noir. (Perceval.) 

Noirté. Noirceur. (Perceval.) Obscurité. (Harot.) 
Nois. Neige. (Voyez Rain.) 

Le brachet ert blanc comme nota. (Perceval,) 

Noise* Querelle, bruit ; et vient du bruit que font les 
noix remuées, ou de noxa. Hais dans Perceval il est pris 
en bonne part, à sçavoir pour le bruit que les violons 
font à une noce, lors qu'il dit: 

Et iougleor y font grand noise, 

Noislf . Nuisible. Marot, dans son Enfer, dit : 

Ainsi est-il de ces bestes noisives. 

Se Non. Si non. Il faut remarquer, pour Tintelligenoe 
des anciens manuscrits, qu'on avoit de couslume de 
séparer ces deux particules dans le discours ; de sorte 
que si le Lecteur ne le remarque, il n'entendra qu'avec 
peine le sens de l'Âutheur. Ainsi Villehardoûin dit : 

N'avoit se les Grecs non. 

Maintes gens dient que en songes 

N*a se fables non, et mensonges. {R, de la Rose,) 

Par fois il semble estre employé pour sans^ comme dans 
Villehardoûin, lors qu'il dit : 

Ce ne fut se merveille non, 

Nonains et Nones. C'est-à-dire, des Religieuses: ce 
qui vient de nonniy ou nonncBy c'est-à-dire, ayeQX,OQ 
ayeules, en Italien ; les ayant ainsi appelées par honneur, 
comme ils appellent Pères les Religieux. 

Noncer. Annoncer, faire sçavoir. 

Ce grand entour espars 
Noncent de toutes parts 
L'ouvrage de ses mains. (Afaro^) 

Nonchalolr. Ne se soucier ; venant de non, et de 
chaloir j c'est-à-dire, soucier. Marot, es Pseaumes, dit: 



NOD 75 

Yien et approche-toy çlonques, 
'^^en si oncqaes, 
De tes enfans te chalut ; 
De me secourir te haste. 

Noncier. Annoncer. (R. de la Rose.) 

None. Neuf heures. (Perceval.) Hais c'est à la façon 
de conter des Italiens, qui revient à Tbeure de goûter, 
à trois heures après midy. 

Nonnanes et Nonnse. Veuves chastes : d*où vient 
mnain. (Hieron ad Eustoch.) 

Nonprix. (Voyez Néantprix.) 

Nordostun. Aquilo. 
Nordnn. Sep ten trio. 
Nordnnestiich. Ciroïus ventus. 

Nore. Bru ; du Latin nurus. (Nicot.) 

Norreqnler. [C'est celuy qui a des besles à laine et 
qui les élevé et les nourrit. (C. d*Amiens.]] 

Nos. N'ose, et par fois, nostres. Car la Bulle de 
Grégoire IX au Chancelier de Paris, dit : « Nos fils bien- 
* aimez, tu contrains par serment les Docteurs, etc. » 
selon les Antiquitez de Paris, de Bonfons. (Voy. Dépayer.) 

Un Notable. Un proverbe, apophtegme, remarque, 
ou avertissement. (Coquillard.) Dans les Menus propos 
de Pierre Gringoire, on lit : 

Aux fols desplaist ouyr un bon notable. 

Nou. Action de nager. (Monet.) 
Nou. Un nœud. 

Novalité. Nouveauté. 

Nouel. (Voyez Noël.) On disoit aussi noué^ et nauel. 

Nouer. Nager, naviger. 

Dons aassi et ses fiUes ensemble. 

Dont Tune part en la mer nouer semble, 

L'antre séant, etc. (Marot.) 

Noavellie. Nouvelliste, amateur de nouvelles. (Mon.) 



7a ûw 

Nouveliere. Changeante. Un ancien Poêle dit: 

Ahi, Dame Fortune, tant estes nouveliere. 

Noyeax. Envieux ou querelleux. (Villeharâoûin.) 

Nnblece. Des nuages. (R. de la Rose.) 

Nucque du col. De nucula^ petite noix. 

Nuef. Neuf, nouveau. 

Nuesse. Sorte de flef ; venant du mot nudita$, il 
signifle aussi simplicité. Ragueau dit que nuesM est 
Testendue de la Seigneurie féodale ou censuelle. 

Nulsancons. Ennuyeux, ou nuisible. (Perceval.) 

NuUay et Nully. Personne, aucun. (Voyez Ribaut.) 

Nos. Nul. 

Nuye. Nuée. (Songe du Verger.) 

Nylle ou Nille. Croix encrée, armoiries. 



o 



O. Signifle maintenant. Jaquemars Gieiée dit : 

Plus n'en feray o mention. 

Et ailleurs, il se prend pour avec : 

Fors que par amourettes unes, 

Mettre le coq o les gelines. (Idem,) 

O clef, A clé. (Perceval,) 

Ober ou Hober. Suivre, bouger ; de <ro«€iy, insequi. 

Obeye. Obéissance. 

Obice. Obstacle. (Nicot.) Du Latin obex. 

Obicé. Opposé. 

Oblcer ou Objicer. Opposer, mettre obstacle ; do 

Latin objicere. (Nicot.) 



r 



oca 77 

Oblats de Gisteaux. Roquets. 

OJbliage. [C'est Tamende due par le suj^t à çon sei- 
gneur pour avoir oublié de lui payer sa rente. (G. de Blois.]] 

Obllal. Rente annuelle. La Coustume d^ Baz£tdois: 
« Un bomme perend en oblial un hostal. ? 

Obole. C*est une monnoye valant sept deniers Tour- 
nois, selon Nicot, et vient de ôôbXoç; parce qu'elle estoit 
longue et estroite, comme une aiguille : d'où vient qu'on 
appelle des aiguilles les obélisques, qui sont une sorte de 
pyramides fort estroites et longues. Il y avoit aussi des 
oboles d'or: car selon Galland, au livre du Franc- alleu, 
page 298, on estoit tenu d'en donner tous les ans à TÂbbé 
de Hoissac, à la feste de Saint Pierre, une obole d'or. 

Obscarer. Obscurcir. 

Obscnrté. Obscurité. 

Pais da haut da Ciel soudainement baissée, 
Se plante en terre, et commande aux nuées 
Loin s'en aller d^obscurté dénuées. (Marot.) 

Obsidton. Siège de Ville. 
Obtempère. Obéis. 

noble Nymphe, obtempère au plaisir 
D'un Dieu, qui a grand vouloir et désir 
De t'espouser. (Marot) 

Occians. Meurtriers. 

Et fit les occians occire. {Ovide,) 

Occire. Tuer. 

Les vif désor les morts roellent, 

Qai s'entrafolent et occient, 

Laidement s'entre-contralient. (Christian dé Troyes,) 

Occise. Meurtre. 

Ovide dist en autre guise, 

La mort Achilles et V occise. {Ovide.) 

Ocher. Remuer. 

Ochier. Tuer; et ocie, c'est-à-dire, tuë. 

Qoe por omor Dex ne Vocie. {Perceval.) 

Ocholson. Occasion. • 

Et querras ochoison d'aller. {R, de la Rose.) 



78 OIN 

Ocistrent. Tuèrent. 

Ocqaisener. [C'est mettre des impôts sous de mau- 
vais prétexte. (Laurière, Gloss. Droit français.)] 

Ocrlsse ou Ogrisse. Une femme de mauvaise teste; 
et vient de oxçv<d, litigo. 

Odocos. [Mot d'origine gauloise; c'est l'hièble, 
arbrisseau à baies noires.] 

Oe. Une oye. 

Une oe ore tant seulement, 

Si s'en vole, et cil la chierent. {Ovide.) 

Oeil lucide. Une drogue qu'on appelle lycium. 
Ohl de vache: c'est l'herbe cotula non fœtida. 
Oeil de bœuf: c'est l'herbe cotula fœtida. 

Oes. Gré. Le Livre De la manière d'aorer dit : « le ne 
■ voel rien faire qu'à Ion oes ne soit. » 

Offendre. Rencontrer (de offendere), offenser. 

Car circui m*ont les chiens poar me prendre, 

La fausse troupe est venue m'offendre, {Marot) 

Ogdesses. Tourteaux, en termes d'armoiries. (Geliot) 

Ogmlus. Hercule, Gaulois, selon Boctaart. Ludan 
appelle aussi Hercule, Ogmien. Bochart dérive ce mol du 
Phénicien. Les Spavans en cette Langue verront si ce ne 
pourroit pas avoir esté Og, Roy de Basan, qui esloit un 
Géant. 

Ogres. Ceux de Hongrie. 

Ohie. Âffoiblissement, débilité, langueur. (Nicot.) 

Ohlé. Malade, languissant. 

Ohié de tous ses membres. (Nicot.) Qui a tout le corps 
entrepris. 

Ohler. Intéresser la santé, affoiblir. (Monet. 

OÏL L'œil. (Voyez Remes.) Il signifie aussi ouy. 

Oille. Huile, selon un ancien réceptaire. 

Ointure. Onguent. (Voyez Assouage.) 



ONT 79 

Oire. Aujourd'huy. 

Mais aye bien en ta mémoire. 

Ce que ie t'ay dit iusqu'à oire, (Font, des Amour,) 

Oires. Certains petits vaisseaux de cuir plus commo- 
des à porter que le commua des autres. Le Ductiat» notes 
sar Rabelais, liv. 5. cbap. 47, dit : « Cela faict, nous 
f emplit trois oires de Teau fantastique. » 

Oirre. Une route ; et vient de erre. Villehardoûin dit: 
< Ratornerent lor oirre vers Constantinople. » C'est-à- 
dire: • Reprindrent leur roule vers Constantinople. » 

Oistre. Une huistre. 

Botez, hoasez, comme pescbeurs d^oistres. {Villon.) 

Ce qui vient de ostrea: d'où vient ostrum, c'est-à-dire, 
le pourpoint, qui vient d'une espèce de coquille. 

Olca. [Mot d'origine gauloise ; désignait un sol 
fertile.] 

Olenois. Orléanois, natif d'Orléans. (Fauchet.) 

01er. Sentir bon ; de olere. 

Et ces gens (ce dit-iJ) querolent 

Sus les florettes qui bien oient, {R. de la Rose.) 

Oliphant. Un Eléphant. 
Olay. Avec luy. 

Lie et ioyeuse o luy l'emporte. (Ovide.) 

Ombreuse. Obscure. Marot, Histoire de Léandre et 
Héro, dit : 

Si-tost qu'Héro vit qao la nuit ombreuse^ 
Noircie estoit d'obscurté ténébreuse. 

Ombroir, Ombroyer. Mettre à l'ombre. 

En l'berbe vert sons l'olivier, 

Sombroient de lez un vivier. (R. de la Rose,) 

Onie. Unie. 

Une partie d'Arménie, 

Pleine et onie et plenteive. (Bible Historiaux,) 

Onniemeiit. Honteusement. 
Ontis. Honte. (R, de la Rose.) 



àO ÔRD 

^Onvana. C'est une Déesse des anciens Catilbis, que 
Bochart estime estre la mesme que Minerve, et tire ce 
mot du Phénicien; et fait voir que les Phéniciens avoient 
non -seulement une Déesse decenom^maisquelapiapui 
des Dieux des Gaulois, estoient semblables à ceux des 
Phéniciens. 

Oons. Oyons. On lit dans Vlncamation^ en Ters 
anciens : 

Le Scribe plus abille 

Qui y soit, c'est Maistre Ger8on> 

Amaine-lay que nous l'oon. 

Oppresses. Troubles, disputes, contentions. 

Par ces trois-là, entre troubles et presses, 

La pomme d'or causa grandes oppresses, (Marot) 

Peine, embarras : 

. . . Cat Hyver e( Esté 

N'ay veu que fraude, haine, vice et oppresse. 

Avec chagrin, etc. (Idem») 

Oppression. Persécution. 

Ceux qu'il a rachetez 

Qu'ils chantent sa hàutesse, 

Et Ceux qu'il a iettez 

Hors de la main dHoppresse, (Jfarof.) 

Optas. Désirs, i'optare. Dans les Menus propos de 
Pierre Gringoire^ on lit : 

De la laisser commune à tous estais 
Pour parvenir toudiours à ses optas. 

Opulement. Avec opulence. (Nicot.) 

*Or. De Tor : d'où viennent les noms de Ordeniee$f 
peuples Anglois, et les Isles Orcades. 

Oracle. Personne fort entendue, et résolutive en 
quelque profession. (Monet.) 

Oraille. Orée. (Perceval.) 

Orbe. Obscur; non apparent. (Monet.) 

Ord. Sale ; de sordidM. (Nicot.) 

Orde. Le tocsein. 

Ordelet. Petite ordure. (Nicot.) 



r 



ORF 81 

Ordement. Mal- proprement, salement. (Nicot.) 

Ordiere. Une ornière. 

Ordtr. Souiller. (Nicot) Salir. (Monet.) 

Ordouz. Sale, mal-propre. (Marot.) 

Ordoyep. Salir. (Voyez Fleon.) 

Ore. Heure. 

Ains 8*en part en molt petit d'ore. {Ch. de Troyes,) 

Orée. Le bord d'une chose, du Latin ora. 

Oreiller. Rouler. (Perceval.) Prêter l'oreille, s'en- 
quêter, s'informer curieusement. (Monet.) 

Oreins. N'agueres. (Perceval.) 

Orendroit. Doresnavant. 

Menez ioye orendoit^ 

Chacun de vous qui avez le cœur droit. (Marot) 

Orenls. N'agueres. 

Orent. Eurent. 

Orer. Prier Dieu ; d'où vient Oraison, ù*orare. 

lÀ provoire et li ordenes, 

En sur un teltre sont montez, 

Pour Dieu proier, et pour orery 

Et pour la DataUie esgarder. {R. de Vacce,) 

Ores. Maintenant. Marot, es Pseaumes, dit : 

Las pourquoy t'esbahis ores. 

Ores. Tantôt l'un tant l'autre, alternativement. 

Ores le blanc, ores le noir récite. (Marot,) 

Oriente. C'est-à-dire orphelinette. (Perceval.) 

Orfrals ou Orfrays. C'est le bord du colel, selon 
Germain Milet, en son Histoire de S. Denis. 

Ce sont aussi des paillettes ou écailles d'argent doré, 
qu'on mettoit sur les hoquetons des Archers du corps du 
Roy, comme qui diroit Orfévrisez ; parce que les Orfèvres 
faisoient cela. 

Orfrarée. Oiose couverte d'orfrois. 

n. 11 



fô ORR 

La pourpre fu toute orfrarêCy 

Si ert pourtraites à onrais. (R. de la Rose,) 

Orf roie. C'est la broderie susdite. 

Orfrois. C'est la mesme chose qu'or/rais. Le R. de la 
Rose, parlant de Thabit de Dame Richesse, dit : 

Pourtraites y furent à! orfrois^ 
Histoires d'Empereurs, et Rois. 

Oriere. Bord, rivage, extrémité. (Nicot.) Voy. Orée, 

Oriflamme ou Oriflande. Estendard Saint Denis. 
(Voyez Bannière.) On l'appelloit flammula^ et aurifiamma 
en Latin. Jacques Meyer, en FHisloire de Flandres, livre 
12, dit: * Aurea flammula », à cause de sa couleur de 
feu doré. Le Comte de Vexin la portoit. On Tattacboit au 
col ou au bout d'une lance. 

Orlflant. Mot corrompu d* Oriflande, qu'on a dit pour 
Oriflamme. Dans Monstrelet, vol. 1. chap. 79. on lit 
Oliflande, dans la mesme signification. Raoelais, liv. I. 
cbap. 26, dit : « Alla faire afTuster son artillerie, déployer 
« son Enseigne, et Oriflant. » — Oriflant. Pompeux, 
vain : d'où vient qu'on appelle en Languedoc auriflan, 
une fille orgueilleuse. Yergier d'honneur dit : 

Pur, clarifique, cler, oriflant, franc, et frisque. 

Origination. Origine. (Cronique d'Austrasie.) 
Orine. Origine. 

A sa belle fille 7irgine. 

Qui née estoit de franche orine. (Réb. de Mathiolus.) 

Ce mot se prend aussi pour du pissat, et vient du Latin 
urina. 

Ormaire. Armoire, garde meuble. (Nicot.) 

Ormel. Ormeau. (Voyez Cembel.) 

Ornie. (Voyez Voisine.) 

Orphanté. Comme orphanité, ou orphelinage. 

Aise fleur du monde et Royne, 

Est or cheite en orphanté. {Ovide.) 

Orpidon. Femme mal-propre. (Voyez Lourpidon.) 
Orra. Écoutera, entendra. 



r 



OST 83 

On vous orra 

Et qui par effet ne pourra, 

Vous servir, etc. {Marot.) 

Orrez. Entendrez. (Idem, 6. Opuscule.) 
Orriez. Oûiriez, entendriez. (Idem. Elégie, 20.) 
Orroit. Entendroit. 

Quand il orroH sonner de toutes parts 

Le carillon des cloches tant doucettes. (Marot, ) 

Ormble. Horrible. 
Os. Hardi. 

Alast se il estoit si os. (PercevaL) 

Os OU OsT. Armée. Oste Aiem. (Villehardouin.) Voyez 
Hoz. Il vient de hostis. Marot, chant 1, dit : 

Ceux de son ost à grans tourmens submis. 

Ose. Hardie. Guillaume Guiart d'Orléans, au R. des 
Royaux lignages ms., dit: 

Âbbatre ne le laisseroit 

Par créature, tant fut ose, 

En tesmoin de laquelle chose, etc. 

Oslere. Jointure. (Voyez Fraite,) 
Osqae et Hoche. (Voyez Cran.) 
Ossez. Assez. (Voyez Férir.) 
Ost, Il eut. (Voyez Ygaument.) 

Ostade. Henry Estienne, pour Hérodote : « Manches 

■ de deux Paroisses », c'est-à-dire, moitié à^ostade et 
moitié de velours: « Ou un pourpoint de trois Paroisses, 

■ si le corps de demie ostade, le haut des manches de 
« cuir, et le bas de velours. » Et parce qu'au dos il n'y 
avoit pas de velours, on appelloit ces pourpoints des 
nichil au dos. Unde Nichilodo, c'est-à-dire, toutes sortes 
de choses qui avoient quelque apparence feinte. Villon, 
es Repues franches, dit : 

Robe fourrée^ pourpoint d' ostade, etc. 

Ostagler. Ostage, venant de obses. (Bouillus.) 
Osteler. Loger. (Perceval.) 
Ostermonet. Avril. 



84 QUE 

Osteplche. Le pays d'Austriche. 

Osteax. Hostels. (Merlin.) 

Ostex et Ostel. Hostel, logis. (Voyez SoUers.) 

Ostizes et Hostiles. Droit annuel de Gélînes. 
(Coustume de Blois.) De hostma, maison: d'où vient 
hostel et oustal, en Languedoc. 

Ostnordwen. VuUurnus ventus. 

Ostoier. Camper. 

Ostoir. Autour, oiseau. R. de Guiot de Nanlueil dît : 

Puis y'ieni Vostier après qui mange J'oisillon. 

Ostruce. Austruche. 

Ostrenwlndt. Ventus sub solanus. 

Ostsunderen. Eurus. 

Ot. Eut, fut. Voyez Engrouter. (Boëce ms.) Il signifie 
aussi il oûH ou entendit. Fontaine des Amoureux dit: 

Ce sçait le Créateur qui m'of. 

Otage. Ricbe. 

Ou. Au. {\oyez Engrouteur.) 

Au quinzième an de mon eage, 

Ou point qu'amours prend le péage. (R, de la Rose.) 

Rabelais, ancien Prologue du 4. liv. dit : « Ou temps des 
» hauts bonnets. » 

Ovaiit. Oyant. (Bethancourt.) 

Oubliette. C'est une prison perpétuelle, le vade in 
pace, où oncondamne lesMoines qui ont commisquelque 
grand crime, selon les Anliquitez de Paris, de Bonrons, 
page 169, rapportant la condamnation de Hugues Aul>ert, 
Prévost de Paris, qui y fut condamné. • Il fut, dit-il, 
» presché et mitre publiquement au Parvis Noslre-Dame; 
» et après ce, condamné à estre en VOubliettej au pain 
» et à l'eau. • 

Oudor. J'estime que c'est une lande. (Perceval.) 
Oue. Oye. 



r 



pus 35 

Vous l'en avez pris par la moue, 

Il doit venir manger de Voué, {PaihêUn.) 

Rue des Ouës à Pans ; de auca ; et celuy-cy de avica^ 
de «^, anser. (Voyez Héoage.) 

Ovec. Avec, (Perceval.) Voyez Reme%. 

Oven. A mon advis, Tannée passée. D'où vient ougan^ 
mot Gascon. 

Oveques. Avecques. (Abrégé de la Bible ms.] 

Over. Oûir. 

Beaux Diex, dist-il, qui tout povez, 

S'il vous plaist ma fequeste ovez, {R, de la Rose,) 

Oalllets. Instrumens pour le vin. 

Oal. Oude^ vague de mer. (Nicot.) 

Ouïe. Pot de terre séchée au Soleil, ou cuite au four. 
(Monet.) 

Oollée. (Voyez Néellée.) 

Oalme. Orme ; de ulmus. (Nicot.) 

Oaltbeman. Ottoman, nom de la famille Royale des 
Tores. (Cronique de Saint Denis ms.) 

Oal trecuidance. Folle erreur d'un homme qui prend 
témérairement toutes choses à son avantage. (Le Duchat, 
notes sur Rabelais.) 

Onltreculder. (Voyez Guider,) 

Ovoec. Avec. Adam le JBossu Trouverre, dit : 

Seignor, savez porquoy i'ay mon habit changié, 
l'ay esté ovoec famé. Or revois au Glergié. 

Onquel. Auquel. 

Ovre et Opère. Ouvre ; de aperio. 
Otre. Œuvre. (Perceval) ; de opéra. 

Ovrer. Travailler, et prier. 

Onselage. [Dotes constitutées par les maris. (Laur., 
Gloss. D. Fr.)] 

Oaser. Oser. 



86 PAG 

Oustil. (Voyez Houstil.) 

Outrecuydée. Excessive, qui passe les bornes. 

Qui poar envie et gloire outrecuydée^ 

Nouveau débat contre elle ont excitée. {MaroL) 

Impertinente, extravagante, téméraire. 

As-tu osé tant estre outrecuydée, (BérocUde.) 

Outréement. En colère, ou grandement. 

Si vous en pri outréement, (Gauvain.) 

Ouveptoip. Boutique, ovre, travail. 

Mais si ta main pour les ouvrir y ouvrcy 
J'annonceray tes louanges adonq. (Marot.) 

Ouvraigne. Labeur. 

Onvpéeup. Ouvrage. (Voyez Cergans.) 

Ouvrer. Travailler, prier. (Verger d'honneur.) 

Ouvrouer et Ouvroir. Boutique ou armoire. (Coq.] 
J'Oy. J'eus. 
Oye. Oreille. 
Oyement. L'oûie. 



p 



Pades. C'est le pessé ou picea^ arbre dont on tire 
la poix. 

Padouir. Mettre des bestes en des pasturages 
communs^ ou landes. (Ragueau.) 

*Padum ou Pode. C'est-à-dire, de la poix ; etpadti, 
Tarbre qui la porte. 

Page. Un jeune et petit garçon. (Fauchât.) Autrefois 
ce mot ne s'employoit que pour dire des personnes de 
vile condition, et qui suivoient quelqu'un à pied, et 
furent appeliez naquets et laquets. 



PAL 87 

Paille. Dais, pavillon ; d'où j'estime que le mot de 
poêle a esté tiré. 

Riches chapes, ei paille avoient. {Perceval,) 

Et ailleurs il semble le prendre pour une chambrette ; 
car il dit qu'il y avoit un lit dans unpat/e, et un mort 
dedans ce lit. Et encore en un autre endroit il employé 
ee mot de pail&', pour le drap mortuaire, en disant : 

Si ot dedans la hiere un corps, 

Et sor le paile par défors, 

Avoit nue espée couchiée. (Perceval.) 

\ En général, le mot de paile^ veut dire un drap, tapis^ 
on manteau ; et j'estime qu'il vient de pallium. 

I Pailles. Des poilons. (Voyez Gardenapes.) 

Pain à ewu. Herbe, le trifolium acetosum. 

I Pain de nopces. On appelle par abus pain de nopces, le 
! baiser qu'on donne aux épousées, au lieu dedirepato 
ienopces. 

Painer. Tourmenter quelqu'un. 

Paintrerie. Peinture. 

Pairs de France. Egaux en pouvoir. C'est une dignité 
fii tire son origine des Goths, qui les establissoient pour 
eondnire leurs armes. D'autres tirent le mot de PairSj de 
fUtHHj. R. d'Alexandre dit : 

Eslisez douze Pairs oni soient compagnon, 
Qui mènent vos batailles par grand dévotion. 

Pais. Ce mot vient de pagm^ Village ; et celuy-cy de 
^, fom. 

Paisne. Putné, le plus jeune de deux frères. (Monet.) 

Paisse et Passe. Un moineau ; de passer. 

Paissean. Uneschalas; de palicellum. 

Paisseler. Echalasser la vigne. (Monet.) 

Paistre ou Pastre.Un Berger. Bible Hisloriaux dit : 
Ci Abel fa paistres. • 

Palandries. (Voyez Vssiers.) 

Palatin. Officier, ou domestique d'un Prince. (Froiss.) 






8é PU 

• 

Palefroy. Un cheval pour une Dame. (NicoL) 

Quelques-uns le tirent des mots, par le frein; parce 
(disent-ils) qu'on les menoit par le frein. Hais il vient de 
paraveredus : c'est le cheval appelle gradarius^ selon le 
Catholicum parvum ; de-là vient le mot de palefrenier. 

Palemaille. Jeu de mail. (Monet et Nicot.) 

Palernode. Sorte de Vers Ecclésiastiques, où 
plusieurs nombres se rejettent au corps principal, selon 
un vieux Livre intitulé, TArt de Rhétorique. 

La Paleste. Le jeu du palet. 

Palesteaux ou Palisteaux. C'est-à-dire, des 
lambeaux ; qu'on appelle peilles et peillots encore en 
Languedoc, par corruption. 

Aux chiens qui Teassent désiré, 

Mais pleine estoit de palesteaux. (R. de la Rose,) 

Ce mot pourroit venir de pallium. 
Paleter. Escarmoucher ; et paletUy escarmouche. 

Paletot ou Palthot. C'est-à-dire, un habit de gens 
de guerre, ou sorte de manteau ; venant de peltum^ oa 
de naXxoç, fuTida. L'art des sept Dames dit : 

le ne vettray en palletotj 
Vers ma sixiesme iray soubit, 
Pour l'abiUer sans dire mot. 

PaltoCy est aussi une tulype de diverses ooulears. 

Palis ou Pallls. Glosture de paulx ; d^oti vient une 
palissade. (Perceval.)-^ Mur, muraille. (Marot.) 

f^àlisseur. Couleur pasle. 

De palissent, ne de maîgresse. (K. de la Rase.) 

Palisteaux. (Voyez Palesteaux.) 

Pallage. [Droit dû à quelques seigneurs pour chaqM 
bateau qui aborde en leur Seigneurie. (Laur., Gl. D. ¥r.% 

Palier. Parler. 

Sous et sus par tôt aUer, 

£t devant le Barons palier. {R. de la Rose.) 

Palleter. Escarmoucher. (Proissàrd.) 



p 



PAN 89 

PalIeUe. Escarmouche. 

PalletOG. Longue robe que les femmes meltoient 
par-dessus leurs jupes. (Nicot.)Boquelon, saye à manches, 
descendant à mi-cuisse. (Monet.) 

Pallier. Parleur. (Merlin.) 

Pakids. Marais ; du Latin palus. 

Q«and Vhumeur vieille alors des eaux laissée, 

Fast par Tardeor da cler Seleil pressée 

D'eschaaffaison^ et que paluds et fanges 

Furent enflez soubz ces chaleurs estranges, 

Terre engendra, etc. {Marot.) 

PalyoQ. Manteau de gens d'Eglise; de pallium. 

Grosses, mitres, ei palpons, 
Provendes, et prélacions. {Ovide.} 

Panealiers. Choux de Pancaliers en Savoye. 

Pance. Gros ventre. Ce mot vient de pantex^ ou de 
panicium : ou bien de nSy, et de saccus, ou aàç{. 

Paneaox. Vieux haillons de draps. (Nicot.) 

Panicles. Petits pans. (Nicot.) 

Panier. Vient de panis, parce qu'on les fit premiere- 
iiènt pour tenir du pain. 

I Pannader. (Voyez Penader.) 

I Patines ou Pennes, sont des plumés, de penna. 
iKaoul de Houdanc, ou Houdon, dit : 

Dessus avoit an colombeaax, 
Qui de cortoisîe ot deus esles, 
I Ou ot autant panes et elles. 

H i)arce que les plumes ont aussi un duvet mol et chaud, 
M que le drap échauffe de mesme, on a appelle le drap 

Ennus ; et pane, une étoffe de soie gui échauffe encore 
ieux. Or que le mot de panne ait esté employé pour 
s draps et fourrures, tous les anciens Romans en font 
pj. Pathelin les met parmy beaucoup de sortes d'étoffes 
lj[Dll nomme : 

Se TOUS voulez de tortes pannes. 
Par ma foy i'en ay de bien fines ; 
Ou 86 Tonies de groignettes, 

u. 12 



i 



96 PAP 

Prenez-en, ou de mantonettes^ 
Des croapes, ou des pénillieres ; 

' PÂHNEs ou Penkes. Dcs fouiTeures de vair ou d'her- 
mines, en terme d'armoiries. 

Panons d'un arc. (R. de la Rose.) Il faut que ce soient 
les cornes ou bouts d'iceluy, ou bien il Tentend de pennes ^ 
de flèches. D'où vient quon ditempener uneflécb6;et 
un matras désempené. 

Pans ou Pannonceanx. Bannières. 

Panonceaux par leur floz ventelent, 

Et mainte bannière Isabelle. (G. Guiart,) 

Ce mot vient de pannu^y drap, parce qu'on les faisoit 
de riches estoffes. Ondisoitaussi Pannuneeau. (V. SenM.) 
— PaNs ou Pannongeaux. Sauve-gardes ; et dénote les 
armoiries qu'on affiche aux terres saisies, ou, etc. (Ra(.) 

Pantarche. Pancarte. Rabelais, liv. I. cbap. 8, dit: 
• Par les anciennes Pantoroftes. qui sont en la Chambre 
« des Comptes, etc.» 

Pantlser. Haleter, avoir la courte haleine. (NicoL) 
Pantois. Asthme, suppression d'haleine. (Hooet.) 
Pantoiser. (Voyez Pantiser.) 

Pantoniers ou Pantonier. Un 8;arde-pont, un 
orgueilleux. 

Ains le devez-vous esparaier, 

Plus cun orgueilleux Pantonier. (R. de la Rote) 

Panufles. Sorte de pantoufles. 

Âures vous souliers à liens. 

Larges à mettre grans panufles. {R, de la AaM.) 

Paonace. Une couleur violette, bu de pavot, ou di 
queue de paon, selon Thylesius, au Livre des Couleurs» 
Ueofroy, en sa Satyre des Palenostres, dit : 

Aussi bien sous bureau comme sous pàonoce. 

C'est-à-dire, pourpre. 

Pape. C'est l'Evesque, ou Pontife de Rome, dit aiB4 
de pa pa, c'est-à-dire, pater patrum^ en abrégé, coxàmi 
on l'escrivoit anciennement. (Pasquier.) 

Papegaut. Perroquet. (Blason des Gausses Amours.) 



PAR 91 

Papelard. Hypocrite* fausse apparence de vertu. 
Papelarder. R. des fousses Amours dit : 

Qae ie fasse le chatemite^ 

Papelardant comme un Hermite (marmotant). 

Papelardie. Hypocrisie. (R. de la Rose.) 

Papela. (La Fontaine, dans ses Fables.) Qui n*a en 
partage qu'une dangereuse hypocrisie. 

Biens Papoaax. Patrimoine. 

Papyer. Bégayer : comme les enfans qui ne sçavent 
que dire pa pa. 

A peine ie puis papyer, {Pathelin ) 

Parabolains. Médecins. Rabelais, ancien Prologue 
do quatrième livre, dit : « Ainsi font mes compaignons 
« de leurcousté, dont par aventure sommes dits Parabih 
« lains au long faucil, etc. > 

Parage, ou paraige^ ou parroye, (Voyez Seriant\ 
c'est-à-dire, parentage. 

Se voas estes de grand parage^ 

le ne sai mie de meneur. (Ooide.) 

Paraimer. Aimer. (Mehun, au Codicille.) 

Parangon. Collation, comparaison. Parfait modèle, 
œ qu'il y a de plus sublime en quelque genre. 

Dame illustre, ô paragon d'honneur, 
D'où procède le grand bonheur secret, 
Du cheval mort, où j*ay tant de regret? {Maroi,) 

Parangonner. Assembler, comparer. (Nicot.) 
Parannlser. Perpétuer. (Ronsard et Nicol.) 

Parapets. Ce sont les crenaux ou creslaux des 
anciens, dits de ritalien para petto, couvrant la poitrine, 
ensorte qu'on pou voit se cacher derrière, et tirer les 
flèches des ouvertures. (Fauchet.) Voicy un passage 
curieux touchant les divers noms qui ont esté donnez à 
ces parapets, ou bailles, qui est un abrégé de Bastille, 
pris de la Diatribe de Joseph. Maria Subresius, Evesque, 
au Livre de Foraminibm lapidum in pri9Cis œdiflciis. 
Les Latins ont appelle cela ^ubarrœ^ bastûe (d'où sont 



9^ PAR 

venus nos bastions), et pagineumata^ selon une aBdenne 
inscription qui se voit à Rome, à Saint Jacques ad Lon- 
garam^ en ces mots : • Hanc turrem et pagineuma facta 
« à Hilia capracorum, tempore Dom. Leonis IV. PP. Ego 
« A.gatho. » Les François l'ont appelle bailles. Les Espa- 
gnols barbacanes. Isidore les appelle antemurana villa, 
Ammian, Loricœ, parapelli, comme qui diroii pectoralia. 
El d'autres antemuralia^ ou nqowXutfAoxa. 

Parardir. Brusler; dep^r, et ardôo. (Froissard.) 
Parc. De THebrieu, pardes, un verger. 
Parche. Le païs de Perche. 
A la Parclose. C'est-à-dire, à la parfln. 
Parçonier de meurtre. Complice de meurtre. 
Pardoint. Pardonne. Marot, Epitapbe 5, dit : 

Or est-il mort la face cramoisie : 
Dieu te pardoint^ povre pater sancte. 

Parfont. Profond. (Voyez Fourra.) 
Parge. Page. 

Pargie. [Droit dû au seigneur sur les amendes pro- 
noncées à cause de dommages causés par les bestiaux. 
(Laurière, Gloss. Droit français.)] 

Parltoire. L'herbe pariétaire. (Nicot.) 

Prendre un Parlement. S'aboucher, ou prendre on 
conseil. (Villehardoûin.) 

Pariler. Un Procureur. (Ragueau.) 

Parmanda. Sorte d'exclamation, ou jurement. 

Et Dieu scet si je fa fâchée. 
J'eusse voulu estre escorchée, 
Parmanda voise toute morte. {Marot) 

Paroler. Parler. Vient de parabolari. 

Pallas se taist, Venus parole^ 

le suis celle qui tieng escole, etc. (Otfide.) 

Parpaillols ou Parpaillots. Injure que Ton donne 
à ceux de la Religion Réformée ; à cause qu'ils oouroieQl 



r 



PAS « 

an danger sans crainte, s*allant comme brasier ii la chan- 
delle, et chercher leur mort comme font les papillons. 

Parpignoles. 

Force monooye et parpignolles. (Coquillard,) 

Parra. Àpparoistra. 
Parrolsse. (Voyez Ostade.) 
Pars. Pers, coulear perse. 

PaiB venoit une hacquenée, 

CoQ^erte de beau cramoisy, 

Toute de fleurs de lys semée 

Sur un beau velours pars choisi. {Martial d'Auverg.) 

Part. Un parly. GuHlebert de Guerneville dit: 

le vous part, Seigneur, arez^ 
Sa no voloit le prenez. 

Partenir. Atloucher, répulcr. (Songe du Verger.) 

Partrouvé. Trouvé. (Voyez Ekevins.) 

Parts (les). On appelle Pars en Bourgogne, les 
Rudimens des petits enfans, parce qu'il y est traité des 
buit parties d'Oraison. (Le Duchat, notes sur Rabelais.) 

Parvis. Pare- huis. Autrefois on disoit un Paradis, 
pour dire la place de devant une Eglise. Possible de 
paradisuSf c'est-à-dire, jardin. 

Paslis. (Voyez Palis,) 

Pasnage. [Pacage des bois qui appartient au seigneur 
haut-jnslicier. (Laurière, Gloss. D. Fr.)] 

Pasnayes. Pastenades, ou panais ; de panax. 

Pasqois. Pasture. (Nicot.) Voyez Pastir. 

Passadoa. Flèche; de l'Italien passadou. (LeDuch.) 

Passager. Une petite barque. (Livre de la T, d'Or.) 

Passefillons. Cheveux frisez. (Nicot.) 

Past. Repas. Rabelais, livre 5, chap. 21, dit: « Et 
> veismes comment, selon sa ooustume, après le past^ 
• elle accompaignée, etc. » 



i 



^ I 



94 PAT 

Pastis. Lieu à paîstre, pasturage. (Voyez ApaMer,) 

Et à cognoîstre, et guérir plasîeurs maux, 
Qui quelquefois gastoient tes animaux 

De nos pastis, (Afarot, 3. Opuscuk) 

Pastour. Berger. (Voyez Landon.) D'où vient qu'on 
dit en Languedoc un pastourel, et une pastoure. 

Pastourelle ou Pastourelette. Bertrand Ltride, 
Poète Gascon dit : 

Dieu te gard, pastaure^ 
Assi que sou iou. 

Patarasse. (Voyez Petarasse.) 

Patart. Petite monnoye. Venant dé patar^ un sol en 
Allemand : A'oùpatac, un double^ et palagon. 

Qu'il n'avbit vaillant un patart, (Villon.) 

Patellnage. J'estime que ce mot, qui signifie un 
monopole, vient de la Farce ancienne de Pathelin, qui 
par ses paroles attrape un Drapier. El mesme j'estimB 
que plusieurs autres mots viennent de cette mesme 
Farce, comme celuy de draper quelqu'un^ et bailltr 
ranguilladej c'est-à-dire, tromper ; parce quïl prometloil 
au Drapier de lui faire manger d'une belle anguille: 
comme encore le Proverbe, de revenir à ses moutons; el 
les termes de maistre aliborum^ aller paistre, Mu 
guillemette^ etc. 

Patellner. Se divertir. (Coquillard.) 

Patenostres. Vérité. 

Ce n'est mie tout patenostres, (GauvcUn,) 

Patepins. C'est-à-dire, des cloportes, au Bolonois. 
On les appelle aussi des porcelets, parce qu*on les 
appelloit cochons, par corruption de cuiones ; ou cossons, 
de cossus. (Marcel. Empiric.) 

^PatersB. Prestres gaulois du Dieu Apollon; du mol 
Hébreu patar, interpréter. (Bochart.) 

Patibulé. Exposé en veuë. (Voyez Troudelé:) 

Patin. Soulier baut, vient de naréû). D'où pdUf 
grand pied. 

Lors on eust veu marcher sur le patirij 
Pauvres amans à la teste enfumée. (Marot.) 



1 



r 



PAY 95 

Patas et Pataot. Mis pour riche paisaa, vient de 

nàw^ qui s*employe pour nXStoç. 

Pavage. Péage. (Perceval.) 

Pavaies. Des pavies, ou auberges. (Ovide.) 

Pave. Couverture. (Froissard.) D'où un pavé. 

Pavement. (Idem.) 

Pavesage. Une palissade. 

Pavescher. Couvrir ; de pavois, un escu, ou rondele. 

Paaimer. Se pasmer. Martial d'Auvergne dit : 

G'estoit grand esbahissement, 
De voir leR gens qui lacrim oient 
Par soaspirs et gémissement, 
Et tant (pie presque se patUmoient. 

Paahnlers ou Palmiers. Ce sont des Pâerins 
ven^ins de Jérusalem. 

Paomeles. Ornemens d'une porte. (Perceval.) 

Paamoyer ou Paulmoyer. Manier hardiment 
qaelqoe chose : ainsi on iisoiU paumayer sa lance. (Voyez 
Mauuë,) Vient de la paume de la main. 

Pavois. Sorte de targe, ou grand bouclier. (Voyez 
RaiUevas et Pavescher.) Marot, Pseaume 7, dit : 

C'est Dieu, qui est mon asseurance 
Et mon pavois; y Kj espérance 
En iny, etc. 

Pavonage. Sorte d'anémone violette. 

Pantoiiier. C'estoient ceux qui donnoient le fouet. 
(Gaavain.) Ou bien un Batelier, ou Pontanier. Ainsi le 
Maire appelle Caron, Pautonier. 

Paatonnerie; de pautannier^ orgueil, flerté. Le 
Doctrinal de Cartessie dit : 

Et s'il est aucuns hom' qui volentiers tomie, 
Kiseit fel et mefel plein de Pautonneriey 
Anvers et angoissos, à poi de cortoisie. 

Paux. Des cheveux ou poils. (Voyez Grenon.) 
Payele. Paële ou pelé. 



L 



96 PËL 

Pûx. Les led8€t ventes, (Galand,) 

Péage. Vient de payage, ou de pedagium. (Méoaee.) 
Ou Aepagus^ ou de païs, païsage^ et depa^a^^. 

Peantraille. Canaille. (Patbelia.) 

Peautrè. Barque, chaloupeà 

Le vieil Garon, grand Nautonnier d*£nfer, 

Bien eut à faire à gouverner sa peaulre. (Êîàrot.) 

Peautre de batteau. Le gourvernail. (Nicol.) - 
PkAUTftE. Sorte de bled, appelle %ea: 

Pec- I^c, ou pache. 

Mais i'en offre tout iustement, 

Ce qu'en veux payer sur le pec. {PatheHn.) 

Pecolé. Coupé. (Perceval.) 

Pecol/ Q^enoûilte de lii ; peeaul^ en Languedoc. 

Pédale. Tuyau d'orgue qu'on toucbè avec le pied. 

Pegà. Mesure de vin de Tolose ; et vient de pieaium, 
6'est-è«âire/ poissé, parée qu'en ce pais on appelle la 
poix, de pègtie. Or on en poisse les vaisseaux et tonneaux 
en Espagne, qui n*est gueres loin de Tolose. 

Pege. Poix. (Nioot.) 

Pels. Poitrine. (Nicot.) Voyez Piè. 

PeL Peau ; de pellis. (Nicot.) Ce mot est en usage en 
Languedoc. On dit proverbialement : « D'au diable ven 
• l'agnel^ au diable vay la peL » 

Pelage* Droit ancien sur les peaux. Poil ou coulear 
de cheveux. 

Et davantage i\ est de l'aage, 
Et du pelage où Thomme est sage, 
' Oa iamàis non, etc. (Marot.) 

PelalUe. Pelure, peau d'un fruit pelé. (Monet.) 

Pelauder. Tenii" au poil, et à la peau, terme 
burlesque pour dire maltraiter. Marot, Epltre 9S, liit : 

Il me fait rompre la teste 
A ses mérites collauder. 
Et les bras à le pélaudér* 



i 



r 



PEN 97 

Pelecte. Petite peati, pélicule, épiderme, selon le 
Cœor des Secrets de Philosophie. 

Peliçon ou Pelllçon, et Pllsson. C'est an habit 
de peaux. (Voyez Ki.) 

Vestoit un peliçon ermin, 

Sa sambue d'an drap sanguin. (Gauvain,) 

Pellanderies. Rognures et raclures de peaux. 
Rabelais, liv. 1, chap. 6, dit: « Et la tastant par le bas, 
> trouvarent qoeleques pellanderies^ etc. > 

Pellaotiers. Ouvriers en peaux. (Le Duchat.) 

Peloose. Velue, ou duvet, et poil folet. (Pathelin.) 

Pelu. Velu. (Nicot.) 

^Pempedola. Quinquefolium, l'herbe quinte-feuille ; 
deptmp, ou pemp^ c'est-à-dire, cinq, en vieux Gaulois, 
venant du Grec neyth; et de deylem^ ou delion, c'est-à- 
dire, une feuille. (Apulée. Bochart.) 

*Pen ou Penne. La teste. (Bochart.) Sommet de 
mont: venant de Pennin, Dieu que les Gaulois adoroient 
sur les sommets des montagnes: d'où est venu qu'on 
appelle les Alpes, mont Pennin ou Apennin. Atlas Haior 
a ce vers : 

Et non à transita pœnorum ex T. Livio. 

Penader. Dans le langage du Languedoc, c'est 
donner du pié ; et dans le Dictionnaire François- Italien 
d'Antoine Oudin, c'est se mirer dans ses plumes, comme 
fait le paon. Et en parlant d'un cheval, c'est marcher 
fièrement, comme fait le paon lors qu'il regarde sa queue. 

Pénalité. Pêne. Au Bl. des Fausses Amours on lit: 

Charnalité, c'est vilité, pénalité^ 

Et beaucoup plus que d'un homme yvre. 

Penance. Pénitence. (Bible Historiaux.) 
Penancier. Pénitentier. (Pasquier.) 

Vrayment ce dit le penancier^ 
Très-volontiers on le fera. {Villon.) 

Penard. Le Duchat, dans ses notes sur Rabelais, croit 
que penard est une corruption de poignard. 

n. 13 



M PEN 

Pêne. Un verrouil ; et vient de penii. « Pudendmo 

> virile, ob formam et usum suum. > 

Peneaux. Hardes menues, baillons; coinme qui 
diroit paneaux (de pannui), des morceaux de drap. Ge 
que les Latins ont appelle sarcinulœ. C'est aussi les pans 
de la robe. 

Faites-mo^ trousser mes peneauXf 

Et despouiUer de mes drapeaux. (H. de ta Rose.) 

Penencier. (Voyez Penander.) 

Pener. Punir. Heh., au Test., parlant deJ.-Ch., dit: 

Sans iuy qui se laissa pener ^ 
Pour nous oster hors de la pêne. 

Peneox. Hocqué ; d*où vient penaut, un gueux ; et 
vient de pes, et de nudus^ nuds pieda. 

PenlUere. (Voyez Panne.) 

Pennade. Battement de pied de cheval. 

Pompante pennade 
Le saut soubzlevant 
La roide ruade. (Mctrot,) 

Pennes. Des plumes. (Perceval.) De penna^ plume. 

Ou bien des draps, de pannus. (Voyez Pannes, et Fer.) Au 
Livre dit, L'Incarnation de Jésus, en Vers anciens, on lit: 

Où sont ces lis parez, couvers 
De tant de couverteurs divers, 
De plices, de pennes si fines. 

Pennes. (Voyez Pannes.) 

Pennétiere. Bouroe à Berger, faite comme une fonde. 

Penneton. C'est la partie de la clef qui joue dans la 
serrure, venant de pénis. 

Pennler Un pannier. 

Pennon. C'est une sorte de Bannière dite aossi 
pannonceau, pennunceau, eipenoncel. (Voyez Bannière, 
et Gonfalonier.) C'estoit une pièce de drap fendue en deux, 
et taillée à la manière des banderoles qu'on voit es 

Siroueltes des Tours; et vient àepannuSt c'est-à-dire, 
rap. C'estoit proprement l'Enseigne, ou Cornette d'un 



ir 



PER ^ 

Capitaine de Cavalerie, où ses armes estoient peintes ; 
outre laquelle estoit le Pennon Royal. (Faachet, Galand.) 
De-là vient le mot Aepanneau^ terme particulier pour les 
afflches, qui désignent la vente par décret des héritages 
saisis sous les armes du Roy. On s*en servoit aussi pour 
des particuliers, selon Guillaume Guiart : 

LancM^ pannonceaux et bannieras. 
Li serians des routtes premières. 

Penoncel. Floquet au fer des lances. 

Et GauTain par le penoncel 

Print la lance au verd lionceL (PercevaL) 

Penre. Prendre. (Voyez Zerer.) 

Pens. Pensement, pensée; d*où guet à pens. (NicotO 
Michel de Marseille, en une de ses Chansons, dit : 

Tant m'abelis lamoros pensemens, 
Que s'es vengats en mon fin cor assire 
Qae no i pot nuills autre pens caber. 

Peor. Pire. De pejor. (Perceval.) 

Pépier. (Voyez Papier), c'est-à-dire, bégayer comme 
les enfans, et dire papa. 

le sens mon cœur qui s'affoiblit, 

Et plus ie ne pais papyer, (V(72on.) 

De ce mesme mot vient du papin, ou bouillie^ pour les 
enfans b^ayans; ei papelard, qui marmote, et ne parle 
point distinctement. (Voyez Papyer.) De-là vient aussi la 
pépie, maladie qui mange la langue des oiseaux. 

Une Peque. Un mauvais cheval , en langage de 
Sedan ; et un pec, c'est-à-dire, un sot. 

Per. Pareil, semblable ; de par. (Nicot.) 

Percemere. Gratian du Pont employé ce mot en ses 
Controverses du sexe masculin et féminin. 

A la Perclose. A la fin. 

Percnntation. Enqueste. 

Perdriaux. [Ce sont quatre cailloux qu*on met en 
terre à côté des bornes, lorsqu'on \es plante. (Laurière, 
Gloss. Droit firaoçais.)] 



100 PES 

Peregrin. Étranger, pèlerin. (Nicot.) 

Lesquels fayans la peine i eux prochaine 

Sont péreffrins en région lointaine. {Maroi.) 

Pérenniser. (Voyez Paranniser.) 

Perent. Paroissent. (Gauvain.) 

Pergois. Un homme du pays de Perche. 

Perite. Capable; ûeperitus. 

Perots. Ce sont des gros arbres qui ont les deux âges 
de la coupe du bois. (Ragueau.) 

Permenablement. A jamais. 

Perniclal. Pernicieux. 

Perrière. (Voyez Lide.) 

Perriers. Canons de fer, ainsi appelles, de ce qu'on 
les charge de grosses pierres arrondies ; auxquelles ont 
succédé les boulets de fer. (Le Duchat.) 

Pers. Azuré, bleu. (Nicot. Marot.) 

Pers de France. Pairs. (Nicot.) Voyez Per. 

Perse. Bleu céleste. (Voyez Pars.) 

Car le bélier en chacune saison 

De cramoisi portera la toison, 

Ou jaune, ou Persey etc. {Marot.) 

Persin. Du persil. 

Personnier. [C'est le cohéritier. (Laur., Gl. D. Fr.)] 

Pertise. Adresse; tiperU c'est-à-dire, il pert, ou il 
est clair ; du Latin apparet. 

Pertuer. Percer, ou pertuiser. 
Perturbé. Du Latin perturbare^ troublé. 

Si maladie au visage blesroy 
N'eust perturbé le sens à ton amy 
Long-tems y a^ Gautier, etc. {Marot.) 

Perverdlr. Verdoyer. 

Pesance. Fâcherie, ennuy. (R. de la Rose.) 



r 



PEU 101 

Pesantume. Pesanteur. 
Il me Pesé. Il m'est fâcheux. 
Pesquier. Pescher. 

Pessons. Des peaux. 

Cordes de soye, et d'or pesaonsy 

Y ot por tenir les guerons. {Perceval.) 

Pestel, et pesteil. Un pilon ; et pestiller^ ou paisteler, 
, piler ; de pistillum. 

Et vit geloasie venant, 
I Un pestel en sa main tenant. (R, de la Rose.) 

Petarasse. Coup retentissant, bruit et son d'un coup 

donné ; à naxàcaù). (Nicol.) » Il lui a appliqué une grande 

< paiarasse sur la joue. » (Monet.) — Petarasse, ou 

, pétarade, bruit que fait la fusée lorsqu'elle arrive à sa 

fin. (Monet.) 

Petaax. Sorte d'anciens Soldats, selon Froissard, 
parlant des petaux, et bibaux. Ce sont des gens de pied, 
et paysans, selon Monstrelet. (Voyez Pilaux,) 

Petelé. Foulé aux pieds. (Nicot.) Voyez Troudelé. 

Petelez, ou pestelement. Foulement, trépignement, 
action de fouler aux pieds. (Nicot.) 

Pétiller. Fouler aux pieds. 

Je pelillay aux pieds ainsi que l'herbe. 

Par mes hauts faits et furieux combats. (Marot,) 

Petit Ce mot vient de l'Hébrieu pethi. 

*Petor. Quatre. (Voyez Petoritum.) 

^Petoritum. Chariot à quatre roues ; dep^/or, quatre. 
Bocbart appelle ce char, petoritus. 

Petrinal. Dn gros pistolet, invention des bandouillers 
des Pyrénées^ selon la Nef des folles. 

Petulqae. Remuant, bondissant comme chèvres : c'est 
pourquoy le Poète dit : Hœdique petulci. 

Pevier. Gros canon de fer. (Antoine Oudin.) 

Peuployé. Peuplé. (Songe du Verger.) 



102 PIL 

Peuture. [Nourriture. (Laurière, GIoss. Droit franc.}] 

Faire Phase. La Pasque. (Bible Historiaux.) Ou peot^ 
estre la Nouvelle Lune. 

Phisiciens. Médecins. On appelloit ainsi les MédeciDs 
anciennement, et non sans raison ; car il n*y a personne 
qui estudie la Nature, ou la Science qui est la Physique, 
comme eux. 

Fisiciena sont appeliez, 

Sans fy ne sont-iU point nommez. (Bible Guyot.) 

Phisique. Médecine. (Aldobrandin.) 

Picher, et péché. Pot à vin ; Aepicatum. (Voy. Pega,) 

Picquoys. Pic ou marc de fer, à guise de hache. 

Pics et pis. Des hoyaux. 

Pieça. Comme qui diroil pièce à de temps^ c*est*à- 
dire, il y a long- temps. 

Pièce, ou grand pièce. Long-temps; comme si on 
disoit grand pièce de temps. (Perceval.) 

Piège. Ce mot vient de pedica. (Ménage.) 
Piere. Père. 
Pietable. Pitoyable. 

Piétaille. Infanterie. (Froissard ) On disoit aus^ des 
pions^ eipietons^ parce qu'ils vont à pied. 

Paix et amour sont de sa piétaille^ 

Qa*il met devant en sa bataille. (Mehun^ Te$t) 

Pleur. Pire, plus mauvais. (Nicot.) 

Plex. Pieux, leviers. (Voyez Massue.) 

Pifre. Fifre, petite flûte militaire. Rabelais, livre 4. 
chap. 36, dit : « Marchantes vers nous au son des vezes 
< et piboles, des goguesetdesvessiers,desjoyeulx/n/'rM 
« et labours, des trompettes et clairons. » 

Pignon. Avance, ou coin sur une roue ; venant de 
pinnionè^ selon Ménage. 

Pile. Navire ; d'où vient Pilote. -- Pn^. Signifle le 






piL m 

revers des monnoyes; â*où est venu le jeu ie croix ou 
pile, qu'on demande jettant une pièce d'ar^nt en Tair. 
Elle mot de pile vient, selon d'aucuns, d'un ancien mot 
semblable, qui signifioit Prince (aussi est-ce le costé où 
est la teste du Prince, q<ii est la pile): d'où venoit le mot 
it primipile, c'est-à-dire, le premier rang des Triariens, 
on du premier Prince, et ainsi jusques à dix, selon 
Vegetius re militari, et Vigenere. D'autres disent que 
pile vouloit dire un tas, et encore en Languedoc une 
pile signifie un tas ; ou bien de pileus, bonnet ; parce 
que le pileus estant la marque de la liberté, on 1 avoit 
mis en certaines monnoyes. D'autres encore le tirent 
depyte, qui en ancien Gaulois signifloit un navire : d'où 
vient Pilote et pileus, bonnet ou chapeau, parce qu'il 
sembloit une barque : d'où aussi est venu le mot de 
galerus, qui signifie aussi un chapeau. Or en la première 
monnoye, qui fut celle de Janus ou Noë,estoit représentée 
la Navire ou Arche : et j'en ai plusieurs de telles, tant 
d'argent que de bronze. Ménage tire pourtant ce mot 
d'ailleurs, à sçavoir, de prorita, d'où est venu pirota. Et 
d'autres d'une ville représentée au sol de Bordeaux, sous 
les armes de la ville de Bordeaux. 

Pilemaille. Maillet à jouer au mail; depito et de 
malleus. Le jeu même s'appelloit palemail. 

Pllente. Sorte de coche. 

Pllette. Pilon. Comme le pilon doit accompagner le 
mortier, il est arrivé de-là que vers la fin du 15» siècle, 
les femmes portant des bonnets qui furent appelles 
mortiers, certains ornemens qu'on y attacha en forme 
de pilon, furent appelles pilettes. 

Soabz son chaperon de Pontoise, 

S*eUe est grave, 8*6116 se poise. (Coqtiillard.) 

Pilori. Ecbaffaut ; de piluricium. (Ménage.) 

Pilorier. Echaffauder quelqu'un, crier contre lui, 
le dénigrer. 

Mon Dieu qu'on vous piloria. (Pathelin,) 

C'est aussi un lieu de supplice. Je ne sçay s'il ne viendroit 
pasde pilier, parce que les échaffauts publics de plusieurs 
Villes sont ron(Jls et en forme de piliers. 



i 



^ 



104 PIS 

Piment. Drogue, épicerie, ou poivre. (Voyez Bresca.) 
D'autres le prennent pour une sorte de vin. 

Que îe ne beuvraj de piment^ 

Devant un an se le cy ment. • (R, de la Rose.) 

Plmperneau. Le poisson sparus. (Calbol. parvnm.] 

Pinart. Petite monnoye ancienne. (Rabelais.) 

Plncemallle. Avare qui ramasse jusqu'à la plus 
petite monnoye. (Nicol.) 

Piois. Un gazouillis d'oiseaux. (Gauvain.) El vient dn 
mot piBj nam pica est garrula. 

Pioche. Un pieu, ou pal. 

Piolé. Moitié d'une couleur, moitié d'autre, comme 
une Pie peinte et colorée par petites raies. 

Un carquan piolé d'esmail. {Ronsard.) 

Pions. Desyvrognes. Villon dansson grand Testament, 
en parlant des peines de l'Enfer, dit : 

Pions y feront mattc chère, 

Qui boivent pourpoint et chemise^ 

Puisque boyture (boisson) y est si chère. 

Ce sont aussi des gens de pied. 

Piot. Du vin ; venant de mUy, Mbere. 

Piper. Tromper les oiseaux : d'où prendre à la pipée. 
Gela s'est appliqué aux hommes. De pipio. 

Pipolé. Enjolivé. 

Terre pipolèe (émaillée) de fleurs. {R. de la Ross.) 

Pique. De Picardie, ou de piquer, ou de pica avis; 
ainsi un pic, une blessure en Languedoc. 

Piquenaire. Un piquier. (Faucbet.) 

Pis. La poitrine, ou mammelle. (Nicot.) Voyez Escùupi 

Si en fiert un parmy le pis (PercevoL) 

Le pis ii peut et la poitrine. {Ovide.) 

Par ce passage il semble que pis veut dire la goi^. 
Pistolandier. Long pistolet qui frappe aa but. 



PLA 105 

Pistolet et pistole. Ce sont des armes, ainsi dites de 
la Ville de Pistoye près de Florence, où on faisoit des 
dagues qu'on appella pistoyers^ selon Henry Estienne. 
Et puis par abus on donna le mesme nom aux armes à 
feu, et aux petits escus, et petites arquebuses ; et enfin 
cela passa aux petits hommes, selon IJes Accords, en ses 
Bigarrures. Pistolet vientselon d*autres de flstula, à cause 
du conduit creux qu'il a, qui semble une fluste. 

Pitanx et btbat/o:. Paysans qu'on faisoit anciennement 
aller à la guerre ; dits aussi petaux. 

Pite. Petite monnoye ; dite ainsi de picta et pictavina, 
parce qu'elle estoit battue à Poictiers, et selon d'autres, 
disent qu'elle n'estoit que peinte. 

Piteant. Pitoyable. 

Placel. Perceval employé ce mot pour un siège. 

Plaid. Plaiderie : « les plaids tenants. » De placitare. 

Plaie. Blessé. 

Que n'estes pas à mort ^layez. {Perceval.) 

Plaier. Blesser. (Voyez Despayer, et Ber.) 
Plains. Pleines. Marot, 4. Opuscule, dit : 

En cestuy temps stériles monts et plains 
Seront de bleds et de vignes tout pleins. 

Plaint. Complainte, plainte. Marot 3. Opuscule : 

Si qu'à mesplaincts un jour les Oreades 
Faunes, Sylvains, Satyres et Dryades^ 
En m'escontant jetteront larmes d'yeux. 

Plais, ou plait. Un conseil, ou advis. Villehardoûin 
dit: « Kequereni plaistf • pour parlementer. 

Plaisance. Plaisir. Marot, Epttre 1, dit : 

. . . Et là prend sa plaisance 

A gouverner à l'honneur du haut Dieu, 

Poyres erransy malades en ce lieu. 

Plait, plet OU plaid. Plaiderie. < Si aucun plait estoit 
commencé devant le Roy, et le Roy se partit du Royaulme 
sans ordonner un homme en lieu de luy, celuy plait 
pourroit estre déterminé devant le Seneschal. » (Le 

n. 14 



106 MiE 

ms.. des Assises.) Ce mot vient de plaeitum; etde-lk 
vient plaider. 

^Plammorate. Sorte de charrue. (Charron.) 

^Planarat. Une charrue. (Grand Atlas.) 

^Planarati. Charrue à roue, (Pline.) 

Planté. De plénité, abondance ; de plenitas. 

Donnoit de soy tous biens à grand planté. (Uwrot.) 

Planteivement. Abondamment. 

Et d^ nouvel faonement, 

Empli Dieu planteivement. {Ovide.) 

Plantureux. Fertile, abondant. 

Plasmateur. Ouvrier en argile, potier, sculpteur, 
statuaire en argile. (Nicot) 

Plasmation. Art de faire des ouvrages en argile. (N) 

Platel. Un plat. (Mehun, au Codicille.) On appelle 
aussi une platelle, une terrine au Languedoc. 

Plauder. Frapper, battre. (Voyez Pelauder.) 

Playé. (Voyez Plaie.) 

Platlaux. Plats. 

Plelge. Caution ; du mot plevir^ cautionner. 

Plente. (Voyez Planté.) 

Plentelve. Fertile. (Ovide ms.) 

Pleinteivetez. Ovide ms. dit : 

Pleinteive virginitea, et vierge pleinteivetez. 

Plenteuros. Abondant. (Villehardouin.) 

Plentieux. Abondant. Les champs plentieux. (Bible 
Hisloriaux.) 

Plesser. Plisser. 

Plessier. « Et par forest et par plessier. » (Perceval.) 
Plebsier. Plier ; à cause des plis qu'on fait en pliant m» 
chose. 



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PLU 107 

Plet Discours, débat : d'où plaider. (Voyez Plait.) 

Piéton. Peloton. 

Plevie. Promise. Fille plevie^ c'est-à-dire, promise 
en mariage. (Gronique de Flandres.) 

Pleuvir* Exceller. 

La tante dn bonté vent pleuvir. (Marot) 

Pledtir. Cautionner, promettre. 

. le le Tos pletns et affîes. {Perceval,) 

Plices. Pelisses. (Voyez Pennes.) 

Plisson, ou pelisson. Peluche. 

Plombée. Baie de plomb. Clans plumbata, dit Nicot. 
On appeiloit antresfois plombée une massue garnie de 
plomb, pour rendre le coup plus pesant. (Le Duchat.) 

Plommet. Niveau de plomb. 

Qai d'amour porte la devise, 

VÎTent sans reigle et sans plommet {Bios, des f, Am,) 

Ploreis. Pleure. Plouradis, mol de Languedoc. 

Alors vissiez un ploreis 

Si fort, et un sospiradis. {Perceval,) 

Plot. Pleust. (Perceval.) 

Ploumeon. Gerbes renversées ; de plumbum. 

Ploutroer, Bloutrouer, et Blottoer. Cylindre, 
grosse pièce de bois longue el ronde, que Ton roule sur 
les terres pour les applanir après qu'elles ont été labou- 
rées. (Nicot.) 

Ploy. Ply. (Songe du Verger.) 

Pluere. Pleure. 

Plametis. Brouillon d'une escriture. (Ragueau.) 

Plashors. Plusieurs. 

De vous parler en plushors. (Perceval.) 

Plasor. (Idem.) 

En son pavillon et plrnors lieux. {Perceval.) 

Plusour. Plusieurs. Hugues de Bersy dit : 



108 



POI 



Et si sai bien que li plitsour 
Tendront mes sermons à folonr. 

Plutée. Un pulpitre. 

Pluvlr, Pleuvir. (Voyez Plevir.) 

Pc. Peu. 

S'ils fassent un po mensongier. {Guiot dé Provim.) 

Poché. Semblable. 

Onq fils ne sembla mieux à père ; 

Regardez, quel menton fourché, 

Vrayement cestes vous tout poché, {Pathelin.) 

Pocillateurs. Yvrognes ; de poculum. 
Poderous. Puissant. Le Comte de Poitou dit: 

Rey poderouz al quai lou pobleha son recours. 

Poeip. Pouvoir. (Perceval.) 

Poelete. Palete de Chirurgien. Villon dit : 

En sang qu'on met en poêlettea sécher. 

Poes. Vous pouvez. 
Poesté. Puiàsance. 
Poestei de la Ville. Maistres. 
Poestez. Hauts et puissans. 
Poetherie» ou Poëterie. Poësie. 
Poetoie. Poësie. (Songe du Verger.) 
Poi. Peu. (Perceval.) 
Poignal. Poignard. (Monet.) 
Poignant. Piquant un cheval. (Perceval.) 
Poignies. Combat. (Perceval.) 
Poincture. Piqûre, blessure. 

Combien leur poincture est amere. (Ronsard.) 

Colère. Marot, livre 1. de la Métamorphose, dit: 

Quand Juno eut appaisé sa poincture. 

Poindre. Peindre. (R. de la Rose.) 



r 



PON 109 

Polne. Peine. 

Poireau. Pendant d'oreille. 

Qaelqae jour en lieu d*un poireau^ 

On portera une sonnette 

Qa'on cachera en sa cornette. {Coquillard.) 

Polse, Pose. Est à charge. Marot, Epltre 49, dit : 

Non pour aller visiter mes Chasteaux, 
Mais nien pour voir mes petits marotteaux, 
Et donner ordre à un fais qui me poise, 

Polser. Fâcher ; et me poist, me fâche. . 

Poisle. Un pavillon. (Voyez Poelle.) Juvénal des 
Ursins^ page 40, dit : « Et le Roy ayant rendu TOriflamme 
» àTAbbé de S. Denis, donna à l'Eglise un moult beau 

> poUle de drap d'or. • 

Poison. Tient de potio. 

Poitevine. (Voyez Pite,) 

Poitron. Vieille ; de nçâxyoy, ou de posterior, 

Poizars. Chaume, ou tige de pois, répandu sur terre, 
après qu'on en a ôté les gousses. (Le Ducbat.) 

Pol. Un peu. 

Si nos reposeron un poL (PercevaL) 

Polienl. Pulegium. Hortm sanitatis, 
Polin. Apollon. (Ovide ms.) 
Poltron ; De poltrOf en Italien, un lit. 
Poix. Le pouce. (Voyez Gehu.) 

Pompettes. Balles avec lesquelles on applique 
l'encre sur les formes d'Imprimerie. Ces pompettes 
ressemblant avec leurs manches à de grosses pommes, 
ont donné le nom à ces grosses verrues qui pendent a de 
certains nez, que de-là on appelle ne% à pompettes. 

*Pona. C'est l'herbe artemisia, (Dioscoride.) [C'est 
l'armoise ou Therbe de la Saint-Jean.j 

Poncel. Petit pont. Joinville, page 122, dit : « Le Roy 

> fit faire une barbacanne devant le poncel^ en manière 



L 



^ 



MO POT 

» qu'on pouvoit entrer dedans par deux costat tout à 
» cheval. Et il fit cela, pour retraire ses gens aisémenL * 

Pongneor. Piqueur, 

Pont de l'espée. La poignée. (Perceval.) 

Pontonier et Paatonier. Glorieux, et qui est 
commis es ponts pour lever un péage. 

Ponture. Point d'aiguille. (Voyez GoubisMU.) 
Pooir. Pouvoir. 

Popisme ; de nonnvafM: onomatopée qui exprime le 
son de pfo, pfo^ avec lequel on flatte les chevaux qui ne 
sont pas encore accoutumés à être montés. 

Por. Pour. (Perceval.) 

Porcoy. Pourquoy. 

Porisme. Un pré, dans Boêce ms. 

Porralge. Pourray-je. 

Porriaulx. (Voyez Loriots et Poireau.) 

Portaux. Portes. 

. • . Aux consacrés posteaux 

Sera deboat devant les grands partaux 

Féale garde, etc. (Marot) 

Portendu. Mis en veue. 

Porter. Supporter. (Voyez Douter.) 

Post. Peut. (Boëce ms.) 

Postiquerie. Course errante et vagabonde. (Monet.) 

Postiqûeur. Errant, vagabond. (Honet.) 

Postuler. Demander ; et Postulant , an Advocat 
(Blason de fausses Amours.) 

Poterne. Une fausse porte. (Froissard.) 

Vers une poterne descend. 

Qui trois Sergens li vont ouvrir. (GauvainJ) 

Potin. Sorte de léton jaune, où entre du plomb on 
estein ; d'où vient un Potier ^ et potée d^estein. 



POD M* 

Pou. Peu. 

 pou que ie ne tous oecy, {R. de la Rœ.) 

Ponacre, farsan. Paralitique. 

Elle gaérit les vtropiques. 

Les potMcres, les frenatiques. (Mehun.) 

Ce mot, que le Dictionnaire François-Italien d'Antoine 
Oudin interprète paurU plein d'uIceres, vient apparem- 
ment de podager^ et il désiste un gouteu, entant que 
couvert d'empl&tres puans. (Le Ducbat, Notes sur Rabel.) 

Pouair. Pouvoir. 

Poueir. Pouvoir, c'est-à-dire, potestas. 

Pooer et Ponir. Pouvoir, pouist, peust. 

Pongneor. Un piqueur. Dans le R. de la Conqueste 
de Bretagne, on lit : 

Gharle appeUe Fagon le pauçneor, 
Mareschal est de TOst^ et gmer (gaide). 

Souliers à Poalaine. 

Saintares, chaprons de migraines, 

Uhansses et aouliera à poulUxines. {Coquillard,) 

Cestrà-dire, à la Polonoise : car Poulaine^ c'est la Pologne, 
es Groniques abrégées de France. — Poulaine. Espèce de 
pourpoints rombourés, avec lesquels les jeunes Damerats 
se faisoient de gros ventres pour se mettre à la mode. (R.) 

Ponlemart. Ck)rde à emballer, ou ficelle à lier de 
petits paquets, comme dans le Dauphiné et te Lyonnois. 
(Le Ducbat, Notes sur Rabelais.) 

Ponlis. Poly. 

Ponpart. Un Damoiseau. Hehun au Testament dit : 

eu n'a pas grandeur de poupart 

Poapelain. Gasteau ; de nona^:6s; d'où vient pompet^ 
en Languedoc. 

Pouple. Poupié, comme qui diroitptm^pi^d; dit en 
Qnercy, de grasses galines. 

Pourcelalne. De pourprier. (Aldobrandin.) 

Poiurclias. Poursuite, recherche. 



L 



112 PRE 

Et quelle prise moins que fange 

Ma peine, et moy, et mon pourchM, {Marot) 

Pourchasser. Rechercher, chercher, demander. 

C'est un Marot, lequel vient pourchasser 

Un traict verbal de votre bouche exquise, 

Pour bien tirer droict au blanc où il vise. (Marot.) 

Pourpre marine. C'est une coquille. (Bible Hislor.) 

Pourpris. [L'enclos d'une maison seigneuriale. 
(Laurière, Gloss. D. Fr.)] 

Pourqaerre. Chercher par-tout. (Nicot.) 

Pourquist Poursuivi. 

^^ * 

Pourrée. Poirée. Herbe potagère. Rabelais, livre 1, 
chap. 11, dit : « Mangeoit choulx, et chioit pourrée. » 

Poursuivant. Amoureux. 

D'un gros Abbé un j^ourwtvan^ (Villon.) 

Pourtralre. Peindre. 

Mais voyez comme elle me semble 

Pensive, triste et pale ensemble, 

Pourtraite des mêmes couleurs 

Qu'amour a pourtrait son Seigneur. (Rnnsard.) 

Poutre. Jument ; de pullitra, et pullus. (Hënage.) 
Rabelais dit que c'est une jument, non encore saillie. 

Poy. Peu. (Voyez Trelix.) 
Poyer. Payer. 
Prael. Pré. 
Praelet. Petit pré. 

lalay à li, el praelet, 

Et tôt la vielle et l'archet. (Colin Muset,) 

Praguerie. Ancienne émotion de France. 

Pralerle. Prérie. (Merlin.) 
Prangeler. Ruminer ; de prandium. (Nicot.) 
Preage. Pâturage. (Monet.) 
Préaux. Des prez. 

Gardant brebis par les préaux herbus. {Le Maire.) 



i 



r 



PRE lis 

Prébende. Revenu et portion de viande qu'on doit 
avoir, deprœbere. Flamel, en son JRoman, dit : 

Reçoivent si douce prébende, 

Ppeceller. Valoir davantage. 

Puis qu'en ce donc tous autres percellez. {Marot) 

Trefire. Borner, arrêter, fixer ce qu'on veut qui soit 
fait. (Nicot.) H . H 

Freina. Enceint ; de prœgnans. (Nicot) 

Prélasser (se). S'en faire acroire, se donner des 
airs, témoigner par ses manières qu*on se croit fort au- 
dessas des autres, faire le P^élat. Rabelais, liv. 2. chap. 
30, dit: « Je veys Diogenes qui se prélassait en magniu- 
« cence avec une grande robe de pourpre. » 

Premerain, ou primeraim. Premier. 

Preaiier. Récompenser, Marot, Epitre 57, dit : 

le beau fait que Ton doit premier. 

Prenable. Capable de contenir, assez grand ; capax. 

Preoçacer. Pourchasser. 

Preschleres* Prédicateur. 

Presme, et premesse. Retrait iignager ; de proximus, 
ou proximicius, (Ragueau.) 

Presse. Malum persicum. (Hortus sanitatis.) En 
Languedoc se dit pressé^ presseg, per$ee, et persegm. 

Prestolant. Sorte de Bailli. A. Oudin interprète ce 
mol par Podesta, Rabelais, liv. 2. chap. 7. en fait un Chef, 
00 Député de quelques paysans. 

Prestraige. Sacerdoce. 

Presumpcier. Présomptueux, ou présumer. 

Preu. Profit ; et encore se dit en Languedoc, faire son 
prou.àsonprou.Heproficio, Unde prouface^ bon profit 
TOUS face. — Preu, signifie aussi un homme de bien ; de 
probus. 

Quer certes cest fous vasselages, 

Faire son preu d'autruy dommages. 

Et d'autruy cuir larges correies. {Fabliau de Hélinand») f 

IL 15 j 



114 PRI 

Preude. Sage. 

Preudom. Preud'homme. 

Pregon. Profond. Bertrand de Marseille dit: 

Aquesta estrania amour non si pot eslugnar, 
Tant fort pregon ieu Tay dedins ma testa messa. 

Preveil. Danse de Poitou, ou autre assemblée de 
Villageois ; de pervigilium. 

Preut , et empreut. En premier lieu ; de nçaaoÇf 
primus. (Nicot.) 

Preux. Vaillant, 

Q)ievaleureux, vaillant et preux. {PercevaL) 

Marot, Jugement de Minos. 4. Opuscule, emploie ce 
mol dans le sens de courageux : 

Ce temps heureux, François preux et savant, 
Commencera dessous toi bien avant. 

Prex. Preux. 

Preyre, en Albigeois, est un Sacrificateur; comme 
qui diroit Prieur^ ou Pt^estre. 

Prim. Premier. (Nicot.) 

Prime. Notre prochain. 

Edifier mon prime. {Codicille de Mehun,) 

Prime. Une heure. (Perceval.) 
Primeface. D'abord, en premier lieu. 

Que chacun voise à lui de primeface^ 

Quand il voudra obtenir quelque grâce. {Marot.) 

Prlmeraln. Premier. (Nicot.) 
Primeraine. Première, ancienne. 

Et en tel ordre et pompe primeraine. (Marot.) 

Primes. Premiers. (R. dit le Brut.) 
Prin. Premier. D'où vient Printemps. 

Ce fut au prin somne tout droit. {Ovide.) 

Prince. Amy. Les anciens Poètes mettoient ce mot 
de Prince au commencement du Quatrain, qui faisoit la 



PRO 115 

dosture de leurs Balades, comme on voit dans la Fontaine 
da Amoureux, dans un ms. des Mémoires de Paris, de 
M. Claude Martin Médecin de Paris, au feuillet 29, et en 
mille autres lieux. Villon, es Repues Franches, dit : 

PiHnce^ puisque ie ne me puis tenir, 
Qoe de tels faits ne fasse mention. 

Prinsault, de prinsault. Du premier saut. (Nicol.) 

\int Phaéton par une grand' montée, 

Et du prinsaut devant les yeux se boute, 

Du père sien, dont il estoit en douté. (Marot.) 

Prison. Prisonnier; de Tltalien prigionè. (V. Ban*e%,) 

Pristrent. Prindrent. 

Prit ou briL Libre ; d'où vient le nom de Bretagne, 
selon Âletin le martir, en ses Antiquitez de Bretagne. 

Prode, proude et preude. Femme vertueuse. 

Prodiction. Trahison. 

Prodom. Preud'homme ; de probus et homo. 

Proesme. Préface. (Nicot.) 

Phoesme. Prochain. (Idem.) Voyez Pi*oymé. 

Profiterolle. Médiocre boule de pâte cuite sous la 
cendre. (Nicot.) Rabelais, liv. 2. chap. 7. y fait allusion 
^jpeW^ni profiterolle^ le gain que les Curés et les Moines 
faisoient avec les indulgences. 

Profonder. Fouiller, creuser, approfondir^ (Honet.) 

Progenie. Race. 

Prolere. Prière: proier^ c'est-à-dire, prier. 

Prolez. Butin. 

Proisié. Prisé, preux. 

Promeconde. Dépensier. (Rabelais.) 

Propanciers. Les Heinuyers, ceux de Hainaut. 

Propons. Propos. 

Prosne, ou prome; de proœmium^ ou^prœconium. 



L 



1 



Protervie. Sacrifice propter viàm^ selon la rémaripe 

du Sealigerana^ au mot sacrificium. '' 

Prothocole. Livret, rooUe, ou histoire. 

Lisez en cestuy prothocole. ( Villon.) 

C'est, selon Ménage, la première feuille d'un livre; et 
escatocolla, la dernière. Ce qui vient tout du Grec. Selon 
d'autres, le protocole estoit la marque du papier qa*oa 
roettoit au bord ; à cause de quoy il estoit défendu aux 
Notaires de rogner leurs Registres, afin qu'on puisse 
découvrir les faussetés : ce qui ne se pourroit, si la marque 
estoit emportée* (Tibullo, lib. 3. protocolumestfastigiom 
chartse.) D'autres disent que c'est la première note, livre, 
cayer, ou registre, c'est-à-dire, le brouillon et sommaire, 
que les Notaires appelloient sumptum. Ce sont petits 
livrets où ils mettoient en deux mots l'affaire pour laquelle 
on les envoyoit guérir, et après ils la dilatoient à leur 
maison ; et j'estime que c'estoit \e protocole. 

Prou. Assez, suffisamment. Prou, beaucoup. « Proii 
« de gens nous travaillent sans sujet. » (Honet.) C'est 
aussi un terme de félicitalion, d'heureux souhait. < frou 
« vous face. Tu es content de ta condition ; prou te fasse. > 

Provendier, Un boisseau contenant la provende, ce 
qu'on donne à la fois à un cheval ou autre beste. 

ProufiteroUe. (Voyez Profiterolle.) 

Prou cires Prières. Un oratoire. (Perceval.) 

Prous. Vaillant. 

Un Chevalier prous et hardis. (PercevaL) 

Prouvolrre. Pourvoyeur. 

Proymé. Nostre prochain. (Hîsl. Albig.) Prohme^ 
prosme et proësme^ c'est-à-dire, parent; deproxinm. 
Coustume d'Anjou dit : « Choses immeubles acquises de 
« son proësme. (Ragueau.) 

Proz. Preux. 

Prumier. Premier. 10. de Saint Saturmn^ Mie 

Chimique ancien, dit : 

la si an quatre princinal, 
L'un nègre que es facti pruwUé, 



PBT «T 

Et Tantre quand es blano entié, 
Et ters quant es incinérât^ 
El quart quant es rubificat. 

Pacelle. De pudicella, fine. 

La pucelU dont ie devise, 

Si point et ard en mainte gdse. (t^drit, dès Aihéut'eux.) 

Poche. Une puce. 

Pachier. Puiser. (Perceval.) 

Poet. Peut. (Pereeval.) 

Pagne. Bataille. Dans les Menus propos de Pierre 
Gringoire, on lit : « Veu qu'il ne sçait quand il bataille 
< ou pugne. » 

Puip. Senlir mauvais, puer. (Nicot.) 

Puis. Plus, depuis. (Voyez Mons.) Mehun dit : « Puiê 
« les Cieux >, depuis le Ciel. 

Polente, etpullante. ï^uante, ou apostume. 

Lés dents ot pleines de roissoir, 

Et de pulente pourissoir. (Ovide,) 

Paletrom etpoletrum. Un poulain. 

Palverage. [Droit que les seigneurs prennent sur 
les troupeaux qui traversent leur propriété, à cause delà 
poussière qu'ils soulèvent. (Laurière, Gloss. Droit franc.)] 

Pulveratici. Serfs auxquels on donnoit deux sols, 
s'ils s'offroient pour aller à là guerre. « Ex prsecepto 
c Dagoberti demercatosanctiDionisii », où sont nommés 
divers droits anciens, à sçavoir : « Theloneos, vel Navi- 
geos, Porta ticos , Pontaticos, Rivaticos, Rotaticos, 
VultaticoB, Tbémonaticos, Cespetaticos, Pulveratieés^ 
Foraticos, Hestaticos, Laudaticos, Saumaticos, Saluta- 
« ticos omnes. > 

Pnor. Puanteur. 

Potage. 

Et tout est leur entention, 
Et l0 désir de leur cora^ë, 
En lecherie et en putttge. {Ofvide,) 



i 



''1 



118 QUA 

Paire Putage. 

Molt est mes cuers fox et haïs, 

Quand un home d'autre pals 

Veil avier et faire putage : 

Non fait; quand donc? par mariage. {Ovide.) 

Potasser. Fréquenter les garces. 
Pote. Putain. 

Toutes estes, serez, ou fustes 

De fait ou de volonté putes. (R. de la Rose.) 

Jadis pute^ vouloit dire fille, et se prenoit en bonne 
part, comme a fait garce. (Ménage.) D'autres disent que 
c'est une sincope de puante. 

Potefoy. Mauvaise foy. 

Tant cruel et de putefoy. (Perceval.) 

Putefy. Aller en putefy , en perdition, faire la fin 
d*une putain. 

Poterie. (Voyez Cointerie.) 

D'yvrognerie, deputerie. 

Scandale et bruit. {Blason des fausses Âmoun.) 

Pylei (Voyez Pile.) 

Pyrer. Suppurer, jelter du pus. 



Q 



Qoacheor. Cheval à combattre. (Perceval.) 

Qoad. Il dit. 

Qoadrin. Liard; ou teruncius. (Nicot.) 

Qoadon, %i iru. Us lui dirent. 

Qo'aho Qo'aha. Tant bien que mal, par ci par li, 
avec peine. (Nicot.) « J*ai assemblé cent écus qu'ahu 
> qu'aha. Il est venu qu*ahu qu'aha. » 




QUA 119 

Quair. Car. 

Quam que. Ce que. (Boêce.) 

Quante. Deshabillée. 

Femme est plus cointe et plus mignote 

En sa quanie qu'en sa cotte. (jR. de la Rose,) 

Quanque. Tout ce que. 
QuANQUE. Autaut que. 

Qaanquest. Tout ce que. 

Quant qu'il. Tout ce qu'il. (Fontaine des Amoureux.) 

Quantes. Combien, quel nombre. 

Qu'aqu'il. Tout ce qu'il. 

Qaaquetotre. Petite chaire pour deviser. 

Qaar. Car. (Aldobrandin. Villehard. Bouillus.) 

Quar il estoit marescaux, 

Et fn sages, preux et loyaux. (Motisk.) 

Qaareites. Gharretes. (Perceval.) 

Qnaresme. Caresme ; de Quadragésime. 

Qnarete. Charette ; en Languedoc, masque. 

QnaroIIes. Danses. (Perceval.) 

Qaarreau. Mesure, comme aulne. (Voyez Manteau.) 
(Test peut-estre un drap plié en quarré. 

Or ça monstrez ces quarreaux. (Pathelin,) 

QuARREAu. Grosses pierres qu'on jettoit jadis dans les 
Tilles avec les mangoneaux ; de carus^ parce que 
ehacune chargeoit un char; ou de leur forme quarrée ; 
i cause de quoy on appelle carrières, le lieu d'où on les 
lire. Cairou, en Languedoc est la même chose que 
quarreau et pierre; qui vient de quaire, c'est-à-dire, 

tgle ; ou de quadratum. 
Qui ses ennemis angoissoit, 
D'un trenchans quarriaiuc barbelez. {Ovide,) 
0iot signifie aussi carreau ou siège. 
Neis quand se Touldra soer, 
Âprestez-lni quarrel ou selle. (JR. de la Rose,) 



Qoarrel. D'où vient Cairou. 

Et close erout de haut mort, 

Dont li quarrel estoient dur (les pierres). 

Qoars jor. Quatrième jour. Inde quarçon, c'est-à- 
dire, garçon. EJ mesme se oisoil gars, pour quars, c'est- 
à-dire, qui a 14 ans. 

QuARs. Chariots. (Perceval.) 

Quartelage. [Droit injuste paF lequel les seifwurs 
usurpoient la quatrième partie des blés et des vins 
pecueilliâ par les habitants. (Laurière, Gloss. D. Fr.)] 

Quartes. Des cartes. 

Quaserete. Panniers d'osiers. (Bouillus.) 

Quasser. ÇJiasser ; unie cas^, eu Languedoc. 

Et cil dedans si ne codassent, ^^ . , « v 

Que cU defors ne les quaasassent (R. de la Rose.) 

Quastele. 

Le cheval sus quoy iel seoit, /r, _^ v 

Estoit un hau cent de quaatele {GaetUle). (Oiwitwm.) 

Quay . Margines aquœ ; de cair, cadere. 

Quayer. Pour c^yer . 

Queden. Ils diront. 

QuedeBl, ou Qnedeade. Disant. 

Quelsse. Peusse. (Perceval.) 

Quelonge. Quenouille. (Rebours de MatliiolMS.) 

Quemln. Chemin ; de semita, selon Bouillus. 

Qu'en. Qu'on. (Perceval.) 

Quena. Femme. 

Quenne. 

De S. Martin bon vin d'Espaigne, , ^ , , ^ -. ^^ . 

le lui domtiy plain une qtéenne. (^ ott a«t âgpt iMma-} 

Quens, OU Guens. Comte. . 

Mena son Ost sans point d'Aloine (delay), \ 

Oue mort est li Quens de fidome. I 



QUE 121 

Qaer. Car. — Quer. Tomber; venant de cheoir. 
(Booillus, de Vitiis linguœ vulgaris.) — Quer. Du cuir, 
selon un ancien Réceptaire. 

Querele. De grêle. 

Quérir: d*où vient queisse^ je cercbasse. 

Qa*amour me dît c[ue ne queisse 

Un compa|[non coi ie deisse 

Mon conseil tout entièrement. (R, de la Rose.) 

Qaemeaax. Créneaux. 

Quemn. Chacun. 

Qaeroller, ou caroler. Danser. (R. de la R.) V. Oler. 

Queronique. Cronique. 

Querre ou quierre. Rechercher ; de quœrere. (Voyez 
paument) Dans la Fontaine des Amoureux, on lit : 

Qui la voudroit cercher et querre, 
Et pais trouvée mettre en terre. 

i Qoe Qaersistes. Que cherchastes. (Perceval.) 

Qoeslier, chelier et cayelier. Un faiseur de chaire 
^or s'asseoir. 

Quesse. Une caisse ou coffre. 
Qu'est. Qu*eust. 

Si tu n'as tant qu'est laques Guear. (Villon.) 

Queste. Conqueste. 

Questif. Gbetif. (Bouillus.) Le premier vient de faire 
I qoeste, et l'autre de captivus : ce que le mot de 
lingQ^oc démontre mieux ; car on dit caitiou. 

1 Qnevage. Chefvage, à cause qu'on confond le Q avec 
|CH: car on dit, chat et quat, et queval, pour cheval, 
I quien pour chien. Ce qui se pratique sur-tout en 
Nrdie. Or quevage est un droict sur chacun, c'est-à- 
pe, sur chaque teste ; et vient de Capitagium. 
royez Chevage.) 

Queue annuée. Sorte de vers anciens, selon TArt de 
liéloriqoe ancien. — Qceue. Mesure de vin^ contenant 

II. 16 



i 



n 



1 

1 



1« QÎJÏ 

48 septiers, qui valent 373 pintes. Ce mot est usité es 
Normandie et en Picardie, et est corrompu de cuve. 

Queult. Cueille. (Songe du Yerger.) 

Queux et querage. Cuisinier. (Rabelais.) « Les maistres 
» Queux souvent lardent perdrix. » Le grand Queux de 
France estoit autrefois l'Intendant de la cuisine du Roj; 
dit de coquusy comme lieu de Zoétts, jeu de joeu$. - 
Queux. Quels ; lesqueux, lesquels. — Queux, ou ceue, ' 
Queue ; de xoyci. 

Quex à. Qui les a. R. d'Alexandre dit : 

Et le franc Conestable quex a à justicier. 

Quider et quidier. Estimer, cuider. (Perceval.) 
Quler. Pourrois. (Voyez Desor.) 
Quter. Cherche ; de qucero* 

la de chanter en ma vie ne quier^, 

Mais avoir courage. (RenauU de SahrieL) 

Quierres. Quarrez, ou anglets. 

Sus toutes précieuses pierres, 

Trestout reont à quatref quierres. (R. de. I# Èùêb.) 

Delà viennent les mots de Languedoc, quatre, cairou,m 
escairéy quarré, pierre quarrée, et esquierre. 1 

Quiert. Cherche. 

Qulex et les^iex. Quels^ et le&quels. (V. Tgaument) 

Hebers n'a mauvez hom quiex qui soit. {PercevàL} 

Quiex. Quel. Huistace, vivant Tan 1155, dit: 

Quiez Roy y a en ordre euj- 
Et qui ainçois et qui puis fu. 

Quignet. Coin. (Coquillard.) 

Gomme pour chose en quignet, (JR. de la Rose,) 

Qu'il. Celui qui. (Perceval.) 

Se Quilleter. S'arrêter, et planter^ se tenir de 
comme une quille. (Gauvain.) 

Quia. Singe. 

Quinaut; Gus. (V. Coutinaut); de xeyoç, vacum. 



I 



QUO 12& 

Qabie. Grimace de singe. La femelle du singe. 
Quinette. Béquille ou bftton de vieillard. (Nicot.) 
Faire Quinquinelle, ou Qoinquemelle. 

Qui ne lear faiUoit nul respît, 

Delay^ grâce, ne quinquernelle, (CoquiUard*) 

C'est-à-dire, faire la distribution de ses biens, c'est-à-dire, 
prendre un terme de cinq ans (quinquennium) pour 
payer; au bout desquels si on n'avoit moyen de payer, 
on exposoit les débiteurs à cul nud sur une pierre. 

Qointaine ou quitaine. f/est un jaquemart, ou 
homme de bois plante en terre, auquel on tire au blanc. 
Ce qui vient de quintus^ parce qu'on a imité ce jeu de 
ceux des Anciens, qui se faisoient de cinq en cinq. 
D'autres dérivent ce mot de quintainôj d'un homme 
appelle Quintiis, Valltis et Pallus, selon Vigenere sur 
César, est pris pour une sorte de quintaine ou iacquemartj 
fiché en terre pour exercer à rencontre comme si c*estoit 
un adversaire, c'est-à-dire, un homme de paille. Juvénal 
parle des femmes s'exerçans ainsi : 

Aut quis non Tidit vulnera pâli ? 

Quints, Requints. [Droits dus au seigneur feudal, 
quand le fief est vendu ou aliéné à prix d'argent. 
(Laurière, Gloss. D. Fr.)] 

QuIs, Cherché. (Perceval.) D'où enquis. 

Quise. Recherchée. Marot, Elégie 14, dit : 

Et en la sorte encor qne ie i'ay quise^ 
Je m'en repens, cog^oissant ta feintise. 

Qutsse. Cherchasse ; de quérir. 

Amoar me dit lors que ie quisse, (R, de la Rose.) 

Je Qoit. J'estime, je cuide. (Joinville, p. 356.) 

Qnoquart. Glorieux sans sujet, comme les enfants 
qui mettent des plumes de coq sur le bonnet, et s'estiment 
bien ajustés. « Et ne suis qu'un jeune guoguar/. «(Villon.) 

Quoqoelu ou goguelu. Avide de gloire, selon Bouillus. 
Il me semble pourtant que c'est plûtost un homme qui a 
double menton, et qui est fort gras. 



124 RAB 

Qnoqoetreau. Parleur : ce qui vient du jargon des 
coqs et poules; d*où caqueter et coquet. 

Quoqns. Rebours de Mathiolus dit : 

Il devient chetif et quoqus, 

Quoue. Queue. (Hehun au Codicile.) 
Qooyement. Secrettement. (Bible Histor.) 



R 



Raalsier. Se remettre à Taise. (Perceval.) 

Raambier ufie terre. [C*est retraire une terre, la 
racheier, ou la retirer par retrait iignager. (Laurière, 
Glossaire Droit français.)] 

Rabaster. Faire tapage, comme les lutins qui revien- 
nent de nuit. (Voyez Rabbater.) 

Rabats. Esprits ou lutins; d*où vient rabater. c'est- 
à-dire, faire du bruit. Rabelais dit: « La mommerie des 
a rabats et lutins. » — Une rabassiere. Un instrument de 
fer en Languedoc, pour arracher, pourroit peut-estre 
venir de-ià, ou de arraba, arracher. 

Rabbater. Faire tapage. 

Esprit donc, bon feroit ce me semble, 
Oncque? toi rabbater toute nuict. (Marot.) 

Rabe. Rapum. Lespleigney dit : « Hais le nom ne sert 
« d'une rabe. » 

Rable. Reins, ou rabots dont on fait le mortier; de 
rouable^ parce qu'il se tourne. (Nicot.) 

Rabottr. Polir. 

Rabougri. Un arbre demeuré nain et mal fnit, et 
comme rentré en soy-méme. Ce mot a autrefois causé un 

Srocès mémorable à M. Naudé, qui avoit ainsi appelle un 
loine. (Histoire de TAcad. de Paris.) 



BAI 125 

Rabouliere. Creux où la lapine fait ses petits. 

Racaille. Canaille ; de race et de raiix. 

Rachats. Maigre, sec, décharné. (Nicot.) 

Rachimburges. Charge de guerre. (Fauchet.) 

Raçleforets. Ce sont ceux qui dans les étuves 
servent à racler et à affîner le visage des femmes qui 
prennent le bain. (Rabelais, liv. 2. chap. 30.) Ce mot est 
composé de racler, ratisser, et de tourety espèce de petit 
masque. (Voyez Touret.) 

Radabé. Mot de Languedoc, riorte^ ou hardelle. 

Rade. Rand, Alleman, c'esirà-dire, rivage. (Ménage.) 

Radiwagon. Chariot, en un Pseautier de Lypse. 

Raempli. Rempli. (Voyez Maronier.) 

Rafetier. Un maquereau. 

Ragalice. Réglisse. (Nicot.) 

Ragaz d*eau. Innondalion, pluie abondante. (Nicot.) 

Rahhanno. Des choses. 

Ralau. Réau, raie, cavelure, trace. (Monet.) 

Raier. Couler. 

Raier. Couler ; d'où vient Ragea. (Perceval.) 

Ralgne. Reyne ; de Regina. 

Ratm, Rainceao. (Voyez Rain,) 

Ralii. Orée de forest. (Ragueau.) — Rain ou rains. 
Rameau, rinceau. (N.) De ramus^ comme main de manus. 

Si cueiUis un rain d^églantier. (A. Chartier.) 

Ralnet. Grenouille ; de rana. Villon dit : 

Raines j crapeaux, et bestes dangereuses. ^ 

D'où vient pomme renette, pour estre marquetée comme 
le ventre des prenouilles, selon Ménage : ou de poma 
renajia. Mais j'estime que c'est pour estre la reine des 
pommes. 



1^6 QAM 

Ralre^ Raser. Tondre. (Nîcot.) 
Rais, réclat, le feu des yeux. 

Aux rais des veux crut le brandon plus fort 
D'amour cruel, etc. (UarûL) 

Rai$eaax. Rets de chasse. 

Sa Raison. Sa harangue ; de &ua Oratione. Merlin dit: 
« Et il commença orgueilleusement sa raison. « 

Raiz. Rasé, tondu ; raise^ rasée, coupée net. 

Vous m'avez finement 

Coupé la queue et raise. (Marot.) 

Râler. Retourner. (Perceval.) 

Ralias. Discours, raillerie. 

Rainasse. Sorte de jeu du tems de Rabelais, ainsi 
appelle, selon le Duchat, de ce qu'on imitoil dans ce jeu 
la manœuvre qui se pratique dans les Alpes envers ceax 
qui les traversent dans le fort des neiges. 

Ramberge. Espèce de harque à rames. Voici ce que 
disent de ce vaisseau les Mémoires de du Reliai, liv. 10. 
sur Tan 1545: « Il y a une espèce de navires particulière, 
« dont usoient nos ennemis (les Ânglois), en forme plus 
« longue que ronde, et plus estroile de beaucoup que les 
« galères, pour mieux se régir, et commander aux coa- 
« rantesqui sontordinairementen celte mer (la Haoche): 
« à quoy les hommes sont si duils, qu'avec ces vaisseaux, 
« ils contendent de vitesse avec les^ galères , et les 
« momment ramberges. » 

Rame de papier ; dite du châssis où se fait le papier; 
composé de fil de cuivre, dit rame en Italien ; deceramen. 
Et les Imprimeurs de Lyon appellent aussi la rame, ce 
qui enferme la lettre sur leur presse. 

Ramentevotr. Souvenir, faire ressouvenir, rappeller 
à la mémoire. Marot, Chant 3, dit : 

Et détruira son ame (à dire voir). 

Si quelque ennu^ ne vient rementevpir^ 

Le pauvre humain d'invoquer Dieu, etc. 

Ramentoy. Rappeller ; de ramentevoir. 

Las ! ne nous ramentoy 

Le3 vieux maux contre toy 

Perpétrez à grans sommes. {Marot) 



ïtamenius. Rappeliez à la mémoire. 

Où plusieurs cas me furent ramentus, {Marot) 

Ramiers, ou Roumiers^ et Paumiers. Des Pèlerins ; 
ainsi dits à cause des rameaux de palmes que portoient 
ceux qui venoient du Temple de Jérusalem ; et les autres 
de itoma, à cause de la Ville de Rome d'où ils venoient. 
On les appelloit aussi AesRamiem. 

Ramon. Balay ; de ramus, unde ramoner. (Nicot.) 

Ramponer un homme. Se moquer de lui. 

Ramponeose. Fâcheuse, qui cherche des querelles 
d'Alleman. D*où vient une rampogne , c'est-à-dire , en 
Languedoc, une querelle mal à propos. 

Ramponiere. 

Par ceux qui fu fel et crueux^ 

Ramponieres et mal palliers 

Dessus tous autres Chevaliers. (H. de la Rosé,) 

Ramponoes. 

De pécbié de toutes ausmones, 

De beau parler et de ramponnes. {R, de la Rose ) 

*Ran. Un mouton ; de aran, le masie des brebis : d'où 

Sourroit veûir le mot de marroquin, aussi-bien que du 
oyaume de Marroc. — Rah . Un bélier. (Nicot.) D'où vient 
marran et marro^ en Languedoc, un mouton. 

Ranchier. C'est le fer d'une faux. 

Rancœur. A contre cœur, rancune. (Nicot.) 

Rançonner les préaux. Les rehausser avec de la 
terre. 

Rançon. Arme ancienne, sortes de hallebardes 
inventées pour les combats de mer, environ le Règne de 
Louis XI. 

Randon. Force, courage. 

Boire souvent de grand randon. (Murot,) 

A Random. a suite» et à la fois. (Parceval.) 

Ràndbuner^ Galopler. 
Rane. Grenouille ; de ranâ\ 



L 



128 RAV 

Ranete. Grenouille. Art de Réthorique ancien dit: 
« Quelle endormie serpentiaux et ranetes. > 

Rangourir. Languir, à mon advis. (Héhun.) 

Ranguillon. Ardillon. (Nicot.) 

Rannes. Rameaux. 

Raparailler. Réparer. (Voyez Dommage.) 

Rapayer. Rappaiser. 

Raphileux. Raboteux ; de çàtm, fente : d'où les mots 
de Languedoc raf/lt, ridé ; et ra/ite, un soufflet. 

Rapière. Une espée ; et rapierer et rapiereur, c'est- 
ù-dire, un coupe-jarets ; de çâniSBiy^ cœdere colaphU. 

Sa vieiUe rapière au vieux lou. {S. Amant) 

Raponné. Tancé, moqué. 

Mais pource raponnez en foi, 

Qa*à Glerevaux quatre mois fui. {BihU Guyot.) 

Raponneuse. Querelleuse. (Voyez Ramponeu^.) 

Et mesdisante et raponneuse. (H. de la Rose.) 

Raquier. Cracher. 

Raquoiser. Tranquiliser, appaiser. (Nicot.) 

Rasoté. Sot. 

Rassoager. Se réjouir. (Perceval.) 

Rate. Feur, prix: d*où vient qu'on dit au pro rata: et 
vient de ratio. 

Ratepenade. Cbauve-souris. (Monet.) 

Ratin, et ratis. Fougère. 

^Ratis. La fougère. (Grand Atlas.) 

Ratoire. De ruptorium, le trou d'un rat, et un 
cautère. (Gauvain.) Caustique en Languedoc. 

Raube. De raupa^ c'est-à-dire, robe. En Languedoc 
robe; unde rauba^ c'est-à-dire, dérober. 

Rave pour rafe^ à rapliano. A Paris on prononce 
souvent le V, pour FF, safetier pour savetier. 



t d'bérttage. [C'est une dotation 
ievanl toy. (Laur., Gloss. D. Fr.)] 

saisir reodalement le fief d'un vassal. 

Fr.}] 

te au flanc d'une Tour, pour donner 

3tO 

bigarré par petites raies. (Nicot.) 

; d'où Realmonty 'Ville de l'Albigeois, 
ssi une monnoye. 

; fait. Ed efTet. (Nicot.) 

ter un reprise ou refrein de Cbaoson : 
ïaulois, c'est-à-dire. Chantres, selon 
ent de l'Anteclirist. (Voyez Jongleur.) 

ji. Alain Chartier, au débat des deux 

ait: 

i porter caear roaladia, 

dont il fust rebaudit. 

a. Les Satyres Chresliennes disent: 



ébreu rebiac, Sistrum. Rabelais dit : 
ige de rebec. • 

I. (Nicot.) 

haut Languedoc. Ce root vient du Roy 
ilippes le Bel, qui la fit entourer de 
'inscription qui est sur sa porte : 
im Vanri baslida vocabir, 
'0 Régis honore mei. 

en haut, retroussé. 

i( contre mont. (Perceval.) 

à jambes). Les quatre fers en l'air, 
pression est en usage le long de la 
le même sens rebondaines. Ce qui 
•bondir, parce qu'une personne qu'on 
violence, ne peut guère tomtrër sans 
Hénél. de Roo. dans la g. Poilev., di|: 
17 




130 REC 

Devant mi mes d'une dozaine 
Ghengirent jambes rd>ondaine8, 

Rebineur. Qui se rétracte de choses convenues et 
accordées en jugement. (Nicot.) 

Rebonner. Renouveller. (Hébun, au Testament.) ' 

Reboucher (se). De rebuccare^ s*émousser, se 
rebrousser, se recourber, parlant du bout du fer de la 
lance qui se nomme bouche ou bec. 11 se dit aussi dn 
taillant en quelque endroit qu'il s*émousse. (LeD. n.surR.) 

Rebourcié. Retroussé. 

Rechignée estoit et fronde, 

Âvoit le nez et rehourciéy 

Hideuse estoit et soûlée. {R. de la Rose.) 

Rebours ou rébus de Picardie. C'est une escritore 
énigmatique, venue de ce que jadis les Clercs de la 
Bazoche faisoient une Satyre, intitulée De rebu$ qu(B 
geruntur, et ce tous les ans. (Ménage.) — Reboubs. 
Contradiction, réprimande. 

Rebourse. Hal-gracieuse. 

Madame, je vous remercie 

De m*avoir esté si rebourse. {Marot.) 

Rebout. Rebut, refus. Harot, Epttre 27, dit: 

En me disant à cause du rebout ^ 

Souvent se faut tenir ferme debout. ' 

Et de-là rebouter pour rebuter, dédaigner. 

Rebresche. Lespleigney dit: « Et pour venir à mon 
» rebreche » (à mon dessein.) 

Rebrescher. Censurer. 

Rebuffade. De re et buffe, soufflet. (Voyez Buffe.) 

Recaigner. Becaner, voix d'un âne. 

Recalciter. De calcitrare^ regimber. 

A Recelée. A cachetées. (Perceval.) 

Recenser. Raconter. (R. de la Rosé.) 

Recercelez. Recoquilleis comme un cerceau. 



. (Ganvain.) 



fleceleuse. (Voyez Fe/ierre.) D'où vient 
de Languedoc, sigoiriant le mesme. 

)mba. 

(du Haillan.] 

ricina, ou ricinus; ou de re et canis, 
ien qu'on fâche. 

repas que l'on fait avantle souper. (M. 

sr. (Nicot.) 

Garrtcs.) 

vide ms.) Voyez Mutage. 

ion advis une sorte de versouchanson 
:œur. Tibault de Champagne, selon 
: maint sonnet el mainte recoirdie. ■ 
er, pour dire réciter, répéter. 

orter par cœur ; de recorer. 

orp». Hémoratif. 
I, et consolations, 

ïar visitations, 

aire et nette de Chartres, 

de ténébreuses Chartres. 

courbé. (R. de la Rose ms.] De-lâ vient 
Dc, regourbillat. 

vrer. 

rrance. 

ippé, délivré. 

[te et prise en ferme foy, 

c des ennemis me loi. (Marot.) 

[noy. Repos, tranquilité. (Nicot.) 
aige i recoy. {Marot.) 

Récréation. (Perceval.) 



132 REF 

Recroyaument. A regret, par force. Le Châtelain 
de Coucy dit : 

Car qui le sien donne recroyaument^ 
Son gré en pert, et si coaste ensement. 

Recueil. Accueil, réception, accès auprès d'ane 
personne. 

Recueilli. Avoir accès auprès de quelqu'un. 

Recutit. Circoncis. De Tltalien recutito. 

Reda. [Mol gaulois ; c'était la voilure gauloise.] 

Redder. Resver en dormant. 

Redécrolstre. Diminuer. (Joinville.) 

Rédement. Rudement. 

Réembrer. 

Du biau fils Dieu du bon du sage, 
Geluy qui pour l'humain lignage 
Rétsmhre de mort et délivre. {Ovide.) 

Réent. Rasent le poil. 

Réer. Racler ou raser les cheveux. (Voyez Crins.) 

Gomme un nav«t qu'on rée ou pèle. {VilUm,) 

RefailUr. Manquer. 
Refarder. 

Une autre fois il en ira, 

En tout quand que vous refardez. {Paihdin.) 

Référer. Rapporter une chose. 

RefrolUr. Jetter feuilles. R. de la Rose, parlant de 
deux forests, dit : 

L'une est brahaigne qui rien ne porte, 
L'autre en fruit porter se déporte^ 
L'autre de refroilir ne fine. 
L'autre est de feuiUe orpheline. 

Refoufa. Mot de Languedoc, c'est-à-dire, regorgé, 
rempli jusqu'à verser. 

Refrestelier. Rejouer du freslel. (Voyez Citole.) 

Refuy. Refuge. Blason des fausses Amours dit: 

Son dernier refuy ce sont larmes. 



BEH i>» 

;ard. 

re en U peinture 

i-egardure. (R- de la Rùie.) . 

I Dieu. Lui dianter louanges. 
. d'Aie d' Avignon dit : 
l'enfui t, 
donnée. 

imée. 

lercier. (R. de la Belle Maguelone.) 

'riser les cheveux, les passer aux 



! IHiton. ' {Coquillard.) 

lez Border.) 

ir, ou ruer; de fe^î"-. 

lun au Codicile dit: « Qu'il ne fisl 

l me daigna reimbre. ■ 

ajeunir. 

ndonné, délaissé d'un chacun. Alain 

Traité de l'Espérance, dit: « Homme 

enqui et honteux. • 

élaisser. (Voyez Des/oy); d'où vient 

iguedoc, harassé, recreu de chemin et 

lat. de Jésus-Christ, en Vers, du: 

■ils de leurs mères nasquia, 

tre à iamais relenqtiU. 

irder. (Pathelin.) 
imeure. Ovide ma. dit: 

erres remaigne (pour aire). 

Je demeure, je reste. (Villonj I^ 
irer. Alain Chartier, Traité de l'Espé; 
si les autres vertus se déportent, si 
e contre mal fortune. ■ 



1 



m REM 

Remaint. Demeure ; de remanet. 

Le Remanant. Le résidu. 

Remanoir. Demeurer. 

Remansist. Restast, demeurast Au Fabliau delà 
Robe vermeille, on lit: 

Miez voudroy que fussiez rez, 
Sans aiguë la teste et coul, 
Que ia my remansist chevoil. 

Remansurent. Demeurent. Et n^ r^ma^ne, c'est- 
à-dire, ne demeure. (Perceval.) 

Remembrance. Mémoire. (Voyez Finement et 
Chambellan.) 

Remembrer. Se ressouvenir. 
Le Remenant Le reste. 

Qui riens n'a plus que sa cornette, 

Gueres ne vaut le remenant. {Pathelin,) 

Remenoir. Demeurer. 

Remes. Demeuré : remarroient , demeuroient. - 
Remes. Rameaux. (Merlin.) — Je Remes, ou remami ie 
demeurai : remistrent, c'est-à-dire, demeurèrent 

Remesses. Cessées ou remises. (Merlin.) 

Remord. Touche. Marot, Epitaphe 1, dit: 

Donques, passant, si pitié te remord. 
Ou si ton cœur quelque dueil en reçoit, 
Souhaite-lui, etc. 

Rempe. Un rot. 

Remposner. (Voyez Dervé et Ramponer.) 

Rempronant. Raporteur d'une chose. 

Ne ia ne soyes nouveliers, 

Ne rempronans, ne fox vanterres. (Ovide.) 

Remproner. Représenter, et tancer. 

Felonessement la resone. 

Et par paroles la remprone, {Ovide.) 

Remuage. Droit ancien. 



t. Nicotdît: ■ Lieu remugle, ou qui 

1 de cerf. 

indre. Le Comte de Poitou dit : « Et 
en in rencuran. » 

(Lypse. Tatian.) 

graver, appesantir. 
Kqnes ne me plaJDdr&i-je 
ctùque jour en grege 
a- (Uarot.) 

Qom d'bomme. 

ur, crimiDel ; venant de reu$. (Viîleh.) 

; d'où vient renous, en Languedoc. 

nouille ; de rana. (Nef de santé.) 

irircnoye, renieur. 

'en retourna. 



de Sorie. (Villehardimin.) 

tipaille, bonne chère. Rabelais, liv. 4. 
yez que la repaissaille fut copieuse, 
uméreuses. ■ 

'etourner. 

Regagner le Camp. (Villehardouin.) 

Repentir. 

, en latebrès, 

s en ténèbres. {Reb. de Malhiolm.) 

jrner au repaire, arriver de dehors. 

y. (Merlin.) 

plie. 



136 RES 

Repondu. Ensevely ; du mot de Languedoc rebondr^ 
c'est-à-dire, ensevelir. 

Y li Boel sont répondu. (Ovide,) 

RepoDt. Met ; de reponit. 

Reportage. [C'est une redevance qui consiste en la 
moitié de la disme. (Laurière, Gloss. Droit franc.) 

Repost. Colloque. 

Repostaille. Response ; de risposta. 

Car ie sçay trop de repostaille. (R. de la Rote,) 

Ce mot signifie aussi apostille» note. (Perceval.) 

Repostement. A cachettes. 

Repote. Cache ; de reposita. 

Repotement. Secrettement. 

Repous. Rudération, bourdage, confection et appli- 
cation d'un mortier plus grossier et moins fin que celai 
qui doit faire la superficie de l'enduit. (Nicot.) Il si^aifle 
aussi, selon Honet, des plâtras, des recoupes de pierre, 
du thuileau brisé, dont on couvre un lieu de passage, 
humide et boueux ; et des morceaux de vieilles étoffes. 

Repuise. Expulsion, selon Galland, au Franc-AUeu, 
page 307. où il cite un Acte ancien des Chevaliers de 
Malthe, qui dit : « Vacque continuellement à la repulse 
« des Turcs. » 

Requart. [C'est le quart denier du quatrième dénier 
du prix ou de l'estimation de la vente, donation ou autre 
aliénation d'un héritage cottier. (Laurière, Gl. Droit fr.jj 

Requoy. (Voyez Recoy.) 

Rerevassal. [C'est l'arrière- vassal qui jouit d'ane 
arrière-fief. (Laurière, Gloss. Droit franc.)] 

Res de chaussée. Le sol d'un bâtiment. (Ragueau.) — 
Res. Une chose. (Voyez Zerer.) On dit encore eauque ren, 
au bas. Languedoc, pour dire quelque chose. 

Resbaudir. Encourager. 

Rescols. Recoux. 



Rf» 187 

sauver. 

rement, recousse. 

(Betliancourt.) 

ils, lilet. (Nicot.) 

d'un dieval. (Perceval.) 

M ouera $e retioye. [A. Chartier.) 

aable. (Ovide.) 

ésurrectioD. Ovide, en parlant de 



Qlir. (Uerlin.) 
<n. 

3 condniU de U lie, 

aquel OD dsEVie. (Afarof ,) 

respectus. (Villehardouin.) ■ Q lor 
luart jor. > 

sauvé. (Voyez Cloye.) 

. Hehun, au Codicille, dit: ■ Et de 
mt par ce respitié. • 

, (Boëce ms.) 

. Clarté. 

:. (Villehard.) D'où vient respoutit. 
signifie délai, répit. 



e Vers anciens. (Art de Rbétorique 
igiles de Charles VU. 



138 RET 

Resse. Rase, parlant d'une estoffe usée. 

Resséant. Domicilié , résident. Il se prend pour 
solvable, répondant, caution resséante. (Monet.) 

Resseantlse. Résidance, suffisance de moyens à une 
caution ou autres actes. (Monet.) 

Restlver. Répugner, contrevenir, résister. Niootdit: 
< Qui pourroit restiver aux destins ? > 

Restor. [Dédommagement , récompense. (Lauri^ 
Glossaire Droit français.)] 

Restorre. Brûler. 

Restour. Retour. 

Resueil, reseuil ; de retiolum. 

En vos reseuils, et vos filets. (S. Gelais.) 

On dit aussi rasoir pour resueil. Raquete vient aussi du 
mesme lieu, sçavoir de reticula et de rete. 

Resurrexl. Résuscité. (Merlin.) 

Retall. [C'est la gagnerie d'un demi-bœuf. (Coutuffles 
du Poitou.)] 

Retaillât. Mot du Languedoc qui signifie eircùfuis; 
du verbe retailler: d'où retaillons, pour ces ropnres 
d'étoffes dont les Tailleurs s'accommodent. (Le Dachat, 
notes sur Rabelais.) 

Retaillé. Idem. 

Reteu. Retenu. 

Rethfestln. Par des justifications. 

Rétine. Resueil. De ret, en Languedoc. 

Retlstre. Retisser ce qui est détissu. (Nicot.) 

Retouble (un). Terre grasse qu'on semé tous les 
ans. (Nicot.) 

Retourrolent. Retourneroient. 

Se Retrahler. Se retirer ; du Latin retrahere. j 

Retraire, ou retrere. Ramentevoir, raconter. Gcrar ' 
dins d'Amiens dit : « Qui plus n'a oi de ce comte retraire. * 



RHE 139 

Retrait. Acourcy. 

Qui estoit an pied retraite, {R, de la Rose,) 

Retroy. Retiré. 

Retumbe. Vaisseau de verre rond. Rabelais, livre 5. 
chapitre 2, dit : « Beuvant en belles et amples retumbes 
< de vins de quatre sortes. » 

Revel. Révélation. 

Par paroles ou par revel. (Réb. de Mathiolus,) 

Revellns. Chaussure. (Perceval.) Boulevard. 
Revenue. Sorte de fief, et retour de quelqu*un. 
Revenroient. Reviendroient. 
Revep ou repver. 
Reverdie. Joye. 
Revertir. Retourner. 

Le Roy de ce bien averty, 

Y a mis grand provision ; 

Car à Paris est reverty^ 

Pour y faire information. (Mehun.) 

Reviscoula. Ressusciter. (Amoureux Transi.) 
Reward. Sorte d'Officier. (Ragueau.) 
Reuser. Reculer ; venant de us, huis. 
Rez terre ; de rasum. 
Rtian. Mettre un porc en rhan, à Tengrais. 

Raphius ou Rhapius. Nom ancien d*un animal 
quadrupède, ayant la figure d'un loup qui est tacheté 
comme un léopard. C'est le loup cervier de France, dit 
de THébrieu rhaab, affamé. (Bochart.) 

Rtieda. Sorte de char des anciens Gaulois. (Bochart.) 
Ce mot vient de rhedec, courir, en Hébreu. 

Rhedona. Herbe décrite par Pline, livre 4. 

Rtieno. Sorte d'habits des anciens Gaulois. (Bochart.) 
Manies de peaux non préparées. (Varro, César.) 




iW RIB 

Rhétorique pour Poésie. (Art de Rhétof . àÀolen.) 
Rhetorlqaeurs. Orateurs, Poètes. 

Ces beaux Rhétoriqueun 

Ont- ils au vif touché vos petits cœurs? (Marot.) 

^Rhitupls. Gué sabloneux, port d'Angleterre. 

Rhodora. [Mot gaulois ; on pense que c'est une 
plante, la reine des prés.] 

RI. Fort, selon Cambden; d*où vient abrû?, c'estri«dire 
tout-puissant ; en Saxon actheleriCf noble, puissant. 

Riace. Rieuse. (Pathelin.) 

Ribaude. Putain, paillarde. (Gratian.) 

Ribaudel. (R. de la Rose.) 

Rlbaudie. 

Après garde que tu ne dies 

Ces l'aismes et ces ribaudies. (fî« de la Rù$e.) 

Rlbaadequins, Rlbauderlns, b\x arbaleste de 
passe. C'est une machine ancienne pour la guerre 
semblable au scorpion, ainsi appellée à cause 
blessures qu'elle faisoit. G'estoit un arc de quinze pi 
de long, ou du moins de douze, arresté sur on arbfe la 
d'un pied, dans lequel estoit creusé un canal pour 
mettre un javelot de cinq ou six pieds de long, fe 
empené, et par fois fait de corne. On les dressoit sur 
murailles des Villes, et avec un tour on les bandoit; 
lorsqu'on les tiroit, les javelots estoient dardez avec 
de force, qu'un seul pouvoit tuer quatre hommes d' 
coup. (Paucbet.) 

Rlbauds ou ribauts, ribaldi. Larrons. (Voy. Pasqui 
livre 8, chapitre 44 des Recherches, où il parle du ' 
des Ribauds.) — Ribauds. Hommes forts et robu 
Hehun, au R. delà Rose, dit que de son temps on ap 
Ribauds les Crocheteurs : 

Soit Roix, GhevaUers ou Ribauty 
Mains ribauts, ont le cuer si haut^ 
Portans sac de charbon en Grève, 
Que la peine rien ne leur grève. 

Boy des Ribauds, estoit celuy qui tiroit dehors de Ghei 
Roy, ceux qui ne dévoient coucher, ni maager. 



MB 14i 

itê le Hatstre d'Hostel ; mai? f amAiet 

solemnel qui est è3 Titres de Saint 
, de l'an 1355. < Comme de nostre 
e Roy des nibauds dudit Hoslel eust 
emporté comme ainsi qu'en plusieurs 
Gasselier exécuté pour ses demeriles 
i\ de Chastillon , qui esloienl en la 
eligieux de S. Martin des Ctiamps lez 
18 : > Et combien que le Ctiambrier et 
[lise se fussent traits par devers Nous 
l Roy des Ribaux, en requérant k eux 
lits biens; Sçavoir faisons que Nous 
Eglise et ses droicts, en conseil et 
choses dessus dites, et aussi osterle 
: desdits procès, avons voulu et 

. (Pasquier.) 

ei là avec armes offensives, et courre 
, (Honet.) 

idage, vol sur les grands chemias. 

Ite, ou aumelette au lard. (Nicol.) 

ipe jarrets, un brigand. (Nicot.) 

;. A quelque prix qoe ce soit. (IConet.) 

3; de rich, mot Allemand, fort et 
Ihilpéric, Vercingentorix, Ambiorix, 
he,potens. (Bocbart.) 

Jaunice. (Despleigncy.) 



jiteur d'espèces de moDDOye. (Honet.) 

d'or; i'olx vienlriddale, ierichtaler, 
: qui vaut 50 sols, et pesé 2 deniers 
le visage, heruga; d'où vient rideau: 
i qu'en riant on se ride ainsi que le 
, de $i»! d'où est venu Tytella, et de- 



H2 MM 

Ridrices. Tromperies, à mon advis. 

Rie. Terre inculte, en friche. (Nicot.) 

Riens. Reins, roignons. — Riens. Quelque chose ; et 
vient de res. Mehun au Testament dit : 

Sur toutes riens gardes ces points, 
A donner ayez les clos points. 
En celuy temps délicieux. 

RIerpe. Arrière ; de rétro, riere soi, par devera soi. 
Rlere-fié. Arriere-fief. (Coustume du Poictou.) 
Rieu. Reu, ruisseau. (Monet.) 
Rieulé. Régulier. Chanoine rieulé. (Cron. de S. D.) 
Riez. Guerets ou terres labourées, comme résides, 

Riffantes. Arrachantes. (Blason des fausses Am.) - 
RiFFANTEs. Puis toumant le dos. 

Rifflé. (Voyez Troudelé.) 

Rigle. Règle. (Analogie.) 

Rigobage. 

Pour moy mener tel rigobage, 
' Pour moy menez- vous cy babant, 
Guidez-vous alersi lobant. (R, de la Rose.) 

Rigole. Il vient de rivola, un ruisseau. 

Rigolage. Ris, raillerie. 

Rigoller. Railler. (Pathelin.) Il signifle aussi se 
saouler. (Meh. au Cod.) En Languedoc on dit s'arrigoula. 

Rigoureuseté. Rigueur. 

Rimairie. Rime. (Epistres du traverseur.) 

E 

pot 

viande y est attachée, et qu'elle sent le brûlé. DaDS le 
Dictionnaire de la Langue Tolosane, ruma^ c'est rôtir, 
broûir, cuir excessivement ; d*où les Dauphinois ont fait 
rimer. Marot, dans son Epitre au Roy, a dit s'enrimer, 
pour s'enrumer : 



aia rondeaalz en rilhme, 
en souvent je m'enrime. 

en vers. 

ritnoyer. (R. de la Roie.) 

picoté de diverses couleurs. 

de verge tordu pour lier. 

. [Querelle, quereller. (L. Gt. D. F.)] 

chère; ce qui vient d'un lieu de 
!ut fait un grand festin. 



nt WpeiMC, 

tripeiue, 

refaite, 

a contraicte. {Btbouri da Uathioltu.} 

rte de longue chanson ancienne, de 
ets, de six ou sept syllabes chacun, 
!S. (Art de Rhétorique ancien.) 

in.) 

mot vient des Réisires qui s'en 
appelle une carabateoa cravate, une 
D aulres font venir ce mot riite, de 
le qu'il se faut leoir à la première 



(Voyez Valet.) 

le ritus. 

d'où vient Rithumagus, ou RotliO' 
. Ville de passage ; Camburitum ou 
oritum, Darioritum, etc. le port 

Corrivaux.) 

l habiter de hait. ■ (Coquillard.) 

iliers de la Loire. (Le Duchat.) 

rt, en ancidu Gaulois; d'où vient le 



mot de riche, et oes aoms de Cai»tiiine& Gaulois Ymvr 
gentorix, Ambiarix, Orgétarix, Cingentorix, etc. 

*Ro. Rouge. (Voyez Robert.) 

Roable. Tire-braise. « Roubles pour assembler les 
» cendres, ou pour nettoyer le parement. • (Bible 
Historiaux.) En Languedoc on dit un briocL 

Roalsons. Rogations, les trois jours de prières et 
processions solemnelles avant la Fête de riJ3ceDSK)B.9>] 

Rob. Rouge ; de robew^ qui en vieux Gaulois sigoiGe 
rouge : d*où vient RQl)ert 

Robelies. Herbe, selon le Jardin de Santé. 

Robeor. Larron. Hebers au R. de Sept sages dit: 

Riens tant ne grève menteor, 

A larron ne à robeor , 

Gom veritez quand la receoit. 

Rober. Dérober. (Voyez Raube.) 

Gomme pense-t'U faire For, 

S'il ne me robe mon trésor. (F. des Âmmuieust.) 

Roberie. Larcin. 

Robert, ou Robard. Chantre rouge ; et selop tf aotr» 
barbe rouge. Ce mot signifie encore mont rouge ; » 
Bolant, terre rouge. 

Robechon. Petite robe, gonnelle. 
Robuconner. 

D'autre part ne puis celer 

Entre vous et cel Bachelier, 

Robucannel au verd chapel, ^ „ , , « - \ 

Que sitost vient à nostre appel. (B. de la note,) 

*Rock. Robe ; d'où le mot de roqMt. 
Rocquet. Une casaque courte. (Monet.) 
Roe. Roue, rouge ou roux. (Perceval.) 
Roeler. Rouler. (Voyez Oceire.) 
Roge. Rouge. Le Livre de l'Amoureux Transi dit: 

Ainsi qu'Aurore laisse la roge couche 
Du ftoy Tito», ei que Ui tei^e touche. 



i ; à'où vient le mot de deroyé, c'est* 
ossible celui de rue. — Roie. Lavoye. 

U plaine voie, {Merlin.) 

-e. La Cronique de S. Denis dit : ■ Et 
le moine. > 

lyonné. (Perceval.) 

ODcs d'arbres ; d'où vient qu'on les 
oc des rouis. 

loiller.) En Languedoc, on dit: «Es 
I. c'est-à-dire, fort méchant. 

ble. 

er à l'eotour ; et on dit en Languedoc 

lina la hure, 

; par gran lédare, 

des yei roille, 

s et de raille. (A. <U la Rost.) 

once. 

itions. (Nicot.) 

Ile, rousseur, (Voyez Putente.) 

(Perceval.) 

telels. 

Ce sont les anciens poëtes gaulois. 

icois, selon Merlin qui parlant du duel 
Roy de France-Frolles, fait à l'Isle qui 
: < Que 11 Bretons et li Romains les 
Et après, il dit : • Que Ârthus ]e vain- 
i la teste, et fut Roy à sa place, comme 
é que le victorieux auroit le Royaume 

Ds. Les Romains ayant subjugué la 
nt le latin ; et comme ceux qui gouver* 
nt Romains, il fallut se conformer k 
nsi il se fit un mélange de Gaulois et 
appelle Roman; duquel on se servit es 
19 



H6 ROM 

Livres d'Histoires, appelles Romans à cause de cela, et 
enfin à la pluspart. C'est pourquoi on trouve divers libres 
dont les Traducteurs disent qu'ils les ont traduits da 
Latin en Roman. On appelloit ce langage Romaneia 
lingua. 11 fut en usage, selon les Ordonnances, jusqu'en 
1539. Le Langage vulgaire s'appelloit Teudesque Roman, 
c'est-à-dire composé d^Allemana et du Latin, comme oo 
en voit en de vieilles Croniques. Une fille, dite Marie, qui 
a composé en roman les Fables d^Esope anàenneSy a dit: 

Au finement de cet escrit^ 
Qu'en Romans ay tourné et dit. 

M'entremis de ce livre faire, 

Et de l'Anglois en Romans traire. 

C'estoit le langage courtisan, et l'autre s'appelloit Yaloa. 
Li conteoVj Jugleors^ Jougleui'S, IrouverreseiChantems, 
estoient les poètes qui inventoient les Romans, selon 
aucuns. 

D'autres le dérivent de l'Espaenol Romansero, c'est-à- 
dire invenio, je trouve, à cause des inventions et fictions 
qui sont dans les Romans et Livres de Poésie ; à cause de 
quoi, on appelloit les anciens Poètes Provençaux, IVtm* 
vadours , ou troubadours , c'est-à-dire , trouvears on 
inventeurs (Faucher). Ces Poètes ont étë fort estimés, 
comme on peut le voir dans le livre de leur vie M par 
Gesar Nostradamus. Pétrarque ne les a pas peu loués aussi. 

Routant. Histoire. Le Cœur des secrets de Phie, dit: 
< Pareillement a esté fait Romant du Roy d'Alexandre. * 
Or que ce mot de Romant ait été employé pour dire noe 
Histoire, c'est ce que l'on peut voir encoi^ dans beaucoup 
d'autres autbeurs, et surtout dans Pasquier. Percerai, 
parlant de son Histoire, dit : 

Qui ce riche Ramant lira. 

On disoit aussi enromancier, pour dire , faire une 
Histoire. C'est aussi le langage de cour. Hébert, an R. des 
Sept Sages, dit: 

Qu'en bon Romans peosse mettre 
Une Estoire auques ancienne. 

C'estoit le langage le plus poli. Le R. d'Alexandre de 
Lambert li cous dit : « Yestu comme François, et soi 
« parler Romans. » (V. Enromancier, Erupiei et Train.) 
Le R. d'Alexandre, fait par Le Clerc Simon, et Adam de 



nés te 

iton , traduit , disent le mesme : 
m Romans. > Giraldi fait venir le 
Le R. de Garin le Loheranc dit : 
lomans el Latin. > L'auleur de la 
Prologue, dit avoir trait son Livre 

)rceaux. Harot, Jugement de Hinos, 

loyans «t façons uates 
et les Alpes très-hautes, 
rochers en rompture 

aie ou fossé plein de ronces. (Gauv.) 

Hn. Un clieval de service bon à la 
•tncinus, ou de ro$s, c'est-à-dire, en 
(Ragueau.) 

I rond et large. 

wavrira, 

)n este : 

4eU. {Marot.) 

des Rondeaux. L'Art de Rhétorique 

rondeler, ' 
I de musique. 

ats qui portoientdes rondeles. 

. La Bible Historiaux dit: > Bestes 
ceau ne ronge mie. encore qu'il ait 

a dit: < Je fus battus comme à 
lire tout nuds. 

us, tunica, 

ou canne. 

leval ; dit ainsi de ross, t^est-à-dire. 



148 ROD 

Rost et raust. Du rosty. Ce root vient de rwtim, 
parce que le feu noircit et brûle la viande, comme le 
soleil qui bâle le visage des paysans. 

Rot. Recouvra ; comme si on disoit : reçut. 

Rote à rote. (Rutebeuf.) 

Li Rois a mis en un repaire, 

Mais je ne sais pas pour^uoy faire, 

Trois cens aveugle rote a rote. (Ménestrel.) 

Rote. Roule ; rote rote^ c'est-à-dire, à la fois. (Perceval.; 
Rotes. Instrumens de musique. 

Les noces furent grans et belles, 
' Trompes, tabours, cors et vielles, 
Salteriens, guignes et rotea^ 
Y rendoient diverses notes. (Ovide.) 

Rotier. (Voyez Roux.) 

Rotiere. Lieu où Ton met rouir le chanvre. 

Rotula. Rôle ; inrotulare enrôler ; comme si on 
écrivoit rotle. Ou bien de ro, rouge, en ancien François, 
parcequ'on écrivoit en rouge les rôles et tables ; doù 
vient qu'on les appelle aussi rubriques^ de ruber. 

Roture et routier ; de ruptura. Ce sont Paysans, à 
rumpendo terram. 

Rouable, ou Rable. Outil à pétrir le mortier, à 
remuer la chaux et le sable. (Honet.) 

Rouage. Un droit ; de rodagium, ou rotagium. 

Rouaisons. Rogations. (Nicot.) 

Rouart. Prévost des Mareschaux, de ce qu'il fait 
mettre les malfaiteurs sur la roue. (Nicot.) 

Roue. Tourne au tour. Au livre 2 de la Métarmophose 
on lit : 

. . . Mais ainsi tournoyant 
Que le milan qui les poulets regarde. 
Quand il craint ceux qui en font bonne garde, 
li tourne, il roue^ et n'ose s^esloigner. 
Bien s'attendant quelque proye empoigner. 

Rouelent. bouge, brillant ; de rutilans. 



orte de danse. (Coquillard.) 

ption, selon une Epitaphe qui se voit 
de S. Denis ms. Hories, Evesque de 
ue plusieurs clercs doutoient de la 
n lemps, luy n'en doutant nullement, 
ombeau un roulet qi4i contenoit cette 
écrivit: «Je croy que mes membres 
ay rescuscilez ou derrien jor, et queje 
I Sauveur en esse mole char. Que je 
. ne mie autres, et que mi vell regarde- 
spérance est mise en mon cuer. > 

yez Rapière.) Sorte d'espée. 
ire Bti vieax lou, 
int et maint flloD. 

casaque. 

. Mehun, au Godicile. dit: 
aeroit roupt et debaretâ. 

de gens d'armes. (Mon.) Vau de route, 
< La cavalerie fUit à vau de route. 

fez Aou^r.VLes Routiers estoient des 
isî appelles parcequ'ils brisoient tout 
ient. Ce mot vient de rupins. D'autres 
Tiers, c'est-à-dire laboureurs ; de rota. 



en vieux François ; de ross. {V. Roi$e.) 

• et rotier; et route de Ruta, c'esuà- 

lats. Le R. de Garin le Loheranc dit : 

rvutes Ensemble r, 

l'est le chevul aller. 

le sor le roux Arabi. (Garin.) 

tter, c'est-à-dire mettre en train. 

ie mot a esté donné à beaucoup de 
I on verra cy-après. C'estoil celui qui 
tous ceux d'un Corps. Ainsi il y avoit 
siriers, des Arpenteurs, des Barbiers, 
CHB. Le chef des Clercs. [Voy. Basoche.) 
Héraut. C'estoit un OfOcier de grande 



160 KUG 

authorité parmi les anciens, quialloit dénoncer la ^erre 
ou la paix. ~ Rot des Merciers, estoit celui que le grand 
Ghambrier commettoit pour avoir authorité de visiter les 
marchandises. — Roy des Ribauds, estoit celui qui se 
prenoit garde des joueurs, et tiroit tribut des bordeaux 
et des criminels qu*on exécutoit. (Ragoeau.) Voy. Ribauàs, 

— Rot des Poètes. Il faut remarquer que les anciens 
Poètes s'appelloient Rois, pour avoir gagné quelque prix. 

— Rot de la fève. C'est celui qui rencontre la fève dans 
le gasteau qu'on mange à la feste des Rois : ce qui est 
une imitation des Saturnales des Payens; et da mot 
ephebm^ c'est-à-dire, jeune homme qui servoit, on a 
retenu le mot de fève. 

Roye. Raye. 

Royne blanche. Vefve ou délaissée ; en mémoire de 
Blanche de Castille, vefve de Louis VIU. (Ragneau.) 

RoTNE. Grenouille ; de rana. 

Il ne vaut une vieille roine. 

La robe ne fait pas le Moine. (R. de la Rose,) 

La Roynete. Jeu ancien. (Goquillard, p. 46.) 

Ru ou Rut. Petit ruisseau des prez ; dit çéw^ flm. (N.) 

— Ru. Jet de pierre. (Uonet.) — Ru de (bâton. Tour de 
bâton, artifice. (Monet.) 

Rubebes. Rebecs. 

Harpes, guiges et rubebesj 

Conques n'eust Amphion de Thebes. {Rose,) 

Rubeste. Robuste. Hues piancelles, an Fabel de Sire 
Hains et Dame avieuse, dit : 

Qae cil ({ui a femme rubeste. 
Est garnis de mauvaise beste. 

Rubichel Terre rouge, bol. (Songe du Verger.) Cesl 
aussi la table d'un livre ancien, tels que sont les vieux 
livres en droit qu'on appelle PradinSf à cause de leur 
Imprimeur. Or ces tables estoient écrites en ancre rouge, 
et de- là leur est venu ce nom de rubrique. 

Ruche. En Languedoc, bue ou rucbe à miel; de 
l'escorce des arbres dont on les y fait toutes d'une pièce, 
dite la msque : car on creuse un tronc d'arbre à ce dessein- 



Karda.) 

ula. • C'est une Taille générale, 

ont écailles et noëa sont net. > 

lure. (Songe du Verger. 

du Verger se sert de ce mot, 

ger. 

ugir, rugissement. (Rabelais.) 

iLion.(Moaet.) 

fierté, {Ovide.) 

. De rugilus, ou de ruo. « Ob 

moris œslro percita in feminas 

Bord ou Fuisseau. 

itenelle. {Perceval.) 

en ancien Allemand. 

(Coquillard.) 

corruption ru$terie et ruttrie. 

îrie, à la façon des rustres (fan- 

ui venant à se débaucher avec le 

entr'eux de ce qu'ils pouvoient 

3. (Le Duchat, Notes sur Babel.) 

7S. Fantassins ou piétons levés à 
on a appelles Adventuriers. 
kichart.) 

où vient le mot de Languedoc 
al aussi une rydde , monnoye 
'^enté un Cavalier courant. 



irieu sabbat, cessation. 

nés d'armoiries, venant non da 
loiraatre; mais selon Altaescrra, 



7\ 



152 SAG 

des martes sabelines ou zebelines ; d'où il a esté 
corrompu. 

Sacca. Offrit ; abrégé de sacrificia. (Bible Historiaoï.) 

Sacha Tespée. La fourra dedans; d'où vient saca ie 
cops, en Languedoc, battre ; et de sacalSj des coups. 

Sache. Un fourreau : ce qui vient de sac^ mot qui est 
semblable en toutes Langues. 

Et de i'espée li ensegne, 
Que le sache et pendant la ceigne. (Perceval.) 

Sacher. Chasser venaison. 

Li uns pèchent^ li autres sachent. (Ovide.) 

Sacher. Tirer. 

Des playes sacha hors la tente; {Perceval.) 

Sacher le glaive, et évaginer, c'est-à-dire, le dégainer. 
(Songe du Verger.) Ce mot vient de l'Espagnol, sacar. 

Sacher, signifie aussi tuer. 

Sachets. Religieux vestus de sacs ; dits saccarii. 

Sacquer Tespée. La tirer du fourreau. (Nicot.) 

Sàdaier. Caresser, flatter. (Honet.) 

Sade. Gentil. (Voyez Physicien.) Maussade. 

Il n'est rien au monde plus sade. (Coquillard.) 

Sades ou Sadynetes. Gentilles. Livre des Pardons 
Saint Trotet contient ce mot : 

Et preschent en maintes sornettes, 
En quelles sont si sadinettes, 
Frisques, si sades, si belles : 
Il a mal fait de parler d*eUes. 

Sadlnet. « Sa chambre estoit fort «adîM/te. »(Coquil.) 
C'est-à-dire, propre, nette. 

Saffres. (Voyez Coquilles). Des mignonnes. 

Femme riant, saffre de chiere, 

Baude, alaigre, de belle monstre. (Coquillard.) 

Saffrettes, Vives, folfttres, enjouées. 
Safre. Fine, madrée, rusée. 
Saga. Narration. 



prade, le sage. (Honfit.) 

icienne, sorte de flèche. 

Itf <[ni point 

olante. (Marot.) 

(Hebun au Codicille.) 

r. 

et Sagittaire. {Ovide.) 

ent des anciens Gaulois. (Boohart.) 
de saye : sur quoy est à remarquer 
; des Gaulois estoieut faits à fuseaux 
«es couleurs, comme l'a remarqué 
et Empires du Monde. 



C'est-à-dire, sceau. 
3SU3. Harot, Epltre 28, dit: 
s'en voulut aller, 
is encore il me happe, 
^hausses, pourpoint et cappe. 

sauter. 

sz Sangréal, et Gréai.) 



•saint. (Percévat.) 

ion. (Voyez Hordet.) 

t de lalvui. 

silata, selata, silus. Casque. 

le salaire à un ouvrier. (Mouet.) 

isalonique. 

Honet.) 

ncienoe Loy de France ; dite de 

ao 



154 SAN 

Gallique, ou à sale^ selon quelques-uns. Voyez le docte 
Dictionnaire Etymologique de Ménage. Et Davisson,(te 
sale et lege Salica : ou de sale^ comme qui diroit Lex 
AulœRegiœ. Elle a aussi esté dite L^x Sa/^^a, d'unSalego 
François, selon un acte ancien cité par Galland, au Franc- 
alleu, page 317. Quelques-uns font venir ce mot Salique, 
de Sala^ fleuve d'Allemagne, parce que Pbaramoad, 
premier Roy François , estoit venu de Franconie en 
Allemagne. 

Salle. Maison de Gentilhomme en Basse-Navarre. 

Salats. Monnoye d*or. (Rabelais.) Parce qu'il y avoit 
escrit à l'entour : « Salus populi suprema lex este. • 

Sambuë. C'est quelque harnois de cheval. (Perceval.) 

Un palefrois bien enselez 

D'une moult riche sambuê. {R. de Merlin.) 

Same. Son ame. 

Par amour tant qu'il fist partir 

S' ame du corps sans départir. {R, delà Ro$e,) 

Samls OU Sams, et Samlt. Nipe précieuse. (Yilldi., 
page 80.) Voyez Oriflamme. Fine estoffe de soye. (Marot) 

Samlt. C'est une sorte d'estoffe, ou peau. 

Robe d'ermine et de samiU (Perceval,) 

^Samolum. C'est une herbe que les Gaulois cueilloieot 
avec la main gauche. (Bochart, en son Phaleg.) 

Samolus. Sorte d'herbe appellée AnagalliSj selon 
quelques-uns; de laquelle les Druydes se servoient à 
guérir les bœufs et pourceaux. (Pline, 24. 2.) [C'est le 
mouron d'eau.] 

Samy. (Voyez Samis.) 

Sandal et Gendal. (Voyez Sendal.) 

S*il fust Evesque de Bourges 

Du cendal eut; mais il est cher. {Villon.) 

Sanée. Guérie ; sa7i^r, c'est-à-dire, guérir: d'où yienl 
rendre sains. 

Saner. Guérir; du Latin sanare. (Gauvain.) 
Sanez. Retranchez, mutilez. 



de moy tenez, 

lastrez ne tanez, 

wmblent un homme. (Afarot.) 

jrte épée à Venise, où les Nobles la 
i nomme cinguedea, comme si elle 
;l& de long. 

Perceval.) 

toDt et réBûnne, 

iBux qai boulonne. (Ovide.) 

itd'orig. gauloise ; espèce d'absinthe.] 
irité. 

:e de aap. (Perceval.) 

i'abet; ce qui vient de abies. 

l'herbe Anagallis, selon Dioscoride. 
loyé par les Gaulois contre la morsure 

e volage; de ïi^Hpçor, levU. 

(Charron.) 

Voyez Sacher.) 

e saraballa, ou sarabara, sorte 

'antique. (Rabelais.) 

ueil. De ffàpf . 

leil. 

pcus. Sépulchre ; de sarcophagm. 

(Chronique de Hainautdit: «L'her- 

i un sard, et semé du métail en la 

artée, et quand la meurison vint. * 

ïines, pierres précieuses. 

' par-dessus. (Nicot.) 

lines des Gaulois. 

'. sont des Théologiens Gaulois, comme 
ame on croit que ce sont les mesmes : 



166 



SAU 



car âçvç^ d'où vient Druyde ; et mx^cny» d'où vient SonmiA. 
signifient tous deux un chesne. Or les Gaulois ont adoré 
le guy de chesne. (Boctiart, en son Phaleg.] 

Saroye. Sçaurois. 

Sarpe. Serpe. 

Sarquiou. Un cercueil, venant de itàçf, caro; parce 
qu'on y ensevelit la chair : d'où vient qu'on Tappelloit 
un sarcophage. Juvenal Satyra 10. parlant d'Alexandre 
le Grand, dit : 

Sarcophago contentas erit. 

S'arramu esche . 

Largesse ot robe toute fresche. 

D'une robe à'arramuesche. {R. d$ la Ri>»s,) 

Sarres et Passevolans. Ce sont des noms de canons, 
comme les suivans, serpentines, basilics, faiLConneaux, 
mousches^ mousquets. On leur a donné ces noms, à cause 
du mal qu'ils font. 

Sarterlon. Psalterion. 

Sathenas. Le diable. (Perceval.) 

Satire!. Satires. 

Et 11 Satirel et les Fées, 

Sont moult dolent en leors pensées. 

Quand ils pardent en leur tretines. 

Leurs délicieuses gaudines. (JR. de la Roie,) 

Satrape. C'est un mot Pefsan, dénotant une notable 
dignité, et a esté grécisé ; car on l'appelle «of^ebn^ç. 

S'atronlller. 

Il chante, il resve, il a^atrouille, {Pathelin,) 

Sauge sauvage. L'herbe Eupatoire. (Jardin de Santé.) { 

Saule de mer. Agnus castus. 
Saulsoye. Saussaye. 
S'avoit. Si avoît. 

Savre. Couleur de feu, de braise. (Xonet.) 

Saurir. Saler ; venant àesauïrir, et satire. C'est anssLI 



8{GR iSi 

[ la fumée qaelque viande: ou de 
eur; mais le premier me semble 
ue, tauipiqi^, saaUmure, etc. 

)t-à-dire, asave. 

t me tant. (Peromal.) 

i de joye. Harot, Epttre 5, dit : 
iroïKis, qui nous agrée, 

Îtaigir nous mutelle, 
t-oD) qu'une telle 



îemond dit : 
re bea après, 



'Italien far seala, prendre port, 
pour y descendre. (Rabelais.) 

ou Escadrons de Cavaliers ; dits 



)ù vient Eschevin. 



ivre de la Diablerie.) 
le aussi savant 



[Dioscoride.) Je ne scay ù de-là ne 
-dire, balay. 

u, selon le Grand Allas. 

^ocabant Galli olim, culos valides 
si. > D'où vient stramasson, de 
■d<. escrime : de-là massacrer. (P.) 

souftterrain pour se tenir l'Esté. 



158 SE6 

Scribsahes. Pugillares. 

Se. Si. (Perceval.) Voyez Grocer. 

Séance. Ajustement, bienséance ; et non science, 
comme Fauchet Ta expliqué, sur ces mots de Thibaut de 
Navarre : « De bonne amour vient séance et beauté. > Car 
l'amour fait qu'on s'ajuste et devient propre. 

Séant. Sceut. (Perceval.) 

Seaux. Touchant les Seaux anciens ; il fautremarqaer 
avec Fauchet, que les anciens Rois de France marqaoient 
leurs monnoyes et lettres, avec leur image de pourfil, 
comme sont les médailles des Grecs et Latins; et cela 
s'appelloit imago lusca; et se pratiqua jusqu'à ce que 
l'escu des fleurs de 1 j^s fut rendu héréditaire ; car on n'a 
pas veu qu'on s'en soit servy depuis Louis le Gros. 

Sebelln. C'est-à-dire, de marte zébeline ; d'où vient 
le mot de sable, couleur noire es armoiries. 

La penne qui derraine fu 

D'un sébelin noir et chana, 

Qui n'estoit trop long ni trop les. {Percevcd.) 

Sec. Mot de Languedoc. 

Secore. Secourir. 
Secroi. Secret. (PercevaL) 
Séel. Sceau. 
Séer. S'asseoir. (Perceval.) 

Séete. Une sagette, flèche. 

Qui dards et séetes portoient. {Perceval,) 

Segié. Assiégé. 

Segnelle. Senelle, fruit. Jardin de Plaisance contient 
ces vers : 

Mais qui en prend par trop, 
Il a goost de segnelle. 

Segroies. Sacrées. (Merlin ms.) 

Segraierie. Selon un vieux Livre des droits du 
Vicomte de Beaumont de l'an 1286. de la Sénéchaussée 
de la Flèche, et de la Segraierie de la Forest de Mellinais : 



SEH 189 

xtmie de Beanmont, lits de Jean, Boy 
it Agnès, Vicomtesse de Beaumont, 
ia, qui donnèrent Jeanne leur fiile à 
ieur dudit lieu et de Vitré, avec leur 
ové. ■ 

Hortus Sanitatia) 

g; du Lalin slffrui/us. Joinrille, page 
ire au bon Boy, qu'il eust voulu avoir 
er tout ctaault, et il eust peu tant faire 
ous les juremens de son Boyaume. • 

\enior, c'est-à-dire, plusvieui. 

eur ; de senior. 

ominer;de wntor. 

Rabelais.) — SEnj.E. Seau. 

venant de signum, parce qu'on en 
la guerre pour avertir. De-la vient le 
n fait pas les seins sonner * ; d'où est 

le. TJn flié, rets de pescheur. 

e sorte de cloche, appellée signum en 
I mot de tocsein. 

e de cheval ; de cingulum. 

le temps, en son temps, reposé, frais. 

edecampborata, on mousse terrestre, 
lisoient grand estât. (Pline, 24. 2.) 

rceval.) 

de Sylva. Gutol de I4anteuil dit : 

at cler en la selve ramée. 

n de l'Abbaye de Grand Selvef et la 
ie Saint Gilles, en Languedoc. 

îdy. 

Ressemblance. 



r. 

I 



r 



160 SEIÏ 

Semblance. Similitude. (Voyez Engagne.) 
Semblant. Mine. (Gaces bruslez.) 

Sente. Sixiesme. (Perceval.) Ea Anjou, ce mot signifie 
service de sept jours pour les morts ; de semaine, et 
septimania. 

Semerre. Semeur. 
Semille. 

Si ont trop estrange semtZ^, 

Li Rois fét gésir o sa fille. (A. ete la Rose.) 

Semilleux. D*où semeur. (Voyez Fel.) 

Semnothées. C'estoient une sorte de Prestres 
Gaulois, comme les Druydes ; et mesme selon d'antres, ce 
sont les mesmes. (Estats et Empires de Davity.) 

Semondre. Appeller, prier, solliciter. 

Je ne te prendray aax cheveux, 
Lyon ; mais sans plus te semondre, 
Moy*me6me je me veux répondre. {Marot.) 

Semoner. Prier. 

Et li bons Rois l'en aemonoit. {PereewU.) 

Semonner. Aussi appeller, prier. 

Sempiterneuse. Vieille décrépite. (Satyres ChresL) 

Semy Droit. [C'est la basse voirie ou la basse justice. 
(Laurière, Gloss. D. Fr.)] 

^Senas où Gênas. Prestresses d'un Dieu des 
Gaulois. Vierges, comme les Vestales. (Atlas If lyor.) 

Sendal et Sandal. Bois rouge des Indes. C'est aussi 
quelque estoffe ou linge, c Portâns ses armes battues sor 
» sendal. » (Joinville.) 

Sendalles. La Bible Historiaux ms. dil: « Et chauca 
» chances d*or et de soye, qu'on appelle sendalles, et 
» saceèma très- noblement. » Parlant de Judith, quand 
elle alla vers Holopherne. 

Séné. Qui a bons sens. (Perceval.) 

Senefiance. Signification. 



mi «M 

ne ancienne Charge dénotant le 

it de KoiyaçXor, prœpositus mensœ. 

caleo, ou sinisealco, c'est-à-dire, 

, Intendant sur la viande ; et 

'.tial, c'est-à-dire, vieux Chevalier : 

t au premier advis. On trouve 

i vieux Romans. 

talhastâ 

le. <A. de la Rom.) 

ifondu la dignité de Senescallus, 

:t par ainsi il reste que c'estoit le 

jhape.) Le grand Séneschal ou 
ice sur le boire et manger du Roy, 
armes. Celte Chaîne estoit à la 
toit aussi la Chape Saint Uartin 
[ilus haute Charge du Royaume. 
11 vient de Cenarehus. (Perionius.) 

i un vieux Ctievalier ; dit de Senex 
, Fauchet, Ménage.) C'est aussi un 

haux des Disciples. (Merlin.) 



i, ayant bon sens, 
eui, le»en«i. (VilUm.) 



i Signor. Seigneur. 

: à son de clocbe ; dite de iisnum, 
ibe: d'où vient tocsein. 

■s tienne aenne, 
he et Jehanue, 
rien celé, 
vêlé. (Réb. de MathiolKi.) 

ml parle fort Merlin. 

yere non. . (Perceval.) 



162 SER 

Sens engins. C'est-à-dire» ses engins, ou inventions, 
et mesme ses esprits. 

Sente. Petit chemin, sentier. 

.... Et da plaisir exempte 

Va par les bois qui n'ont cnemin ne sente. {Marot.) 

Sentelet. Petit sentier. 

Sentente. Son entente. | 

Fox est qui sentente y a mise. {Ovide,) 

Sentu. Senty. I 

Les oiseaux qui tant se sont tous, 

Pour THy ver qu'ils ont tous sentus, {R, de la Rote,) 

Sepelices. 

Ne pour leurs luisans sepelices, 

Dont estes semblans bardefices. {R. delà Rose.) 

Séquence. Suite, ordre. 

Nombrer, rouler, tout par ordre et séqumtce^ 
Les tiens ayeulx, etc. {MaroL) 

Sequin. Espée ; de sckinculter, en Arabe : d'où yiea^ 
qu'on dit en Languedoc, saca de cops, c'est-à-dire, baillflr| 
des coups ; et de sacals, c*est-à-dire, de grands coups. ; 

Serans. Peigne de fer. (Voyez Serrant.) 

Serdelleaux. Les Meslanges Historiques, en rEsU^ 
des Officiers du Roy, disent: « Combien de Fourriers ii]| 
« doit avoir, et des Serdelleattx sous eux. • 

Sere. 

Le sere et le fils aisnez. (Villon.) 

Possible qu'il entend le dernier nay. 
Serener. Calmer, adoucir. 

Serenant leurs adversitez. {Ronsard.) 

De l'Italien serenarCy tranquiliser. 
Serge. Estoffe, vient de sericum. 
Sercot et secot^ surcot. Une cbemisette. 

Ghacan ot sercot et cbemise. {Gauvaxn.) 

C'est aussi une sorte de cotte, ou fourreau pour consemi 
les cottes. 



SEB 16S 

Il aussi des Soldats. 

ans à pié. (Villehardown.) 

le. C'est-à-dire, esclave du démon. — 

lur serviteur, ofUcier de Château, ou 

TViens. 

I table ostée. {Pereeval.) 

1 nuitseraine. 

Bile estoil. (A. de la Roie.) 

(Lespleigney.) 

lars. (Voyez Plusour.) 

r. C'est-à-dire, sœur. 

i m'a baluS. {PercevalJ 

y de notre sœur, ou de ia sœur de 
rorim ou soror. (Nicot.) 

laoncé en divers lieux cherpeliere. 

epentir. (Merlin.) 

le trousseau donné à la n lie, en la 
G1053. D. Fr.)] 

■,à'oiiseraTwer.ïlvi&nlAe séparante, 

es cheveux. 

nous furent feillei, 

m pain querrant, 

nt un serrant. {Uarot.) 



Sorventois. Sorte de Vers ou de 
ntlesTrouverres, Poètes Provençaux, 
3$ Picards: ce qui vient de servel, 
. [Art de Rhétorique ancien.) 

rians. Aussi serviteurs. 

!iir toute gens, 
faire Sergem. {Ovide.) 
aussi pour serviteur, ou amoureux 
loine de Saint Quentin, Poète, disant 
lurer, parle en ces termes : 
^d'ell' se puisse Tanter 
iB soit mon eu son serrise : 



164 SEÎV 

Mes ce n^est pas loyantez ne franchise^ 
De son sériant qui loyal la grever. 

Servlssable. Serviable, officieux. 

Ses. C'esl-à-dire, son. 

Sesante. Soixante. (Perceval.) . 

Seses. Des pois chicbes. (Platine.) 

Sesme. (Voyez Traineaux.) 

Sesterage. [Tribut que quelques seigneurs levaient 
sur chaque sestier de bled. (Laurière, Gloss. D. Pr.]] 

Seu. Du sureau. (Monet.) Voyez Suier. 

Sève. Sienne. 

De la sève biauté d'escrire. (Ovide.) 

Seye. Graisse de la terre qui monte entre les éooroes 
des arbres en telle abondance, que par fois elle sort 
dehors, et leurs écorces se séparent alors aisf^ment; de 
sorte que les bergers en font des flustes. Et vient non de 
&apor ; mais de sepum^ suif, sorte de graisse, comme qui 
Tappelleroit sepve ; ou comme sevrer , de separare. Oo de 
sepve^ c'est-à-dire, venant de sep. 

Sevenes. Ce sont des montagnes de Languedoc, dites 
des Anciens, Cebennœ et Gebennœ ; de kenen^ en ancien 
Breton, le dos d'une montagne. Ou du Syriaque ^eUno, 
montis supercilium^ selon Bochart, en son Pbaleg. 

Sevent ils sçavent. 

Severondes. Sortie d'un toit sur la rue. 

Seulx. Seul. 

Seumer. Semer. 

De Sevré. C'est-à-dire, dessus. (Perceval.) 

Sevrer. Séparer. Alain Chartier dit : 

Il fut pieça fait un nouvel Statut en l'Eglise, 
Qui dessewa Tordre de mariage de la Prestrise. 

De- là sevrer les petits enfans, c'est les séparer de la 
mamelle, leur ester le lait et le teton. Et la Sevré, nvicre 
appellée Separis des Latins, retient aussi ce nom, pov 



1 tevre le païsdu Haine delà Normandie, 
mot de separare; mais il me semjile 
ex ttberare, tirer de la mamelle. 



lyé diversement ; car par fois it, c'est- 

e et ie 8t rire. [Pereeval.) 

défaut. 

n & la Dame satu $i, 

it le vouloir aussi. {Marot.) 

1.) Voyez Chetifvoiion. 
Démentir.) 



le lié, termes d'armoiries. (Geliot.) 
Roy de Cambray, Poète, dit : 

ilambray vist 
a comme it Ast. 

(Pierre de Blois.) 

îms.) 

leur. Vient de Sire. 

antre vainqueur ; et Robard, Cbantre 
nge. 

le. (Voyez Désic.) 

ait vestn 

oint à or battu, 

H parti. (Percerai.) 

iglaton, selon le mesme. 

hambre portendDë 

; de ceodaux. (Perceval.) 

Nommément, expressément. 

R. d'Eurialus dit : 

et de ton signet cachetées. 

lignification. 



166 SOE 

Silir ou Seillir. Cligner les yeux. 
*Siloduns. Gens exécutans leur vœu. 

Simille. Froment ; unde, semoule. Bible Historiaux 
dit: « Gasteaux faits d'huile et de fleur de simille. • 

Simonie. Vente des choses saintes, de Simon Manv^* 

Sinople. Vert, es armoiries. 

Siot. Poursuit. 

Sire de l'Ost. Général de l'Armée. (Villehardouin.) De 
xv(^oç; d'où vient Sieur. La Bible Historiaux dit : • Noslre 
« Sires Dieux. » — Idem : • Roy des Roys, et Sire des 
Sires. » (Apocalypse.) 

Sirona. [Dééesse gauloise qui présidait aux astres.] 
Sisylle. L'Isle de Sicile. 

Luy Sist. Cela luy sied bien : comme aussi s'assiit, et 
s*asststrentf c'est-à-dire, s'assirent. 

Siste. Sixiesme. 

Sistrameor. [Mot d'origine gauloise ; c'est le fenouil, 
plante.] 

Sixte. Six heures. Les Menus propos de Pierre GriB- 
goire disent : « Pour t'envoyer viron l'heure de sixte. • 

Skobies. [Mot d'origine gauloise ; c'est le sureau.] 

Skoubouloum. [Mot d'origine gauloise ; c'est la 
morelle noire.] 

Sliumo. Dès aussi-tost. 

So. C'est-à-dire, ainsi. 

De Sobre. De reste. (Coquillard.) 

Sodées. Payemens. 

Ne suis pas venu pour servir, 

Ne pour sodées desservir. {Ovide.) 

La Soe gent. C'est-à-dire, ses gens, sienne. (Perceval.) 
Soef. Doux, agréable. Marot, 8. Opuscule, dit: 



nr fsit Bourdre une fontaine 
., d'un goust tant bon et aoef, 
t il n'aura jamais soif. 

^^éablemeat. 

sororge. Mary de ma sœur. 

passer, se priver. 

. Agréable. Villehardouia dit : > Et li 
ers, et li venez dois et soyex. ■ 

[Concubioage. (Laarière, Gl. D. Fr.)] 

iboulure, petites pustules rouges occa- 
ileur, qui vieaneni à la peau. (Uoaet) 

xe. (Charron, Histoire Dniversetle.) 

vient de solidus. Les sols ou deniers 
noirs, valoient les soixante, Irenle- 
igueau.) Le neret vaut moins que le 
sis un quart moins que le tournois. — 
■dire, du Mans, valant un sol Normand, 
ient le Proverbe : un Mançay vaut un 
ly. • Ragueau dit que le sol Mançais 
î tournoi». — Sol ou Soul, ou denier 
ertaine monnoye, dont on usa ancien- 
aé et Forest, selon Bagueau. 
1 beaucoup d'autres noms, expliquez 
) monnoyes. 

ner de la récréation. (B. de la Rose.) 

créatif, agréable, consolaut, 

ra l'ame toul« 

olacieuai, 

s Anges aux Gieox. 

Guyot de Nantueil (Ut : 

B. Se mettre à la solde. 

ens qui suivoient tes Cbevaliers, devant 
une avec eux, selon Faucbet 



^ 



Soldarleor. Courageux ; d'où soldat. 

^Soldurit. Hommes Religieux» seloa FAtlas. 

^SoLDURn. Soldats ; à eause dô la solde qo'oa laur 
donnoit. (Nicot.) 

Sole. Seule. (Perceval.) Et sol^ ^ul. 

Solerets. Armes de fer pour les pled^. 

Solier. Maison à deux estages. 

Ci gist et dort en ce $Mer. (VUUm.) 

Le Languedocien a retenu ce mot. (Voyez £mbi*tittâft^.) 
Ce mot dénote un lieu haut, veu du Soleil, et possible 
vient-il de là. Ainsi on appelle le haut des maisons en 
Languedoc un soulelié. 

Les Mareschauz ostex livrer, 

Solliers et cambres délivrer. {Le R. de Brut) 

SoUers. Souliers. (Gauvain.) 

Soit. Paye, deslie. (Perceval.) De solvit. 

Solution. Payement. (Pathelin.) 

Someron du chief. Le sommet de la teste. (Aldobr.) 

Sommade. Charge d'une beste de somme. Froissard, 
vol. 2. chap. 183, dit: c On leur envoya vingt-quatre 
« sommades de bon vin, et autant de pain, et de It 
« poulaille grant foison pour les Seigneurs. » 

Sommeton. Sommet. (Merlin.) 

Son. Un air de Chanson ; un sommet. 

Quand de branche en branche monta. 

Du grand arbre de sec en son. (PercevaL) 

C*estpà-dire, jusqu'au sommet. 

Li Sonne. Songes. (Histoîre.des All)igeois.) 

Sor. Sur. (Perceval.) 

^Sorblodunam. Colline seiche; du oaiot Sjriflaoe 
sùrbUf c'est-à-dire, seicheresse. (Bochart.) 

Sorbir. Avaler. 



le de Preslres anciens : d'où vient l 
âge du Verger, liv. 1.) 

«llerie. (Voyez Charroye.) 



Outrercuidance. 

ir d'une source d'eau. 

I. (Gauvain.) 

de la Duit, crépuscule du soir. (Hoset.) 

cquer. 

ri, SUIS tomer. {Pathdm.) 

■ge. (Voyea Setwirge.) 

pre, soir. 

oyez S&rvantoU.) 



I et leB eSpBules. (Percemtl.) 
sceat. Le R. d'Alexandre dit : 
Ei'rançoU, et sot parler Romans. 

létise. Marot, Epitre 56, dit: 
imente I 

t pourceaux. G'est-à-dire, un tect; de 
isme en la Loy Saliqne : c'eâl pourquOT 
it aux pourceaux quand on les mené a 
et sudeê, vient de sus. — Sou. Pied de 
aé pour manger. (Nicot.) — Soo. Graisse 
It, notes sur Rabelais.) 



Mot du Languedoc, c'est un coup, 
nenlon à quelqu'un qu'on méprise. 

i d'origine gauloise ; c'est te Herra.] 

Tiner, ennuyer. 

le tant me laueier ; 

ré Tinrent m'associeV. (Uarot.) 



^ 



470 son 

Soudivant. Séducteur, ou séduisant. 

Moût fut soutis et soudivans^ 

GuiUem cbapuis et bon truans. (Bible Ctuyot) 

Soudoyers et Sergents. Soldats. 

Soudre. Payer. (Palhelin.) 

Souduis. Séducteur. 

Souef . Suave, agréable à l'odorat. (Monet.) Voy. Soef. 

Soueveté« Suavité. (Monet.) 

Je m'en Soufferroi. Je m'en passeray. 

Souff isance. Contentement de ce qu'on possède. 

Souffire. Estre suffisant. 

Voire, mais souffira cecy, 

Pour bien fourrer toute sa robe. (Pathelin.) 

Souff ratge. C'est-à-dire, manque. 

Souffreté. Indigence, pauvreté. (Monet.) 

Souffreteusement. Dans la pauvreté. (Monet) 

Souffreteux. Indigent, pauvre. (Monet.) 

Sougiez. Sujet. (Coustume de Poitou.) 

Soûl. Seul. (Perceval.) 

Soulacier. S'esbattre, selon l'inscription qui est ta 
Bois de Vincennes : « Philippe Loys, fils de Charles, 
« Comte de Valois, qui de grand prouesse habooda. 
« iusques sur terre la fonda, pour s'en soulacier et 
« esbattre, l'an 1334. » 

Souldée. Payement. Rebours de Mathiolus dit: 

Et Amen (Aman) a malle souldéej 
Car il fut au gibet pendu. 

Souhaitier. Souhait. 
Souil. Bourbier où se veautre le pourceau. 
Souioir. Avoir coustume. (Monet.) 
Soultre. Dessous. 



STR 171 

oyez Sqmnie.) 

Is à mettre par dessus les autres, 
r, jaillir, 
une pucelle 
i double mamelle. (Fonlaine dei Amour.) 

'est-à-dire, un pilier. 

ceut, (Perceval.) 

te. Solde. (Monet.) 

atls. Subtil. 

bUlité. 

►rendre, découvrir. 

btilement. 

Subtilement. (Songe du Verger.) 

ooné ; de l'Italien spalmare. 

rum. Sorte de dard ; du vieux mot 
tpietie, pointe. (Lipse.) 

noiiir, piismer. 

mliqne des Gaulois. (Bochart.) D'où 
isanie, longue, et sans pointe. 

luté. 

\ quadrins que les riches donnoient 
'my les Romains. 

lithéose. C'est-à-dire, rente volante, 

nef.) 

et, voile, manteau, écliarpe que les 
été. (Nicot.) 

Seing.) 

l'une ancre de Navire. 

lise ; du latin iluprum. 



172 SQP 

Stradiot. Soldats ; du Grec n^^nin^. 
Suaire ; de sudarium, ou de suere. 
Subcurre. Subvenir ; du Latia stêccurere. 
Subgié. Sujet. (Songe du Verger ms.) 
Subhastation. Encan. 
^Subites. Du lierre. (Bocharl.) 
Sublet. Siflet d*oiseleur. 

Qui doucement fait chanter son st^blef^ 

Pour prendre au bric L'oiseau niée «t foibl«t (Mn*^) 

Subselles. Chaire à prescher ; dite des Utins 
subsellia. (Nef de Santé.) 

Subtilier. Exténuer ; subtilier les humeurs. 
SuDTiLiER. Imaginer, inventer, machiner. (Nicot.) 

Suen. Sien ; et par fois son. 

Suer. Sœur. (Perceval.) 

Sues. Son. 

Suetes. Chouettes. 

Autant vaut chasser aux suetea, {CoquiUard.) 

Suibites. Du lierre. (Dioscoride.) 

Suier. Fuseau, sureau. (Honet.) 

Suite. Alose de mer. (Fables d'Esope ani^ennes.] 

Sulfi. [Mot gaulois ; signifie déesses protectrices.] 

Sumer. Quelqu'un. 

Sundostren. Euroaster. 

Sundren. Auster. 

Sundwestren. Euroafricus. 

Sunt. Sont. (Joinville, page 351.) 

Suour. Sueur. 

Superable. Excellence, superlative. 



flï» 1-78 

I parler. Ceswr. (Nef des Oameft.) 

pplier. (Songe du Vei^r.) 

Dissimulalioa, fallace. 

met de la teste: d'où vient autiea, 
qui signifie assommer. 

s, riche couverture des jupes d'une 
ez Sercot. — Sobcot. Corps, corset da 

J'estime que c'est l'hiéble. 
ts. (Gauvain.) 
lisseau. (Proissard.) 



et par natare 
1 Surgeurey 
itre détournei. \R. de la Rotê.) 

Noter, marquer, censurer. 

iUarot.) 

irpeaa. Trousseau que les pera et 
lariage à leur fllle. (Honet.) 



: da bourru. (A. de I* BflH.) 
tiomrae. L'interroger trop. (Nicot.) 

Résurrection. 

Miter. (Voyez Truage.) 

1. (Nicot.) Voyez Suier. 

rerain. (Ragueaa.) 

(Sicol.) Voyez 5tHffr. 

e, mouchoir. Herlio fait dire à la 



174 



TAC 



Véronigue : « Tavoye un Sidoine si en ters (c'est-i-dirc, 
« frotâi) la chiere de Jésus. It vient de $indon. 

Syn. Laine avec le syn ou surge, c'est-à-dire, sans 
laver. Les Lalins rappellent làna succida. 

Couleur Syndonique. (Nef des Folles.) 

Syre ou Cyre ; de xh^ioç, c'est-à-dire, Seigneur. De^Si 
vient Sieur, et Monsieur. 

Qui de cest pais fa tou Syre. {Perceval.) 

Syrventes. Des Satyres en Vers. Voy. Servantm. 



T 



Tabart. Sorte d'habit. (Villon, Froissard.) 

Tables, ou jeu dés Dames. (Voyez Glic.) 

Taborer aux oreilles. C'est-à-dire, corner, et comme 
y sonner du tambour. 

Tabourdeur. Joueur de tambour. 

Tabourer. Tabouler, battre dru et menu du pied, de 
la main, ou d'autre chose contre une porte, une feneslre 
ou quelque autre endroit pour se faire ouvrir. (Monet.) 

Taboarner. Sonner du tambour. (Voyez Dissonent) 

Tabnt. Bruit, fracas. Marot, Epitre 56, dit : 

Et les bras à le pellauder, 
Et si ne vaut pas le tabut. 

Tabuler. Inquiéter, chagriner, affliger. (Nicot.) 

Tacan. Un méchant homme ; et vient de rHébricu 
tacac, c'est-à-dire, tromperie. 

Tacle. Dn trait colé et ferré, pour Tare. (Nicot.) 

Taeon ; de l'Italien taceone. Â. Oiidin dit signifier un 
bout à un soulier; à Metz, c'est le gras-double: et à 
Genève c'est un morceau de vieux cuir. 



TAL 175 

iattre.) 

; de tiiat, mUer: d'où vient le mot 

c'est-à-dire, faim. 

les. (Voyez Toûaillons.) D'où vient 

, un laUladûu, rondeau de bois sur 

ir les viandes. 

e de bouclier, différent de la large, 

rbé de deux costez comme un toit : 

is, selon Pauctiet. 

de ta Rose.) 

rbre, (Ragueao.) Comme qui diroil 

;ar taîon, signiile ayeul. 

tpeu. 

iurtry, en parlant d'un fruit. A Metz, 
le a les fesses meurtries d'une selle 
, qu'il a le derrière talé. (Le Ducbat, 

'te de casse-mu$eau ; de taler, pour 
e muse, d'où mu$eau. 

]e talemouse, 

lurrer sa mouse. {Villon.) , 

talemouse, un soufflet, qui tombe 
a bouche et sur le nez. 



Dt ses talent. {Ooide.) 

voulut, son désir. 

oyez Esguiller, Taillé, et Enlalenté. 
û une monooye. Il y a eu de grands 

Persan, qui signifie une graveure 

d'esca ancien, dit d'un Guillaume 
tmmé Tallevas, selon Faucbel. 

)u Talvassler. Grand hâbleur. 



m TAR 

Talmache de bateaux. C*est ce qu'on appelle Imo, 
ou larva ; comme qui diroit la muffle ; le masque tm&nt 
de talamasca^ c'esl-à-dire^ faux visage ; à cause deqoo; 
on appelle masques, les sorcières; et litterœ talam(UM, 
les lettres en chiffre. 

Talmousé. Sorte de gasteau beurré. 

Taloche. Espèce de targe ou escu. 

Tambnsteis. Bruit, tabut ; en Langued. tarrabuitm. 

Tamer . Entamer ; de tafi^y, ou T^^ir, dtssacor». 

Tance. Querelle, débat. Ovide ms. parlant du débat 
pour les armes d*Acbille, dit : 

Sont assis pour ou!r la tence. 
Et por deviser la sentence. 

Tânclz. Sorel, Poëtey dit: 

Hom dea so celar et cobrir 
Qui A08 éandz ve^er in aitsir. 

Tanson. Âdmonestement. (Voyez Valet, et Tençon,) 
A Tant. Cest-à-dire, alors. (Ronsard.) 
Tant ne quant. C'est-à-dire, nullement. (Percevai.) 
Tantih. Un peu ; de tantiUum. D'où tantinet. 
Tantinet. (Voyez Tantin.) Villon dit : 

Si luy plaist un tantinely 
Qui luy retienne le hutinet. 

Tapinaige. En tapinois, en secret, en tromperie. 

Tapineis. Choc, batterie. (R. de la Rose.) 

Taquet et Taquain. Soudain, prompt ; de ««^s 
statim. D*où vient un tacandepas, qui en Languedoc 
signifie un coupe-jarret. 

^Taramis ou Tarants. Dieu des Gaulois, le mesM 
que Jupiter tonnant, à mon advis; car ^aram, signiOoit 
mi tonnerre. Et Bochart asseure qu'ils avoient pris ot 
Dieu des Phéniciens. (Voyez Gaulois.) 

^Taran ou Taranes. (Test le Dieu du Ttonere, Il 
mesme que Jupiter fulguratoff ou tonant. 



TAV 177 

1 de jeu âe cartes. (Voyez Tharauts.) 



I cercle donne, 

noble façon, 

I à l'enfançon. {Ovide.) 

, instrument servant à percer. (Monet.) 

ïr avec le tarière. (Monet.) 

ion de percer. (Idem.) 

Escu.) C'est une sorte d'escu quarré et 
it le mot de se targuer, ou targuer, 
ivrir le corps de ses bras, en mettant 
3 flancs. De-là vient possible le mot de 
ie un poignard, à cause des anses de la 
raii/eroa.) Or large, vient de tergus, 
selon Ménage. A quoy il y a grande 
u'onlescouvroitde cuir selon Homère. 

lypei Dominas septemplicis. 

vent de trajicio; mais je préfère la 

;ie. 

irqler. Tarder. 11 targoit, il tardoit. 
(. (Voyez Ygaument.) 

l d'origine gauloise, tige de fer dont se 
reaux.] 

s Satyres Chrestiennes disent: 

n n'eat avalé, 

tarteoeté. 

9'où vient Tarvisium, dernier PromoD- 



; de tanHllum. 

, dia-je, on tatin. {Coquillard.) 

laille, nape ; de lobalea, ou de table, et 
t aussi qu'on dit un tablier, pour une 
un tableau : ou bien il vient de toile. 

de toeilU blanche. (Rote.) 



^ 



178 TEM 

Tandlr. Se couvrir. (Pancfaet. Ménage.) 

Un Tandis. Anciens mantelets pour approdief te 
murs à couvert, comme la tortue. 

Tanmler. Livre de la Diablerie dit : 

M'entends-tu bien^ vilain taumier f 

Taureau. Ce mot vient du Syriaque, thaur. 

Tautte. Poisson de Marseille, est le loUgo^ oa cùlâr 
martium. (Charles Estienne.) 

^Taxea. Du lard, venant du mot Hebrieu daxen^ c'est- 
à-dire, engraisser. (Bochart. Isidore.) D'où vient taxu^ 
un taisson, animal fort gras. 

Taygans. 

Vers lay s'en vint laftse et taygans. (R. de la Rùm.) 

Tayon. Grand père et grand'mere. 

Où est-il ? où est son tayon ? 

Mais où est le preux Gharlemagne? {VilUm,) 

*TecIa. Belle. (Voyez Lucum.) 

Tecque. Couverture ou escaille. 

Tei. Toy, au Livre de la manière à^aorer. 

Teiller le chanvre. L'escorcher ; de tilia, arbre qm t 
une peau comme le chanvre, tenace et longae. E& 
Languedoc, tilla signiOe estre fort visqueux. 

Telon. Une lyre ; de THebrieu tilUn, e'estrà-dire, n 
psalterion. (Bochart.) 

^Telonum ou Tolonum. Toulon» Yille aociea- 
nement Citharista : de teleuj harpe. 

Teltre. Un tertre, ou costau. (Voyez Orer.) 

Tempestis. Orage. (Jean le Maire.) 

Temple. Eglise. 

Templiers, ou Chevaliers de Saint Jean de Jen- 
salem ; dits ainsi du Temple de Jérusalem qu'ils gardoifi&t 

Tempre ou Tempore. Tost ou temps. 



teh 179 

Lo]rMilmeiit de vos dei jooûit) 

Sans tes cbanger tempre ne tart. (A. Chartier.) 

)e-là quator tempre, au Compost ea Fran(K)i3, pour 
quatre-temps, ou jeûaes solemnelles de raiinée. Et 
tprement, c est-à-dire, présentement. 

reoça. Dispute. 
rence. Biote. querelle. 

ti loue tempi la tmce, {Ovide.] 



09 «n nul ae (flge), 

aix avec chaté, 

i ai grand tençon, etc. (il. de la Roie^) 

eu. Hebun, an Testament, dit : 
te la ftée 
f un tendit. 

C'est ce qui est tenu à foy st hommage 
inant. (Laurière, Gloss. Droit fraa(;ais.)] 

ue ; de tenner, fatiguer. 

pas ne le poinct, 

I le ttnne point. (Uarot.) 

lonneur. (Voyez Séneschal.) 

[Droit imposé sur les maisons et sur 
arière, Gloss. Droit français.}] 

'ençon. Censure, menace. 



a chevalerie. {Bltuon des fatu$et Amourt.) 
iQt d'une dispute, dit: 

t autre leruon. 

arelle. Tarière. (Nicot.) 
1er. 

larna sans tergier. (Ovide.) 

(Voyez Aebeine$.) 

e. Qui résout en échauffant. (Hortus 
Bt l'herbe chrytwolla. 



180 THA 

Termée. Fixée à certain temps. 

Vienne sur champs Mars avec son armée 

Yoas présenter ]a bataille termée. (Marot) 

Termines. En ces termines» en ce temps-là. 

Emporta par Tair la roeschine. 

Si lassit en pode termine 

En Syre^ et là fut Prestresse. {Ovide.) 

Termulons. Sorte de Soldats anciens. (Froissard.) 
Terne. Oiseau. 

De busars que ce fussent ternes. (Froissard.) 

Terrage. Péage. 
Terrené. Né de terre. (Ronsard.) 
Ters. Frotté, de tergere. (Voyez Sydoine.) 
Terst. Frotte. 

Qui ly terst les yeux, la face. {Ovide.) 

Tesir, Se taire. (Perceval.) 

Testamenter. Faire Testament. 

Testonner. Friser ses cheveux. (Nicot.) 

Tethine ou Tithine. Nourrice, tetin. 

Teulx. Tels. 

^Tentâtes. Dieu des anciens Gaulois, à qui on offroit 
du sang. (Bochart.) Les Gaulois avoient pris cette DiyJQité 
des Phéniciens, et adoroient sous ce nom le Dieu MercQre. 
Ainsi Platon appelle Mercure Theut, en son Dialogue 
intitulé le Philebe^ et dans son Timée ; d*où les Tbeuloos 
ont pris leur nom. Et possible que Mercure Trismégiste 
entend la mesme chose, quand il parle ad filium Tat; et 

Sue le mot de eeoç, en vient aussi. C'estoit aussi le Diea 
es chemins ; d'où vient que thaith, signifie en Breton 
un chemin. 

Tex. Tel. (Perceval.) 

Thaignon. Mehun, au Codicille, dit : 

Car si tost com il entre, sourbannist le gaignon, 
Qui mors traist en enfer parmy le traignon. 



THO 181 

,) C'est un matras cliiiniqae, ou 

ir. Nicot dit : > J'ay grand thalent 
ut de eno), volo, je veux. 

min. C'est-à-dire, Jupiter. 

ts. Jeu de cartes des Allemands. 

sa Diane Chasseresse, dit : 

Wonor, 

lent encor, 

I m'eD ioaa d'ane. 

tnme de bien. 

i^oDtanus.) 

a, avita. 

icTor, avunculus. 

irer; de tensurare, ou tendere 

les d'Anjou. 

je ou cotte d'armes, qa'un Chef 

mois au jour d'une bataille. (Nie.) 

ivitig. C'est-à-dire, il fait obscur 



(Willeramus.) 

Tiphaine.) 

oi, Thyreon, et Thyreus. Arme 
sanias, et le Grand Atlas, disent 
i boucliers ; d'où est venu le mot 

hiuvi, servantes. 



^ne gauloise ; c'est la grande 



Satyres Cbresliennes disent : 
les thories. 



n 



192 TIV 

^Thorna. C'est l'herbe ChelidMium ma/us, ou {rinde 
Esclaire. 

Tbouiller. Troubler, venant du Grec. 
Thriacle. Thérîaque. (Nicot.) 
Thriadenr. Charlatan. (Monet.) 
Thringle. Le sommet, et vient du Grec. 
Thronc ou Tronc ; de éçofiBoç^ grumus. 
Tham. Maison, (Pontanus.) 
Thnmhthigan. Parfaite. (Villeramus.) 
Ti. Tes. (Joinville.) Du Latin tui. 
Tiensit. Tient. (Voyez Yiensist.) 
Tierce. Trois heures. (Perceval.) 
Tiere ou Tieire. Un rang. (R. de la Rose.) 
Tieul et Tienlx. Tel et tels. 
Tienle. Tuile. 
Tieulem^nt. Tellement. 
Tieuxte. Texte. 

Tiex. Tel et telle. Pierre Gentien dit : 

Johannes hom non pas antien. 
Que en appeUe Gentien, 
Portoit tiex armes ce disoient. 

Tiffée. Ajustée, attifée. 

Si fu si ceinte, si tiffée. 

Que sembloit estre une fée. (A. de la Rose.) 

Tigens. Sorte de bas. (Perceval.) 

Til et Tille- Tel et telle. 

Tiller du chanvre : ce mot vient de tiXXety. 

Timbre. Baston. 

Qui ne finoient de ruer 

Le timbre en haut, et recueilloient 

Sur un doy que onc ne faiUoient. (B« de la Ro»,) 

C'est aussi un instrument approchant du tambour. (P^) 



Imbre. (Toyes Dtasonent) 
lutheur. C'est-à-dire, le cotter. 



lien où OQ rend la Jastice. 

ic lequel deux personnes poïteat 
u, 00 autre chose semblable. (N.) 

et tinal, en Languedoc; parce 
ent les tines ou tonneaux ; dites 
ignum. — Tinel, signifloU aussi 
e, selon Froissard. 

tinter et de marre, selon Pasq., 
'ignerons font à l'heure de injdy 
remier qui enlead midy, sonnant 
les autres répondent oe mesme, 
sme, d'où s'élève un grand bruit, 

inte qoe le Roy dit Gros nez, à la 
ir d'Albenas a fait la Kaseide, 
pour Vigneron, ne put travailler 
depuiLs, leur donna ce privilège 
i, comme il avoit fait. Pasquier 
de marrer; et possible que ceux 
*, en viennent aussi. 

a). Feste des Rois ; de EpiphaniOf 
Mémoires de Paris.) 

nét"^ coronare; d'où vient une 



venir du mot de Languedoc , 
prendre toutson saoul de quelque 
islé ouï dire par quelque François, 
restissant ainsi, lui adonné cours, 
petite bougette de terre ou autre 
^nt par une fente. 
) M mettra en tirriire. (Jtf«ftim.) 



184 TQL 

Tirelupin. (Voyez Turlupin.) 
Tires, Fois. 

Non une fois, mais par diverses tires 
Avoit moqné grand nombre de Satyres, 
' Qui la suivoient, etc. (Marot.) 

Tiretaine. J. de Mehun, au Codicille, dit: 

Puis 11 remest par maintes guises 
Robes faites par grand roestrises, 
De blanc drap de soefve laine, 
D'escarlate et tiretaine. 

Tissu. Former un tissu. M.nrot, Opuscule 3, dit: 

On a tissu (pour fromages former) 
Panier d*osier^ et fiscelles de jonc. 

Tistanis. Estoffe tissue. 

Titelle. Inscription. (Bible Historiaux ms.) 

Tocqué. (Voyez Achetnes.) 

Tocsein ; de toquer le sein, c'est-à-dire, frapper la 
cloche. En Languedoc toucu, c'est-à-dire, toucher oo 
frapper ; et en Quercy, sonner. 

Toien ou toyen. Tien. (Pasquier.) Voyez Moyen. De-li 
vient moitoyen, ou mitoyen. 

Toise. De tensa. 

Toldre. Théodore. (Villehardouin.) 

Toldroit. Osteroit ; venant de tollir. 

Tollart. Un bourreau. 

Tollir. Oster. 

De m'embler et tollir mes pannes. {Pathelm.) 

Tolln. Enlevé, pris, oslé. (Marot.) 
Tols et tollii. Osté ; de tollere. 

C'est celle qui les tricheurs 

Fait, et cause les barateurs. 

Qui maintesfois par leurs flavelles. 

Ont aux varlets et aux pucelles, 

Leurs droitez héritez toUus. {Roman de la Rose.) 

C'est-à-dire, j ustes héritages osté. 



, OQ se retire. 

te voit plus dire. {Perceval.) 

oberie.) 

lir, osier. (Voyez Maletoulte.) 

eau. Harol, Epilaphe 10, dit : 



ir, treinJaler et bruire, à l'occa^Dd'ua 
(Honet.) 

it. Bruit, frémissenient , relentis- 

1 terre tombit du bruit, et reteles des 

1.) 

Se cachoit. 

!pa3 qu'on donne aux femmes, après 

de tondre les brebis. 

sition ; de toloneum ou telonium. 
tribut de mesme sorte que ceux qu'on 
^ispitalica, putveratiea et pontatica, 
âge, poudrage, passage de pont, etc. 

jputer. (Coquillard, page 56.) 

uement. Coëffure. (Nicot) 

r, affubler. (Idem.) 

ou d'nne genice. (Oui'de.) 

il une tour, et vient de l'Hébrieu t%ur, 

oji l'on fait sécher les grains. (Laur.)] 

on de terre couverte de gazon, que 
X héritages pour servir de limites. 

Fr.)] 
s. 

', se donner de la peine ; venant de 
tor. 

24 



186 TOS 

Topdpoye. Me tromperois. 

Ce n'est pas toy que chercher je voudroye, 

En cest endroit de beaucoup me iordroye. (Iforot.) 

Tornas et tourner. Lods et ventes. (Galland.) 

Tornéement ou tornei. Un lournoy, ou duel. 
(Merlin.) On le dérive de Troja, et d'autres de ce que les 
Chevaliers y combattoient par tour. C'esloient des jeux 
des Anciens, et qu'oii lit dans Virgile avoir esté pratiqués 
par Enée Troyen. (Voyez ToumoyementJ) 

Pont Torneis. Pont levis. 
Topnicle. Cotte d'armes. 
Torque et toque. Bonnet rond. 

Moy de bonnets, 

De toques, de tourets de nés, 

De garde-cols et de cornettes. (Marg. de Marguerite,) 

Torra. Retournera. (Perceval.) 

Toppas. Osteras. 

Tops. Des tours d'un chasteau. 

Topses. Des torches, ou flambeaux. 

Topsfalts. Forfaits. (Songe du Verger.) On disoit aussi 
surfaits. (Meschinot.) 

A Topsiops. A tousiours. 

Topsonlepe. Injuste, retenant à tort. 

Toptels et ^ettr«s. Torches; ainsi dites, parce qu'elles 
sont entorlillées. 

Et moût y ont ars de grans torteis. (Perceval,) 

Toptes-bannes. (Voyez Pannes.) 
Toptlculep. Agir avec hypocrisie. (Rabelais.) 
Toptils. Flambeaux, torches. 

Ou par nuit devers les courtils. 

Seul sans chandelle et sans tortils. (R. de la Roh,) 

Tos. Tous. 



ou en tottées. (Marot.) 

Guillaume de Dole.) 

!■) 

lie à essuyer les mains. (Nicot.) 

pvieltes. R. de Merlin dit; ■ Alant 
ille, qui tint deux petits lailloers 
ouaillonseniorbras. > {V . Tavaiole.) 

rs. (Nicot.) 

de toltere. Âbin Chartier, dans sa 
elle Dame sans merci, dit : » Hais ja 
ildrez, >(pourlollii'ez). D'oùvieniieiit 
•-, et maleloiiUe, parce que l'on nste 
n. Guyol de Provins, en sa Bible, dit : 



habils. (Coquillard.) 

je de personnes. 
>; k part une tourbe 
t, ayant la teste courbe. (Marot.) 

lans son Enfer, dit: 

; d'ignorance el sa tourbe, 
perëècute et destourbe. 

irs agréables, tours de souplesse. 

mrnelles. Petites Tours, 

lier ; de thorus, c'est-à-dire, un pli de 
un venant de l'autre. 

; touret derrière, 

e fausse espaule. ' (Coquillard.) 

ique qui ne cache que le nez elles 

les plus voisines. (Le Duchat.) 



♦ 188 TOD 

Grand Tourin. C'est une sorte de dance. ((kqmItaN.) 

A Tourneboele. A la renverse. (Percef al.) 

Tournebroulller. Tournoyer^ pironelfer, imiter es 
tournant le mouvement d'une toupie. (Rabelais.) 

Tournelles. Petites tours. 

Les portes farent entaillées, 

A Grands tournelles bataillées. {Otfide.) 

Tournois. Monnoye dite ainsi de la Ville de Toôrs; 
car on les appelloit en Latin Turonenses. Ce sont petites 
pièces dont il y en avoit de deux sortes, sçavoir de gros 
tournois et de parisis : les tournois avoient douze fleors 
de lys à l'entour, et les parisis quinze. 

Tournoyement. Un tournoy. (Voyez Tùrnei.)Vot 
vient le nom du R. dit le Tournoyement de rAntechrist. 

Sans moy remaer de ma place, 

Regarday le tournoyement, 

Qai commençoit trop asprement. (H. de la Rose,) 

Toupra. Geler de froid. 

El que d'un trait de plomb ou d'or, 

Aluque ou torre nostre cor. {(StoudouU.) 

Tons-dis. De tout temps ; mot Picard, forme de totis 
diebus. (Le Duchat, Notes sur Rabelais.) 

Tonse. Une amie ou fille, amante. 

Ainsi se complaint et dolouse, 

Li lais pour Tamour de la totise. (Ovide.) 

On appelle aussi touse, uneoye, en Tolosain. 

Tousiaux et tomiaus. Jeune homme, amoureo: 
Ovide ms. parlant de la mort d'Actis, que Pbolypbéi 
tua, dit: 

et un tousiaux 

Aperut qui de vers rosiaux, etc. 

Tonsslt. Ostat; àetolsitou tollit ; eicenx^y ieMlt\ 
du Latin tolleve. 

Toutesvoyes. Toutesfois. (Alain Chartier. Croniq: 
de S. Denis. Coustumes de Poictou. Et le Songe' 
Verger.) La consonne est changée souvent en /*: ainsi 
dit une rave^ pour raffe; car il vient de raphanui* 



TBA <m 

Ids, rasés. Harol, Rondeau, dit: 
(u'an HoiDâ ou Capellan. 

ison. Dn tison, et la laine d'une br^is. 
! de la Toison d'Or, qu'on dit avoir esté 
Duc de Bourgi]gne, en mémoire d'un 
lit sur des [.aines. Et d'autres veulent 
un mystère de Cbimie, à l'imilalioa de , 
ysoQ d'or, à la conqueste de laquelle 
a reste des Argonautes : que les rafloez 
l'avoir esté que le secret de Télisir écrit 
n moulon. interpréians les voiles de 
e navire d'Argo ou de paresse, et toutes 
elle expédition, à l'avantage de la 
)t de foison, vient du Latin toitsio. 

lui traverse la stangue d'une ancre par 

race ; de tractus. De-là vient le mot de 
er. 

loêl le petit trac. (Marot.) 

Enseignement, Iradition. 

rie de javelot. (César.) 

tret. Lentement, doucement. IRabelat», 

I, dit : < Alors dit Pantagruel, tout beau, 

Deau; parlez à traict et sans cholere. ■ 

iable, doux. (Voyez Vis.) 

:s et ses maiDs traitis»es, (7ilion.) 

eau. (Monel.) 

Sorte de fllel à pescher. 

il nons preschent, 
s richesses pescbent, 
esmes el aux traîneaux: 
f il en jstra maux. (R. de ta Rose.) 

r. Rouler, battre le pavé avec l'épée au 

ire d'une langue en une autre. (Voyez 

la Cherilé dit : 

les en Romuu traire. 



190 TRE 

Traire. Tirer. 

Au mal que ie luy ay fait traire. (Perceoal) 

Traist. Tirast des flèches. 
Trait. Traduit. (Voyez Cors.) 
*Traith. Golphe. 
Traltler. Une traite. 
Traltop. Traistre. (Merlin.) 
Tramezé et trameiré. Envoyer. 

Trancheors. Des pommiers. (Villehardouin, p. 28.) 
Ansi dits de truncare. 

Transf reter. Aller outre-mer ; du Latin transfretari. 
Transgloutlr. Avaler, engloutir. 

Par qui trop plais, ou la trunsgloutis vive, 

Elle qui est de mon enauy motive. . (MaroL) 

Transnouer. (Voyez Nouer.) • 

Transon, Trançon ou Tronçon. Du temps de 
Rabelais, faire un transon de chère iese^ c*estoit, siaoa 
faire chère entière , du moins taler joyeusement de 
quelque friand morceau. (Le Duchat.) 

Traoit. Tiroit. (Perceval.) De traho. 

Traquenart. C*est un cheval ; ainsi dit de tricenarius, 
ou quod inlricet pedes. 

Traulx. Des troux, selon lean Virtoy. 

Trayer. Traisner. (Voyez Botereaux.] 

Trebuchet. Machine ancienne pour jetler des 
pierres ; dite trebuchetum ; de trabes, parce que c'estoit 
une poutre qui se deslachoit. 

Tresboucher. Tomber sur sa bouche. 

Treceours et trecheurs. Des tresses ou tressoirs 
pour les cheveux. 

En sa main tenoit un miroir, 

Et si fut d*un riche tressoir, 

Son chef paré moult richement. (A. de la Roee,) 



TRE IM 

Tré. De longues pièces de bois ou 
Villehardouin.) Ce qui vient de trabs 
e travail d'un Hareschal ; c'est-à-dire 
e les chevaux, qui est une sorte de 
dans la rue. Delà vient aussi le mot 
mi$ûa iTun plancher. C'est aussi uoe 
Vigenere. 
tnles de «oie. (Percevol.) 

ihenet. (CaUiolicum parrnm.} 
tributs. (Voyez Truage.) 
nul treit, saottrit du mal. 

I trel» Amans. (A. de ta Roie.) 

rremblemeat. 

Tremblement. 

urmenter. 

ite, peur. (Nicot.) 

nez. Ce sont des petits bleds. 

ie de moulin. 

renchée de ventre. 

dévotion de Messes, ou autre chose 
vin, au nombre de trente. 

lier, ou fouler aux pieds. 

conmoul de toute perfectieu, 
d Cel trepeU las esteles. {GoudouU.) 

iti, mal conditionné; mal coëffé, en 
I. (Rabelais.) 

le temps. (Jean le Maire.) De t^^w, 
uter. D'où vient trépigner ; de tripu- 
si fouler aux pieds. 

trepent et foulent. (A. de la Rot*,) 

ps. L'agiter et secouer, 
yez Senetchal.) 



les TRE. 

Trésanner. Suranner. De-1â vieatle motteUqga^ 
tesana, o*est-à*dire, s'ranuyer fort. 

Treschanger. Transmuer. 

Tresche. Une danse; en llalien trescar. 

Trescheur. Sorte de filets ou orle; 

Treschie. La tresse. (Perceval.) 

Trescique. Jusques à ce que. 

Treseau. On appelle treseau en Anjou, trois hommes 
qui battent ensemble les gerbes de bled. 

Tresgeté.^ Désigné, marqué, ordonné. (Ovide ms.) 
Voyez Me&cheans. Tregita en Languedoc, c'est-à-dire, 
sauter ; et tregitairé^ c'est un bateleur. 

Trespasser. Aller au de-Ià, passer outre. 

Des Chevaliers en une lande 

Voir trespasser, et si demande. (PereevoL) 

On a aussi employé ce mot pour dire mourir. 

Trespensé. Pensif, selon Gauvain;mai3 Fancbet 
l'explique outre cuidé, et cite à cet effet le Tournoyemait 
de i'Âutécbrist, disant : 

Qaiconq m'en tienne à treapetisé^ 
Pour dire mon nouvel pensé. 

Tresque. Dès que, jusqu'à ce que. (R. d'Alexandre.) 

Tressiaux. Jusqu'aux. En la Bible Bisloriaux, ou lit: 
« De Tbomme tressiaux bestes. » 

Trest. Tira. (PercevaL) 

Trestans. Tout autant. En Languedoc, atrestant. 

Treôtop. Un destour. (Perceval.) 

Trestorner. Destourner. 

Trestour. Finesse pour échapper. C'est ce qu'on 
appelle en Languedoc ; de reviscotes, (Voyez Guencha.) 

Trestourner. Se remuer de tous costez, ou renverser. 
R. Daie d*Âvignon dit : 

Quand Sanses ce regarde vid cheoir Beranger, 
La selle trestourner ^ et fuir le destrier. 



TIU 193 

ompre. (Gauvain.) 

Tru.) 

rculam. (Rabelais.) 

Tenant de treuça. 

:ion violente, et comme des 
. (Rabelais.) 

l, branler. 

cbeteur. 

:uerre, dite tribuctum, c'est-ft- 

1. (Ovide ms.) 

idelé.) 

ime court et ventru. (Rabelais.) 

ar. Trompeur; de etii, parce 
tout jusqu à un cheveu. 



amperie. (Pathelin.) 

-dire, Quérelleux, selon Cœlius 
;>. 23. Antiq. Lectionum. 

eaux tricoys. (CoquUlard.) 

oupe de Cavaliers en ordre. Je 
ue Trimarkisia. 

svaux de bande. 

} de Cavalerie. (Boctiarl.) 

; ce qui vient du mot trinquer, 
, qui est venu de l'Alleiuan. 



194 TRO 

Trinc'amelos , en langage Toulousin, signifie on 
faux brave, dont lout le courage consiste à trancher bar* 
diment par le milieu les amandes de toutes sortes de 
noyaux ; d'où Rabelais a formé trinquamelle. 

Trinqueballer. Sonner à force ; de traru qum 
ballare. (Rabelais.) 

Triolalne. (Coquillard, page 43.) C'est une traînée 
ou longue suite de personnes. 

Tripe. Boyau ; de thrips^ sorte de Vers à cause qae 
par leur longueur ils ressemblent des vers, ou parce 
qu'ils en contiennent ordinairement. D'où vient un 
tripouj c'est-à-dire, un boudin. 

Tripep. Danser ; ce qui vient de trépigner ; ou da 
Latin tripudiare; et en Languedoc, fa ^rtpe^ c'est-à-dire, 
rire extraordinairement. (Voyez Ribaud.) 

Tripes. (Grand Atlas.) C'est aussi un trepié. 

^Tripetia. Herbe, dite sellula. 

Tripout. 

Et si maicment le tenoit, 

Conques eschaper ne li pout. 

Tant qu'ils eurent fait cel tripout. (R. de la Rose,) 

Tripudier. Danser ; de tripudiare. 

Il s'en alla tripudiery 

Avec les infères là bas. (Des Accords.) 

Triqueniques. Débat pour néant, comme qui dirott 
pour des cheveux ; de sei(. 

*Trisarchie. Un Gouvernement commun à troia 
diverses personnes, comme un Triumvirat. 

Trit. La Ville d'Dtrecht. 

Trive. Tresve. 

Trohtin et Truhtin. Seigneur. (Tatianus.) 

Les Trois Estais, danse ancienne. (Coquillard.) 

Troist. Tiroit. (Perceval.) 

Trompe. Une trompette ; d'où vient qu'on dit encoft 



e. Et tromper, pour trompeter. Sur 
e plaisant Rébus, d'une Mort qui 
^eccesmots, • la Hort qui frompe. ■ 

npeur. 

r. Rompre ; d'où uq cœur transi. 

onçon, ou pièce. 

en, (Voyez MouHier fXMiiéricorde.) 

le sens de si : 

Tand le prit. (Perceml.) 

Imoureux Transi.) C'est proprement 
lû vient tronçon. 

i à. (VilletiardoQin.) 

e chevaux. (Gratian du Pont.) 

elais s'en sert. 

'ouêr, de terrebrare. 

Duble. 

lurmentez, troudelez, 

pestez, ti-i boulez, 

niez, éperdus, 

ondus, pati butez, 

liez et petelez. (Ut. ancien.) 

î ; de torculare. (Rabelais.) 
\an relevé moustache. 



it le corset, 

l'ua grand prix. (Coquillard.) 



n terre fouit. (Ooide.) 

1 dit : ■ Mes de ce ne palloienl mie, 
trouveor qui ont trouvé pour faire 
• .(Voyez Fauchet, de l'Origine de 



196 TRU 

Tpouverre, Trouvaire et Trouvadoun. Les Inven- 
teurs, ou Poëte Provençaux, et faiseurs de Romans. 
(V. Roman et Jongleur.) Huon de Mery, au Tournoyement 
de TAntechrist, dit: 

Li Trouverre qui sa bouche œuvre, 
Por bonne œuvre conter et dire. 

(Voyez Fabeh où trouver est mis pour inventer.) 

Tru et truage. Subside ; treu ; de tributum. Bible 
Historiaux dit : « Et envoyoii chacun à truage de oeot 
« besans d'or. » 

Estre fait sous Treu. Pendu tributaire. Bible Historiaui 
dit: « Et celle qui estoit Dame descoutrées, est faite soi 
« treu. » Ce mot signifie aussi trou. 

Truage. Un imposl, abrégé de tributage. Ari 
Rhétorique ancien dit : « Tu as payé mortel truage. > 
que la Coustume de la Marche appelle rente secbe, est 
que les Anciens appelloient proprement trnage. D*aut( 
rexpUquent comme qui diroit trouvagCy comme est M 
droit d'espave, et de ce qu'on trouve au bord de la merj 
mais ce n'est pas la bonne interprétation. On disoitaossi: 

Truaige, trus et trucs ^ et trehus ^ pour iribui 
(Pasquier, citant les grandes Croniquesde France.] Doù 
dérive truanger^ c'est-à-dire, piller et gourmandcr, 
fouler. Trucs^ signifie aussi des coups en Languedoc. 

Trualté. Gueuserie. 

Truand. Un gueux. 

Quand ie voy tous nuds ces truandsy 

Trembler sur ces fumiers puants. (H. de la Ro») 

Truande. Gueuse. 

Et prise et requiers et demande, 

Gomme mendiant à truande. (A. de la JRofe.) 

Le nom de la rue de la Truanderie, qui est à Paris, viçl 
de-là, selon quelques-uns. On Tappelloit vicus TrutenoxM 
selon le Chartulaire de S. Lazare, près Paris. 

Truander. Demander Tausmone. 

Truant, et truander^ et trtuindaille, c'est-à-dire, 
de pied ; et truanderie se prend comme pour des sooî 



gui dîroil Tripiers. Un vieux Noël contient 
I a'eslcs rien que truandaille. • 

t. Interprète , et vient du Chaldéen 
à-dire, Expositeur. (NJcot.) 

Folies, moqueries. 

lit, ce sont trudainea, 

ec moy toat venant. {Pathelin.) 

uerie ; venant de trupha. 

<iuer. 

:-i1s, se fol vodb truffe, 
cy paissant de truffe. (R. de la Rote.) 

mbances. R. de la Bose, parlant des trop 
d'une femme, dit: 

osleray vos truffUt, 
nnent occasion 
licalioD. 

a Seigneur. (Tatianus.) 

es. Cronique de S. Denis ms. de M. Jnslel, 
ly: « Ils avoient brisé les truies qu'ils 
ble juré. > 

e. 

truia devant la porte. (H. de la Rote.) 

truiêe. Trouve ou trouvas!. • Ne nous 
■ (Bible Hisloriaux.) 

!. Thibaut Roy de Navarre dit : 

i\ me truit baait (joyeux.) 

(Voyez Ganche.) 

lyez Trulfer.) 

'Atienx. 

. Trépignement. 

e cbapeleis, 

le trupygneis. (R. de la Rose.) 

triage en Languedoc. C'est aussi une 
re, ou espèce de bélier. 



498 TYP 

Tacquet. Petit bois de haute fotaye proche d'une 
maison de fief. En Lanj^age Gascon ce mot signifie un 
petit tertre. (Le Duchat, Notes sur Rabelais.) 

Tuease. Meurtrière. (Hehun, Testament.) 

Taffes. Sorte de Soldats. (Froissard.) 

Tuit. Tous et toutes. (Voyez Rain.) 

Aa tref Garin furent ^utï arouté. {GarinJ 

Tule. (Voyez Entule.) 

Quel n'aura ja honte en tule^ 

En bel accueil n*a autre huile. (H. de la Rose.) 

Tumber. Je ne spais si Perceval n'entend point par 
ce mot, sauter. 

Harper y faisoit harpeors^ 

Et YÎeler vieleors, 

Et les baleresses baler, 

Et les tumberesses tumbei\ {Perceval.) 

Tunicelle. C*est une espèce de petite robe ; de tunka, 
selon le Livre de jure regni NeapoUt. 

Tupin. Petit pot de terre. Ce mot vient de tofinus, fait 
de tofus, qui est une espèce de grais, dont on fait des 
pots à trois pies, qu'on appelle lupins en Anjou et dans 
plusieurs autres Provinces de France. Le proverbe dit: 

De bonne vie, bonne foi, 
De bonne terre, bon tupin. 

Tuqaet. Sorte de hibou en Gascon, c'est-à-dire, petit 
Duc. (Scaliger.) 

Turbidolopium. L'herbe amoglossum. 

Turcie. Digue, levée au bord de l'eau. (Honet.) 

Tiircois. Carquois. 

Un grand feu fit emmi le bois, 

Son arc, ses flesches, son turcois. (Ovide.) 

Turlupins. Secte de Religion, de Tan 1372. 
TuyAu champestre. Herbe, ealamus aromatieus. 
Charles Tntiers. C'est-à-dire, Martel. Toison d'or. 

Typhep. Estre superbe ; de ^wpof, superbia. On appelle 
tuffe en Languedoc, la hupe des oiseaux. 



V 



ïauvain.) 

neto. (A. lU ta Rowi) 
oinville, page 351.) 
mamelle. {Gauvain.)_ 

>ncl loux proux, Tbolosain, dit : 
ui. 

ervaate ea Champenois. 

3tte. Petite monnoye de Bearn, 
u'elle est marquée aux armes du 
jes. Feneste, livre 1. chapitres, 
vaquette ; car noua nous en étions 

l. . 

iDsard.) Crier. (Nicol.) 
d'enfant. 



langage de Sedan. 

lù vient qu'on dit, un œil verd ; et 

qu'elle tache la peau de diverses 
dit: 
lefroT, 
L lo Roy. 
iirreures et doableures, 

et gritses. (Perceval.) 

rarmoiries ; de variui.9lenuvair, 
s Pathelin. (Voyez Pannes.) C'est- 
iit vair; et le gris aussi dugry, 



et de Voira, 
tempe diren. 



200 VAL 

Ou manteau n'avoit penne, vaire. (H. de la Rose.) 

C'est-à-dire, panne ou drap. 

Yair. Passage; d*où vient Dumovatia, c'est-à-dire, 
passage de rivière. C'est une Ville d'Angleterre. 

Vaisselement. Vaisselle. 

La Vaisselemente. Meubles et utensilles. 

Vaisselle. Vassalle, paysane. Bible Historiaux dit: 
« De la vaisselle qui n'est mie ancelle, mais concubine. • 

Vait et vet. Va. (Boëce ms.) 

Valissanf. Vaillant. 

Cil jougleour vous en ont dit pertie, 

Mais ils n'en savent valissant une aiie. {Atis,) 

C'est-à-dire, un fruit de l'alisier. 
Vallès. Valet. 

Li valles fu jeunes et beaux. {R, de la Rose,) 

' Valet et varlet. De varo^ comme qui diroit varolet^ 
c'est-à-dire, homme robuste en Espagnol : ou de bajulus^ 
c'est-à-dire, minister. Les Escuyers trenchans, selon 
Fauchet et Pasquier, esloient appelles Valets. C'estoit 
aussi un Gentilhomme qui n'estoit pas Chevalier. Les 
Picards nomment aussi varlet et varleton, un enfant qui 
entre en adolescence. (Voyez Let el Tollu.) 

Valet. Prince. Villehardoûin dit : « Al Roy Phelippe et 
« al valet de Constantinople. > Idem, en son livre 3. il 
appelle li valet, le fils de 1 Empereur de Constantinople, 
page 48. (Voyez Varlet.) 

Quar maie bouche est coustumiers 

De raconter fausses nouvelles, 

De Valets et de Dameseles. (H. de la Rose.) 

Maintenant valet ne signifie qu'un homme de service, et 
vient deJ'Hébrieu valed, servus. Ou bien c*est un 
diminutifae vassal, disant vassalet, et vaslet. 

Ce mot de Valet vient de Varlet ; et Varlet de Bar, c'est- 
à-dire, fils en Hébreu et Chaldéen. Or les Sarrazins ayant 
habité l'Espagne, y ont laissé ce mol qui y a esté changé 
en Varo. D'où vient Baron el Varlet ; comme qui diroit 
Varo et Varolet^ qui sincopisé fait Varlet. 



VAR aoi 

Valleton. 

Toutes herbes, tontes floretes 

Que Valletons et puceletes, 

Vont au printemps au bois cueillir. (R. de la RoBe,) 

C'est-à-dire, un enfant^ selon la Gronique de Flandres. 
Valsaigue. Le pays de Valachie. (Nicot.) 
Valt. Vaut. Christien de Troyes dit : 

Car en terre que rien ne valt^ 
Buene semence sèche et fait. 

Valvasseur. (Voyez Vavasseur.) 
Value. Valeur, mérite personnel. 

Premier donc je salue 

Très-humblement ta hautesse et value, (Jfarof .) 

Vaneler. Coquillard dit : 

Pour mieux à l'aise vaneler ^ 

On met estoupes par dedans la saincture. 

J'estime que vaneler signifie estre à Taise, et vestu au 
large, de ventilare amictus. 

Vanoyer. Se perdre, devenir à rien, s'évanouir. (N.) 

Vanteler. Ventilare, faire ondoyer un estendard. 
(Voyez Gonfanon,) 

Vanterre. Un vanteur. 

Vanti. [Mot d'origine gauloise ; gants.] 

Faire Vantison. Se vanter. 

# 

Vaquete et baguete. Monnoye de Bearn, dont les six 
font un double; dites ainsi à cause des vaches qui y 
sont représentées ; ce sont les armoiries de Bearn. 

Varech. Droict de naufrage; de ivrac^ en Anglois» 
c'est-à-dire, bris. (Ragueau.) 

*Varga. Larron natif du pays, selon le grand Atlas. 
(Voyez Vargi.) 

*Vargi. Larrons, sorte de soldats. (Bochart.) 

Varies. Se prenoit et pour fils de Roy, et pour valet, 
ou en général pour jeune homme. 

u. 26 



202 VAS 

Sans les variés, sans les meschines. {Ovide,) 

C'est-à-dire, chambrières. (Voyez Valet.) 

Varlet. Ovide ms. pnriant d'une fille qui désiroil 
d'estre changée en garçon, dit: 

Faites-moy de femme un varlet. 

On le prenoit aussi pour valet. longle, Poète, dit: 

Un sien vielor qu'il a, 
Fit appeller par un varlet. 

Varolo. Man*geur. 

Vart. Vert. 

Vas. Vassal, ou homme. 

Onques ne vis nonques ne soy^ 

Si vas vilain en tout le monde. (Ovide.) 

Vasquines. Cotes de femmes. (Nicot.) Les Vasquine$^ 
dit Le Duchat dans ses notes sur Rabelais, qu'on metloit 
immédialement dessus la chemise, dévoient être une 
espèce de corset h basque, dont ta mode quivenoitde 
Biscaye, les avoit fait nommer Vasquinea, à la Gasconoe. 

Vassal. Se prend par fois pour homme de courage. 
Philippe Mousk, en son Hist. de France, dit : 

Après li ressorst en baiuviere, 
Une guerre orgillouse et fiere, 
Le Sire iert dut sot non i*asaus, 
Qui moult estoit prous et vasaus. 

Vassal se dit aussi pour cavalier, et homme chery. 

Tant que le Seigneur dort, le Vassal veille : et atf 
contraire, tant que le Vassal dort le seigneur veille. 
rc*est-à-dire, suivant Tart 62 de la coutume de Paris, que 
le seigneur ne fait les fruits siens qu'après la saisie par 
faute d'tiomme, droits et devoirs non faits, de sorte que 
jusqu'à ce que cette saisie soit faite par le seigneur, tous 
les fruits appartiennent au vassal^ quoique le vassal n'ait 
point fait foy et tiommage.] 

Un Seigneur de. beurre, de feurre ou de paille, combat 
bien ou mange un Vassal ou sujet d'acier. [Par plusieurs 
coutumes de France, le seigneur feudal use de main-mise 
et d'exploit domanier, pour tenir le Tief de son vassal tn 
sa main ou par son commis, et jouit du fief saisi pendant 
le procès, nonobstant l'opposition du vassal^ saufàlay 



n de cause et de ses dommages et 
pauvre expeclation.(Laur., Gl. U. F.)] 

issal. De vassus ; de l'Alleman gessel, 
nciennes, comme qui diroit soldats 
m de vos vadis, c'esl-à>dire, oblige. 
e prend aussi pour tout Gentilhomme, 

vacelàge. Acte honorable, service. 
ssELAGE. Prouesse. (Fauchet.) 
si pas vasaelage. {R. de la Rose.) 

u, barque. 
1. (Ragueau.) 
(Ponlanus.) 

lui qui a des Vassaux, mais dont la 
d'un autre Seigneur. Il vient de 
. LaiR'elot du Lac, e[i la Conquesle de 
Vava&%eur est g;irdien de leans. » Ce 
e c'est aussi un {rardien commis pour 
ji qe passe. F,t mesme dans Perceval 
(f-qui lance la Maitresse de la maison, 
iverne mal en l'absence de son mari. 
arriere-Vassjl. 

[C'est un lier ou tenement vilain par 
suigneur feudal liommajie, service de 
ites ou autres services. (L., Gl. D. F.)] 

: du vaudeluque. {Coqa'dlard.) 

de chien, entre-allant et mastin, pour 

[Sangliers. 

utrien, propre à rien. (Nicol.) 

: viridis- Lieu où est la Chartreuse de 

Les superbes, 
aurrir. (Nicol.) 
,et au, selon Fauchet. Le Koy Adenez, 



204 VEL 

le (Tui fis d'Ogier le Danois, • 

Et de Bertain qui fut itboiSy etc. 

*Uchel. Haut; d'où Uxela ou V%ela. Ville de Cor- 
nouaille; et Uxellodunum^ Cadenat, Ville de France. 

Veable. Agréable. 

Veault. Veut. 

Veautre. Toison de mouton. (Nicot.) 

Veaux. Sots, ignorans. Harot, 56. Epttre,4lit: 

Mais bien un tas de jeunes veavuc. 
Un tas de rithmasseurs nouveaux. 

Vecs. Fois; de vices, Vv. se changeant en f. 

Veel. Veau. Le veel fondeis^ le veau de fonte. 

Veep et r^ft^r. Voir, défendre, et prohiber ; àevetitum, 
ou de prohibere. 

la ne li deussicz veer. 

La requeste que il vos fist. (PercevaL) 

Veer bâer maegkem. Rendre puissant en armes. 

Veez, Voyez. (Perceval.) De veir, voir. 

Vef . Un œuf. (Perceval.) 

Veile. Vieille. 
Veinst. Vint. 

Veip. Voir. (Boëce ms.) 

*Velapuiii. C'est Therbe irion , erysyme , bled 
Sarrasin, selon Bocharl, qui cite Pline, 22. 25. Mais je 
crois que c'est le velar, irio, ou tortello, sorte d'eruca 
paltistris, fort bonne aux ulcères et playes. [C'est l'herbe 
enchantée.] 

En Velinée. Envenimée. 

le Vels. Veux ; et Velt. C'est-à-dire, veut. 

*Velta. L'Isle de Viglh ; dite de guUhy c'est-à-dire, 
séparation, parce qu'elle a esté divisée de l'Angleterre ; 
comme on dit queTAngleterrea estéediviséeduBolonois, 
et la Sicile de l'Italie, etc. 



r 



VER 205 

Veltre. Chien propre à toute espèce de vénerie pour 
la course. (Nicol.) 

Tout Venant. Tout à l'heure. 

Il vient d*avec moy tout venant. (Pathelin,) 

Vendeps. Vendeur. 

Chose Venefique. Poison. 

*Venel. Tombereau. 

Veneor. Un veneur, oa chasseur. 

Vengement. Vengeance. 

Vengison. Vengeance. (Voyez Mesprison.) 

Veniance. 

Oa se vaait miex que ie m*en plaigne 

An luge que veniance en praigne. (R. de la Ro9e.) 

Ventaille, d'un heaumed'horome sd'armes. Quelques- 
uns écrivent vénielle. C'est par où l'homme d'arme prend 
air et vent. (Nicot.) 

^Ventreiller. Se veautrer, ou remuer à terre. 

Ventrière. Sage-femme. 

Ventroi!ler. Faire divers tours de souplesse pour 
échapper. 

Ventruil. Le ventre. 

Veoir. Vrai, vérité. Ma rot, 55. Rondeau, dit : 

Mais si vous cueillez des groyselles, 
Envoyez m'en ; car pour tout veoir. 
Je suis gros^ etc. 

Ver. Printemps. (Voyez Vet.) — Ver. Menu ver. (Voyez 
Pannes.) Vair des armoiries vient de-là. 

Ou mantiau n'est pas penne vere. {R. de la RoBe.) 

Ver. Grand; de Vernerneto, c'est-à-dire, Ville, et 
Vernetum, c'est-à-dire, Temple. 

Verbasce. Bouillon noir ou bouillon blanc, herbe. 

Verdugade. Ajustement de femme. (Voy. Vertugale.) 



2M VER 

Verdun. Sorte d*espée. (Rabel.) Harot, dans l*E|Htre 
du Camp d'Atigny, où il parle des Adveoturiers de rArmée 
de France, dit : 

Car chacun jour au camp sous leur enseigne 
Font exercice, et Tun et l'autre enseigne 
A tenir ordre, et manier la pique, 
Ou le Verdun, sans prendre noise ou piqse. 

Peut-estre de la Ville de Verdun. 

Véreux. (Voyez Bo/fune.) 

Verg ou Vierg. Magistrat ou Maire, au pays d^Authun 
Forsan de Berg. (Voyez Pontanus , en son Glossaire 
Celtique, et Bocharl.) 

La Vergé anoblit, et le ventre affranchit. [Plusieurs 
Coutumes établissent cette règle. (Laurière, Gl. D. F.)] 

Vergue. Un aulne, arbre dit ainsi, quàd vere cilo 
folia edat. 

*Vergobretus. C'esloit un Magistrat annuel des 
Gaulois, c*est-à-dire, partus annuus; venant du mot 
Syriaque força, et Ag partus. (Bochart.) C*estoit aussi un 
Général d'armée. 

Vermeux. Vermeille. 
Vermillou. Petit ver. 

*Verna. La Garonne; de garw, c'est-à-dire, rapidité; 
d'où vient Arverni, c'est-à-dire, près de Garonne; et 
Durabemum^ Cantorbery, à cause de la rapidité du fleuve 
Stour. 

Veruetus. [Mot d'origine gauloise ; c'est l'arbre le 
vergne.] 

Veruiculaire, vermicularis. Herbe. 

Veromes. Nous verrons. 

Veroyaut. Verdoyant, ou de diverses couleurs. 

Veroye. Vraye. (Perceval.) 

Verrière. Une feneslre. 

A Vers. A Tesgard. 



>rest des Philosophes.) 

. (Perceval.) 
im. Peson. 
^oquillard.) 
;arn. de Jesus-Christ, ea Vers, 



d'Erasme dit : 
irly 
avantage 

;r et converser. (Nicot.) 

gadir^. Coite gonflée avec un 
vertugala. (Monei et Nicot.) 



sroyé? 

stre verve f {Pathelin.) 
rtir; et tous pourroient venir 
arce que le peuple croit qu'il y 
chiens enragés, et mesme des 
3i on dit de quelqu'un qui fait 
ique. Ménage le tire pourtant 
tique, ou enthousiasme. 



lettes et wi^elles. (Crétin.) 

fers, qui tiennent les verroux. 



vervre. {Ovide.) 

ne grosse pance. (Nicot.) 




208 VIE 

Vessel. Vaisseau. Balade Chimique dit: 

Le pélican faut permoer; 

De son vessel ne- me puis taire. 

Vesselement. La vaisselle. 

Vesture. Vesiement. (Bible Hisloriauz ms.) 

Vet. Va. R. Daïe d'Avignon dit : 

Ce fut après la Pasque, que ver vet à déclin. 

^VettoDica. C'est Tberbe betoine. 

Vétusté. Ancienneté ; de vêtus, vieux. (JoinviUe.) 

Veuil. Volonté, vouloir. Marot, dans son Oraison 
Dominicale, dit: 

Advienne tost ton saint règne parfait : 
Ton veuil en terre ainsi qu'au ciel soit fait. 

Vez. Voilà, voici. 

Veze. Espèce d'outre. — Veze. (Voyez Yesé.) 

Viable. Qui vivra. Nicot dit : « L'homme n'est point 
« viable^ s*il est né devant le septième mois. > 

Vlage, est ce dont on doit jouir durant sa vie on 
durant celle d'un autre. (Nicot, Honet.) 

Viagler. Usufructuaire. (Ragueau.) 

Viaire. Visage. Hehun, au Codicille, dit: 

Mieux en pert la beauté des yeulx et des inatres. 

Vials. Vieux. 

Vlateur. Voyageur. 

Vibreuse. Voix pénétrante. 

Vicoens. Vicomte. (Voyez Coens et Quens.) 

Vidié. Vuidé ; de viduatus. (Voyez Ensement) 

Vie. Mot excitatif pour faire déloger ou mard)«r. 
Horietdit: « Su vie. Vie vie marche •, allons marcbe. 
Vie vie^ hors d*ici. 

Vieillard. De vie, parce qu'ils ont la vie lon^e. 



itrefois considéré. Eo Languedoc 
nt, une«aTUO(rno. 

aueur de viele. 



itliere. [Ovide.) 

ime tiensist, tint. (PasquJer.) 
Voyez ¥ie%.) 

wrompnS. {R. de la Rase.) 

1 ; de via : d'où vient qu'en 

ol, pour un sentier. 

, au R. des sept Sages, dit : 
lomans traire, 
ivre faire. 

Bon et grand marché de toutes 



où vient la Vigile, la veille d'une 
igiles de Charles Tii. 

:; lieu comptante de vignes. De- 
)ble ramille des Vignolles. Estienne 
9ire, grand et fameux Capitaine, 
de Charles Vil. 

reux. (Perceval.) 

me, c'est-à-dire, rurale. — Viuin. 

cerf. (Ragueau.) Sur quoy est à 
i de Ville, qui autrefois esloit pour 

est maintenant employé pour le 

27 



1 



210 VIN 

Vilains ou VlUalns. Païsans; de viUanu^; et oeluy- 
cy de villa, c'est-à-dire, métairie. 

N'oncques n'y labora vilain, {PercevaL) 

Vilenage, est la tenure rurale. Li Livre de la Reine 
Blanche dil: « Si tes vilains, acheté un fief qui lieotde 
« toi franchement, et il lieve et couche en ton vileuge. > 

Ville ou Villete. Tarriere ou forest. (Nicot.) 

Villeneux. Vilain. 

Ville-vese. 

Âins fa fils d'une mlle-vese. 

Si ot la langue moult punese. (R. de la Ra$e.) 

Villeune. Vieillesse, mot de Languedoc. 

Et toutes les dents perdues, 

Qu'elle n'en a voit pas une, 

Tant par estoit de grant villeune, (R. de la Rose,) 

Villicain. Païsan. 

Villon et Villonerie. Tromperie, ou fausse moa- 
noye ; d'un Poêle appelle Villon. 

Villoter. Courir, aller de costé et d'autre. 

Villotier. Coureur, errant, vagabond. (I^icot.) 

ViUotiere. Fille ou femme de joye. 

Car ie ne suis pas iengleresse, 

Villotiere ne tenceresse. (R, delà Rou.) 

Vilonie. Vilenie. (Joinville, page 354.) 
Vilonnie. Meschauceté. Cillez de Viex-Maisonsdii: 

Bien ne amour ne pourroit-on trouver, 
Là où seul point y eut de vilonnie^ 
Vilonie ne puet amours amer. 

Vllté. De vilitoê^ bassesse. (Voyez Vieuté.) 
Vi-Mere. Lieulenant de Maire. 
Vimois. Osiers. 

Vinatier. Epine- vinette^ selon Despleigney. 
Vindication. Vengeance. 



He. Oseille, herbe de jardin. (Honct.) 

igaifie envie, je ne l'entends point. Ce 
ne Epitaphe de S. Jacques de l'Hosp. : 
iugues Anbrtot, 

aps la Prevosté 
ax sans viol. 

Iiomme de longue vie. 

En Languedoc, virou, gimbelet, tarière, 
I; viennent de veru. 

ez Lais.) 

icbes des carquois anciens. (Fauchet.) 
lestes. (Monel.) Flèche àlirer surgrosse 
Vmour fugilif de Lucien, dit : 

e flèche ot virelon, 

I lieuz le cruel Ray Plulon. 

de trait d'arbaleste, lequel tiré vole 
nt. (Nicot.) Voyez Vire-fiéche. 

urnoyeaient, agitation en rond. (Monet.) 

ourner en rond, pirouéter. (Monet.) 

)re; de arj/van, pourpre, en Syriaque, 
; à cause de qooy Virgile appelle les 
e, vestes virgala». (Bochart.) Il signiOe 
te à bandes de diverses couleurs. D'où 
nguedoc, bergat, c'est-à-dire, marqueté 
irs, comoieceL'taineschenilles qu'il y a. 

de Rhétorique ancien.) Autretaille de 
s, qui se nomment simples Vivlais; 
Laïs les mettent en leurs Chansons 
ie des exemples. Jean le Maire, Fontaine 
t: 

erois es Lais, 
leaux et Virelait, 
t métrisier, 
ses qae meatier, 
H geae & délivre. 

tonàvirole. Sorte d'arme, bâton creux. 



M2 VIT 

â*où en tournant une vis on fait sortir tout autaût qu'on 
veut d*une lame qui est cachée. Rabelais, liv. 3. cbap. li. 
semble avoir employé ce moi dans la sisniflcalion d*uoe 
petite lance. — Virolet. Petit moulin a vent, que les 
enfans attachent au bout d'une baguette ; ainsi appelé de 
ce que le vent le fait virer. 

Vipon. Environ. (Voyez Sixte.) 

Vis. C'est-à-dire, visage. 

Menton fourchu, cler vis trailtis. (Willon.) 

(Voyez Viaire. Voyez Lice, laideron.) 
Vis. Advis. 

Elle ot pale et velu le vis, 

Famgale avoit nom ce m'est vis. (Ovide.) 

Vis. Vif. 

De Dieu le Roy de Paradis, 

Le luge des mors et des vis. (Ouide.) 

Vis. Aussi vil. Le Fabliau de la Rose vermeille dit: 

Bien doit estre Vavassor vis. 
Qui vuet devenir menestriez. 

Visée. Petit bouton, ou canelure sur la culasse da 
canon d*arquebuse, visière. (Honet.) 

Vislere. Mouchoir ou bandeau. Merlin dit que la 
Véronique avoit une figure humaine en sa visière. 

Visitance et Visitation. Visite. 

Ils n'ont pas vaillant une seiche, 

Que donra qui son coutel leiche ; 

Mais d'un riche usurier malade, 

La visitance est bonne et sade. (R. de la Ross.) 

Vissiers. Sorte de barques. Villehardouin dit: <B 
« les Vissiers as Barons. > Ce que Vigenere traduit mal: 
Et les départit aux Barons. — Vissiers. Vivres et provisions. 
Vigenere, sur Villehardouin, page 24. livre 2, dit: 

Et vinrent les galies totes et li vissiers^ 
Et les autres nés qui estoient arriers. 

Visumarus. [Mot d'origine gauloise ; c'est le trèfle.] 

Vitaille. Viande, vivres ; de victuaille ; et celuy-cy 
de victusj ou bien de vita. 



VÔI 2i3 

eux. (Contredits du Songe-creux.) 

îance. 

)mbril. {CatlioUcutn parvum.) 

mbrager, se mettre à fombre, 

ns. 

térile. 

Anniversaire. 

iible. 

le vo morl doit estre blasmé. • (Perc.) 

i. (Nicol.) 

oyez Oes.) 



tuge. Dard de Veneur, 
tel, ou couleur bleue. 
(Pasquier.) 



ot, Tray. 
[ue i'ay aimé. 

[Voyez Mert.) 

i choses si voires. 



. Va, aiile. 

dire adieu je Mt/se, 
meB compagnons vieu 



214 VOS 

Volsier. Parler. Ce mot vient de voix. 

Et vont par la sale en voisant, (Gauvain.) 

Voisinance. Voisinage. Ms. des Mémoires de Paris 
disent : « Qui diffament leur voisinance. > 

Voisine. Voix injurieuse. 

Quand vit que pour beau supplier, 

Ne le poroit amolier. 

Si desploia maie voisine. (Ovide.) 

Voist. Allast. (Perceval.) 

Vol d^un chapon. [C'est un arpent de terre que le fils 
atné prend avec le principal manoir ou hôtel noble par 
préciput et avantage pour son droit d*atnesse, comme il 
est diversement reçu par les Coutumes des Provinces de 
France. (Laurière, Gloss. Droit franc.)] 

Volage. Volant, volatil. 

Et en l'air les oisiax volages. (Ovide,) 

Volaqueti. Salutation. 

Vole. La paume de la main: d'où vient voleur; da 
Latin vola, 

*Volema. De grandes poires. (Bochart.) 

^Volianus. Dieu des Gaulois, qui est, à mon advis, 
le mesme que Belenus, dont il est parlé dans une inscrip- 
tion qui est à Nantes, selon Aletin le Martin des Anliquitez 
de Bretagne. Il y a eu quatre Beienusqu*on a adorez; le 
premier est Osiris ; le second, selon la Peyre, est le perc 
d'Agénor , Roy de Phéuicie ; le troisiesme le père de 
Didon ; et le qualriesme est Gaulois. 

Volontaires. Vaisseaux d'Armateurs, ou bien 
certains Vaisseaux, comme les Pac-bots, qu'on auroil 
nommez volontaireSf parce qu'ils vont presque à tout 
vent, à la volonté du Pilote. 

Volpilhatge. Finesses ; de vulpes, renard. (Voyei 
Vasselage.) 

*Vona. Fontaine. Bochart dit : « Apud Cambros fofls 
« boc nomine adbuc reperitur. > 

Vos. Vostres, et vous. (Perceval.) 



voué, c'est-àHlire,Advocat, ou Patron, 
Eglise. 

ncienne. 

s, mentonieres. (CoqmUard.) 

ïraade bourse de cuir, ou sac à porter 

ulges.) 

C'est-à-dire, de propos délibéré. Bible 
Qui fiert ud bomoie et il l'occist, à 
lance, il muire. > 

irme ancienne, 
oulussent. (Harot.) 
it. C'est-à-dire, voulut. 
Bible Hisloriaux ms^ 



londs, cheveux voullifi. {VilUm.) 

lié. Destruction de Troye dit: • Les 
tustetées. ■ 

ie voult. et celuy-cy de vultus. (André 
aîD Cbartier.) 



gine gauloise. C'est une plante, espèce 
Dit dans les lieux sombres et humides.] 

le, comme aussi en Allemand. Ce qui 
varo, qui est homme. 

r Tiste ; de veredus, cheval agile. 

de taureau noir , que les Tartares 
qu'on ne trouve que dans les foresls 
e Duchat, notes sur Rabelais.) 

) Tort. Caratacus est qualifié de celte 
t. des trois Preux, en Breton, qui est le 
0U3 en ayons. 




216 WAM 

Us. Un huis ou porte. De*là Tient Huissier. 

Est descendue à Vus du tré. (Perceval.) 

Us, signifle aussi coustumes, et vient pour lors de 
usus. (Voyez Esehec.) Blondiaux de Nesle dit : 

Faim' par coustume et par us, 
L& où nus ne peut atteindre. 

^Usabis, et Eugubis. (Apulée.) Sorte d'herbe. 

Estre Usant. C'est-à-dire, user. 

Usine. Ménage. Fontaine des Amoureux dit : 

Le Charpentier et le Maçon, 
N'estudie se bien, peu non, 
Et si font aussi bone imne, 
Qu'estudians en Médecine. 

Usnée. C'est de la mousse, selon le Livre intitulé 
Hortus Sanitatis. D'autres l'appellent brion. Et Crollius, 
en sa Chymie Royale, explique usnea pour de la mooase 
qui vient sur un crâne humain, qu'il dit estre propre i 
faire l'onguent des armes, ou sympathiques. 

Ussiers, Arsili, et PalaudrieSf sont Vaisseaux, ou 
Barques plates. (Villehardouin.) 

Ust Eut. 

Usum. Jusques. 

Vua, Vuées. C'est-à-dire, une fois, selon l'Histoire 
des Albigeois. D'où vient qu'on dit encore au pais 
d'Albigeois, une vegade ou begade^ pour dire une fois. 

Wage. Gage ; de vadium. 

Wahsmo. Fruit. 

Waige. Graine, fourreau ; de vagina. 

Wales. Giles. Philippe Mousk^ parlant de celuy qui 
portoit l'Oriflamme, dit : 

Wales de Montigny ot nom. 

Galand, en son Traité de l'Oriflamme, le traduit Gales. 

Walons. Gaulois, selon le Maire ; parce qu'on (iii 
qu'ils sont venus des Talons. 

Wamba. Du ventre. 



BS, OU croîs. 

e de cheval, dont il est parlé dans 

1.1 

•ahut. C'est-à-dire, retourna en sa 

t warder, garder ; à cause qoe la 
etiir et enp/i, en beaucoup de mots; 
•gmundus, et non Pharamundut. 

>le, lousche : d'où vient le mot de 
[amand. (Nicot.) 



. (Nicot, et Monet.) 

à-dire, nie sois Tait. 
Gesi. Geos vaillans en guerre ; de 

orus ventus. 
[frieui ventus. 
us. 

irtinets. Ce sont des instrumens de 
gros marteaux ou massues, dont on 
Leur figure se voit dans Vegelius, 

u Vute. Sacré. (Pontanus.) 

Ittlch. Qui sçait tout. 

t. 

. Rien, selon Kero. 

'rudence. 

sita. 

dence. 



218 YEX 

WIttIkeuvif . Mulier sciola. 

Wivire. Couleuvre. 

Wizagota. Prophétisa. 

Wodam ou Guodam. C*est Mercure ou Mars. 

Wohs el Woehs. Il croissoit. 

Wolaqueti. Salutation ; de wola et queten. 

Woureton. Admiroient. 

Wunthermonat. Le mois de Janvier. 

Wyde. Vuide. 

Wyndmonet. Novembre. 

Wyndnemonet. May. 

Wynmonet. Octobre. 

Vytte et Vytaux. Est mentula; de fivtyoç. 

Uzzan. Sans. 

Uzzansin. Sans luy-mesme. 



X 



Xenie. Estreinte, présent ; de {ù^iw. 



Y 



Yares. Eaux. (Gronique de S. Denis.) 
Ycen. Cela. (R. de la Rose.) 
Ydolne. Propre. (Voyez Idoine.) 
Yeble. L'herbe hieble ; ebulus. 
Yerre. Du lierre, selon le Jardin de santé. 
Yex. Jeux. 



paiement. Guillaume Guiart d'Orléans, 
ignages ma., dit: 



requeste, 
ni fureni menez, 
d'DD père nez, 
saent loyaument, 

!ur ygaument, 
e qu'il dévoient, 
France faisoieut. 

Hot corrompu de Nigromance. 

les ; de ilia. 

■ont les ylier». (R. do la Rose.) 

, ynde, ne blanche. (R. de la Rose.) 
-s yndes ouvrez. {Idem.) 

gnée. A Tolose oa l'appelle une tara- 
ouli, qui en a Tait un cliiinlRoyal,doot 

lel traaquet tire la tararagne. 

olere. 

que et horrible. 



(Voyez /sse, et Is&ir.) 

iront. (Joinville, page 174.) Il vient de 

luy-cyde ea;»'e. 

n cette sorte. Jean le Maire, dans la 

ureux, dit: 

ait en est ytal. 

ledoc aital, pour ainsi. 



nulle ytel beste, 

estre clamée. (R. de la Rote.) 

»s mots se trouvent sous la Lettre I. 



290 ZTT 






Zagaie. Sorte de pique des Ethiopiens. 

Zani. Un fol, de sanna; d*où vient subsannare. 

^Zarame. Dieu des Gaulois. Jupiter, selon Lucien. 

Zec. Zest, le milieu d*une noix ; mais au flgoié, 
comme en cet exemple, il signifie rien^ chose de néant, 
bagatelle. Marot, Ballade 13, dit: 

L*Ange me dii d^un ioyeux estomach : 
Chante Noël en François, ou en Grec, 
Et de chagrin ne doute plus un zec; 
Car le serpent a esté pns au bric. 

Zerer. Peut-estre, vuider, dépouiller; de deserm. 
Touchant ce mot, Galand, au Franc-alleu, page96. cile 
la Coustume de Beauvoisis, de Philippes de Beaumanoir, 
en CCS termes : • Or véons quel usaige ne valent mie, 
« quant li Sire voit aucun de ses sujets tenir héritage, 
« de quoy il ne rent à nul, ny cens, ne rentes, ne rede- 
« vances, li Sires y puest zerer les mains» et tenir Iqt 
« comme sien propre. > 

Zezo. Stantantin zew^ se tenant à costé droit. 
Zilée. Estudier. 

Zilotun ou Zelotum. Se sont efforcez. 
Zimiech. Espèce d'aigle. (Nicot.) 
^Zithum. Mot Gaulois, cervoise ou bière. 
Ziwerolti. Es siècles. 

Zuthi. Taegelich mthi da egelyese hrooU c*est-i-dire, 
pain quotidien. (Poalanus.) 

Zythl. Pain quotidien. 



i 



BIBLIOTHÈaUE OU CATALOGUE 



DES 



Anciens Poètes François, et autres Livres 

tant IS. (|ii*antres, (kmt P. Bord s'est serry en cet OoTnge. 



OVTRE DIVERS ARRESTS , TITRES ET CHARTRES , ETC. 



A. 

Ablancourt (M. d*). 

Âhan, ancien Poète Latin, de 

l'an 887. 
Abraam le laif. 
fiigari-ures du S^ des Accords. 
Divers Actes anciens. 
Le Roy Adenés, Poète, ou 

Adams. 
David r Agneau, en son Har- 
monie Chimique. 
Gaillem d*Agoult, Poète anciem, 

vivant Tan 1181. 
De la manière d*Amar dal 

temps passât. 
R. d'Aice, ou Daie d'Avignon. 
Aimon le Moine. 
Alain Chartier, au Quadrilogue, 

etc. des Quatre Dames. 
Albert de Sisteron, ou deTaras- 

con, Poète ancien. 
Hist. des Albigeois, de Perrin. 
Aldobrandin. 
Aletin le martyr, es Antiquitez 

de Bretagne. 
Alexandre de Paris. 
R. d'Alexandre, fait en Vers 

ran 1140 
Bertran d'Allamanon. 
Almazatus, au Roy de Gar- 

massant. 
Altaserra^ de Gomitibus Aqoit. 
Fr. AlUinno. 



Amadis de Gaule. 

Saint Amanf, Poète. 

Jugement d*Amours en Vers, 
lait du temps de S. Louis. 

Amoureux Transi, sans espoir. 

Le Loyer des fausses Amours. 

Ammian Marcellin. 

Blason des faus es Amours. 

Histoire aggrégative et Annales 
d*Anjou. 

R. du Tournoyement de l'An- 
téchrist. 

Antithèses de lesus-Ghrist et 
de TAntechrist. 

Itinéraire d'An^onin. 

Apulée, de TAsne d'or. 

Odo Aribi'.rtus , manuscrit 
d'Histoire. 

Aristophane. 

Aristote. 

Artemidore. 

R. d'Artus de Bretagne. 

Gestes d'Artus, écrites Tan 720. 
par un hermite breton. 

Athenœus. 

Grand Atlas de Mercator. 

Autre, augmenté. 

R. d'Aubry le Bourguignon, 
en Vers. 

Auger Gaillard de Rabastens. 

Saint Augustin. 

Berault de Stuart, sieur d'Aul- 
bigny, de TArt militaire : 
manuscrit en velin, in-4«. 



1 



222 



BIBLIOTHÈQUE 



avec de fort belles minia- 
tures, appartenant à M'. 
Claude Martin, Médecin à 
Paris. 

Aulugelle. 

Ausonius. 

B. 

Bachelier d'armes, Poète. 
Baïf. 

Balade ancienne, Chimique. 

Le Bany de Liesse, Poète. 

R. du Chevalier au Barisel. 

G. Saluste du Bartas. 

Balzac. 

Becan. 

Martin li Béguins. 

Du Bellay/Poête. 

Beloy. 

Bembo. 

Régie de S. Benoist. 

R. de Benois, du sac de Troye. 

Rigaud de Berbezil, Poète 

Provençal. 
R. de Hugues de Bercy, en la 

Bible Guyot, en l'an 1260. 
Berger d'honneur, de Saint 

Gelais. 
R. de Bertain. 
Bertran de Marseille, Poète 

Provençal. 
Comédies dites las Caritats de 

Beziers. 
Bethancourt, do la Conqueste 

de î Canaries Tan 1402. 
Théodore de Béze. 
Le Bestiaire. 

Blason des fausses Amoui*s. 
La Bible. 

La Bible Historiaux manus- 
crite. Voyez Testament et 

Moulins. 
Abrégé de la Bible manuscrite. 
Bible Guyot. Voyez Bercy. 
Bignon, sur Marculphe. 
Li Livres de la Royne Blanche. 
R. de Pierre de Blois, Poète 

ancien. 
Bodin^ en sa République. 



Blondiaux de Nesle, Poète. 

Leges Boariorum. 

Bochart, au Phaleg. 

Boèce manuscrit, en velin, 
commenté par Mehan. 

lean Boisseau, Poète Proven- 
çal, de Nice. 

Bonfons, es Antiqnitez de 
Paris. 

Peire de Ponifaciis, Poète Pro- 
vençal. 

Borel, mon père. 

Borel, Antiq. de Castres, et 
observations, etc. 

Bouchet, au Chevalier sans 
reproche : Carol. Boitillas, 
de vulg. Linguae vitiis. 

Antiquitez de Bourges. 

Boutiller, en la Somme Rarale. 

Goill. Boyer, Provençal. 

R. de la conqueste de Bre- 
tagne. 

Guill. le Breton, Poète. 

lean Bœtel, ou Bretiaux. 

Phil. Brito. PhiUppidos, lib. 

Du Brueil. 

Hugues Brunet. 

Bruniaux de Tours. 

R. de Brut. 

Las Drudarias d*Amour. 

Budeus, de Asse. 

Bulle de Grégoire IX. 

Busbeque, en ses Ambassades. 

C. 

Cabestan, Poète (Guill. de) 
Cœlms Rhodiginus, antiq. Lec- 

tionum. 
Le Calepin. 

Callisthenes ad Stobœum. 
Cambden, en sa Bretagne. 
Peire Cardenal, Poète, natif 

de Beaucaire, au Livre dit, 

las Lauzours de la Dama de 

Argensa. 
Caseneuve. 
Castelvetro. 
Vie de Catherine de Médias. 



j 



ou CATALOGUE 



223 



Catbolicam parvum. 
Galon. 

Catulle, Poète Latin. 
César, en ses Commentaires. 
Chœremon, des Hieroglyfiques, 
Comte de Champagne, Poète. 
Champier, de l'Ordre de Che- 
valerie, et ses Croniques 
d*Âustrasie. 
Chansons Spirituelles. 
R. des Champs Faez. 
Sire lean Chapelain, au Fabliau 

du Ghastelain de Clugny. 
Constitutions de Charlemagne. 
Gapitulaire de Charlemagne. 
Cartelaire de Saint Lazare, 

près Paris. 
R. de la Charrette. Voyez 

Godefroy de Leigny. 
Charron, Histoire Universelle. 
George Chastelain, es Croni- 
ques abrégées. 
R. de la Chéri té. 
André du Ghesne, sur Alain 
Chartier, Ântiq. de France, 
l'Histoire des Ducs de Bour- 
gne, rincarnation de I. C. 
lacques de Chison, Poète. 
Du Choul, de la Religion des 

Romains. 
Claudian. 
R. de Cléomedes, par le Roy 

Adenés, Poète. 
Clerac , des Monnoyes de 

Guienne. 
Clopinel. Voyez Mehun. 
lacques Gueur, du revenu de 

la France. 
La Colombiere, en sa Science 

héroïque. 
Phil. de Gomines. 
Comédies des Chambrières de 

Beziers. 
Goquillard, 1534. 
R. de la Conqueste d'outre- 
mer. 
Les Contredits du Songe-creux. 
Corippus. 
Gorroset. 



R. du Chastelain de Coucy, 

Poète, manuscrit. 
Cosmopolite novum lumen. 
Coustumes d'Anjou, 

De Bologne, 
Du Maine, 
De la Marche, 
De Montpellier, 
De Poitou, 
De BloiSy 
De Bazadois. 
Grand Goustumier de Nor- 
mandie, 
De Beauvaisis, 
Montpelier, 
Aigu es-mortes. 
Cremerus, Abbé. 
Chrestien, fit le R. du Cheva- 
lier à l'espée. 
Gui H. Crétin, Poète. 
P. Crinitus. » 
La Croix du Maine» en sa 

Bibliothèque. 
Grollius. 

Cronique de Hainaut. 

Croniques abrégées de George 

Chastelain, de Louis XL de 

Saint Denis, manuscrites, de 

M. Justel, Secrétaire. 

Grande Cronique de France, 

et de Flandres. 
Cronique manuscrite de Michel 
des Audars, de l'Ordre des 
Frères Prescheurs ; de Sche- 
del, d'Austrasie ; de Gham- 
pier, ancienne de France. 
Hugues de San Gyre, Poète 
ancien. 

D. 

Dagoberti de Mercato Sancti 
Dionisii (Prseceptum). 

L'An des sept Dames. 

Le Livre des quatre Dames. 

Davity. 

Cronique Saint Denis, manus- 
crite. 

M. de Dieu. 



324 



BIBLIOTOTQCE 



Livre de la Diablerie, par Eloy 

d*Amernal. 
Diodorus Siculas. 
R. de Dion. 
Dioscoride. 
Ditelet de routillement au 

Vilain, en Vers. 
Autheur des Doctrinaux. 
Doëte de Troyes, Trouverre 

ancienne. 
R. de Gaill. de Dole, Poète. 
Dominici, au Franc-Alleu. 
R. de Doon. 
M. Charles Drelincourt, P. de 

P. au Dialogue de la descente 

de I. G. aux Enfers. 
Dupleix, en THist. de France, 

et en ses Antiquités Gau- 
loises. 
Durans le Poète, au Fabliau 

des trois Bossus. 
Durand, lib. de OflQciis. 

E. 

Elbene, de Marchionibus Go- 
thise (Alphonse d*). 

Paul Emile. 

Divers Epitaphes. 

Gautier d'Espinois, Poète. 

D*Espleigney. Voyez Thibaut. 

Estats et Empires du Monde. 

Charles Estienne. 

Henri Estienne. De la confor- 
mité de la Langue Grecque 
avec la Françoise. 

Erpenius. 

R. d'Euryalus. 

Eusébe. 

Eustathius^ sur Homère. 

F. 

Faber, Jurisconsulte. 
Fables d'Esope anciennes. 
R. des Champs-Faez. 
Farce des fils sans père, et de 

Colin changé au moulin, en 

Vers. 



Cl. Fauchei, Président. De h 
Poésie ancienne. De l'on- 
gine des Chevaliers. Des 
Offices et Noblesse deFrance. 
De la Milice et des Armes. 

R. de Fauvel en Vere, fait en 
1340. 

Raoul de Ferrieres. 

Festus. 

Vie de S. Fides d'Agen. 

Verrius Flaccus. 

Le R. Chimique de Nieoki 
Flamel. 

Cronique de Flandres an- 
cienne. 

Livre des Flateurs', et des 
habits. 

Flodoart. 

Florent Chreslien, Poète. 

Floretum Philosophicam. 

R. de Florimona ou Flemi- 
mont, manuscrit, en la Bi- 
bliothèque du Roy, de Tm 
1128. 

La Nef des Folles. 

La Fontaine des Amoareax de 
science, de lean de la Fon- 
taine de Valenciennes. 

Fontaine périlleuse. 

La Forest des sages Philo- 
sophes. 

Fortunatus, Poète. 

Fouilloux, en sa Vénerie. 

Grande Cronique de France. 

R. de Gérard de Frate, Poète. 

Frédéric I. Empereur, Poêls. 

Frodoart. 

Froissard. 

G. 

GafParel, des Talismans. 

Le Moine de S. Gai. De ré. 

Caroli magni. 
M. Galant. Dil Fraao-AHeiL De 

rOriflamme. 
Galatinus, de Arcanis Serqrta- 

ne sacrae. 
R. de Galien restauré. 
R. de Gandor de DMtyi àe 



J 



■<• / 



ou GAtALOGUE 



225 



la conqueste de Godefroy de 
Bouillon, en Vers. 

R. de Guin, Poète. 

R. de Garnier de Nantueil, 
Poète. 

Garnier, antre Poète. 

R. de Garry. 

Le Chanoine Glisse, Poète, en 

la Vie de Richard l. Due de 

Normandie. 
R. de Gautier d'Aviron en 

Vers, &it en 1200. 
Gauvain, mannscrit. 
Geliot, en llndice Armoriai. 
Gemma animae, manuscrit. 
Pierre Gentier. 
Geofroy, en sa Satyre des Pa- 

tenosU^s. 
R. de Gérard de Roussillon, 

Poète. 
Gesner, en da Ëibliothéque. 
laqoemars Gielée, Poète. 
Gifes de Viez-Maisons^ Poète. 
Nie. Gilles^ Historien. 
Glaber. 
Glareanus. 
Goclenius. 
Goropkis BeeattBs. 
Goadouli, Poète^ en son Rame- 

letMoundi. 
R. du S. Gnud. 

Gracei Brûlez, chevalier, poète. 
Gratian da Pont, Poète, es 

Controverses du sexe mas- 

eufin et féminia. 
Greban, Poète. 
Pierre Gringoire, aux menus 

Propos de mère Sotie. . 
Grossius, sur Lucain. 
(kui|urn, Hist. de France. 
R. de Guérin de Montbfun, 

Poète. 
Goâl. Guiart d'Orléans, en 

Tart. d'Amours, Tan 1306. 

El au R. des Royaux li- 
gnages. 
Gaktert. 
Adam de Guièncy, Traductetlr 

de Gaton. 

n. 



R. de Guillaume au courb 

nez. 
R. de Guilleville, vieux Poète. 
Peire Guillem, Poète. 
R. de Guillebert de Guerne- 

ville, la sainte Bible. 
Bible Guiot de Provins, de 

Hugues de Bercy. 
R. de Guiot de Nantueil. 
R. de Guiteclin. 

H. 

Hainaut (Annales de), de lac- 
€[ues de Guise. 

Haisiaux^ au Fabel de TAnel. 

Habert, ou Hébert. 

Hébers, au R. des sept Sages. 

Hélinand, Poète, en son Fa- 
bliau. 

Hésychius, en son Dictionnaire 
Grec. 

Van Heule^ en sa Grammaire 
HoUandoise. 

Hieron, ad Eustocb. 

Homère, Poète Grec. 

Horace^ Poète Latin. 

Hortus sanitatis traduit, qui est 
un ancien Herbier figuré. 

Hue li Maroniers, ou le Mari- 
nier d'amours. 

Hues de Brayes, Srive Mé- 
nestrel. 

Hues Pianceiles, au Fabel de 
Sire Hains et de Dame 
Avieuse. 

Hugues de Bercy, en sa Bible 
Guiot manuscrite, en Tan 
1260. 

Huon de Bordeaux. 

Huon de Mery, du R. dit, le 
Tournoyement de l'Anté- 
christ. 

Huon le Roy, au Vair Pale- 
froy. 

Huon de Villeneuve, Poète. 

L 

lairdin de santé. 

lardin de plaisance, en Vers. 

29 



226 



BIBLIOTHÈQUE 



Vie de S. lean-Baptiste. 

Le Poète lean, au Roy de 

Navarre. 
R. de la Gonqueste de lérosa- 

salem^ en Vers. 
L'Incarnation en Vers. 
Diverses Inscriptions, 
loinville, Hist. Françoise, 
loly, Des Offices de France. 
Isidore, Etymol. 
lustinian, es Institates. 
lu vénal. Poète Latin. 

K. 

Keron. 

Kircker, en son Obélisque et 
Prodrome Goptique. 

L. 

Lambert li Cors, Poète. 

Lancelot du Lac, en la Gon- 
queste de S. Gréai. 

Mémoires de Languedoc. 

Bertrand Larade, Poète Gas- 
con. 

Lascaris, Poète. 

Ghartulaire de S. Lazare. 

Godefroy de Leigny, Poète, 
au R. de la Gharrette, qu'il 
acheva. Or il avoit esté 
commencé par Ghrestien de 
Troyes. 

Thibaut Lespleigney, Promp- 
tuaire de Médecine. 

Libavius. 

Lipse. 

Loiseau. 

Loisel. 

Guillaume de Lorris, au R. de 
la Rose. 

Géofroy du Luc, Poète Pro- 
vençal. 

Lucain, Poète Latin. 

Lucien. 

Lucilius. 

Lucrèce, Poète Latin. 

R. d'Eurialus et Lucrèce. Voyez 
Sorin. 



Luitprand. 

LuUe. 

Les Lunettes des Princes. 

M. 

Macabée (R. de ludas) en Vers, 
fait l'an 1280. 

La Dance Macabre. 

Magius. 

R. de Majg;uelone. 

Mich. Maiems. 

lean le Maire. Illustrations des 
Gaules. L'Amant vert. Et 
singularités de Troyes. 

La Manière d'aorer. 

De Marca^ Hist. d'Aquitaine. 

Marcel Empiric. 

Marchantius, Histoire de Flsn- 
dres. 

Li Quens de la Bfarche, Poëte, 
selon du Verdier. 

Marculphe, Poète Latin. 

Marie de France, Tradactrice 
d'Esope en Vers François, 
tiré de l'Anglois. 

lean Marot. 

Clément Marot. 

Hue li Maroniers, ou le ICiri- 
' nier d'Amours. 

Martial d'Auvergne, es Vigiles 
de Charles VU. 

Martial de Paris. 

Martial, Poète Latin. 

Martianus GapelLa. 

Mathieu, histoire de Fiance. 

Rebours de Mathiolos. 

R. de Maïuns d'Egremon. 

Megiseri, Thésaurus Poiyglot- 
tus ex 400. LinraîB. 

lean de Mehun. Voyei R. de 
la Rose. Il a achevé le susdit 
R. commencé par GoilLde 
Loris : le Testament et k 
Codicille da mesme : son 
Commentaire sur Boéce, in- 
fol. manuscrit en velin : h 
Remonstrance de Nature. 

Pomponius Hela , De flta 
Orbia. 



ou CATALOGUE 



227 



R. de Melingerls manoscriti 
en son Doctrinal Royal, en 
Vers. 

R. de Mélasine. 

M. Ménage, en ses Origines 
Françoises. 

R. de Mérangis, par Raoal dd 
Houdanc, Poète, en 1200. 

Mercator. 

Mercure Trismégiste. 

R. de la Conqueste d'Outre- 
mer. 

R. de Merlin. Prophéties. Et 
du S. Graal manuscrit, dif- 
férent beaucoup des im- 
primez, appartenant à M. 
Gonrard. 

Marin Marsene. 

Haon de Mery. 

Poésies de Meschinot. 

Messala. 

Meursius. 
\ Meyer, en THist. de Flandres. 

Germain Milet, en son hist. de 
TAbbaye de S. Denis. 

Minutius. 

Le Roy Modus, au livre de la 
Chasse. 

Le Reclus de Molant , ou 
Molens. 

Monet. 

Petit lean Monjot de Paris , 
Poète. 

lean Monjot d*Arras, Poète. 

Monnios, Poète. 

Monstrelet. 

; Michel des Montagnes, en ses 
Essais. 

Fr. de Montfaucon, Tolosain, 

Poète, en ses Dits moraux, 
rlean Moulinet, Poète.. 
[Pierre du Moulin, M. 
;;Gaiart de Moulins, en la Bible 
historiaux manuscrite en 
▼elin, in -fol. avec des mi- 
niatures , appartenante à 
M. Gonrard. Est de Tan 
1291. 

Phil. Mousk, en son Histoire 



de France, manuscrit de la 

Bibliothèque Royale. 
Colin Muset. 
Munster, Gosmographe. 

N. 

Nangy (Guill. de). 

R. de Guiot de Nantueil , 

Poète. 
R. de Doon de Nantueil. 

Poète. 
De Jure Regni Neapolit. 
La Nef des Dames vertueuses. 
La Nef de Santé. 
La Nef des Folles. 
Nesson, Poète. 
Nicetas. 
Nicot, en son Dictionnaire et 

en ses Gantiques. 
lean li Nivelois, Poète. 
Vieux Noels. 
Nonnus. 
Nostradamus. 

0. 

Oger le Danois (R. d*) par le 
Roy Adams, Poète. 

Livre ancien, intitulé. Pour 
Orgueilleux humilier , en 
Vers, fait l'an 4250. 

Orus ApoUo, de Hierogl. 

Ottoman. 

Ovide. 

Un fort grand Ovide manus- 
crit en velin, commenté et 
enrichy de miniatures, ap- 
partenant à M. Gonraroi, 
Gonseiller et Secrétaire du 
Roy. 

Oulteman, Histoire de Valen- 
ciennes. 

P. 

Palladien (le R. de), fils de 
Milanor, Roy de la Grand' 
Bretagne, par Ghapuis Tou- 
rangeau, en cinq livres en 
prose. 



I 

i 



i 



228 



BIBLIOTHÈQUE 



Fra Paolo. Sa Vie. 

Paracelse, Chimiste. 

Mémoires des choses passées 
à Paris depuis Fan 1200. 
manuscrit de la Bihl. de 
M. Claude Martin, Médecin 
à Paris. 

Guill. et Christophle, les Pari- 
siens. 

Pasquier, Recherches de la 
France. 

Pierre Pathelin, Advocat. La 
Farce du Drapier. 

Pausanias, Historien Grec. 

Pèlerinage de TAme en Vers, 
fait par un Moine, selon ces 
Vers : 

Cy fine li Romans du Moine, 
Jhs Pèlerins de vie humaine. 

lean Pelisson de Condrieu. 

R. de Pépin. 

Perceval d'Orie , Genevois , 
Poète en Langue Provençale, 
Gouverneur d'Avignon et 
d* Arles, pour Charles, Comte 
de Provence, selon Verdier, 
en sa Biblioàiéque, dédié au 
Comte Philippe de Flandres^ 
selon Géofroy de Tore. 

Perceval le Galois, manuscrit 
in-fol. de la Bibliothé(}ue de 
M. de Masnau, Conseiller à 
Tolose, fait par Maneeier. 
Où il y a plus de soixante 
mille Vers. 

R. de Perceforest. 

loach. Perionius., de Ling. 
Gallic. origine, et cognatione 
Grsecœ cum ea. 

Perrin, Histoire des Albigeois. 

Perrin d*Angecort, Poète. 

Perse, Poète Latin. 

M. Petit, M. de Nismes. 

Pétrarque, Poète Italien. 

La Peyre, Cronol. 

Forest des Philosophes. 

Philostrate. 

Philo^eni Glossœ. 



P)iocylidea, Poète Grec. 

I^ierius Valerios, de HierogL 

Pignorii Tabula Isiaca. 

Pithagore. 

Pithou. 

Christine de Pisan, Poêtiiee; 

manuscrit. 
Platine, d'homieste Volnplé. 
Platon, Philosophe. 
Plante, Poète Latin. 
Pline, Hist. nat. 
Plutarchus , de Fluminibos. 

Ses Œuvres meslées, etsa 

Vies. 
Art Poétique, ancien. 
Le Comte de Poitou, Poète 

ancien. 
Le Moine de Polignv, Poêle. 
Poldo d'Albenas, des Antiq. 

de Nismes. 
Pollio. 

Pontanus, de Originibns. 
lia Popeliniere. 
Possehus, de laud. Raimaodi 

Pellissonii. 
R. des trois Preux, qui ost le 

plus ancien Rom. Bjretonqae 

nous ayons. 
Procope. 

Properce, Poète Latin. 
Le grand Propriétaire de tontes 

d^oses. 
Psautier ancien de 700. ans. 
Ptolomée. 
Pybrac. 

Q. 

Quentin (le Chanoine de S.}, 

Poète. 
Quintilianus, Orator. Instit 

R. 

Rabelais (Fr.). 

Ragueau. Indice des droieti 

Royaux et SeigneuriaBX. 
Raimbaut, Poète ProTeaçil, 

vivant Tan iâ08. à U Qwr 

de Bonifaoe, Marquis ^ 

MontferraU 



0(J <;ATALOGeE 



299 



Peire Ramon lou Proux, Poète 
Toldsain. 

Raoul do Hoadanc, Poëte, oa 
de Houdon, qui fit le R. des 
Isles en 1200. Il a aussi fait 
le R. de Meraugis. 

Raoul de Gambray, Poëte. 

Rasis Gestrensis. 

Rebours de Picardie, et de 
Mathiolus. 

R^non, en son Histoire. 

R. du nouveau Renaud, Poëte. 

R. de Regnaud de Montauban, 
en Vers. 

Beatus Rhenanus. 

Art de Rhétorique ancien. 

Richard, Cœur de Lion, Em- 
pereur. 

Pieros du Riez, Poëte. 

Robert le Roquez, Poète, au 
Miroir d'Eternité. 

Roc le Baillif, sieur de la 
Rivière. 

Robin, au Menelogue. 

Le Président la Roche, èè 
Arrests Notables. 

Rois de Gambray, Poëte. 

Rodolphe. 

Quelques Romans anciens , 
anonymes. 

Ronsard. 

Fabliau de la Rose vermeille. 

R. de la Rose de diverses im- 
pressions, et plusieurs ma- 
nuscrits, commencé par Guil. 
de Lorris, et achevé par lean 
de Mehun. 

Rosier Âmoureaux, vieux Poète 
de France. 

R. de Rou, et des Ducs de 
Normandie. 

Rolman de Nismes, au Plan 
de ses Ântiquitez de Nismes. 

Ratebœof, Poëte. 

S. 

Sage (le), a fait les Folies du 

Sage. 
R. dw sept Sages, par Dolo-> 



Êathos, Poète, sous Louis 
lutin. 

Sainte Marte, Eloges des Hom- 
mes Illustres. 

Jardin de Santé. 

Salmasius. 

Scaliger. 

R. de la Gonqueste du Sain- 
^éal. 

Saint-Amant. 

Escole de Salerne. 

Scapula. 

Glossar. in Legem Salicam. 

Glossaire de Bretagne, de Guil- 
laume Sarisberiensis ou 8a- 
llsburis, manuscrit. 

Satyres Ghrestiennes, ou Gui- 
sine du **♦. 

Schedels, en sa Gronique. 

Scohier. 

Le cœur des Secrets de Philo- 
sophie. 

L'Epistre du petit Seintré, en 
Prose. 

Michaèl Sendivogius. 

Version des septante Inter- 
prètes. 

De Serres, Hist. de France. 

Servius. 

lacques Signet, De la division 
du Monde, 

Sillon, Poète ancien. 

Gabriel Simeon, en ea Limagne 
d'Auvergne. 

R. de Siperis de Vineaux, 
Poëte. 

Sirmond. 

Les noms d'aquelses que feron 
Tansons et Siruentes, ma^ 
nuscrit, cité par Nostra- 
damus. 

Somme Rural. 

Gontredits de Songe-creux. 

Songe-vert. 

Songe du Verger. 

Sorel, Poète. Sa dispute avec 
Guillem. Sordel, Poète. 

Martian ou Marian Sorin, dit 
des petits-hommes. Le R. 



•\ 



1 



230 



BIBLIOTHÈQUE 



d*Ëuryalas et Lucrèce, au 
Traité des deux Amans. 

Speltmani Glossar. 

Statuts d'Aiguemortes , de 
1246. 

Strabo. 

Stobaeus. 

Suétone, Hist. 

Suidas. 

T. 

Taboêtti Ephemerides Histo- 
ricœ. 

Guill. de la Taissonniere, en sa 
Sourdine Royale. 

Tatianus. 

Terentianus Maurus , Poète 
Latin. 

Terence. 

Tertullian. 

Vieux Testament en Vers 1542. 
Incarnation de lesus-Christ 
en Vers, représentée à Paris 
en 78. personnages. 

Nouveau Testament Grec très- 
ancien, de M. lean Borel, 
Chevalier. 

Thalmud Hierosol. 

Theodulphus, Poète. 

Thibaut, Roy de Navarre, 
Poète. 

Thibaut, Comte de Champagne, 
Poète des Amours. 

Thibaut de Mailly. 

Thibaut de Marueil. 

Thierry de Soissons, Poète. 

De Thou, Hist. de France. 

Thylesius, de coloribus. 

Tibulle. 

Le Livre de la Toison d'or, de 
Guill. Evesque de Tournay, 
et Abbé de S. Bertin. 

La Tour d'Albenas, Poète. 

R. de Guv de Tournant. 

Epistres du Traverseur. 

Le Trevisan, en TOpuscule 
transmutatoire. 

Tripaut de Bardis, en son Dic- 
tionnaire. 



R. de Tristan de Léonois. 
Pardons de S. Troter. 
Les cent Hist. de Troye. 
Chrestien, ou Chnstian de 

Troye, au R. du Chevalier 

Aulion, en Vers. Voyez 

Leigny. 
R. de la destruction de Troye, 

par Benois. 
R. de Benois, du sac de 

Troye. 
Tumeie. 

V. 

Vacce (R. de), ou des Ducs de 
Normandie, fait Tan 1160. 
natif de l'Isle de Qoercj, 
sous Henry I. Roy d'Angle- 
terre. 

Manuscrit de Receptes fort an- 
ciennes, de Charles, Comte 
de Vallais, et Abbé de Panel, 
de l'Ordre de S. Benoist, 
appartenant à M. Glande 
Martin, Médecin à Paris, 
estant de l'an 1200. 

R. de Valentin et Orson. 

Valeriola. 

Rob. Vallensis. 

Varenes, en son Roy d'Armes. 

Varro. 

Guy de Varvich. 

Vatsii Glossar. 

Vegetius, De re militari. 

Du Verdier, en sa Bibliothecrae 
Françoise ; où il fait un Ca- 
talogue de 68. R. vieux on 
nouveaux 

Verger d'honneur. 

Son^e du Verger manuscrit, 
fait sous Charles V. Roy de 
France. C'est le Somniam 
viridarii. 

L'Amant Vert. 

Vigenere sur César, sur Phi- 
lostrate, et sur VUlehar- 
• douin. 

Vigiles de Charles VH. 

R. des Oiseaux, ou de la Ghasv, 



.•-: 



ou CATALOGUE 



«31 



par Garres ou Grâces de la 
Vigne. 

Ândri de la Vigne. 

Géofroy de Villehardouin, (jai 
a fait le Voyage de Baudouin, 
Comte de Flandres, outre- 
mer en 1204. 

Hnon de Villeneuve, Poète. 

G. de la Villeneuve. 

WlUeramus. 

Gamart de Villiers, Poète. 

Fr. Villon. Le Testament en 
Vers. Les Repues fhinches. 
Il vivoit Tan 1261. sous le 
Roy Louis, après Mehun. 



Vincent de Beauvais. 

Virgile. 

lean Virtoy, Poète. 

Vitellius. 

Voiture. 

Vopiscus. 

Vossius, De vitiis Linguae Lati- 

nse, et de Idololatria. 
Juvenal des Ursins. 



Xenophon. 



Zacaire. 



X. 



Z. 



FIN DU DICTIONNAIRE DE BOREL 



/ 



w 



Les Patois de la France 



il. 



30 



f 



^ 






LES PATOIS DE U FRANCE 



M. Littré a défini le patois un dialecte qui, n'ayant 
plus de culture littéraire, sert seulement aux usages 
de la vie commune. Cette déflnilion est très exacte. Le 
patois n'est pas une corruption d'une langue correcte, 
c*est une vieille langue abandonnée par les classes supé- 
rieures de la société et restée dans les couches inférieu- 
res de la population. Cette persistance du vieux langage 
se remarque surtout à la campagne, dans les localités où 
le peuple n'est point en contact avec les hommes instruits, 
éclairés, qui suivent les modifications et les perfectionne- 
ments de la langue. Un coup d'œil sur notre histoire 
nationale, confirme cette opinion qui repose sur des faits 
indiscutables. 

Lorsque les Romains opérèrent la conquête de la 
Gaule, ils trouvèrent le sol de ce pays occupé par une 
foule de petits peuples dont le langage était différent, 
mais qui avait une source commune : le celtique. Ces 
peuples adoptèrent le langage de leurs vainqueurs et 
abaudonnèrent l'usage de leurs idiomes, avec une doci- 
lité qui, encore aujourd'hui, est pour nous un sujet 
d*étonnement. Nous voyons des peuples attachés à leurs 
babiludes, à leurs traditions religieuses, renoncer, sur 
un ordre des gouverneurs des provinces, à leur langue 
mère et adopter un nouvel idiome. Le celtique fut pres- 
que complètement délaissé, sauf en Angleterre, en 
Ecosse, en Irlande et dans le pays de Galles, en Basse- 
Bretagne et sur quelques autres points de la Gaule. 

Noos rencontrons là l'effet de l'influence absorbante 
d*une civilisation beaucoup plus avancée que celle des 
vaincus ; mais cette civilisation, qui de nos jours pénètre 



} 

i 



236 LES PATOIS 

partout avec la plus grande rapidité, par suite des che- 
mins de fer, du télégraphe, des livres, des jouruaui et 
de notre puissante centralisation administrative, élait 
loin, à cette époque, d'avoir ces merveilleux. moyoDS 
d'action. La Gaule romaine comptait beaucoup de gran- 
des et populeuses cités où florissaient les lettres et les 
arts et où étaient ouvertes de savantes écoles ; mais élie 
possédait aussi des villages, des tiameaux isolés dm 
les forêts, dans les vastes plaines, sans communication 
ou n'ayant que des rapports fort rares aveo les grandes 
cités. Et cependant ces populations se sont résignées à 
accepter la langue latine. Il en fut ainsi de» Germains 
qui envahirent la Gaule au v« siècle ; ils renoncèrent I 
Tallemand pour la langue des Gallo-Romains au mM&à 
desquels ils venaient do s'étahlir, par droit de conquête. 

Ce fait nous étonne, mais il 8*est produit, et nons ne 
pouvons que le constater, en nous inclinant devant Vin- 
fluence prodigieuse de la langue latine qui, même après 
la défaite des Romains, persista à s'imposer encore an 
vainqueurs. 

Ce serait, cependant, commettre une étrange erreor de 
croire que la langue latine apportée dans les Gaules par 
les soldats et les colons romains, était celle de Qo^ 
ou de Virgile. Non, c'était la langue du peuple» la lancne 
rustique, un latin corrompu, comme le patois firançaiaà 
côté du style de nos grands écrivains du ivui* siècle. 

Ce latin barbare, en passant par la bouche des paysans 
gaulois, subit de profondes modifications, surtout sonate 
rapport de la prononciation ; il devint, vers le cinquième 
siècle, notre vieux français, que les grammairiens du 
temps traitent de lingua romana ntstiea, c'est-à-dire la 
langue rustique ; de là» le nom de langue romane donné 
à ce nouvel idiome. 

Après la chute de l'Empire romain» toutes les elass^ 
du peuple, en Gaule, adoptèrent ce latin rustique qm 
devint le français. Les lettrés, les écrivains persistèreDlà 



DE Là FRANCE 



8a7 



se servir du latin classique, dans leurs compositions 
bistoriques ou littéraire; aussi ne possédons-nous que de 
très rares documents rédigés en langue romane. Le pre- 
mier monument authentique de cette langue date de 
842; c'est le célèbre Serments de Strasbourg. Au 
r siècle, nous trouvons la Cantilène de Sainte-Eulalie, 
petit poème en trente vers, qui nous fournit la première 
trace de la poésie romane. A dater du xi* siècle, les 
poëmes et les récits deviennent nombreux et prennent 
une étendue et une forme littéraire qui nous permettent 
de constater les grands progrès opérés par la langue 
française. 

Non seulement le latin populaire donna naissance au 
français, mais il produisit le provençal, l'italien, le 
valaque, l'espagnol et le portugais. Ces langues ont donc 
une commune origine et les peuples qui lès parlent sont 
désignés sous le nom de races latines. Dans chacun de 
ces pays, le latin populaire forma plusieurs dialectes 
différents. 

En France, la langue romane se divisa en langue ioil 
{Oil veut dire Oui) ou française parlée au nord de la Loire, 
et en langue d'oc {Oc signifie Oui) ou provençale, dont le 
domaine s'étendit au sud de la Loire. 

Frédéric Diez est porté à croire que les deux idiomes 
romains de la Gaule, le provençal et le français, se sont 
constitués, à peu de chose près, avec les mêmes éléments, 
n est vraisemblable, sous certaines restrictions, ajoute 
cet érudit, qu'une seule et même langue romane régna 
originairement dans les Gaules. Cette langue s'est conser- 
vée plus pure dans le provençal que dans le français, 
qui, à partir du ix' siècle environ, s'en détacha, en déve- 
loppant une tendance marquée à l'aplatissement des 
formes. 

Ces idiomes des deux races rivales du nord et du midi 
de la France, se subdivisèrent en plusieurs dialectes. 

Quelques philologues ont pris le cours de la Loire pour 



238 LES PATOIS 

ligne de démarcation entre les langues éCoil et (Toc. Selon 
eux, tout le pays situé sur la rive gauche du fleuve jus- 
qu'à la Méditerranée et aux Pyrénées appartient à li 
langue provençale ou (Toc, tandis que la région qoi 
s'étend depuis la rive droite jusqu'aux côtes de la Manche, 
est le domaine de la langue française ou d'oil. Cette 
division n'est pas exacte. Ainsi, dans l'ouest, les dialectes 
français se parlent au delà de la Loire, dans le Poitou, 
rAngoumois et la Saintonge et même jusque dans une 
partie du département de la Gironde. Une objection de 
même nature se présente, au sujet de la langue ioU, 
qu*on trouve au nord de la Loire jusqu'à Textrémité sad 
de la Bourgogne et de la Franche-Comté. Sauvage, dans 
son Dictionnaire languedocien, fait passer la ligne de 
démarcation de la langue d'oc et de la langue (foi/, pas 
le Dauphiné, le Lyonnais, l'Auvergne, le Limousin, le 
Périgord et la Saintonge. 

Ce tracé géographique n'est pas, non plus, d'une par- 
faite précision ; cependant, il est plus exact que le 
système qui attribue au cours de la Loire une ligne 
tranchée de démarcation. Un philologue allemand, 
M. Schnakenburg, qui a publié un ouvrage très* remar- 
quable sur les idiomes populaires de la France, pense qoe 
la ligne qui s'approche autant que possible de la vérité, 
commence au sud-ouest^ au bord de la Gironde près de 
Blaye, où le patois saintongeais confine au langage 
gascon ; elle se dirige à partir de là, à travers les dépa^ 
tements de la Charente-Inférieure et de la Charente, vers 
la partie orientale de celui de la Vienne, et vers la partie 
septentrionale de ceux de la Haute- Vienne et de la 
Creuse; puis, entrant dans les départements de TAllier, à 
l'est de celui du Puy-de-Dôme, au nord de ceux de la 
Haute-Loire, de l'Ardèche et de l'Isère, elle finit par enve- 
lopper la Savoie et la Suisse romande. Cette ligne ne 
court pas sur la carte d'une manière droite, et, dans son 
tracé, elle offre une foule de petites sinuosités. 



r 



DE LA FRANCE 239 

D'après les recherches de MM. Paul Heyer, Kiepert, 
Léon Gautier» de Tourtoulon et 0* Bringuier, voici quel 
serait, au juste» le domaine de la langue d'oïl : au nord» 
rocéan ; à quelques kilomètres au-dessus de Calais» la 
ligne se dirige sur Saint-Omer» passe au-dessous de Cour- 
trai et de Bruxelles» au nord de Liège» à l'est de Spa, 
entre Yerviers et Aix-la-Chapelle, à Longwy et Thionville, 
à Test de Metz» Château-Salins» Blamont» Senones» Saint- 
Dié, Geradmer» Belfort» Montbéliard» et se dirige sur 
Fribourg par Soleure et Neufcbfttel» comprenant les 
cantons de Vaud» de Neufchâtel» une partie du Valais et 
des Grisons ; elle se rend par Sion au mont Bosa et à 
Grenoble. Yoici pour la limite du nord à l'est. 

Pour obtenir la limite de l'ouest à l'esté on doit tirer 
une ligne qui partirait de Blaye » se dirigerait sur 
Angouléme, Montmorillon , la Châtre, des Coudrais à 
Montluçon, Clermont, passerait à Montbrison » Saint- 
Etienne» Vienne, Grenoble» Saint-Jean-de-Maurienne, et 
aboutirait au Hont-Cenis. 

Ces deux lignes, partant Tune d'un point du littoral de 
l'Océan entre Calais et Gravelines et aboutissant à Gre- 
noble» l'autre ligne allant de Blaye au Mont-Cenis» 
renferment l'ancien domaine de la langue française. Ce 
sont les limites de la langue d'oïl. 

Nous devons faire remarquer que le breton est parlé 
sur le littoral de l'Océan» dans les départements compris 
dernère une ligne qui commence à Saint-Brieuc et passe 
à Loudéac, suit la rive de l'Ouest et se termine à 
l'embouchure de la Vilaine. 

L'érudition des savants philologues qui ont dressé 
cette ligne doit nous la faire accepter » comme d'une 
rigoureuse exactitude. 

La langue d^oit comptait, au xi« siècle, quatre dialectes 
principaux : 

Le dialecte Normand ; 

Le dialecte Picard ; 



240 LU vaMs 

Le dialecte BourgnigDon ; 

Le dialecte Français ou de lUe de Franee. 

Le Ntnmani lêé parlait en Normandie , BratagM , 
Perdie, Anjou^ Poitou et Saintonge. 

Le Picard étendait son domaine en Picardie, Arloit, 
Flandre, Hainault, Baa-MeiSBen, Tierarcb et Retbelois. 

Le B&urguignan comprenait la Bourgogne, le Niveniris, 
le Berry, rOrléanais, la Touraine, le Bourbonnais, 1i 
Champagne, la Lorraine et la Franobe^Gomté. 

Le dialecte de l'Ile de France était le français pnvre- 
ment dit. Il appartenait originairement au raineaa 
bourguignon et devint la langue écrite, celle qui étendit 
sa domination sur les autres dialectes de la langue ieU 
et sur tous ceux de la langue iœ. L'usurpation de 
Hugues Gapet, en fixant la tête du système féodal à Paris, 
donna à la langue de nie de Franee une suprématie sor 
les autres dialectes, qui descendirent au rôle de simples 
vassaux, réduits à s'incliner devant la langue française. 

Les dialectes méridionaux forment deux branebes 
principales : le Gascon et le Provençal. 

Le Prwençal se confond, dans le comté de Nice, avec 
malien. 

Le dialecte Gascon propre occupe l'extrémité sud* 
ouest de la France, confine au sud avec les Pyrénées et 
avec la langue basqne des vallées Cispéréennes ; au nord, 
la Garonne le sépare du Périgourdinetdu Languedocien, 
n comprend les départements de la Gironde, des Landes, 
des Hautes et Basses-Pyrénées, et du Gers. A Bordeaux, 
le Gascon est mélangé avec beaucoup de mots français, 
mais à Bayonne et dans les contrées de la même latitude, 
il est parlé dans toute sa pureté. En Béaro, le Gaaooa 
constitue une sous-espèee de dialecte mnarquaMe par 
sa grande richesse de voyelles. Il franchit les Pyrtoées 
et va se fondre dans l'Espagnol. 

Le dialecte Périgourdin est une tmnsition da Gascon 



j 



DB LA FRANCE 241 

et da Languedocien ; il se confond dans Lot-et-Garonne 
avec le Limousin qui se divise en deux dialectes : le haut 
et le bas Limousin. Le centre du haut Limousin est à 
Limoges, et celui du bas Limousin à Tulle. 

Le Limomin est le langage de la Corrèze, du Lot, de 
la Haute- Vienne» de la Creuse, de l'Indre ; là, il se perd 
dans le Berri, et se rencontre dans quelques localités des 
confins de la Dordogne, de la Vienne et de la Charente.. 
Le dialecte Auvergnat existe dans le Puy-de-Dôme, le 
Cantal^ la Haute-Loire, une partie de la Lozère, de la 
Loire; Use mélange avec le Lyonnais et va se perdre 
dans la province du Bourbonnais. 

Le Lyanwfis est le dialecte du Rhône, de l'Ain, de la 
Bresse, du Bergey, de Saône-et-Loire. 

Le Dauphinois est parlé dans l'Isère, les Hautes- Alpes, 
le nord de la Drôme , les Basses-Alpes et les vallées 
vaadaises étrangères. 

Le La$iguedoeien s'étend dans la Haute-Loire, la 
Lozère, FArdèche, le Gard, l'Hérault, le Tarn, l'Aude, 
l'Ariège, le Quercy, le Bouergue, le Loi, l'Aveyron. Dans 
le Tarn-et-6aronne, il se confond avec le Gascon, et dans 
les Pyrénées- Orientales avec le Roussillonais. 

Ce dialecte comprend cinq divisions : !• Le lan- 
gage de l'Aude et de l'Héraut ; 2* celui de Ntmes ; 3* 
celui des Cévennes ; 4* celui de l'Aveyron et du Lot ; 
5* celui des autres départements que nous venons 
d'énumérer. 

Le Provençal règne dans toute l'ancienne Provence, le 
comtat Venaissin, une partie de la Drôme et le comté de 
Nice. 

Tels sont les divers dialectes qui forment nos patois. 
Ce ne sont point, comme on l'a pensé longtemps, un 
langage corrompu et sans règle ; bien au contraire, ces 
patois possèdent une grammaire régulière et une syntaxe ; 
mais grammaire et syntaxe varient à l'infini, comme les 
divers dialectes. 

31 



L 



242 UBA^ PA.TQIS 

Les patois, outre leurs nombreuses combinaims 
phonétiques, sont très expressifs, très clairs et très 
précis. S'ils sont rudes dans le nord et l'ouest, ils offrent 
une extrême élégance et une parfaite délicatesse dans 
le midi. Rien n*est doux et harmonieux comme ce beau 
dialecte provençal, qui exprime les passions les plus vives 
dans le langage le plus pathétique et le plus entralnaaL 

On se demande si les patois doîveat disparaitre! Noas 
croyons que c*est la destinée des dialectes de la lanQUê 
(Toil ; mais nous ne le pensons pas pour ceux qui 
appartiennent aux idiomes du midi. On parlera toujours 
le provençal, tant qu'il y aura un poète dans cette 
région, et il en existera toujours, car l'homme naît dans 
cette contrée avec une âme vive et impressionnable, 
sensible à toutes les beautés de la nature. 

Si le jour arrivait où les patois passeraient à Tétat de 
langues mortes, on les lirait encore et leurs recueils 
prendraient rang dans les bibliothèques les plus riches 
comme les plus modestes. Nous sommes loin de ce 
moment, mais il peut arriver, et dès lors on doit s'occu- 
per de recueillir les pièces de vers qui, par leur forme et 
leur originalité, offrent les types les plus remarquâmes 
de notre vieille langue française. C'est une œuvre i 
laquelle nous nous sommes consacré depuis longtemps, 
et nous la poursuivons, aujourd'hui, en ajoutant au 
Glossaire de Borel une sorte d'anthologie de nos patois. 

Nous espérons avoir réussi, car nous avons puisé nos 
extraits dans des manuscrits, dans des livres et dans des 
chants populaires. Le remarquable ouvrage que 
M. Schnakenburg a publié à Berlin en 1840, sur les 
idiomes populaires de la France, nous a été fort utile. 
Ce livre est une œuvre de science et d'observations 
philologiques, exécutée avec une profonde sagacité et un 
véritable amour de notre vieille langue nationale. Kous 
n'avons qu'un regret, c'est qu'il n'ait pas été composé 
par un Français. 



DE LA FRANdE 243 

COUSENT LES PATOIS FURENT DÉTRUITS 

ÏN FRANCE. 

Le conseil d'arrondissement de Gahors , qui avait 
exprimé un vœu pour Tabolition du patois, s'attira une 
spirituelle réplique de Charles Nodier, sous la forme d'un 
ooDte fantastique, que nos lecteurs, nous en sommes 
certain, liront avec le plus vif intérêt. Le voici : 

< Yoici une dés nouvelles les plus extraordinaires qui 
aient jamais été annoncées à un peuple civilisé. 

« Ce n'est ni l'éclipsé, ni la comète, ni un volcan qui 
s'ouvre en grondant, ni un déluge qui déborde, ni la 
subite apparition d'un. monde qui surgit comme l'Amé- 
que de Colomb, ni l'anéantissement d'un peuple éteint, 
comme l'Atlantide de Platon. 

« C'est vraiment bien autre chose : c'est l'abolition 
d'une langue , du verbe incarné dans la parole de 
l'homme, de cette explicite intelligence qui lui a été 
communiquée par Dieu, pour le distinguer du reste de 
ses créatures. C'est le souffle immortel qui vous a donné 
te langage, étouffé de par Restant, Wailly et Lhomond, 
sauf Tapprobation de l'Université. 

« A compter de l'autre jour, il n'y a plus de patois en 
France, vingt-cinq millions de François sont intrépide- 
ment destitués de leurs idiomes naturels pour parler 
comme vous et moi. Vous me direz que ce n'est pas 
grand'chose, mais c'est la perfectibilité. 

« Non, il n'y a plus de patois. Ce langage naïf et doux 
qui nous venoit de nds mères, de nos nourrices, de nos 
premiers amis du village natal, et que nous avions tant 
regretté de perdre, quand la première simplicité en fut 
déflorée dans nos écoles, par le purisme ricaneur des 
pédants ; cet idiome joli et fin qui suppléait avec tant de 
grâce aux lacunes du beau parler, et qui avoit toujours 



244 LES PATOIS 

un mot spirituel à mettre à l'endroit où défailloient les 
ressources du dictionnaire, le patois n'existe plus. 

« Et vous allez me demander qui a produit dans les 
langues cette révolution, unique depuis qu'il y a des 
langues ? Est-ce un nouveau tyran plus ingénieux et plus 
puissant que Chilpéric? Est-ce Thot ou Theutatès, Her- 
mès ou Trismégiste? Est-ce Palamède ou Cadmus?Ne 
seroit-ce pas seulement un autre Leibnitz, un autre 
Bacon ? — Ce n'est rien de tout cela. 

« L'autorité qui a résolu cette grande impossibilité en 
quelques lignes de procès- verbal, c'est le comité d'arron- 
dissement de Cahors. Cahors est une ville de France, 
jadis capitale du Quercy, chef-lieu de la préfecture do 
département du Lot, avec une cour royale et tribunal de 
première instance, qui compte onze à douze mille babi- 
.tants, et qui est située un tant soit peu par-delà le qua- 
rante-quatrième degré de latitude. Déjà célèbre par ses 
fabriques de draps et de ratines, par ses eaux-de-vie et 
par ses huiles de noix, son territoire produit d'ailleurs 
des truffes délicieuses et des vins noirs fort estimés qui 
sont exportés par Bordeaux en Angleterre et en Hol- 
lande. Cette cité enfin est l'heureuse patrie du pape 
Jean XXII, du divin poète Clément Marot, et des membres 
du comité d'arrondissement de Cahors. 

« Or, c'est du Sud aujourd'hui que nous est venue la 
lumière ; et voilà pourquoi on est si généralement con- 
venu en France de ne plus parler d'autre françois que 
celui qu'on parle à Cahors, je ne dis pas dans l'usage 
commun du petit peuple et des paysans, dont raristo- 
cratie bourgeoise ne se soucie guère, mais dans les 
allocutions solennelles du comité d'arrondissement. 

« Si je savois quelque chose de plus récréatif à vous 
raconter pour le moment, j'y prendrais un grand plaisir. 
Il faut se contenter. 

« Comme il y a une multitude de bonnes gens qui 
croient savoir un peu de françois et quelques autres lan- 



DE LA FRANCE 245 

gnesavec, et qui pensent naïvement qu'il n'entre pas 
dans les attributions d'un comité d'arrondissement de 
supprimer une langue, je ne peux me dispenser d'op- 
poser leurs objections à la délibération d'ailleurs irréfra- 
gable du comité d'arrondissement de Cahors, qui n'est 
pas en peinede résoudre la question en marchant, comme 
le philosophe grec. Je me fais fort de ne pas oublier en 
cet examen l'impartialité sérieuse que j'ai coutume d'ap- 
porter dans ces discussions ardues. Verbum impendere 
vero. 

< Le comité d arrondissement de CahorSj considérant 
que... • 

« Voici déjà mes chicaneurs qui arrêtent le comité 
d'arrondissement de Cahors à ce néologisme adminis- 
tratif, hideusement sorti d'un patois de bureaucrate qui 
ne vaudra jamais la langue d*Oc. « Eh quoi ! >, s'écrient- 
ils, car ils ont une sorte de véhémence qui ne messied 
pas à la raison, surtout quand elle argumente contre 
une thèse ab absurdo, «vous procédez à une reforme 
« entreprise au nom de la pureté de la langue, et vous 
« débutez par un solécisme qui vous aurait fait chasser 
« des écoles il y a trente ans ! Tout le monde est libre 
« de ne pas considérer plus que de raison l'autorité du 
« comité d'arrondissement de Cahors, mais personne n'a 
« le droit de dire en françois : je considère que le comité 
« d'arrondissement de Cahors a pris une sotte délibéra- 
« tion. Ce seroit un double outrage à la grammaire et à 
< la politesse. > 

« Et qu'a-t-il considéré, le comité d'arrondissement de 
Cahors qui considère que ? 

« Il a considéré que l'usage du patois exerce une 
funeste influence sur la prononciation de la langue fran- 
çoise, parce qu'il n'a pas considéré q)ie le patois est au 
contraire l'intermédiaire essentiel de la langue frangoise 
avec ses radicaux, et que si la prononciation de la langue 



246 LES PATOIS 

françoise étoit perdue, il faadroit en cbèrdièr les pritici- 
pes régulateurs dans le patois. 

« Il a considéré que l'unité politique et administrative 
du royaume réclamait impérieusement l'unité du langage 
dans toutes ses parties (du langage ou du royaume ?) ; eiil 
n'a pas considéré que cet axiome si intrépidement établi 
n'a d'autorité ni dans l'histoire des anciens, ni dans 
rbistoire des modernes ; qu'il a été démenti par les 
quatre souverains les plus imposans de tous les siècles, 
Alexandre, Auguste, Charlemagne et Napoléon ; qu'à le 
réaliser, si faire se pouvoit, il mettroit la parole humaine 
à la merci de la plus sotte des dictatures, celle des 
phrases de la tribune el des barbarismes du bureau; que 
cette unité de langage , incompatible avec l'influence 
inappréciable des localités, avec la poésie intime des 
peuples, avec les facultés organiques de l'homme comme 
avec ses inspirations, et qui est bonne tout au plasà 
égayer d'un ridicule divertissant les folles utopies des 
linguistes, opposoit d'ailleurs aux efforts de tous les co- 
mités d'arrondissement du monde une petite difliculté 
qui mérite d'être prise en considération, une seule diffi- 
culté, je vous jure, mais une seconde difficulté du même 
genre seroit de trop. C'est qu'elle est impraticable et 
impossible. 

« Il a considéré que les dialectes méridionaux, quelqoe 
respectables qu'ils nous paroissent comme héritage de 
nos ayeux (mille grâces lui soient rendues pour cette 
concession obligeante !), n'ont pu s'élever au rang des 
langues écrites ; qu'ils n'ont pas su formuler une gram- 
maire ni fixer une orthographe; qu'ils n'ont produit 
aucun ouvrage remarquable, et que leur usage habituel 
a été signalé par des bons esprits comme une des princi- 
pales causes de la supériorité littéraire du nord de la 
France sur le midi. — On comprend bien que je copie 
toujours. Ces choses-là ne s'inventent pas. 

« Et ici, les bras tombent d'étonnement, j'allois près- 



I» LA RtANCE 247 

qoedirede terreor; ceqai m'autorise à varier la forme de 
reiamen que j'ai entrepris, pendant que je reprends péni- 
Uemenl baleine sur le sommet de cette période pyramidale. 

< Quoi ! les dialectes méridionaux n'ont pu s'élever au 
rang des langues écrites, pas même dans les délicieuses 
poésies des troubadours» pas même dans ces belles épo- 
pées romanes auxquelles nous devons du moina l'Arioste, 
pas même dans ces cbefs-d'œuvre gracieux et naïfs du 
plus joli des patois, que Jean Doujat, le plus savant des 
Languedociens, a cru dignes d'un glossaire, lui qui 
savoit écrire et parler toutes les langues connues I Et à 
qui vient- on signifier cette sentence provinciale au béné- 
fice de la centralisation ? A nous autres, vieux explora- 
teurs du langage et de la poésie, qui donnerions volon- 
tiers toute la rocambole quasi-grammaticale des comités 
d'arrondissement pour un des passatem de Bellaudiero, 
pour un sonnet ou pour une camou de Goudouli, pour 
un noël dé La Monnoye. 

« Quoi ! les dialectes méridionaux n'ont pas su for- 
muler une grammaire ni fixer une orthographe? Elle 
n'est donc pas assez nettement fixée, l'orthographe de 
Pellas, de Sauvage» de ce bon et docte Doujat, dont je 
viens d'apprendre le nom au comité d'arrondissement de 
Cahors? Ils ne sont donc pas formulés avec une assez 
haute puissance de goût et d'érudition, puisque formuler 
il y a, ces beaux ouvrages de M. Raynouard, qui font 
l'admiration de l'Europe savante ? et c'est à défaut d'une 
grammaire formulée que le patois du département du 
Lot est traîné, comme un vagabond sans passeport, 
devant le tribunal correctionnel des collèges ! Dieu nous 
en donne une pareille ! 

< Quoi I les dialectes méridionaux (et allons plus loin, 
car il ne faut pas abuser des privilèges de ce ravissant 
idiome que le comité d'arrondissement de Cahors a si 
cruellement renié pour le proscrire), — quoi ! les patois 
de France n'ont pas produit un seul ouvra^ remarqua- 



248 LES PATOIS 

ble ! Quoi ! Montpellier est assez avare de ses souTeoirs 
pour n'avoir jamais parlé à Gabors des meilleurs chap'h 
très de Rabelais! Quoi! l'académie des jeux floraux de 
Toulouse n'exerce plus assez d'influence locale pour 
étendre jusqu'au département du Lot la renommas de 
Clémence Isaure et de ses belles muses languedociennes, 
toutes parfumées de lys, d'églantines etd'amaranlhes! 
Quoi ! tant de scènes charmantes de Cyrano, de Régnard, 
de Dancourt, de Marivaux, de Molière, du grand Molière, 
seront condamnées à subir à l'infini les interprélalions 
forcées des grammairiens, comme la scène punique do 
Pœnulus de Piaule, parce qu'il aura plu au comité d'ar- 
rondissement de Cabors de traiter notre françois origi- 
naire , noire aimable langue maternelle , comme les 
Romains encore à demi barbares ont traité le carlba- 
ginois ! Ne trouvez-vous pas qu'il y a dans l'idée de sup- 
primer le patois je ne sais quoi qui porte à rire, et je ne 
sais quoi qui force à pleurer. 

« Et voyez le malheur auquel vous avez si miraculeu- 
sement échappé ! Si le comité d'arrondissement de Cahors 
avoit régi les études primaires de la Grèce antique sons 
Pisislrate ou sous Périclès (ceci est une pure supposi- 
tion) ; s'il les avoit régies en ce temps-là, le comité d*a^ 
rondissemeut de Cahors^ comme il les régit aujourd'hui 
dans notre France universitaire ; s'il avoit supprimé bru- 
talement les dialectes provinciaux, comme il vient de 
supprimer les nôtres, par une délibération spontanée; 
formulée à huis-clos ; signée : Le comité (Tafrondissenmt 
d* Athènes^ et plus bas: Donnée en notre Athénée, iâ 
Recteur de l'académie ! je tremble, j'ai horreur de vous 
dire ce qui seroit advenu I... Nous ne saurions pas 
aujourd'hui qu'il fut un Homère ! 

« Quoi! l'usage habituel des patois méridionaux a été 
signalé par les bons esprits comme une des principales 
causes de la supériorité littéraire des provinces du nord 
de la France sur les provinces du midi !..• 






Dft LA. FftàRGE fM9 

« Je la yeux Uep. C'est là un de ces procédés d'ex- 
qwe urbanité dont le Sud est parfaitement maître de 
j^Ddre l'initiative sur le Septentrion, et je lui en sais 
beaucoup de gré pour ma petite part de vanité arctique. 
k n'ignore pas, touttfois, qu'une politesse en vaut une 
autre, et je m'en souviendrai mieux tout-à-rheure en 
relisant Rabelais, Montaigne et Montesquieu. 

< Hais le comité d'arrondissement de Cahors se seroil- 
il persuadé par hasard qu'il n'y eût de patois en France 
que le patois languedocien, et que le Nord n'ràt pas le 
malbeur de parler des patois comme le Midi, car teUe 
seroit la conséquence logique de cet énorme considérant f 
Faut-il lui faire savoir, ou lui rappeler, que le patois, 
c'est la langue du pays ; que nous avons des patois, nous 
autres, comme les gens de Cabors ; que La Fontaine les 
parloit avec plaisir et La Monnoye avec esprit ; que ces 
patois, fort inférieurs en grftce et en énergie à celui dont 
ils font si bon marché^ ont cependant pour le moins 
autant d'énergie et de grâce que sa langue municipale, 
et que les botis esprits dont il nous fait peur pèchent sin- 
gulièrement par l'esprit s'ils ont avancé autre chose ? A 
causidérer le patois comme un obstacle au progrès litté- 
raire, il n'y a véritablement pas de raison pour que les 
écrivains du Nord l'emportent de beaucoup sur Montes- 
quieu, Montaigne et Rabelais. 

« Ce que d'excellens esprits ont soutenu, c'e^t que si 
la langue d'Oc avait prévalu, celle que nous parlons. seroit 
peut-être plus élégante, et plus harmonieuse, et plus 
ricbe; c'est que nous n'en aurions pas moins Racine, 
Molière et Féneion, avec quelque attrait de plus que 
notre dialecte sourd et muet leur a refusé. C'est l'avis de 
tous ceux qui se connoissent au mécanisme de la parole 
et du style, en exceptant, comme de raison, le comité 
d'arrondissement de Cahors. 

< Non, messieurs, je vous le jure ! vous ne suppri- 
merez pas les patois, vous ne supprimerez point de lan* 

n. a& 



L 



250 LES PATOIS 

gues ! Les langues ! elles meurent à leur jour comme les 
rois, comme les dynasties, comme les nations, comme 
les mondes et les soleils, comme les comités d'arrondisr 
sèment ; mais les hommes n'y peuvent rien. On parlera 
long-temps après vous le languedocien qui vous déphil, 
le basque et le bas-breton, qui sont des langues plus spé- 
ciales, je ne sais pas si vous le savez, et qui ont ravao- 
tage de posséder des grammaires très bien formulées. Et 
puis on parlera d'autres langues encore que rUniversité 
n'aura pas faites, et que vous n'entendriez ni plus ni 
moins que les langues du passé. — Et puis, on ne parlera 
plus des universités, des recteurs et des comités d'arron- 
dissement. C'est le train éternel des cboses du monde! 

« Non, messieurs ! aucune langue ne mourra de mort 
légale et juridique, en face d'un lycée, garottée, bâillon- 
née, plastronéed'un écriteau de condamnation barbouillé 
sur le pupitre d'un pédant! Jamais un recteur, assisté de 
deux cuistres, ne la jettera dans Téternité au nom du roi 
et de justice! Les langues sont plus vivaces : on ne les 
tue pas ! 

« Laissez-nous donc les patois, s'il vous plaît, mes- 
sieurs de Cahors ! Laissez-les nous par grâce ! ils nous 
dédommageront du moins un peu du bon frangois qu'on 
fait aujourd'hui ! » 

Si Charles Nodier vivait encore, il serait heureux de 
voir que la cause qu'il plaidait avec tant d'esprit e^ de 
chaleur est complètement gagnée. De nos jours, les patois 
sont plus en honneur que jamais. On les imprime, on 
leur consacre des grammaires, des glossaires^ et même 
ils ont leurs académies. Des dialectes traités avec un sen- 
timent si patriotique sont donc loin d'être jetés dans 
l'éternité, comme l'a très justement prévu le savant 
adversaire de Messieurs de Cahors. 



DE LA FRANGE 251 



LES DIALECTES 



Le Dialecte Normand. 



« Le dialecte normand est celui de tous dont les limites 
étaient le plus circonscrites et le plus nettement déter- 
minées. Son siège était la Normandie ; puis , sans subir 
de modification notable, il s*étendait sur toute la Breta- 
gne, et sur la plus grande partie du Maine. Au nord, il 
suivait le littoral de l'Océan , le long des côtes de la 
Picardie, en se mélangeant jusqu'au-delà d'Abbeville avec 
le picard ; à l'est, les limites étaient à peu près celles qui 
séparent la Normandie de l'Ile-de-France: cependant, 
dans le commencement du xin* siècle , il a étendu son 
influence jusqu'au cœur de cette dernière province, et 
les formes qui lui sont propres se sont introduites jusqu'à 
la rive droite de l'Oise^ et même en partie jusqu'à Paris. 

« Le langage de Normandie se distinguait de notre 
langue française : 

1* II rejetait Vi de la plupart de nos syllabes en ie, ter, 
at, air^ et écrivait ces syllabes par un e pur, soit en 
perdant tout-à-fait cet i, comme dans derrere , lesser^ 
plere, becer^ soit en le renvoyant dans une syllabe pré- 
cédente, comme dans primer. En d'autres termes , le 
langage normand substituait des formes sèches , c'est-à- 
dire sans i, à la plupart des former mouillées dçs autres 



L 



969 bss PATOIS 

dialectes. Il écrivait donc par un é simple, qui se pronon- 
çait bref el très fermé, presque toutes les syllabes en tà 
et en ei, et beaucoup des syllabes en i^, M, tefi, ier^ tes, 
ieu^ des autres dialectes. 

^ Généralement on écrivait, en Normandie, par un s 
simple la plupart de nos syllabes en o, en ou, en «, en 
eu, en oU en on^ en ar, et même quelques syllabes que 
nous avons en a. 

« Cette orthographe a été suivie pendant fort longtemps 
en Normandie, en Bretagne, et dans le langage angio- 
normand, c*est- à-dire dans le français écrit en Angleterre 
par les conquérants de ce pays. On la trouve fort répandue 
jusque vers la fin du xir siècle. 

« Il faut d'ailleurs bien se garder de croire queru nor- 
mand, dont on faisait un si grand usage , eut toujours, 
bien fixe et bien déterminée, la prononciation de notre % 
français. On s*en servait pour la voyelle ot» comme pour 
la voyelle u; l'usage seul pouvait déterminer, en chaque 
cas, sa prononciation précise. Ce qui prouve cela, o'est 
que dans les textes de Normandie, lorsque les usages de 
l'orthographe firançaise commencent à s'y introduire el i 
se substituer peu à peu aux habitudes de la proviaee, on 
rencontre souvent le même mot écrit indislinctement ptr 
u et par ou. 

« Je crois qu'en général on peut établir comme règle, 
pour la prononciation de Vu normand, que le son qu'il 
exprimait était plus grêle, plus sifSé et plus labial que le 
nôtre, et quelquefois plus sourd. Quand il représente 
notre voyelle éu, il faut le prononcer assez généralement 
comme u; mais quand il représente nos lettres o», o, si 
valeur équivaut souvent à peu près à celle de la première 
de celles-ci. 

3* Son d final au lieu de notre t : fuê, ftat, etc. 

4? Les diphthongues y sont rares ; et seulement oelliie- 
ci ; es, uU oe, aun^ <nm. 



ï 



DE U FRANCE 2S8 

♦ 

Les lettres Oru qui s'y rencontrent assemblées ne s'y 
proDonoent que séparément. 

5' Lé langage normand écrivait en ei ou simplement 
en e la syllabe oi française , substituant ainsi constam- 
ment des formes grêles et ténues aux syllabes pleines et 
sonores des autres dialectes. 

< Le dialecte de Normandie écrivit toujours par ei les 
formas d'imparfait du présent de Vindicatif é^ verbes, 
qoi, dans le dialecte de Picardie et Flandre et dans celui 
de Bourgogne et Champagne, s'écrivaient uniformément 
enoi. Ainsi, en Normandie, il di$eit, il feseit^ ilpenseit; 
en Picardie et en Bourgogne, ildisoit, il fêMit^ ilpensoit.^ 
(Fallet, Recherches.) 

Les formes sèches de l'article singulier del^ al, e/, ont 
été longtemps employées en Normandie. 

Maintenant que nous avons établi le domaine et le 
caractère fondamental du langage normand, nous allons 
donner des spécimens des divers dialectes de cet idiome. 

NORMANDIE (Bateux.) 

LES COULINES. (1) 

Gouline vaut lolot, (lait) 
Pipe au pommier, (2) 
Guerbe au boissey. (boisseau) 
Men père bet (boit) bien, 

(1) La veille des Rois, dans les campagnes, on aUume des torches 
de paiUe cm des tiges de moldne enduites de gcmdron ; et les maî- 
tres, les domestiques et les enfons courent les champs en chan- 
tant à gorge déployée les vers ci-dessus. Après avoir bien chanté, 
bien oonTu, et hrûié la mouietoe des pommiers, on revient se met* 
tre & taUe ; le cidre coule à longs flots, et le repas se ptoknïge 
bien avant dans la nmt. 

Les gens de la campagne croient que cette cérémonie, qui est 
évidemment un reste de druidisme, rend leurs champs fertiles. 

(Phiquet^ Gantes populaires) 

(S) pommier donnant une pipe de cidre. 



l 



254 LES PATOIS 

Ha mère oco (encore] mieux. 

Hen père a guichonnée, {guichon, tasse de terre) 

Ma mère à caudronnée, (chaudron) 

Et mei a terrinée. (terrine) 

Adieu Noé 

Il est passé. 

Gouline vaut lolot, 

Guerbe au boissey, 

Pipe au pommier, 

Bieurre (beurre) et lait 

Tout a planté (en abondance). 
Taupes et mulots, 
Sors de men clos 
Ou je te casse les os. 

Barbassionné (esprit malfaisant), 

gi tu viens dans mon clos 
Je te brûle la barbe jusqu'aux os. 

Adieu Noé, 

Il est passé, 

Noé s'en va, 

II reviendra. 
Pipe au pommier, 
Guerbe au boissey, 
Bieurre et lait. 
Tout a planté. 

Fragments de Poésies en Patois Normand. 

Es environs d'Enfer, dans ches tristes vaUons, 
Où nou n'vet rien qu'du ros, des mèque' et des bouaillons (eau 
Colas, tout adoulai, pensant à sa bergiëre, [bonense), 

Goubillonnait du han, an bord d'ia vervaquère. 

{Rimes Guemesiaises par un G&telain, p. 13.) 

Sous les suchets d'ia Hougue-Hailla, 
L'brave boume airait fait le r'fugna 



I 




DB LA FRANCE 255 

Fan troupe d'Margots à d'mi sèqaes, 

Qui 86 caûfaient l'brûqaet (estomach) d'ragots d'mèqoes. 

(MÉnviERy Diction. franc(hnorm,, p. 95.) 

Un* vieil' femme et ses crftgons (enfants), 

Un' vieil!' tchienne et ses cftgnons (petits chiens), 

Ronânant, ouâillant et braqa'tant, 

Faisaient jurer le passant. (Rim. Guem,j p. 80.) 

Ni de canvre ni de caniviëres (chënevière), 
Ichen non n'en vet pas gaères ; 
Gh'est, m'est avis, que l's lll'mands. 
Pour qu'nou les pende, ont trop d'sens. 

(MÉTiviER, Diction, firanco-norm.^ p. 110.) 

Qu'nou rime à s'n aise 

Dans les jftnnets, par les courtis (verger), 

Llong d'ia banque et sus les côtis 

Ou les falaises ! {Rim. Guem,, p. 136.) 

L'i oyons sutQair dans la poumâre, 

Les vents éragis, les troublais ? 

Quais fias ! quais rabats ! l'grant a dâre, 

I néve et nos viviers sont j'iais. 

Près d'voas, sus men bignon d'pavie, 

J'réponds au jargon du criquet (grillon), 

J'rime et j'iaisse endévair l'achie, 

Les daeux genouaix dret d'vant l'tronquet. 

(MÉTIVIER, Diction, franco-norm.y p. 156.) 

• 
La table on si arunit avec deux ais d'érable. 

Où un des draps du lit servit de doublier (nappe). 

(D. Fernand, Ifuse normande, p. 176.) 

Qm plaisi d'glanair les poummes ! 

L'soleil fait bel es c^tis. 
Et FfHt (fruit) qui rcjouit les hoummes 

Pleut sur l'herbe des courtis. 

(MÉnviER^ Diction, franco-normand, p. 256.) 

Pavais de biaux gartiers de laine 
Rouges et verts, 



S56 USB l»AVOIS 

Qui me ballèst avaud les gambes (jambes), 

Jusqu'aux mollets. {Ancienne ehanson normande,) 

Pour bien, i n'avait qu'sa cabutte, 

L*^ ffardin et V clos, ab I quai raoouin ! 

Badiin, patle et marmite, une gatte, un broc, une jiHe, 

Une frumine, un bipion^ un liet d' ckiques et d'étrain. 

{Rimes OuemeiiaiseSy p. 86.) 

Drès iau matin, quand je m'esveîUe 

J'ouvre la goule avant les oils ; 

Et j'ai recours à ma bouteille, 

Qui me rend le teint si vermeils. {Ane. chans, norm) 

Pensais, bouanes gens, quai tersaut 

Quand la garce vit paraître 

Missis Stoute et sen bouan maître. 

Un gros cat pus neir que blanc, 

Qui la grimait (égratignait) jusqu'au sang. 

{Rimes GuemesÙMes, p. 67.) 

Jla vîmes, auve ses longue» dents grincbies (grincées), 

Accluquie sus le p'tit bignon ; v 

Et, j'n'en mens miette, à sa bracbie, 

A f naît un cat et un guenon. (Atm. Guem.j p. 99.) 

Tu avais six dents, ma paure vieille. 

— Yère ! mais la touss fît volair^ 
L'aute matin, les daeux pus belles : 
Daeux neires qui soûlaient craoulair ; 
Je l's ai cracbies dans la v'nelle, 

Et l're^tant à mw, pas d'hus. 

— Tousse et cracbe : i n'y en a pus ! {Rim. Giiem., p. 8.) 

Tu sais ben qu'à not' bardelle (jeune fille>, 

Qu' les garçons trouvent si belle, 

I fallait quiques ribans, 

Pour sortir 0¥ les s'éluits. (RtOL. /ara., p. 79.) 

L' vaillant sujet d' not' p' tite reine 
Print l'agnelle entre ses bras ; 



DR LA FRANCE 257 

Fmit qa'il aeiuse r'prins s'n haleine, 
Non z'ouit r'dooblair les houras. 

(Rimes GuemmaiseSi p. 96.) 

A la Fouarét nou z*en pftle (parle) ; 

L' terrien, en cachant (conduisant) ses bœufs, 

Les répète an Glios du Yalle 

Et à rA?a d' Saint-Sauveux. {Rim. Guem., p. 146.) 

Véyoûs, au mitan d'*sen cherne, 
La hine a ies grins en haut ; 
Si ch'est r ciel qui nons gonyeme 
Que d'vents sofileront tantôt I 

(IfÉnviER, Diction, franco^normand^ p. 125.) 

Ti flambe sa men cœur percheye, 

Gomn' on oysel sas an bâton, 

Me fait jasé coom' an oison. (Muse normande^ p. 29.) 

Auprès d'mé j'vé sourdre l'alouette, 

L'malard (canard) échardant sa pirette (tourmentant sa cane), 

Uaronde énaqaant sen bibet. 

Tourne, tourne, men béni rouet I (Rim. Guem., p. 165.). 

Un gobin d'mété caud t'étoune ; 

Td en ûds le refugna, malin piant I 

Et tu mAqaes (mange) à r'gret la gignioune 

CSourn un di'va qui rognerait du jant. (Rim. Guem,j p. 2.) 

Sh ! qu'un houmm' baill' de bouons firicots ; 

A qui Tourt emprunter, qu'i dounne ; 

Qa'i n'i demand' jamais à personne, 

n aitha d's amins par mouochiaux (monceaux I) 

(Rim. Jets., p. 242.) 

Nou l'écrouera dans la casse, 

 s'ra nère, il est nérot (noir). 

Et r jour de la dédicace. 

Ta béras coumme un pirot (Met., THct. franc(Hnarm., p. 116. 

Au haut da perier d'sen père, 
L'pid li manquit : gr&ces à Gu> 

n. 83 



3BBS ufl r^Doi» 

Sas une touffe d'orties sordnèTMy 

A caît assise et à nu. (A(m« Qumi.f p^ 15.) 

Qiie nou ii pâl' d'éfànts : 
— Ah ! oui, oui, 
Ditha-t-i, 
Les aviers sont charmants ! ^ 
Quand 1 «ont p'tioié, che n'est que piaitte, 
Quand i sont grands, c'hest piéthe ocquo ! 

(JMm. Jer9.i p. 9M«) 

Les trouhliais, s'talle, à qui faire 

Elourdair teijoûs Fbouan Gu? 

Usair pies d'braies sus les roques^ 

A la Plianque et es moulins, 

Quand nou z'ot sounair les clioqueUf 

Les fifires et les tabouarins ? (Rimé Gmm,, p. 31.) 

San goret dans l'vier parquet couine 

Et gronde, à mainti mort de faim, 

Ecoute^ hermoune à Tus. mord, tricache et trott'linei 
Et, pour sauvair sen lara, brinotte une poignie d'fein. 

{Rimei CruemetiaiseSf p. 86.) 

J'trouv'rai rbounheur et la jouaie 

Dans tes iûes, entre tes bras, 

Et tes jours s'ront fillis d'soaaiOi 

Si pouvaient Tâtro idiin bas. (fimé Gricem.» p. 56.) 

D'ieux grand' quérue i font un rion 

Pour l'enterrair sous l' frie ;* 
Jean Graindorge, men vier garçon, 

Ylà ta course finie ! {Rim. Guertt.^ p. iSj 

Pense à ten rion (slUon), Judith ! 

Goulo charmant. 

A flieur de bras. 
Fais ta vieillotte et n'ris pas tant, 

Honras 1 {Ùhan$^ guem,} 

Et où est qu'est 1' chréquien^ sage ou gnâan^ 
Qui n'ait ou! lière 



DE LA rRAHOE 369 

Gonmm' l'osai pîimt, Richard Binon, 
AtUqoit ans r-goérat d'Yvoa, 

La rouage guerquière ? (Rim, Guem., p. 133.) 

Et si qiiiqa' vieille émittaie 

Rouàne et dit ^' j'en avons ieue trop. 

On s'a lève sa cuiller à pot, 

J' li dirons : TI4 ta totaie (rôtie) : 

Allons, tais ta goule et bé. 

Vive la cave et vive l'émé ! {Rim, Guern,, p. 26.) 



Patois Percheron. 

M. A. Genty, auteur d'un mémoire sur la Parenté des 
langues^ a fait une étude spéciale du patois percheron. Il 
pense que cet idiome est un débris de la première 
langue d'o'il, antérieure à celle du xi^ siècle, modifiée par 
le patois normand. Le percheron moderne n*est qu'un 
amalgame de français et.de percheron, l'un et l'autre 
corrompu. P. Genty, maréchal-ferrant, qui résidait au 
commencement de ce siècle au village d*Armentières 
(Eure), a composé des poésies patoises dans cet idiome. 
Nous en reproduisons quelques-unes, avec la traduction 
faite par M. A. Genty : 

l' baon guied z-éé baon. 

Heu ! qu' el baon Guieu z-éè baon ! 
Pou n-ein poà qu'aon lié daonne 
D' trâs feuv's i no-ou fsain daon ; 
Rpintez-vo, n-i peardaonne : 
Heu I qu' el baon Guieu z-éè baon ! 

Heu I qu' el baon Guieu z-éè baon ! 
D'ieun' saoulé' u-tin neun' oute 
laen tumhion, — queû cochaon ! 



L 



260 LES PATOIS 

Saon Guieu, çao qu'éè lao goutte... 
Heu ! qu' el baon Guieu z-éè baon l 

Heu I qu' el baon Guieu z-éè baon ! 
L' bon Guieu lié paye à boére : 
San çao, k'meint qu-i f-rain mon?... 
J* ié caoutrain lao maâcboére... 
Heu ! qu* el baon Guieu z-éè baon ! 

Heu I qu' el baon Guieu z-éè baon ! 
J'on iu bin dé traévésses. 
Et, dain c-té vi* d' démaon, 
D'out's feur pu graes dé fesses... 
Heu ! qu' el baon Guieu z-éè baon ! 

Heu ! qu' el baon Guieu z-éè baon ! 
Ao trévô lao misère, 
L'eincleum', el feu, r cherbaon, 
J*from-t-i nout tit' éfére ?... 
Heu 1 qu* el baon Guieu z-éè baon ! 

Heu I qu' el baon Guieu z-éè baon ! 
Tu supirion, borgeoése, 
Et t-n-ai n*éè poin mignaon ? 
Peurl', i faout prind' se z-oése... 
Heu ! qu' el baon Guieu z-éè baon ! 

Heu ! qu' el baon Guieu z-éè baon ! 
Mao viéer, j' comprin tao peine : 
Unz miot dein nout meesaon !... 
J' som bin pré d' lao dozaine... 
Heu ! qu' el baon Guieu z-éè baon ! 

Heu ! qu' el baon Guieu z-éè baon ! 

S' i vnion san nanicrocbe, 

J' vlain qu' pou ç-miot lao, l' bourdaon 

Sounion, et tout' lé cloche... 

Heu ! qu' el baon Guieu z-éè baon ! 



DE LA FRANGE 261 

Heu ! qû' el baon Guieu z-éè baon ! 

N-ein r viant nu z-ao TAglise; * 

Nout Curai lié bâraon 

Quoq viéx seurpli pour ch-mise... 

Heu ! qu* el baon Guieu z-éè baon ! 

Heu ! qu' el baon Guieu z-éè baon ! 

C'éè \i qu'on fa la tére, 

El soulè, lé moéssaon. 

Et c-quo j' bais dein maon vére... 

Heu ! qu' el baon Guieu z-éè baon ! 

Heu ! qu' el baon Guieu z-éè baon ! 

J' sis gaya corn paersonne 

Et ga-ai com nun pinsaon : 

Tout r monn m'eum', j'eum tout le monne... 

Heu 1 qu' el baon Guieu z-éè baon ! 

Heu ! qu' el baon Guieu z-éè baon ! 
Bin dé foas, dein mao rote, 
J' l'on veu ; — z-i no sourion ; 
I vlain gréessi mé botte : 
Heu I qu' el baon Guieu z-éè baon ! 



LE BON DIEU EST BON (tradUCtiOU). 

Ab ! que le bon Dieu est bon ! Pour un pois qu'on lui 
donne, il fait don de trois fèves. On se repent, il par- 
donne. Ah ! que le bon Dieu est bon ! 

Ah I que le bon Dieu est bon ! D'une soûlée dans une 
antre, Jean tombe.... l'ivrogne! Son Dieu, c'est la goutte 
(le petit verre). Ah ! que le bon Dieu est bon ! 

Ah ! que le bon Dieu est bon ! Le bon Dieu lui paie à 
boire; sans cela, comment ferait-il donc?... Moi, je lui 
coudrais la mâchoire... Ah ! que le bon Dieu est bon ! 



362 LUS PATOIS 

Ah ! que le bon Dieu est bon ! J'ai eu bien des traverses, 
et, dans cette vie de démon (diabolique), d'autres furent 
plus riches que moi (mot à mot ; plus gras des fesses). 
Ah ! que le bon Dieu est bon I 

Ah ! que le bon Dieu est bon ! A travers la misère, l'en- 
clume, le feu, le charbon, ferai-je ma petite affaire?... 
Ah ! que le bon Dieu est bon ! 

Ah ! que le bon Dieu est bon ! Tu soupires, bourgeoise, 
et ton air n'est point mignon ! Parle ; il faut prendre ses 
aises... Ah ! que le bon Dieu est bon ! 

Ah ! que le bon Dieu est bon ! Ha vieille, je comprends 
ta peine. Onze mioches dans notre maison ! Nous som- 
mes bien près de la douzaine !... Ah ! que le bon Dieu est 
bon! 

Ah ! que le bon Dieu est bon ! — S'il vient sans anicro- 
che, je veux que, pour cet enfant-là, on sonne le bour- 
don et toutes les cloches..*. Ah ! que le bon Dieu est bon ! 

Ah ! que le bon Dieu est bon ! — En le voyant nu à 
l'Eglise, notre curé lui baillera quelque vieux surplis poar 
chemise... Ah ! que le bon Dieu est bon ! 

Ah ! que le bon Dieu est bon ! — C'est lui qui a fait la 
terre, le soleil, les moissons, et ce que je bois dans mon 
verre... Ah ! que le bon Dieu est bon ! 

Ah ! que le bon Dieu est bon ! Je suis gaillard comme 
personne et gai comme un pinson. Tout le monde m'aime, 
et j'aime tout le monde... Ah ! que le bon Dieu est bon ! 

Ah ! que le bon Dieu est bon 1 Que de fois, sur mon eb»- 
min, je l'ai vu ! Il me souriait. 11 voulait graisser mes 
bottes (il allait jusqu'à vouloir m'aider à marcher). Ah! 
que le bon Dieu est bon ! 



■ M l I I f^T*^ 



lA LA PRAUGE !ifô 

N£(m COU D' FOQAl 

Amon lé jaimb ed quoq bùrguifum et ohàitnpna 
qui s'atain fmtu cf nout dire. 

Quo qu' ous disioii laoloein, 
Cas d' Borgongn et d' Chaimpai^e ^ 
Yout aesprit n'on r tintouein ; 
I baettioQ lao campaigne. 
Se j' ous enteinnon bln 
Nout cttr i n' uélion ria 
poeu, cao qa'ée ton oomine. 
V's-éoé vin et réesin» 
Çao qu'ée baon,... ma, Coosltt, 
Faout pà t' fouti d' lao pomme. 

Noû plann duan voû coôquiaoox 
N' sieubiron pà d'aeclisse ; 

s' foutain d' leù cooupiaoux 
Pq draits quo d' z-iôbélisae* 
Dsott noû pommiéa feillusi 
Tan j' on tro beu d' leû jus^ 

Heu I qu'aon dô bin neun somme : 
Dein voû vinn's aon n' dô briné». 
N' tp foutain mon» Goosin, 
Du pommié né d' lao pomme. 

Ton beu d' vûû vin aouttoas ; 
J'einn n-on paerdu Teinuie. 
Trebin n' son qu' de sornoas 
Et j' n'ié r'goûtrain d' nout vie. 
Porquai qu' i-on tan d' gottéx 
Dein lé jun's, dein lé viéx^ 
G*ée r vin qui lé z-essomme. 

1 n-irain d'ieun ont train, 
G'ée mai qui r di, Goosin, 
SI s' cotintion d' lao pomme. 



^ 



264 LES PATOIS 

L' vin i bAlioQ d' Taesprit, 

Àq dision Lao Moneille. 

J* vlain bin V crai, ptqu'i V dit, 

Ha çao m' choquain VoereUle. 

M'ée z-éuis quo c' mossieu 

Séuion caichai saon jeu 

Et n' boioioQ quo d' Tiau d' gomme ; 

s*i boiuion du Tin 

1 1' copion fo, Goosia... 

Tou çao n' vlain pà Tiau d' pomme. 

Béyau, Melbeurb, Gournai, 

1 n-ion toû beu du cttre. 
Sriom-noo t-adsbonourai 

D' chaintai lao meum aépttre ? 
Gournai ! faites m'ein vat deéx 
Dedsez voo qui vlain miéx : 
Çao qu'ée lao creum dé z-bomme. 
Ha Gournai, qu' srain-t-i ? Rin, 
Rin n-ein tou^ biau Goosin, 
S'i n'iussain iu lao pomme. 

Gbaimpnas et Borguinons, 
Mé gas, faout n-ein raibatte. 
Tertou» Noormans, Peurcbrons, 
J' son tirai d' lao sauatte. 
Nout cttr n'on pâ saon pai : 
Neun pu biau qu'aon l' fâ vai, 
J' rirain dt jeusqu'ao Rome !... 
D' té vinn's ed tao réesin 
J' no battom Tuei, Goosin ; 
Gâd les, j' gftdrom noû pomme. 



OEiikà.fBJJICE W6 

im COUP DE FouBT (traductiOD) 

Le long 4^ jambes à quelques BaurguMinons 
ftfibampenais qui s*étaient moqué de notre ddne. 

Qu'est ce que vous dites là ))hs, geqs de Bourgogne et 
de Ghamoagne ? Votre esprit a le tintouin; îl bat la com<- 
pagne. Si je vous comprends bien, notre cidre ne vaut 
rien ou peu, c'est tout un. Vous avez vin et raisin, c'est 
bon... mais, Cousin, il ne faut pas te moquer de la pomme. 

Nos plaines devant vos coteaux ne subiront pas 
d*éclipse ; elles se moquent de leurs coupeaux plus droits 
que des obélisques. Sous nos pommiers feuillus, quand 
nous avons trop bu de leur jus, ah ! qu'on dort bien un 
somme ! Dans vos vignes on Ae saurait dormir... Ne te 
moque donc pas, Çpusip, du pommier ni de la pomme. 

rai bu de vos vins autrefois ; j'en ai perdu l'envie. 
Beaucoup d'entre e^x ne sont que des sournois, et je n'y 
regoûterai de ma vie. Pourquoi tant de goutteux parmi 
les jeunes gens et parmi les vieiJUards ? C'est le vin qui 
les assomme. Ils iraient d*un autre train, .c'e^t mn qui le 
dis. Cousin, s'ils se contentaient de la pomme. 

Le vin donne de Tesprit (que) dit La Monnoye. Je veux 
bien le croire, pttisqu*il le dit, m^is oela me blesse 
Toreille. Il me Siemble que ce 0U>n8)ear sait cacher son 
jeu et ne boit que de l'eau de gomme ; ou, s'il boit du vin, 
il le coupe fort, Cousin... Tout cela ne vaut pas l'eau de 
pomme. 

Belleau, Malherbe, Corneille, tous, ils ont to du cidre. 
Serions nous déshonorés de chanter la même épitre (d'en 
boire comme eux) ? Corneille ! faites m'en voir deux, chez 
vous, qui vaillent mieux que lui : c'est la crème des 
hommes. Mais Corneille, que serait il ? Rien, rien du 
tout, beau Cousin, s'il n'eât eu la pomme. 

Il 34 



266 LES PATOIS 

Champenois et Bourguignons, mes amis, il en faut 
rabattre. Tous, Normands et Percherons, nous savons 
tirer de là savatte (nous défendre). Notre cidre n'a pas 
son pareil : qu'on en fasse voir un plus beau, je lirai dire 
jusqu'à Rome... De tes vignes et de ton raisin nous nous 
battons l'œil (nous nous moquons). Cousin; garde les, 
nous garderons nos pommes. 



LAD GUERNAOUDB É L' BEU. 



Ein jou, neun' jun' Guernaoude, 
Ou pu grouss' com ein eu, 

Vut neun beu 
Si pôrri graes, si tan dodeu, 
Qu'i n-ein fsion vranmein ptt sao blaoude : 
C'éta neun meingé du baon Guîeu. 

Aou coup (i féllion qu'o feût saoule), 
Aou coup, lao vlao qu'o s' teruaillain, 
Qu'o s'einflain, qu'o s'eintribouillain ; 
Jémais n-aon ao rein veu d' pu droule. 

— « J' sis grouss' com li, > qu'o fsion, 
« Pu grouss'... » — « Pâ co, créeture, » 
Liée roponnut d-dein lao vaerdure 
Neun' pu vieui' Guernaoud' qui guinchion. 

— « M'y vlao. » — « Pâ co. » — Lao fouttu béte 
N-ein feit tan é tan ao sao tête 
Qu'o finit pa s* rump' tout' lao piau ; 
S' keruJt lao pans', é chut dein l'iau. 

Trebein qui vlion maignai lao pleume 
Frain miéx, com mai, d' batli l'einclume. 
J' n'ein s'on pa loun, ma çao n' fson rein : 
Aou mains c' quo j' fom, aj eul fom bein. 



DE LA FRANGE 267 

LA GRENOUILLE ET LE BŒUF (tradUCtion). 

Un jour, une jeune Grenouille^ sn^osse au plus comme 
un œuf, vit un bœuf si pourri gras, tellement dodu, qu'il 
en faisait, ma parole, craquer sa culotte. C'était un man- 
ger digne du bon Dieu. 

Aussitôt (il fallait qu'elle fût ivre), aussitôt la voilà qui 
se travaille, qui s'enfle, qui se gonfle de vent ; jamais on 
ne vit rien de plus singulier. 

— « Je suis grosse comme lui , » faisait-elle ; « plus 
grosse.... » — : « Pas encore, ma fille, » lui répondit de 
dedans la verdure une Grenouille plus âgée qui souWait. 
— « M'y voilà !» — « Pas encore. » — La triple bêle en 
fit tant et tant à sa télé qu'elle finit par se rompre toute 
la peau, se creva la panse et tomba dans Teau. 

Certains, qui veulent manier la plume, feraient mieux, 
comme moi, de battre l'enclume. Je n'en sais pas long, 
mais cela ne fait rien : au moins, ce que je fais , je le 
fais bien. 



L* CIN d' MA-AI. 

Vui, n-i n-ée mo, Thom san parai ! 
I n' frao pu peu z-ao llngleutére. 
Du monn enqué li qui fiut rai, 
I n*on pu bsoin quo d* quoq pié d* tére. 
Tan d' gloér dain n-eun si ptiot cearcueu ! 
I rion lao loein !... c'ée pâ coteume.... 
Ma dain nout forg' n-i n-y-o pn dïeeu. 
Ylao neun protiq ! rbatton Teinclume. 

Qu- çao qu'ée mon biau, tou c' qu'i n-ao fai ! 
Gom i lié feulion n-einn rend tête ! 
I mnion lao Frainc ein train d'einfai ; 



^ 



268^ lÉ^ pÂtOis 

I mnion rUfop ao là» bai-iétë. 

I fsion tou treimblai d*ein cou d'eu, 

Tou, ptiots et grans, — c'ée bîâ\i tond' nreumc'!.... 

Ma dain nout forg*, etb. 

I feulion r vai, su saon gran jva^ 
Quan n'i peurtion pou quoq pomnéde ! 
I s"* fouttain bein se r veint d'avâ 

sti d'arhont, r reindrion ineléde. 

1 n'on peu d'rin, li, TEimpaireu ! 
Tertou corn li s'fouttain dé rieume.... 
Ma dain nout forg, etc. 

Inglés, Preussien, Russ, Etrichien, 

Gom i vo foution d* baell raclées ! 

Z* éué biau fai, vout grous dous d^ chien 

I n' guarirao poin d' se goulées. 

S* foutt mil cont ein ! v-n-éué pâ d' cueu. 

Vo, dé souda ! v* n-élî qu'ein tas d* feu me.... 

Ma dain nout forg, etc. 

Ao Vatreulo, — mil vintl cin naon ! — 

S* deubatit-t-i dvan et d'riére ! 

C'ée pu n-ein hom, çao qu'ée n-ein ion ! 

Félit tout d' meum môdr lao pdssiére.... 

Dain r cre-eux d' lao man d* nout gran baon Gaieu, 

L' pu lou dé z-bom n' poision qu'einn pleuine.... 

Ma dain nout forg n-i n-y-on pu d' feeu. 

Ylao neun protiq ! rbatton l'eincleume. 

Heu ! lao protiq ! j* m'ein fou pa ma. 
« Ranmmé vout j va sez vo, méet Piaére : 
« Lié faout du rpaô, n-ao c't-anima ; 
« Âo mai n-itou m' faout mao liquiére. 
« N' ditt's pâ quo j' sai n-ein parisseu : 
« Dé teuruailleû j' son bein lao creume, 
« Ma dain nout fèrg^n-i n-y-on pu d' feeu 
If ^t nout mâerqiofiau d6 sûi^ticlefûme. > 



LE ciNo MAI (traduetiôn)/ • 

Oui, il est mort, Thomme sans î?areil. Il ne fera plus 
peur à l'Angleterre. Lui qui fut roi du monde entier, il 
n'a plus besoin que de quelques pieds de terre. Tant de 
gloire dans un si petit cercueil I Ils rient là-bas, ce n'est 
pas coutume.... Hais dans ma forge, il n'y a plus d'feu. 
Voilà un client : rebattons l'enclume. 

Que c'est donc beau, tout ce qu'il a fait ! Gomme il lui 
fallait une solide tête ! Il menait la France un train d'en- 
fer ; il menait l'Europe à la baguette. Il faisait tout trem- 
bler d'un coup d'œil ; les petits et les grands, — en vérité, 
c'est beau !.... Mais dans ma forge, etc. 

Il fallait le voir sur son grand cheval quand il partait 
pour quelque promenade ! Il ne s'inquiétait pas si le vent 
d'ouest ou le vent d'est le rendrait malade. Il n'a peur de 
rien, lui, l'Empereur ! Et tous, à son exemple, se moquent 
des rhumes.... Mais dans ma forge, etc. 

Anglais, Prussiens, Russes, Autrichiens, qu'il vous 
faisait essuyer de belles défaites ! Vous avez beau faire, 
votre gros dos maudit ne guérira jamais de ses mor- 
sures.... Se mettre mille contre un ! vous n'avez pas de 
cœur. Vous, des soldats ! vous n'êtes qu'une troupe de 
femmes.... Mais dans ma forge, etc. 

A Waterloo (mille vingt-cinq nom !) comme il se défen-i 
dit, faisant face à tous!.... Ce n'est plus un homme, o^st 
un lion! Malgré cela, il fallut mordre la poussière.... 
Dans le creux de la main de Dieu, le plus lourd des hom- 
mes ne pèse qu'une plume.... Mois dans ma forge il n'y a 
plus de feu. Voilà un client : rebattons l'enclume. 

Hé, un client! Je m'en moque bien. — « Maître Pierre, 
remmenez votre cheval. Il lui faut du repos, à cette bête ; 
et à moi, il me faut mon lit. Ne dites pas que je suis un 
paresseux : des travailleurs je suis la crème.... mais dans 
ma forge il n'y a plus de feu, et mon marteau dort sur 
l'enclume. » « 



270 LES PATOIS 



Patois du Maine. 



Fragments du Dialocue de trois Vignerons du Pats du 
Maine sur les misères de ce temps (1724). 

Renault. Ai-je jan (déjà) en quenoisl (on connaît) ben 
sieux (ceux) qui se sont faits Prestres par dévotion d'o 
(d'avec) les autres, quiere (parce que) y vivant equiesias- 
tiquement en la crainte de Dieu, et à Tédiflcation dou 
monde. Mais, ô pitié ! camben s'en vaid il d*aatres, qui 
semblant estre Prestres à regret, et avaiz regret au 
monde ? Si l'en a affaire d'eux, ce n'est cheux eux qui 
faut les cherchez pour les trouez, en les trouret pus 
taeust (plutôt) es tavernes, au jeu, es rués, en chausses 
et en pourpoins comme laquais. Y sont habillez si 
curiaeusement, si pompaeusement qu'en ne les connoit 
pus do les séculiers. Y semble qui voudraint ben estre 
Demoiselles, ô lous grands rabats empessez, 6 lous 
beaux pourpoints ouverts» découpez, déchiquetez, bala- 
frez, espenaillez devant, derrière, sur les manches, à 
haut, à bas, dessus, dessous, tant de boutons, taot 
déguillettes aux genoûais, tant de rabats au poing, tant 
de mignardises, tant de fanfares, et fanfreluches, tant de 
saeuliers hauts à point levais, tant de grands chevaeux à 
la sourde, tant de barbes à la mistandaine à l'EspaigDole, 
à l'Italienne le tout par dévotion, et le tout à la courti- 
sane. L'en ne sçait pas que ç*est : en ne peut quenoistre 
si sont Prestres, ou Moynes (car l'en vaid oussi des 
Moynes en cet équipage) ou Gentils-hommes, ou Bour- 
geais, où Marchands tout est en desordre. Si se trou 
quieauque (quelque) nouviauté d'habits, y l'en ont des 
premieux. Est-ce par dévotion tout cela? Noustre Sei- 
gneur est eWl ainhin (ainsi) habillé ? ses Apoustres, sfô 
Disciples, ses Saints, tous les gens de ben et de dévotion. 




DE LA FRANCE 871 

Par la Morde, mon Hatelin, y n'est rain pus vray, c'est 
un grand repaes d'esprit, et un ben grand contentement 
à un homme quand il vit dou labour de ses mens, sans 
s'attendre aux coquilles des autres, et sans intéressez 
personne. Il cray, que les bens ainbin asquis, sont de bon 
acquist. J'ai oy contez d'un bon homme Faisant et 
baïchouz (bêcheur) de vigne comme nous, qui ayant la 
mort entre les dents, appellit et fit veniz ses èfans à lu, 
et lous dist : écoutez ben mes érans vay vous tenez (dire) 
tout ce que j'ay peu amassez en ce monde est caché en 
noustre vigne ; je ne vous dy point l'endret ; baichez par 
tout, et ne finez jouques à tant que-l'ayez troïe. Y voulet 
loa faire entendre qui ne poûaint trouez un meilleur 
thresor que de labourez ben la terre. Hais ces paeuves 
lourdaux ne l'enlendaint pas, s'en vont vistement happez 
lour crocs pour allez baichez par tout en lou vigne ; et 
baichirant tant et tant de fais, qu'enfin y trouvirant ce 
que le bon homme lous avet dit, quere (parce que) lou 
vigne apportit tant de vin après cela qui ne poûaint 
fourniz à tonnaux pour le mettre. Et vêla coment y faut 
gaignez les bens équitablement, qui en vient bien jouis 
pour les mondipiez afin qui nous prospère jant à naus et 
aux naeustres. 

Quand à may j'ay encore tréjours mangé mon peu 
(pain) à la suour de mon visage, ainhin que noustre Sei- 
gneur l'a ordonné, et le signifia à noustre Père Adam. Je 
n'ay rain en ce monde que je n'aye gagné en ahanant 
(travaillant rudement) ben, et sans que personne se pusse 
plaindre de may. Hais aussi, men cœur est si content que 
je ne vaudra pas changez ma condition ô une pire. C'est 
Dieu, vay vous ben, c'est Dieu qui nous aide. Jén vay 
ben de plus riches que may, mais y l'ont oussi pus d'af- 
faires que may et qui ne voudraint. Je prise pus ma 
patience que lous bens. Mes procez ne m'énpéchant point 
de dormir toute la nect en mon paeuvre petit cheutrin. 
T l'ont des écus jaunes, et de grands pièces beanches à 






piennes}ou0. grands gibecières. Si j'en av^sw poy de^oé 
qui l'ea ont trop, cela me feret grand ben à payez nonstre 
CoUitour (percepteur) ^qui nous mange jouques en la 
courée. Et bea, et ben, les riches mangeant les graeux 
(gros) gobeau^, les gras morceaux el frippant les bonnes 
lippé^. Et may ? que je troue ima table ben .garnie 
quan4 J6 le vay chergée d'une bQpne 4oulé de chcox 
qniets (cuits) 6 de Thuile^ ou de .laict espèce ou batalé, 
ou l^en une éculée d^ ,paes ou de fiauvos ô up .poy de sd 
et de vinaigre; le dévore cela. de 9i:bop appetiit.O bp b^ 
meiilouz gui ;ne humant lo.u fricassées. L'en m'a donné 
donc marc de ponimes, dequay j'ay fait dou résiné qui me 
nourrit si ben que j'en scay engressé : vay vous tenes, 
reg^rdez-mon, est-t'il pas vray? Vêla ma gourde qui eo 
est formeut oucore pienne, y ne s'en faut que ce que j'en 
ay ^eusté (goûté). Je l'ay fait dire glou glou en ma goige : 
et par la mordune cela ma faict gran ben je Tay troué 
meilleur qui ne font lous hipocras. Je n'ay point si sou- 
vent affaire des Médecins compie eux, Dieu m^ercy, ny deç 
Apptipaires oussi. 

Pjatois de FAn^u. 

NO PL. 

Sur : Ce nriguon qui tu deamct 
Et debbe sur va dy Micheau, 
GringueUgolons naulet^ nau. 

Que fais tu là, dy pastoureau ? 
Su chant ne te souvjent-il point 
Que nou9 a faict l'ange dau eeau (ciel)» 
Tandis qu'on cousoit «non pourpoint. 

Que d'une dame 

En .corps et âme 
Estoit nasqui in enfanteau ? 
Mère, o n*en vy grain de beau, 
St debbe sur va dy Micbau, e^c. 



DE LA FRANGE VIS 

Harelu, Noguel et Clabot 

Ce sont hugrement (vivement) esvoillez. 

Golinet a prins son sabot, 

Qai avoit perdu sou selier. 

Chascun court, trotte 

A plaine rotte ; 
Quant vint à passer un russeau 
Hordet en eut plain son houseau (bottine), 
Et debbe sur va dy Hicbau. 

Alizon venoit en courant, 
Disant que voyre après nous tous 
Iquau (ce) chemin estoit tirant ; 
Mais aussi elle avoit la toux. 

Son derrère sonne 

A grosse tonne. 
ITarme ! (certes) ol est plus gros qu'in tonneau 
Iquau chanson de son bruneau. 
Et debbe sur va dy Hichau. 

M'arme ! o fusmes esmerveillez 
Quant voguismes (vismes) le petit Dé. 
ne failut grain (pas du tout) réveillez, 
Il nous attendoit à mesdé (midi), 

En une cresche. 

L'asne le lesche, 
Le beuf estoit du rastau, 
Mère, qui congnoissoit iquau 
Et debbe sur va dy Michau. 

Je me lance sur mes genoix, 
Si flst Barbot et ses recors : 
Et luy presentasmes des noix. 
Faisans bommaiges de noz corps. 

Point ne mignue (mange), 

Il éternue, 
Menacoit ung grant sotereau, 
n 35 



374 



LES PATOIS 



Or villain nommé Satbaneau. 
Et debbe sur va dy Michau. 

Je luy donne ung gresillon 
Doulcettemeot en TacoUant, 
Hoquedé baille in papillon 
Qu'il avoit happé en voilant. 

Jehanne de SoUes 

De ses berboUes 
Fist ung bouquet plus bon que beau, 
Qu'el donna au petit bardeau. 
Et debbe sur va dy Micbau. 

Guillot, son nez prunelle, 
Tantost s'est prins à pioUer 
Le vent de sa vèze (cornemuse) i voHe. 
Il au failly la recoller, 

Plustost elle pigne, 

Hais el rechigne. 
Ma foy ol est plus sot qu'in veau, 
Iquau meschant turrelureau. 
Et debbe sur va dy Micbau. 

J'étions tous affolatrez. 
De trouver quelque beau jouoit ; 
Quant nous fusmes enharnacbez. 
Dieu saicbe comme tout bruet. 

Nul ne se muce. 

L'asne repulce ; 
Hay va Martin près le bouveau, 
Retirez va vostre museau. 
Et debbe sur va dy Micbau. 

Quant j'eusmes treppé (resté debout) yn grantbSij 
Nous en vouismes retirer, 
Dismes adieu au petit gara. 
Qui nous cuidoit faôe sonnez. 



I 
DE LA FBANCE 275 



Adieu Marie, 

N'ouUyeE mye 
Nostre attrait en ang monceau, 
Bt nous vous donrons un torteau. 
Et debbe sur va dy Micbau. 

Joseph nous caida dire adieu, 
Qui avoit baril au nez : 
Plus rien ny avoit en iqueu, 
Le pignart en fut bien pugniz ; 

Hais quel grimace I 

n se prélace 
Et va torcher son hardiau, 
Car plus n'y a de vin nouveau. 
Et debbe sur va dy Micbau . 

Nous attivelles fault serrer : 
Retournons plus tost que le pas. 
U nous fault des loups enserrer, 
Si nous les trouvons en nos parcs. 

Adieu la belle 

Vierge pucelle, 
Logez nous en vostre chauffault 
Ou grant travaillez de là hault. 

AMEN. Noël. 



i^mamÊmmm 



Patois du Poitou. 



ft Poitou, qui est la patrie des plus anciens trouba- 
rs , n'a point admis la langue provençale. Diez , 
I sa grammaire des langues romanes , dit qae les 
ens poèmes poitevins qui nous sont parvenus ren? 



S76 LES PATOIS 

ferment un mélange de français et dé provençal , où k 
premier parait être prépondérant ; mais à l'époque où le 
Poitou fit partie du royaume de France (1205), la langue 
d*oiU venant de Normandie, devint d*un emploi général 
L'idiome poitevin, malgré quelques traces du provençal, 
qu'il a conservées sur quelques points, appartient ai 
domaine français et doit être classé dans le dialeele 
normand. 

Burguy, auteur d'une grammaire de la langue d'oil, 
reconnaît que le poitevin appartient à la langue d'oil; 
mais il lui donne une place à part et le laisse tt 
dehors du normand, du picard et du bourguignon. « li 
nord, dit-il, dans cette partie qui, aujourd'hui, forme à 
peu près le département de la Vendée , le poitevin afii 
uneforte teinte normande; au sud, le poitevin et les 
dialectes de la Sain tonge et de VAqnis avaient déji, i 
cause de leur position géographique, des mots tout-à^l 
romans, et les formes dialectes du gascon et du limoQsiii 
ont eu la plus grande influence sur celles des proviaoes 
qui nous occupent. Le dialecte poitevin affectionnait Is 
combinaisons au et oe. » 

Cette remarque ne manque pas de justesse, mais elle 
ne fait que confirmer le jugement de Diez, qui, tout en 
reconnaissant que le poitevin a conservé une teinte de 
provençal, classe cet idiome dans la langue d'oil, parce 
que le normand a fini par dominer dans cette province. 

Nous ferons remarquer qu'en Poitou, dau estemploféi 
dès le xni* siècle, pour l'article du , au singulier et ta 
pluriel. 

LÀ GUILLANEU DE POYIOUX. 

Cette chanson se chante en Vendée le dernier jour à 
l'année. C'est en souvenir du gui Van neuf de la religîee 
druidique. 



DE LA FRANGE 277 

1. 

Y al io âbre (arbre) on les fouras (forêts) 
Qui passe les crêtes daux chagnes (chônes) 
Queme les vergnes et les fragnes, 
Passont Taronde (ronce) et les garas (fusains.) 

Oh ! bregers et bregères, 
La guillaneu vous faut cbonter, (bis) 

que outre nous venez donser, 

Donser sur les fougères. 

2. 

Les tourtes (tourterelles) y fasont leux nix 
Aux mitan daux fllurs les plus belles ; 
Les rabretauds (roitelets), les arondelles, 
Le ser (soir) y trechént (cherchent) on abri. 
Ohl bregers..., etc. 

3. 

Non n'y voit poit le Joan-daux-bois (chat-huant) 
Et jamais la nere cossarde (épervier), 
La grolie (corbeau), l'ageasse (pie) bavarde 
N'y fasont ontondre leux voix. 
Oh! bregers..., etc. 

4. 

Notre Seignur on est le trunc, 
Les apôtres on sent les bronches, 
Chaque onge de ses aies bllonches. 
Fait daux feilles ontour son frunt. 
Oh ! bregers..., etc. 

5. 

De ses peds sacrés, doucement 
Dévale (descend) la sorce de vie, 
Si cllaire qu'o ve donne onvie 
De ve sy begner ien moumont. 
Oh ! bergers..., etc. 



t 



278 LES PA10IS 



6. 



Quau (celui) qui viut être jusia et fort 
Det boire à sa sa de quielie (cette) éve ; 
Pre ly la dûlar est in rêve 
Et gle n*a pus pou (peur) de la mort. 

Oh ! bregers et bregères, 
La guillaneu vous faut chonter, {bis) 

que outre nous venez donser, 

Donser sur les fougères. 



GHAirr DE LA FEMME DE MONSIREIGIΠ{*). 

Un jou de Monsireigne, 

Fasis le haaut dau tré (coteau, terrier) 

Qui saccotte à la pllaine ; 

Cari fus roche mé. 

La corne dau diéblle 

Est cheite (tombée) en mon pener (panier). 

Un jou dans la prairie, 
Allis, au bas dau tré^ 
Dresser tête flleurie ; 
Car i fus rose mé (moi). 
La corne, etc. 

Un jou de la Gaudine 
rtrouvis le grener> 
Et mongis sa farine ; 
Car i fus souris mé. 
• La corne, etc. 

Un jou de la grond'londe, 
I gravis le senter, 

(*) Ge chant est aussi un souvenir des croyances gauloises. La 
femme de Monsireigne raconte qu*eUe s'est métamorphosée en 
rocher, en fleur, en souris, en chèvre, en femme et enfin en esprit. 



DE U IMNGE S79 

En pieottant la broade. 
Car i fus bique (chèvre) mé. 
La corne, etc. 

Au jou de men mariage 
Prenis hou me à men uré ; 
Pis véquit le vevage. 
Car i seis femme mé. 
La corne, etc. 

Un JOU sus quielle terre. 
Sans soffri m'on irai, 
Et lairrai robe nère (noire), 
Car Esprit i serai. 
La corne dau diéblle 
Est cheit' de men peùer. 



U GCnXANEU BE L'iLB-DIEU. 

I. 

— Y sommes vengus (venus) ve couvîer 
La guillaneu ve faant chonter. ' 

— Y ne pevons poit (pas) y aller. 
Mes compagnons, 

La guillaneau, o faant chonter 
Pre nos maisons. * 

2. 

-- Y ne pevons poit y aller, 
La guillaneu nous faant ohoiiter. 
Car nos chevaaux sont déférés. 
Mes compagnons, etc. 

3. 

Car nos chevaaux sont déférés, 
La guillaneu nous faant chonter, 



280 LES PATOIS 

faaut les faire référer. 
Mes compagnons, etc. 

4. 

faaut les faire référer, 
La guillanea nous faant chonter. 
De trois béas (beaux) petits clous dorés. 
Mes compagnons, etc. 

5. 

De trois béas petits clous dorés, 
La guillaneu nous faant chonter. 
Qui feront peter les pavés. 
Mes compagnons, etc. 



ODE D'HORACE. 

MœcenciB atavia édite regibm. 

Ah 1 Mosieu Mactnas, san en faire vet état. 
Vous qui savez prêcher tout quem in avocat, 
Vous qui n'empêchait poit les paovres gens de rire 
Et sortez d'ine race ousqu'o n'a ren à dire, 
Dit'me donc, si ve plait, vous qui fait pas le grand 
Pourquoi chacun su terre a fin goût différent ? 

Aux courses de Luçon, Dieu de miséricorde I 
Y ai vu deux cavaliers couri le long d'ine corde ; 
Per emporter le prix glalliont (ils allaient) quemme le vent, 
Mais quem l'in restit dar (derrière), Faut' passit le devant. 
Faut voir à nos scrutins quem chacun se remue ; 
Tel qui passait si fier, le premier me salue. 
Pus d'in se ferait fesser (y n'en dit poit de mal) 
Per être marguier ou bé municipal. 
Et tchiau crassou de Jean gla ben eu d'hériU^^e 
Ine veigne et deux prés sans compter s'en affiage ; 
Gombé d'haricotiers en vedraieut avoir autant ! 
Li, l'en aurait le double et serait pas content. 




DE LA nVAKCE SSl 

Voyez tchîan métayer qui sort de la Gfttine, 

61e cultive frejou à Tancienne routine, 

Son maître, poit in sot, li dit souvent : Mon vieux 

Faut faire pus de vert, faut nourri pus de bœufs. 

Oui da, li répont-eil, tchieu ne fait poit m'en affaire^ 

Y aime meux crever de faim que de changer ma manière. 

Et tchiau vieux marinier qui revenait au port^ 

Jaane quem in safran et pus d'à moitié mort, 

Gle jurait ses grands Dieux de pu se mettre en voyage, 

Ah ! brett ! in mois d'amprès glallait refaire naufrage. 

Ve savez ben aussi^ per au dii*e en passant. 
Que jamais not' voisin s'est fkit de mauvais sang, 
Gle boit et mange bé, pis après, le brave homme 
S'étend dessus sa barge et s'endort d'in bon somme. 
l'i en a bé aussi in pois trop trapajous ; 
Annet (aujourd'hui) les gens n'aimant qu'à se rouer de coups. 
Chaque dimonche au ser, o leur prend quem ine rage, 
Pis les femmes braillent en voyant tchiau carnage. 

Tant qu'à tchiés bias mossieus qui chassont si matin 
Sont-eils pu fins qus nous f Y n'en se pas certain. 
Per in malheuru lapin, ine chétive bégasse, 
Glallont dès qu'o fait clair patrouiller dan» la gace ; 
Pre couri dans les bois, quittant in Ut bé doux, 
Gle pensont à leurs femmes quem à ramer do choux. 
Ma, y n'aime que t'a, m'en aimable bregère. 
Quand assis tous les deux su in bott' de iovgère, 
Te jou de la fanfare et m'a d'au i»bolet (flageolet), 
fait in petit brit qui bé sur n*e8t pas laid. 
Redis me donc encore tchiau joli trelondage 
Que te m'as chanté hier, en rentrant au village ^ 
M'a de toute ma force, y chanterai, si t'au veux, 
T'cheille belle chanson qui plioit tant à mes bœufs. 
Quand te me dis après, pre me douner courage : 
c T'es le pu fin chantou qu*o liait poit au village » ; 
me fait in plaisir sans pareil, et ma foi 
T se, on peut m*en crère, aussi content qu'in roi. 

(Gh. Paillot, de Fontenay (Venéée). — Février 1868 
n 36 



282 LES PATOIS 



DIALOGUE EN LANGAGE DU BAS-POITOU. 

La mère Caquet^ balayant devant sa parte^ aperçoit 
une femme ss dirigeant de son côté, 

J68u ! qa*e8t o tchiell* gourgandine 

Qa*a l'atr de couri le garou ? 

AU'é mis' quem* dans laGatine; 

Bé sûr qu'a né poit de chez nous. 

Mai — y cré qui n'me trompe gyère ? — i 

A rVient à la femme au grous Jean 

Qui s'en ongit (alla) l'année derère 

Teni aubarge à Montcoutant ; 

Qu*est que tchielle créature 

Veint encor fair' dans tchiau pays ? 

Tespéra bé, ma foi, y jure, 

Pus jamais la revoir itchi (ici). 

A Jeanneton, qui s^est approchée d'elle. 

Eh ! pardine, ol é vous qu'y bicle, 
01 é vous, ma paur' Jeanneton ! . 

Y ve queneutraig sans besicles 

D itchi jusqu'à la quou d'au pont. 
Ah ! qu'y se ben aise et contente 
De ve rêveur encor chez nous ! 
Y'étais trejou dans vetre attente, 

Y m'émoyais (informais) souvent de vous. 
Entrez danc, ma paur' camarade ! 

Vos drôl' sont tixjou bé portants ? 
Vétre homme a poit été malade ? 
va tout bé dans Montcoutant ? 

Jeanneton. 

Gha pi, cha poix (comme ci comme ça), tant qu*& ^^ 

Gle va trejou (toigours) son petit train. 

Pre mes drôl' gle fasant qu'in soume 

Dempis le ser jusqu'au matin. 

Ma, y v'nais ché mon cousin Pierre 

Qui se marie définimont 



DE LA FRANGE 283 



Avec sen ancenne chambrére 
Que g'ia repri à la Saint-Jeon. 

Y m'ai dit : « m'along*ra gyére 
De passer pre pré la mer' Caquet, 
Et y pourrai de tchiell' manière 
Apprend' d'aus nouveir de l'endret. » 

La mère Caquet. 

Ah ! vrément, v's'étes bé tomb^ie ! 

Y sais pus ren de ren. 

Y vis tout qu'min loup renfremaie 
Dempis (depuis) qu'y oyis mon mau de rein. 
Si Ye Vliei avoir d'aus nouvelles 

Fellait aller ché la Bossé ! 
01 é lé qui en sait de belles ; 
Tout l'mond' pre sa goule a passé. 
Si y'étais pas aussi ret'nue, 

Y l'y barais un beau paquet. 
Hier au ser encore dans la rue 
All'agonisait la Marquet. 

S'o n'avait eu q'ma pre o dire 
L'monde en aurait pas su bé lourd ; 
Mais tchieir bounn' pièce de Lapire 
z a conté à tout le bourg. 

Jeanneton. 

Et Lapire — à prepous de l'autre — 

Son &iir a tiré au beillet? (à la conscription) 

Glavait bé l'air d'in boun apôtre. 

Est-o pas li qui fréquentait 

La feille à déflnte Javotte ? 

S'a-t-o arrongé ? 

La mère Caquet. 

Ma fri nan ! 
La drôlesse était poit trop sotte ; 
Air avait r'çu dlinducation. 
A lisait dans les écritures 
Tout aussi bé que l'sacristain. 
— Quand a sortit de la couture 



$IU LBS PATOIS 

ré lé qui m'fit tchiau justain. ^ 

Mais dam, aU'était si volage ! 

A disait que les gens d'au village 

Aviant tous l'air de grous paours. 

Mamseir aimait les étalages, 

La beir dentelle et les velours. 

Fallait la voir, sans sïair' de bile, 

Quem' a troussait son tronfegnan (derrière de la jnpe) 

Quand tchiés béais mossieurs de la ville 

La rluquiant avec leu lorgnan. 

Y Ty disais bé : a Ma petite, 
Taccot' poit à tchiés étoumais ! 
Te s'ras jamais de leu mérite ; 

T'es poit d'ia viand' pre leur z'osiaib. 9 
Fellait pas être bé sorcière 
Pre voir quement tournerait. 
Mais tout tchieu n'est poit men affére ; 
Parlai d'aus autr* est poit man ffiit» 

Jeannetok. 

Et la femme à Démaricot 

Qu'on appelait la grand' Pouzinière 

Qu'a-t-eir venu ? 

La mère Caquet. 

Ah ! brenonciot 1 
Me parlez pas de tchiel' sorcére ! 
A n'a mis Tnez quin' fois itcbi. 
In' bounn fois de trop. Dieu merci ! 
In ser, qu'air était d'vant ma porte 
Si lasse qu'a n'en pouvait pus, 

Y l'y dis d'entrai et Ty apporte 

Un grond migé (soupe au vin) qu'ail' a tout bu. 
Pre me r'compenser de ma peine 
A m'dit : « AUans voir vos gorets ! 

Y veux les fair' dan in' semaine 

Veni grands quem' d'aux bourriquets. » 

Y l'emmené de confiance ; 

Mais la paur* tru (truie) qui s'en méfiait 
Poussait daus cris de dpléança 



Di LA frauce 385 

Quem' si le diabl' la trevirait (renvenait). 

A s'demenait dessos sa paille 

Tendis que les petits bedas <parcs) 

Grimpant tout le long d'aus murailles 

Ni pus ni moins que d'aus wnin rets. 

Dempis y'ai bé quenu Taffére ; 

 l'eus avait jeté un sort. 

Deux jours d'après g'iétiant tous morte l... 

A-t-o d'ans gens chétis sus terre I 

Ah ! q'vavé fait in bounn aifére 

De pas rester dans tchiau pays ! 

l'est pis qulne vrai' galère ; 

Y'a pus ni parents ni amis. 

Tai bé vu l'temps où le paur* monde 

Se sout'niant encor d'amitié, 

Annet, à deux lieu' à la ronde 

Gle s'mangeant quem^daus ehens gâtés. 

Pas pu grous que l'chft d'ine aigneille 

En fait dire pus long que Vhras. 

Les femm' valant pas mieux q'ies feilles, 

Les homm' valant pas mieux qles gas. 

Quand g'ie sont las de batt' leus femmes, 

Quand gl'ont bé fait leu train ches nous, 

G'I'allant riboter dié la Dame 

Pre y manger leus derés soas. 

Tchiés enfants d'ioup on-teils dia chance ! 

Faut leu servi de bons poulets ! 

Pis, quand gTont ben empli leu panse, 

Gl'arrivant sous quem' daus gorets. 

Pre nous, Ixmn'gent ! paur créatures, 

Faut s'abimer l'tempérament. 

fiiut, tant qù' la saint' joumé' dure, 

Travailler pre tchiés gamiments. 

Ah ! qu'y se lasse de tcbiel tchieusine ! (cmsine) 

Pre voir aillou quement o s'ra. 

Pas plus tard qu'à la Saint-Micha» 

Y fich' mon eamp de tchiell' c^ssine ; 

Y dis zut à tchiau pays d'chens 
Pr'aller vivre avec daus chrétiens. 

Gh. Paillot^ de Fontenay. 



286 LES PATOIS 

LES TROIS CAMARADES. 
(Ronde Tendéenne.) 

I étions tras camarades 

Totes tras queme mé (Us), 

1 allions nous promener 

Le sert à la ballade, 

I avions bé sûrement 

Chaquine in béa galant. 

Ma qui étas la pus jëne 

I avas le pus jolit (Us) 

Ll'at à ses bot (sabot) dans vis 

En guise de caboches (clous) ; 

Dans bot à talons bauts • 

Pre fair' de pus béas sauts. 

Ll'at ben à sa chemise 

Pougnet au djimbelet (Ms) 

Dos manches à son gilet 

Et dos ganoches grises 

Cinquante ribandeas (rubans) 

Pendus à son chapéas. 

Quand U'ontre dans la daonse 

Gn'aregarde que ma (Us) 

Ll'écarqu aille les bras 

Lie fait dos menigances (de grands airs), 

Dame ! U'est à mon gré 

Tchio jolit bacbelé. 

Quond U'arrive à la moôsse 

Lie se boute au lutrin (frts), 

Lie chonte le latin. 

Aussi bé que nos prêtres, 

Lie braille bé si haut 

Que n'en rechte ébaillaud (bouche béante). 



DE LA FRANCE 287 

Lie vindjit in voyage, 

Le sert me vouer itcbi {bis) 

Ll'avait in bel habit, 

Si lés chés (cbiens) dau village 

L'aviant jà quenodju (connu) 

Jarni Tariant mordu. 



L'HOMME UTILE. 

I ai mené men boume vondre 

Tarlalirène, tarlaliron, 
I ai mené men boume vondre 
A la fère (foire) à Chatillon. 

A la fère à Cbatillon (bis) 

I n'y ai troué pressoune 
Qui m'en premit la raison. 

Ren qu'in' petite bounne femme, 
Qui m'en oufrit trois ougnons. 

I ne baiirras pas men boume 
Pre quatre de vos ougnons. 

Si ve saviez la besougne 
Que ir me fait à la maison. 

Quond i tire mes ouailles 
Lie me tré bé lés moutons. 

Et quond i tire ma cheuvre 
Lie la tint aux barbaillons. 

Quond y coule la bugeaye (lessive) 
Lie m'apprecbe lés torchons. 

Et quond i fas mes fromages 
Lie luche le baraton (baratte). 



LES PATOIS 

Tots les sert à la veillaye 

Lie file son quenoillon (quenoaUle). 

Quond lie troille (tourne) mes fasays (fuseaux) 
Gne fait jamoué de troillons (nœuds). 

Pondont qu'i trompe la soupe 
Lie brece bé le poupon. 

Et quond i fas la bouillie 
Lie frotte bé le poëloa. 



LA CHÂSSE GâLLERY. 

Ontondez-ve la sarabande ? 

l'est la Cbasse-Gallery. 

Iquiaulong (ici) va passer pre bande 

Et la gar&cbe (sorcière) et Valouby (loup affamé). 

Mes fails (fils) rontré bé vite 
V'assilre (asseoir) près de ma ; 
Prenez Fève bénite 
Et priez saint Micha. 
Ontondez-ve» etc. 

Gallery va-t-en tête 
Munté sus in chevaau 
Qu'a le cou d'ine béte 
Et le pea d'in crapaaud. 
Ontondez-ve, etc. 

La groUe (corbeau) de ses aies 
Cope le vent gUacé 
Et de flèdes rafales 
Rassoille (mouille) le damné. 
Ontondez-ve^ etc. 

Dare (derrière) li la sorcèfe. 
Le lutin, le gacou 



DE lA FIUMCE 289^ 

Galopant la boulère (sorcière), 
Le pitois et le loup. 
OntOQdez-ve, etc. 

La béte pharamine 
Quitte les caburaud (cabute) 
Pre trecber (cbercber) la vremine 
An long daux mazureaux, 

Test la Gbasse-Gallery, etc. 

Pis le bège fantôme 
Tôt babeillé de bllonc, 
Frère Fadet et gnome 
Gbé-roge (cbien rouge) et revenont. 
Ontondez-ve, etc. 

Le nain d*bimur pUaisonte, 
Sivé dau fu-foUet, 

Trelaude (fredonne), saaute et cbonte 
Queme in amiroUet. 
Ontondez-Ve, etc. 

Gremeilloux de ragage 
Le mattre dau soula (troupe) 
Démène pUein de rage 
Sen sabre de vejf^la. 
Ontondez-ve> etc. 

Gle vu douner bataille 
Oqoe (avec) ^e Sarrazin 
Dan* 1^ cbamp de buaille 
Dau borg (bourg) de Saintôorlin. 
Ontondez-ve, etc. 

Le fouracbe infidèle 
Devant li trejou (toujours) fbuit, 
Et si le maître appelle 
En bro,uë (brouillard) s*évMouît. 
Ontondez-ve, etc. 
n 37 



i. 



390 LE& PATOIS 

Gallery, tome, terne, 
Emporté pre son sort, 
Aqueni (exténué), triste et morne. 
Gle demonde la mort. 
Ontondez-ve, etc. , 

Mais Taaube désirée 
Onfln fait le temps, cUair 
El la troupe gelée 
Va routir en enfer. 
Ontondez-ve, etc. 

Pre passer quiés nits blloncbes 
Gallery, mes onfonts, 
Ghassit tots les dimoncbes. 
Et battit les paysons. 
Ontondez-ve, etc. 

La moralité de la ballade est une allusion à la conduite 
des mauvais seigneurs destinés à subir des peines éter- 
nelles pour avoir pressuré leurs vassaux. 

Cette ballade a été entendue à Saînt-Cyr en Talmondais 
et recueillie par M. B. Fillonqui Ta publiée dans sa notice 
sur Guillery. 

JEAN RENAUD. 
(Complainte.) 

I 

Quand Jean Renaud de djiaire (guerre) il vint. 
Apportait se tripe don sa mouin (main) : 
Sa obère mère qu'étai zau barreau 
Regardait veni Jean Renaud (1). 

(i) Une version de ce couplet qui contient ces vers : 

Quand Jean Renaud vint dau Piémont 

Tenait se tripes dans son giron 
pourrait donner à croire que cette lugubre complainte date de 
Texpédition des Français en Italie. 



DE LA FRANGE 291 

n 

Courage, Jean Renaud mon flls ! 
Ta femme est accoucbaie d'in pHit. 
Ah I de la mère aussi dau flls 
Mon thieur (cœur) ne peut s'en réjouir. 

m 
Chère mère, ah ! faites-moi zun lit 
Dans la pu z'haute chombre dau logis. 
Mettez-lou j'haut meltez-lou bas 
Mè qu' ma chère femme au z'entende pas. 

IV 

Mettez-lou z'haut mettez-lou bas 
Mè qu' ma chère femme au z'entende pas. 
Si ma chère femme au z'en tendait 
Encore pu mai air en serait. 

V 

Quand oU' y vint su lé ménuit 
Que Jean Renaud outrepassit. 
ne sit pas d'ossitout jour 
Que lé valett plieurioni tretous. 

ne sit pas d'ossitout jour • 

Que lé valett pliéuriont tretous. 
Dans thié rues s'en alliant disant : 
Jamais si bon mouëtre y arons. 

vu 
Ma bonne cher mère disez-moi donc 
Ce qu'oïl a nos gens à plieuré tant. 
Ha fille c'est in de nos ch'val barreau 
Qui s'at étranglié z'au râteau. 

vui 
Ma flUe c'est in de nos ch'val barreau 
Qui s'at étranglié z'au râteau. 



L 



S92 



LBS PAtOI8 



De ch'val barreau z'en on assez 
Mè qu* Renaud ait la sonté. 



IX 



Quand o sit temps de déjuné 

Lé sarvonte fastont que plieuré. 

Ha boune obère mère faut qu' vous m'disiez 

G' qu'on a tbié feille à tont plieuré. 



Ha boune cbère mère faut qu' vous médisiez 
C qu*oll a thié feille à tonl plieuré. 
Ha fille c'est in d' nos draps de lia 
Qu'aile ont égaré za matia. 



XI 



Ha fllle, c'est in d' nos draps de lin 
Qu'aile ont égaré za matin. 
De draps de lin z'en on assez 
Hè qu* Renâfud ail la sonté. 



xn 



Ma boune €bère mère faut qvon m' disitt 
Ce quoi Ta lessus à rabattér (coupsde marteau). 
Ma fllle ce sont lé charpentier 
Qui nous fasant de beau gre'nier. 



XIII 



Ma fille ce sont lé charpentier 
Qui nous fasant de beau grenier. 
De beau grenier z'en on assez 
Mè qu' Renaud ait la sonté. 



XIV 



Ma boune cfaèfe xtève faut qu' vous m' 
C qu'oU a lessus à tont cbonté. 
Ma flUe oll é la procession 
Qui fait le tour 4e neuf matara. 



Ma boune obéré mère faut ({u* v6uâ A' disiez 
Ce qu'oir a lé clioche à tant souaé. 
Ce qu'oU* a lé cliocbe à tant souné 
Oir é la messe daù père abbé. 

XVI 

Ma boune cbère mère je voudraiB aller 
A la messe dau père abbé. 
faut pre thieu que vous m' disiez 
Quel habillement que je prendrai. 

XVII 

faut pre thieu que vous m' disiez 
Quel habillement que je prendrai. 
Quitte le rouge quitte le blanc 
Prends le nègr' il t'avient autant. 

xviii 
Quand a sirant parmi thié champs 
Tout Ihié petits bei^ers disiant^ 
Tout tbié petits bergers disiant : 
Voilà là veuve 'de ïfenaùd Jean. 

XIX 

Ma boune chère mère disez m* donc 
Ce que thié p'tits bergers disiant. 
Pique ton cheval et promptement 
T'amuse pas à thié mal disant. 

XX 

Quand a sit dans l'église entré 

Un beau tombeau Ta t'avise. 

boune chère mère disez m' donc 

Ce quoll' é qu' thiau tombeau que je voie. 

XXI 

Jusqu'anneut y tau zai eaefaé 
Avoure faut f au dévoilier. 



294 LES PATOIS 

Apprends donc que thiau beau tombean 
Oiré thiaula de Jean Renaud. 

XXII 

Promptement retournons nous-en 
Le gouverner ton cber enfant. 
Voici les clefs de mes greniers 
Ton cher enfant faut V gouverner. 

xxui 

terre sainte partage-toi 
Pour mettre mon bel ami et moi. 
La belle n'eut pas putout parlé 
Son tendre souhait sit (fut) exaucé. 



Patois de FAunis. 



VINGUIT IN ORDRE DAU ROE. 

vinguit (il vint) in ordre dau roë (roi) 
Peur aller à la guerre, 

Tchétait (c'était) pourtant meu man mété 

De labourer la terre, 

Plant' qui mes agueillons (aiguillons), 

Man bétail et mes sellions (sillons). (^^1 

1 m'en enguis (je m*en allai) bè loin d'iqui 
Jusqu'au bout de la terre, 
Tos les habitans dau pays, 
S'appeliant militaires : 
fallit, pre malheu. 
Changer man nom pre le leu. 

Le m'douniront in grand chapiâ 
Qui me pUaisait jà guière. 



DE LA FRANGE 295 

Le me mettiront sus le dos 
In grande gibecière (giberne), * 
Tn broche à man coûté (sabre), 
Sus m*n épale in bois precé (fusil). 

Le me mettiront de faction, 
Darrère in' citadelle, 
Tcblélés qui n*saviant point man nom 
M'appeliant sentinelle. 

— « Sentineir, dormez-vous ? 

— « Et non jà, car i sois d'bout. 

y en avait sus daux chivaux 

Qui fasianl bè leur maites, , 

r-z-aviant daux pUumes de jau (coq) 

Tôt autour de^leu tête, 

Et dare leur talons 

Pus de cent point* d'agueillon (éperon). 

D*autres tapiant sus daux bousiâs (tambours) 

Avecque daux baguettes, 

Qui tôt de site m'ant rappela 

Les fuseaux de Jeannette, 

Fasiant in brit si fort 

Qu* i' me creyas déjà mort. 

L* m'emmeniront dons- n- in grond chomp 
Qu* rapp'liant cbomp de bataille, 
Jamais i' avas vu tout de geons 
Autour de mes ourailles, 
L' bauliant (hurlaient) quemm* daux loups, 
Qu' i' aras tiré pre la quoue. 

L'étiant tretous bèn animés, 
L'aviant Tair en coulère ; 
Leux bâtons fasiant d' la fumée. 
Qui covrait tôt' là terre. 



289: UB P4T0li 

r fasiant si grand brit 
Qu' i' en étas tôt étoardi. 

1 entendis queuq' cbous* qui sifflait 

Autour de mes ourailles, 

Vite i trechis dons man bouQ^l, 

Greyis qu* était le diable, 

I j'tîs dar* mon fusi« 

Pris ma course et m*enfouyis. 

Et quond ol est qu' ma mère me yit, 
En tôt' tcbielle équipage : 

— « Ah ! mon cher feil, dour (d'où), devès-lu ? 
^ Avec tos tcbiés bagages. 

— « Ma mère, i élis soudard, 

• M'en suis sauvé- 1- à l' hazard. 

I m'assitis auprès dau feu, 

Pr' ébresoulier (éoraser) la braise^ 

I sautit in beurton (étincelle) de feu. 

En tôt mes artifaises (cartouchière), 

I eus bé beau me s'couer, 

Ça me fasit sauter en l'air. 



Patois Saintongeais. 



L'ARAGNE ET LE PIYERIT a'emignée et le. Qioiofliii). 

Ine aragne dau Çoè-Douoet 
(Qui d'aus lés mouche gonine et dessus lés mncet (consins) 
Crachait poin) se pkinit b'agare, au garchampeîte, 
Dés beurgau (frelons), dés broatâr (hannetons) et de TÎn-i oQte 

Qu'essartian (déchiraient), pu net que Torchât, [^ 

Ses arantelle en fin filet. 

I U repounit : a Ma nvignoone, 
a 'L é la faute au tissour, si sa teUe (tQÎl^) ^ piip bowf . 



DE LA mÇCE $t97 

— 01 é vrai, stelle qu'a dissit... 

À fazit de la reparoune j(grosse toi|e)... 
Sav'ous qui v'nit s'y prenre ? o fut in piyerit (moineau) : 
Mais qu'a le supit poin..; '1 é li qui la supit (avala), 
Et sans qu'i H luchisse : Gare ! 

Le conséyour qu'était pas le payour, agare. 
Ni mémemen in maladret. 
Se gratochit (gratta) lés piau peur dessous son boUnet : 
L argadit tout son soqc tielle grousse arantelle ; 

« L'âze me foutç, sti, vin de sasf, couman 
« Lés tissour de nos loô (lois), quant i nous la traman, 
c Fasan teuijau de la si méchante estamelle (étoffe) : 
c 01 é qu*i velan pas se prenre dan leû telle. » 

(Burgaud des Marais.) 



LÉS PARGHÂUDE ET LEU NORISSOUR. 

Au moé d'avriye (avril), in séze o b' si j' faute, in dix sept, 
(Michel vo dirait beun queu jor qu'o se passait 

Et s'ol é-t ine raenterie : . 
Demandez-li. *L é vrai, boun'gen ! qu'il é bâzit (mort)... 
Veû bein eite liché peur la chasgalerie, 

S'i vous dit que n'en ai mentit.) 
Don que... sais fourche pas voûr j'en seû, mes amit. 
Â!dez-me, s'ou piait... ah ! en dix huit cent trente, 
Dés parchaude, qu'étian rapourtée en Chérente 

Et vanitouse coume in pouil (pou). 
Se catissian (cachaient) sous l'arbe à Turé' d'in remouil. 

Je n'en comptî troé cen soéxante. 

I parlan d'affamit : n'en ai queneuçut (connu) proue : 

01 était reun dçconte zelle... 
Â-z étian, ma grand foé ! tant mâle que fumelle. 

Pu fringayére qu'é-t in loue. 
01 é vrai qu'a venian de frayé tout leû souc. 
Michel qui de ses jâr at poin n-oyut la câgne (fainéantise), 
Racoqpiiyé de conte ine gougne (souche) de frâgne, 
Leû jetait peur moumen dés pieine main d'âchet (vers) 

II 38 



298 LES PATOIS 

■ 

Qu'étian supé (avalé), foaquette, avan qa'i fassian chet 
I r'coumincit, troé jôr duran, tieû biâ manège. 

 se bauriyan (bourrèrent) le bezot. 
Je cré pas que ma m*mé (le bon Guieu la proutége !) 
Peuj* goujé meû que tieu ses pire et ses perot. 

La pu bonne langue de zelle 

Leû dissit, ma fi I qu'a dit stelle, 

a Mes mignonne, encoére in de prî. 

ff Lés âchet nous f ran jamais faute. 

c: Lés teurchon (cherchons) poin... vinran nous kri: 
« Le bon Guieu peûrait pas se passé de nous aute, 

(( 01 é-t à li de nous nôrî. 
« 'L é peur nous qu'il a fait lés frairie et lés feite. » 

Noût' parchaude ébaffée (essoufflée) à tieu mot s' teisit net. 
Astoûre lés troé cen cinquant' neu-z-oufe teite 
Fiyan sine que voué... (oui) châttine dodinaît 
Keuni' si tretoute étian sous le meime bounet. 

Au ser Michel teumit de la fine gai' (crin) bianche, 

Enséyit ses pu bon claviâ (hameçons) 
Et le surlendemain, ol était in dimanche, 

Catit (caché) darriére in grout ormiâ', 

I saquit au bout de sa ligne 

In jolit veurdon de maligne. 
Et te fazit soute nos parchaude à châ cot. 
Lés ai vuse ; en avait, fouquette, in biâ pilot. 

I gobit lés troé cent soézante. 

Lés parchaude de la Ghérente, 

Qui 6ont pu faurâche (sauvage) qu'in meuil, 

Equarquilliyan bein lés euil. 
In jor que je piongî dan l'ancienne Loumorte, 
S'ol é-t-in faux, qu'aneut le diâbe vous emporte, 

Je lés acouti (entendis) qu'a disian : 
« Faut que tout in chaquin travaye 
a Peur vive ; on ne sarait se montré trot moinfian 
« De conte le chrétien qui sans rason nous baye. 
a vaut meû se saqué sous lés piarre de taye 



DE LA FRANCE 299 

< Et gigougné son souc peur prenre in p'tit âchet 
c Qaé de n'en supé vingt qui dan Teive arian chet. d 

. m'é-t avis que tié parcbaude 
Etait, forche ! pas trot nigaude. 

{Burgaud des Marais,) 



Le Dialecte Picard. 

« Le dialecte picard, que Ton pourrait tout aussi bien 
appeler flamand, étendait ses limites au nord aussi loin 
que la langue française. Il suivait la frontière seplen- 
triooale de la France, depuis Dunkerque, Ypres et Lille, 
jusqu'au cours de la Sarre, embrassant par le Rhételois 
et la Tbierache la partie septentrionale de la Champagne, 
et s'élargissant ensuite sur une partie de la Lorraine. 

« Il faut observer cependant que le langage de cette 
dernière province manqué de quelques-uns des caractères 
essentiels du langage de Picardie, et même du plus 
essentiel de tous : la permutation régulière du k français 
en cft, et du ch français en k. Ces caractères ne se retrou- 
vent en Lorraine qu'avec peu de flxité , fugitifs et peut- 
être incertains. En général, Iç langage parlé dans la 
Lorraine au xni* siècle a les plus grandes analogies avec 
le langage parlé, au même temps, dans la plus grande 
partie de la Champagne ; et ces deux provinces, Lorraine 
et Champagne, peuvent être regardées comme ayant à 
peu près un langage commun, pour le fond, identique à 
celui de Bourgogne, mais entremêlé à un degré plus ou 
moins considérable de formes du langage picard. J'aurai 
soin de caractériser et de distinguer, autant que possible, 
les formes propres plus particulièrement à chacune de 
ces provinces. 

« Du côté du midi, le langage picard s'étendait environ 



300 LES PATOIS 

jusqu'au cours de l'Aisne ; il embrassait ainsi, josqu'aux 
confins du langage normand, à Touest, une vaste portion 
de nie-de-France; on peut môme dire que stir toute 
retendue de cette province, jusqu'à la rive septentriOQtle 
de la Seine et de la Marne, il se retrouvait plus ou moins 
atténué par le mélange des formes bourguignonnes. 

« Le territoire champenois d'entre l'Aisne et la Marne 
était de même assez vague entre les deux dialectes de 
Picardie et de Bourgogne, le langage qu'on y parlait rete- 
nant des formes de l'un et de l'autre ; mais à mesure 
qu'on s'avance vers l'est et le midi, dans ces cantons, on 
voit les formes essentielles du langage de Picardie dispa- 
raître et s'effacer pour faire place à celles que j'assigne 
au langage de Bourgogne. 

« Je crois donc que Ton peut, ainsi que je l'ai déjà dit, 
regarder, de ce côté, le cours de TAisne comme la limite 
réelle du langage picard ; il ne s'étendait guère au-delà, 
vers le midi, que par quelques trouées sans suite, par 
lesquelles il venait se mêler et d'éteindre dans les formes 
champenoises ou bourguignonnes toujours plus large- 
ment prédominantes. 

« On voit que les deux dialectes normand et picard sont 
proprement ceux de Touest et du nord de la langue d*oil: 
le dialecte bourguignon e^t celui de l'est et du centre de 
la France. C'est proprement le langage du cœur de France 
et le vrai langage français. » (Fallot, Recherehes.) 

Le caractère principal du dialecle picard est le ch, qu'il 
substitue constamment à notre s et à notre e faible ; 
mais, en compensation, où nous avons cA, il placé pres- 
que toujours k ou q, sans d'ailleurs mettre, en général, 
ch où nous mettons k ou q. Ex. eanchon^ iehi, chid, 
kanoine ou canoine^ commenchier, kachier = chasser, 
quenUf vacqtiôj etc. On trouvera plus bas l'explication de 
cette particularité. 

^ Le picard dime le c, le ch et le g final. 



DE LÀ FRANCE 301 

3* Il substitue la dipbtliongrue ou à nôtre o et à notre eu, 
eu à notre ou, oi à noire ei, 

4« E s'y rencontre souvent pour aï, et ai pour e. 

S» La lettre r se change souvent en s. 

&> Notre s avec le son accidentel %e y est ordinairement 
remplacé par deux s, et réciproquement nos deux s par 
I simple. 

7* Il ajoute j devant e ou le substitue à cette dernière 
lettre. 

8« Le g est substitué à notre ;. 

9» Il cbange Yo et l'a bourguignon en e muet. 

En dialecte picard, l'article était des deux genres, 
masculin et féminin. Nominatif, lu le; — génitif, del, 
dele; — datif, aU à le, el; — accusatif, le ; — pluriel, lU 
des, as, les. Au commencement du xiii* siècle, les formes 
du dialecte bourguignon du, dou, au, ou, furent adoptées 
en Picardie et marquèrent le masculin. 



DICTONS SATYRIQUES RIMES. 

Cat durmant, molin coi taisant. 

Prélat négligent, pule inobient, 

Clerc conbatant, moine plaidant, 

Nonnain embésée, beghine tariani, 

Femme acointant, homme tenchant (grondeur), 

Trestous à Dieu les commant. 



AUTRES DICTONS SATIRIQUES RIMES 

Amours d'enfant, acolée de chevalier, 
Serment de marcheant, testamen d*usurier. 
Pèlerinages de moine, croiserie de mesiaus, 
Beghinages d'iver, miracles d*esté, los de ménestrel, 



302 LES PATOIS 

Largbeche de François, loiauté d'Englois, 
Palienche d'Aleroant, acointancbe de Normant, 
Pitié de Lombart, hardement de Picart, 
Caasté de Bourghignon, sens de Breton, 
Vins de barel, fus d'estrain et amours de nonnain, 
Paient du jour à Tendemain. 

SENTENCES 

Quiconkes querke Tame de lui à son enfant, 

L*onneur de lui à se femme, 

Le gouvrenement de sen ostel à sen prestre, 

Et se porrée à se truie. 

Aussi bien est gouvrenés li uns que li a[alre]. 

LES SOUHAITS DU PAYSAN 

Et je souhaide tous tamps avril et mai. 
Et cascun mois lous fruis renouvelast. 
Et tous jours fuissent flours de lis et de glay, 
Et violetes, roses u c'on alast, 
Et bos fuelly, et verdes praeries, 
Et tout ami eussent leur amies. 
Et si s'amaissent de cuer certain et vrai, 
Cascuns éust son plaisir et cuer gay*. 

Et je soubaide le mort as medisans. 
Si ke jamais nuls naislre ne péust. 
Et s'il naissoit, quMI fust si meskéans 
Que iex ne boucbe ne orelle n'éuysl. 
C'a vrais amans il ne péust rien nuire, 
As bons loisist à lor voloir déduire. 
Partout fust pais, concorde et loiaultés, 
Et de tous biens abondance et plentés. 

Et je souhaide santé entièrement, 
Si ke jamais n'eusse se bien non. 




DE LA FRANCE 303 

Trente ans vesquisse et fuisse en ce jouvent, 
En cel éage vesquisse à grant fuisson, 
S'éusse assés or et argent u prendre, 
Et tous U mons se venist à moi rendre 
En loialté, en boine eiitention» 
Et en la fin paradis éuisson. 

Et je soubaide en ma bourse .v. sous, 

Sans amenrir, tant en séusse ester, 

El tous jours mais vesquisse sains et saus, 

Et tantost fuisse là u vaurroie aler, 

Et toutes gens de bon cuer, sans faintise, 

[Si] me fesissent joie, bonnour et servise, 

Devises fuisse de membres et de cors. 

Plus biaus c'autre bon, sages, bardis et fors. 

Et je soushaide cent mille mars d'argent. 
Et autretant de fin or et de rons, 
S'éusse assés et avaine et fourment, 
Et bues et vakes, ouelles et moutons, 
Et cascun jour .c. livres à despendre, 
Et tel castal qui me péust deffendre, 
Si que nus bom ne me péust grever, 
Pors y courust d'iave doucbe et de mer. 

Et je sousbaide tous boires à talent. 

Et blancbes napes, char et tarte et poissons, 

Pertris, plouviers, widecos ensement. 

Anguille en rost, lus, troites, esturjons, 

Et jone dame très-bele à desmesure, 

Simplete au mont, baude sous couvreture, 

Plaisant assés, taillie par compas ; 

Se l'uel li clugne faicbe un ris amouras. 

Et je sousbaide autretant de boin sens 
Et de mesure c'onkes eut Salemons, 
Et si fesisse mes fais legierement, 
Preus et loyauls, et de tous boins renons, 



^ \^ PATOIS 

Sages, courtois, pourmelan^ sans atendre^ 
Et lanl donner que boin vaurroient prendre. 
Et [si] fesisse au mont tous leur degras. 
Ne s'en plainsist chevaliers ne jouglas. 

Et je soushaide frès frommage et cives, 
Tarie à poret, lait bouly et matons, 
Cervoise éuisse et go^dale en ji. pos. 
Car ii fors vins si ne m'est mie boas. 
Et b^anUes cauches, souillé à fors semele, 
Et tous jours mais ro^ durast ma cotele ; 
Tel pel éuisse que j a ne me fa^sist, 
Ne mçs courlieus jamais ne desclosisl. 



ENIGMES AMOUREUSES. 

Qu'est en amour grans courtoisie, 
Quant au départir n'est que rires? 

Qui fait as fins amans joïr 
De che de coi ont gran^ désir? 

Qui fait amours lonc tamps durer 
Et enforchier et embraser ? 

Du castel d'amours vous demanch 
Le premier fondement. 

Après nommés le maistre mur 
Qui plus le fait fort et séur. 

Dites-moi qui sontli crestel 
Les sajetes et li quarrel. 

Je vous demanc qui est li clés 
Qui la porte puet defifremer. 

Nommés la sale et le manoir 
D on puet premiers joie avoir. 



! 



Bel 

esGOoduit. 

I Bel parler el 
) doucfaement. 

I Courtoisie. 



Amer 
loialement. 

Cbeler 
sagement. 

) Bewarder ^ 
] atrempant. 

Priier 
sagement 

\ Accoellir 
1 doochemeat 



i 



DE lA FHAl^CÇ d05 

L'ORAGE. 

Gh*étoaait dins chés keuds jours eq'laissiant tcher leur fanes 

Ghés blés i meurissouait'emmi chés camps tout ganes : 

Poorpeinsant su min tchés, ej' poussois min roueyon ; 

Mais vlo qu'ein gros hemu kerrié pa Tveint d*amont 

Buke ein keu qui randonn' jusqu'au fonds d'cbés vallées 

Et foet gambillonner chés bet's epavaudées. 

Ghés ab's i s'en n'emutt'nt : tout ch'bos i n^ein frémît. 

Longtems dins chés montaign*s ol' Touit qui brouit. 

Tout scoétit ; pis pus rien. Tout o bouché s'n^aleîne : 

Ghimentière et luzets n'sont poent pus muets qu'erplaine. 

diroet qu'tout attind transi, guerlotant d'peur, 

El débâcle eifreyabU qui to foer' no malheur. 

G*pendant chés laboureux ont beyé par derrière : 

Edi' nuag' monte, i sVétend, i s'gônfe. £1 veint d'arrière 

Ess'flanke eddins, n*aok, dins des noirs tourbillons 

El bahute ed'bistrac comme inn'pigné d'facons. 

El jour s'étoôt foêt veup'. Bondé d*grêle, ed tèimpétes, 

Ech'rhernu s'appontcfaoét, s'apponoèt sus nos têtes. 

détèle au pus rude au mitan d'sin souyeion. 

démar' sins guigner, pour rattraper s'moëson ; 

Ghés k\aus commMes mahouais l'iong d'echjk'min s'emouschin- 

1 te«t'té chés cai lieux. Gomme ed's épav*s i bzintent. [tent 
Tout d'in keu, in éclair comme inn' feuchile ed fu 

Gop' chés nues d'bistinchint et vient frôler mes yus. 
Ech tonnerr* buke et claque et strondel dins chés nuages ; 
El i^euve à gros battans tchet, clitchett min visage. 
In vendoise noôr ed poure^ ed'graviers ramassés 
Muche ech qui reste ed*jour, s'accoutre edsus chés bîés. 
S'y grinche et les torting', pis, comme aveu de^ t'nailles 
Les dérache et dins Tair fait viroler chés paîlles. 
Ah l sus ch'qui n'ein restoêt, des grél's comme des molons 
S'dégrink'tent ein clicotant et s'dékerk'tent k foôson ! 
J'ai vu, Pierre, oui, j'ai vu tous les pein's d'em n'année 
Ploutré's comme inn' grand route ou bien écoulinés. 
Ghés ieux mordoôtt' chés riots, et din bos d'tou« chés camps, 
Dins ch'fossés qui regorgoét, seutoôt ein gargouillant. 
G'pendant j'rent pa ch'corti, r'noyé jusqu'à m'casaque. 
V'io qu'in eut'coup d'hemu tout auprès d'mi s'déclaque : 
IK 39 



306 LES PATOIS 

J'beyois tout ébeuhi; in plet d'fu din bleu roux 
Tchet, clike et craque, ecliff'min gued^r d'bout in bout 



L'ORÂUE (traductiok). 

C'était dans les jours chauds, que laissant tomber leurs fanes 

Les blés mûrissaient parmi les champs tout jaunes. 

Méditant sur mon sort, je poussais mon sillon ; 

Mais voilà qu'un ^os orage charié par le vent d'amont 

Frappe un coup cjui redonne jusqu'au fond des vallées 

Et fait trépigner les chevaux éparvaudés. 

Les arbres s'en émeuvent, tout le bois en frémit. 

Longtemps, dans les montagnes, on l'entend qui btuit. [soalfle; 

Tout se tient coi ; puis plus rien. Tout ce qui respire retient aoo 

Cimetière et cercueils ne sont pas plus muets que la plaine. 

On dirait que tout attend transi, grelottant de peur, 

La débâcle effroyable qui va faire notre malheur. 

Cependant le laboureur béant a regardé par derrière : 

Le nuage monte, il s'étend, il se gonfle. Le vent d'arrière 

S'y précipite, le secoue, dans de noirs tourbillons 

Le balance et l'éparpillé comme une poignée de cendres. 

Le jour s'est fait nuit. Gorgé de grêles et de tempêtes, 

L'orage amoncelé s'accroupit sur nos têtes. 

On détèle au plus vite au milieu de son sillon. 

On démare, sans regarder, pour regagner sa maison ; [breit, 

Les chevaux, comme des ensorcelés, le long du chemin » ca- 

Ils frappent les cailloux. Comme des égarés, ils s'élancent de cMé 

Tout à coup un éclair, comme une faucille de feu, [et d'autre. 

Coupe les nues de part en part et vient brûler mes yeux. 

Le tonnerre frappe, éclate, il se roule dans les nuages ; 

La pluie à gros battans tombe, fouette mon visage. 

Une trombe noire de poussière, de graviers soulevés. 

Cache ce qui reste de jour ; elle s'abat sur les blés, 

S'y vautre et les tortille, puis comme avec des tenailles 

Les déracine, et, dans l'air fait tournoyer les pailles. 

Âh ! sur ce qu'il en restait, des grêles comme des moellons 

Se jettent en cliquetant et se déchargent à foison ! 

J'ai vu Pierre, oui, j'ai vu tout le labour de mon année 

Aplati comme une grand'route, ou emporté par le torrent. 



J 



DE LA FRANGE 307 

Les eaux mordatent la terre, effaçaient les sillons, et d'un bond des 
Dans le fossé qui regorgeait^ sautaient en gargouillant [champs. 
Cependant, je rentre par le jardin, trempé jusqu'à ma ceinture, 
Voilà qu'un autre coup de tonnerre tout auprès de moi éclate ; 
J'étais béant, tout effaré ; un trait de feu d'un blond roux 
Tombe; il clique, il craque, pourfend mon noyer de bout en bout. 

(Tniducticn par Â. Escallier.) 



TRISTESSE. 

1 

Vous qui v'nouez tout chaqu'nuit danser autour de m'téte, 
Quoiqu'os et' donc dév'nus, vins reuv's ed'min jon'temps ? 
J'ai pressé chaq' plaisi comme o presse ein poêr'blette. 
Et j'ai cor soué tout comme ed vant. 

2 

1^' sus tout' seul à ch't'heurè, ercran comme ein'grand-mère, 
ij' march froêd comme ein mort, ein mort qui put marcher ; 
J'ai peur d'ech temps qui vient et ch'tichi m'désespère, 
Ej'voroais m'vir dine ein luzer. 

3 

Gomme ein pove orphelan qu'o r'tire ed'chez s'noricbe, 

Ej'sus sevrée ed tout Oz est vite oublié 

Et comme ein pemme ed terre eq' l'hiver reind ïeuyche 
J'ai vu min bonheur gadrouillé. 

4 

Si j'povoais r'ekmincher ! Gh'est l'pus vilan d'mes reuves ; 
I m'tient pas min cotron et tout partout j' el'voi, 
Gomme ein contrébaindier qui no poêint foêt ses preuves 
Voit pattout ein potieu d'I'octroi. 

5 

Pus rien d'min bien passé ! pus personn' qui me r'béche ; 
Pai vu ker' mes honneur ein a ein sus min kmin, 
S'ein aller tour à tour comme o veit piècbe à pièche 
S'd'ékeude ein habit d'arlequin. 



308 kES PÂTQIS 

6 

Ëj'selns mes g'nous ployer... mes mains s'j'oin'tteiit sans fovche, 
JWoi9 que Tbon cliu dWient sord et que j'éroais bieu Tprier. 
Gouime eia cellier à cleas, cosimâ ein vrai collier dïorche, 
Mes souvenirs vienti'tent m'étnuier. 

7 
Et mÎQ cœur est désert comme eiae earette à euide, 

n'einteindro pus d'mi qu'ein long cri lamentab, 

Ej* m'ein vos tant qa'ej'peux... j'seins qa*em pove ame est ouide 
Ottid* comme erboars' d'ein contribuab. 

8 
Si j'povoais m'rajeunir comme ein viu vMours qu'o r'plonke! 
Car chaqu*un 8*seuve ed mi tout comme d'éch'corbiUard... 

1 n'em^reste' poent d'amis, d'parents, d'firer ou ben d'onke 

I n'men reste mi'peur ein yard ! !... 



TRISTESSE (TRADUCTION). 

1 
Vous qui veniez tout cbaque nuit danser autour de ma tète» 
Qu'étes-vous donc devenus, vieux rôves de mon jeune temps? 
J'ai pressuré chaque plaisjr comme om presse un fruU trop mAr^ 
Et j'ai encore souffert (sué) comme devant. 

2 

Je suis toute seule à cette heure, fatiguée comme une tneilie; 
Je marche froide Qomme un mort^ comme un mort qui peut mardien 
J'ai peur du temps qui vient, et le temps présent me désespère; 
Je voudrais me voir dans un cercueil. 

3 
Gomme un pauvre orphelin qu'on retire de chez sa nonrriee, 
Je suis sevrée de tout... Que vous êtes vite oublié !... 
Et comme un fruit de la terre, que Thiver a pourri, 
J*ai vu mon bonheur détruit. 

4 
Si je pouvais recommencer I C'est le plus vilain de mes rêves : 
Ce rêve me tient, s'accroche à mon manteau^ et partout je l« 
Comme un contrebandier, qui ne peut se justifier j [vois 

Voit partout un poteau de Toctroi. 



DE LA FRANCE 309 

5 

Plus rien de mon beau passé, plus personne qui me répoYide ; 
J'ai vu tomber mes honneurs un à un sur mon chemin, 
S'en aller tour à tour, comme on voit pièce à pièce, 
Se découdre un habit d*arlequin\ 

6 

Je sens mes genoux ployer... mes mains se joignent sans force, 
Je vois que le bon Dieu me devient sourd, et que j'aurai beau le 

[prier. 
Comme les clous d*un collier, comme un véritable collier de force, 
Mes souvenirs viennent pi'étrangler. 

7 

Et mon cœur est désert, comme une charrette k vide, 
Ma voix ne serait pltis qu'un long cri lamentable. 
Je m'en vais tant que je peux, je sens que ma pauvre âme est 
Vide comme la boi^rse d'un contribuable. [vide, 

8 [dans la cuve, 

Si je pouvais me rajeunir comme un vieux velours qu'on replonge 
Car chacun se sauve de moi, comme du corbillard... 
El ne me reste point d'amis^ de parents, dé frère ni d'oncle, 
Il ne m'en reste pas, pas pour un liard. 

(Traduction par Â. Esgaluer.) 



Patois de Met» 



Fragment de la comédie intitulée Lo Mériège des Brames 

(le mariage des braves). 

Ppbeumin Egte (acte premer). 

SCÈNE PREMIRE. 

SuzoN, érangeant let chambe (chambre) et Térazant (balayant). 
Gharle, JpSEPH, en hdnts de militares, lo preumin (pre- 
mier) éva l'épaye (aveo Tépée) en bandoulière ; lo s'gond éva 



310 LÈS PATOIS 

m sabe de même, et chéquin des mostèches, et in ptiat hèton 
è let main. 

SuzoN^ (tôt en êrazant ferdonne lo r*frin d'in rondia). 
Bêles, si veas voleus, si veus voleus m'en creare ; 
N'allear* mé, n*allear mé dans let forêt neure (noire) . 

GHiLRLE ET JosEPH enteurent enaane (ensemble). 

Joseph. 

Boinjo, let bêle afant, v'féyeus (vous ftites) mon bel (fort beta) 
cheus vos. 

Snzon. 

Yat* servante, messieuz, j'êrange nat' grand' chambe po 
d'main ; je dvans awouet tôt plien d'gens. Qa' as' qa'il y et po 
vat service ? 

Joseph. 
Je v'nans v'demandet ê sopet et in boin lit. 

Gharle. 

Que j'vos priera d'bien baisnet ; s'iet fat don bien quand on at 
hadé (fatigué). 

' Suzon. 

J' mattra, si v'voleus, in pou d'seuq (sucre) dans les baisneare 
(bassinoire), si s'Iet v'fat pliigi. 

Gharle. 

Mardine ! v'êveus eune bonne pensaye tolêt ; y pérét (panit) 
qu' v'entendeus s'lei^(cela). 

Suzon. 

Oh, veus n'manq'reus de rien cheuz nos, let matrasse (b mai- 
tresse) at beun éprouvisionnaye. 

Gharle. 
J' n'en dote me : écouteus don ; ne djinves (ne disiei-fous 
pas) mê tôt ê l'houre que v'êtandins lot plien d'gens d'miin 
cheux vos. 

Suzon. 
Âye, des gens d'nace (noce) qui deunent far féchtin tossé (id^ • 
quand j'dis l'féchtin, s'nam (ce n'est pas) quk l'féchtin, s'at,.... 



DE LA FRANCE 311 

SCtNC t>QONDE. 

Brigitte et les Preugédents. 

Brigitte, en entrant. 

As' que (est-ce que) s' n'am (ce n*est pas) iqua (déjà) fat don ? 
t*as mou (bien) longtems po handlet (arranger) cette chambe let. 
" Qu'as* que dmandent ces beis (beaux) messieux let? {elle fat 
let reuvêrence) — Je v'sélue, meesieux. 

Josepb. 

Veus d'vens v'en dotet (douter), let bonne mère, je v'nans no 
.'pouziet (reposer) cheux vos et v'dmandet in boîn lit. 

Brigitte. 

T'en éreus dous (vous en aurez deux), si v'voleus, messieux, 
j'en èvans (avons) de r'cheinge. 

Gbarle. 

Grand merci, bonne mère, j'attans dous boins èmins (deux 
bons amis), et j'couchans tojos ensane (ensemble) : Mas qu' as' 
que v'nos beill'reus (donnerez) è sopet ? j'évans bon aupétit. 

Brigitte. 

J'évans trabeun (beaucoup) de cbouses, et v'érivens (arriverez) 
dans in boin moment : v'ieuve (voulez-vous) eune omlette èlet 
crème ou au bacon (jambon), eune saleide ? 

Gbarle. 

As' que je n' pourimes aivouet eune cottlette, in ptiat jambon- 
neau ; v'éveus tôt plien d'cbouses, djeus (dites-vous) vos ? 

Brigitte. 

S'at vra (c'est vrai) aussé, mas y faut v'dire lo fin mat (le fin 
mot) ; s'at in s'cret portant, mas s' n' ame po nate vleige (ce n'est 
pas pour notre village), tôt l'monde lo sait; tortot mes prou visions 
sont po dmain : on deut s'essembliet tossé (ici) po let pesse (pour 
passer) d'in contrét d'mériège. 

Gbarle. 

S'at eune bonne effare por vos ; conteus nos in pou s'iet (cela). 



312 LES PATOIS 

Brigitte. 

S'at let feille (c'est la fille) de Glieoment, nate mate d'éconle, 
qu'deat épozet Ffei <fils) d' Y andeii mntiin <Baeanier) d*Woipy, 
qu*at moût (qai est mort) ; Dieu veuille awoaet s* n'âmeelli 
perdonnet les motures qai m'et prins d*trap ! (de trop) 

Gharle ë Joseph fè part). 
Ne n' feyânre më cohnate (ne nous faisons pas connaitre), j 
t* expliqn'ra s'iet {haut è Brigitte). Veus d'jeus (vous dites) qa*on 
va mëriét (marier) let feille de Glleument éva 

Suzon. 

Éva rfei (avec le fils) d* Tancien munin de Woipy Glaudinek, 
Tpus grand nigaud et Tpus reiche don pays ; s'përe, qat n*Tt- 
leume (ne valait pas) dous dobes et remessiét trabeun d'écus es 
ëchtant (achetant) cpiosi po rien les biens des Ghanoûnesetd'âtes 
(d'autres) qu* let nation vendent tôt évau ; vtus d*veus savoiet 
s*let (vous devez savoir cela). 

Brigitte. 

Te devreus sawouet tare të langue të ; s' n*ame (ce n'est pas) 
tes effares... Let poure Toinette, s'at moût démeige (c'est bien 
dommage) d'ii belîiet (de lui donner) in imbécille enlet î Let pas 
bêle créyature don canton ! G'que s'at qu' l'ergent portant 

Gharle. 
L'mériëge n'ame qua fat (le mariage n'est pas encore âdt). 

Brigitte. 

S'at p'iet (c'est pour la) semaine que vient, j'pense : mas slrt 
n' m'empdche më de v'belliet (donner) ë sopé; v'ereus c'qœ 
v'voureus (vous aurez ce que vous voudrez)^ et surtout don boio 
vin : (é Suzon). Allons, Suzon, viens charchet c'qui faut po malt' 
let tauille (la nappe). 

Gharle. 

In mament, d'jeune in pou porque (dites-nous pourquoi) qa'sD 
vient cheux vos po pesset (pour passer) l'contrét (le contrat) ;per 
autes fois s'atettt (c'était) tojo cheux l'përe d'iet future. 

Brigitte. 
S'at vra^ mais l'mâte d'écoulé n'ame essës beun liyèt (n'est pas 



i 




DÇ Lf flMUilCE 313 

amez bien logé) po s'iet : on )y et.piins s^ gnu^id-cbMiibre pu^u'i 
t*neut les afans, et on z'y et fat claouèt (clouer) tôt plien d'tauilles 
(de tables) et d'bancs po £are écrire toript ses mermeilles (tous 
ses marmailles) è let novelle féçon qu'on houye (appelle) l'en- 
seignement meutuel ; aussé les afans vont dev' nins sévans : tôt 
aus' bien les gens dlet nace (noce) s'ront mieux tossé (ici), et 
s'iet n'ious z'y coutrême (ne leur coûtera pas) pus cher qu' 
cheoz zous (chez eux) ; i qua (au contraire) moins : (é Suion) 

Alans n' z'an vite. 

{Brigitte et Suzon 8ourtent.) 



CHANSON D'VENDOME (vendanges). 

Queu pliaji (plaisir) d'être en vendome (vendanges) 
Qaand lo s*lat (soleil) dour (dore) les coteaux ! 
On s'en beille (s'en donne), Dieu sait comme, 
En corant pè monts, pè vaux. 

Les guechons (garçons) prach' (près des) des bacelles (filles) 
Sont gueuilrèts com' des mochats (iàuvettes) ; 
Aux peutes (laides) tôt com' aux belles 
T font bet' (battre) des enteurchats. 

Y n'so pesse (passe) oiU d'ennaye (pas d'année) 
Sans veur de ptiats eccidens ; 
Let Vendôme at endiolaye (ei^diablées) 
Pour far' daunet (damner) les jan's (jeunes) gens. 

S' n'am tolet (ce n'est pas pourtant) l'pus égriable 
Po l'homme beun éduquet ; 
Let tauille (table) at (est) pus proufitabe 
Quand ou zé de que craquet (manger). 

On n'manqu' de rien en vendome 
Quand on zé tortot (tout) c'qui faut ; 
D'iet chft (viande), don vin, don rogome (eau-de-vie) 
De d'peus le bech' (bas) jusqu'en haut. 

S'at, morguié, com' des jos (jours) d'fète 
Quand je r'cevpns nas émis (amis) ; 
J'bovaps è pède (perdre) let tète 
Juqué que j'sins endreumis. 

Il 40 



• 



314 LES PATOIS 

Lo lend' main s'at (c'est) de recommence, 
Je féyans deuriet l'pliigi ; 
Mas sitout qu' Thuver s'évance 
J'retonans ë nat ligi (lo^ps). 



TRIMAZO (1). 

Nos val' (nous voilà) au temps des trimazos 
Que vont cbantèt pè monts, pè vaux ; 
V'aleus sawouet (vous allez savoir) tôt plien d'novelles 
Sus les guechons (garçons)^ sus les bacelles (filles). 
trimazo ! 
S'at lo maye, ô mi-maye (mai), 
S*at lo jali mois de maye, 
S'at lo trimazo ! 

J'a vu trabeun (beaucoup) des beis gueichons 
Fliambet d'in coup pë les quènons (canon) : 
J'a vu zous (leurs) belles desakyes (désolées), 
Treus mois éprès tot's consolayes, 
Trimazo ! etc. 

J'a vu trabeun de gens d'bonneur 
Et j'en a vu qu' n'évint point d'quieur (cœur), 
S'ion let sajon (saison), far les girouettes, 
Riant, bréant, far' des corbettes^ 
Trimazo ! etc. 

J'a vu que sovent l'émitié 

N'ateut (n'était) qu'in mat qu' féyut (faisait) pitié ; 
Des émins j'connas let rutoine (routine) ; 
Drès qu' l'inq de zous (dès que l'un d'eux) s'treuv* dans W 
Trimazo ! etc. [pwnei 

(1) Le trimazo est ttn chant qui remonte à l'époque diu- 
dique. C'était le chant du mois de mai qui annonçait Le pna- 
temps. On célébrait ce réveil de la nature par des dames et 
des jeux. Les petites filles de la campagne allaient à la ville par 
bandes de trois ; elles chantaient et sollicitaient de petites pièces 
de monnaie. Cîet usage a disparu, mais les chants de trim^ 
existent encore. 



DE LA FRANGE 315 

Oh ! si j'tos d'jeus (disais) tôt c'qua j*a va 
Mesdèm's j' n'en finiream aujd'hu ; 
De crint portant que je n' v'ennaye, 

Taim* chea (mieux) r'mat' s'iet (remettre cela) por eune aut' 
Trimazo ! etc. [vaye (fois). 

J'évans (j'ai) chantet tôt c'que j'sévans ; 
Qui as' qui n'beilleret (donnerait) po des ribans ? 
Ce n' s'rem churment (ce nt seront sûrement) les demoinselles^ 
Mas les monsieux qu' aim'nt les bacelles. 
Trimazo ! 
S'at lo maye, 6 mi-maye^ 
S'at lo jali mois de maye, 
S'at lo trimazo ! 



Dialecte Bourguignon. 



Les formes secondaires du singulier de l'article dou^ 
du^ ou^ au^ appartiennent au dialecte bourguignon ; elles 
ont passé dans le dialecte picard , puis dans celui de 
Normandie. 

« La portion du territoire sur laquelle le dialecte bour- 
guignon était parlé avec le plus de pureté, où ses carac* 
tères dominants se rencontrent de beaucoup le plus 
nombreux et le plus en relief, se pourrait circonscrire à 
peu près dans une ligne tirée d'Aulun et y revenant, par 
Nevers, Bourges, Tours, Blois, Orléans, Sens, Auxerre et 
Dijon. 11 embrassait ainsi, dans sa pureté , le Nivernais^ 
une partie du Berry, de la Touraine , de l'Orléanais et 
presque toute la Bourgogne. Cette dernière province 
étant la plus considérable de celles dont je viens de par- 
ler, J'ai cru convenable de donner son nom au dialecte, 
qui d'ailleurs y était peut-être encore un peu plus net 
que dans aucune des autres. 

« La vaste étendue de provinces que j'assigne encore. 



3i6 LES MATOIS 

en dehors de ce rayon, an dialecte de B6ttrgoé:Q%, bit 
assez voir, sans que j'aie besoin d'insister là-dessus, que 
ce langage ne pouvait point être absolument identiqoe 
sûr tous les points du territoire qui le parlait. Il y avait, 
en effet, des nuances entre le langage de toutes ces pro- 
vinces; mais la cause principale de ces nuances parait 
être, à mesure qu'on s'éloigne du centre, le mélange de 
deux langages limitrophes; je n'y ai rien vu, nulle part, 
d'assez marqué, d'assez précis et d'assez distinctif , pour 
être autorisé à en faire un* nouveau dialecte. J'indiquerai 
en leur lieu celles de ces légères variations que j'aurai 
pu saisir. 

« A l'est , les limites du langage bourguignon étaient 
celles de la langue française. Au nord , il empiétait ud 
peu sur la Lorraine jusque dans les montagnes Vosgien- 
nés et vers le cours de la Meurthe ; puis à la hauteur à 
peu près de Bar-le-Duc, de Reims et du cours de la 
Marne, il se partageait la Champagne avec le picard. H 
redescendait par Paris vers Chartres, et côtoyait le lan- 
gage normand en empiétant, à l'ouest de l'Orléanais, sur 
la lisière orientale du Maine. Il embrassait l'Anjou, an 
moins en très-grande partie, et le Poitou tout entier jus- 
qu'à rOcéan (1). il séparait, par cette dernière province, le 
langage normand mitigé et fortement mélangé du midi 
de la Bretagne , du langage d'oc qui commence vers 
l'Aunis et la Saintonge. Au midi, le dialecte bourguignon 
longeant TAngoumois, le Limousin, l'Auvergne, le Lan- 
guedoc, le dauphiné, venait se fondre peu à peu dans les 
formes de la langue romane, au travers de la Marche, du 
Bourbonnais et du Lyonnais. 

« Un des principaux caractères du dialecte de Bourgo- 
gne, c'est qu'il ajoutait un f à presque toutes nos initiales, 

(i) Nous avons vu que c'est le dialecte normand qui domine 
eh Poitou, contrairement à Vopinfon qu'exprime le savant Fallot 



DE LA PRAKCE . Si 7 

médiales ou finales, en a où en is fermé pur. Il y a opposi- 
tion radicale en ceci entre le bourguignon et le normand, 
le premier de ces dialectes mouillant fortement toutes 
nos syllabes en éïevmé ou en a pur, surtout les finales, 
et le normand tendant toujours au contraire à les rendre 
sèches. Ainsi, bienheureiSy bienbeuré, bienheureux; 
demandeiy demandé ; gouven\eir^ gouverner; li peire, le 
père ; toi, la; tot, ta; queil, quel; bleit, blé; aveir^ 
avoir ; acheteir^ acheter ; teils^ tels ; asseiz , assez ; iai, 
ja ; poureteiy pauvreté. 

• Vo pur français, dans toutes les syllabes, hormis 
celles où il est suivi d*un r, était en ou dans la Flandre, 
en ùi dans la Bourgogne : boun^ botn, bon ; etc. 

« En dialecte de Bourgogne, on a employé le g final 
pour marquer la nasale n, dans quelques mots en in : 
juiÇf juin ; etc. » (Pallot, Recherches.) 



NOELS DE LAMONNOYE. 



GUillô pran ton tamborin. 
Toi, pran tai fleute Robin, 
Au son de ces instruman 
TurelurelQ, patapatapan, 
Au son de ces instruman. 
Je diron Noei gaiman. 

C'éto lai mode antrefoi 
De loué le roi dé roi, 
Au son de ces instruman, 
Turelurelu, patapatapan ; 
Au son de ces instruman 
Ai nos an fau faire autan. 

Ce jor le Biaie at ai en. 
Bandons an graice ai lésu, 



318 LES PATOIS 

Au son de ces iastrnman, 
Turelurelu, patapatapan ; 
Au soD de ces instruman 
FezoQ lai nique ai Satan. 

L'homme e Dei son pu d'aicor (accord) 
Que lai fleùte e le tambor. 
Au son de ces instruman, 
Turelurelu, patapatapan ; 
Au son de ces instruman 
Chanton, danson, sautons-an. 

II 

Je n'ôblirai jamoi le prone 
Que devé noei l'an passai, 
Note curé Messire Antone, 
No fi du Prôféte Elizai. 

Ce fu, no dizo-t-i, mé fraire, 
Un prôféte, ma dé pu gran, 
Gan miracle au éne (une) heure ai faire 
Ne li coutein (coûtaient) non pu que ran. 

Le ville an étein ébouïe (ébahies), 
Le prince li fezein lai cor, 
Es éveugle ai baillo (donnait) Touïe, 
El airo fai vol clar ein sor (sourd). 

Au Mon Carmai an grant aprousse (ardeur) 
' Éne fanne (femme) ali le queri ; 
Vené, fit- elle ai lai recousse, 
Mon prôve anfan vén de meuri. 

Pai, couzé-vo (taisez-vous), dit le Prôféte, 
Mon Clar (clerc) le tireré de lai (de là), 
An li bôtan (mettant) dessu lai tête 
Mon bâton d'ormea que vêlai (voilà). 

Vote Clar gairiro paranture (par aventure), 
Di lai fanne, ein peti bobo, 



DE LA FRAN€E 319 

Ma por éne paroille cure, 
Tené ce n'a pa trô de vo. 

El y fu don, e dan lai chambre 
Tou gizo le peti garçon, 
Ai trôvi qu'el aivo lé mambre 
Deijai pu froi que dé glaiçon. 

Ai varuUe (verrouillé) aussito lai pote, 
E peu montan dessu le lei 
S'y récrepissi (rétrécit) de tei soie. 
Qu'ai devin pu cor d'ein quatei (quartier). 

Eûille (œil) contre eûille, paite (patte) ai paite, 
Lôfre (lèvre) ai lôfre su le peti, 
Pei (pied) su pei, sans autre recette» 
Ai fi si bé qu'ai Téchaufl. 

D'aibor Tanfan baaille, rebaaille. 
Clignote, grimôle (grommelé), s'éran (s^étend), 
Étarnuë, anfln se revaille. 
Se leuve, et charche sai mamman. 

Vêlai, dizo Hessire Antone, 
L'imaige du Yarbe fai char. 
Je vo vai san beacô de pone 
Montrai qu'ai n'a ran de si clar. 

Le garcenô qui ressuscite 
N'a-ce pa l'homme tô craiché. 
Que Jesu Chri po se mérite 
Sauve de lai mor du peiché ? 

Le san Prôféte qui devaule (descend) 
De lai cime du Mon Carmai, 
C'a Jésu qui vén dan Tétaule (étable), 
Du hau du céleste Palai. 

• 

Tô jeuste ai lai taille anfantaigne 
Elizai se retrecissi : 



1 



920 LBS PATOlSt 

Po no lai Majestai divaigoe 

Au moine éla se reboisa (rabaisaie)* 

On pansé quei fu l'aulegresse 
De voi Tanfan revigôtai ? 
No qui recevon moime graioe, 
J'an devon be tretô chantai. 

Aidon, po bôlre (mettre) an train se fraire (frères), 
Note bon curé tan qu*ai pu 
Le fin premei quemance ai braire, 
J'an flre tôs autan que lu. 



Patois du Jura. 



LA JEUNE BERGÈRE. 

Vini caï (venez ça), pitet maoulon 
Vini que dze (je) tu caressa 
Que n'é-te berdzi (berger) megnon 
Perque séye (sois) ta metressa ! 
Va, cumin (comme) ma grand seraou (cœur) 
On gli det (dit) nom ma gneilleta (poulette) ; 
M^ per ma quinna delaou (queUe douleur) 
D'étrou tourdzou (toiyours) triaet piteU (trop petite). 

Goupou (caché) dari nun bosson 
I soutcht (sortit) per la feiUeta (fillette), 
On drolou (drôle) das piu megnon 
Que gli dézi ma gneilleta. 
Tota n'émaillia de çan (émerveillée de cela) 
Le resti biu intredeta (interdite), 
Quind le visa (eUe vit), quaqu'efan (quoique en&nl), 
Que n'éra truet piteta (n'était pbis trop petite). 



DE LA FRANCE 3Si 

. L'AUreMNE. 

On dzor d'aderri (an joar d'automne) 
Qae la na (neige) vola veni 
Las ouazes de ny (oiseaax de passage) 
Gadiront se redzoî (réjouir). 
* I si san butas (mis) 
Tôt en ouna cbâ (en une troupe). 
Quand i se Tolaian posa 
Cru vi van non prâ (couvrirent un pré). 
Et quand dz'iro de coûta laou (j'allais de leur côté). 
Liou châ mi fassa paou (leur troupe me faisait peur). 



ROMANCE. 

Quin dz'er (quand j'étais) amo de ma Liaudinna (Claudine) 
Dzin ne mnigov' (rien ne manquait) a mins desis ; 
Sa poîuna faso bin ma poînna^ 
Seus piaisis éran mins piaisis. 
No se disiens sovin l'ion Tatrou (l'un à l'autre)^ 
Que no se n'ameriens toi70us ; 
Mé, vour-indrety Tin ame n'atrou 
Liaudinna eubli neutis amous. 

Dret lou matin à la prelia (prairie) 
No menovano (nous menions) neutes maoutons, 
Dz'era cheto (j'étais assis) près de ma mia ; 
Le commînchov' na chincbon (elle commençait une chanson). 
Api d'apré çan (cela) no dinchovan (dansions), 
In no tegnaut los douve mans (tenant les deux mains), 
Alliégrous leus maoutons satovan (sautaient) ; 
Mé no ne vous po mais iusan (nous n'allons plus jamais ensemble). 

La lou pia (pied) megnon, les mans blincé (blanche), 
Lou pé (cheveux) torzou bin trenato (tressés) ; 
L'ë tota prinma (mince) su les hincé (hanches) 
Et, ma fîon (foi), bravamin mendo (élégamment mise). 
L'é revoillia (éveillée) commîn na ratta (souris). 
Et cfahdtoa (chantait) coum' on russignéû (rossignol). 
Oh mé (hélas), cela villaina satta ! (trompeuse) 
D'eun atrou (d'un autre) le fa lou bonhéû. 

u 41 



2Sâ. LES PATOIS 



Patois Lorrain. 



PROVERBES VOSGIENS. 

Pu qu*Io lou é, pu qu'il vu évou. (Plus le loup a, plosil 
veut avoir). 

Faire lo dchen pou avou l'ouse. (Faire le chien pour 
avoir l'os). 

Botté lo lou pou vouadè sis dcheuves. (Mettre le loup 
pour garder ses chèvres). 

Quo lo pouo a grsB, il caisse le ran. (Quand le porc est 
gras il casse le ran (retable), c'est-à-dire bonheur enfle le 
cœur.) 

Lis gros dchins ne se mouodonl mi tne è Tâte. (Les 
gros chiens ne se mordent pas Tun Tautre). 

11 liéïe lo daïe que n*é mi ma. (Il lie le doigt qui n'a pas 
mal). 

UNE VEILLÉE DE VILLAGE DANS LES VOSGES. 

Le père Mathieu entre avec fracas: « Que to, s'écrie-t-il, 
« j*a tu aujedeuye moyi jusqu*ès osse. J'a tu pou bôcbi; 
« j'voyézor bié enne nouàche to nar, ma j'créyézo que ce 
« n'srô riè et qu'lo gran vo lo virô pu Ion. Ma il o crové 
« quan i n'élaizor pu to pou r'veni. J'â biè mellu dû 
« chesse seu mi; ma ce n'eimpéchézo mi qu'j'a tu moyi 
« biè-n à poi. » (1) 

« Que triste to, dit lo Batison, ou n'sèrô aouè dou jonée 
son piôve (sans pluie ; d*autres disent pmc/ie.) En r'venao 

(1) Quel temps ! j'ai été aujourd'hui mouillé jusqu'aux os. J*ai été 
pour bêcher ; je voyais bien un nuage tout noir, mais je croyais 
que ce ne serait rien et que le grand vent le pousserait plus loia- 
Mais il est crevé, quand il n'était plus temps de revenir. J'ai biea 
mis deux sacs sur moi ; mais ça n'empêchait pas que j'ai été 
mouillé bien à point. 



DE LA FRANCE 323 

dlè foure (foire), j'no son mettu è Téhouâye (l'abri) derri 
in vi muh, et j'no son édogi (attardé) et éneuti. » 

Cet inciderit passé, le petit Pierre achève un récit com- 
mencé : « J*à tu don è le noce jûdi ; i èvaizo Irobié (beau- 
« coup) d'gein, tro bié d'bacelleet d'gohon (garçon), torto 
« aque di jone (tous jeunes). On y é ri et chainlé et 
« dainsè ; jémft je n' m'a si bié mûzè. J'a mingè comme 
« in lou et bu comme quoète. > 

« Lo pore ome, — dit Joson en riant, — il évézo bu in 
« co d*tro ; i cheuyézo to di gran do chemin, so chépé d*in 
« côté et la d'I'aule. J'a tu quoéri se fôme qui criézo 
« (pleurait) en lo monant. Il o molin (méchant), quan il 
« sou. El dolézo (craignait) d'été betlu. » 

« Cohè-vo (taisez- vous), — répond le petit Pierre, — vo 
n'sévézô mi c'qu'vo dehè (ce que vous dites). » Mais les 
rires édatent et une dispute est sur le point de s'élever. 

Dans un coin quelques femmes parlent ensemble. 

« J'virâ chî le couserosse (couturière), — dit Tune, — 
j'à échtè enne belle rôbotle è m'néfan ; j'vû qu'i la moi- 
teusse dimoinche pou 'noUè è le mosse. > 

< J'â hauouè mè boye to po mi, ^ dit une autre» — 
(j*ai lavé ma lessive toute seule) ; j'étézô lasse que 
j'n'poyézô pu remouè lé pogni, ni fare in pè (un pas). > 

Hais voilà que quelqu'un commence une histoire et 
tout le monde prête attention. « C'to le vôye de Noué. 
« J'élinzô prote pou 'noUè è le mosse de méneuye èvo 
« mes éfan. To d*in co^ j'â vu eintrè in ôme qu'étézo 
« bian comme enne barde; j'â créyu qu"l étézo sou ; ma 
« c'élézo d'épovote (d'épouvante). I m' dehè : i vie 
« d'm'errivè enne belle farce. Je n'sévézo mi ce qu'é vlè 
« dire ; ma è bou d'in momo, j'iâ rkenohu. C'étézo lo grô 
« Colas. I vnè d'oUè quoére di brandvin do lo pien pays 
« (le plain pays, la plaine) ; il évézo in ptiot bori (baril) 
« to plein seu Tdô, et lé gablou Tévinzo rattrapé èvo so 
€ bori, épro (après) '1 i évon di de s'sauvè biè vile. Lo 
« pore ôme ! i criézo (pleurait) ; i no dehè : ç'o torto lo 



324 LES PATOIS 

« béaéfice de mes au le voyége qu'o pédiu ; ç*o mè iàm^ 
« qu'o lè cause di celé ; el me poussé è poili (pariir); mè 
« mére oe vlézo mi è cause que c'étézo lè neuye d\Noué; 
- eldehézoqui m'errivrd di maleur; el évô biè rôhoD 
<r (raison). 1 féyézo dé lasse-me-Déye (hélas! mon Oieujel 
« i dehézo : J*n'en meurrâ mi, ma ce nïà tojo poi d'biè. • 



LÈ nAUVE D'IN LOU ET D'IN AIGNÉ. 

Q'as' qu'é fau fàr cont' lo pu fô ? 
El ai tojo râhon. — Couh' le et Ion lo dô. 
Po qu'vo n'vo fôchinss' mi, j*vo dira lè pliot' flauve 

D*in lou et d'in aigné. 
In aigné qu*évô sa s*n ollè boére don l'auve 
D*in bé ru que golo to lo Ion de bé mé, 
Son doté nian, é milan d'iè jonâye. 
In lou que n'èvô co maingi depeu lè vouâye. 

Et qu*atô ehhi fleu di bô 
Po ettôde ec de boin, po Tchu^ quéque énimau, 
Lo rwatio lo bèn ahe, 
Et se r*lichan lé pott' è d'ho : 
Hu ! lè boin' châ, et tanre et frahe ! 
'1 to perlu ; lé chiè dremo ; 

Ç'o bié m'n effare/ 
Hou ! qu'as' que tïà loci, mordâ ? 
T'o biè haidi d'v'ni barbota 
Évo to ouet' meusé dô mè belle auve kiare. 
J'ie vieu si bié braqué que t'n'y revainré ouare. 

— Vos ot' in trou boin rô po vo fôchi inlè, 

Que d*heu Taigné qu'èhoncho è doté : 
Ç'o vol'auve que j'boé ; rwatiè lé rigolotte, 

Si v'pia, boin sir lou, in momo ; 
Elle vie devo mi, é pu d'vin pa d'so vo. 

Je n'sérôm' don brôyi vote breuvaige. 

— Te lè brôye, que d'heu lé peute bêle sauvaige ; 



DE LA FRA«€E 335 

Èvo de qu*lan derré, j*lo sa, Té di su moi 
Mou de mécban parole. -— Ah I d*beu l'aigné, némoi. 
J'û'alàm' co né, je tosse co mè roére. 

— Possibe ; ma o'o don lo frère, 

— Némoi, j'n'en a mi. — C'a lot in ; 
Vos Ole torlu dé couquin. 

Évo vo, j*nâm' jémâ enn' mouarand* son Iraubiesse : 
\6 cbiè et vô hodée son tojo è mè cbesse. 

Morda ! è fau 
Qoe j-me r'vaingeuss'; n'o mi lou que n'se r'vainge. 
Son fâr ni enn' ni dousse, i l'empoulye et lo mainge 

Derri lo bô. 
É 0*0 mi le moyou, lé ràhon do pu fô. 

Que c'sôye in lou, que ç*sôye in borne, 

Conte in aigné, conte in péyi, 

Âs-que lo boin Dée ne sérôme 

Trovè lo to de lo puni ? 



TRADUCTION. 

Qu'est-ce qu'il faut faire contre le plus fort ? Il a tou- 
jours raison. — Tais-toi et tends le dos. Pour que vous 
ne vous fâchiez pas^ je vous dirai la petite fable d'un loup 
et d'un agneau. 

Un agneau qui avait soif, s'en allait boire dans Teau 
d'un beau ruisseau qui coulait tout le long de beaux 
arbres, sans craindre rien, au milieu de la journée. Un 
loup qui n'avait pas encore mangé depuis la veille, et qui 
était sorti bors du bois pour attendre quelque chose de 
bon, pour le sûr, quelque animal, le regardait tout bien 
aise, et se léchant les lèvres, il disait : Hu ! la bonne 
chair, et tendre et fraîche! il est tout seul; les chiens 
dorment ; c'est bien mon affaire. Hou ! qu'est-ce que tu 
fais ici, morda? tu es bien hardi de venir barboter avec 
ton sale museau dans ma belle eau claire. Je te veux si 



326 LES PATOIS 

bien arranger que tu n'y reviendras guère. — Vous êtes 
un trop bon roi pour vous fâcher ainsi, dit l'agneau qui 
commençait à trembler; c'est votre eau que je bois; 
regardez le ruisseau, s*il vous plaît, bon sire loup, un 
moment ; elle vient vers moi à plus de vingt pas au des- 
sous de vous. Je ne saurais donc troubler votre breuvage. 
— Tu le troubles, dit l'affreuse béte sauvage ; avec cela 
que l'an dernier, je le sais, tu as dit sur moi beaucoup 
de mauvaises paroles. — Ah ! dit Tagneau, pardonnez- 
moi, je tête encore ma mère. — Possible ; mais c'est donc 
ton frère. — Pardonnez-moi, je n'en ai point. — C'est tout 
un; vous êtes tous des coquins. Avec vous je n'ai jamais 
un goûter sans peur : vos chiens et vos bergers sont tou- 
jours à ma chasse. Mordâ ! il faut que je me venge; n*est 
pas loup qui ne se venge. Sans faire ni une ni deux, il 
l'emporte et le mange derrière le bois. 

Elle n'est pas la meilleure la raison du plus fort. Que 
ce soit un loup, que ce soit un homme, contre un agneau, 
contre un pays, est-ce que le bon Dieu ne saurait pas 
trouver le temps de le punir ? 

{Traduction de Louis Jouye.) 



DE LA FRANGE 327 



LES IDIOMES DU MIDI 



Les idiomes méridionaux sont aussi variés que ceux 
de la langue d'oil, mais leurs différenees consistent 
surtout dans les modifications de voyelles. « Ce sont 
surtout les voyelles, dit Schnakenburg, qui subissent ici 
les modifications les plus importantes, au point que non 
seulement chacune d'elles peut^ dans les différentes 
parties d'une province ou d'une région plus étendue, 
remplacer successivement toutes les autres, mais aussi 
s'en associer un certain nombre, et former comme un 
groupe de voyelles autour de la voyelle radicale, ce qui 
va souvent jusqu'à faire une gamme complète d'un 
simple monosyllabe ; témoin le mot languedocien aouéh 
du latin hodiey en français (aujourd*) huU où toutes les 
cinq voyelles se trouvent ensemble sans consonne. En 
général c'est un signe distinctif des idiomes du midi de 
rapprocher de leur ancienne valeur toutes les voyelles 
qui se seraient rétrécies ou changées en diphthongues et 
nasaux dans les patois du nord et en français ; tels sont 
par exemple les mots: paire ou pare^ père, mas ou marij 
main, vesin^ voisin, foc^ fioc, feu, etc. 

« Après les voyelles ce sont celles d'entre les consonnes 
dont la nature s'approche le plus de la nature vocale qui 
sont sujettes aux modifications les plus importantes, 
pendant que les consonnes d'une individualité plus 
marquée, surtout lorsqu'elles se trouvent dans le corps 
des mots, restent très-ordinairement invariables. Souvent 
la forme primitive des mots romans se trouve altérée par 
l'influence du français, de sorte que plusieurs change- 
ments d'articulations autrefois tout-à-fait romanes ne 
s'expliquent que par l'imitation de cette dernière langue. 



328 LES PATOIS 

En srénéral cependant, ]es mots laissent voir leur origine 
latine d*une façon plus claire et plus distincte qu'en 
français, ils ont une accentuation plus variée et plos 
précise, parce qu'on ne connaît pas Tusaj^e de Ye mnet, 
et qu*on pi*ononce toutes les lettres d*un mot d*aprës 
leur valeur naturelle. Enfin on n*admet point les sons 
nasaux. 

« L'observation de ce dernier point est fort essentielle 
ù l'égard de la juste prononciation des syllabes ^n, m, etc. 
qui se prononcent toujours comme dans les mots français 
ennemi, innocent et jamais avec une articulation nasale. 

« L'accent prosodique des mots se trouve souvent 
sur la pénultième, mais rarement sur l'anlépénultièffle 
des mots : il n'y a que les diphttiongues qui produisent 
quelquefois cette accentuation, comme p. ex. dans le mot 
maïré, mère. La prononciation des troisièmes personnes 
du pluriel de quelques temps des verbes y penche, dans 
quelques contrées, il est vrai, mais très-biibiement, oe 
qui doit étonner d'autant plus que tous les autres signes 
distinctifs qui caractérisent la langue italienne et l'espa- 
gnole sous le rapport phonétique se rencontrent égale- 
ment sur le lerriloire des dialectes romans. • 

Les formes grammaticales des palois du Midi sonti 
peu près les mêmes que celles des langues néo-lalines, 
en ce qui concerne les cas, les degrés de comparaison, 
la flexion des substantifs et des adjectifs. 11 n^exisle qoe 
trois conjugaisons, mais elles possèdent u ne grande variété 

d'articulations. L'infinitif est en ar pour la première, en 
er pour la seconde, en ir pour la troisième conjugaison. 



DISCOURS DB F. BUSTRAL SUR LE DIALECTE PROVENÇAL. 

Nous sommes heureux de pouvoir placer en télé des 
idioffie du Midi, un chaleureux et patriotique discours 
prononcé au mois de mai 1881, à Marseille, à la fête de la 
Salnte-Estelle, par le poêle F. Mistral. 



DE Là frange 329 

» 

C'est un cri du cœur, un élan de Tâme qui affirment 
Texistence des patois et leur durée perpétuelle à travers 
les siècles. 

Oui ! F. Mistral, cet admirable patois provençal, qui est 
si harmonieux dans vos beaux vers, ne s'éteindra pas. 

Ce n'est pas sans une émotion vive et pénétrante qu'on 
lira ce sympathique discours, et comme le poêle Marseillais 
on répétera : les dialectes ne veulent pas mourir. 

Voici le discours de F. Mistral dont la place est marquée 
en tête des poésies patoises du midi de la France : 

Messieurs et gais confrères, 

L'heure est venue de rechercher les causes et d'éclairer 
le fond de cette renaissance qui se nomme Félibrige, et 
d'en montrer à tous la raison, la portée et le but ; et je 
veux mettre à profit la compagnie brillante que le drapeau 
de Sainte-Estelle réunit autour de lui dans la ville de 
Marseille, pour vous dire sans voile ma façon de penser. 

Quelles que soient les opinions, le caractère prédomi- 
nant de notre siècle, c'est le triomphe de la démocratie... 
Eu lançant ce gros mot, messieurs, je n'entends pas faire 
de la politique : je parle seulement au point de vue 
littéraire. 

Donc, la démocratie ayant pris le pouvoir, les vieilles 
influences de la cour, des salons, de la belle société, des 
académies bien disantes, ont disparu peu à peu, et 
l'haleine puissante du souverain nouveau gonfle de plus 
en plus toutes les voiles du navire. Le peuple pantelant, 
déchaîné, débraillé, arrive à la montée, ébouriffé comme 
un lion, arrive avec sa faim, arrive avec sa force; et 
comme un torrent débordé qui entraine après lui et 
limon et gravier, le populaire envahissant répand à la 
lumière son langage tel quel. 

Cela vous découvre, messieurs, le grand côté vivant 
du Félibrige. Le Félibrige, cet épanouissement de tout 
ce qu'il y a de bon, de tout ce qu'il y a de beau, de tout 
n 42 



330 LES PATOIS 

ce qu'il y a de gai^ de tout ce qu'il y a de nobles dans les 
populations, n'est pas l'œuvre de basard de quelques 
hommes. Eclos dans le peuple, en plein soleil, en plmn 
terroir, il est l'enfant naturel et providentiel de l'époque 
où nous sommes. 

Le peuple, vous ai-jc dit, arrive tel quel, bérissé comme 
un houx, balé, braillard, heurtant contre les murs... 
Allons ! envoyez-le à vos écoles ! allons, polissez-le, 
peignez-le, lavez-le... Vous aurez beau frotter, messieurs 
les éducateurs : vous ne ferez jamais qu'il ne soit pas de 
la Ciotat ou de Peyroles, ou de Hartigues, car un pin fait 
un pin, le mortier sent les aulx et la nature passe tout 
Ceux de Paris, qui ont l'œil ouvert, en voyant monter la 
vague, parbleu I ont quitté la veste, quitté pantalon et 
chemise, et se sont jetés à l'eau pour nager dans la foule 
et voguer avec elle. C'est ce qui a nom aujourd'hui le 
réalisme et le naturalisme, une transformation tapageuse 
qui se fait dans les arts et dans la littérature. 

Tant qu'ils ne mettront en scène que la vie parisienne, 
passe encore ! ils sont placés mieux que personne pour 
fouiller dans les gouffres de la grande capitale et y 
pécher les perles de la civilisation. 

Mais quand ils voudront peindre les choses du Midi, la 
vie intérieure de la nation agreste, les semailles, les 
moissons, lever à soie, l'olivaison, le gangui^l^ foucadij 
le cacho-fiOj l'aïoli, ils auront beau s'étudier, beau se 
grimer à la paysannesque, ils feront presque toujours des 
tableaux de convention et une Provence pour rire. 

Ce n'est que dans sa langue qu'un homme, quel qu'il 
soit, ouvre à l'aise son poitrail et se montre tel qu'il est 
Voulez-vous des exemples? Dites-moi si quelqu'un peignit 
le rabeiroou de ce port de Marseille avec la rude vérilé 
et l'audace de Gelu, si quelqu'un* châtia les nervi et la 
quéco avec le fouet de Bénédit, si quelqu'un plaisanta les 
rachalan de Nimes avec la verve de Bigot, si quelqu'un 
fait jaser nos braves paysans aussi gentiment que Rouma- 



DE LA rAA!<GC 331 

nille^et si quelqu'un, enfin, a cueilli et sorti les pleurs 
du pauvre inonde avec l'émotion de Jasmin ! 

Le Félibrige, fils du peuple, vivant avec le peuple, 
parlant comme le peuple, est l'interpréte-né des masses 
populaires. Il a créé d*instinct une littérature neuve, une 
littérature exacte et vraie comme la science, car la langue 
qu'il parle est la langue des hommes qui cultivent la 
terre pour avoir le blé, le vin ; c'est la langue des 
hommes qui pèchent dans la mer le poisson de la 
bouillabaisse; c'est la langue des hommes qui équarris- 
seot la pierre, qui frappent sur l'enclume, et qui font 
« rançon de chair » dans les rangs de notre armée. 

Et cette langue, croyez-moi, a son étoile au ciel et son 
honneur comme les autres; c'est le parler grenu de nos 
libres ancêtres ; c'est le parler de ceux qui gardent et 
maintiennent les coutumes du pays, la grâce innée et les 
secrets de notre race vive et franche. Et tellement c'est 
beau, tellement c'est grand de conserver sa langue, que 
si dans la Provence (à Dieu ne plaise !) il ne restait un 
jour que cent familles parlant le provençal, s'il n'en 
restait que trente, s'il n'en restait que dix, ces dix familles, 
en face de l'histoire et de l'humanité, représenteraient 
seules la fierté, la noblesse de la vieille Provence, et 
seraient saluées le chapeau à la main. 

Mais, tenez, regardez nos superbes filles d'Arles ! Elles 
ne manquent pas, les belles jeunes filles, les beautés 
accomplies, à Marseille, à Toulon, à Avignon, à MontpeU 
lier... Et comment se fait-il qu'on exalte surtout les 
Artésiennes? C'est parce que, dit-on, elles ont un charme 
à elles... Eh bien ! non c'est plutôt parce qu'elles main- 
tiennent leur nom de Provençales en portant dignement 
leur costume provençal. 

Messieurs et gais confrères, je viens de vous prouver 
qu enotre Félibrige, au lieu d'être à rencontre de l'élan 
de ce siècle, était, bien au contraire, porté sur le courant 
des événements qui viennent. Pour que votre foj gran- 



332 LES PATOIS 

disse, pour que vos cœurs s'élèvent plus haut, toujours 
plus haut, je veux vous en convaincre, messieurs, encore 
plus. 

Si notre mouvement était isolé en Provence, on pourrait 
peut-être croire que c'est la dernière étincelle tfune 
gloire qui s'éteint, que c'est le dernier soupir d'une 
nationalité. Mais, voyez, tournez la tête : le Languedoc, 
le Dauphiné, le Limousin et la Gascogne, participent 
activement à la vie fébréenne. Après, sortons de France: 
en Catalogne, en Aragon, à Valence, à Majorque, les 
idiomes populaires prennent une vitalité qu'on n'avait 
jamais vue. En Italie, on Sicile, en Hongrie, en Roumanie, 
en Bohème, dans les Flandres, et jusque dans l'Irlande, 
les antiques parlers ressuscitent partout avec un merveil- 
leux entrain. 

Savez-vous ce que c'est que cette agitation étrange! 
C*est l'insurrection des dialectes! les pauvres dialectes 
populaires, piétines comme l'herbe, traqués, écrasés par 
les langues officielles, depuis que le monde est monde, 
non, ne veulent pas mourir... Eh ! pourquoi veut-on 
qu'ils meurent? Aujourd'hui que tout revendique liberté, 
droit de vivre, pourquoi n'auraient-ils pas, eux, leur 
part de soleil. 

Mais à quoi sont-ils bons? quelques-uns vont nous 
répondre. Quand ils ne seraient bons qu'à renouveler le 
sang des langues dominantes, qui s'épuisent, messieurs, 
à force de produire ; quand ils ne seraient bons qu'à 
graver dans les cœurs le sceau poignant de la patrie, on 
doit les conserver comme des forêts vierges où couve le 
génie des générations futures, et où déjà bourgeonne la 
poésie de l'avenir. 



DE LA FRANXE 333 



Patois Béarnais. 



DULECTE GiSCOn. 



LE CIGALE É L'ARROUMITS {Fourmis.) 

Aq pigDada (forêt de pins) de Capbretoun, 

Le cigale, ab le sou cansoun, 

Tout resUou le yen ichourbibe (étourdir) : 

Cependén le saye arroumits 

Dous pés, de les déns é dous dits, 

Que s'amassabe de que bibe. 

Plan sabé que tout co qui blou 

Que minye Tiber (hiver) corn l'estlou (été). 

Atau ne resouue ibe auyole (une sotte.) 

Le cigale dounc fort mé hole, 

Dés qui lou téms s'ére arredit (refroidi), 

Qu'es cache, que gagne ent'ou nid. 

Arrei n'y trobe à le penénte : 

Labets (alors) de courre à le balénte. 

Amigue, oubrits. — Que demandas? 

— - Quocause à minya (à manger), si bous plais. 

Quén bira le sesoun nabère, 

Hldals-bous à you, ma coumére, 

Qu'eb pagueréi, fe d*animau, 

L'interés é lou capitau. 

L'arroumis tustém estou chiche, 

P*ous auts com per ere-medicbe : 

Eh, qu'abets héit l'estlou passât, 

S'ou dits à Faute per arride ? 

— Go qui-éi héit, besi ? qu*éi cantat. 

— Gantât ! fort plan, qu'en soun rabide : 



334 LES l>ATOIS 

- Que poudets dounc are dansa ; 
Mes qu'els passerais de minya. 
Le praube (pauvre) cigale counfuse 
S'en tourne en case fort camuse. 
Hantr*un fenian, mé d*un penail (gueux) 
Qu'es pot bede en deques mirail. 



LOU COURBAS É LOU RENARD. 

Méste courbas sus un nougué (noyer), 

Un roumatye (fromage) au bée que Une. 

Héste Renard qui lou sentibe, 

Que sounyabe à Ten ba quoqu'ibe. 

Quéigne casse, dise tout cbouau ! 

Aço n'es biande de casau (jardin). 

Holà, s'ou cride, camerade ! 

Lacbats-m*y da quoque dentade. 

Daberats (descendre): qu'éi près un lebraut, 

Que partatyeram l'un é laut ; 

Qu'ous fricasseram chéns padére : 

Predi, be heram bone chère! 

Lou boun courbas de ha l'ichourt : 

Ne dise arrei qu'es lou mé court. 

Lou renard qu'es grate Taureille, 

Cerque, bire, en trobe ibe (une) meille. 

Goumpai, s'ou dits, bous éts mé béi 

É mé lusén que nal ausél 

Deques bosc ; é si lou ramatye 

Es fin é cla com lou plumatye, 

Chéns menti, qu'éts, au mei abis. 

De l'auseraille lou fenix. 

Que lou gratabe (gratte) oun lou prudibe (démanfe). 

Courbas aime aco mé que bibe ; 

Qu'eu semble que minye capoun : 

É lou péc, chéns mé de faiçoun, 



DE LA FRANCE 335 

Tout esbaubit (étonné) dequet lengalye, 
Obre un grand bée, é de eanta. 

Patatràn ! adiou lou roumatye; 

Ë lou renard de ramassa. 

Pucb, dab un toun de trufandise (moquerie), 

Lou mei moussu, s'ous boute à dise, 

Sapits, bous qui abets ta boun sens. 

Que tout flaugnac biou (flatteur vit) au despens 

D*ou qui rescoute. 
L'abis bau plan un roumatye chéns doute: 
Adissiats, cercats-bou'n un aut : 
Ë qu'eb plante aqui lou nigaut. 



LE GRAOUILLE É LOU BÉOU (Bœuf,) 

Sedude (coucbée) slou bord d'ibe arrouille (d'un cuisseau), 

Ibe moustouse (une baveuse) de graouille. 

Qui n'ére mé grane qu*un éou (œuf)) 

Espiade le taille d'un béou 

Qui pâcbé proche sur le lane. 

Embeyant de bade auta grane, 

Que s'estire, en disen : Espiats (regarde). 

Es prou, ma so? — N'en aprocbats. 

É d'es hingla (enfler.) B'y soun adare ? 

Disets, ma so. — Noun pas encouare. 

— N'en auréi cependén Taffroun : 
Prenets garde ; à le fln b'y soun ? 

— Mi mé ni meigns. Tan s'ére hinglade. 
Que le pét se l'ère crebade. 

Lou raounde es plei dequêre yen (gens). 
Qui crében à force de bén (vent). 



336 LES PATOIS 

LOUS DUS MOULETS. 

L'un darré Faut, com es Tusatye, 

Dus mulels anaben en biatye. 

Lou mé bét cargat de Taryén (argent) 

De le gabéle é dou péatye, 

Auta gouapou (grave) qu'un presidén, 

Lou cap hauU lous pés retroussabe^ 

Ë dous esquirouns (grelots) que sounabe. 

Per nou arrei n'aure boulut 

Es soulatya d'un quouart d'escut. 

Qu'es trufabe (se moque) dou camerade, 

Qui ne pourlabe que cibade. 

Per mainatyeya lous ardiis, 

D'ordinari soun probedits 

Muletés, de cibade ou d'orye. 

Com passaben hens ibe gorye, 

Quouate ou cinq lairouns escounuts 

Saulen slou mulet dous escuts. 

Tandis que lous uns l'arreslaben, 

Quoques-auts que lou despeuillaben. 

Lou mulet à cops de taloun, 

Qu'es derendé com un dragoun ; 

Mes le troupe ère plan armade, 

É dab dus ou très chacs d'espade, 

Espért qu'estou pérne-batut. 

Lou praube mulet estenut, 

B'en éi prou, s'ou dits, é de reste. 

Es donne aco ço qui lou meste 

M'abé proumes ? Quéigne pilât ! 

Pendén qui Faut plan se les birè, 

Qu'ém cailli pati taut martyre! 

Coumpai, dits labels lou pelât, 

N'aures couaillut nade (aucune) fretade. 

Si, com you, n'abés que cibade. 

A trubés ous boulurs, chéns pou. 



DE LA FRANGE 337 

Passe en cantan lou bialyedou, 

Quént a bourbe flaque é petite ; 

Car aquere caste maudite 

N'en bo qu'aux qui porten aryen; 

É toulyour à mantr'ibe (plus d*nne) yen, 

Com à tu, qu'en couste le bile. 

Mes tau letçoum ne sérb d'arrei : 

Qui-a yamé trop ni prou de bei? 



LOU LOUP É LOU CAN (Chien.) 

Un loup den touts lous embirouns 
Ne troubabe agnéts ni moutouns. 
Cans, bastouns lou daben le casse ; 
Y'ére magre com ibe agasse. 
Com drillabe ab gran apetit, 
Que rencountre un can plan naurit. 
B'en aure héit bone ripaille ! 
Mes lou moufflard ère de taille, 
É qtt*ou pareché résolut 
A's défende com un pergut. 
Atau dounchumblemen s*abance, 
É qu'où dits : B'ats bére le panse ! 
Qui le pleye ? oun ne troubats tan ? 
Lou mé bét porc de La-Hountan 
N*es là gras, n'a ta bone mine. 

— Ha foi, coumpai, bone cousine 
Rén le yen lifre (potelé) é reboundit. 
Après qui lou méste es serbit, 
Béts quignouns de pan ab poutatye, 
Os de poulets, os de piyouns. 
Toute espéci de rouquillouns ; 

Tau qu'es certes lou nos partatye. 
Eh, que eau ha, dits lou garrhus ? 

— Tuste arrei : acassa lous gus, 

II 43 



SS8 LES PATOIS 

Flata lous de case é lou méste* 
Après aco qu'ens dan p'ou mus 
Bitaille prou. Lou lou déteste 
Le sou bite de bagaboun. 
Tou n*éi, s'ou dits^ arrei de boun : 
Tout à le punte de Tespade ; 
É si gahi quoque moutoun, 
Quoque crabe à pitat pelade, 
Qu'em bén passa per un lairoun. 
Tou Vabandouni, triste bite ; 
Loup n'es héit père bibe en bermite. 
Plan countén seréi d'are-en-là. 
É lous dus coumpagnouns d'ana, 
Com un pà de frais en bisile. 
A cinq ou chis pas en aban, 
Lou loup que bet au cot dou can 
Com un esquis, ibe pelade : 
Qu'ats aqui, s'ou dits, camerade? 
Arrei, dits Faut. — Mes tout de boun ^ 

— Gbic de cause. — Eh qu'es ? parlats dounc. 

— Lou coulié qui'm tin à Testaque (attache), 
. Que.m'a, you crei... -- 0, naz de claque! 

Misérable, praube mastin ! 

A Testaque un coulié qu'et tin, 

Com un fourçat à le cadeye ! (charrue) 

É ne cous pas quén n'as embeye ! 

L'estaque Ta héit tan de pou, 

A le houeite encouare que cou. 



LOUS FERELOUNS É LES ABEILLES. 

Tamé ne s'y-a bis sus le terre, 

Per un arrai de méou (rayon de miel) tau guerre, 

Qu'entre abeilles é ferelouns. 

De-ci, de-là, per bataiUouns, 



DE LA FRANCE 339 

Les troupes s'éren assemblades. 

A cbacs de hissouns (insectes venimeux) com espades, 

Ta plan s'en daben lous sourdats 

Despuch lou matin enti-au béspe, 

Que le maye part abladats (accable), 

Qu*anan daban certéne bréspe, 

Après accord héit de le da 

Lou differén à décida. 

Aques yutye n'ére nobici. 

S'en auréi, s'ou dils^ bone espici. 

Esp^eits boulen de touts coustals ; 

Force temougns soun assignats. 

Permi n'y-abé qui asseguraben. 

Que pendén lountéms, ab gran brut, 

Animaus abén parechut. 

De coulou nègre, é qui bouiaben : 

Mes d*auts tout autement parlaben. 

De faiQOuh qa'en dequet aha, 

N'y-abé mouyén de bede cla. 

Ne cessaben les escritures ; 

Toutyour nabéres procédures. 

Lous uns é lous auls estourdils. 

Que barreyaben fort d'ardits. 

Le cause chis mes pleiteyade (plaidée), 

Demandats-me s*ére abançade ? 

Ni mé ni meigns qu*au premé your. 

Lou yuiye y baillabe boun tour : 

A les mans abé bone paste. 

É cependén lou méou qu'es gouaste; 

Lous pleitedous soun roueinats. 

Couan d'offlciés, couan de sourdats, 

Premé que ne flnich le guerre, 

Soun fusillais, caden per terre ! 

Loun mounde es tustém imprudén. 

Quén le queréle es alucade, 

Fini ne pot, lou mé soubén. 



L_ 



340 LES PATOIS 

Chéns procès, ou chéns cops d'espade. 
QQ*y-à ta lountéms que pleiteyam, 
S'ou dits à le fin ibe abeille, 
É per*co d*arrei n*abdncam. 
Un chic mé, b y despeneram 
Ensemble enti-à le noste peille. 
Per Tini mé*spert tribaillam : 
L'oubré qu*es counech à Toubratye, 
Aça, troupe lâche é saubalye, 
Beyam qui de bous ou de nous, 
Héi un chue ta sabre é ta dous ? 
L*espedién passan chéns countéste 
Dous ferelouns lou sabe-ha, 
Lou méou, enti-à labels chéns méste, 
A les abeilles que resta. 
Si le France abé le métode 
De décida tout d'où boun-sens» 
Ne carre (besoin) digeste ni code, 
Tan d*aryén, ni tan de turmeos. 
Lous Turcs an bien mé do yudici ; 
Tantecan qu'es hén ha yustici : 
Sayes soun, é biben hurous, 
Au meigns en déco, mé que nous. 



LÉGLE É L'ESCARBOT. 

L'égle un your que dabe le casse 
A Tan-lapin lou boniface, 
Qui biste é chéns espia (regards] darré, 
Houeyé dret enVou soun terré. 
Gom ère deyà las de courre. 
Que bet un coût, é que si fourre. 
Lou coût ère un nid de barbau, 
Cournut, alat, é héit atau 
Gom un grich : escarbot s'apére. 



DE LA FRANCE 341 

L'asile n'ére trop segu. 

Tan-lapia dou naz é dou eu 

S'y blotich débat le fougère. 

L'égle bin ; ranimau cournut 

Intercède per lou pelut. 

Rêne, s*ou dits, b'ets es facile 

D'enlleba lou praube lapin. 

Com au mei coumpai é besin, 

Que réi baillât aques asile. 

N*em hasquils, s'eb plats